Tag: Société

  • Des dizaines de milliers de personnes rapatriées en RDC après leur expulsion du Congo

    Des dizaines de milliers de personnes rapatriées en RDC après leur expulsion du Congo

    KIN-REFOULEDepuis début avril, une vaste opération d’expulsion vise les ressortissants de RDC installés au Congo voisin. Les autorités de Kinshasa parlent désormais de plusieurs dizaines de milliers de rapatriés.

    Les expulsions de ressortissants de République démocratique du Congo (RDC) installés au Congo-Brazzaville se poursuivent. Mardi 29 avril, des centaines de Congolais ont de nouveau afflué afflué au Beach Ngobila, le port de Kinshasa.

    En début d’après-midi, la troisième barge de la journée assurant la traversée du fleuve Congo entre les capitales des deux pays a déversé un nouveau flot de passagers. Gens de tous âges partis avec le maximum de choses (matelas, vaisselle, effets personnels) ou au contraire ayant tout abandonné, la foule est ensuite conduite en bus spécialement affrétés par les autorités locales pour une identification et une assistance offerte à la maison de la commune de Kinshasa, l’une des mairies d’arrondissement de la mégalopole kinoise. La foule se partage entre Congolais expulsés par les autorités de Brazzaville et ceux qui ont décidé de partir d’eux-mêmes.

    Proche de la barre des 40 000 expulsions

    Les rapatriements se succèdent quotidiennement depuis que les autorités du Congo-Brazzaville ont lancé, le 3 avril, l’opération policière “Mbata ya bakolo” (“La gifle des aînés”, en lingala) visant les étrangers en situation irrégulière dans le pays, mais tout particulièrement les Congolais de l’ancien Zaïre, officiellement après une recrudescence de la délinquance violente.

    Selon un agent de la Direction générale de migration à la maison communale de Kinshasa, près de 30 000 retours ont été dénombrés samedi, et les arrivées, depuis ce jour, se succèdent à une rythme quotidien d’environ 3 000 rapatriements. Lundi, le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, avait indiqué que l’on approchait de la barre des 40 000 expulsions.

    Mercredi, la Voix des sans Voix, l’une des principales ONG de défense des droits de l’Homme à Kinshasa, avait accusé le Congo d’expulser de façon “barbare” des ressortissants de la RDC clandestins ou soupçonnés de banditisme, parlant de “traitements cruels, inhumains ou dégradans”, et dans certains cas de “viols, extorsions de biens et brimades”.

    Hostilité vis-à-vis des “Zaïrois”

    Le porte-parole du gouvernement de Brazzaville n’avait pas pu être joint mardi pour donner l’estimation officielle des retours de ressortissants de la RDC depuis le 3 avril. Officiellement, la police congolaise reconnaît qu’ il y a eu quelques bavures, et 17 de ses membres ont été radiés pour leur agissements pendant l’opération. Selon la préfecture de police, 500 jeunes gens qui étudiaient à Kinshasa sont rentrés à Brazzaville il y a quelques jours par crainte de représailles.

    Tous les nouveaux arrivants aux Beach de Kinshasa n’ont pas été expulsés. Beaucoup racontent avoir fui le pays voisin à cause du climat de défiance ou d’hostilité vis-à-vis des “Zaïrois” qui règne sur l’autre rive, et qui a été exacerbé selon eux depuis le retour de ces étudiants.

    La RDC est l’un des pays les plus pauvres du monde et le Congo-Brazzaville, un peu plus développé, offre l’espoir d’une vie meilleure. Plusieurs dizaines de milliers de ressortissants de la RDC vivent en République du Congo, pays dont la population avoisine les quatre millions d’habitants. A Brazzaville, ils exercent toutes sortes de métiers peu qualifiés : vendeurs à la sauvette, cordonniers ambulants, éboueurs, chauffeurs de taxi, receveurs de bus…

    (Avec AFP)

  • Raphaël Mobutu reste introuvable, une semaine après sa chute dans la Garonne

    Raphaël Mobutu reste introuvable, une semaine après sa chute dans la Garonne

     

    Raphaël Mobutu Ngbonga, un des enfants de l'ancien président du Zaïre (RDC). Raphaël Mobutu Ngbonga, un des enfants de l’ancien président du Zaïre (RDC). © DR

    Plus d’une semaine après avoir sauté dans la Garonne, la nuit du 15 au 16 avril, Raphaël Mobutu, un des enfants de l’ancien président de la RDC (ex-Zaïre) est toujours introuvable. À en croire la famille du disparu, la police a écarté l’hypothèse de la noyade, mais les recherches se poursuivent.

    “Nous continuons à croire que notre frère a pu sortir de l’eau”, confie à Jeune Afrique, jeudi 24 avril, Yadongo Yemo Mobutu, fille de l’ancien président du Zaïre (aujourd’hui RDC, Joseph Désiré Mobutu Sese Seko (1965 – 1997). Dans la nuit du 15 au 16 avril, “entre 23 heures et 1 heure du matin”, Raphaël Mobutu Ngbonga, 35 ans, a sauté dans la Garonne, après avoir été pris en charge par les sapeurs-pompiers. Quelques instants plus tôt, sa voiture avait percuté un platane, à quelques mètres du pont des Catalans, à Toulouse.

