Author: Don Kayembe

  • Midterms 2018 : les Américains aux urnes pour un scrutin à l’issue incertaine

    Les Américains sont appelés aux urnes, mardi 6 novembre, pour désigner leurs représentants au Congrès. Deux ans après la présidentielle de 2016 qui avait propulsé Donald Trump à la Maison Blanche, le scrutin va prendre des allures de référendum pour ou contre le président américain, dans un pays profondément divisé. En jeu : les 435 sièges de la Chambre des représentants, 35 au Sénat, ainsi que les postes de gouverneurs dans une trentaine d’Etats, de la Floride à l’Alaska. Les premiers bureaux de vote viennent d’ouvrir. Ils fermeront entre 18 et 21 heures (Etat de New York, Iowa, Dakota du Nord). Signe du grand intérêt suscité par ces élections : déjà plus de 36 millions de bulletins avaient été déposés le 5 novembre dans les Etats permettant le vote anticipé ou par procuration. Ce chiffre est nettement supérieur aux quelque 22 millions enregistrés avant le jour du vote lors d’un rendez-vous comparable en 2014. Midterms 2018 :   place des femmes, violence, immigration… les moments forts de la campagne Incertitude réelle L’impact de ces scrutins pourrait être monumental : en plus de cent cinquante ans, le parti du président n’a que très rarement échappé à un vote sanction, et les républicains redoutent de perdre le contrôle du Congrès. Mais l’incertitude est réelle et les enquêtes sont trop serrées dans une vingtaine de circonscriptions pour pouvoir dire avec certitude qui, des républicains ou des démocrates, sera le vainqueur. Les sondeurs, échaudés par la « surprise » Trump en 2016 se gardent bien d’être trop définitifs dans leurs analyses. Le dernier billet de Nate Silver, le patron du site FiveThirtyEight, résume bien cette extrême prudence : « Les démocrates ne sont pas certains de prendre la Chambre, mais ils sont assez clairement les favoris. » Pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, les démocrates doivent gagner 23 sièges supplémentaires et la victoire est à leur portée même si une trentaine de scrutins sont très serrés, selon les sondeurs ;Les républicains devraient, en revanche, conserver le contrôle du Sénat : ils y disposent d’une courte majorité (51-49), mais la carte électorale de la Chambre haute est beaucoup plus défavorable aux démocrates car ils doivent défendre 26 sièges – et six d’entre eux sont menacés – contre seulement neuf pour les républicains. Comprendre :   Comment le « gerrymandering », ou « charcutage électoral », pèse sur l’élection américaine Les électeurs républicains mobilisés La bonne santé de l’économie américaine, qui connaît une situation de plein emploi et une croissance qui pourrait dépasser 3 % cette année, n’a pas été jugée comme un thème suffisamment fédérateur pour endiguer ce qui, un temps, a pu apparaître comme une vague bleue démocrate qui pourrait emporter la Chambre des représentants. Donald Trump a fait campagne jusqu’au bout, enchaînant les rassemblements « Make America Great Again », délivrant un message anxiogène sur l’immigration et en critiquant les élites représentées par une presse qu’il qualifie de mensongère et partisane. En outre, la confirmation à la Cour suprême du juge conservateur Brett Kavanaugh, accusé d’abus sexuels lorsqu’il était lycéen, a provoqué un réveil de l’électorat évangélique, attaché aux questions liées à la famille et à la religion. Les démocrates en manque de leadeurs Les démocrates ont fait campagne sur la défense du système de santé. Mais ils parient aussi sur le rejet de Donald Trump, qu’ils sont nombreux à qualifier ouvertement de menteur et de catalyseur des violences racistes et antisémites récentes. Faute de figure démocrate emblématique, l’ancien président Barack Obama est sorti de la réserve qu’il observait depuis son départ de la Maison Blanche et est venu faire campagne pour son parti, appelant avant tout les Américains à voter pour ce qu’il a qualifié d’élections les plus importantes de leur vie. Inquiétudes sur la manipulation du scrutin A la veille du scrutin, les agences de renseignement ont mis en garde les Américains contre les acteurs étrangers, « la Russie en particulier », qui continuent d’essayer d’influencer l’opinion publique. Et Facebook a annoncé avoir bloqué environ 30 comptes, ainsi que 85 comptes sur le réseau de partage de photos Instagram qu’il détient, qui pourraient être liés à des entités étrangères et servir à des ingérences dans les élections américaines. Notre sélection d’articles sur les midterms 2018 Retrouvez les contenus de référence du Monde sur les midterms 2018. Enjeux, majorités, scrutins… : tout savoir sur les élections de mi-mandat.Trump, Cour suprême, santé : ce qui motive les électeurs américains.La campagne des démocrates : le parti tente de mobiliser les électeurs en se concentrant sur des sujets de la vie quotidienne, comme l’assurance-santé.L’héritage Obama en question : « Personne chez les démocrates ne veut admettre qu’Obama n’a pas forcément été un bon président ».Trump électrise les électeurs républicains : Le président multiplie les déplacements pour présidentialiser les élections du 6 novembre.« Gerrymandering » : le « charcutage électoral », pèse sur l’élection américaine.Elections de mi-mandat : un nombre record de candidates.Midterms : les candidatures LGBT + en réponse aux attaques de l’administration Trump.Les nouveaux visages : Deb Haaland, Martha McSally, Amy McGrath, Beto O’Rourke, et Alexandria Ocasio-Cortez.Le vote des latinos : à Las Vegas, les syndicalistes de l’hôtellerie s’efforcent de mobiliser les Hispaniques contre la politique migratoire de Donald Trump.Noirs, Amérindiens, Latino-Américains : des citoyens privés de droit de vote aux Etats-Unis.Marijuana, droit de vote, santé, avortement : les Américains appelés aux urnes pour 155 référendums.Vidéo : qui va l’emporter aux élections américaines ?
    Read More

