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  • Fin de la visite du facilitateur de l’UA Edem Kodjo

    Fin de la visite du facilitateur de l’UA Edem Kodjo

    EDEM-L’ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo a été nommé le 14 janvier dernier par l’Union africaine pour suivre le dialogue convoqué par Joseph Kabila. Un dialogue dont la date n’est toujours pas fixée. Edem Kodjo a rencontré le chef de l’Etat congolais, des représentants de la société civile, des parties politiques et des institutions. Moins d’interlocuteurs que ceux qui souhaitaient le rencontrer. Pour l’ancien Premier ministre togolais, c’est une preuve de l’engouement autour de sa médiation.

    Après sa rencontre avec le président Joseph Kabila, Edem Kodjo se dit rassuré sur la détermination du chef de l’Etat congolais à tenir le dialogue dans les plus brefs délais. Interrogé sur les soupçons de l’opposition quant à un éventuel glissement du calendrier, « le président Kabila ne m’a pas confié ses intentions », dit l’ancien Premier ministre togolais qui dénonce toutefois les procès d’intention dommageables à ce type de dialogue.

    Si certains opposants reprochent à l’UA de ne pas avoir mentionné le respect des délais constitutionnels dans son communiqué annonçant la nomination d’Edem Kodjo, son facilitateur se défend : « le respect des délais constitutionnels est impératif », dit-il.

    Il appelle la Dynamique de l’opposition et le G7, deux formations hostiles au dialogue, à revoir leur décision, félicitant certains partis issus de ces plates-formes d’avoir accepté de le rencontrer. Mais « uniquement pour faire part des raisons de notre refus de participer à tel dialogue qui risque de donner lieu à un report des élections », justifie dans un communiqué le MLC de Jean-Pierre Bemba.

    Parmi les personnalités rencontrées, le président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la majorité. « C’est un fonctionnaire international, discret et neutre et il a une connaissance suffisante du Congo », estime Aubin Minaku. L’ancien vice-président et président du RCD renchérit : « Je suis impressionné par son expérience et sa passion pour le dossier Congo ». Azarias Ruberwa estime que le Togolais a compris les enjeux et souhaite éviter le pire. Après avoir rencontré la Céni, Edem Kodjo se dit surtout inquiet du peu d’avancée dans les préparatifs des élections. D’où l’urgence du dialogue, insiste le facilitateur.

    Edem Kodjo doit rendre compte de ses discussions à la présidence de la Commission de l’UA, qui – elle-même- en fera part au sommet des chefs d’Etat prévus pour la fin du mois. L’ex-Premier ministre togolais pourrait donc ne revenir, au mieux, qu’au début du mois de février pour poursuivre ses consultations en attendant la tenue du dialogue dont on ignore toujours la date.

    (RFI)

  • Video: Hommage au Me Gerard Kamanda wa Kamanda

    Video: Hommage au Me Gerard Kamanda wa Kamanda

    Gérard Kamanda wa Kamanda est mort la nuit de mercredi à jeudi 21 janvier à Kinshasa dans la formation médicale Médecin de nuit, où il était admis depuis plus de trois semaines pour des soins de santé.
    Né en 1940, Gérard Kamanda wa Kamanda a été ministre des Affaires étrangère de l’ex-Zaïre à trois reprises en 1983, de 1995 à 1996 et de 1996 à 1997.

    Dans le Gouvernement de transition issu des accords de Sun City en Afrique du Sud, Gérard Kamanda wa Kamanda a occupé le poste du ministre de la Recherche scientifique.

  • Quinze ans après sa mort, quel est l’héritage de Kabila père

    Quinze ans après sa mort, quel est l’héritage de Kabila père

    L. Kabila-Il y a 15 ans jour pour jour, les Congolais apprenaient la mort de Laurent-Désiré Kabila, assassiné, le 16 janvier 2001 par l’un de ses gardes rapprochés. Le choc est tel que les autorités mettent deux jours à confirmer officiellement la nouvelle. Son arrivée à la tête du Zaïre, 4 ans plus tôt avec l’aide du voisin rwandais, avait soulevé un immense espoir. Il était alors vu comme le « tombeur » du dictateur Mobutu Sese Seko. Aussitôt, il change d’ailleurs l’hymne national et redonne au pays son nom de République démocratique du Congo comme pour refermer symboliquement la longue parenthèse mobutiste. Mais finalement, quinze ans plus tard, que reste-t-il de son héritage ?

    Il se faisait appeler « le soldat du peuple » et aujourd’hui encore une partie des Congolais se souvient de Laurent-Désiré Kabila comme d’un « libérateur », celui qui a débarrassé le Congo du joug de la dictature de Mobutu d’abord puis s’est ensuite battu pour l’intégrité du pays. Un « nationaliste » dont la devise est encore visible dans les rues de Kinshasa, placardée sur des affiches à son effigie : « Ne jamais trahir le Congo ».

    « Dans toutes ses attitudes, tous ses discours, tous ses actes », se souvient un habitant de Kinshasa, « on sentait bien qu’il voulait vraiment que le Congolais soit indépendant et libre ». Libre, et aussi responsable de son destin renchérit cet autre habitant. « C’était un apôtre de l’auto-prise en charge du Congolais. Le Congolais doit se prendre en charge, ne pas attendre que son bien-être lui soit apporté par l’extérieur. Nous avons tout ici pour nous développer », reprend le kinois.

