Author: Don Kayembe

  • « Football Leaks » : le salut est dans la fuite

    Chronique. Désolé pour messieurs Terry et Bostock, mais ce John-là est sans doute le plus utile de l’histoire du football. « John », un pseudo, est l’homme qui se cache derrière les « Football Leaks », ces dizaines de millions de documents qui donnent lieu à une série de révélations sur les pratiques du football professionnel depuis trois ans. Hormis le journaliste du Spiegel qui est en contact avec lui, personne ne sait comment John et ses amis ont obtenu ces teraoctets d’e-mails et contrats. On a bien une idée, et d’autres y ont pensé avant nous pour tenter de discréditer John, dont on sait uniquement qu’il est portugais, polyglotte et vit caché : mais non, assure-t-il, « nous n’avons jamais piraté personne, nous ne sommes pas des hackeurs. Nous avons seulement un bon réseau de sources. » Une explication assez peu crédible compte tenu de la quantité et de la sensibilité des documents publiés, et du fait que l’UEFA et la FIFA se sont plaints récemment d’avoir été la cible de tentatives de piratage informatique. Mais peu importe, au fond, d’où viennent les fuites, parce qu’elles sont salvatrices. Elles constituent un mince espoir de mettre au pas un système qui opère dans une opacité et une tranquillité absolues, malgré la place considérable qu’il prend dans l’espace public. « Il est temps, enfin, de nettoyer le football, dit à l’EIC, ici sur Mediapart, celui qui se considère comme un lanceur d’alerte. Les fans doivent comprendre qu’à chaque fois qu’ils achètent un billet, un maillot ou un abonnement à une chaîne de télévision, ils alimentent un système extrêmement corrompu qui n’agit que pour lui-même. » « TPO » et « AUT » Sur son petit site personnel, « John » a d’abord publié des contrats de joueurs et accords de transferts, qui révélaient les commissions plantureuses prélevées par des agents et les ravages de la TPO (Third Party Ownership). Puis il a fourni ses données à l’European Investigative Collaborations (EIC), qui en a extrait une série de révélations portant notamment sur la passion des acteurs du football pour les paradis fiscaux. La dernière vague de révélations, depuis ce week-end et qui va se prolonger tout le mois, met pour l’instant au jour la faiblesse des gouvernants du football et la farce de « l’indépendance » de certaines commissions chargées de le réguler. En 2016, une série de fuites orchestrée par les Fancy Bears, dont il a été confirmé récemment qu’il s’agissait d’agents du renseignement russe, a concerné notamment les autorisations à usage thérapeutiques (AUT), qui permettent aux sportifs de prendre des produits interdits pour soigner des maladies. Il est apparu que certaines étaient accordées à tort et à travers, sans que l’Agence mondiale antidopage (AMA) n’ait les moyens humains de les vérifier. Il faut distinguer d’emblée ces deux fuites massives. Les motivations possiblement nobles de l’une, celles incontestablement politiques de l’autre ; leurs modalités – traitement journalistique et contradictoire dans un cas, étalage sans nuance sur la place publique dans l’autre ; et leurs conséquences pour les intéressés, dont sont dévoilés, pour les uns, les entorses à l’éthique et, pour les autres, leurs problèmes médicaux. Les gouvernements se désintéressent du sport Ceci étant précisé, ces fuites constituent donc une bonne nouvelle pour les amateurs de sport mais aussi pour les acteurs eux-mêmes. Les adversaires de Bradley Wiggins savent grâce aux Fancy Bears quel stratagème il a probablement utilisé pour maigrir et remporter le Tour de France 2012. Le responsable du système de la FIFA qui enregistre les transferts a avoué s’informer sur « Football Leaks », tant les clubs lui mentaient sur le montant des indemnités. Les enquêteurs indépendants chargés de faire respecter le fair-play financier ne seront pas malheureux que la planète sache comment ils ont été roulés dans la farine par ceux qui les payent, les dirigeants de l’UEFA. Ces révélations semblent être l’un des rares moyens d’amener un peu de transparence dans le fonctionnement des institutions sportives, dont la quasi-totalité a installé leur siège dans des pays, Suisse ou Monaco, qui font commerce de leur opacité. Les lanceurs d’alerte ne sont pas encouragés (à l’exception de l’AMA, qui a pris conscience de leur utilité à la suite du scandale du dopage russe). Les mécanismes de contrôle internes aux fédérations sportives sont rares et, lorsqu’ils existent, peuvent être contournés. Peu d’industries intéressent à la fois autant le grand public tout en bénéficiant d’une absence totale de supervision. C’est une tâche à laquelle ne souhaitent pas s’atteler les gouvernements, qui doivent estimer avoir suffisamment de problèmes sur les bras pour ne pas, en plus, briser les rêves de leurs électeurs. Quand elle l’a pu, la justice a montré avec quelle efficacité elle pouvait mettre en pièces les schémas de corruption à l’œuvre dans les institutions sportives, qu’il s’agisse de la justice américaine dans le cas de la FIFA ou française dans celui de la Fédération internationale d’athlétisme ou du CIO. Mais les cas sont rares. A ce jour, les pirates informatiques semblent les meilleurs alliés de ceux qui croient en un sport géré de manière un tant soit peu éthique – il n’est pas sûr que ce soit une bonne nouvelle.
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  • « High Life » : Claire Denis sonde le désir en apesanteur

