Tag: rdc

  • 2016 : Annus horribilis ou Annus mirabilis pour la République démocratique du Congo ?

    2016 : Annus horribilis ou Annus mirabilis pour la République démocratique du Congo ?

    joel-1-Depuis le mois de septembre 1996, la République démocratique du Congo est assujettie, d’ailleurs contre son propre gré, à un régime de violence armée indicible, effroyable. Cette crise imposée est totalement destructrice aussi bien pour sa population que ses ressources physiques et matérielles. Artificiellement provoquée par des tenants du nouvel ordre international ou [nouveau désordre planétaire], celle-ci vise primordialement à disloquer son majestueux territoire national et, surtout, à spolier l’ensemble de ses richesses matérielles.
    Bien que cet État géant et richissime de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs se soit, dans le but de sortir définitivement du guêpier, réellement conformé aux exigences contraignantes et aux nécessités impérieuses des pourparlers politiques d’ailleurs placés sous le haut patronage de la Communauté internationale et pilotés pour la circonstance par la République Sud-Africaine (RSA) en 2002 et 2003, la violence qui a, pratiquement, pris multiples formes ou plusieurs visages, ne recule absolument point. En d’autres termes, les horizons de paix pour le pays et de sécurité pour ses ressortissants se sont irrémédiablement éloignés. Ils sont, donc, complètement et manifestement bouchés.
    Depuis des lustres, la population qui n’est, à vrai dire, plus à l’abri d’une moindre catastrophe, fût-elle naturelle ou humaine, ne voit concrètement point le bout du tunnel, pourtant promis à maintes reprises par les acteurs de tous bords, aussi bien nationaux qu’internationaux. Par conséquent, les années se suivent, justement à leur rythme, sans précipitation et sans décélération, et – cela n’étonne guère personne – se ressemblent. Malheureusement, comme deux gouttes d’eau, dirait-on !
    Condamnés à toucher du bois, les Congolaises et Congolais complètement meurtris et désabusés, totalement désillusionnés, se posent, très clairement et très nettement, la question de savoir sous quels auspices voire sous quel signe sera effectivement placée l’année 2016. Que leur réservera-t-elle certes ? Sera-t-elle, véritablement, à l’image désastreuse des 18 précédentes résolument marquées par la folie de démantèlement de la Communauté nationale ou l’esprit de destruction de la Collectivité publique ?
    Force est, d’ailleurs, de souligner, d’une part, que cette morbidité a, sans aucun doute, eu raison de la souveraineté internationale et de l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo. En effet, cet État promis hier à un avenir de plus brillant, donc de plus prometteur, n’est plus que l’ombre de lui-même. Celui-ci est visiblement incapable de déployer son autorité publique et administrative sur l’ensemble de son vaste territoire national dont l’intégrité physique ne relève plus jamais que du domaine de l’esprit.
    Aussi cette morbidité a-t-elle, concrètement, eu raison de son unité nationale d’autant plus que le langage discriminatoire, le discours haineux et l’intolérance ethnico-tribale supplantent, désormais, les sentiments de fraternité et de solidarité qui doivent prévaloir au sein de la Collectivité publique. Ils supplantent, très fortement, les sentiments d’harmonie et de concorde qui doivent normalement régner dans la Communauté nationale. Rendant, ainsi, pratiquement impossible toute idée de paix ou toute démarche de réconciliation nationale.
    Et, d’autre part, leur toxicité ou nocivité a complètement trucidé la moralité publique en raison de l’inconscience et de l’incompétence des gouvernants. En effet, ces dirigeants ‘‘nouveaux’’ ont pour seul et unique modèle de référence en matière de gouvernance politique et administrative le régime défunt de feu Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre. Aussi cette toxicité ou nocivité a-t-elle trucidé la productivité nationale, bien entendu, en raison de la navigation à vue ou de la très courte vision des autorités politiques et nationales. En réalité, celles-ci ne favorisent guère l’esprit de libre entreprise et, par voie de conséquence, ne libèrent guère l’initiative privée. Elles freinent, tous azimuts, les initiatives locales pourtant fortement salutaires et asphyxient l’investissement du profit économique.

    Glissement ou Glissade ?

    De l’Art de provoquer une crise politique et institutionnelle sans issue
    365 jours pour échouer lamentablement

    ‘‘Il n’y a crise d’obéissance qu’après qu’il y ait eu crise d’autorité’’
    Christian Bonnet, homme politique français

    Par Joël Asher Lévy-Cohen *
    La ‘‘Créativité’’ qui relève, certainement, du plan mental, c’est-à-dire de l’esprit, est sans aucun doute une qualité intrinsèque du Peuple de la République démocratique du Congo. C’est, à en croire nombre de spécialistes, une de ses marques distinctives. Entre autres dans le domaine théâtral de l’action politique. En effet, dans ce secteur réputé déployer la puissance mentale, l’élite dirigeante de cet État africain, dont l’ingéniosité n’est, à vrai dire, jamais à bout de souffle, est passée ‘‘maître’’ dans l’art de fabriquer de toutes pièces, de provoquer artificiellement, des crises politiques interminables.
    En d’autres termes, les Congolais savent inventer des crises sans solution. Ceux-ci savent engendrer des conflits sans issue alors que, par définition, et pour reprendre, à cet effet, la saillie très chère à Victoria Principal, ‘‘une crise est une chance’’. Elle s’avère normalement une chance parce qu’elle aide réellement à grandir, à s’édifier’’.
    Ainsi en est-il, immanquablement, de l’actuelle crispation politique engendrée en République démocratique du Congo. Celle-ci se cristallise autour de l’achèvement de la mandature de Joseph Kabila Kabange. En effet, ce chef de l’État encore en exercice jusque pratiquement le 19 novembre 2016, dont l’imposture politique et électorale est évidemment devenue, au fil des scrutins nationaux, une vraie marque déposée, ne peut en aucune manière briguer un troisième mandat présidentiel. Tout ceci, conformément à l’esprit et la lettre de la Constitution dite ‘‘de Liège’’ du 18 février 2006.

    Partira ou partira pas ?

