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  • la conférence épiscopale annonce son retrait de la réunion de Dakar

    la conférence épiscopale annonce son retrait de la réunion de Dakar

    CENCO- RDC
    CENCO- RDC

    -La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a rendu public dimanche une mise au point au sujet de sa participation à la conférence organisée à Dakar du 11 au 14 décembre, que le gouvernement de RDC a accusée de vouloir « déstabiliser » le pays. Elle affirme ne pas avoir été au courant de l’absence de représentants du pouvoir parmi les participants.

    « La conférence épiscopale du Congo (Cenco) a été invitée par la fondation allemande Konrad Adenauer », explique un communiqué de la Cenco publié dimanche 13 décembre. « Au regard du programme et des objectifs nobles de cette conférence, la Cenco a désigné monsieur l’Abbé Léonard Santedi, secrétaire général, pour la représenter », ajoute-t-il, précisant que l’invitation ne comportait pas les noms des autres invités.

    « C’est quand le délégué de la Cenco est arrivé à Dakar qu’on s’est rendu compte que, en plus des représentants de la société civile, il n’y avait, comme acteurs politiques, que des opposants », explique encore l’abbé Donation Nshole, secrétaire général adjoint. « L’Église ne prend pas parti contre un camp (…) [et] a demandé à  son délégué de cesser toute participation à cette réunion et de regagner Kinshasa », conclut le communiqué.

    Le gouvernement de la RDC avait accusé dimanche les autorités sénégalaises d’accueillir une réunion d’une quarantaine d’opposants et d’acteurs de la société civile, destinée selon lui à « déstabiliser les institutions » du pays.

    Jeune Afrique

  • Coupe du Monde des clubs: Mazembe éliminé de la course

    Coupe du Monde des clubs: Mazembe éliminé de la course

    TP Mazembe-Le TP Mazembe est éliminé de la Coupe du Monde des clubs champions, après sa défaite sur le score de trois buts à zéro, dimanche 13 décembre 2015, face à Hiroshima de Japon.

    Cette rencontre a été disputée à Nagai Stadium d’Osaka dans le cadre des quarts de finale de cette compétition planétaire.

    Le premier but de l’équipe japonaise a été marqué à la 44è minute de jeu par Shiotani qui reprenait de la tête le ballon d’un corner.

    Les deux clubs ont été renvoyés aux vestiaires sur le score étriqué d’un but à zéro.

    Au retour de la pause, les poulains de l’entraîneur Patrice Carteron n’ont pas résisté face à la tempête d’Hiroshima.

    Chiba corse l’addition à la 56è minute pour Hiroshima. Les Corbeaux capitulent et tentent en vain de rattraper le retard au marquoir.

    L’entraîneur Patrice Carteron a opéré des changements qui n’ont rien apporté. Rainford Kalaba a remplacé Nathan Sinkala à la 63è minute et Bolingi a pris la place de Boateng à la 69è minute.

    Le joueur Asano a signé le troisième but d’Hiroshima à la 78è minute.

    Mazembe n’a pas réussi a réitéré l’exploit de 2010, où le club congolais avait joué la finale de cette compétition face à Inter de Milan (0-3).

    (Radio Okapi)

  • Une réunion d’opposants congolais à Dakar jette un froid entre la RDC et le Sénégal

    Une réunion d’opposants congolais à Dakar jette un froid entre la RDC et le Sénégal

    y en a marre 1-Le gouvernement congolais a fait connaître son mécontentement à l’égard du Sénégal, le 11 décembre. Une quarantaine de Congolais, membres de « mouvements citoyens », de l’opposition et de la société civile, ont en effet choisi Dakar pour se réunir, du 12 au 15 décembre, et discuter des moyens d’obtenir le respect de la Constitution et l’alternance en 2016.

    La réunion avait été discrètement organisée sur l’île de Gorée, au large de Dakar. Mais ses initiateurs, les« mouvements citoyens » congolais, Filimbi et Lucha, ne sont pas parvenus à empêcher que l’information ne parvienne aux oreilles du gouvernement de Kinshasa.