    Qu’est-ce qui s’est réellement passé après l’accident ? Selon la famille du disparu, le jeune homme, probablement sous le choc, est resté calme dans sa voiture jusqu’à l’arrivée des sapeurs-pompiers. Ces derniers l’ont rapidement installé dans l’ambulance, après l’avoir maîtrisé à deux reprises à cause de ses moments d’agitation vraisemblablement dus au traumatisme. Mais Raphaël a finalement réussi à quitter l’ambulance pour se diriger vers le parapet du pont.

    Raphaël Mobutu amnésique ?

    Alertés, les policiers ont débarqué pour tenter de le rattraper. “Ils marchaient à son rythme”, raconte Yadongo Yemo Mobutu. Histoire de ne pas l’effrayer et entraîner sa chute. Mais, Raphaël, du haut de ses 1 mètres 91, a quand même sauté dans la Garonne. Très vite, un hélicoptère est intervenu pour le retrouver. Sans succès. “Ils ont cherché pendant deux heures, et les trois jours suivants, les hommes-grenouilles ont sondé le fleuve mais ils n’ont rien trouvé”, explique la sœur de la victime qui continue à “garder espoir”. Aujourd’hui, “la police a écarté l’hypothèse de la noyade”, affirme-t-elle, confiante. “Amnésique, Raphaël doit être quelque part mais il ne sait plus qui il est et où il habite”, avance-t-elle.

    En attendant que la mairie de Toulouse décide de la reprise des recherches, la famille a pris le relais. Des affiches sont collées un peu partout dans la ville, surtout dans les endroits où le disparu, amateur du basket, avait l’habitude de se rendre.

    Né dans une famille de six enfants dont deux issus d’un précédent mariage de “Maman 41” – sa mère et épouse du président Mobutu avant l’union de ce dernier avec Bobi Ladawa -, Raphaël est père de trois enfants. Il était intérimaire dans la préparation de commandes de produits pharmaceutiques à Toulouse.

    Juene Afrique

  • PASTEUR ET BUSINESS DES ÉGLISES DE RÉVEIL.

    PASTEUR ET BUSINESS DES ÉGLISES DE RÉVEIL.

    PasteurQuand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à … prêcher ». Entendu au dernier festival d’humour Toseka, en juin 2013 à Kinshasa, ce détournement du célèbre dicton de Confucius résume bien la situation des « Églises de réveil » en RDC. « Aujourd’hui, une Église rapporte plus qu’une boîte de nuit », assure Mwinyi Hamza Badjoko, anthropologue et opposant politique. Les fidèles sont prêts à se priver pour donner de l’argent à leur « berger ». Ils considèrent ce sacrifice comme un acte de foi et espèrent en retour contracter un mariage, trouver un emploi, voire obtenir un visa pour l’Europe.
    Dans les faits, ce sont bien sûr les pasteurs qui s’enrichissent, au point de s’acheter villas et belles voitures. Un exemple ? Pascal Mukuna, très populaire à Kinshasa, ne roule qu’en Lincoln Navigator, tantôt en version blanche, tantôt en version noire … Le prix d’un tel véhicule : pas moins de 55 000 euros. Une telle « vitrine » explique pourquoi les Églises de réveil poussent comme des champignons dans la capitale congolaise – on en compte jusqu’à deux ou trois par rue. « Impossible de connaître leur nombre exact : Certaines sont enregistrées auprès de l’hôtel de ville en tant qu’association à but non lucratif, comme l’impose la loi, mais d’autres restent dans l’informel », admet un fonctionnaire municipal à Kinshasa.

    CRÉER UNE ÉGLISE EST DEVENUE UNE SORTE DE « DÉBOUCHÉ SUR LE MARCHE DU TRAVAIL »
    « Le phénomène s’est développé au début des années 1970 avec le mouvement du Renouveau charismatique apparu au sein des Églises traditionnelles, décrypte l’abbé Gilbert Shimba, docteur en théologie et professeur de sociologie des religions. Les adeptes de ce courant, gagnés par les enseignements pentecôtistes, se sont détachés du catholicisme pour lancer des Églises dites de réveil. Le pasteur y occupe une place prépondérante dans la vie du fidèle : c’est lui qui sauve, et non plus les sacrements ». Cette tendance a pris de l’ampleur autour des années 1990, après l’échec des politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions de « Bretton Woods ». La grogne sociale est à son comble, le peuple a perdu toute confiance en l’État et se tourne vers la religion. De nouvelles Églises se développent, issues à la fois de mouvements évangéliques, pentecôtistes, charismatiques et prophétiques.
    Dans un pays à fort taux de chômage, créer une Église est vite devenu une sorte de « débouché sur le marché du travail pour certains jeunes diplômés en quête d’emploi », observe Mélanie Soiron-Fallut, anthropologue spécialiste des mouvements religieux en Afrique centrale : « Le statut de pasteur confère une position importante dans la société, dans la mesure où la vie sociale de beaucoup d’adeptes tourne autour de l’église, devenue le nouveau lieu de sociabilité. On n’y va plus seulement le dimanche, mais trois ou quatre fois par semaine. Le leader religieux est désormais considéré comme le relais social qui remplace la famille et, surtout, les structures étatiques défaillantes ».
    Pour conserver cette emprise, les pasteurs multiplient les initiatives : campagnes d’évangélisation, journées de guérison, veillées de prière … La conquête des esprits prend des allures de compétition entre prédicateurs, qui n’hésitent plus à lancer des chaînes de radio ou de télévision pour se faire connaître et grossir les rangs de leurs fidèles. Plus ceux-ci seront nombreux, plus les « bénédictions », qui s’achètent à prix d’or lors de grands rassemblements de prière dans les stades, seront rentables. Huile miraculeuse, bouteilles de vin porte-bonheur, bibles bénies, stylos de réussite… Ces prédicateurs promettent tout et n’importe quoi pourvu qu’ils y trouvent leur compte, à savoir bijoux et liasses de billets.