    À vrai dire, ‘‘Joseph Kabila Kabange n’a pas l’intention de quitter le pouvoir’’. Du moins pour l’instant. Car, le pouvoir et ses fastes l’ont, en fait, corrompu voire même totalement enivré. Donc, celui-ci n’est plus maître du pouvoir. Il est devenu otage du pouvoir. Toutefois, ce chef de l’État atypique, évidemment placé en orbite par des puissants intérêts extérieurs, changera-t-il forcément et logiquement d’avis sous le poids incommensurable des événements et l’énorme pression des acteurs engagés ? C’est une autre paire de manche !
    Pour l’instant, telle n’est pas du tout sa volonté d’autant plus qu’aucun signe, même codé, ne vient, à coup sûr, l’attester. Une chose est sûre et certaine, ce président de la République doublement mal élu par ses pairs et mal aimé de la population ne s’est jamais vraiment prononcé, publiquement, officiellement, sur son avenir politique à la tête de l’État. Ce qui ne peut rassurer aussi bien l’ensemble de ses Compatriotes que tous ses adversaires politiques, d’ailleurs tenus au respect dans l’antichambre du pouvoir. Ce qui, par ricochet, ne peut véritablement pas rassurer la communauté des partenaires extérieurs, à plus forte raison bailleurs de fonds internationaux sur ses réelles intentions.
    Par conséquent, actualité politique nationale oblige, les supputations vont dans tous les sens. Les nerfs lâchent. La nervosité gagne progressivement du terrain. D’abord, au sein de l’Opposition politique qui n’a véritablement jamais digéré le fameux hold-up électoral du lundi 28 novembre 2011. Cette fraction importante de l’opinion nationale veut, coûte que coûte, faire payer au tristement célèbre imposteur Joseph Kabila Kabange sa mauvaise foi et son arrogance politique.
    Ensuite, cette crise des nerfs qui s’apparente fort bien à une crise d’adolescence, est évidemment perceptible au sein de la Majorité présidentielle, d’ailleurs accoutumée à la logique de cueillette ou culture propre aux arrivistes. Celle-ci voit d’un mauvais œil le départ précipité ou retardé de l’imposteur Joseph Kabila Kabange car elle aura sûrement des comptes à rendre aussi bien à la population qu’au nouveau pouvoir émergeant immédiatement de la chute ‘‘programmée’’ du régime honni. Donc, cette élite compradore est, fortement, angoissée voire agitée par la certitude de perdre tous ses privilèges indus.
    Raison pour laquelle, dans le camp présidentiel visiblement suspendu au couperet du destin, moult voix émanant ostensiblement – et principalement – de cerveaux humains scotchés au tube digestif, dont l’idéologie dominante est la ‘‘Manducation’’, donc la ‘‘Manducratie’’, s’élèvent de toutes parts en vue de demander ouvertement à Joseph Kabila Kabange de rempiler pour un troisième mandat. Une telle initiative est, sans conteste, une entorse à la Constitution. Elle contrevient naturellement au texte fondamental qui limite explicitement dans le temps et la manière sa ‘‘funeste’’ carrière présidentielle. Force est d’admettre que celle-ci n’a vraiment jamais été, – si absolument mérite il y a –, à sa hauteur.
    Il convient de rappeler que la Constitution de Liège du 18 février 2006 a été adoptée dans la controverse lors du ‘‘référendum’’ des 17, 18 et 19 décembre 2005, sous la Transition politico-militaro-maffieuse directement issue du processus dévastateur pour la Nation entière de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003. Ce texte juridique promulgué par l’imposteur sous la forte pression de la Communauté internationale a été littéralement approuvé, au bas mot, par moins de 30 % du corps électoral qui s’était réellement déplacé pour voter. Ce qui en fait forcément et logiquement un texte ‘‘illégitime’’ à tous égards puisqu’il n’est pas du tout l’émanation de la volonté populaire. Comme par enchantement, par miracle, c’est justement sur ce texte qui contribue manifestement à l’affaissement de la souveraineté internationale et à la prostitution de l’indépendance nationale que Majorité présidentielle et Opposition politique, toutes deux confondues, s’arc-boutent en vue de conserver définitivement le pouvoir pour l’une ou, pour l’autre, de renverser sans concession le régime honni !
    Il y a lieu de relever que cette fameuse Constitution de Liège du 18 février 2006 a été charcutée à maintes reprises voire même déchirée sous la présidence liberticide et démocraticide de Joseph Kabila Kabange. Les violations récursives touchant ce texte fondamental censé pourtant régir les activités publiques de l’État, régenter les institutions politiques, se sont bien opérées sans que la Communauté internationale devenue de nos jours, comme par émerveillement, le grand chantre du respect de la Constitution ne s’en émeuve outre-mesure, ne pipe mot. Pour ainsi dire, cette ligue des puissances étatiques qui gèrent, comme bon lui semble, les affaires de la planète tout entière, est certes comptable des frustrations qui s’emparent vivement autant de la classe politique en particulier que de la population, en général.
    C’est donc, dans ce contexte acrimonieux de tensions et de menaces où les uns les autres se regardent en chiens de faïence, se lancent des peaux de banane et se font des crocs-en-jambe, qu’émerge spontanément une crise politique, d’ailleurs, voulue à dessein, sans doute orchestrée. À vrai dire, ce conflit est manipulé aussi bien par le régime tricheur que l’Opposition. Il est, en fait, orchestré et manipulé par le pouvoir imposteur de Joseph Kabila Kabange qui a réellement tout intérêt à ce que le chaos s’installe définitivement afin de justifier sa pérennité aux manettes de l’État. En fait, il cherche à en profiter dans le but de redistribuer les cartes politiques, de continuer à saigner à blanc une république bananière déjà exsangue et, surtout, à siphonner les finances publiques.
    Comme son objectif primordial consiste, en fait, à bâillonner tous azimuts les forces de changement politique et démocratique, le régime décrié de l’imposteur Joseph Kabila Kabange voudrait provoquer une dynamique politique consistant à intégrer dans l’espace institutionnel les entreprises partisanes marginalisées dans la foulée des élections frauduleuses du lundi 28 novembre 2011. Ainsi espère-t-il mieux les contrôler pour mieux les manipuler à sa guise. Ainsi espère-t-il les abattre au finish avec l’aide précieuse de quelques puissants intérêts anticongolais.
    Aussi cette crise politique est-elle orchestrée, manipulée et même exacerbée par une certaine Opposition alimentaire. Celle-ci se veut institutionnelle puisqu’elle siège au sein des institutions politiques. En effet, cette fraction de l’opinion nationale est très soucieuse d’accéder pleinement à la mangeoire publique. Elle ne veut plus du tout se contenter des miettes que lui lance sur la figure, avec un air moqueur et une humeur dédaigneuse, la présidence manducratique de Joseph Kabila Kabange.
    Afin de marginaliser les actuels tenants de l’imperium politique et gouvernemental, cette Opposition parlementaire factice compte engager avec le pouvoir en place un bras de fer duquel jailliront le chaos et l’anarchie susceptibles d’emporter le régime renégat, lequel la placera ipso facto, sans détour, dans l’orbite du pouvoir en cas de partage des postes. Ainsi espère-t-elle susciter à l’encontre de ce pouvoir agonisant une vive réprobation internationale et un net désaveu national à la suite logique des erreurs politiques, dont la répression féroce appréhendée par tous, qu’il serait tenté de commettre en vue de demeurer à tout prix aux commandes de l’État.