  • [Du côté de chez Mandela] Joburg, capitale africaine de la culture

    En accueillant un monumental musée d’art moderne en 2017, la ville du Cap a frappé fort. Taillé dans d’anciens silos au bord du Waterfront, le spectaculaire MOCAA (Museum of Contemporay Art Africa), financé par le patron de Puma, Jochen Zeist, offre enfin à l’Afrique un site de classe mondiale. Pour autant, il en faudra beaucoup plus pour détrôner Johannesburg de sa position de capitale culturelle du continent.
    C’est en effet vers la ville de l’or que lorgnent dans leur majorité les jeunes créateurs d’Afrique. La concentration des télécommunications, des médias, de la capitalisation boursière a suscité également un mélange des cultures, propice aux débats et au développement de l’art. Nolens volens, la mégapole qu’on appelle Egoli, Joburg ou Jozi est un aimant puissant.
    Déjà, le lieu attire les superlatifs. Il y a deux milliards d’années, une énorme météorite a laissé le plus grand cratère d’impact sur Terre dont le rebord jouxte Soweto. La ville tangente aussi un site hors du commun, celui de Sterkfontein où l’on a découvert 40% des fossiles hominidés de la planète. Est-il vraiment le berceau de l’humanité ? Les indices sont nombreux en ce sens, à commencer par beaucoup de nos vieux ancêtres, comme Mme Ples, Little Foot et tout récemment Karabo (austrolopithecus sediba).
    C’est dans un paysage de savane à peine arborée que la ville est née hier matin, en 1886. Johannesburg n’a pas de fleuve, mais une fabuleuse rivière souterraine, un filon d’or. La forte teneur en métaux du sous-sol explique pourquoi la ville est la plus foudroyée au monde. Ses habitants n’ont pas lésiné pour modeler le paysage. Vu de haut, on aperçoit un incroyable moutonnement d’arbres, au point que la conurbation formée avec Pretoria constitue à ce jour la plus grande forêt artificielle au monde. Par une ironie de l’histoire, on se perd en conjectures sur le Johannes qui a donné son nom au lieu.
    A l’occasion des Saisons Afrique du Sud-France (2012-2013), un excellent guide bilingue français-anglais a vu le jour*, accompagnant l’exposition My Joburg à la Maison rouge à Paris. On y apprend au passage qu’il faut broyer une tonne de roche pour trouver 4 grammes d’or, captés ensuite par une solution de cyanure… Cette terre montée à la lumière n’est pas sans charme. L’évêque Trevor Huddleston a même trouvé certains soirs de la beauté aux terrils jaunes, sans comparaison avec les crassiers d’Angleterre.
    Le livre, qui a fait appel aux écrivains Niq Mhlongo et Ivan Vladislavic, et a mobilisé toute une équipe d’amoureux d’art, brosse un tableau très attractif de la scène artistique. Johannesburg sait récupérer des friches commerciales pour en faire des centres artistiques, voire des quartiers entiers pour leur redonner vie.
    C’est précisément à Maboneng Precinct, un pâté de maisons réhabilitées, que William Kentridge a établi son atelier. L’artiste aux multiples talents fait partie des vingt artistes les plus cotés au monde. Il a commencé par des scènes de townships au fusain pour passer ensuite au dessin animé en noir et blanc, puis aux décors d’opéra, aux marionnettes (on se souvient d’Ubu et la Commission Vérité à Avignon en 1997) et aux installations vidéos (sa fanfare macabre a résonné dans la Grande Halle de La Villette en 2017). Il a une qualité supplémentaire : il est francophone grâce à des études à Paris dans sa jeunesse. Depuis son exposition au Jeu de Paume en 2010, il poursuit un dialogue sur la création artistique avec son ami Denis Hirson (Footnotes for the Panther, Jacana) sur lequel nous reviendrons.
