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  • RDC: des cartes d’électeur dans les mains de réfugiés burundais

    RDC: des cartes d’électeur dans les mains de réfugiés burundais

    CARTES-La mission parlementaire envoyée dans le territoire d’Uvira confirme la détention des cartes d’électeur de la RDC par des réfugiés burundais. RFI a rencontré le vice-président de la mission, le député Justin Bitakwira, de retour d’Uvira.

    « Il y a des détenus burundais qui détiennent des cartes d’électeurs de la République démocratique du Congo. » C’est ce qu’affirme le député Justin Bitakwira dont la mission parlementaire au Sud-Kivu a rencontré des Burundais détenteurs des fameux documents.

    Détenues à l’Agence nationale du renseignement (ANR), ces personnes auraient subi un entraînement dans des centres d’instruction du Rwanda, avant leur infiltration en RDC. Leur mission : rejoindre par petits groupes des rebelles Burundais à partir de la plaine de la Ruzizi et Kavinvira, en territoire congolais pour attaquer le Burundi. « Et eux-mêmes ont déclaré qu’ils passent par le Rwanda. Ils font des entraînements dans des camps militaires. Certains sont des anciens militaires, d’autres ce sont des civils qui passent par une formation militaire. On leur délivre des cartes d’électeurs au Rwanda et enfin on les envoie en République démocratique du Congo. Apparemment c’est pour aller prêter main-forte à la rébellion du Burundi », poursuit Justin Bitakwira.

    Ces cartes d’électeur seraient imprimées au Rwanda et au Burundi. Elles proviendraient des lots volés dans l’Est de la RDC par des membres de l’ancienne rébellion du Mouvement du 23-Mars, le M23, réfugiés au Rwanda. Les infiltrations ont commencé il y a quatre mois, affirme le rapport de la mission parlementaire.

    Rapport débattu au printemps

    Cependant les responsables de la justice militaire et civile, eux, ont déclaré n’avoir pas été officiellement saisis de cette affaire qui est gérée par la seule ANR : « C’est vrai les magistrats civils comme militaires ont dit qu’ils ont appris cette information, comme tous les citoyens de la rue. »

    Il faudra cependant attendre la rentrée parlementaire, au mois de mars, pour que le rapport soit débattu au Parlement.

    (RFI)

  • RDC: une nouvelle affaire de fraude minière au Sud-Kivu

    RDC: une nouvelle affaire de fraude minière au Sud-Kivu

    CASSITERITE-C’est une nouvelle affaire de fraude minière en République démocratique du Congo, dans le territoire de Mwenga. Une grande quantité de cassitérite, un minerai utilisé en électronique, a été saisie par les services antifraude, et sa provenance pose problème. Une affaire révélatrice des failles des autorités malgré les efforts fournis pour rendre l’exploitation des ressources plus transparente.

    Le 16 janvier dernier, deux tonnes de cassitérite étiquetées ont été saisies par les agents de la commission de lutte contre la fraude minière. De la cassitérite avec des documents de sortie, signés par les délégués du service des mines et des Saeescam, les services d’assistance et d’encadrement du Small Scale Mining, c’est-à-dire de l’exploitation artisanale. Ses agents ont également signé sur un document officiel de l’Itri qui représente les producteurs.

    En théorie, tout aurait pu être en règle, le problème, c’est la provenance de ces minerais : Misela et Kakulu, deux sites sur la concession de Banro, où les opérations d’étiquetage auraient dû être suspendues, un ordre du ministre. Or, elles se poursuivent au grand dam de la compagnie et du service antifraude.

    Les bénéficiaires de l’opération, ce sont d’abord les exploitants artisanaux dénoncés par l’unité de lutte contre la fraude minière, les agents eux-mêmes des différents services concernés qui encaissent une taxe, mais aussi les comptoirs qui ont acheté ces minerais, WMC et ETS-Rica. WMC qui est représenté au comité provincial de suivi des affaires minières. Un comité qui suit de près ce type d’affaires et dont tous les membres sont en copie des courriers échangés entre la société Banro et les services de l’Etat.

    Le ministre provincial des Mines assure que des discussions sont en cours pour essayer d’établir les responsabilités. Mais il précise d’ores et déjà qu’il faut « protéger » Banro car sa position est capitale. Le ministre reconnaît qu’il y a eu quelques « dérapages » au départ mais que l’affaire sera réglée « de manière douce ».