    Le 11 décembre, le gouvernement congolais s’interrogeait ouvertement sur l’attitude du Sénégal, pays hôte de cette réunion. « Nous sommes choqués que le Sénégal, pays frère et ami, accueille une réunion où l’on planifie des manifestations de rue au Congo, a déclaré à Jeune Afrique, Barbané Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du président Joseph Kabila. Nous réfléchissons à une protestation officielle ».

    De quoi s’agit-il ? La réunion qui doit se tenir à Dakar, du 12 au 15 décembre, est officiellement un atelier de réflexion « sur les processus électoraux » rassemblant « des hommes politiques africains ». Mais dans la quarantaine d’invités, on trouve essentiellement des membres de l’opposition et la société civile congolaise.

    Mouvements citoyens et hommes politiques

    Initié par les « mouvements citoyens » Filimbi et Lucha, cette réunion a été facilitée et financée par les fondations Konrad Adenauer (Allemagne) et Brenthurst (Afrique du Sud). Les débats doivent, en principe, rester secrets.

    Parmi les personnes qui ont confirmé leur présence : Félix Tshisekedi et Samy Badibanga, pour l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Vital Karmerhe, pour l’Union pour la nation congolaise (UNC), Eve Bazaiba pour le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), Martin Fayulu pour les Forces acquises au changement (FAC), Olivier Kamitatu, pour le « G7 », ou encore l’Abbé Léonard Santedi, pour l’Église catholique.

    Tous soupçonnent le président Joseph Kabila de vouloir rester au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle de 2016 et tous craignent en particulier que l’élection présidentielle, qui doit marquer son départ, ne soit pas organisée dans les temps.

    Convié, Moïse Katumbi l’ex-gouverneur de l’ex-Katanga passé à l’opposition, a préféré aller soutenir son équipe de football, le Tout puissant Mazembe, lors de la Coupe du monde des clubs, au Japon. Mais, avant son départ, il a transmis un message aux participants et s’est concerté avec plusieurs d’entre-eux, dont Félix Tshisekedi à Paris le 10 décembre.

    Aucun représentant des autorités congolaises

    Aucun représentant des autorités congolaises n’a en revanche été convié. « Seuls les personnes favorables à la démocratie et au respect des échéances électorales étaient invités », confie un organisateur. Ce nouvel épisode rappelle les incidents qui avaient émaillé le lancement du mouvement citoyen « Filimbi » le 15 mars dernier à Kinshasa. En apprenant la tenue de cette réunion, à laquelle participait les militants sénégalais de Y’en a marre et du Balai citoyen, les autorités congolaises avaient arrêté tous les participants. Les Sénégalais et Burkinabè avaient été expulsés. Quant aux militants congolais Fred Bauma et Yves Makwambala, ils sont toujours en détention.

    Le gouvernement sénégalais n’a rien à voir là-dedans, rétorque l’un des organisateurs

    « Il y a quelques mois, nous avons reçu un groupe de jeunes gens venus de ce pays pour apprendre à nos compatriotes comment faire des cocktails molotov et résister à la police, affirme le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende à Jeune Afrique. Il y a eu une intervention sénégalaise pour qu’ils soient libérés, ce que nous avons accepté par amitié. Et voici que les mêmes personnes se réunissent dans ce pays sans que le gouvernement ne nous informe. Qui peut entrer au Sénégal sans que le gouvernement soit au courant ? »

    « Le gouvernement sénégalais n’a rien à voir là-dedans, rétorque l’un des organisateurs. Il n’avait pas à donner son autorisation. D’ailleurs, ce pays a supprimé le visa payant à l’entrée en mai dernier ».

    Jeune Afrique

  • Joseph Kabila Kabange, se serait-il tiré une balle dans le pied?

    Joseph Kabila Kabange, se serait-il tiré une balle dans le pied?

    dialogue-Le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, se serait-il tiré une balle dans le pied en remettant en cause son ordonnance du 28 novembre 2015 convoquant le dialogue politique ? Le communiqué du 8 décembre 2015 de son directeur de cabinet sonne comme une capitulation. Finalement, c’est à New York que se décide le sort du dialogue. C’est du siège des Nations unies que sortirait aussi le format définitif du comité préparatoire au dialogue. Le communiqué de la présidence ne dit pas autre chose.