    C’est dans ce contexte de méfiance viscérale et réciproque, de débat acrimonieux entre un pouvoir totalement finissant et une Opposition désorientée qu’est inventé le terme politique ‘‘Glissement’’. Surgissant pratiquement de nulle part, il entre par effraction dans le vocabulaire national en 2015. Repris en chœur par l’élite politique aussi bien que la classe journalistique, il veut, en fait, dire dans le jargon purement national : ‘‘le fait de proroger astucieusement un mandat politique et électoral au-delà de son terme légal en contournant de manière cavalière les règles de jeu préalablement établies par voie consensuelle’’.
    Il importe d’admettre que ce terme, très fortement disputé dans l’arène politique, s’applique indéniablement à la situation particulièrement et singulièrement fragile de l’imposteur Joseph Kabila Kabange. Auteur de deux putschs électoraux (2006 et 2011) qualifiés par des experts de hold-up politiques, ce plus haut personnage de l’État gouverne par défi la République démocratique du Congo qui l’a complètement ‘‘vomi’’. Par voie de conséquence, demeurer coûte que coûte au pouvoir politique et gouvernemental est, forcément et logiquement, devenu une obsession de vie ou de mort, un cas de survie politique, une vraie police d’assurance pour le tyrannosaure.
    Cela est d’autant plus vrai que le mercenaire Joseph Kabila Kabange, personnage de surcroît peu disert, taciturne, cachotier a énormément déçu ses parrains et tuteurs internationaux. En effet, celui-ci a, en réalité, ouvert le très lucratif marché congolais aux intérêts économiques et financiers du grand Empire du Milieu au détriment des puissances occidentales – États-Unis d’Amérique (USA) et Union européenne (UE) –. Ces deux piliers de la Communauté occidentale l’avaient, pourtant, adoubé le 26 janvier 2001 afin de recadrer, de réorienter la trajectoire de la révolution du 17 mai 1997. Ceux-ci l’avaient soutenu dans le but de corriger la tangente de la Libération du peuple ayant, par les armes, porté à la tête du pays, son beau-père – [et non moins tombeur du Maréchal-tyran usé Mobutu Sese Seko du Zaïre] –, le Mythique guérillero ? Laurent-Désiré Kabila.
    Aussi Joseph Kabila Kabange a-t-il énormément déçu ses Compatriotes pour avoir naturellement promis d’engager le pays, sous le couvert de la fameuse révolution de la modernité, sur la voie salutaire du développement économique et du progrès social. D’éradiquer les fléaux dévastateurs de la corruption et de la mégestion, ainsi que le cancer du chômage. D’être un véritable artisan de la paix et de la sécurité, un défenseur inconditionnel de l’intégrité territoriale de l’État. Nenni.
    Au lieu d’honorer toutes ses promesses, le peuple de la République démocratique du Congo n’a, en vérité, obtenu pour seule et unique ‘‘récompense politique’’ que les violations criardes des droits fondamentaux de la personne humaine. En fait, tous ces gains victorieux se traduisent matériellement pour la population congolaise par des massacres à large échelle, des indices de développement et de progrès somme toute catastrophiques. Ce qui place, par conséquent, cet État africain à la remorque des États du monde.
    Au lieu de concrétiser ces bonnes intentions, la République démocratique du Congo est sempiternellement l’objet d’abattage de sa souveraineté internationale. Elle est continuellement l’objet d’agression physique de son immense territoire. D’ailleurs, à l’heure actuelle, celui-ci est investi par une multitude de forces négatives étrangères – y compris des factions armées locales – pour un ultime dépeçage, démembrement, qui ne dit évidemment et pratiquement plus son nom.
    C’est, en réalité, dans ce contexte de tensions permanentes, savamment entretenues qu’émergent et même pullulent dans le paysage national des cartels politiques de tous ordres. Ces plateformes qui sont par nature des fourre-tout, poussent vaille que vaille. Celles-ci poussent comme des champignons toxiques sur un terrain sans nul doute glissant, que d’aucuns diraient sur du sable mouvant. Il y a fort à parier que ces regroupements présentement en vogue, d’ailleurs nés de l’humeur du moment, disparaîtront aussi vite qu’ils ne sont apparus pour la simple et bonne raison que le Congolais ne respecte aisément ni sa parole ni sa signature alors qu’elles témoignent d’un engagement moral et solennel.
    Parmi les cartels politiques en vogue, qui ont le vent en poupe, il faut citer d’abord et avant tout le fameux G7 . Cette plateforme est, d’ailleurs, composée exclusivement de courtisans et artisans du joséphisme prévaricateur. Après avoir porté à bout de bras le régime politique de Joseph Kabila Kabange, pendant des années, ceux-ci se déclarent, non sans morgue, Opposants politiques. Force est de mentionner en toute dernière minute. La mission leur assignée par de puissants soutiens internationaux consiste à démanteler un système maffieux, un régime affairiste qu’ils ont, toutefois, contribué à consolider avant que celui-ci ne rende, en réalité, le dernier soupir.
    Il y a, ensuite, le Front Citoyen 2016. Cette plateforme est littéralement un attelage d’opérateurs politiques et d’acteurs de la société civile. Ce regroupement est mis sur pied dans la foulée de la réunion de l’Ile Gorée, aux larges du Sénégal. Son objectif primordial est, en fait, de préparer aussi bien l’alternative politique que l’alternance démocratique. L’atteinte de ce but se fera naturellement avec la très précieuse aide occidentale en République démocratique du Congo. Un Pays d’ailleurs sérieusement en proie au phénomène subversif de coup d’État à la fois politique, constitutionnel et électoral.
    Il y a, enfin, le Front des démocrates pour soi-disant accompagner Joseph Kabila Kabange au Musée de l’Histoire. Ce regroupement politique est en réalité composé d’apprentis sorciers et d’improvisateurs qui veulent sans doute se frayer un chemin dans le roc. La plupart des animateurs de ce cartel proviennent essentiellement du sérail de l’ancien régime mobutiste, de l’ancien pouvoir kabiliste et de l’Opposition tshisekediste.
    Quant à elle, la Dynamique de l’Opposition s’avère une plateforme, par définition, transversale. Elle regroupe, en réalité, des entreprises politiques qui font déjà partie intégrante d’autres cartels ou plateformes. C’est, bien entendu, le cas de l’ÉCIDÉ de Martin Fayulu, de l’UNC de Vital Kamerhe ou du MLC de Jean-Pierre Bemba Gombo. Ces organisations politiques sont membres à part entière du Front Citoyen 2016.
    S’il y a, concrètement, une idée qui unit pratiquement ces regroupements politiques et ces mouvements socioculturels épars, c’est bien entendu le départ de l’imposteur présidentiel. Moyennant respect scrupuleux de la Constitution. Cependant, aucune idéologie de fond, pourrait-on affirmer avec force, ne les soude véritablement ni ne les fédère justement, fermement. Ce qui est, déjà, en soi un ‘‘mauvais présage’’ !
    En effet une éventuelle guerre des égos pourrait, d’ailleurs, éclater brutalement, au grand jour, entre les divers ténors antijoséphistes appâtés par le régime agonisant, le pouvoir évanescent. À vrai dire, ce cas de figure peut se produire à tout moment. Si jamais cela arrive, – et ce n’est pas du tout exclu –, un tel conflit, inutile à maints égards, risquerait de miner à jamais la salutaire lutte de libération nationale contre le despotisme supposément menée par toutes ces entités. Ce qui ouvrirait largement la voix à la pérennité de Joseph Kabila, ainsi bénéficiant dans les circonstances de la désillusion d’une population excédée par la trahison de son élite politique.