    RFI

  • RDC : ouverture du procès des étudiants poursuivis pour offense à la personne du chef de l’État

    RDC : ouverture du procès des étudiants poursuivis pour offense à la personne du chef de l’État

    cour de justice rdc-Le procès de trois étudiants congolais détenus pendant huit mois et demi sans motif et poursuivis désormais pour “offense à la personne du chef de l’État” s’est ouvert vendredi à Kinshasa.

    La défense de Joël Bukuru, Giresse Bagombisa et Léon Nguwa a plaidé pour “l’annulation” des procès-verbaux établis selon elle de façon “irrégulière”, après leur arrestation le 28 mars à l’Université de Kinshasa.

    Âgés de 22 à 24 ans, ces sympathisants de l’Union pour la Nation congolaise (UNC) ont été arrêtés pour avoir appelé à soutenir le chef de ce parti d’opposition, Vital Kamerhe, ancien allié du président congolais Joseph Kabila.

    Ils ont été détenus au secret à l’Agence nationale des renseignements (ANR) et n’ont été transférés à la prison centrale de Kinshasa que le 15 décembre après leur inculpation par le parquet.

    Lors de cette première audience, les avocats de la défense ont dénoncé la détention prolongée de leurs clients par l’ANR, alors que la Constitution dispose que nul ne peut être gardé à vue plus de 48 heures.

    Le Ministère public a pour sa part, appelé les juges à “ne pas prendre à la légère” une affaire qui “touche au sommet de l’État”. L’audience a été renvoyée au 29 janvier.

    Le climat politique est tendu depuis des mois en RDC, où M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et frappé par une interdiction constitutionnelle de se représenter, arrive en fin de mandat en décembre.

    Ses opposants le soupçonnent de vouloir se maintenir au pouvoir et apparaissent divisés entre ceux qui sont prêts à accepter le “dialogue national” en vue d’”élections apaisées” (mais retardées) que leur propose M. Kabila et ceux (comme l’UNC) qui pressent le pouvoir d’organiser les élections dans les temps prévus par la Constitution.

    Près de 5.000 personnes ont manifesté mardi à Bukavu (fief de l’UNC, dans l’est) pour réclamer la tenue de la présidentielle en 2016, mais à Kinshasa et Lubumbashi, la police a empêché les rassemblements que prévoyait l’opposition à la mémoire des quelques dizaines de morts de la répression, en janvier 2015, d’émeutes contre le pouvoir ayant frappé la capitale et d’autres villes du pays.

    L’opposition, l’ONU et diverses organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent depuis plusieurs mois la politique répressive des autorités congolaises.

    Avec AFP

  • Fin de la visite du facilitateur de l’UA Edem Kodjo

    Fin de la visite du facilitateur de l’UA Edem Kodjo

    EDEM-L’ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo a été nommé le 14 janvier dernier par l’Union africaine pour suivre le dialogue convoqué par Joseph Kabila. Un dialogue dont la date n’est toujours pas fixée. Edem Kodjo a rencontré le chef de l’Etat congolais, des représentants de la société civile, des parties politiques et des institutions. Moins d’interlocuteurs que ceux qui souhaitaient le rencontrer. Pour l’ancien Premier ministre togolais, c’est une preuve de l’engouement autour de sa médiation.

    Après sa rencontre avec le président Joseph Kabila, Edem Kodjo se dit rassuré sur la détermination du chef de l’Etat congolais à tenir le dialogue dans les plus brefs délais. Interrogé sur les soupçons de l’opposition quant à un éventuel glissement du calendrier, « le président Kabila ne m’a pas confié ses intentions », dit l’ancien Premier ministre togolais qui dénonce toutefois les procès d’intention dommageables à ce type de dialogue.

    Si certains opposants reprochent à l’UA de ne pas avoir mentionné le respect des délais constitutionnels dans son communiqué annonçant la nomination d’Edem Kodjo, son facilitateur se défend : « le respect des délais constitutionnels est impératif », dit-il.