    Que reste-t-il encore de l’ordonnance présidentielle du 28 novembre 2015 qui fixait le cadre et le format du dialogue politique national ? En tout cas, il n’en reste plus rien. Loin des supputations autour de la mise en place du comité préparatoire au dialogue, fixé à 10 jours à dater de la signature, soit le 28 novembre 2015, le communiqué officiel du 8 décembre 2015, signée des mains du directeur de cabinet du président de la République, est venu lever un pan de voile. En effet, le communiqué a tout dévoilé. Bien plus, il a fait état de l’inapplicabilité de l’ordonnance présidentielle du 28 novembre 2015.
    Alors, quel crédit faut-il encore accorder à cette ordonnance ? Dans les cercles spécialisés, la question est sur toutes les lèvres. D’autres se la posent autrement. Le chef de l’Etat aurait-il accepté de lâcher du lest pour sauver le « dialogue national politique inclusif ?
    Si, dans les milieux proches de l’Opposition, on considère que l’ordonnance du 28 novembre 2015 n’a plus de portée réelle, au sein de la Majorité, on continue à lui accorder tout le crédit possible.

    La capitulation
    C’est donc sans surprise que le directeur de cabinet du chef de l’Etat, loin de la remettre en cause, a tenté de rassurer l’opinion, en relevant que « le comité préparatoire du dialogue politique national inclusif est en voie de constitution sur pied de l’article 2 de l’ordonnance précitée », c’est-à-dire celle du 28 novembre 2015.
    Le directeur de cabinet du chef de l’Etat a feint d’ignorer que la même ordonnance limitait à 10 jours, à dater du 28 novembre 2015, la mise en place de ce comité préparatoire. Ce qui, autrement, signifiait qu’en dépassant ce délai, l’ordonnance convoquant le dialogue tombait de manière tacite en désuétude. Le directeur de cabinet du chef de l’Etat s’en est d’ailleurs souvenu en précisant, dans son communiqué du 8 décembre 2015, que « les consultations menées actuellement par l’ambassadeur Saïd Djinnit, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour les Grands Lacs, avec la classe politique et sociale en vue de la désignation du facilitateur, participe également à cette démarche constitutive dudit comité ».
    Le cabinet du chef de l’Etat a trouvé la parade pour contourner le délai butoir posé à l’article 2 de l’ordonnance du 28 novembre 2015. Il l’a certes échappé bel. Mais, le raccourci est lourd de conséquences. Un message politique qui se dégage est un aveu d’incapacité. L’on compte pour mettre en place le comité préparatoire, sur le travail de Saïd Djinnit qui déterminera l’avenir du dialogue national. Tout risque d’échapper à Joseph Kabila. L’acceptera-t-il ? Et s’il fait une concession de taille. N’empêche qu’en le suggérant, le cabinet du chef de l’Etat jette à la poubelle l’ordonnance du 28 novembre 2015. Par conséquent, il décharge le chef de l’Etat de toute initiative liée au dialogue politique, aussi bien dans la mise en place du comité préparatoire que dans la fixation de son ordre du jour et de la conduite des travaux.
    L’UDPS joue et gagne
    Pour le moment, c’est l’UDPS qui mène la danse et au marquoir, le parti d’Etienne Tshisekedi en sort gagnant. Car, dans le communiqué du 1er décembre 2015, signé par Etienne Tshisekedi, l’UDPS avait superbement ignoré Joseph Kabila pour tout ce qui se rapporte au dialogue, ne se fiant qu’à Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies. Sans remettre en cause sa participation au dialogue, l’UDPS informait en même temps qu’elle n’adhérait qu’à un dialogue piloté par les instances des Nations unies dans les limites prévues dans l’accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013. Nulle part, l’UDPS n’a fait allusion à l’ordonnance du 28 novembre 2015. D’une certaine manière, l’UDPS la considérait comme un incident de parcours que le secrétaire général des Nations unies se devait se corriger pour garantir la tenue de ce dialogue politique.
    Vu sous cet angle, l’ordonnance du chef de l’Etat a perdu tout son éclat. Le communiqué du chef de l’Etat l’a en plus assommé, lui enlevant toute sa substance. A tout prendre, le chef de l’Etat est en voie de perdre le contrôle du dialogue. C’est le moins que l’on puisse dire. En se mettant dans l’incapacité de mettre en œuvre son ordonnance du 28 novembre 2015 par la mise en place dans le délai de 10 jours d’un comité préparatoire au dialogue, Kabila a désacralisé le dialogue national. Comme l’a voulu et finalement obtenu l’UDPS, c’est aux Nations unies que reviendra le pouvoir de mettre en place le comité préparatoire et, sans doute, fixer l’ordre du jour du dialogue. Or sur ce point précis, on sait que les Nations unies et d’autres partenaires signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba ont d’ores et déjà fixé le cadre du dialogue. Les résolutions du Conseil de sécurité sont en elles-mêmes tout un agenda pour le dialogue politique.
    En effet, si tous acceptent l’option d’un dialogue, ils se disent astreints à respecter les délais constitutionnels dans l’organisation des élections prévues en 2016.