    Le guide montre l’attraction internationale exercée par Johannesburg sur des artistes de la région. La sculpturale Billie Zangewa (et ses broderies géantes) vient du Malawi ; Kudzanaï Chiurai (et ses scènes spectaculaires du Zimbabwe) ; Dorothee Kreutzfedt (et ses personnages esquissés) de Namibie ; Serge Alain Nitegeka (et ses gigantesques chevaux de frise) du Burundi.  On trouve des artistes venus de France (Delphine de Blic), d’Allemagne et d’ailleurs.
    Johannesburg et ses transformations offrent un terrain de choix pour la photo. Ce blog a déjà mentionné Zanele Muholi, et le regretté David Goldblatt, disparu peu après. My Joburg offre la possibilité d’approcher d’autres valeurs sûres, comme Guy Tillim, Santu Mofokeng, Sam Nhlengethwa, Michael Subotzky et Jodi Bieber.
    La ville inspire aussi les naïfs qui la rêve, tel Titus Matiyane, ou ceux qui lui consacrent des affiches subversives, comme Lawrence Lemaoana ou Brett Murray.
    Je garde pour la fine bouche le travail de Mary Sibande. A l’occasion des saisons France-Afrique du Sud, elle était venue exposer au MacVal dans le Val-de-Marne. Dans une démarche visant à rendre justice à sa domestique de mère, elle présente toujours une femme africaine en posture glorieuse, habillée dans une robe somptueuse.
    My Joburg a une vertu supplémentaire, il stimule ceux qui s’intéressent à l’art africain. Ainsi, en 2017, la Fondation Louis Vuitton a exposé un bon nombre d’artistes que nous venons de mentionner.

    My Joburg, guide de la scène artistique, Maison rouge, 2013
    ►Tous les billets du blog littéraire de Georges Lory

    Chronologie et chiffres clés

    Read More

  • La Mauritanie exclue de l’AGOA: incompréhension face à la décision américaine

    La Mauritanie exclue de l’AGOA: incompréhension face à la décision américaine


    Par
    RFI

    Publié le 06-11-2018
    Modifié le 06-11-2018 à 11:53

    Le gouvernement mauritanien se dit surpris par la décision du président américain, annoncé ce week-end, d’exclure la Mauritanie dès le premier janvier 2019, de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act, Loi sur le développement et les opportunités africaines), un système permettant un accès des produits africains au marché américain. Donald Trump justifie cette décision par la persistance de pratiques esclavagistes en Mauritanie. Une appréciation rejetée par Nouakchott.

    Dans un communiqué rendu public lundi soir à Nouakchott, le ministère mauritanien des Affaires étrangères rappelle que la Mauritanie a fourni particulièrement ces dernières années de grands efforts en vue d’éradiquer les séquelles de l’esclavage et a réalisé des résultats importants. Pour le gouvernement mauritanien, la décision américaine ne peut être motivée que par des informations erronées, recueillies auprès de sources partisanes et sans crédibilité.