    Il appelle la Dynamique de l’opposition et le G7, deux formations hostiles au dialogue, à revoir leur décision, félicitant certains partis issus de ces plates-formes d’avoir accepté de le rencontrer. Mais « uniquement pour faire part des raisons de notre refus de participer à tel dialogue qui risque de donner lieu à un report des élections », justifie dans un communiqué le MLC de Jean-Pierre Bemba.

    Parmi les personnalités rencontrées, le président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la majorité. « C’est un fonctionnaire international, discret et neutre et il a une connaissance suffisante du Congo », estime Aubin Minaku. L’ancien vice-président et président du RCD renchérit : « Je suis impressionné par son expérience et sa passion pour le dossier Congo ». Azarias Ruberwa estime que le Togolais a compris les enjeux et souhaite éviter le pire. Après avoir rencontré la Céni, Edem Kodjo se dit surtout inquiet du peu d’avancée dans les préparatifs des élections. D’où l’urgence du dialogue, insiste le facilitateur.

    Edem Kodjo doit rendre compte de ses discussions à la présidence de la Commission de l’UA, qui – elle-même- en fera part au sommet des chefs d’Etat prévus pour la fin du mois. L’ex-Premier ministre togolais pourrait donc ne revenir, au mieux, qu’au début du mois de février pour poursuivre ses consultations en attendant la tenue du dialogue dont on ignore toujours la date.

    (RFI)

  • Video: Hommage au Me Gerard Kamanda wa Kamanda

    Video: Hommage au Me Gerard Kamanda wa Kamanda

    Gérard Kamanda wa Kamanda est mort la nuit de mercredi à jeudi 21 janvier à Kinshasa dans la formation médicale Médecin de nuit, où il était admis depuis plus de trois semaines pour des soins de santé.
    Né en 1940, Gérard Kamanda wa Kamanda a été ministre des Affaires étrangère de l’ex-Zaïre à trois reprises en 1983, de 1995 à 1996 et de 1996 à 1997.

    Dans le Gouvernement de transition issu des accords de Sun City en Afrique du Sud, Gérard Kamanda wa Kamanda a occupé le poste du ministre de la Recherche scientifique.

  • Quinze ans après sa mort, quel est l’héritage de Kabila père

    Quinze ans après sa mort, quel est l’héritage de Kabila père

    L. Kabila-Il y a 15 ans jour pour jour, les Congolais apprenaient la mort de Laurent-Désiré Kabila, assassiné, le 16 janvier 2001 par l’un de ses gardes rapprochés. Le choc est tel que les autorités mettent deux jours à confirmer officiellement la nouvelle. Son arrivée à la tête du Zaïre, 4 ans plus tôt avec l’aide du voisin rwandais, avait soulevé un immense espoir. Il était alors vu comme le « tombeur » du dictateur Mobutu Sese Seko. Aussitôt, il change d’ailleurs l’hymne national et redonne au pays son nom de République démocratique du Congo comme pour refermer symboliquement la longue parenthèse mobutiste. Mais finalement, quinze ans plus tard, que reste-t-il de son héritage ?

    Il se faisait appeler « le soldat du peuple » et aujourd’hui encore une partie des Congolais se souvient de Laurent-Désiré Kabila comme d’un « libérateur », celui qui a débarrassé le Congo du joug de la dictature de Mobutu d’abord puis s’est ensuite battu pour l’intégrité du pays. Un « nationaliste » dont la devise est encore visible dans les rues de Kinshasa, placardée sur des affiches à son effigie : « Ne jamais trahir le Congo ».

    « Dans toutes ses attitudes, tous ses discours, tous ses actes », se souvient un habitant de Kinshasa, « on sentait bien qu’il voulait vraiment que le Congolais soit indépendant et libre ». Libre, et aussi responsable de son destin renchérit cet autre habitant. « C’était un apôtre de l’auto-prise en charge du Congolais. Le Congolais doit se prendre en charge, ne pas attendre que son bien-être lui soit apporté par l’extérieur. Nous avons tout ici pour nous développer », reprend le kinois.