    Quinze ans plus tard, le kabilisme de Laurent-Désiré est toujours présent à travers le parti PK, les Patriotes kabilistes, mais il pèse peu sur l’échiquier politique. Le PK n’est pas représenté à l’Assemblée et n’est présent que dans 5 provinces sur 11. Quant à son président, Mwenze Kongolo, ex-ministre de la Justice sous Laurent-Désiré Kabila, il milite désormais dans l’opposition – il a récemment rejoint le Front citoyen – car il reproche à l’actuel président Joseph Kabila de n’avoir pas su entretenir « l’espoir qui était né » de son arrivée au pouvoir ni préserver ses réalisations, par exemple « le service national », qui était, selon lui, « un service très important parce qu’il donnait de l’espoir aux jeunes gens désœuvrés ». Ou encore, « le projet des cantines populaires, (dans lequel) le gouvernement vendait (de la nourriture) moins cher. Tout ça, déplore-t-il, n’a pas été entretenu du tout. Tout cela a été cassé. C’est ça notre lutte ».

    Bilan mitigé

    Pourtant, lorsque l’on interroge les historiens, le bilan qu’ils dressent des quatre petites années que Laurent-Désiré Kabila passe à la tête du pays est plus que mitigé. Filip Reyntens, professeur à l’université d’Anvers en Belgique, parle même d’un héritage « désastreux ». Et c’est peu dire à l’en croire que les espoirs de changement soulevés par le départ de Mobutu ont été rapidement déçus : « Le système qui a été mis en place était un profondément anti-démocratique, peu transparent et je pense que le système l’est resté jusqu’à aujourd’hui ».

    « Il est vrai, nuance Filip Reyntens, qu’à son arrivée au pouvoir en 1997, Laurent-Désiré Kabila trouve un Etat déliquescent, mais il n’a pas su commencer à reconstruire un minimum d’Etat. C’est peut-être compréhensible, poursuit-il, compte tenu de son passé. Un passé au maquis. Il n’a jamais pendant ce passé géré un Etat, ne savait probablement pas comment fonctionne un Etat et il a géré le Congo comme son maquis, tel qu’il l’a pratiqué fin des années 60 et début des années 70 ».

    Résultat : économiquement aussi bien que politiquement, pendant les 4 années où Laurent-Désiré Kabila est au pouvoir, la situation n’a fait qu’« empirer ».

    Avant la deuxième guerre du Congo

    En arrivant, il avait pourtant de bonnes intentions, estime le chercheur en sciences sociales Anicet Mobe. Il est imprégné d’idéaux marxistes, mais très vite, explique-t-il, il se heurte à l’appétit de ses parrains, autrement dit des pays qui lui ont permis de prendre les rênes du pays. « Les conditions dans lesquelles il a accédé au pouvoir ont d’emblée hypothéqué à la fois son engagement nationaliste et aussi ses choix économiques, estime Anicet Mobe parce que dès le départ, il a été obligé des contrats faramineux avec certaines sociétés minières anglo-saxonnes. Et surtout, par rapport à des pays comme le Rwanda et l’Ouganda ce n’était pas tellement des contrats en bonne et due forme, mais c’était surtout, le pillage systématique des ressources économiques au Congo ».

    Paradoxalement, Laurent-Désiré Kabila reste pourtant dans le cœur des Congolais comme celui qui a finalement dit « non » à la tutelle du voisin rwandais. Un revirement, qui, pensent certains, lui aurait peut-être coûté la vie. Et qui en tout cas a été l’élément déclencheur de la deuxième guerre du Congo. Une guerre dévastatrice, qui déstabilise profondément et pour longtemps l’est de la RDC et qui n’empêche pas, bien au contraire, le pillage des ressources du pays par ses voisins de se poursuivre par l’intermédiaire de nombreux groupes armés dont une partie sévit encore aujourd’hui.

  • Manifestation de commémoration de la répression de janvier 2015 empêchée A Kinshasa ,pas dans les provinces

    Manifestation de commémoration de la répression de janvier 2015 empêchée A Kinshasa ,pas dans les provinces

    police-51Des manifestations appelées par l’opposition en commémoration des émeutes de 2015 contre une tentative de modifier de la loi électorale ont eu lieu dans différentes provinces, mais la police les a empêché de se tenir dans la capitale congolaise.

    A Kinshasa, l’opposition dénonce l’arrestation dplusieurs personnes mardi dans différents endroits où des conférences et des cultes devaient avoir lieu.

    Le Front citoyen, une plate-forme composée des acteurs de l’opposition et de la société civile, dénonce l’enlèvement et l’interpellation de certains de ses membres. Selon l’opposant Martin Fayulu, les acteurs et sympathisants du front citoyen voulaient célébrer la mémoire des victimes des manifestations du 19 janvier 2015. Il parle d’une centaine des cas d’arrestations.

    “On a commencé par enlever nos militants… On est parti intimider les prêtres… on a arrêté même des particuliers auprès de qui nous avions loué des salles pour animer nos conférences-débat”, se plaint M. Fayulu.

    Martin Fayulu au micro de Radio Top Congo


    Selon Jean-Lucien Mbusa, modérateur de la plate-forme la Dynamique de l’opposition, les forces de sécurité ont occupé les lieux depuis très tôt dans la matinée et ont empêché tout rassemblement, arrêtant des manifestants qui s’obstinaient à y rester.