    Glissement ou Glissade ?

    Une chose est sûre et certaine, l’incertitude plane sur la tenue de véritables élections en République démocratique du Congo pour 2016. Il se pourrait même qu’un trait soit définitivement tiré pour cette année de tous les dangers. En effet, des retards ont été délibérément accumulés par le pouvoir qui a, sérieusement, peur de céder le tablier. Tout le monde connaît cette vérité. Alors, pourquoi se voiler en réalité la face ? Il s’agit d’un mépris à l’égard du Peuple congolais. La Communauté internationale le sait pertinemment. Elle sait également que cette situation ne contentera pas une population fortement ‘‘décidée’’ d’en découdre avec un régime tortionnaire qui l’a si longtemps méprisée, donc souventes fois ignorée en tant que souverain primaire.
    Pourtant, ce serait même aventureux d’y aller, de surcroît suicidaire d’y participer. Cela est d’autant plus vrai qu’un scrutin ayant inéluctablement une portée nationale suppose, réellement, la parfaite maîtrise de nombreux paramètres dont le budget, la logistique matérielle et humaine, le consensus sur l’organisation, la connaissance du corps électoral découlant du recensement de la population, le découpage équitable des circonscriptions électorales, etc. Par conséquent, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la République démocratique du Congo risque, en fait, de connaître les mêmes travers déconcertants, ainsi que les mêmes revers cuisants, qu’en 2006 et en 2011.
    Cette fois-ci, une crise beaucoup plus grave voire beaucoup plus complexe jaillira. Personne ne pourrait vraiment la circonscrire à cause de débordements excessifs. D’où la nécessité impérieuse de trouver un compromis engageant irréversiblement la classe politique. ‘‘Sagesse oblige !’’ Cela ne peut se faire qu’à travers un processus de dialogue politique ‘‘franc’’ et ‘‘constructif’’.
    Sinon, la ‘‘Glissade’’ ou le chaos tant redouté par tous prendra très vite le relais avec son cortège de difficultés et de malheurs. Sinon, à force de s’entêter à organiser des élections non maîtrisées, entièrement bâclées et, surtout, de vouloir participer à des scrutins aux contours flous, il y aura, certes, des coûts fâcheux pour la Collectivité publique. Par conséquent, qui est vraiment prêt à les assumer ? Ce ne sera sûrement pas la Communauté internationale. Disposant d’un agenda sans doute caché, celle-ci pousse sciemment, consciemment, les Congolaises et Congolais à œuvrer dans cette direction périlleuse. Pourquoi ?
    Glissement ou Glissade ? L’avenir dévoilera très bientôt ses cartes de prédiction. Ce faisant, il convient de consulter rapidement la boule de cristal afin de connaître les dessous des événements qui se profilent, lentement mais sûrement, à l’horizon.
    Joël Asher Lévy-Cohen
    Journaliste indépendant

    (more…)

  • Au banc des accusés, j’invite le personnage dit « intellectuel Congolais » et celui d’Afrique en général

    Au banc des accusés, j’invite le personnage dit « intellectuel Congolais » et celui d’Afrique en général

    Tshiyoyo Mufoncol-Cette créature introduit par le colonisateur dans son propre système de colonisation interne en Afrique comme en RD-Congo, représente le mal, la menace et le danger qui entrave le cheminement de l’émancipation de l’homme « Noir ». Et dans notre cas, il s’agit de l’homme qui est dit congolais.

    Pour asseoir son système de domination en RD-Congo, en Afrique en général, le colonisateur européen, ou Arabe, a besoin d’un agent intermédiaire entre les populations dominées et lui, le nouveau « maître ». Ce dernier n’étant pas directement accepté, et ce pour de multiples raisons, notamment celle liée à la communication, la langue locale, le colonisateur n’en parle pas, voire ne cherche même pas à en parler et à l’apprendre. D’autre part, il y a la méfiance du dominé vis-à-vis de celui qui le maltraite et qui, à juste titre, est pris pour ce qu’il est un envahisseur. Pour le colonisateur, il lui a fallu le service et l’appui d’un agent fabriqué à son image, celle du colonisateur. À qui, il lui apprendra vite ses codes. Et lesquels le distanceraient, l’éloigneraient de ce qui devenait étranger pour le nouvel agent noir et congolais. Mais le nouvel agent du colonisateur, qui est d’abord séduit par son nouveau mode de vie et le semblant de « statut » acquis aux yeux à la fois du colonisateur et vis-à-vis de ses propres frères, son état d’envoûtement nommé « intellectualisme », l’empêche de comprendre ce qui lui arrive, d’interpréter sa condition de traitre et de traitrise, de collaborateur et de collaboration du moment que lui-même ignore le degré et l’état de sa manipulation et de son instrumentalisation.

    S’habiller comme le maître, on peut s’en passer. Parler sa langue, on peut encore s’en passe. Rejoindre son mode de logement est pour beaucoup synonyme de progrès. Ce que je comprends et je refuse de l’admettre. Parce qu’en Europe et en Occident, le fait d’habiter dans ces habitations n’a jamais été synonyme de bonheur et de progrès ou de victoire contre la misère. Qui ignore la souffrance que tous les pauvres ouvriers européens qui habitent ce type de logement à l’occidental mais qui sesuicident en abandonnant tout derrière eux pour exprimer un mal qui quand même reste caché. Il faudra y entrer dans ces maisons pour y côtoyer tout, la misère. Quel avantage, il y a à parler correctement une langue dont ceux qui en parlent couramment ignorent sa structure. Beaucoup d’entre eux se soucient à peine de sa grammaire, de son orthographe. Et bien qu’ils en parlent, ils ne sont pas plus heureux, voire développés que des Congolais qui s’y mettent à leur tour.

    Le personnage « intellectuel » congolais et « noir », dans son rôle d’agent intermédiaire, est opposé à celui que le statut du colonisé, c’est-à-dire du dominé, a réduit au rang du « chef coutumier » qui, dans le système local combattu par la colonisation, représentait un certain ordre et que dans sa cours, ses collaborateurs et les anciens détenaient un type de savoir. Et qu’on le veuille ou non, celui-ci couvrait et représentait un ensemble de connaissances. Écrites ou pas, je m’en moque à ce stade. Car ce n’est pas ce qui fait l’objet de mon texte aujourd’hui. Il y a aussi à boire et à manger dans tout ce qui se raconte autour de ce sujet des langues écrites. Et voilà que ce type de connaissances, devenues à l’Africain, perdent leur identité de connaissance ainsi qui leur pouvoir au motif qu’elles sont unilatéralement déclarées, et ce pour des raisons de domination, de savoir non « scientifique ». À l’opposé, le colonisateur érige le savoir issu de l’école du type occidental au rang d’« intelligence ». L’intellectuel « Noir » et congolais formé et nourri à ses mamelles, devient dédaigneux et arrogant vis-à-vis de ses propres frères et sœurs à qui ce savoir n’a pas été accordé. Le voilà qui prend sa place au sein du système qu’il ne saura plus remettre en question. Car le système a su le coopter, à sa place et dans son rôle, après l’avoir bien sûr corrompu au moyen de ses astuces. Et il y a de quoi. Il suffit de voir l’arrogance de nos « profs » et « docteurs », des êtres alignés.

