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  • Bilan économique 2015: la Rdc sur une évolution positive

    Bilan économique 2015: la Rdc sur une évolution positive

    Franc Congolais-coupures à valeur faciale élevée.
    Franc Congolais-coupures à valeur faciale élevée.

    -A cette fin de l’année 2015, l’évolution de l’activité économique en RDC est positive, quoi qu’il soit le reflet de la situation économique mondiale marquée par plusieurs mois de chute des cours des matières premières, et par un affaiblissement de l’activité économique internationale. Le choc de cette longue chute dont la fin est annoncée, par les économistes, pour avant le deuxième semestre 2016, est dur pour les pays extracteurs des produits miniers. Cette chute des prix est imputable à la contraction de la demande, essentiellement liée à la surproduction. La RDC, qui est un des pays producteurs miniers, cherche à redéployer son économie. Elle se lance vers de nouveaux débouchés plus porteurs, notamment dans l’agriculture avec une préférence pour l’agro-industrie.

    Au plan intérieur, le niveau de l’activité économique subit une forte pression liée à cette perturbation des cours mondiaux. Entendu que les entreprises minières soient en réduction d’activités et que celles relevant du portefeuille public soient toujours en phase de leur mutation.
    Au plan macroéconomique, le gouvernement, par la voix de son Premier ministre, est persuadé de se trouver sur la bonne voie, en prenant comme référentiel le boni de taux de croissance enregistré de 7,7%, qui est en recul de 1,3 point par rapport au taux annualisé de 10,5%.

    S’il faut le souligner, ce fléchissement est dû aux aléas des activités du secteur minier : la chute des cours des métaux ferreux et non ferreux, principalement le cuivre, le cobalt et l’or sur le marché au cours de cette année finissante, a entrainé un ralentissement de l’activité économique avec comme corollaire la baisse de la croissance économique à 7,7% en 2015, au contraire des prévisions tablées sur 10,5%. Piliers du secteur minier, le cobalt et l’or ont enregistré des baisses significatives de l’ordre de 1,05 % et 1,24% de leurs valeurs. Ils se négociaient à 24.282,56 USD contre 25.607,06 USD la tonne.
    Quant aux prix des produits pétroliers, ils ont également poursuivi les mêmes tendances baissières. Jusqu’au moment où nous mettons sous presse, la chute du prix du baril se poursuit inlassablement impactant sur les prévisions annualisées. A Londres, le baril se négocie à 30 USD !

    UN SEUL BEMOL : LA DOLLARISATION

    Malgré les remous ayant caractérisé la majeure partie de l’année 2015 du point de vue de comportement du marché mondial des matières premières, la situation empirique de ce marché n’a pas changé au cours de ce mois de décembre.
    Le cours du cuivre a connu une légère hausse de 1,05% au 3 décembre. Quant au cobalt et l’or, ils ont néanmoins enregistré des baisses respectives de 1,05 % et 1,24% de leurs valeurs. Il en est de même pour les principales céréales qui ont tous accusé des baisses à l’exception du maïs qui a connu une hausse de +1,30%. Le riz et le blé ayant enregistré des baisses de moins 7,08% et -4,59%.
    Cependant, un bémol dans cette observation sur la situation macroéconomique nationale, au plan fiduciaire, la RDC est marquée par une forte monétarisation économique. Une enquête de la Banque Mondiale a relevé que, pour 2015, les dépôts bancaires en monnaie étrangère dans le pays, représentent plus de 80% du total des dépôts bancaires. En outre, cette situation traduit un degré élevé de dollarisation, et ne prennent pas en compte les billets étrangers en circulation et hors circuit bancaire.
    La difficulté d’estimer la taille exacte des liquidités étrangères en dehors du système bancaire est due à la fois à la faiblesse de l’appareil statistique du pays, à l’importance de l’économie informelle et aux mécanismes de circulation de la monnaie et de sa thésaurisation. Ce constat a été aussi fait par le gouvernement.
    La dollarisation est utilisée pour libeller les prix des biens et services sur le marché intérieur, effectuer des paiements et constituer une épargne en laissant une marge limitée à la monnaie nationale.
    Le volume exact des monnaies étrangères dans l’économie congolaise n’est pas connu ; le degré de pénétration des devises étrangères dans l’économie congolaise est difficile à évaluer. Un effort idoine à fournir serait un catalyseur pour remettre les choses dans l’ordre, promettent plusieurs experts du gouvernement.