    Une autre figure de l’opposition, Vital Kamerhe, soutient, lui, avoir demandé à ses partisans de ne pas céder à la provocation de la police qui avait fait irruption dans la salle où il devait tenir une conférence à Kinshasa.

    L’Inspecteur général de la police, le général Célestin Kanyama, a, pour sa part, démenti sur Radio Okapi toute action de la police contre des manifestants à Kinshasa.

    L’AFP estime par ailleurs à près de 5.000, les personnes qui ont pu manifester dans les provinces de l’Est.

    Le plus grand rassemblement de la journée a eu lieu à Bukavu, fief du troisième parti d’opposition, l’Union pour la Nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, où les manifestants se sont rassemblés sur une place pour écouter divers orateurs venus dire “non” à un “troisième mandat” du président Joseph Kabila et exiger la tenue de la présidentielle en 2016, comme prévu par la Constitution.

    A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), environ 400 personnes ont manifesté contre le pouvoir dans le calme, selon un autre journaliste de l’AFP.

    A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, l’armée a dispersé à la mi-journée quelques 300 personnes réunies à l’appel de l’opposition pour prier dans la rue pour les quelques dizaines de personnes tuées entre le 19 et le 22 janvier 2015 lors de violences provoquées par l’examen au Parlement d’un projet de loi électorale contesté.

    Un correspondant de l’AFP qui couvrait cette manifestation et un journaliste de Radio Okapi (la radio de l’ONU en RDC) ont été molestés par des soldats et retenus pendant plusieurs heures avant d’être relâchés.

    L’opposition a appelé ces manifestations pour commémorer les émeutes qui ont lieu un an plus tôt, opposées à des tentatives de modifier la loi électorale et la Constitution.  Quarante personnes étaient tuées au cours ces violences de 2015.

    VOA

  • Est-ce la diaspora qui sauvera le Congo ou l’inverse ?

    Est-ce la diaspora qui sauvera le Congo ou l’inverse ?

    Kinshasa-« Ah, mais c’est très bien, vous êtes rentré au pays. C’est courageux de votre part. La diaspora sauvera le Congo, j’en suis convaincu. Avec des gens comme vous ! ». Depuis des mois, j’entends des phrases de ce type.

    On me les assène à longueur de temps, à tous propos. Je n’ai jamais su comment réagir tant cette assertion est gênante. Elle me met et m’a toujours mis mal-à-l’aise. À force, j’ai commencé à y penser, y réfléchir et chercher l’origine de cette gêne. Congolais de la diaspora, qu’ai-je réellement à apporter à ce pays qui soit si flagrant ? En méditant cette question finalement mal posée, une idée renversant son postulat m’est simplement venue – véritablement évidente, elle : c’est le Congo qui m’apporte quelque chose. Esquissé à gros traits, ce pays m’offre ce que je n’ai encore jamais eu : une histoire commune, une aventure collective, une appartenance, une identité, un clan, des racines profondes, une place, du sens.

    On me parle du Congo depuis ma naissance. On me l’a expliqué en long et en large, décrit, raconté. On m’a dit que j’étais un fils du Kongo. Ce pays, je l’ai imaginé avec un affect sentimental extrêmement puissant. Ces graines semées depuis ma plus prime jeunesse dans le tréfonds de mon âme germent, éclosent et s’épanouissent depuis mon retour. C’est une seconde naissance, consciente celle-ci. En ce sens, j’ai toujours cultivé une profonde humilité à l’égard de ce pays, de sa population si diverse et, dès lors, n’ai aucunement la prétention de donner de leçons ni d’avoir grand-chose à apporter en propre.

    Cette diaspora congolaise qui rentre chez elle, je la fréquente.

    Fabien, 29 ans : « J’ai grandi à Paris. Je suis rentré pour mon père. Mon frère travaille à New-York et n’a pas l’intention de vivre en Afrique. Ma mère et ma sœur vivent au Canada et viennent ici en vacances. Mes parents sont séparés. J’étais le seul à pouvoir continuer les affaires de mon père qui s’est remarié. Je m’ennuyais à Paname. Et toi, c’est quoi ton histoire ? » ; Apolline, 30 ans : « Je bossais à Londres et suis sortie avec un mec qui voulait rentrer travailler au Congo. Je l’ai suivi. Je ne sais pas ce que je ferai les prochaines années mais je rentrerai vivre en Belgique à un moment. Et toi, c’est quoi ton histoire ? » ; Steve, 28 ans : « J’ai étudié et vécu à Londres. Je suis du Katanga utile. J’ai toujours gardé la nationalité et voulais rentrer au pays. Il y a tellement de choses à faire ici. Pourquoi pas Kin ? C’est une ville un peu agitée pour un Katangais mais comme j’ai vécu à Londres, je n’ai aucun problème. Et toi, c’est quoi ton histoire ? ».