    Les jours à venir réservent bien d’autres surprises.

     Le Potentiel
  • FELIX TSHISEKEDI – MOISE KATUMBI : DIALOGUE  A PARIS

    FELIX TSHISEKEDI – MOISE KATUMBI : DIALOGUE A PARIS

    katumbi-tshisekedi-Félix Tshisekedi, chargé des relations extérieures de l’UDPS qu’accompagnait Samy Badibanga, a rencontré jeudi 10 décembre 2015 à Paris, Moïse Katumbi, ancien Gouverneur de l’ex-Katanga passé récemment dans l’opposition. Selon les comptes rendus faits de cette rencontre, les deux personnes auraient échangé sur les stratégies à mettre en place pour obtenir une alternance politique aux élections de 2016. Ils ont partagé leur détermination à ce que l’élection présidentielle se tienne dans les délais constitutionnels.

    Toujours selon des journalistes présents à cet entretien, Tshisekedi fils et Katumbi ont affirmé leur rejet du dialogue national pour les élections apaisées. Les deux hommes ont également évoqué la possibilité de soutenir un candidat commun de l’opposition lors de l’élection présidentielle.

    Bien d’observateurs s’interrogent sur ce subit rapprochement entre l’UDPS, parti de l’opposition, et Moïse Katumbi qui vient de quitter la majorité. Il n’y a pas longtemps, en effet, l’UDPS se méfiait de Katumbi et du G7, estimant qu’il s’agissait d’une sorte de cheval de Troie du pouvoir envoyé au sein de l’opposition pour la torpiller. De tous les temps, d’ailleurs, Katumbi n’a jamais été en odeur de sainteté du côté de la 10ème rue/Limete.

    Qu’est-ce qui a donc pu rapprocher deux pôles diamétralement opposés et que rien d’objectif ne saurait les unir ? La question est d’autant plus intriguante que l’entretien de Paris a aussi tourné autour de la possibilité d’une candidature unique de l’opposition pour la présidentielle. On sait que l’UDPS n’a jamais transigé sur ce sujet, maintenant, contre vents et marrées, Etienne Tshisekedi comme seul candidat pour elle. Or, même s’il ne s’y est pas encore prononcé officiellement, bien de sources avancent que Moïse Katubi rêverait d’une candidature au même poste.

    Autre point d’interrogation : qu’est-ce qui peut rapprocher un Katumbi, qui est diamétralement opposé au dialogue, à l’UDPS qui s’est inscrite dans sa logique ? Cette question est aussi intéressante au regard de cette sorte de cacophonie au sein de l’UDPS d’où émanent des voix discordantes autour du dialogue, même si, officiellement, le parti tshisekediste y est engagé moyennant certaines conditions dont une médiation internationale. Félix Tshisekedi aurait-il roulé Moïse Katumbi en claironnant avec lui le refus du dialogue ?