    LES POLITIQUES COURTISENT LES LEADERS RELIGIEUX
    Leur influence sans cesse grandissante dans la société n’échappe pas au radar des politiques. « Les pasteurs sont écoutés par leurs ouailles, drainent des foules, remplissent des stades : Mieux vaut les avoir avec vous plutôt que contre vous », reconnaît un élu de Kinshasa. Ainsi, en fonction de leur ascendant, les leaders religieux sont plus ou moins courtisés par la classe politique. Il existe désormais les pasteurs proches du pouvoir et ceux de l’opposition.
    Pour peser davantage, ils se regroupent dans des plateformes : la structure la plus ancienne, Églises de réveil du Congo, se dit « le partenaire social incontournable du gouvernement » ; l’Alliance mondiale des Églises chrétiennes est présidée par Pascal Mukuna, réputé proche de Marie-Olive Lembe di Sita, l’épouse du chef de l’État ; et le Haut Conseil des Églises de réveil charismatiques et autres compte parmi ses anciens responsables Jean-Marie Runiga, président du Mouvement du 23-Mars en avril 2012. « Pendant les campagnes électorales, ces pasteurs drainent les foules pour les candidats moyennant quelques billets de banque », lâche Freddy Kita, secrétaire général du parti Démocratie chrétienne … Et responsable à Kinshasa de la Mission évangélique pour le salut du monde, une Église qui refuse jusqu’ici de rejoindre l’une ou l’autre association.

    UNE JEEP DE 25 000 EUROS CONTRE LA PROMESSE DE FIGURER DANS LE GOUVERNEMENT
    Car le mélange des genres comporte des risques. Depuis avril 2013, le « prophète des nations » Denis Lessie est ainsi poursuivi pour « rançonnement de hautes autorités ». Leader de l’Église Arche de Noé, il aurait arnaqué Jean-Baptiste Ntahwa, ancien ministre du Budget. Se faisant passer pour le conseiller spirituel de Joseph Kabila, d’abord accompagné d’un lieutenant de l’armée présenté comme le chauffeur personnel du chef de l’État puis d’un étudiant campant le rôle du petit frère du président, il aurait obtenu de sa victime une Jeep d’une valeur de 25 000 euros en échange de la promesse de figurer dans le prochain gouvernement. Pour sa défense, le pasteur soutient qu’il s’agissait d’une donation. Il a même produit l’acte de cession devant les juges. La voiture lui a effectivement été cédée, mais, selon la partie adverse, elle devait être mise en vente par la suite pour en acheter une neuve au chef de l’État.
    Si l’affaire éclabousse les Églises de réveil, elle ne suffit pas à estomper l’influence des pasteurs sur les Kinois. Les « hommes de Dieu » peuvent dormir sur leurs deux oreilles, car « les Églises servent aujourd’hui à absorber les frustrations d’une population qui a besoin de trouver la solution à ses problèmes », soutient l’anthropologue Mwinyi Hamza Badjoko. L’espoir placé en leur mentor, c’est tout ce qui leur reste.
     
    Cordialement,
    La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».
  • Descente punitive de Claude Mashala avec le nom de Kabila à Radiokapi

    Descente punitive de Claude Mashala avec le nom de Kabila à Radiokapi

    claudeBashala-C’est une scène digne d’un film hollywoodien à laquelle ont eu droit, le vendredi 21 mars 14, les journalistes et les agents de sécurité de la Radiokapi après la diffusion de l’émission à grande audience Tribune de la presse qu’animée Samuel Katshak.

    Le fanfaron Claude Mashala, Secrétaire National du PPRD,  non content de voir sa pétition critiquée par  Ambroise Mamba, un journaliste invité à cette émission, a littéralement pété  les plombs. Brandissant le nom de J. Kabila, il a effectué autour de 20 heures une descente punitive à la station onusienne située dans la Commune de la Gombe non loin des Galeries présidentielles. Incontrôlé et incontrôlable, Claude Mashala dit le « Mbingazor » était à la recherche du journaliste Ambroise Mamba de CongoWeb. Son tort avoir critiqué l’initiative de ce cadre de la Majorité présidentielle dans sa tentative de faire réviser, via la pétition, la Constitution pour permettre à Joseph Kabila de concourir à la présidentielle de 2016  alors qu’il n’y a plus droit. Au cours de l’émission, diffusée le vendredi passé sur les ondes de Radiokapi entre 19h10 et 20h,  Ambroise Mamba et d’autres journalistes ont relevé le caractère opportuniste de la démarche de ce cadre de la Majorité.