    La diaspora est d’abord et avant tout le récit d’un déracinement, d’une coupure, d’une déchirure

    Diane, Paul, Mambo, Jean … autant d’histoires différentes mais, au fond, si proches, similaires. Elles sont les déclinaisons d’un même phénomène, le déracinement. La diaspora est d’abord et avant tout le récit d’un déracinement, d’une coupure, d’une déchirure. Ce phénomène est violent, douloureux. Qu’on l’ait choisi ou qu’on en soit le fruit. Les uns le vivent mieux que les autres. Se sentir étranger dans le pays où on est né, on a grandi, vécu ses premières émotions, ses premiers émerveillements ; connu ses premières désillusions, ses premiers chagrins ; noué ses amitiés les plus intenses est un paradoxe d’une profondeur insondable. Etre un étranger dans le pays qui vous a façonné est invinciblement incompréhensible pour qui ne l’a vécu.

    Toutes ces histoires, tous ces destins diasporiques créent certes une intimité particulière mais une rivalité aussi. Nous jouons dans la même division. Certains connaissent bien le Congo d’autres moins ou pas du tout. Ensuite, ce retour, nous le vivons chacun à sa manière. Les raisons qui nous ont poussés à rentrer sont diverses. Les uns galéraient en Europe ou en Amérique durant leurs études, ne trouvaient pas de travail ou l’avaient perdu.

    Rentrer est l’occasion de se refaire, de changer de quotidien, de fuir un continent en mal d’idéal

    Rentrer est l’occasion de se refaire, de changer de quotidien, de fuir un continent en mal d’idéal. D’autres y voient l’accomplissement d’une quête existentielle, un devoir filial, la réintégration d’une lignée ancestrale, la réappropriation d’un héritage. D’autres encore, opportunistes assumés, sautent sur l’occasion de s’en mettre plein les poches et mener grand train. Souvent, c’est un savant mélange de tout cela. Irréductibles, indéfinissables, tels sont les motifs qui président à un tel choix. Le constat est pourtant le même : comment s’intégrer, se réintégrer à cette complexe société congolaise qui, elle-même, nous considère comme des étrangers ?

    « Diaspourrie »

    Les congolais de RDC, ceux du cru, ne sont pas de fervents admirateurs de cette diaspora. Ils ne l’apprécient pas. Ils la voient revenir – pour eux arriver – et accéder plus rapidement à des postes pour lesquels, malgré leurs dix, quinze années d’expérience, on n’aurait jamais pensé à eux. Les vicissitudes du pays, la diaspora ne les a, en général, pas subies ou justement fuies. Les affres de la guerre, les pillages, les viols, les millions de morts, elle en a pris connaissance en lisant les dossiers spéciaux consacrés à la RDC du Monde diplomatique ou par la famille restée au pays. On peut comprendre qu’ils l’aient mauvaise de voir ce retour – pas si noble ou désintéressé – de cette diaspora prétendument providentielle dont on n’arrête pas de leur tympaniser les oreilles. Ce qui se construit, c’est un Congo sans ou malgré eux. Ils s’en sont juste rendu compte. Ces Congolais qui la détestent ou la jalousent, je les comprends finalement. Ils l’appellent la diaspourrie.

    Indéniablement, l’image qu’elle véhicule est celle d’une caste fermée, d’un monde vivant reclus dans la République de la Gombe, à Ma Campagne, à Mont Fleury, à UTEX. Catholique, elle fréquente les mêmes églises qui, le dimanche, rassemblent le bottin mondain de la capitale. C’est la foire aux vanités. Une arène de fauves aussi. L’apparence et un matérialisme hallucinant y règnent en maître absolu dans ce pays où une telle pauvreté a pignon sur rue. Sans filtre, cru, brut de décoffrage, le contraste violent qui en découle laisse incrédule. Arrogante, vaine, imbue d’elle-même, elle singe les Belges d’hier, les grands du monde d’aujourd’hui. Pourtant, cette indécence n’est pas l’apanage de Kinshasa ni du Congo. Cette diaspora se décline et ne peut tout uniment, indistinctement être clouée au pilori. Laissons-lui, laissez-nous le bénéfice du doute.

    Envisagés plus largement, l’uniformisation, l’abrutissement à marche forcée des différentes sociétés et cultures, finalement, c’est la diaspora – d’où qu’elle vienne – qui en est le principal vecteur. Celle-ci tient le rôle de métastases dans ce cancer mondial qui n’en finit pas de tuer les particularismes, les identités noyés dans une humanité conceptuelle bien abstraite alors qu’il existe des peuples et des hommes bien réels, eux.

    « C’est la diaspora qui sauvera le Congo » n’ont-ils de cesse d’asséner. Sans doute est-ce pour toutes ces raisons que je ne peux plus les entendre, les phrases de ce type. Elles auront cependant eu le mérite d’éclairer l’imposture dans laquelle, pour l’instant, je me trouve.

    Jeune Afrique
    (par Philippe-Alexandre Sondj Mulanza Kating )
    D’origine congolaise, Philippe-Alexandre Sondj Mulanza Kating est né et a grandi à Bruxelles. Depuis un peu plus d’une année, il a décidé de rentrer s’installer à Kinshasa où il travaille et vit désormais.
  • Dialogue en RDC: l’Union Africaine reprend la main sur la médiation

    Dialogue en RDC: l’Union Africaine reprend la main sur la médiation

    edem kodjo-En République démocratique du Congo, le président Joseph Kabila avait invoqué un dialogue politique national fin novembre. Une fronde au sein du gouvernement, à un an de la supposée élection présidentielle, avait secoué la politique nationale. Depuis, les discussions piétinent. Et la médiation onusienne déplaît. C’est l’Union africaine qui à son tour prend les choses en main.