    La Mauritanie, comme un grand nombre de pays, a connu l’esclavage, mais ce phénomène a disparu de la société mauritanienne et les séquelles qui ont subsisté sont en voie d’éradication, affirme le ministre mauritanien des Affaires étrangères. Affirmation réfutée par les organisations anti-esclavages, à l’exemple de SOS esclaves et de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), qui soutiennent que l’esclavage est une réalité en Mauritanie.

    La Mauritanie a demandé l’annulation de la sanction prise par le chef de l’exécutif américain, Donald Trump. Une demande transmise à l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique à Nouakchott à la faveur d’une rencontre au ministère des Affaires étrangères ce lundi matin, rencontre au cours de laquelle le chef de la diplomatie mauritanienne a fait part des préoccupations de son pays.


    ■ Quel impact pour le pays ?

    L’image de la Mauritanie va être diplomatiquement abîmée, mais le pays perdra peu économiquement de cette exclusion de l’AGOA. L’absence d’une industrie manufacturière fait que la Mauritanie n’exporte vers les Etats-Unis que des hydrocarbures, des phosphates et des produits de la pêche, pour un volume insignifiant, qui n’est pas communiqué. Mais selon les statistiques officielles, la Mauritanie a exporté l’année dernière outre-Atlantique pour 1,5 million de dollars, contre 91 millions de dollars de marchandises importées des Etats-Unis.

    Son retrait de l’AGOA n’a donc qu’une portée symbolique. Washington se sert de cet accord commercial comme d’un moyen de pression : le pays exclu devant ainsi payer entre 32% et 36% de droits de douane pour ses exportations, pour des marchandises auparavant non taxées à l’entrée du territoire américain.

    Read More

  • Forum de Dakar: comment relancer le développement malgré l’insécurité?

    Forum de Dakar: comment relancer le développement malgré l’insécurité?


    Par
    RFI

    Publié le 06-11-2018
    Modifié le 06-11-2018 à 11:21

    Le Forum sur la paix et la sécurité de Dakar s’est ouvert ce lundi. Un forum organisé par le Sénégal et la France qui réunit des politiques, des militaires, des acteurs du développement, des chercheurs avec la volonté de casser les barrières, de débattre librement. Le thème principal de cette 5e édition : comment relancer le développement dans les zones d’insécurité, occupées notamment par les jihadistes ? Un objectif très complexe.

    C’est une nouvelle stratégie : désormais, un cadre de l’Agence française de développement (AFD) accompagne les éléments de la force Barkhane pour tenter de relancer, le plus vite possible, des projets de développement. A la tribune du forum, la ministre française de Défense, Florence Parly a défendu cette idée : « Si cette action militaire ne trouve pas de relai dans le domaine du développement, elle ne peut être qu’une goutte d’eau versée sur le sable du désert ».

    Pour le président du Sénégal, Macky Sall, ce développement des zones sécurisées ne sera possible que si les institutions étatiques sont fortes : « Tout ce qui fragilise l’Etat et ses institutions accroît les risques de rupture de la paix et met en péril la justice et les droits humains fondamentaux ».

    Directrice du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Afrique, Patricia Danzi, a pris l’exemple du nord du Burkina où les attaques jihadistes se multiplient pour rappeler justement que cette zone est en train de se vider : « Pas seulement les organisations humanitaires, mais aussi les professeurs, le personnel médical, les services vont s’écrouler très rapidement. Puis on va aussi avoir des populations qui seront déplacées ».

    Les organisations humanitaires ont longtemps été réticentes à collaborer avec les forces armées et elles n’ont, pour le moment, pas répondu à l’appel lancé par les Etats, notamment français.