    Quinze ans plus tard, le kabilisme de Laurent-Désiré est toujours présent à travers le parti PK, les Patriotes kabilistes, mais il pèse peu sur l’échiquier politique. Le PK n’est pas représenté à l’Assemblée et n’est présent que dans 5 provinces sur 11. Quant à son président, Mwenze Kongolo, ex-ministre de la Justice sous Laurent-Désiré Kabila, il milite désormais dans l’opposition – il a récemment rejoint le Front citoyen – car il reproche à l’actuel président Joseph Kabila de n’avoir pas su entretenir « l’espoir qui était né » de son arrivée au pouvoir ni préserver ses réalisations, par exemple « le service national », qui était, selon lui, « un service très important parce qu’il donnait de l’espoir aux jeunes gens désœuvrés ». Ou encore, « le projet des cantines populaires, (dans lequel) le gouvernement vendait (de la nourriture) moins cher. Tout ça, déplore-t-il, n’a pas été entretenu du tout. Tout cela a été cassé. C’est ça notre lutte ».

    Bilan mitigé

    Pourtant, lorsque l’on interroge les historiens, le bilan qu’ils dressent des quatre petites années que Laurent-Désiré Kabila passe à la tête du pays est plus que mitigé. Filip Reyntens, professeur à l’université d’Anvers en Belgique, parle même d’un héritage « désastreux ». Et c’est peu dire à l’en croire que les espoirs de changement soulevés par le départ de Mobutu ont été rapidement déçus : « Le système qui a été mis en place était un profondément anti-démocratique, peu transparent et je pense que le système l’est resté jusqu’à aujourd’hui ».

    « Il est vrai, nuance Filip Reyntens, qu’à son arrivée au pouvoir en 1997, Laurent-Désiré Kabila trouve un Etat déliquescent, mais il n’a pas su commencer à reconstruire un minimum d’Etat. C’est peut-être compréhensible, poursuit-il, compte tenu de son passé. Un passé au maquis. Il n’a jamais pendant ce passé géré un Etat, ne savait probablement pas comment fonctionne un Etat et il a géré le Congo comme son maquis, tel qu’il l’a pratiqué fin des années 60 et début des années 70 ».

    Résultat : économiquement aussi bien que politiquement, pendant les 4 années où Laurent-Désiré Kabila est au pouvoir, la situation n’a fait qu’« empirer ».

    Avant la deuxième guerre du Congo

    En arrivant, il avait pourtant de bonnes intentions, estime le chercheur en sciences sociales Anicet Mobe. Il est imprégné d’idéaux marxistes, mais très vite, explique-t-il, il se heurte à l’appétit de ses parrains, autrement dit des pays qui lui ont permis de prendre les rênes du pays. « Les conditions dans lesquelles il a accédé au pouvoir ont d’emblée hypothéqué à la fois son engagement nationaliste et aussi ses choix économiques, estime Anicet Mobe parce que dès le départ, il a été obligé des contrats faramineux avec certaines sociétés minières anglo-saxonnes. Et surtout, par rapport à des pays comme le Rwanda et l’Ouganda ce n’était pas tellement des contrats en bonne et due forme, mais c’était surtout, le pillage systématique des ressources économiques au Congo ».

    Paradoxalement, Laurent-Désiré Kabila reste pourtant dans le cœur des Congolais comme celui qui a finalement dit « non » à la tutelle du voisin rwandais. Un revirement, qui, pensent certains, lui aurait peut-être coûté la vie. Et qui en tout cas a été l’élément déclencheur de la deuxième guerre du Congo. Une guerre dévastatrice, qui déstabilise profondément et pour longtemps l’est de la RDC et qui n’empêche pas, bien au contraire, le pillage des ressources du pays par ses voisins de se poursuivre par l’intermédiaire de nombreux groupes armés dont une partie sévit encore aujourd’hui.

  • Manifestation de commémoration de la répression de janvier 2015 empêchée A Kinshasa ,pas dans les provinces

    Manifestation de commémoration de la répression de janvier 2015 empêchée A Kinshasa ,pas dans les provinces

    police-51Des manifestations appelées par l’opposition en commémoration des émeutes de 2015 contre une tentative de modifier de la loi électorale ont eu lieu dans différentes provinces, mais la police les a empêché de se tenir dans la capitale congolaise.

    A Kinshasa, l’opposition dénonce l’arrestation dplusieurs personnes mardi dans différents endroits où des conférences et des cultes devaient avoir lieu.