    Ce qui a irrité C. Mashala outre la pauvreté morale et intellectuelle de son initiative, d’ailleurs épinglés par les journalistes invités à commenter l’actualité, c’est le fait qu’on ait rappelé son passé peu glorieux à la tête de la Sonal (société nationale de loterie). Il est de notoriété publique qu’à l’époque où Claude Mashala était PCA de cette entreprise publique, il avait été contraint à la démission à cause d’un scandale dans la gestion de cette société publique avec le détournement d’une somme importante mis à sa charge par le Parquet. Les faits remontent à 2010. Le PGR avait même émis un mandat d’arrêt contre lui. Pour se soustraire à la Justice il s’était réfugié en Afrique du Sud. Finalement, il a dû user des trafics d’influence pour faire taire la Justice. Son passage à la Sonal est un mauvais souvenir pour les agents de cette société.  Pour revenir à l’incident lui-même dans cette soirée du vendredi à la station onusienne, Claude Mashala a proféré des menaces à l’endroit des journalistes et du personnel de Radiokapi parce qu’il voulait qu’on lui livre le journaliste Ambroise Mamba. Il ne savait pas que l’émission était enregistrée quelques heures plus tôt. Elle n’était pas en direct. 

    Et partant, le journaliste n’était plus là.  Injures  publiques par ci, avec son arrogance légendaire, et menaces par là, c’est sur ces entrefaites qu’il a quitté la station onusienne. Quel culot !  Quelle maladresse ! Descendre avec le nom de Kabila à la bouche pour tabasser un journaliste pour ses propos, on se croirait dans le Far West américain. Voilà le comportement des lieutenants de Kabila. Pitoyable ! Claude Mashala, n’ayons pas peur des mots, est un véritable lèche- bottes. Même le ministre des médias et porte parole du gouvernement, Lambert Mende, l’a désavoué en disant qu’il exprimait des états d’âmes à propos de sa pétition.  Après son échec à Radiokapi, il s’est dirigé à la chaine de télévision Congoweb, situé sur Huileries. Là aussi pas de chance, le journaliste avait déjà quitté sa rédaction.

    Dans tous ses états, le très superficiel C. Mashala a pris son téléphone pour appeler Ambroise Mamba. S’en est suivi comme vous pouvez vous en doutez, des insultes et des menaces. « obiki petit soki na kangaki yo olingaki osambwa » a-t-il dit au téléphone. Ainsi va la Kabilie. Des énergumènes, sans foi ni loi, pour leurs prébendes et privilèges personnels se servent de Joseph Kabila en flattant ses bas instincts.  Reste à espérer que le président de la République reste sourd aux appels des trublions de son camp qui veulent saper le fragile consensus politique. La démarche du très creux C. Mashala est une vaste escroquerie politique, une véritable distraction. Claude Mashala. Ph. “CONGONEWS”. matthieu kepa

  • CANADA : PERCER SON PRÉSERVATIF POUR RENDRE SA FEMME ENCEINTE EST PASSIBLE DE PRISON.

    CANADA : PERCER SON PRÉSERVATIF POUR RENDRE SA FEMME ENCEINTE EST PASSIBLE DE PRISON.

    condoms-C’est incroyable, c’est de la folie … Quand l’acte sexuel entre un mari et une femme peut causer de la prison, en effet, le plus haut tribunal du Canada a confirmé ainsi un jugement en première instance d’une affaire datant de 2006.

     Jaret Hutchinson, originaire de Nouvelle Écosse (côte atlantique), avait voulu consolider son couple en mettant sa conjointe enceinte. Comme il l’avait avoué ensuite à son amie, le jeune homme avait décidé de percer un préservatif pour le rendre perméable. La relation sexuelle qu’ils avaient eue avait aboutit à la grossesse de la jeune femme, dont l’identité a été cachée par la justice.

    Après les aveux de son petit ami, la jeune femme avait décidé de procéder à un avortement et de lancer une procédure judiciaire. « Le sabotage du préservatif par l’accusé constitue une fraude », ont conclu à l’unanimité les sept juges de la « Cour suprême ».  « La plaignante n’avait pas consenti à de tels actes (copuler en vue de procréer, ndlr), et donc elle n’a pas donné son accord à l’activité sexuelle en question », poursuivent les magistrats, retenant la condamnation pour « agression sexuelle ».

    En première instance, l’accusé avait été condamné à 18 mois de prison. La « Cour suprême » doit encore décider de la sentence définitive.

     

     

    Cordialement,
    La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».

  • EN CÔTE D’IVOIRE, LE CHEVEU CRÉPU A TROUVÉ SES AVOCATES.