    DES ACTIONS ECONOMIQUES ENCOURAGEANTES

    L’année 2015 a commencé sous des promesses aujourd’hui réalisées. Plusieurs infrastructures d’utilité publique, tant d’appui à l’économie et social, ont vu le jour. Les entreprises publiques transformées en sociétés commerciales, établissements et services publics sont dans une courbe ascendante. Depuis un peu plus d’une douzaine d’années, le pays n’avait pas une compagnie aérienne digne de ce nom. Congo Airways est la réponse nationale à ce besoin. Cette compagnie est sur une croissance importante : elle a acquis, grâce à une mobilisation financière et technique du gouvernement ainsi que d’autres parties prenantes, un outil de travail adapté à son cœur de métier qui est la desserte, par les voies aériennes, de tout le pays.

    Concernant l’amélioration en fourniture d’électricité, la SNEL qui avait commencé l’année 2015 dans une situation technique difficile, à cause de l’amortissement fort avancé de ses matériels, commence à sortir la tête de l’eau. Petit à petit, le niveau technique acquis par cette société commerciale de l’Etat, ajoutée à l’expertise étrangère sous sa responsabilité se révèle : quoi qu’il y ait encore des perturbations éphémères de ses services à la clientèle, la SNEL est sur la bonne voie de relever le défi de services de qualité à tous les abonnés. La preuve, en cette fin de l’année, les populations de la capitale émettent des avis positifs. Le cas de ces deux entreprises se veut l’échantillon des autres entreprises transformées par la loi du 30 avril 2009.
    Au cours de cette même année finissante, le pays a mis au point le raccordement avec le câble à fibre optique WACS. Ce raccordement permet aujourd’hui la connexion internet du pays avec le reste du monde.

    C’est ainsi que la Société congolaise des postes et télécommunications (SCTP) amorce sa métamorphose avec l’appui du gouvernement, et elle semble être partie pour de nouvelles espérances économiques.
    Il en est de même pour la Société congolaise des ports et des Transports (SCPT) qui, avec la nouvelle direction, travaille à pas de charge. Elle a relancé le trafic fluvial suspendu depuis plusieurs années en raison du vieillissement du matériel de travail.
    Pendant son absence de trafic, cette société commerciale n’avait plus aucune flottille et avait laissé le privé s’introduire dans son domaine. Tous les analystes estiment que l’année 2015 est positive sur le plan économique ; elle ouvre la voie aux initiatives porteuses pour l’année 2016.

    Forum des As
  • En RDC, le gouvernement envisage de reculer l’âge de la retraite

    En RDC, le gouvernement envisage de reculer l’âge de la retraite

    Immeuble-Gouvernement-En RDC, l’âge de la retraite pourrait passer de 55 à 65 ans. Pascal Isumbisho, le ministre de la Fonction publique, l’a annoncé à l’ouverture d’un séminaire sur la modernisation de l’administration publique.

    La proposition vient du ministre de la Fonction publique : en RDC, l’âge de la retraite pourrait passer de 55 ans à 65 ans. Pascal Isumbisho n’a pas donné les raisons pour ce changement envisagé, mais selon lui, le texte, qui est en examen au Parlement, propose le changement de système.

    Le fonctionnaire devrait désormais contribuer à sa propre retraite pendant qu’il est encore actif. Il est donc question de créer une caisse de pension qui permettrait d’assurer une retraite dans des conditions plus ou moins acceptables.