    Enfin de compte, que représente politiquement Moïse Katumbi sur l’échiquier national pour que l’UDPS s’en rapproche ? Sans l’intention de nuire à sa personne, nous savons qu’en dehors du TP Mazembe, Katumbi n’a pas d’assise sociologique majeure pouvant faire de lui une force politique. De plus, à ce jour, Katumbi évolue en solo, se rapprochant de temps en temps de certains partis et regroupements politique comme l’UNAFEC de Kyungu Wa Kumwanza et le G7.K des rapprochements essentiellement opportunistes, car on ne les observe qu’à l’occasion de certains événements d’actualité qu’il exploite pour exprimer ses opinions.

    En un mot comme en mille, l’on constate que Katumbi et l’UDPS ont trop de points de divergences qui, tout à fait objectivement, ne peuvent pas permettre leur rapprochement. On assisterait donc à un dialogue des dupes entre le jour et la nuit. Katumbi charrie trop d’agendas cachés autour de lui pour prétendre défendre une cause donnée. A la limite on dirait qu’il n’a pas d’étoffe qui justifierait son utilité dans les tournants politiques que la RDC amorce.

    De son côté, Félix Tshisekedi pase pour un personnage à double visage. D’un côté, il est présenté, ou se fait présenter, comme un véritable fer de lance de l’UDPS, tandis que de l’autre il évolue en solo pour promouvoir ses ambitions personnelles en se servant du nom de son père et de la notoriété de l’UDPS. Sinon, on ne comprendrait pas pourquoi il s’est entiché de Samy Badibanga avec qui lui et l’UDPS étaient en froid depuis le sortir des élections de 2011.

    On se souvient, en effet, que Badibanga, aujourd’hui président du groupe parlement UDPS à l’Assemblée Nationale, avait été déclaré exclu du parti pour avoir refusé d’obtempérer au mot d’ordre de Tshisekedi qui avait demandé à tous les élus de son parti de ne pas siéger à l’Assemblée Nationale.

    Dans les deux cas, l’UDPS et Katumbi se seraient livré à un jeu de poker menteur que seul le proche avenir démontrera.

    Pascal Debré Mpoko

  • Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi s’unissent à Paris pour le départ de Joseph Kabila en 2016

    Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi s’unissent à Paris pour le départ de Joseph Kabila en 2016

    katumbi-tshisekedi-L’ancien gouverneur de l’ex-Katanga et le fils de l’opposant historique se sont rencontrés, ce jeudi 10 décembre à Paris. Ils veulent faire cause commune pour obtenir une élection présidentielle sans participation du président sortant, Joseph Kabila, et dans les délais constitutionnels. Ils ont également évoqué une candidature commune.

    Est-ce un tournant dans le marathon politique, qui doit mener à l’élection présidentielle congolaise en novembre 2016 ? Paris a été le théâtre, le 10 décembre, d’une rencontre entre deux personnalités influentes de l’opposition congolaise : Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, et Félix Tshisekedi, fils d’Étienne, le chef du principal parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Les deux hommes se sont réunis pour une journée de discussion dans un discret hôtel du VIIIe arrondissement de la capitale française, à laquelle Jeune Afrique a pu assister en partie. En est ressorti un accord en plusieurs points, au premier rang desquels le refus du « dialogue national » annoncé par le président Joseph Kabila. Les deux hommes sont désormais convaincus qu’il s’agit d’une manœuvre du chef de l’État congolais pour obtenir un report de l’élection présidentielle, au-delà du délai constitutionnel de novembre 2016. Selon l’actuelle Constitution, le président sortant n’aura en effet pas le droit de se présenter à ce scrutin.

    L’objectif, c’est l’alternance en 2016, a expliqué Moïse Katumbi. Il faut un changement de régime et un changement de politique, a renchéri Tshisekedi

    « Nous voulons un calendrier consensuel qui donne la priorité à des élections présidentielles et législatives dans les délais constitutionnels et qui soient conformes aux standards internationaux », a expliqué Samy Badibanda, un proche de Félix Tshisekedi, également chef du groupe parlementaire « UDPS et alliés ». « Nous voulons aussi que le fichier électoral soit révisé conformément aux recommandations de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) », a-t-il ajouté.

    « L’objectif, c’est l’alternance en 2016 », a expliqué Moïse Katumbi. « Il faut un changement de régime et un changement de politique », a renchéri Félix Tshisekedi.