    EN CÔTE D’IVOIRE, LE CHEVEU CRÉPU A TROUVÉ SES AVOCATES.

    filles-Abidjan, sa lagune, sa douceur de vivre et… ses rajouts capillaires : En Côte d’Ivoire, le cheveu naturel, crépu, est une rareté, pour laquelle quelques milliers de jeunes femmes, les « happy », de « Babi », ont décidé de se battre. Avec les « Nappy », l’heure est aux conseils de beauté et à la splendeur africaine pour lutter contre la pensée unique capillaire.

     En Côte d’Ivoire, le cheveu naturel, crépu, est une rareté, pour laquelle quelques milliers de jeunes femmes, les « happy », de « Babi », ont décidé de se battre.

     

    Début février 2014, un forum d’un nouveau genre se tient à Cocody, un quartier huppé de la capitale économique ivoirienne : Ses participants sont tous des femmes, à une exception près. L’heure est aux conseils de beauté, à la splendeur africaine. Les « Nappy », un mélange de « naturel » et de « happy », de « Babi », un surnom d’Abidjan, se veulent une édition 2.0 des réunions entre filles. Les convocations se font via « Facebook » – le groupe, créé il y a plus de deux ans, compte 2 400 membres – dans un endroit public, une fois tous les deux mois environ. L’on y échange ses trucs et astuces, ses petits secrets, ses inconforts capillaires. Des stands vendent des produits ethniques, traditionnels, naturels … Des ateliers pratiques sont organisés, à l’ombre d’une tonnelle.

    « Comment fais-tu pour savoir si tes cheveux sont hydratés ? » demande une jeune participante à Bibi Gagno, une juriste américano-ivoirienne de 29 ans, dont la très longue chevelure, non coupée depuis cinq ans, est savamment enroulée au sommet de son crâne. « Et bien … Quand ils sont durs et secs, ça veut dire qu’ils ne le sont pas du tout », lui répond-elle, sérieuse. Avant de proposer ses propres produits cosmétiques, à base de « beurre de karité, d’huile de coco et de jojoba », aux vertus curatives.

    La discussion peut sembler lunaire vue d’ailleurs. Elle revêt pourtant un intérêt crucial en Côte d’Ivoire, où le cheveu disparaît à l’adolescence sous rajouts et perruques, fréquemment changés. Du coup, les femmes africaines « ne savent pas s’occuper », de « leurs cheveux crépus », qu’elles ont « des problèmes » à « sublimer », observe Miriam Diaby, l’une des fondatrices des « Nappy » de « Babi ». Autres problèmes, de taille, pour les libérées de l’épi : « La société n’aime pas les cheveux afros qui débordent de partout », poursuit-elle. La gent féminine est donc « obligée » d’« aborder des coiffures un peu plus conventionnelles », soit « défriser ou se tisser les cheveux », pour des questions d’emploi.

      http://www.youtube.com/watch?v=fcFaIftS66E
    « BLACK IS BEAUTIFUL »

    Si « black is beautiful » fut le cri de ralliement des américain(e)s noir(e)s dans les années 1960, leurs sœurs africaines doivent encore s’émanciper du modèle blanc dominant, estiment les « Nappy ». « Quand je suis arrivée à Abidjan (après une jeunesse passée aux États-Unis et quelques années en Europe), j’ai remarqué, et ça m’a marquée, que toutes les pubs montraient des femmes au teint clair avec les cheveux longs et lisses. Pourtant, ici les femmes ont le teint noir chocolat », observe Bibi Gagno, qui à force de se faire complimenter, en anglais, pour son impressionnante toison, a créé un site.

    Aller à l’encontre de la tendance dominante provoque des réactions inattendues. « Quand ils voient vos cheveux naturels, ils vous regardent comme si vous étiez une paria, comme s’il y avait un souci, alors que ça devrait être normal », s’étonne Liliana Lambert. Et cette métisse européenne de 27 ans, d’origine ivoirienne, à la chevelure fournie encerclée de fleurs, de raconter les gens « qui veulent tout le temps toucher (ses) cheveux », « parce qu’ils ne connaissent pas ». « C’est juste de l’ignorance », sourit-elle.

    Seul « Nappy-boy » présent à la rencontre, Ange-Dady Akre-Loba, styliste de 28 ans à la coupe mi-long, plaide également pour la lutte contre la pensée unique capillaire. « Ici, à partir de cinq centimètres, c’est trop long. Le fait même de ne pas se coiffer, de ne pas avoir les cheveux très ras, c’est considéré comme avoir (…) trop de cheveux. On va dire que, pour beaucoup, j’ai un peu trop de cheveux », ironise-t-il.

    Les hommes moins conformistes doivent ainsi « rester discrets », constate Ange-Dady, qui explique avoir pu se laisser pousser les cheveux à la faveur de la violente crise postélectorale ayant secoué son pays en 2010-2011. Depuis lors, le « Nappy-boy », qui dit « ne pas vraiment se préoccuper du regard » d’autrui, vit sa différence sereinement. « J’essaie de passer outre et d’être moi-même ».

     

    Cordialement,
    « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».