    Malgré le nouveau statut acquis, le fait de posséder le savoir qui devient « universel » ne fait pas de du personnage noir et congolais, sa source. Le canon qui lui est imposé lui a fait dire qu’ils ne pourraient publier et écrire quedans le cadre de ce qui existe déjà. Très souvent, ce n’est jamais pour contester ce qui existe, voire le remettre en question. Plutôt, c’est pour l’amplifier, le compléter, pour lui permettre ainsi de garder son statut. Et ce même quand des gens comme Edgar Morin affirme que le savoir a déserté l’université et l’Occident. Plus rien de progrès, de science se produit en Europe, en Occident dans le monde du savoir. Le maître s’éteint et avec lui son esclave dit intellectuel noir et congolais.

    Des « Africains » viennent en Europe pour apprendre. Ceux qui y sont éduqués comme ceux qui étudient sur place sur le continent, certains d’entre eux étudient la sociologie dont le maître est Emile Durkheim qui lui est parti du paradigme de son monde et de l’observation empirique de la société occidentale pour élaborer des théories et par la suite en faire une science, mais une science qui fait l’éloge de l’individualisme. Des sociologues africains et de la RD-Congo issus des sociétés dont les bases sont la solidarité, la fraternité et la communauté adoptent le discours du la nouvelle sociologie. Devenus sociologues, ils propagent à leur l’individualisme dans un combat non déclaré contre la solidarité et le partage à l’Africain, qui devient dépassé et même trop pesant. Qui pourra convaincre un jeune garçon qui a perdu son père à l’âge de 19 ans et qui depuis a tout donné pour devenir le père de sa propre mère et de sa sœur. Responsabilités et devoirs qu’il a assumés avec amour et abnégation parce que de ses parents il a appris le sens et le devoir du frère ainé ou de l’ainé tout court. C’est un réel bonheur de voir sa mère heureuse et fière de lui et aujourd’hui de voir sa petite sœur en famille et une dame. Ce bonheur, je le partage avec l’écrivainbrazzavilloisTchicayaU’Tam’Si’ Si qui dans son roman « Ces fruits si doux de l’arbre à pain » donne le sens de l’ainé dans chez les Vili.

    On pourrait en dire de même de l’économiste Noir et congolais qui étudie l’économie et qui tente d’appliquer les théories de cette science économique établies à partir des crises et de l’observation de la société qui leur donne vie. Souvent, des noms tels que Keynes, Marx, Smith, Adam Smith,sont cités alors que nos pays sont des sociétés de paysannerie et elles n’ont pas encore connues, voire traversées les crises qui sont à l’origine de la formulation des sciences économiques en vogue.

    Quid de nos juristes qui sont fiers d’étaler le code napoléonien et défendent les constitutions rédigées et établis en Belgique sous la direction de belges. La liste est longue. Et je refuse de parler de ceux qui accompagnent et entretiennent la domination anglo-saxonne en RD-Congo par le biais du Rwanda et de Paul Kagamé. Je ne voudrais pas leur faire cet honneur.

    Alors que faire ?

    Lao-Tseu, un philosophe chinois disait à son époque : “Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas.”. Notre crise est plus que politique. Elle est une crise d’homme.

    Likambo ya mabele Likambo ya makila

    Mufoncol Tshiyoyo
    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

  • Afrique centrale : 138 millions de dollars de la BAD pour le barrage Ruzizi III

    Afrique centrale : 138 millions de dollars de la BAD pour le barrage Ruzizi III

    Centrale électrique de la Rizizi, Sud-Kivu. Photo Monuc/Marie Frechon
    Centrale électrique de la Rizizi, Sud-Kivu. Photo Monuc/Marie Frechon

    -La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé une financement de 138 millions de dollars pour le financement de ce barrage hydroélectrique, qui doit alimenter le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.

    Selon un communiqué publié le 29 décembre 2015, le groupe de la Banque africaine de développement a approuvé 138 millions de prêts et de subventions pour financer le projet de centrale hydroélectrique « Ruzizi III ».

    Cette centrale fait partie du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) et implique le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Ces trois États forment la Communauté économique des pays des grands lacs (EGL), une structure régionale de coopération dans le domaine de l’énergie.

    D’une capacité de 147 mégawatts (MW), Ruzizi III fait suite aux programmes Ruzizi I (1958) et Ruzizi II (1989). Ce projet a fait l’objet d’un accord en septembre 2014 entre les pays de l’EGL et un consortium mené par Sithe Global, filiale du fonds d’investissement américain The Blackstone Group, et Industrial Promotion Services (IPS), filiale du groupe Aga Khan Fund for Economic Development (AKFED)

    Son coût global est estimé à 625,19 millions de dollars, indique le communiqué de la BAD. En septembre 2014, un coût total de 650 millions de dollars avait été évoqué.

    Interconnexion

    L’électricité produite par Ruzizi III alimentera également l’East African Power Pool (EAPP), un projet d’interconnexion électrique rassemblant une dizaine de pays de la Comesa (la RDC, l’Éthiopie, l’Égypte, le Rwanda, le Kenya, le Sudan, le Burundi, la Tanzanie, la Libye et l’Ouganda).

    Le démarrage de la construction de la centrale Ruzizi III avait été annoncé pour 2016, lors de la signature de l’accord entre EGL et le consortium Sithe Global/IPS.

    Un futur développement – Ruzizi IV – d’une capacité de 200 MW, avait également été évoqué à l’époque.

  • 185 dollars pour le nouveau passeport à puce ( 120 $ pour Belge Semlex et 65 $ pour la RDC)

    185 dollars pour le nouveau passeport à puce ( 120 $ pour Belge Semlex et 65 $ pour la RDC)

    PASSEPORT CONGOLAIS-Plusieurs agents du ministère des Affaires étrangères désapprouvent la nouvelle répartition des fonds générés par la vente du nouveau passeport à puce, ont indiqué des sources proches de ce ministère vendredi 8 janvier. Cet imprimé de valeur s’octroie moyennant paiement de 185 dollars américains à verser aux banques agrées et désignées par le ministère des Finances. Selon une note circulaire interministérielle datée du 19 décembre 2015,  le groupe Belge Semlex, consortium en charge de la production du nouveau passeport à puce, a droit pour chaque passeport vendu et délivré à 120 USD. Seuls 65 USD du frais perçu pour chaque passeport vendu sont versés dans le compte du trésor public.