    Le Front citoyen, une plate-forme composée des acteurs de l’opposition et de la société civile, dénonce l’enlèvement et l’interpellation de certains de ses membres. Selon l’opposant Martin Fayulu, les acteurs et sympathisants du front citoyen voulaient célébrer la mémoire des victimes des manifestations du 19 janvier 2015. Il parle d’une centaine des cas d’arrestations.

    “On a commencé par enlever nos militants… On est parti intimider les prêtres… on a arrêté même des particuliers auprès de qui nous avions loué des salles pour animer nos conférences-débat”, se plaint M. Fayulu.

    Martin Fayulu au micro de Radio Top Congo


    Selon Jean-Lucien Mbusa, modérateur de la plate-forme la Dynamique de l’opposition, les forces de sécurité ont occupé les lieux depuis très tôt dans la matinée et ont empêché tout rassemblement, arrêtant des manifestants qui s’obstinaient à y rester.

    Une autre figure de l’opposition, Vital Kamerhe, soutient, lui, avoir demandé à ses partisans de ne pas céder à la provocation de la police qui avait fait irruption dans la salle où il devait tenir une conférence à Kinshasa.

    L’Inspecteur général de la police, le général Célestin Kanyama, a, pour sa part, démenti sur Radio Okapi toute action de la police contre des manifestants à Kinshasa.

    L’AFP estime par ailleurs à près de 5.000, les personnes qui ont pu manifester dans les provinces de l’Est.

    Le plus grand rassemblement de la journée a eu lieu à Bukavu, fief du troisième parti d’opposition, l’Union pour la Nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, où les manifestants se sont rassemblés sur une place pour écouter divers orateurs venus dire “non” à un “troisième mandat” du président Joseph Kabila et exiger la tenue de la présidentielle en 2016, comme prévu par la Constitution.

    A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), environ 400 personnes ont manifesté contre le pouvoir dans le calme, selon un autre journaliste de l’AFP.

    A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, l’armée a dispersé à la mi-journée quelques 300 personnes réunies à l’appel de l’opposition pour prier dans la rue pour les quelques dizaines de personnes tuées entre le 19 et le 22 janvier 2015 lors de violences provoquées par l’examen au Parlement d’un projet de loi électorale contesté.

    Un correspondant de l’AFP qui couvrait cette manifestation et un journaliste de Radio Okapi (la radio de l’ONU en RDC) ont été molestés par des soldats et retenus pendant plusieurs heures avant d’être relâchés.

    L’opposition a appelé ces manifestations pour commémorer les émeutes qui ont lieu un an plus tôt, opposées à des tentatives de modifier la loi électorale et la Constitution.  Quarante personnes étaient tuées au cours ces violences de 2015.

    VOA

  • Est-ce la diaspora qui sauvera le Congo ou l’inverse ?

    Est-ce la diaspora qui sauvera le Congo ou l’inverse ?

    Kinshasa-« Ah, mais c’est très bien, vous êtes rentré au pays. C’est courageux de votre part. La diaspora sauvera le Congo, j’en suis convaincu. Avec des gens comme vous ! ». Depuis des mois, j’entends des phrases de ce type.

    On me les assène à longueur de temps, à tous propos. Je n’ai jamais su comment réagir tant cette assertion est gênante. Elle me met et m’a toujours mis mal-à-l’aise. À force, j’ai commencé à y penser, y réfléchir et chercher l’origine de cette gêne. Congolais de la diaspora, qu’ai-je réellement à apporter à ce pays qui soit si flagrant ? En méditant cette question finalement mal posée, une idée renversant son postulat m’est simplement venue – véritablement évidente, elle : c’est le Congo qui m’apporte quelque chose. Esquissé à gros traits, ce pays m’offre ce que je n’ai encore jamais eu : une histoire commune, une aventure collective, une appartenance, une identité, un clan, des racines profondes, une place, du sens.

    On me parle du Congo depuis ma naissance. On me l’a expliqué en long et en large, décrit, raconté. On m’a dit que j’étais un fils du Kongo. Ce pays, je l’ai imaginé avec un affect sentimental extrêmement puissant. Ces graines semées depuis ma plus prime jeunesse dans le tréfonds de mon âme germent, éclosent et s’épanouissent depuis mon retour. C’est une seconde naissance, consciente celle-ci. En ce sens, j’ai toujours cultivé une profonde humilité à l’égard de ce pays, de sa population si diverse et, dès lors, n’ai aucunement la prétention de donner de leçons ni d’avoir grand-chose à apporter en propre.