    Candidat commun

    Les deux hommes ont également évoqué la possibilité de soutenir un candidat commun lors de l’élection présidentielle, a précisé Samy Bandibanga. Mais ni l’identité, ni le mode de désignation de ce candidat n’a été précisé. Il est encore trop tôt, faisaient savoir les participants. « Tous les partis politiques qui veulent l’alternance sont les bienvenus parmi nous », a précisé Félix Tshisekedi.

    Cette rencontre réduit considérablement la portée du « dialogue national » voulu par le président Joseph Kabila. L’UDPS était la seule grande formation d’opposition qui avait accepté d’en discuter lors de rencontres à Venise et Ibiza. Mais après sa convocation par le président Joseph Kabila, le 28 novembre, Félix Tshisekedi avait renoncé à y participer, arguant que « la présence de la communauté internationale [était] une condition sine qua non de [sa] participation ». « Si c’est une initiative de la communauté internationale, nous ne sommes pas opposés contre, explique-t-il aujourd’hui. Mais un dialogue sous l’égide du seul Joseph Kabila, il n’en est pas question ».

    Pierre Boisselet– Jeune Afrique

  • Ce qu’il faut retenir de la visite de Saïd Djinnit en RDC

    Ce qu’il faut retenir de la visite de Saïd Djinnit en RDC

    Djinnit-L’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs a fini ses quatre jours de consultations en République démocratique du Congo. Saïd Djinnit a rencontré des acteurs institutionnels, politiques, la société civile et a consacré cette dernière journée à rencontrer les représentants des Eglises. Il repart avec une palette d’avis qui devrait permettre au secrétaire général des Nations unies de confirmer ou non sa nomination comme co-facilitateur international du dialogue convoqué par Joseph Kabila.

    De l’avis des personnalités consultées, le principal enseignement que pourrait tirer Ban Ki-moon, c’est que la République démocratique du Congo pourrait être à la veille d’une crise majeure. La majorité elle-même l’a dit ouvertement lors de sa dernière conférence de presse : sans dialogue, il y a un risque de violences dans le pays à l’approche des élections, a dit son porte-parole. L’opposition et la société civile, qu’elles soient favorables à un dialogue ou non, parlent également de ce risque.

    Deuxième enseignement : une partie des acteurs politiques, l’UDPS en tête, font de cette co-facilitation internationale et de son implication dès la mise en place du comité préparatoire de ce dialogue une condition sine qua non de leur participation… mais aussi de la crédibilité des discussions.

    Troisième enseignement : des politiques, des membres de la société et notamment l’Eglise catholique insistent sur le respect des délais constitutionnels, là encore qu’ils se disent favorables au dialogue ou non. Il semble avoir compris, expliquent plusieurs participants à ses consultations. Ces personnalités rapportent que Said Djinnit aurait à la fois parlé d’un dialogue inclusif et franc comme d’une voie privilégiée par les Nations unies, mais l’envoyé spécial pour les Grands Lacs aurait également évoqué le contenu des dernières résolutions du Conseil de sécurité qui rappellent toute la nécessité de respecter les délais constitutionnels, et notamment pour la présidentielle.

    Parmi les personnalités consultées, il y a l’ancien vice-président Azarias Ruberwa. Le président de RCD s’est prononcé ouvertement pour le dialogue national, mais il insiste sur le fait que chacun, gouvernement, opposition et même la communauté internationale, doit faire preuve de bonne volonté pour éviter le pire au Congo :

    « Je pense que le problème du gouvernement, c’est de donner des garanties que la Constitution sera respectée. Le problème de l’opposition, c’est de venir au dialogue, bien sûr avec son cahier des charges, par rapport à des questions sur le fichier électoral, les nouveaux majeurs, comme on le dit ici, tous ces jeunes, des millions aujourd’hui, qui étaient mineurs en 2011, mais qui sont devenus majeurs. Mais aussi sur des questions comme la sécurisation du processus et le budget. Plus il y aura d’opposants qui participeront, plus ils vont constituer une garantie en eux-mêmes. Si le dialogue tourne dans le sens que l’on ne souhaite pas, on sera libre de quitter ou de ne pas signer. Mais ne pas aller au dialogue, ne pas donner des garanties du côté du pouvoir, ne pas participer pour l’opposition et la société civile et ne pas avoir la communauté internationale qui soutient ce dialogue, je pense que c’est une mauvaise stratégie, parce qu’il ne faut pas attendre qu’il y ait de casse pour dire “si l’on savait, on aurait pu dialoguer, et peut-être trouver un compromis”. Alors on va assumer devant l’Histoire », a déclaré Azarias Ruberwa.