    De l’avis de beaucoup d’agents abordés par Radio Okapi au sein de ce ministère, l’accord entre l’Etat congolais et  le consortium belge profite plus au groupe belge qu’à Kinshasa. D’après des sources internes au sein du ministère des Affaires étrangères, l’Etat congolais gagnait environ 120 USD par exemplaire avec la vente de l’ancien passeport biométrique. Le partenariat entre les deux parties fait perdre à  la RDC presque la moitié de l’argent qu’elle gagnait avec la délivrance l’ancien passeport, ont déploré les mêmes sources.

    D’autres agents qualifient de « brusque et inopportun » le changement de ces passeports, regrettant surtout l’abandon de près de trois cents mille anciens passeports biométriques à l’hôtel de monnaie. Pour eux, il s’agit d’un manque à gagner pour l’Etat congolais estimé à près de 36 millions de dollars américains.

    Ils regrettent par ailleurs la perte enregistrée par l’Etat congolais avec le blocage, dû à ce changement, de plus de vingt mille dossiers de demande d’anciens passeports déjà traités.

    C’est depuis le 19 décembre 2015 que le ministère des affaires étrangères de la RDC a démarré avec la vente et l’octroi de ce nouveau passeport biométrique à puce.

    R.O

  • RDC : faut-il réduire l’effectif de la Monusco?

    RDC : faut-il réduire l’effectif de la Monusco?

    Monusco-Faut-il réduire l’effectif de la mission de l’ONU en République démocratique du Congo ? Et de combien de Casques bleus ? Dans une période préélectorale tendue, le débat est ouvert, non sans arrière-pensées politiciennes…

    C’est classique après les réveillons de fin d’année : l’obsession est au dégraissage. Cette année, la diète ne semble pas concerner la seule surcharge pondérale. Elle pourrait s’appliquer aux missions de maintien de la paix, comme la Monusco, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo. S’il y a débat entre New York et Kinshasa, ce n’est peut-être pas tant sur le principe de la réduction de l’effectif des Casques bleus que sur son ampleur. Faites vos jeux…

    Mardi 5 janvier, le secrétaire général des Nations unies suggérait dans un rapport le départ de 1 700 hommes en mission pour la Monusco, après le retrait, en mars dernier, de 2 000 soldats onusiens. Évoquant, sur un ton pessimiste, l’augmentation du nombre d’incidents sécuritaires et des violations des droits de l’homme en RDC, Ban Ki-moon ne s’en dit pas moins convaincu qu’une Monusco dégraissée aura la capacité d’accomplir sa mission.

    Dans cette perspective – laquelle sera discutée d’ici le renouvellement, en mars, du mandat de la mission –, les autorités congolaises se sentiraient-elles dépouillées, voire abandonnées ? Pas le moins du monde. C’est au contraire une diète plus radicale que demande Kinshasa, avec un retrait progressif de la force onusienne, en commençant par le départ d’un tiers des Casques bleus de son territoire, soit 6000 à 7000 hommes…

    Le torchon brûle

    C’est que le torchon brûle entre le gouvernement de la RDC et une bonne partie de la frange occidentale de la communauté internationale. La pomme de discorde ? Les conditions de l’organisation de la prochaine élection présidentielle, avec en toile de fond de la toile de fond, la candidature éventuelle du sortant. Or, Ban Ki-moon propose, à l’occasion de la réduction d’effectif, de réorienter la Monusco vers davantage de tâches de police dédiées à la tenue du scrutin. Joseph Kabilapréférerait-il laver le linge politique sale à l’abri des regards onusiens ? Comme pour faire diversion, les pourfendeurs de la mission de maintien de la paix ont beau jeu de dire qu’elle (la mission) ne la maintient guère (la paix)…

    Mais qui peut dire si la situation n’aurait pas été plus tragique en l’absence de la Monusco, cette force arrivée en RDC il y a 15 ans sous le sigle de Monuc ?

    Selon de mauvaises langues, donc, Ban Ki-moon aurait dû dire que la réduction des effectifs de la Monusco ne l’empêchera pas de… ne pas accomplir sa mission. Malgré le renforcement du mandat de la force de l’ONU, en 2013 – mandat devenu « offensif » –, celle-ci peine à empêcher les violences, notamment dans l’Est où continuent de sévir certains groupes armés comme les rebelles ougandais de l’ADF.

    Mais en réalité qui peut dire si la situation n’aurait pas été plus tragique en l’absence de la Monusco, cette force arrivée en RDC il y a 15 ans sous le sigle de Monuc ? Ban Ki-moon doit composer avec des impératifs budgétaires, des humeurs politiciennes et des incompréhensions populaires, quand surgissent des accusations d’abus sexuels perpétrés par des « soldats de la paix », comme en République centrafricaine…

    Pour l’heure, et peut-être pour rassurer ces opinions qui s’entendent dire que les forces internationales sont trop intrusives, l’heure est à l’africanisation de la Monusco. C’est le général sud-africain Derrick Mbuyiselo Mgwebi qui va reprendre le commandement des troupes de l’ONU en République démocratique du Congo, en remplacement du Brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz. Mais Joseph Kabila ne préférerait-il pas, sans doute, qu’il soit congolais ?…

    Jeune Afrique

    Damien Glez

  • Football : Patrice Carteron quitte le TP Mazembe, champion d’Afrique en titre

    Football : Patrice Carteron quitte le TP Mazembe, champion d’Afrique en titre

    Patrice-carteron TP MAZEMBE-Le Français Patrice Carteron n’est plus l’entraîneur du TP Mazembe. En fin de contrat le 23 décembre dernier, l’ancien sélectionneur du Mali, qui n’avait pas écarté l’hypothèse de prolonger l’aventure en RDC, est libre.

    Même si l’escapade japonaise du TP Mazembe lors du championnat du monde des clubs n’a pas été une franche réussite (deux défaites), Patrice Carteron (45 ans), en poste depuis juin 2013, peut quitter le banc des Corbeaux avec la satisfaction d’avoir conduit le club de Moïse Katumbi à un 5e  sacre en Ligue des Champions, l’automne dernier face à l’USM Alger (2-1, 2-0), après avoir remporté deux fois le titre national (2013, 2014) et la Super Coupe de RDC (2013, 2014).

    Moïse Katumbi aurait aimé poursuivre l’aventure avec le Français au moins jusqu’au mois de février, date à laquelle le TP Mazembe disputera à Lubumbashi la finale de la Super Coupe d’Afrique face aux tunisiens de l’Étoile du Sahel. Mais après plusieurs conversations téléphoniques, les deux hommes ont décidé de mettre un terme à leur collaboration, alors que la reprise de l’entraînement des Corbeaux est fixée au 11 janvier prochain, en l’absence des trois internationaux congolais (Kimwaki, Bokadi et Bolingi) retenus par Florent Ibenge pour participer au championnat d’Afrique des nations (CHAN) au Rwanda (16 janvier-7 février).