    300 nouveaux fonctionnaires

    Les rémunérations dans la fonction publique sont parmi les plus faibles. Et il y a quelques années, ces rémunérations étaient même hypothétiques. Les fonctionnaires ont d’ailleurs été exclus du régime de sécurité sociale. C’est l’Etat qui leur assure la rente de survie tout au long de leur retraite.

    Et faute de moyen financier, l’Etat congolais n’a pas envoyé des fonctionnaires à la retraite depuis plusieurs années. Les effectifs ont gonflé. 300 jeunes viennent encore d’intégrer l’appareil de l’Etat depuis quelques jours.

    RFI

  • RDC : une note de l’ANR sur la réunion de Gorée fait polémique

    RDC : une note de l’ANR sur la réunion de Gorée fait polémique

    opposants_goree-L’opposition congolaise dénonce un rapport de l’Agence nationale de renseignements (ANR) qui décrit leur rencontre au Sénégal comme « une coalition de déstabilisation de la RDC ». Une note jugée « scandaleuse et mensongère » par les participants.

    C’est une note de l’Agence nationale de renseignements (ANR) qui passe mal. Un rapport de l’agence sur une réunion d’opposants politiques dans l’île de Gorée au Sénégal a été envoyé au Président du Sénat congolais… et son contenu fait grincer des dents. Retour en arrière. Du 11 au 15 décembre dernier, une quarantaine de leaders politiques et membres de mouvements citoyens de l’opposition et de la société civile, avaient choisi de se réunir à Dakar pour discuter du blocage du processus électoral et des élections de 2016. Une réunion qui n’a pas été du goût des autorités congolaises qui ont aussitôt accusé ces opposants de vouloir « déstabiliser les institutions du pays ». Kinshasa s’en était même ouvert à Dakar, « un pays frère et ami », pour protester contre l’organisation d’une telle manifestation au Sénégal. Présents sur île de Gorée, on trouvait la fine fleur de l’opposition congolaise : Félix Tshisekedi et Samy Badibanga pour l’UDPS, Vital Karmerhe pour l’UNC, Eve Bazaiba pour le MLC ou encore Martin Fayulu des FAC et Olivier Kamitatu pour le G7.

    La note des services de renseignements congolais (ANR), envoyée au Président du Sénat, a fait bondir l’opposition. Il faut dire dans le document qui a fuité, la réunion est qualifiée de « coalition de déstabilisation de la RDC à partir de Dakar sous la supervision des parrains étrangers » – voir l’intégralité de la note. L’ANR y dresse une liste des participants (avec bons nombres d’erreurs) et affirme que la rencontre de Gorée avait pour objectif de « constituer un front anti-dialogue et mettre sur pied des structures subversives ». Plus inquiétant, les services congolais affirment vouloir « pénétrer ce groupe d’opposants en vue de son implosion, prendre en charge les participants dès leur retour du Sénégal et doter la Police nationale congolaise en armes non létales et en matériels anti-émeutes pour faire face aux manifestations éventuelles ».

    « Police politique » ?

    Le rapport de l’ANR est jugé « scandaleux » par la Lucha, l’un des mouvements citoyens participant à la rencontre de Gorée. Le document prouve, selon ces activistes, que l’ANR est bien devenue « une police politique au service du régime ». La Lucha dénonce également « l’amateurisme » de l’Agence nationale de renseignements : « le rapport invente des bailleurs et des participants à la réunion ». Pour ce mouvement, les services congolais se seraient tout simplement renseignés… sur internet et sur Facebook. Eve Bazaïba, au nom de la Dynamique de l’opposition, a également dénoncé la note de l’ANR, qualifiant ces allégations de « mensongères ». Un rapport qui « met à nu la collusion avérée entre l’ANR et le régime en place contre l’opposition politique congolaise » et de rappeler que « conformément à l’article 8 de la Constitution, l’opposition politique est reconnue en RDC ». Le patron de l’ANR, le très redouté Kalev Mutondo, n’a pas réagi à la note de son agence publiée dans la presse et les autorités doutent de son authenticité.