  • La RDC s’engage à remplir sa part de responsabilité: 2° Forum mondial des Femmes francophones

    La RDC s’engage à remplir sa part de responsabilité: 2° Forum mondial des Femmes francophones

     AubiN MinuakuPrésident du Bureau de l’Assemblée nationale, agissant en qualité de représentant personnel du Chef de l’Etat, l’Honorable Aubin Minaku a clôturé les travaux du 2° Forum mondial des Femmes francophones tenu à Kinshasa les lundi 3 et mardi 4 mars 2014. Comme lors de la cérémonie d’ouverture, celle de clôture a eu lieu en la salle des congrès du Palais du Peuple, en présence des Premières Dames de la RDC, Olive Lembe Kabila, du Mali Keïta Aminata Maïga et du Congo-Brazzaville Antoinette Sassou N’Guesso, arrivée dans la capitale quelques heures plus tôt. Après la lecture des conclusions et des résolutions issues desdits travaux, quatre discours ont été prononcés respectivement par la ministre Rdcongolaise du Genre, Famille et Enfant Geneviève Inagosi, l’administrateur de l’Oif Clément Duhaime, la ministre-déléguée à la Francophonie Yamina Benguigui et l’honorable Aubin Minaku…

     

     

                Le représentant personnel du Chef de l’Etat a commencé son discours par saluer l’action globale de la Francophonie en faveur de la RDC. Le Président de la République et le peuple congolais, a-t-il affirmé, “sont témoins de la grande mobilisation” des forces vives féminines en ce mois de mars consacré mois de la Femme.

                Il a mis en exergue l’intérêt, de plus en plus croissant, que suscite le Forum mondial dans l’espace francophone, appelé à demeurer un espace de partage.

                Dans cette optique, a-t-il poursuivi, la Francophonie doit se mettre au service de la paix et de la justice; objectifs qui ne peuvent être atteints qu’en luttant ensemble contre toutes formes de violences, donc pour la promotion des valeurs qu’incarne l’organisation mondiale.

              Il s’est réjoui de constater que les conclusions du Forum de Kinshasa traduisent pleinement les efforts de développement ayant pour bénéficiaire principale la femme en général, la fille en particulier.

              Le président du Bureau de l’Assemblée nationale a réaffirmé l’engagement de la RDC à accompagner l’OIF dans la réalisation des conclusions et des recommandations issues des assises de Kinshasa, promettant que “D’ici au 3° Forum, bien des choses seront réalisées“.

              Mme Yamina Benguigi, qui l’a précédé, a admis que ces conclusions et recommandations “seront capitales pour le Sommet de Dakar” de novembre 2014. “Notre mobilisation doit être sans faille, sans repos“, a-t-elle relevé en demandant à la femme de ne “jamais baisser les bras ni la garde“, cela à l’image, a-t-elle lancé, des femmes congolaises de l’Est.

              Engagée à porter les actes du Forum de Kinshasa aussi bien à New York qu’à Genève et à Bruxelles, elle reste convaincue que le Forum mondial est un vecteur qui doit permettre à la femme de s’affirmer. Partant, elle tient absolument à ce que la femme puisse participer, elle aussi et en affaires, à la définition des “ règles du marché au lieu de se limiter à tenir le cordon de la bourse du ménage“.

              Elle s’est appesantie surtout sur l’éducation de la fille jusqu’à 16 ans.

              Comme pour passer de la parole à l’acte, elle a proposé la création d’un Fonds spécial de solidarité devant garantir à la fille la fréquentation de l’école.

              Administrateur de l’OIF, Clément Duhaime a félicité les participantes de la qualité des contributions et des témoignages. Il y a trouvé l’obligation de la société de protéger le Genre au même titre que les hommes.

              Revenant sur l’échéance des OMD en 2015, il a déploré le fait que la femme et la fille n’aient pas été suffisamment prises en charge dans le cadre de ce programme. Il est d’avis que chaque femme, chaque fille accède aux mêmes opportunités que l’homme.

              Quant à la ministre Geneviève Inagosi, elle a noté que le forum permet aux femmes de se rapprocher les unes les autres pour constituer une force avec laquelle il va falloir désormais compter dans la gestion de la cité. Elle a rassuré l’assistance de la détermination de la RDC d’assurer sa part de responsabilité.

              Les objectifs étant atteints, le soleil luisant pour tout le monde, la femme d’Etat Rdcongolaise s’est réjouie de constater combien “Le 2° Forum rend audible la voix des femmes dans l’espace francophone“.

     

    Conclusions et Recommandations

     

              Présentées par Mme Ndiaye, les conclusions et recommandations portent, entre autres, sur la répartition équitable des ressources, la mise en place des chambres foraines pour juger notamment les violences sexuelles, la gratuite de l’enseignement en faveur des filles jusqu’à 16 ans, la création d’un fonds de solidarité pour alphabétisation de la jeune fille, la mise en place d’un système électoral qui puisse rendre le Genre accessible à tous les postes de responsabilité; ceci pour les Etats, tandis que pour l’Oif, l’implication de la parité dans l’espace francophone, l’octroi au Forum des moyens nécessaires pour son fonctionnement, la création d’un Prix d’Excellence pour jeune fille ou jeune garçon en matière d’innovation etc.