    Cette diaspora congolaise qui rentre chez elle, je la fréquente.

    Fabien, 29 ans : « J’ai grandi à Paris. Je suis rentré pour mon père. Mon frère travaille à New-York et n’a pas l’intention de vivre en Afrique. Ma mère et ma sœur vivent au Canada et viennent ici en vacances. Mes parents sont séparés. J’étais le seul à pouvoir continuer les affaires de mon père qui s’est remarié. Je m’ennuyais à Paname. Et toi, c’est quoi ton histoire ? » ; Apolline, 30 ans : « Je bossais à Londres et suis sortie avec un mec qui voulait rentrer travailler au Congo. Je l’ai suivi. Je ne sais pas ce que je ferai les prochaines années mais je rentrerai vivre en Belgique à un moment. Et toi, c’est quoi ton histoire ? » ; Steve, 28 ans : « J’ai étudié et vécu à Londres. Je suis du Katanga utile. J’ai toujours gardé la nationalité et voulais rentrer au pays. Il y a tellement de choses à faire ici. Pourquoi pas Kin ? C’est une ville un peu agitée pour un Katangais mais comme j’ai vécu à Londres, je n’ai aucun problème. Et toi, c’est quoi ton histoire ? ».

    La diaspora est d’abord et avant tout le récit d’un déracinement, d’une coupure, d’une déchirure

    Diane, Paul, Mambo, Jean … autant d’histoires différentes mais, au fond, si proches, similaires. Elles sont les déclinaisons d’un même phénomène, le déracinement. La diaspora est d’abord et avant tout le récit d’un déracinement, d’une coupure, d’une déchirure. Ce phénomène est violent, douloureux. Qu’on l’ait choisi ou qu’on en soit le fruit. Les uns le vivent mieux que les autres. Se sentir étranger dans le pays où on est né, on a grandi, vécu ses premières émotions, ses premiers émerveillements ; connu ses premières désillusions, ses premiers chagrins ; noué ses amitiés les plus intenses est un paradoxe d’une profondeur insondable. Etre un étranger dans le pays qui vous a façonné est invinciblement incompréhensible pour qui ne l’a vécu.

    Toutes ces histoires, tous ces destins diasporiques créent certes une intimité particulière mais une rivalité aussi. Nous jouons dans la même division. Certains connaissent bien le Congo d’autres moins ou pas du tout. Ensuite, ce retour, nous le vivons chacun à sa manière. Les raisons qui nous ont poussés à rentrer sont diverses. Les uns galéraient en Europe ou en Amérique durant leurs études, ne trouvaient pas de travail ou l’avaient perdu.

    Rentrer est l’occasion de se refaire, de changer de quotidien, de fuir un continent en mal d’idéal

    Rentrer est l’occasion de se refaire, de changer de quotidien, de fuir un continent en mal d’idéal. D’autres y voient l’accomplissement d’une quête existentielle, un devoir filial, la réintégration d’une lignée ancestrale, la réappropriation d’un héritage. D’autres encore, opportunistes assumés, sautent sur l’occasion de s’en mettre plein les poches et mener grand train. Souvent, c’est un savant mélange de tout cela. Irréductibles, indéfinissables, tels sont les motifs qui président à un tel choix. Le constat est pourtant le même : comment s’intégrer, se réintégrer à cette complexe société congolaise qui, elle-même, nous considère comme des étrangers ?

    « Diaspourrie »

    Les congolais de RDC, ceux du cru, ne sont pas de fervents admirateurs de cette diaspora. Ils ne l’apprécient pas. Ils la voient revenir – pour eux arriver – et accéder plus rapidement à des postes pour lesquels, malgré leurs dix, quinze années d’expérience, on n’aurait jamais pensé à eux. Les vicissitudes du pays, la diaspora ne les a, en général, pas subies ou justement fuies. Les affres de la guerre, les pillages, les viols, les millions de morts, elle en a pris connaissance en lisant les dossiers spéciaux consacrés à la RDC du Monde diplomatique ou par la famille restée au pays. On peut comprendre qu’ils l’aient mauvaise de voir ce retour – pas si noble ou désintéressé – de cette diaspora prétendument providentielle dont on n’arrête pas de leur tympaniser les oreilles. Ce qui se construit, c’est un Congo sans ou malgré eux. Ils s’en sont juste rendu compte. Ces Congolais qui la détestent ou la jalousent, je les comprends finalement. Ils l’appellent la diaspourrie.