    RFI

  • Dialogue : ce que Joseph Kabila attend de Saïd Djinnit

    Dialogue : ce que Joseph Kabila attend de Saïd Djinnit

    said_djinnit-Ban Ki-moon a dépêché mercredi à Kinshasa Saïd Djinnit, son envoyé spécial pour les Grands Lacs. Si le diplomate algérien n’est pas officiellement nommé facilitateur du nouveau dialogue politique convoqué par Joseph Kabila, Kinshasa espère tout de même qu’il ramènera l’opposition à la table des discussions.

    Saïd Djinnit parviendra-t-il à relancer le nouveau dialogue politique voulu par Joseph Kabila en RDC ? « Pour l’instant, il n’est pas là pour ça », s’empresse de préciser une source onusienne à Kinshasa. Le diplomate algérien, envoyé spécial du secrétaire général des Nations pour les Grands Lacs, est en effet arrivé le 2 novembre dans la capitale congolaise « pour s’entretenir avec le gouvernement et les autres parties prenantes afin de discuter des contours de ce dialogue » convoqué fin novembre par le président Joseph Kabila, ajoute un communiqué de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco).

    Autrement dit, Saïd Djinnit n’est pas encore officiellement le médiateur international de la crise politique congolaise. Ban Ki-moon l’a d’ailleurs envoyé dans la capitale congolaise pour voir s’il sera « à même de faciliter le dialogue national » à venir. Une perspective qui ne réjouit guère les frondeurs de la majorité au pouvoir. « On prend les mêmes et on recommence ? » s’est interrogé Olivier Kamitatu, l’un des leaders du G7, dénonçant une « ‘nkurunzization’  à pas lents de la RDC ». Allusion faite à l’absence ou presque de résultats de Saïd Djinnit dans la crise politique burundaise.

    La mission difficile de Djinnit

    « Dans tous les cas, on savait que le G7 allait réagir de cette manière, confie un proche du chef de l’État congolais. S’ils ont quitté la majorité, c’est parce qu’ils ne voulaient plus discuter. » En tout cas, du côté du camp présidentiel, la « pré-médiation » de Saïd Djinnit est plutôt bien vue.

    « Saïd Djinnit connaît toute la classe politique congolaise qu’il côtoie depuis quelques temps dans son rôle d’envoyé spécial pour les Grands Lacs », note notre source. « Mais Kinshasa ne s’opposerait pas non plus, poursuit-elle, à Ban Ki-moon s’il choisissait au final un nom parmi les trois autres qui circulent : José Eduardo dos Santos, le président angolais, Moustapha Niasse, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies ».

    En attendant, c’est bien le diplomate algérien qui est rentré en jeu. En face de lui : le G7 et la Dynamique, deux principales coalitions de l’opposition, qui ont déjà annoncé qu’ils ne prendront pas part  au nouveau dialogue politique. Mais il y a aussi l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, qui continue à tergiverser. Des « gesticulations que Saïd Djinnit pourra sans doute calmer », espère la source proche de la présidence de la République, rappelant que « le dialogue convoqué par Kabila est aussi le fruit des pressions des opposants Étienne Tshisekedi et Vital Kamerhe. L’important pour nous, c’est d’aller au débat ».