    L’annonce est passée en toute discrétion le 14 janvier dernier : la commission de l’Union africaine a demandé à Edem Kodjo de se rendre au plus vite à Kinshasa. L’ancien Premier ministre togolais, et membre du groupe des sages au sein de l’organisation panafricaine, aura donc la lourde tâche de faciliter le dialogue entre pouvoir et opposition.

    Mais convaincues que le président Kabila cherche à prolonger son mandat à la tête du pays, les deux principales coalitions de l’opposition, le G7 et la Dynamique, ont annoncé qu’elles ne prendront pas part à ce dialogue.

    Saïd Djinnit jugé inefficace

    Par cette nomination, l’Union africaine reprend en main le dossier, après l’ONU. Précédemment, c’était l’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs, Saïd Djinnit, qui avait été dépêché. Mais les opposants lui reprochent son manque de résultats lors de la médiation burundaise. Le diplomate algérien avait en effet jeté l’éponge en juin dernier.

    Edem Kodjo sera-t-il mieux accueilli ? Il y a plus d’un an, l’Union africaine avait déjà donné sa confiance à l’homme politique togolais. Edem Kodjo avait été chargé de faciliter la résolution de la crise burkinabè, après la démission de Blaise Compaoré.

    RFI

  • [Chronologie] RDC : de Kabila père à Kabila fils, 15 ans déjà

    [Chronologie] RDC : de Kabila père à Kabila fils, 15 ans déjà

    En 2001 lorsqu’il succède à son père assassiné le 16 janvier, Joseph Kabila n’a que 29 ans.

    Peu d’observateurs le voient conserver longtemps le pouvoir en RDC. Mais 15 ans plus tard,

    le fils du Mzee est toujours là et entretient le suspense sur son avenir politique au terme de

    son deuxième et théoriquement dernier mandat constitutionnel d’ici fin 2016.

    Retour en 15 dates sur ses 15 années de règne.

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    16 JANVIER 2001

    Assassinat du père et ascension du fils


    Palais de Marbre, dans le bureau de travail de Laurent-Désiré Kabila, alors président de la RDC.

    Aux environs de 13 heures, un de ses gardes du corps rentre et tire à bout portant sur le chef de l’État.

    C’est la confusion à Kinshasa. Le décret-loi qui régit le pays à l’époque n’a rien prévu en cas de vacance

    du pouvoir. Des “réunions de crise” se succèdent jusqu’à la nomination le lendemain de Joseph Kabila

    comme “coordonnateur de l’action gouvernementale” en attendant le retour du chef de l’État dont

    le corps – pourtant sans vie – a été transféré au Zimbabwe. Quarante-huit plus tard, le gouvernement

    annonce la mort du Mzée. Le 26 janvier, son fils prête serment comme le nouveau président

    de la République. Et hérite d’un pays divisé par un conflit armé déclenché en 1998.

     

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    17 DÉCEMBRE 2002

    Accord global et inclusif

    À Sun City, en Afrique du Sud, les belligérants acceptent de mettre fin à la guerre et de se partager le pouvoir.

    Joseph Kabila reste président de la République mais il est désormais assisté par quatre vice-présidents dont

    deux anciens chefs rebelles, Jean-Pierre Bemba et Azarias Ruberwa. C’est la formule “1 + 4”.

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    11 NOVEMBRE 2004

    Tentative de putsch à Kinshasa


    Vers 2 heures 30 du matin, des éléments de la garde présidentielle de Joseph Kabila

    entrent en rébellion. Emmenés par le major Éric Lenge, les mutins prennent le contrôle

    de la Radio nationale pour annoncer l’échec du processus de transition. Très rapidement,

    les forces loyalistes lancent une contre-offensive. Le putsch échoue mais Éric Lenge reste introuvable.

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    25 AOÛT 2005

    Rébellion du CNDP avec Laurent Nkunda

    Le couac entre Joseph Kabila et Laurent Nkunda remonte en septembre 2003 lorsque

    cet officier, issu de l’ancienne rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD),

    refuse d’intégrer la nouvelle armée nationale. À la place, il lance la “Synergie pour la concorde et

    la paix” qui deviendra, le 25 août 2005, la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).

    Une année plutôt, le 26 mai 2004, Laurent Nkunda avait déjà prêté main forte à un autre officier

    dissident, Jules Mutebusi, à Bukavu, dans le Sud-Kivu. Sans grand succès. Le CNDP est vaincu à

    son tour le 16 janvier 2009. Nkunda se réfugie au Rwanda où il serait toujours assigné à résidence.

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    18 FÉVRIER 2006

    Adoption d’une nouvelle Constitution

    Adoptée par le peuple à l’issue du référendum du 18 et 19 décembre 2005, la Constitution de la RDC

    est promulguée le 18 février 2006. Dans ses dispositions, la nouvelle loi fondamentale limite à deux

    le nombre des mandats présidentiels successifs. Un verrou constitutionnel qui empêche le président

    Joseph Kabila à rempiler à l’issue de son deuxième et dernier mandat.

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    27 NOVEMBRE 2006

    Kabila, premier président élu


    La Cour suprême de justice proclame Joseph Kabila vainqueur de la première élection

    présidentielle démocratique organisée dans le pays.

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    17 SEPTEMBRE 2007

    Contrats sino-congolais

    Le gouvernement congolais signe des contrats avec plusieurs firmes chinoises.