    Plusieurs sollicitations

    Carteron, qui est désormais libre de tout engagement, avait rencontré la semaine dernière à Tunis les dirigeants du Club Africain, lesquels semblant finalement s’orienter vers le recrutement du serbe Milovan Rajevac. Il avait également été sollicité ces dernières semaines par des clubs en Égypte (Zamalek), en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis.

    Le TP Mazembe, en plus du départ de Carteron, devrait perdre un de ses meilleurs joueurs, le Tanzanien Mbwana Ally Samata, en contacts très avancés avec Genk (Belgique). Son compatriote Thomas Ulimwengu, l’Ivoirien Roger Assalé et le Zambien Rainford Kalaba sont également cités parmi les possibles partants. Des départs qui ne sont pas forcément étrangers au climat politique tendu qui règne à Lubumbashi autour de Katumbi, dont la candidature à la prochaine élection présidentielle semble de plus en plus probable.

    Jeune Afrique

  • Groupes armés et autres milices pullulent (encore) dans l’est de la RDC

    Groupes armés et autres milices pullulent (encore) dans l’est de la RDC

    M23 rebels train in the Democratic Republic of the Congo.-Deux ans après la défaite de la rébellion du M23, l’est de la RDC regorge toujours de nombreux groupes armés et milices, pour la plupart fragmentés à la suite de redditions partielles ou d’alliances brisées. Une situation qui ne favorise pas un éventuel retour à la paix.

    Décidément, les bruits de bottes et de kalachnikov ne cessent de se faire entendre dans l’est de la RDC. De l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), qui a mis fin à 32 ans de régime de Mobutu en 1997, au Mouvement du 23-Mars (M23), vaincu fin novembre 2013, les rébellions se succèdent à un rythme effréné dans le Nord et le Sud-Kivu depuis deux décennies.

    À côté de groupes armés plus ou moins structurés, plusieurs autres – souvent sans hiérarchie établie ni objectifs militaires ou politiques bien définis – ont également fait leur apparition au fil des années. On y trouve des milices d’autodéfense ou à caractère ethnique, parfois utilisées comme supplétifs par l’armée (certaines factions Maï-Maï et Raïa Mutumboki notamment), mais aussi des groupes ougandais (Forces démocratiques alliées, ADF), rwandais (Forces de libération du Rwanda, FDLR) ou encore burundais (Forces nationales de libération du Burundi, FNL), voire de micro-milices locales constituées d’au moins 20 combattants.

    Une récente étude publiée fin 2015 par le Groupe de recherche sur le Congo (GEC) a pu identifier les « zones d’influence » de plusieurs groupes armés et milices dans le Nord et le Sud-Kivu, deux ans après la victoire de l’armée congolaise sur le M23. « Au moins 70 groupes armés sont actifs dans l’est de la RDC », affirment les chercheurs Jason K. Stearns et Christoph Vogel qui se fondent essentiellement sur leurs recherches effectuées sur le terrain.

    Quels sont les groupes les plus dangereux ?

    « L’ensemble de ces groupes armés représente moins de danger pour Kinshasa qu’un mouvement armé fort et cohérent comme ce fut le cas du M23 », explique àJeune Afrique Christoph Vogel, l’un des auteurs de l’étude du GEC. « Mais la prolifération de ces groupes armés constitue une source d’insécurité pour les populations locales et aussi un défi opérationnel pour l’armée congolaise », précise le chercheur.

    À l’en croire, les FDLR demeurent « le groupe potentiellement plus dangereux », avec ses combattants estimés entre 1 000 et 2 500 hommes. Incapables depuis 2001 de mener des raids sur le Rwanda d’où ils sont originaires, les combattants des FDLR multiplient des attaques sur le sol congolais à l’instar de celle qui a fait 14 morts dans la nuit de 6 au 7 janvier à Miriki, localité située au nord de Goma.

    « Les miliciens Raïa Mutomboki et Nyatura constituent également une menace majeure » contre le retour de la paix dans l’est de la RDC, souligne Christoph Vogel. Il en est de même des rebelles ougandais de l’ADF, responsables présumés des massacres à répétition dans le territoire de Beni, et des autres milices locales actives dans la même zone. Alors que les insurgés burundais du FNL eux, dirigés par un certain Nzabampema, excellent dans le vol de bétail et multiplient des raids transfrontaliers à partir de leur base située dans la plaine de la Rusisi, selon le rapport du GEC.

    Tendance à la fragmentation

    En deux décennies d’instabilité dans le Nord et le Sud-Kivu, des groupes armés et milices ont de plus en plus tendance à se fragmenter : ils étaient moins de 30 en 2008, ils sont aujourd’hui au moins 70.

    « L’échec ou l’absence des programmes de démobilisation ont provoqué l’éclatement des groupes armés en plusieurs factions », notent les chercheurs du GEC. Un avis partagé par une source onusienne présente dans l’est de la RDC.

    Le processus de paix a forgé une armée congolaise hétéroclite

    Après la fin de la rébellion du M23, trois groupes ou coalitions ont éclaté chacun en deux groupuscules ou plus. C’est le cas des miliciens Nyatura par exemple, ou des Nduma Défense du Congo (NDC), fractionnées en deux branches armées distinctes : NDC rénové du commandant Guidon et NDC/Sheka. Les redditions partielles des combattants et les coalitions brisées ont également fait exploser les Raïa Mutomboki en plusieurs factions (voir la carte ci-dessus).

    Ainsi, « le processus de paix a forgé une armée congolaise hétéroclite constituée d’anciens belligérants », dénonce l’étude. Des « postes juteux » dans l’Est, riche en ressources naturelles, ont souvent été attribués aux ex-chefs rebelles qui déposent les armes. En conséquence : les officiers mécontents de leur situation font défection pour créer des milices armées sur le terrain. Une approche finalement abandonnée par Kinshasa qui semble privilégier désormais « l’intégration au cas par cas » des anciens combattants rebelles.

    Jeune Afrique

  • Ban Ki-moon recommande une nouvelle réduction des effectifs de la Monusco

    Ban Ki-moon recommande une nouvelle réduction des effectifs de la Monusco

    Ban Ki Mun et MONUCla-Dans un rapport rendu public mardi, l’ONU envisage de réduire à nouveau les effectifs de la force des Nations unies en République Démocratique du Congo (Monusco). Une proposition qui sera examinée la semaine prochaine par le Conseil de sécurité.

    Dans un rapport transmis au Conseil de sécurité, daté du 24 décembre et publié le 5 janvier, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, « recommande une nouvelle réduction de 1700 membres du personnel militaire de la Monusco. Au mois de mars dernier, les effectifs de la mission des Nations unies avaient déjà été réduits de 2000 hommes, sur près de 20 000 soldats autorisés.

    Pour le Secrétaire général, cette nouvelle réduction « pourrait être envisagée sans compromettre la capacité de la Mission de s’acquitter de son mandat de protection des civils, notamment la neutralisation des groupes armés ». Car, à terme, l’objectif reste le même : le « retrait graduel et progressif de la Monusco (…) en évitant une résurgence de l’instabilité ou une reprise du conflit ».