    Un débat qui portera essentiellement sur le processus électoral complètement en panne à moins d’une année de l’organisation des législatives et de la présidentielle, initialement prévue le 27 novembre 2016. La mission de Saïd Djinnit, dans le rôle de conciliateur d’avant pourparlers, s’annonce difficile…

    Jeune Afrique

  • Paradoxe Matata : Il bancarise les autres mais se paye lui-même et son équipe en espèces

    Paradoxe Matata : Il bancarise les autres mais se paye lui-même et son équipe en espèces

    MATATA-Alors que les salaires du personnel de la Présidence de la République et ceux des cabinets ministériels, les émoluments des députés et sénateurs passent par les banques, révèle notre enquête, ceux du cabinet du Premier Ministre Matata Ponyo seraient payés au comptant à la caisse de la Primature. Qu’est-ce qui peut bien justifier l’inexistence des traces bancaires pour les chantres de la bancarisation ? Est-ce pour dissimiler la pléthore ou échapper à tout contrôle et maitrise de la masse salariale ?

    Selon le gouvernement, la bancarisation vise la maitrise de la masse salariale des agents et cadres de l’Administration publique ainsi que du personnel administratif et politique des institutions de l’état et le contrôle des effectifs autres fois gangrénés par l’existence des agents fictifs. Elle est  donc, un mode de paiement transparent qui alimente la restauration du réseau financier.

    Quel Paradoxe !

    C’est simplement inadmissible de constater que la Primature se soustraie de la bancarisation des salaires de son personnel dans un contexte où même les cabinets ministériels s’y conforment.

    Faire intervenir la paie des salaires de l’ensemble du personnel par les services de la Primature, fait revenir le gouvernement à la case de départ laissant planer les doutes sur les effectifs réels et la hauteur des salaires réels du personnel de Matata Ponyo.

    Ceci contredit la volonté maintes fois exprimée par le Premier Ministre de réussir le processus de bancarisation et de combattre avec la dernière énergie la pratique des listes fictives et la manipulation des billets de banque par les agents payeurs.

    Si pour les autres, la bancarisation de la paie permet d’afficher dans le monitoring les effectifs exacts, pourquoi pas la Primature en tant que centre d’impulsion de cette opération ? La réponse à cette question soulève la problématique des effectifs réels du cabinet du Premier Ministre.

    Quid des effectifs ?

    Si pour le Directeur de cabinet, ses deux adjoints ainsi que les 14 conseillers principaux, il existe un décret officiel rendu public, pour les autres membres du cabinet, notre rédaction n’a pas pu mettre la main dessus. Même sur le site officiel de la primature où les décrets du Premier Ministre sont publiés, il n’existe aucune trace . Quoi de plus normal de ne pas connaître le nombre exact de ces effectifs.

    L’article 3 du décret n° 12/022 du 17 juillet 2012  portant organisation et fonctionnement du Cabinet du Premier Ministre, ce dernier comprend : la Direction, les collèges de conseillers et les conseillers techniques spéciaux, les cellules, les secrétariat privé du PM et le service administratif.

    S’il faut comptabiliser ces effectifs, certains analystes avertis se permettent d’avancer un chiffre pas « en deçà de 600 agents » payés chaque mois par le trésor public aux frais des contribuables congolais. De quoi se faire une idée sur la hauteur de la masse salariale, du reste « non bancarisée ».

    Obligation de transparence

    Le personnel de la Primature est-il soumis au même barème que ceux des autres institutions ? D’après nos investigations les Conseillers de la Primature toucheraient plus que ceux de la Présidence. Zoom Eco y reviendra avec plus amples détails.

    Chantre de la bancarisation, artisan des performances macroéconomiques mondialement reconnues et récemment élevé au rang de Docteur Honoris Causa, Matata Ponyo se soustrait-il de l’obligation de transparence dans ce mode de paiement (bancarisation) qu’il impose pourtant aux autres ? Pour quel intérêt se prive-t-il de prêcher par l’exemple par la bancarisation de son propre cabinet ?

    Comment laisser passer sous silence cette situation ? Aux fins d’y apporter de l’éclairage, d’aucuns pensent qu’un contrôle parlementaire approprié soit initié ou alors que la Cour des Comptes devrait diligenter une enquête crédible.

    Les élus du peuple, le personnel de la Présidence de la République, les professeurs d’universités, médecins, militaires…sont-ils différents des hommes de Matata ? Qu’est-ce qui peut bien justifier cette situation ? Autant c’est paradoxal, autant c’est inadmissible quand bien même l’opération n’est pas juridiquement contraignante. A la Primature d’éclairer l’opinion publique.

    Avec Zoom Eco