    Read More

  • Ligue 1 : Guingamp limoge son entraîneur Antoine Kombouaré

    Antoine Kombouaré, qui était l’entraîneur du club de football En Avant Guingamp depuis le printemps 2016, a été remercié mardi 6 novembre. Son contrat avait été prolongé en août, jusqu’en 2020. Il paie le début de saison calamiteux de l’équipe (une petite victoire en douze rencontres), classée à la dernière place du championnat de France, la Ligue 1. Après une nouvelle défaite, contre Nantes (0-5) le week-end dernier, Antoine Kombouaré avait parlé d’un « coup d’arrêt », mais avait assuré : « on est prêts, ne vous inquiétez pas, on est prêts à se battre jusqu’au bout et à faire que samedi prochain il y ait un tout autre résultat contre Lyon. » « On n’a pas l’habitude de tourner le dos aux personnes quand on est dans la difficulté, avait, pour sa part, assuré le président du club, Bertrand Desplat sur beIN Sports. Au contraire, je suis plutôt quelqu’un qui apporte beaucoup de confiance et beaucoup de soutien aux personnes qui en ont besoin ». Quatre entraîneurs de Ligue 1 déjà remerciés Ce « soutien » aura été de courte durée. Pour affronter Lyon, samedi 10 novembre, les commandes de l’équipe seront confiées à Sylvain Didot, entraîneur de l’équipe réserve, et Vincent Rautureau, directeur du centre de formation. La direction du club a annoncé qu’elle leur confiait la direction de l’équipe première. Il faut remonter à 2007 pour trouver trace d’un entraîneur remercié en cours de saison à Guingamp. Depuis le début de la saison 2018-2019, quatre clubs de Ligue 1 ont déjà remercié leurs entraîneurs : Bordeaux (Gustavo Poyet remplacé par Ricardo), Nantes (Miguel Cardoso remplacé par Vahid Halilhodzic), Monaco (Leonardo Jardim remplacé par Thierry Henry) et donc Guingamp. Ces changements ont été bénéfgiques pour certains de ces clubs : Nantes, notamment, qui était englué à la 19e place du classement, est remonté à la dixième. Lire aussi :   Ligue 1 : la métamorphose de Nantes, « japonisée » par Vahid Halilhodzic A Monaco, en revanche, l’arrivée de Thierry Henry n’a pas encore produit d’effets. L’équipe monégasque est 19e de la Ligue 1, et affiche une seule victoire depuis le début de saison, toutes compétitions confondues. Lire aussi :   Ligue 1 : Monaco en grand danger, Lyon et Bordeaux un peu perdus
    Read More

  • Centenaire de 14-18: à Reims, un monument en mémoire de l’Armée noire

    Centenaire de 14-18: à Reims, un monument en mémoire de l’Armée noire

    Les présidents de France et du Mali doivent inaugurer ce mardi 6 novembre à Reims, dans l’est de la France, un monument à l’Armée noire. Cent ans après l’Armistice de 1918, Emmanuel Macron et Ibrahim Boubakar Keïta rendent ainsi hommage aux tirailleurs africains de la Première Guerre mondiale. Ce bronze, installé dans le parc de Champagne depuis 2013, n’avait pas été inauguré jusqu’à maintenant.

    Avec notre envoyé spécial à Reims, Michel Arseneault

    Le monument domine une clairière du parc de Champagne, un jardin de la ville de Reims. Il représente quatre soldats africains et un officier français de la Première Guerre mondiale. Ce bronze des années 1920, œuvre du sculpteur Paul Moreau-Vauthier, était au départ un « témoignage de reconnaissance » à l’Armée noire, comme on disait à l’époque.

    Une reconnaissance éphémère puisque vingt ans plus tard, en pleine Deuxième Guerre mondiale, l’Allemagne nazie s’est empressée de détruire ce monument qui représentait tout ce qu’elle abhorrait. Ce n’est qu’en 2013 qu’une copie de l’œuvre originale sera réalisée et installée dans le parc de Champagne.

    En l’inaugurant aujourd’hui, les présidents Macron et Keïta soulignent les liens historiques entre la France et le Mali ; la majorité des tirailleurs dits Sénégalais étaient en réalité originaires du Mali actuel. Il y a toutefois fort à parier que les deux hommes aborderont, lors de leurs entretiens privés, des sujets d’une actualité plus brûlante.

    Questions à Julien Fargettas, responsable de l’Office national des anciens combattants, auteur du livre Les tirailleurs sénégalais. Les soldats noirs entre légendes et réalités 1939-1945.

    Quel rôle ont joué les soldats africains dans la défense de Reims ?