    Christophe RIGAUD

    – See more at: http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/rdc-une-note-de-lanr-sur-la-reunion-de-goree-fait-polemique#sthash.7ZWlQU5z.dpuf

  • EN 2016, SEUL LE « PEUPLE » A LE DERNIER MOT EN RD-CONGO

    EN 2016, SEUL LE « PEUPLE » A LE DERNIER MOT EN RD-CONGO

    Tshiyoyo Mufoncol-Quand les délégués d’un peuple s’approprient une « constitution », qui en effet est un droit qui leur est conféré pour gouverner ce même peuple, alors que la constitution en question ne leur reconnait plus aucune autorité, un quelconque pourvoir de représentation, le peuple qui est souverain, et au nom de son souverainisme, a le devoir de reprendre son droit, de retirer auprès de ceux qui cherchent en abuser, sa confiance. Pour ce faire, le peuple n’aura à faire référence à aucune constitution dès lors qu’il estime que cette dernière a cessé de répondre à sa mission première, celle d’assure sa protection. Même l’articule 64 à laquelle il est souvent fait allusion cesse d’influencer sa conduite même si cela paraît à son avantage. On ne peut décrier une constitution et au même moment faire appel à ses articles. Il y a risque de voir « Joseph Kabila », ses « députés » et autres « sénateurs » poursuivre à en revendiquer le statut de garant. Pour nous, la seule constitution valable qui existe après tentative de trahison reste la volonté souveraine du peuple. Elle est absolue. Et elle ne souffre d’aucune limitation par des lois dont l’absence se confirme.

    En 2016 le peuple de la RD-Congo reprend sa liberté, sa parole, la liberté de son mouvement et de ses actes. Tout débat constitutionnel et le juridisme à la congolaise qui s’en suit perdent leur essence. C’est pourquoi nous nous inscrivons en faux contre toute idée du provisoire. Elle sonne comme « une excuse du diable, [ainsi le disait l’anarchiste Saul Alinsky] pour demeurer et surtout pour se faire accepter ». Nous l’avions également dit en son temps en 1997 à l’entrée de l’AFDL.

    Et la question qui revient souvent est celle de savoir ce qu’il y aurait ou il y a concrètement à faire face à un « pouvoir-os », qui est quand même soutenu par ses parrains et qui décide contre toute attente de rester au perchoir. Aucun parti politique, aucun groupement politique ou social ne peut prétendre à lui seul orienter la masse et l’instruire sauf si son leadership est animé par le sens de sacrifice suprême. La responsabilité de ce qu’il y a à faire repose non sur un parti politique quelconque mais sur un grand mouvement de masse, sur le peuple. J’entends par peuple, « c’est ce sur quoi s’exerce le pouvoir et qui n’a jamais eu la possibilité de l’exercer » (Michel Onfray).

