Les Américains sont appelés aux urnes, mardi 6 novembre, pour désigner leurs représentants au Congrès. Deux ans après la présidentielle de 2016 qui avait propulsé Donald Trump à la Maison Blanche, le scrutin va prendre des allures de référendum pour ou contre le président américain, dans un pays profondément divisé. En jeu : les 435 sièges de la Chambre des représentants, 35 au Sénat, ainsi que les postes de gouverneurs dans une trentaine d’Etats, de la Floride à l’Alaska. Les premiers bureaux de vote viennent d’ouvrir. Ils fermeront entre 18 et 21 heures (Etat de New York, Iowa, Dakota du Nord). Signe du grand intérêt suscité par ces élections : déjà plus de 36 millions de bulletins avaient été déposés le 5 novembre dans les Etats permettant le vote anticipé ou par procuration. Ce chiffre est nettement supérieur aux quelque 22 millions enregistrés avant le jour du vote lors d’un rendez-vous comparable en 2014. Midterms 2018 : place des femmes, violence, immigration… les moments forts de la campagne Incertitude réelle L’impact de ces scrutins pourrait être monumental : en plus de cent cinquante ans, le parti du président n’a que très rarement échappé à un vote sanction, et les républicains redoutent de perdre le contrôle du Congrès. Mais l’incertitude est réelle et les enquêtes sont trop serrées dans une vingtaine de circonscriptions pour pouvoir dire avec certitude qui, des républicains ou des démocrates, sera le vainqueur. Les sondeurs, échaudés par la « surprise » Trump en 2016 se gardent bien d’être trop définitifs dans leurs analyses. Le dernier billet de Nate Silver, le patron du site FiveThirtyEight, résume bien cette extrême prudence : « Les démocrates ne sont pas certains de prendre la Chambre, mais ils sont assez clairement les favoris. » Pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, les démocrates doivent gagner 23 sièges supplémentaires et la victoire est à leur portée même si une trentaine de scrutins sont très serrés, selon les sondeurs ;Les républicains devraient, en revanche, conserver le contrôle du Sénat : ils y disposent d’une courte majorité (51-49), mais la carte électorale de la Chambre haute est beaucoup plus défavorable aux démocrates car ils doivent défendre 26 sièges – et six d’entre eux sont menacés – contre seulement neuf pour les républicains. Comprendre : Comment le « gerrymandering », ou « charcutage électoral », pèse sur l’élection américaine Les électeurs républicains mobilisés La bonne santé de l’économie américaine, qui connaît une situation de plein emploi et une croissance qui pourrait dépasser 3 % cette année, n’a pas été jugée comme un thème suffisamment fédérateur pour endiguer ce qui, un temps, a pu apparaître comme une vague bleue démocrate qui pourrait emporter la Chambre des représentants. Donald Trump a fait campagne jusqu’au bout, enchaînant les rassemblements « Make America Great Again », délivrant un message anxiogène sur l’immigration et en critiquant les élites représentées par une presse qu’il qualifie de mensongère et partisane. En outre, la confirmation à la Cour suprême du juge conservateur Brett Kavanaugh, accusé d’abus sexuels lorsqu’il était lycéen, a provoqué un réveil de l’électorat évangélique, attaché aux questions liées à la famille et à la religion. Les démocrates en manque de leadeurs Les démocrates ont fait campagne sur la défense du système de santé. Mais ils parient aussi sur le rejet de Donald Trump, qu’ils sont nombreux à qualifier ouvertement de menteur et de catalyseur des violences racistes et antisémites récentes. Faute de figure démocrate emblématique, l’ancien président Barack Obama est sorti de la réserve qu’il observait depuis son départ de la Maison Blanche et est venu faire campagne pour son parti, appelant avant tout les Américains à voter pour ce qu’il a qualifié d’élections les plus importantes de leur vie. Inquiétudes sur la manipulation du scrutin A la veille du scrutin, les agences de renseignement ont mis en garde les Américains contre les acteurs étrangers, « la Russie en particulier », qui continuent d’essayer d’influencer l’opinion publique. Et Facebook a annoncé avoir bloqué environ 30 comptes, ainsi que 85 comptes sur le réseau de partage de photos Instagram qu’il détient, qui pourraient être liés à