    Cela consiste en un prêt d’environ 9 milliards de dollars à la RDC, dont six pour développer les

    infrastructures et trois pour relancer le secteur minier. En échange de quelques titres miniers.

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    28 FÉVRIER 2008

    Massacre au Bas-Congo

    Les adeptes du mouvement politico-religieux Budi Dia Kongo (BDK) s’étaient arrogés depuis 2007

    des pouvoirs de l’État dans plusieurs villages du Bas-Congo, dans l’ouest du pays. Jusquu’à ce que

    le pouvoir ne décide, le 28 février 2008, d’envoyer les forces de l’ordre pour y rétablir l’autorité de l’État.

    Des affrontements éclatent et font 27 morts dont 3 policiers, selon le bilan officiel. Mais une enquête des

    Nations unies parlera quelques jours plus tard d’au moins 100 personnes tuées, principalement des partisans du BDK.

    Fin 2013, une tentative de prise de la Radiotélévision nationale par des adeptes du pasteur Paul-Joseph Mukungubila

    sera également réprimée dans le sang.

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    2 JUIN 2010

    Assassinat de Floribert Chebeya

    Floribert Chebeya, président de l’ONG la Voix des sans voix, est assassiné à Kinshasa.

    La veille, le militant congolais des droits de l’homme avait rendez-vous à l’Inspection générale

    de la police où il s’était rendu avec Fidèle Bazana, son chauffeur. Ce dernier a disparu.

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    17 DÉCEMBRE 2011

    Réélection controversée

    Joseph Kabila est proclamé vainqueur à l’issue d’une présidentielle controversée.

    L’Église catholique, à travers Mgr Laurent Monsengwo, parle d’une réélection qui “ne réflète pas

    la vérité des urnes”. Arrivé deuxième, l’opposant Étienne Tshisekedi conteste les résultats et

    s’autoproclame le “président élu” de la République.

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    6 MAI 2012

    Rébellion du M23

    Les anciens mutins du CNDP annoncent la création du Mouvement du 23-Mars (M23).

    Le nouveau groupe rebelle, dirigé par le général autoproclamé Sultani Makenga, réclame

    la mise en oeuvre de l’accord du 23 mars 2009 signé entre la précédente rébellion du CNDP

    et les autorités congolaises. Le 20 novembre, le groupe rebelle prend le contrôle de la ville de Goma,

    capitale du Nord-Kivu. La rébellion sera vaincue fin 2013 à l’issue d’une contre-offensive de

    l’armée congolaise, appuyée par la brigade d’intervention des Nations unies.

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    14 OCTOBRE 2012

    Sommet de la Francophonie à Kinshasa

    Kinshasa accueille le XVIe sommet de la Francophonie. Plusieurs chefs d’État répondent

    au rendez-vous, notamment François Hollade. Le président français en profite pour souligner

    la préoccupation de la France face aux violences des droits humains en RDC. Allusion faite entre

    autres à l’assassinat du militant Floribert Chebeya et à l’arrestation de l’opposant Diomi Ndogala.

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    19 JANVIER 2015

    Manifestations contre la réforme électorale

    Des manifestations éclatent à Kinshasa et dans la partie est du pays pour protester

    contre le projet de réforme électorale. Au coeur de la controverse une disposition qui voudrait

    lier l’organisation des élections au recensement de la population. Après son adoption à

    l’Assemblée nationale, la réforme électorale est revue et corrigée au Sénat qui supprime l’alinéa polémique.

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    15 MARS 2015

    Arrestation de Fred Bauma

    Arrêtés avec quatre membres des mouvements citoyens sénégalais Y’en a marre et burkinabè Balai citoyen

    – libérés après la protestation de leurs pays respectifs -, qui participaient à une activité organisée à

    Kinshasa par le collectif congolais Filimbi, les militants congolais prodémocratie Fred Bauma

    et Yves Makwambala sont poursuivis notamment pour avoir “comploté contre la vie ou contre la personne du chef de l’État”.

    Twitter

    29 SEPTEMBRE 2015

    Divorce avec Moïse Katumbi

    Moïse Katumbi quitte le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD),

    formation politique de Joseph Kabila. Soutenu par les frondeurs du G7, le dernier gouverneur de l’ex-Katanga,

    la plus riche province du pays découpée en quatre parties à l’issue de la réforme territoriale en cours,

    rejoint l’opposition et cache à peine ses ambitions présidentielles.

    Réalisation : Trésor Kibangula
    Code source : Jean Abbiateci et Libédata
    Photos : Gwenn Dubourthoumieu/J.A, AP/SIPA, AFP

     

  • Les plans de l’opposant Étienne Tshisekedi pour 2016

    Les plans de l’opposant Étienne Tshisekedi pour 2016

    Tshisekedi-En convalescence à Bruxelles, l’opposant historique Étienne Tshisekedi a annoncé samedi, une fois de plus, son retour imminent en RDC. Le leader de l’UDPS a également préconisé, dans son message de voeux, le rassemblement de “toutes les forces acquises au changement” pour exiger notamment la tenue des élections dans les délais constitutionnels.