    Alors les tirailleurs ont combattu durant quasiment toute la Première Guerre mondiale, sur tout le front français. Mais ici à Reims, ils ont eu un rôle particulier en 1918, au moment où les Allemands vont lancer deux grandes offensives pour s’emparer de la ville, à la fin du mois de mai et au mois de juillet. Ce sont 15 000 tirailleurs sénégalais qui vont combattre ici à Reims, avec des pertes importantes. Et on peut dire que Reims a été un petit peu l’apogée de leur implication dans le premier conflit mondial. C’est là vraiment qu’ils vont être déterminants pour la défense du sol français. Ils ont empêché que la ville ne tombe aux mains des Allemands en 1918. Et la ville était un point important parce que ça aurait pu permettre, si elle était tombée, de libérer le mouvement allemand sur Paris. Reims était vraiment un lieu stratégique à ce moment-là, donc ils ont eu un rôle important.

    Qui est à l’initiative de ce monument ?

    Il est important de noter que le monument de 1924 est financé grâce à une souscription publique. Donc ce sont les Français et les Rémois qui ont payé ce monument. Et quand il est inauguré en 1924, on est vraiment sur une manifestation d’une très grande ampleur avec des troupes, des milliers de personnes qui sont présentes, des célébrations historiques. Il y a vraiment un vrai engouement derrière ce monument.

    C’est l’Empire qui est célébré ou bien les tirailleurs, les Africains qui sont venus se battre ici ?

    Tout dépend qui célèbre. Evidemment ceux qui sont à l’initiative du monument ont voulu célébrer le soldat africain, celui qui est venu combattre pour la France. Mais ils ont voulu aussi célébrer la geste coloniale, l’Empire colonial, la grandeur de la France. Le Rémois qui vient participer aux célébrations en 1924, lui, il vient essentiellement se souvenir, célébrer ce tirailleur, ce soldat africain venu de loin pour le défendre.

    → A(RE)ECOUTER sur le même sujet : [Vos réactions] Appels sur l’actualité: France: un monument en hommage aux soldats africains

    Chronologie et chiffres clés

    Read More

  • Mali: de présumés jihadistes font leur loi dans la région de Banamba

    Mali: de présumés jihadistes font leur loi dans la région de Banamba


    Par
    RFI

    Publié le 06-11-2018
    Modifié le 06-11-2018 à 09:12

    Inquiétude à moins de 200 km à l’ouest de Bamako, la capitale du Mali. Non loin de la localité de Banamba, de présumés jihadistes, proches du prédicateur radical Hamadoun Koufa, ont exigé et obtenu, au cours des dix derniers jours, la fermeture d’une vingtaine d’écoles dispensant les cours en français. C’est une première dans cette région. Les jihadistes exigent l’application de la charia et l’enseignement religieux. Du coup, près de 2 000 élèves sont à la maison et ont, par peur, délaissé le chemin de l’école.

    A moto, enturbannés et armés, les jeunes qui se sont présentés comme des jihadistes, fidèles au prédicateur radical Hamadoun Koufa, entendent désormais faire régner leur loi dans plusieurs localités, notamment à Toubacoro, Dondougou, Ingonado et Balala. Nous sommes là, à moins de 200 kilomètres à l’ouest de Bamako, une première.

    Un témoin raconte ce qu’il a vu : « Ils venaient, ils appelaient les gens vers la mosquée. Ils faisaient leurs prêches et puis ils fixaient leurs conditions. Ils exigeaient la fermeture des écoles et la couverture de la tête des femmes avec des voiles, puis de ne pas écouter de la musique, des exigences quoi. »

    Déjà, près de 2 000 élèves ne peuvent plus aller à l’école où les cours sont dispensés en français dans cette zone située non loin de la frontière mauritanienne. Des enseignants menacés par des présumés jihadistes ont de leur côté pris leurs jambes à leur cou pour rallier Bamako ou d’autres localités.

    Les populations et élus locaux réclament plus de présence de l’Etat, plus de présence des forces de sécurité pour faire face à la situation.