    Indéniablement, l’image qu’elle véhicule est celle d’une caste fermée, d’un monde vivant reclus dans la République de la Gombe, à Ma Campagne, à Mont Fleury, à UTEX. Catholique, elle fréquente les mêmes églises qui, le dimanche, rassemblent le bottin mondain de la capitale. C’est la foire aux vanités. Une arène de fauves aussi. L’apparence et un matérialisme hallucinant y règnent en maître absolu dans ce pays où une telle pauvreté a pignon sur rue. Sans filtre, cru, brut de décoffrage, le contraste violent qui en découle laisse incrédule. Arrogante, vaine, imbue d’elle-même, elle singe les Belges d’hier, les grands du monde d’aujourd’hui. Pourtant, cette indécence n’est pas l’apanage de Kinshasa ni du Congo. Cette diaspora se décline et ne peut tout uniment, indistinctement être clouée au pilori. Laissons-lui, laissez-nous le bénéfice du doute.

    Envisagés plus largement, l’uniformisation, l’abrutissement à marche forcée des différentes sociétés et cultures, finalement, c’est la diaspora – d’où qu’elle vienne – qui en est le principal vecteur. Celle-ci tient le rôle de métastases dans ce cancer mondial qui n’en finit pas de tuer les particularismes, les identités noyés dans une humanité conceptuelle bien abstraite alors qu’il existe des peuples et des hommes bien réels, eux.

    « C’est la diaspora qui sauvera le Congo » n’ont-ils de cesse d’asséner. Sans doute est-ce pour toutes ces raisons que je ne peux plus les entendre, les phrases de ce type. Elles auront cependant eu le mérite d’éclairer l’imposture dans laquelle, pour l’instant, je me trouve.

    Jeune Afrique
    (par Philippe-Alexandre Sondj Mulanza Kating )
    D’origine congolaise, Philippe-Alexandre Sondj Mulanza Kating est né et a grandi à Bruxelles. Depuis un peu plus d’une année, il a décidé de rentrer s’installer à Kinshasa où il travaille et vit désormais.
  • Dialogue en RDC: l’Union Africaine reprend la main sur la médiation

    Dialogue en RDC: l’Union Africaine reprend la main sur la médiation

    edem kodjo-En République démocratique du Congo, le président Joseph Kabila avait invoqué un dialogue politique national fin novembre. Une fronde au sein du gouvernement, à un an de la supposée élection présidentielle, avait secoué la politique nationale. Depuis, les discussions piétinent. Et la médiation onusienne déplaît. C’est l’Union africaine qui à son tour prend les choses en main.

    L’annonce est passée en toute discrétion le 14 janvier dernier : la commission de l’Union africaine a demandé à Edem Kodjo de se rendre au plus vite à Kinshasa. L’ancien Premier ministre togolais, et membre du groupe des sages au sein de l’organisation panafricaine, aura donc la lourde tâche de faciliter le dialogue entre pouvoir et opposition.

    Mais convaincues que le président Kabila cherche à prolonger son mandat à la tête du pays, les deux principales coalitions de l’opposition, le G7 et la Dynamique, ont annoncé qu’elles ne prendront pas part à ce dialogue.

    Saïd Djinnit jugé inefficace

    Par cette nomination, l’Union africaine reprend en main le dossier, après l’ONU. Précédemment, c’était l’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs, Saïd Djinnit, qui avait été dépêché. Mais les opposants lui reprochent son manque de résultats lors de la médiation burundaise. Le diplomate algérien avait en effet jeté l’éponge en juin dernier.

    Edem Kodjo sera-t-il mieux accueilli ? Il y a plus d’un an, l’Union africaine avait déjà donné sa confiance à l’homme politique togolais. Edem Kodjo avait été chargé de faciliter la résolution de la crise burkinabè, après la démission de Blaise Compaoré.

    RFI