    Certains insisteront pour nous faire comprendre que des partis politiques existent pour remplir cette mission. Et ces partis savent mobiliser ce peuple. La seule différence que je constate est que son discours à cette masse ne menace ni les « maîtres », ni ses mercenaires ». Sinon, ces derniers auraient depuis interdit son expression. Comme Hô Chi Minh , il est temps de faire appel à l’union de la masse paysanne et de citadins habitant les villes à qui il faudra dire que la terre Congo, « mabele, likambo ya mabele », voudrait leur être arrachée. Et par la suite lui désigner nommément un adversaire unique contre lequel ce peuple devrait et doit se battre comme un seul homme, contre lequel il doit être mobilisé et mobilisable.
    Un peuple qui se soulève sous instigation d’une action extérieure, une action conçue, financée, orientée et provoquée par des services et des agences étrangers, comme ce fut le cas depuis 1960 contre Lumumba et aujourd’hui encore des actions menées par les vitrines des services secrets étrangers ne seront et ne sont jamais d’aucune utilité pour un peuple qui attend longtemps et revendique son émancipation. Je refuse ici de recourir à l’usage du mot « libération » comme il a été galvaudé. Tout doit être conçu, mené et exécuté par des fils et des filles du Congo à la condition d’acceptant l’idée d’un coût à payer. Le prix à payer, on ne le demande jamais à un peuple. Le leadership l’assume et des fois paye à sa place ce prix pour entrainer l’effet domino, forcé ou volontaire. Je ne m’exprime pas sur le forcé mais des morts successifs aux Philippines d’un leadership préparé et prêt a conduit au départ de Marcos, à la trahison des siens et au sacrifice consenti par le peuple à qui l’exemple est enseigné. Le leadership meurt souvent à la place du peuple. On me dira qu’il n’y a pas de candidat à la mort. Dans ce cas, on passe à un soulèvement orienté.

    Comme conclusion, je cire Bryon dans son vers où il clamait : « Celui qui cherche à s’affranchir doit porter le premier coup».

    Ainsi s’annonce l’an 2016….

    Likambo ya mabele Likambo ya makila

    Mufoncol Tshiyoyo
    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

  • RDC: les mouvements citoyens face aux services de renseignement

    RDC: les mouvements citoyens face aux services de renseignement

    LUCHA_0-En RDC, on savait une partie de l’opposition dans le collimateur de l’Agence nationale du renseignement (ANR) avec de nombreuses arrestations ces derniers mois. Aujourd’hui, les mouvements citoyens Lucha et Filimbi vont plus loin. Ils accusent les services de renseignements de s’être intéressés de près à la conférence dite « de Gorée », organisée à Dakar au Sénégal du 11 au 14 décembre 2015, en présence d’autres mouvements africains analogues comme « Y en a marre » du Sénégal ou le « Balai citoyen » du Burkina Faso. Lucha et Filimbi disent s’être procurés une note interne de l’ANR. Cette note qualifierait la conférence de Gorée de « consolidation d’une coalition de déstabilisation de la RDC à partir de Dakar ». Mais sa véracité est contestée par le gouvernement.

    C’est une note de cinq pages censément adressée par l’administrateur de l’ANR au président du Sénat. Sa tonalité est très politique : après une énumération des participants à la conférence de Gorée, cette dernière est décrite comme « une messe noire » ayant des buts inavoués, à savoir, « réfléchir sur les meilleurs moyens pour un soulèvement populaire en RDC, la constitution d’un front anti-dialogue et l’obtention des moyens financiers au fin d’actions de déstabilisation... »

    Et le document de décliner les moyens d’y répondre, qui vont des mesures diplomatiques à prendre à l’encontre du sénégal, pays hôte de la réunion, à la campagne médiatique à mettre en oeuvre en RDC pour discréditer l’opposition et jusqu’à l’arrestation des participants congolais à leur retour au pays.

    Les représentants des mouvements Lucha et Filimbi assurent que ce document émane vraiment des services de renseignement. Mais, du côté des autorités congolaises, on en réfute l’authenticité. Selon le porte-parole du gouvernement, cette note ne ressemble pas aux documents produits habituellement par l’ANR.

    RFI

  • RDC: les opposants dans le collimateur des services de sécurité

    RDC: les opposants dans le collimateur des services de sécurité

    Boul_du_30_juin_Kinshasa-Le coordonnateur du tout nouveau mouvement citoyen « Il est temps RDC-Quatrième voie », Jean-Marie Kalonji, a été enlevé par des hommes armés en plein boulevard du 30-Juin le 15 décembre. C’est seulement mercredi qu’il a été localisé dans les installations de l’Agence nationale des renseignements (ANR). Selon des sources proches du gouvernement, Jean-Marie Kalonji excellait dans la subversion en milieu estudiantin pour le compte de l’opposition, qui rejette ces accusations.