    Renforcer la composante police

    Ban Ki-moon suggère également de renforcer composante police de la Monusco « étant donné qu’il est de plus en plus difficile d’assurer le maintien de l’ordre dans le contexte du processus électoral ».

    À ce titre, le Secrétaire général s’est dit « profondément troublé par la montée des tensions politiques dans le contexte du processus électoral, par l’augmentation du nombre d’incidents en matière de sécurité et par les violations des droits de l’homme qui risquent de déboucher sur des troubles civils et des violences généralisées si des mesures ne sont pas prises pour apaiser les tensions. »

    Des propositions qui seront examinées par le Conseil de sécurité

    Il encourage donc le président Joseph Kabila « à multiplier les contacts avec les parties prenantes, toutes formations politiques confondues, et à engager un dialogue national visant à instaurer un consensus sur le processus électoral en cours« .

    L’ensemble de ces propositions seront examinées la semaine prochaine par le Conseil de sécurité qui doit renouveler le mandat de la mission des Nations unies avant la fin du mois de mars.

    Jeune Afrique

  • Joseph Kabila : 2016 ne se fera pas sans lui

    Joseph Kabila : 2016 ne se fera pas sans lui

    kabila 1-Dresser la liste des personnalités qui marqueront l’Afrique en cette année qui débute est un exercice périlleux, même si les élections, les crises dont l’épilogue se fait attendre ou les événements sportifs et culturels mettront certainement en avant des protagonistes bien connus. Jeune Afrique vous propose une liste non-exhaustive. Parmi eux, Joseph Kabila, président de la RDC.

    « Une énigme enveloppée de mystère », disait de lui Jacques Chirac. À 44 ans, Joseph Kabila cultive plus que jamais sa nature profonde : secrète, imprévisible, déroutante – impénétrable, y compris pour son proche entourage. Où sera-t-il, que fera-t-il dans un an, au terme d’une année 2016 perçue comme celle de tous les dangers dans ce pays-continent de 80 millions d’habitants ? Pour ses opposants, qui n’ont en commun que l’impatience de le voir rendre le pouvoir, en novembre prochain, comme pour la communauté internationale, dont l’unique antienne est le respect des échéances constitutionnelles, il va de soi que le fils du Mzee aura rejoint le rayon des jeunes retraités de l’Histoire.

    Reste que le processus électoral est en panne : calendrier global dépassé, fichier corrompu, insuffisance des moyens financiers, résidus d’insécurité préoccupants dans l’Est et au nord du Katanga – autant de raisons objectives pour souscrire à ce « dialogue national politique inclusif » que Kabila appelle de ses vœux. Regroupés au sein du Front citoyen 2016, les leaders de l’opposition s’y refusent et menacent de recourir à la désobéissance civile – autant dire à l’épreuve de force – pour conjurer tout « glissement » du calendrier. Joseph Kabila, lui, joue la carte du nationalisme, des grands travaux, des forces de sécurité qui lui sont très largement acquises et des Églises du réveil, sans rien dévoiler de ses intentions. Persuadé que, quelle que soit l’issue de l’année qui s’ouvre, elle ne s’écrira pas sans lui, ni contre lui.

    François Soudan

  • Election présidentielle: le grand défi de Kabila»

    Election présidentielle: le grand défi de Kabila»

    Kabila-Les quotidiens de Kinshasa reviennent sur les défis  auxquels doit faire face la RDC en 2016, l’adhésion de Moïse Katumbi à l’opposition  et les manifestations organisées à l’occasion de la commémoration de la journée consacrée aux  martyrs de l’indépendance.
    Le Phare fait de l’élection présidentielle en 2016 le principal défi que doit relever le président de la RDC. Le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, a adressé à ses compatriotes trois messages successifs avant la fin de l’année 2015 : le 28 novembre, le 14 et le 31 décembre. A chacune de ces occasions, il a parlé de tout, sauf de ce qui préoccupe la majorité d’entre eux : l’élection présidentielle, qui devrait marquer l’expiration de son second mandat à la tête du pays, fait remarquer le quotidien.

    Même si  le dialogue s’affiche comme un défi politique majeur mais l’équivoque que les forces politiques et sociales acquises à l’alternance au sommet de l’Etat voudraient le voir levée, poursuit le quotidien kinois, c’est celle relative à son avenir politique, qui passe par les élections.
    «Moïse Katumbi s’affiche désormais opposant », titre La prospérité. « Je n’ai rejoint aucun parti politique d’opposition, je n’ai pas créé un parti politique d’opposition », a-t-il fait savoir, en précisant toutefois être membre du «Front citoyen2016 », une plateforme politique qui regroupe beaucoup de partis politiques de l’opposition et qui milite, cette plateforme, pour le respect strict de la Constitution, renseigne le journal.
    Par ailleurs, face aux enjeux électoraux qui se profilent à l’horizon, Moïse Katumbi, acteur politique, soutient qu’il appartient à l’opposition de se préparer et d’envisager une candidature unique à la présidentielle de cette année 2016.
    Le phare, qui commente aussi cette actualité, indique que  Moïse Katumbi, a franchi le Rubicon en clamant tout haut ce que tout le monde chuchotait tout bas depuis quelque temps, à savoir : sa rupture définitive avec le régime au pouvoir et son entrée dans l’opposition.  Pour ce quotidien kinois, les signes avant-coureurs de ce revirement étaient visibles depuis ses déplacements en Europe où il a eu à s’entretenir à deux reprises avec Etienne Tshisekedi, et la présence de ses délégués aux différentes manifestations organisées le tour à tour par le G7 et du Front Citoyen2016 contre le dialogue, le glissement et la révision constitutionnelle.
    Congo Nouveau consacre certaines pages à la création, par l’opposition congolaise, d’une nouvelle plate-forme dénommée : «Front des démocrates».  Ce regroupement  des sept partis et personnalités de l’opposition a pour objectif de mettre en commun des forces en vue de prochaines élections, se rassembler autour des valeurs prônées par l’opposition politique et forces vives  pro-alternance politique et adopter des positions communes  face aux enjeux de l’heure, renseigne le trihebdomadaire.
    La prospérité revient sur la commémoration de la journée des Martyrs de l’indépendance et l’appel pro-dialogue d’Henri Mova, secrétaire général du PPRD, au peuple congolais. Il  trouve beaucoup de similitudes entre la situation de 1959 et les enjeux auxquels doit faire face la RDC, 57 ans plus tard. Il note que le combat de la pleine autodétermination bat encore son plein.
    Le souvenir du martyre enduré par les héros du 4 janvier 1959 devrait, de l’avis de Mova,  appeler à plus de sens de responsabilité.  Surtout en ce moment où la jeune démocratie congolaise négocie un tournant historique de grande envergure avec des échéances électorales prochaines. D’où la nécessité d’aller au dialogue, rapporte le quotidien kinois.

    Radio Okapi