    Read More

  • Après les « Football Leaks », le fair-play financier en question

    Analyse. « Il faut sauver le football. » C’est en ces termes alarmistes que Michel Platini justifiait, en janvier 2012, dans un entretien au Monde, la mise en place du fair-play financier, la réforme phare de son mandat à la tête de l’Union des associations européennes de football (UEFA). En apparence, le principe de ce mécanisme régulateur était simple : empêcher les clubs du Vieux Continent de dépenser plus qu’ils ne gagnent, sous peine de sanctions. A l’époque, le président de l’UEFA soulignait les dettes (8,4 milliards d’euros) et déficits abyssaux (1,6 milliard de pertes) cumulés par les équipes européennes pour convaincre du bien-fondé de sa démarche. « Je ne peux pas laisser le foot européen courir à la faillite. Nous serons l’agence de notation des clubs, expliquait alors l’ex-numéro 10 des Bleus. Le but est de les aider, pas de les enfoncer. » Sur le plan financier, l’objectif de l’UEFA a été globalement atteint (600 millions d’euros de bénéfices enregistrés par les clubs en 2017), grâce à l’obligation faite aux équipes de ne pas franchir la barre des 30 millions d’euros de déficit sur trois ans. Une trentaine de formations ont d’ailleurs été sanctionnées depuis 2012. Mais le fair-play financier n’a ni permis d’éviter la concentration des richesses ni contribué à réduire les écarts de revenus entre les équipes. Pas plus qu’il n’a servi à enrayer la spirale inflationniste sur le marché des transferts, comme en atteste le recrutement record (222 millions d’euros) du Brésilien Neymar par le Paris-Saint-Germain, en août 2017. Et il est aujourd’hui remis en question par les « Football Leaks », cette série d’enquêtes réalisées à partir de « plus de 70 millions de documents » par le consortium European Investigative Collaborations (ECI), dont fait partie Mediapart. Accord à l’amiable Le 2 novembre, le site d’investigation a révélé que le Qatar, propriétaire…
    Read More

  • Cameroun : 79 élèves enlevés en zone anglophone la veille de la prestation de serment de Paul Biya

    FOCUS
    Pourquoi tant de femmes indiennes quittent-elles le monde du travail ?

    En savoir plus

    L’invité du jour
    Catherine Bertrand : “Trois ans après le Bataclan, j’essaie de me reconstruire”

    En savoir plus

    7 JOURS EN FRANCE
    Centenaire 14-18 : sur les traces des soldats français de la Grande Guerre

    En savoir plus

    L’INFO ÉCO
    À mi-mandat, quel bilan pour l’économie américaine ?

    En savoir plus

    DANS LA PRESSE
    “A Madagascar, une présidentielle et des ventres vides”

    En savoir plus

    DANS LA PRESSE
    “Il faut mettre fin à l’agonie du Yémen”

    En savoir plus

    LE JOURNAL DE L’AFRIQUE
    Tunisie : bras de fer entre le président et son premier ministre