    Il est 13 heures le 15 décembre, boulevard du 30-Juin. A la hauteur de l’immeuble Gécamines, des hommes en armes circulant à bord d’une voiture embarquent de force un piéton. Tout juste le temps pour les compagnons de l’infortuné de constater que le véhicule 4×4 de couleur noire a été immatriculé à Kinshasa.

    Jean-Marie Kalonji, le nom de la personne enlevée, est âgé de 29 ans et est surtout le coordonnateur d’un nouveau mouvement citoyen, « Il est temps RDC – Quatrième voie ». Au bout de plus d’une semaine de recherches intenses, son frère Pascal Kalonji le localise à l’ANR, mais assure n’avoir pas réussi à établir un contact avec lui.

    Des activités subversives ?

    Selon des sources proches du gouvernement contactées par RFI, l’intéressé était recherché pour des activités subversives, notamment le recrutement dans les milieux des étudiants pour le compte de l’opposition. « L’opposition n’a pas besoin d’aller recruter clandestinement », rétorque pour sa part l’opposant Vital Kamerhe, avant d’ajouter que l’opposition a lancé publiquement un appel au peuple congolais pour adhérer au Front citoyen 2016, un mouvement mis en place avec la société civile Filimbi et Lucha pour obtenir les élections présidentielles et législatives dans le délai constitutionnel.

    RFI

  • RDC : le chemin de l’incertitude

    RDC : le chemin de l’incertitude

    Kabila-main4-En 2006, les Congolais écoutaient avec émotion le discours d’investiture de Joseph Kabila, premier président issu d’élections jugées crédibles en RDC.

    L’ex-Zaïre revenait enfin à la vie après une guerre civile qui avait fauché la vie de millions de Congolais, jeté la plupart d’entre eux sur le chemin de l’errance et plongé le pays dans une misère indescriptible.

    Dans le même élan, un processus démocratique consensuel né des accords de Sun-City prenait forme. Les Congolais commençaient à se remettre au travail pour rebâtir un vaste pays saccagé par les guerres civiles post-indépendance, la barbarie du régime Mobutu et les atrocités des rébellions dites de libération qui ravagèrent le pays, de 1996 à 2002.

    L’espoir fut hélas de courte durée. Le président Joseph Kabila qui bénéficiait d’une large adhésion populaire à son programme dit des « Cinq chantiers » n’est pas parvenu à traduire dans la réalité les immenses attentes liées à la bonne gouvernance, à la construction d’infrastructures et à l’amélioration des conditions de vie de ses compatriotes.

    En panne de légitimité

    Confrontée à la désillusion populaire, la majorité au pouvoir a vite pris conscience qu’elle ne pourrait plus se maintenir à travers un jeu démocratique franc et ouvert. Elle a levé l’option d’entamer lentement mais sûrement le périlleux périple de la mise en tombeau de la jeune démocratie.

    Acte premier : modifier les règles électorales en allant d’un scrutin présidentiel à deux tours à celui à tour unique, à la veille de la présidentielle de 2011. La coalition au pouvoir espérait ainsi voir son champion rempiler face à une opposition qui ne réussissait pas à former un bloc uni.

    Grâce à une machine électorale bien huilée par les fraudes massives décriées par tous les observateurs nationaux comme étrangers, Kabila s’offre alors non sans peine un second mandat à la tête du pays. Mandat qui peine à convaincre tant la corruption se généralise, le délabrement des infrastructures se poursuit et pire, l’insécurité endémique dans l’est du pays s’aggrave. En panne de légitimité, toute l’action gouvernementale est plongée dans une inanition fatidique.