    En RDC, le jeu du chat et de la souris continue entre le président Joseph Kabila et l’opposant Étienne Tshisekedi. Ce dernier accuse désormais le chef de l’État de « [multiplier] des actes inacceptables d’intimidation, de manipulation et de provocation pour détourner les nobles objectifs préconisés par le dialogue [politique annoncé] », le soupçonnant de vouloir « perpétuer son règne ».

    Dans un message de vœux (écrit et vidéo) au peuple congolais rendu public le 9 janvier, dont Jeune Afrique s’est procuré l’intégralité, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti de l’opposition congolaise, a dévoilé ses intentions pour l’année 2016.

    • Retour imminent au pays

    L’opposant historique se trouve à Bruxelles depuis la mi-août pour des raisons de santé. « Aujourd’hui, il va mieux », assure l’un de ses proches. Mais quand est-ce qu’il compte regagner Kinshasa ?Pour l’instant, aucune date n’est avancée.

    « J’annonce pour proche mon retour au pays, s’est contenté d’indiquer Étienne Tshisekedi à ses partisans. Je viens me joindre à vous pour qu’ensemble nous volions au secours du navire Congo qui tangue, secoué par des vagues et des tempêtes. »

    Un retour souhaité par le pouvoir qui espère que le chef de l’UDPS prendra part au dialogue politique préconisé par le président Joseph Kabila. Des pourparlers boudés par une bonne frange de l’opposition et de la société civile congolaise, regroupée au sein du Front citoyen 2016.

    « La position de mon parti, maintes fois réitérée, était de voir ce forum se tenir sous la médiation internationale, à Kinshasa, et avec comme témoin l’ensemble de notre peuple (…). Force est de constater que les Nations unies, auxquelles nous nous sommes adressés, afin de nous accompagner dans cette démarche par la désignation d’un facilitateur, demeurent à ce jour sans solution », déplore pour sa part le « Sphinx de Limété ».

    • Rassembler « toutes les forces acquises au changement »

    Mais Étienne Tshisekedi n’a pas adhéré au Front citoyen 2016. Se considérant comme « le chef du camp de changement », il voudrait lui en créer un autre : « Je prendrai incessamment l’initiative de rassembler et de canaliser les énergies de toutes les forces acquises au changement pour qu’ensemble nous puissions défendre valablement les valeurs de la République, scellées dans notre Constitution, obtenir un consensus sur un processus électoral crédible, nous impliquer dans l’organisation des élections présidentielle et les législatives dans les délais constitutionnels et dans un climat apaisé. »

    L’opposant estime également que « seul le peuple constitue l’ultime recours » face aux « obstacles à la réalisation du dialogue tant souhaité. Va-t-il lancer un « mot d’ordre » à ses partisans pour exiger que le dialogue préconisé conduise à la tenue des législatives et de la présidentielle dans les délais constitutionnels ? La stratégie n’a pas été dévoilée.

    • Régler le contentieux électoral de 2011 et réformer la Commission électorale nationale indépendante

    En attendant, Étienne Tshisekedi qui s’estime toujours comme étant le « président élu » à l’issue de la dernière présidentielle, souhaite que le contentieux électoral de 2011 soit levé avant d’engager le pays vers un nouveau processus.

    Et pour que les élections à venir soient « [exemptes] des tripatouillages des résultats et des violences », le président de l’UDPS plaide enfin pour la refonte de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Ce n’est que de la sorte, selon Étienne Tshisekedi, que les scrutins prévus en 2016 – présidentielle et législatives notamment – se dérouleront dans un climat apaisé et favoriseront le « transfert pacifique du pouvoir dans le respect de l’expression [du] peuple ».

    Intégralité du message de vœux d’Étienne Tshisekedi

    Message de vœux de l'opposant Étienne Tshisekedi

  • 10 mois de détention pour les militants de Filimbi

    10 mois de détention pour les militants de Filimbi

    filimbi2-En République démocratique du Congo (RDC), cela fait dix mois maintenant qu’Yves Makwambala et Fred Bauma sont emprisonnés. Ces deux militants, poursuivis par la justice congolaise pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État, avaient pris part à une conférence commune avec les mouvements citoyens sénégalais et burkinabè, Y’en a marre et le Balai citoyen. Il y a quelques semaines, les Nations unies avaient demandé leur libération, faute de preuves, sachant que les autres participants arrêtés lors de cette rencontre du mois de mars ont déjà été relâchés.

    Yves Makwambala et Fred Bauma sont en prison depuis bientôt dix mois. Ces deux activistes ont été arrêtés après avoir participé à une conférence de presse avec des mouvements citoyens sénégalais et burkinabè, Y en a marre et le Balai Citoyen. Ils souhaitaient alors lancer un mouvement citoyen congolais, Filimbi. A l’occasion de ses dix mois de détention, trois chanteurs de Goma, Wanny s-king, Nathan Scotto, Magic Pinokio, leur dédient une chanson intitulée « Liberté ».

    Une démarche touche les familles des prisonniers. Des détenus qui ne baissent pas les bras comme l’explique Michael Bauma, le frère de Fred Bauma : « Ça brise le cœur au fond, mais bon. On ne baisse pas les bras et on a espoir. On sait qu’il a réfléchi à ce qu’il avait fait à Kinshasa et il est en train d’assumer. Il assume le fait d’être en prison. Et j’ai confiance et nous avons espoir jusqu’ici ».