    En savoir plus

    L’INFO ÉCO
    Les start-up iraniennes n’ont pas peur de Donald Trump

    En savoir plus

    Read More

  • Au PSG, la défense appelle Mbappé et Neymar à la barre

    Sur le terrain, aussi, le Paris-Saint-Germain doit se défendre. Fragilisé par les dernières révélations des « Football Leaks » dans Mediapart au sujet du fair-play financier, le club devait déjà jouer sa survie en Ligue des champions, mardi 6 novembre à Naples, lors de la 4e journée. Le tyran domestique de la Ligue 1 vit un début de campagne européenne poussif avec une défaite à Liverpool (3-2, le 18 septembre) et un nul heureux contre Naples au Parc des Princes (2-2, le 24 octobre). Ces matchs ont mis en évidence certains défauts. A commencer par des lacunes dans le travail défensif : la non-implication de Kylian Mbappé et Neymar a tout particulièrement été pointée du doigt. Quand, à l’été 2017, les dirigeants parisiens font sauter la banque – et le fair-play financier avec – pour s’attacher les services des deux attaquants, ils savent que les deux recrues n’ont pas une folle passion pour les travaux de l’ombre. En championnat de France, le duo n’a pas besoin de pousser le zèle très loin. Mais la double confrontation face à Liverpool et Naples est venue rappeler que défendre à neuf n’est pas l’idée du siècle en Ligue des champions. « Contre Liverpool, Neymar et Mbappé sont restés à attendre le ballon devant, à jouer “la carotte”. Quand Mbappé perd le ballon devant sa surface sur le troisième but sans se replacer, vous avez de quoi vous énerver si vous êtes son coéquipier », avance Eric Rabésandratana, ancien défenseur du PSG entre 1997 et 2001. Le consultant pour France Bleu Paris n’est pas le seul à pointer cette faiblesse. Légende du Liverpool des années 1980-1990, John Barnes a taillé un costume sur mesure aux duettistes parisiens pour le site Talksport : « J’ai été déçu par Neymar et Mbappé. J’ai trouvé qu’ils étaient fainéants, qu’ils n’aidaient pas du tout leur équipe. » Simple perfidie anglaise ? Pas seulement. Même les coéquipiers des deux artistes commencent à envoyer des messages plus si subliminaux. A l’image d’un Marco Verratti, le souffle encore court après le match aller contre Naples à trop avoir tenté de colmater les brèches laissées par ses camarades. « Quand on parle de défendre, cela concerne les onze joueurs qu’il y a sur le terrain », pointait l’Italien. Un travail de replacement A force, la question mérite d’être posée : Neymar et Mbappé seraient-ils exemptés des basses besognes ? Quand il entraînait encore le PSG, Unai Emery l’avait laissé entendre au sujet du Brésilien. Après tout, ceux dont le talent permet de gagner des rencontres disposent souvent d’un statut particulier dans une équipe. A Barcelone, Lionel Messi a toujours couru et défendu avec parcimonie. Lors d’une rencontre de Ligue des champions en 2014, l’Argentin avait ainsi parcouru 6,8 km en quatre-vingt-treize minutes. Seul José Manuel Pinto faisait moins bien avec 5,3 km, mais avec la bonne excuse de son poste de gardien. Ancien lieutenant de Messi, Neymar rechignait (un peu) moins à la tâche en Espagne. A Paris, son statut protégé l’inciterait plutôt à modérer ses efforts. Le cas Mbappé est différent. Avec cette franchise désarmante proche de l’effronterie, le Français avouait dans un entretien à L’Equipe le 15 juin « partir de loin » au niveau défensif. « Dans les équipes de jeunes, on a toujours fait les tâches défensives pour moi. J’étais la “star numéro 1” . On disait aux autres joueurs : “Tu reviens pour Kylian”, “tu la donnes à Kylian”. Mais quand tu arrives au PSG, il y a une star, déjà. Et, maintenant, c’est à moi de me fondre dans le collectif pour le servir. » Depuis, le prodige de Bondy est devenu champion du monde et un prétendant au Ballon d’or. De là à penser qu’il s’inspire de la pâle copie défensive de son voisin brésilien… « Vous pouvez dispenser deux joueurs du travail défensif, mais il faut que les autres l’acceptent et se battent comme des chiens pour compenser dans ce cas. Ce qui me paraît compliqué avec des garçons comme Rabiot et Di Maria, qui ne sont pas non plus des gros travailleurs », estime Rabésandratana, pour qui il s’agit d’abord de savoir ce qu’on demande aux deux attaquants. Lire aussi :   La nouvelle stature de Kylian Mbappé « Pas ce goût naturel pour défendre » « A la différence d’un Cavani, Mbappé et Neymar n’ont pas ce goût naturel pour défendre, poursuit l’ancien joueur. C’est compliqué de changer profondément de nature, mais sur un match c’est possible. Ce qu’on leur demande, c’est d’abord le travail de replacement. A la perte du ballon, ils doivent se retrouver face au ballon, et l’adversaire, être dans leur zone. » Comme cela a été le cas contre Lille, vendredi en championnat (victoire 2-1). Si Kylian Mbappé et Neymar ont peu défendu tant le PSG a confisqué le ballon, ils ont participé à l’effort collectif et à ce pressing haut pour étouffer l’adversaire dès la perte du ballon. « On a fermé les espaces. On a contrôlé complètement les contre-attaques », a apprécié leur entraîneur, Thomas Tuchel. Le « on » de l’Allemand impliquait ses deux créateurs appelés à enfiler le bleu de chauffe dans le vétuste mais bouillant stade San Paolo. En cas de défaite, le dossier parisien risque de devenir indéfendable pour espérer entrevoir les huitièmes de finale. Lire aussi :   Ligue des champions : au PSG, le discours change, les ambitions restent
    Read More