    Acte deux : asphyxier le cycle électoral, restreindre l’espace démocratique public et jouer la politique du pourrissement sécuritaire. À commencer par la non-organisation des élections locales et provinciales longtemps prévues et sensées faire évoluer la démocratie à la base, en passant par la recrudescence des intimidations des opposants et l’accaparement de l’espace médiatique national, Kabila et les siens semblent avoir tracé leur voie.

    On ne fait pas d’élections dans un pays en guerre

    L’est du Congo est encore écumé par des hordes de combattants locaux et étrangers qui opèrent en toute impunité, pillent les ressources naturelles, violent les femmes, incendient des villages, massacrent quotidiennement les populations sans qu’aucune réaction conséquente du pouvoir ne soit palpable. Rien sauf des discours du genre : « On ne fait pas d’élections dans un pays en guerre ».

    Vers un nouvel ordre constitutionnel ?

    Acte trois : embrigader la classe politique dans une logique de consensus pour le partage du pouvoir et, sans l’avouer, d’un nouvel ordre constitutionnel. Histoire aussi de remettre les compteurs à zéro. À travers les « concertations nationales » dont la suite est connue de tous et le futur « dialogue national ».

    Sept partis de la majorité ont ouvertement demandé à Kabila de respecter la Constitution et de ne pas engager la nation sur une voie suicidaire. Et – c’est une première dans le pays -, l’ensemble de l’opposition politique vient de signer une déclaration commune rejetant toute manœuvre qui s’écartarait des dispositions de la Constitution en vigueur. Enfin plus significatif, la très influente Église catholique et de nombreuses organisations de la société civile projettent des « actions d’envergure » pour contraindre le pouvoir à ouvrir l’arène politique et à organiser la présidentielle dans les délais constitutionnels.

    La majorité des Congolais ont pleinement conscience que le régime au pouvoir tient à s’y maintenir par tous les moyens, la Constitution ne donnant aucune chance à Kabila pour se représenter en 2016. Une détermination jusqu’au-boutiste  qui fait pointer le spectre du retour à la dictature « ventrocentrique » et iconoclaste comme le pays l’a connue pendant les 32 ans du règne de Mobutu. Le peuple congolais se laissera-t-il mener à l’abattoir par un groupe d’individus aveuglés par leurs intérêts égoïstes ? L’histoire nous le dira.

    Mupenzi Mumbere ( Jeune Afrique)

  • Finance : la RDC planche sur l’émission d’un eurobond en 2016

    Finance : la RDC planche sur l’émission d’un eurobond en 2016

    kabila-matata-Des analyses préliminaires à la première émission d’obligations de la RDC sur les marchés internationaux sont en cours, selon le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, cité par l’agence “Bloomberg”.

    La République démocratique du Congo envisage d’émettre un eurobond sur les marchés internationaux l’année prochaine a indiqué le Premier ministre Augustin Matata Ponyo à l’agence américaine Bloomberg, en fin de semaine dernière. Si elle se confirme, cette opération serait la première émission d’eurobond du pays d’Afrique centrale.

    Infrastructures

    Le montant exact de cette levée de fonds reste incertain. Elle devrait être « d’au moins 500 millions de dollars » selon Vincent Ngonga, directeur adjoint de l’économie et de la finance à la Primature congolaise, cité par Reuters. Dans son interview à Bloomberg, le Premier ministre Matata Ponyo a indiqué que Kinshasa entendait « lever un peu moins d’un milliard de dollars ».

    « Nous travaillons avec des conseillers externes afin d’identifier ce qui est possible », a avancé le dirigeant congolais, sans donner plus de précisions sur l’identité de ces conseillers. Les ressources mobilisées grâce à cet eurobond iront à « des investissements dans les infrastructures », a encore déclaré Augustin Matata Ponyo.

    Cette option avait déjà été évoquée lors de la présentation du budget 2016 de l’État, le 26 octobre au parlement. Le projet de loi de finances prévoit un budget 2016 en léger recul à 8 437 milliards de francs congolais (8,96 milliards de dollars) contre 8 496 milliards de FC en 2015.