des entités étrangères et servir à des ingérences dans les élections américaines. Notre sélection d’articles sur les midterms 2018 Retrouvez les contenus de référence du Monde sur les midterms 2018. Enjeux, majorités, scrutins… : tout savoir sur les élections de mi-mandat.Trump, Cour suprême, santé : ce qui motive les électeurs américains.La campagne des démocrates : le parti tente de mobiliser les électeurs en se concentrant sur des sujets de la vie quotidienne, comme l’assurance-santé.L’héritage Obama en question : « Personne chez les démocrates ne veut admettre qu’Obama n’a pas forcément été un bon président ».Trump électrise les électeurs républicains : Le président multiplie les déplacements pour présidentialiser les élections du 6 novembre.« Gerrymandering » : le « charcutage électoral », pèse sur l’élection américaine.Elections de mi-mandat : un nombre record de candidates.Midterms : les candidatures LGBT + en réponse aux attaques de l’administration Trump.Les nouveaux visages : Deb Haaland, Martha McSally, Amy McGrath, Beto O’Rourke, et Alexandria Ocasio-Cortez.Le vote des latinos : à Las Vegas, les syndicalistes de l’hôtellerie s’efforcent de mobiliser les Hispaniques contre la politique migratoire de Donald Trump.Noirs, Amérindiens, Latino-Américains : des citoyens privés de droit de vote aux Etats-Unis.Marijuana, droit de vote, santé, avortement : les Américains appelés aux urnes pour 155 référendums.Vidéo : qui va l’emporter aux élections américaines ?
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RFI
Publié le 06-11-2018
Modifié le 06-11-2018 à 11:53
Le gouvernement mauritanien se dit surpris par la décision du président américain, annoncé ce week-end, d’exclure la Mauritanie dès le premier janvier 2019, de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act, Loi sur le développement et les opportunités africaines), un système permettant un accès des produits africains au marché américain. Donald Trump justifie cette décision par la persistance de pratiques esclavagistes en Mauritanie. Une appréciation rejetée par Nouakchott.
Dans un communiqué rendu public lundi soir à Nouakchott, le ministère mauritanien des Affaires étrangères rappelle que la Mauritanie a fourni particulièrement ces dernières années de grands efforts en vue d’éradiquer les séquelles de l’esclavage et a réalisé des résultats importants. Pour le gouvernement mauritanien, la décision américaine ne peut être motivée que par des informations erronées, recueillies auprès de sources partisanes et sans crédibilité.
La Mauritanie, comme un grand nombre de pays, a connu l’esclavage, mais ce phénomène a disparu de la société mauritanienne et les séquelles qui ont subsisté sont en voie d’éradication, affirme le ministre mauritanien des Affaires étrangères. Affirmation réfutée par les organisations anti-esclavages, à l’exemple de SOS esclaves et de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), qui soutiennent que l’esclavage est une réalité en Mauritanie.
La Mauritanie a demandé l’annulation de la sanction prise par le chef de l’exécutif américain, Donald Trump. Une demande transmise à l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique à Nouakchott à la faveur d’une rencontre au ministère des Affaires étrangères ce lundi matin, rencontre au cours de laquelle le chef de la diplomatie mauritanienne a fait part des préoccupations de son pays.
■ Quel impact pour le pays ?
L’image de la Mauritanie va être diplomatiquement abîmée, mais le pays perdra peu économiquement de cette exclusion de l’AGOA. L’absence d’une industrie manufacturière fait que la Mauritanie n’exporte vers les Etats-Unis que des hydrocarbures, des phosphates et des produits de la pêche, pour un volume insignifiant, qui n’est pas communiqué. Mais selon les statistiques officielles, la Mauritanie a exporté l’année dernière outre-Atlantique pour 1,5 million de dollars, contre 91 millions de dollars de marchandises importées des Etats-Unis.
Son retrait de l’AGOA n’a donc qu’une portée symbolique. Washington se sert de cet accord commercial comme d’un moyen de pression : le pays exclu devant ainsi payer entre 32% et 36% de droits de douane pour ses exportations, pour des marchandises auparavant non taxées à l’entrée du territoire américain.