              Un point de presse a suivi l’annonce de la clôture officielle du Forum mondial des Femmes francophones dont le thème central, pour rappel, est ” Femmes, actrices du développement“.

     

    Omer Nsongo die Lema

  • Belgique:L’enfant doit-il porter le nom du père, de la mère ou des deux? Le projet de loi a été modifié

    Belgique:L’enfant doit-il porter le nom du père, de la mère ou des deux? Le projet de loi a été modifié

    Femme-enceinte-La majorité a amendé mardi le projet de loi relatif au nom de l’enfant. Le texte instaure la liberté de choix des parents de donner le nom du père, de la mère ou des deux parents, dans l’ordre qu’ils déterminent. En cas de désaccord, il était prévu que le nom du père serait donné. L’amendement modifie la règle: en cas de désaccord ou en absence de choix, l’enfant portera le double nom, composé du nom de la père, suivi de celui de la mère.

     

    Les chrétiens-démocrates flamands soufflent le chaud et le froid

    Les chrétiens-démocrates flamands ont soufflé le chaud et le froid sur la séance de la commission de la Justice de la Chambre. Ils ont d’abord exprimé leurs objections au projet de loi, mettant en doute la “nécessité sociale” qu’il y avait à prendre à la hâte une telle mesure, face à une pratique bien ancrée de transmission du nom du père, et mis en avant les risques de sécurité juridique et de confusion que portait un tel projet.

     

    “Nous avons une majorité pour mettre fin à un archaïsme”

    Le droit de veto octroyé de facto au père paraissait également leur poser des problèmes. A leurs yeux, en cas de désaccord, il fallait accorder le double nom composé dans l’ordre du père et de la mère.      Les autres partis ont pris le CD&V au mot. Dans la majorité, socialistes et libéraux avaient exprimé leur soutien au projet du gouvernement, qui refermait une discussion vieille de 15 ans, même s’ils auraient préféré franchir un pas de plus en prévoyant la transmission automatique du double nom. “On souhaitait aller plus loin mais ici, nous avons une majorité pour mettre fin à un archaïsme”, avait expliqué Karine Lalieux (PS).

     

    “La plupart des enfants qui naîtront porteront un double nom”

    Une proposition d’amendement a donc circulé, qui a recueilli l’accord des six partis de la majorité et l’assentiment de la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open Vld). Le changement apporté est de taille. “Nous oeuvrons aujourd’hui à un moment historique dans notre société dans la voie de l’égalité entre homme et femme“, a lancé la ministre. “La plupart des enfants qui naîtront porteront un double nom. Si l’on n’avait pas amendé aujourd’hui, cela n’aurait concerné que quelques enfants”, a fait remarquer Christian Brotcorne (cdH).

    RTL.BE

  • Quelque chose “ne va pas” chez les gays: précis de sexualité selon Museveni

    Quelque chose “ne va pas” chez les gays: précis de sexualité selon Museveni

    Yoweri Museveni- President Ougandais
    Yoweri Museveni- President Ougandais

    -Selon le président ougandais Yoweri Museveni, la bouche sert uniquement à manger et embrasser, le sexe oral transmet des vers, quelque chose “ne va pas” chez les homosexuels, et l’homosexualité est suscitée par des “groupes” occidentaux.

    En signant lundi une loi durcissant la répression de l’homosexualité en Ouganda, M. Museveni, adepte des déclarations à l’emporte-pièces, a multiplié les opinions tranchées sur la sexualité et les mauvaises pratiques importées selon lui d’Occident.

    “Il y a quelque chose qui ne va vraiment pas chez vous”, a-t-il lancé à l’adresse des homosexuels, après avoir signé cette loi controversée. “Je n’arrive toujours pas à comprendre, qu’on ne puisse pas être attiré par toutes ces superbes femmes et qu’on soit attiré par un homme”, a-t-il expliqué devant la presse.

    Pour le président ougandais, chrétien évangélique à la piété affichée, on n’est pas “homosexuel par nature (…) mais par choix”. Un choix souvent dicté selon lui par l’argent, de nombreux homosexuels étant “en réalité des mercenaires. Ce sont des hétérosexuels qui se disent homosexuels pour l’argent”.

    “Aucune étude n’a montré qu’on peut être homosexuel de nature”, a-t-il assuré, “oui, il y a quelques petites choses qui ne sont pas en ordre (chez certains homosexuels), mais si on n’est pas élevé ou encouragé en ce sens, on sera normal”, a-t-il expliqué, expliquant avoir promulgué la loi car “la société peut faire quelque chose pour décourager les tendances”.

    Selon lui, l’homosexualité en Ouganda “est provoquée par des groupes occidentaux arrogants et inconscients qui viennent dans nos écoles recruter des homosexuels, convertir à l’homosexualité et au lesbianisme”.

    Outre l’homosexualité, l’Occident exporte aussi des pratiques aussi dangereuses, selon M. Museveni, que la fellation et le sexe oral en général, “pas sain” et source de MST.