    Taux d’intérêt

    Il reste à savoir à quel taux pourrait être réalisé l’emprunt de la RDC, étant donné la notation du pays. L’agence Standard & Poor’s lui a assigné la note « B- » pour les emprunts à long terme en devises internationales et locales, six crans en-dessous de la première catégorie d’investissement. Ce qui pourrait peser sur les taux en cas d’émission réussie.

    Pour son emprunt de 1 milliard de dollars d’avril 2014, Lusaka (Zambie) a payé un coupon de 8,5 %. L’eurobond d’un montant similaire émis par le Ghana, en octobre dernier, a été réalisé au taux assez élevé de 10,75 %, celui de l’Angola, un mois plus tard, l’a été au taux de 9,5 %.

    Robustesse

    En réponse aux incertitudes soulevées par les perspectives économiques du pays, dans un contexte marqué par un net recul du prix du cuivre –  sa principale ressource d’exportation – les autorités de Kinshasa insistent sur la robustesse de la croissance congolaise (supérieure à 7 % depuis 2012).

    Si le gouvernement a abaissé de 180 points de base – en deux temps – sa prévision de croissance en 2015 à 7,7 %, Kinshasa table sur une accélération de la croissance économique nationale à 9 % en 2016. En 2014, le PIB congolais a crû de 9,5 % selon les statistiques officielles.

    La RDC, qui a bénéficié en 2010 du programme d’allègement de la dette du FMI et de la Banque mondiale, a vu son taux d’endettement baisser de 80,1 % du PIB en 2009 à 27,7 % l’année suivante. Il est depuis resté à des niveaux relativement bas, note Standard & Poor’s dans une étude d’août dernier. Attendu à 14 % du PIB cette année, le taux d’endettement du pays devrait progressivement grimper à 17,4 % en 2018, selon l’agence de notation.

  • Quand Mobutu cherchait à torpiller Monsengwo

    Quand Mobutu cherchait à torpiller Monsengwo

    L. Mosengwo-C’est un télégramme diplomatique américain passé inaperçu parmi les milliers de pages révélées par WikiLeaks, mais les accusations qu’il contient sont explosives !

    Nous sommes à Kinshasa, en 2004. Un ambassadeur belge sur le départ, Renier Nijskens, briefe ses homologues américains. Nijskens évoque le cas du cardinal Monsengwo, qu’il décrit comme l’acteur de l’ère Mobutu qui a conservé le plus d’influence. Mais, continue-t-il, « le Vatican a clairement indiqué à Monsengwo qu’il devrait limiter ses ambitions […] parce que l’Église serait très embarrassée si la « deuxième famille » de Monsengwo, installée en Belgique, était portée à la connaissance du public ».

    Une famille cachée ? 

    Un ecclésiastique ayant une famille cachée ? Contactée par J.A., la diplomatie belge cache difficilement son embarras. « Le câble ne reflète pas fidèlement la conversation, et les faits allégués ne sont pas établis », fait-elle savoir aujourd’hui. Quant à Monsengwo, il dément avec véhémence. « C’est une pure invention ! Je n’ai pas de deuxième famille cachée ni d’enfant en Belgique. »

    La rumeur, ajoute-t-il, est ancienne et pourrait avoir été lancée en 1991 par un Mobutu soucieux de l’empêcher de prendre la présidence de la Conférence nationale. « Il avait répandu des tracts dans la ville pour me diffamer en espérant que j’allais me retirer, se souvient l’intéressé. Cela a eu l’effet inverse : je ne me suis pas retiré pour que la prétendue famille soit dévoilée. Cela ne s’est jamais produit. » L’enquête minutieuse menée par les services du Vatican, quand il s’est agi d’élever l’intéressé à la dignité de cardinal, en 2010, a tordu le cou à la rumeur.

    (Jeune afrique)