    Michael Bauma salue la mobilisation autour de la détention de son frère : « C’est important. Ça nous permet de sentir la chaleur de Fred autour de nous. Quand il y a des gens qui se mobilisent, quand il y a des gens qui pensent à lui, quand il y a des gens qui ne le pointent pas du doigt en disant qu’il est seul maintenant. Il y a des gens qui pensent à lui et ça fait du bien. J’aimerais dire que Fred c’est un militant. Il assume ce qu’il a fait et c’est une lutte qui a un aboutissement, c’est sûr ».

    Une mobilisation qui ne faiblit pas. Ghislain Muhiwa est un militant de la Lucha (Lutte pour le changement), comme Fred Bauma. Pour lui, la lutte continue : « Nous sommes très indignés par cette arrestation parce que pour nous, c’est une arrestation injuste. Et puis, ça fait dix mois qu’il est détenu et il n’y a aucun jugement. Nous disons que c’est toujours dans un pays comme le nôtre où cela peut se faire. Et pour nous, c’est vraiment anormal. Mais c’est encore une fois une raison de s’indigner davantage et de demander à tous les jeunes, à tout le peuple congolais que nous avons la grande raison et la grande responsabilité de militer pour que ça change. Tout ce que les autorités peuvent continuer à dire sur notre mouvement, nous considérons que c’est juste des accusations gratuites qui ne sont pas fondées parce que nous, nous savons très bien que la Lucha est légale ».

    RFI

  • Des dissidents du parti de Tshisekedi attaquent ce dernier en justice à Bruxelles

    Des dissidents du parti de Tshisekedi attaquent ce dernier en justice à Bruxelles

    mpuila-tshisekedi 1-On a appris ce mercredi que des dissidents de l’UDPS en Belgique avaient déposé plainte le 19 novembre dernier auprès du juge d’instruction bruxellois Michel Claise contre le président du parti, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Agé de 83 ans, ce dernier vit en Belgique depuis août 2014 pour des raisons de santé; une video de présentation de ses vœux pour 2016, mise en ligne le week-end dernier pour annoncer son prochain retour à Kinshasa, le montre en piètre forme

    Deux types d’infraction

    La plainte émane de frondeurs de l’UDPS, représentés par le cabinet de Me Marc Uyttendaele. En septembre dernier, ils avaient mis en place “un nouveau leadership du parti” en raison des mauvaises gestion et direction politique de la formation par le président Etienne Tshisekedi et de sa “famille biologique”.

    Deux types d’infraction sont reprochés au vieil homme par les plaignants. D’abord “faux et usage de faux en écriture”. En cause: le fait que “les statuts de l’UDPS (ont) été modifiés unilatéralement par son président”. L’article 10 de ceux-ci – tel que notarié le 1er mars 2013 et signé par Etienne Tshisekedi le 25 octobre 2013 – ne comporte en effet plus la mention, parmi les objectifs du parti, de “la conquête, l’exercice et la conservation démocratiques du pouvoir”, ce qui, pour les dissidents, revient à faire de l’UDPS une ONG. Cette modification est “illégale” selon eux, parce qu’elle n’a pas été approuvée par le congrès de l’UDPS.

    Les autres infractions reprochées à Etienne Tshisekedi sont “escroqueries”, “vol et/ou extorsion”. En cause, selon le cabinet Uyttendael: “Un examen de la comptabilité de l’UDPS a été réalisé à l’occasion de la rédaction d’un rapport d’activité de la représentation de l’UDPS-Benelux. Celui-ci a fait apparaître des mouvements suspects de sommes et des dépenses injustifiées”.

    “Imputations dommageables”

    La Libre Belgique a interrogé une des figures de l’UDPS à Kinshasa, Me Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, par ailleurs doyen du barreau près la Cour suprême de Justice. “Jusqu’à ce matin, nous n’avons reçu – ni à Bruxelles, ni à Kinshasa – aucun document à propos de cette affaire”, nous a -t-il répondu. “Si nous recevons une convocation du parquet belge, je me rendrai à Bruxelles. D’abord nous contesterons la qualité des plaignants: il ne suffit pas de 25 personnes réunies dans un sous-sol à Bruxelles pour constituer une “faction” de l’UDPS. Où sont leurs militants au Congo? Où sont leurs bureaux?”

    “Ensuite, nous montrerons que ces gens-là ont participé au congrès de l’UDPS (NDLR: en décembre 2010) et donné les pleins pouvoirs à Etienne Tshisekedi durant un délai déterminé et que le dépôt des nouveaux statuts s’est fait régulièrement, devant notaire à Kinshasa”. Et Me Mukendi d’ajouter: “Aller à Bruxelles nous donnera l’occasion d’intenter une action reconventionnelle (NDLR: demande opposée à l’action judiciaire principale) pour toutes les imputations dommageables faites par ces gens contre nous”.

    La consultation du “Rapport général du premier congrès de l’UDPS”, rendu public à Kinshasa le 14 décembre 2010, à l’issue de cette réunion, indique, au sujet de la modification des statuts: “1.- L’objectif spécifique du Parti, à savoir la conquête, l’exercice et la conservation démocratiques du pouvoir a été mis en exergue. A cet effet, il a été créé une Commission Electorale Permanente du Parti (CEP) chargée d’organiser la campagne électorale nationale du Parti et de superviser les élections au plan interne”. Il s’agissait des élections de 2011, finalement frauduleuses.

    Lalibre