    “La bouche sert à manger, pas pour le sexe”

    “La bouche sert à manger, pas pour le sexe. La bouche est conçue pour embrasser”, a-t-il expliqué aux journalistes, “on connaît l’adresse du sexe, cette adresse (la bouche) n’est pas pour le sexe”.

    “Vous posez la bouche là, vous récupérez des vers et ils entrent dans votre estomac parce que c’est la mauvaise adresse”, a-t-il poursuivi.

    Défendant la nouvelle loi, qui interdit toute “promotion” de l’homosexualité et oblige à dénoncer quiconque affiche ouvertement son homosexualité, il a assuré qu’elle visait “ceux qui recrutent des gens normaux” pour des relations homosexuelles et ceux qui “sont recrutés pour des raisons intéressées, pour avoir de l’argent, les prostitués homosexuels”.

    “Ces prostitués homosexuels doivent être punis, comme ceux qui les recrutent”, a-t-il expliqué, de même que ceux qui “s’exhibent en tant qu’homosexuels, crient sur les toits qu’ils sont homosexuels”.

    Et s’il a un temps refusé de promulguer la loi estimant injuste de punir ceux “nés homosexuels”, le président a consulté des scientifiques “à l’étranger et en Ouganda” qui lui ont assuré qu’on n’est pas “naturellement homosexuel”.

    Avec RTL.BE

  • Églises évangéliques : d’Abidjan à Kinshasa, la Jesus Connection

    Églises évangéliques : d’Abidjan à Kinshasa, la Jesus Connection

    Pasteur-D’Abidjan à Kinshasa, leurs Églises se comptent par dizaines de milliers. Promettant aux foules ce que les hommes d’État ne peuvent offrir, les pasteurs seraient-ils les nouveaux leaders du continent ?

    La Jesus Connection a de beaux jours devant elle. Si l’on en croit les statistiques (approximatives) des spécialistes des religions, la communauté des chrétiens évangéliques et pentecôtistes au sud du Sahara talonne désormais celle des catholiques, après avoir largement vampirisé les effectifs du protestantisme, dont elle est issue. Avec une armée de fidèles estimée entre 120 et 150 millions d’âmes, cette mouvance acéphale conjuguant technologie numérique et exubérance émotionnelle, christianisme originel et Évangile de la prospérité est, avec l’islam, la forme religieuse la plus expansive en Afrique.

    >> Lire aussi notre dossier : Chrétiens en terre d’islam : l’impossible cohabitation

    D’Abidjan à Kinshasa, de Nairobi à Accra, de Libreville à Johannesburg, ce christianisme conquérant, missionnaire et mondialisé, qui ne connaît d’autre hiérarchie que celle de ses pasteurs et se décline sous des milliers d’appellations différentes (5 000 pour le seul Bénin !), prospère sur les terreaux fertiles de la crise des valeurs, du discrédit de la politique et de la quête du spirituel. Essentiellement urbaines, ces Églises qui prônent une religion à la fois physique et binaire (le bien contre le mal), reposant sur la révélation et l’engagement personnel, recrutent un public jeune, majoritairement féminin, appartenant à des catégories éduquées (étudiants, enseignants, cadres, fonctionnaires) et ayant une forte ambition de mobilité sociale, voire d’enrichissement individuel.

    La popularité, proche du star-system, que rencontrent les pasteurs les plus connus (et cela quelle que soit leur formation religieuse, souvent sommaire) fait d’eux des clients courtisés et des conseillers écoutés des dirigeants et des chefs d’État. D’autant que les évangéliques, qui fonctionnent en réseaux et souvent en lobbies, sont présents dans les secteurs clés de l’administration et diffusent leur message transnational auprès des diasporas émigrées. Grands voyageurs, les pasteurs ont souvent un pied dans les banlieues des grandes capitales européennes, où leurs Églises prospèrent, et un autre dans leur pays d’origine, ce qui en fait des agents d’influence particulièrement efficaces.

    De cette relation entre l’au-delà et la politique survient le meilleur comme le pire. Beaucoup de pasteurs évangéliques sont des hommes de bien, dont la parole redonne confiance, resserre le lien social et prône la vertu. Mais il en est d’autres pour qui la religion est une entreprise financière et dont le langage de combat flirte volontiers avec l’éthnonationalisme, la haine de l’étranger, voire l’incitation à la violence : de la Côte d’Ivoire à la RD Congo, les exemples récents de telles dérives sont nombreux. Le risque que représente ce type d’Églises pour les libertés est dans le fond identique à celui que véhicule toute formation religieuse exacerbée, de l’islamisme radical à l’hindouisme militant. L’investissement exigé de la part des fidèles est en effet total, intense, englobant tous les aspects de la vie en échange d’une part hypothétique de la puissance divine – notion dont l’écho est particulier en Afrique.

    Sensible depuis la fin des années 1980, la déferlante évangélique est donc devenue l’objet de toutes les convoitises et de toutes les manipulations politiciennes. Au regard du caractère meurtrier qu’a souvent pris, dans le passé, l’interconnexion entre le religieux et la politique, il est permis de s’en inquiéter.

    Jeune Afrique