    L’avis du « Monde » – chef d’œuvre Allons d’emblée aux deux raisons qui font de ce film une œuvre à sérieusement considérer, pour ne pas dire à passionnément aimer. La première est d’ordre cinéphilique. Incursion inaugurale de la cinéaste Claire Denis dans la science-fiction et le dialogue en anglais, High Life est à classer parmi les sommets du genre. Soit ces films rares qui ne s’adressent pas en premier lieu aux fanatiques de la catégorie mais à l’humanité sensible tout entière. Ces œuvres qui, préférant l’envoûtement contemplatif à l’action pure, jettent une sorte de maraboutage hypnotique sur l’esprit et les sens du spectateur, tels 2001 : l’Odyssée de l’espace (1968), de Stanley Kubrick, ou Solaris (1972), d’Andreï Tarkovski. Lire la rencontre :   Avec Robert Pattinson, l’attraction des astres L’autre raison est qu’aucun film récent ne donne l’impression d’aller, au point où le fait celui-ci, à l’os de notre époque. Au diapason du grand bouleversement qui s’y annonce, de la grande peur écologique qui se lève. Peur non pas tant de ces épiphénomènes que sont l’iniquité et la barbarie en leur retour triomphant, mais, pour aller au principe, de l’épuisement convulsif d’une planète saccagée, de l’attraction avérée de l’humanité pour le néant. Peur, en un mot, de la fin dernière : de l’homme, du monde, de la vie tout ensemble. Un sentiment qui n’est sans doute pas pour rien dans la production récente de films spatiaux plus ou moins eschatologiques, dans lesquels l’espace se transforme en territoire de la dernière chance, en expérience concrète de la survie. Aucun film récent ne donne l’impression d’aller, au point où le fait celui-ci, à l’os de notre époque High Life rejoint à ce titre des films tels que Gravity (2013), d’Alfonso Cuaron, Seul sur Mars (2015), de Ridley Scott, ou même First Man (2018), de Damien Chazelle. Mais il se confronte plus directement à Interstellar (2014), de Christopher Nolan, dont il partage les motifs centraux (la terre agonisante, la recherche d’une planète favorable à la vie, l’importance du rapport père-fille). Ce qui n’empêche nullement High Life de se situer aux antipodes esthétiques d’Interstellar, à des années­-lumière de la pyrotechnie spectaculaire et des rebondissements romanesques qu’y déploie Christopher Nolan. Est-il d’ailleurs assuré que l’inscription du film de Claire Denis dans une histoire raisonnée de la science-fiction cinématographique fasse vraiment sens ? On pourrait aussi bien assumer la position selon laquelle la cinéaste – qui aime à s’approprier tous les genres (le polar dans J’ai pas sommeil, 1994 ; le vampirisme dans Trouble Every Day, 2001 ; le film de guerre dans Beau travail, 1999 ; la comédie dans Un beau soleil intérieur, 2017…) – continue de faire dans l’espace ce qu’elle a toujours fait sur terre : sonder le mystère du désir, dans sa beauté stellaire comme dans ses trous noirs. Sans trucages. A même la chair. Au plus près de cet abyme mental qui confère à chaque être humain la fascinante opacité de l’univers. Le pire est sans doute déjà arrivé Ici, un homme (Monte, interprété par Robert Pattinson) partageant un engin spatial visiblement délabré avec sa fillette de quelques mois, dénommée Willow. Le long et caressant préambule qui les réunit suscite d’emblée une forte émotion, teintée d’angoisse. Les tendres rapports du père et de l’enfant, l’impuissance où ils semblent se trouver pour changer leur situation produisent dans cet environnement confiné, dénué de toute autre présence humaine, le sentiment que le pire est sans doute déjà arrivé. Un long retour en arrière livrera au spectateur une compréhension un peu plus nette de la situation. Le navire est en réalité une prison, où l’on a rassemblé des condamnés à mort qui ont accepté, en échange de la commutation de leur peine, de se prêter à un programme d’expérimentation spatiale. Il s’agit à la fois de s’approcher d’un trou noir pour en étudier les sources d’énergie bientôt taries sur Terre, et de se prêter aux expériences de procréation menées par le docteur Dibs, une médecin au dossier criminel chargé. Juliette Binoche, crinière noire descendant jusqu’aux reins, flammèches dans les yeux, y incarne une sorte de prêtresse illuminée de la reproduction, figure de la fécondité immémoriale, collectrice de sperme, sorcière de la résurrection. C’est, ici, Le Sacrifice, d’Andreï Tarkovski (1986) qui revient en mémoire. On reconnaît là tout le talent de Claire Denis pour suggérer le dénuement et la beauté de notre condition Dibs est, avec Monte, dont elle vole la semence durant son sommeil dans une séquence proprement stupéfiante, le pouvoir de la vie qui se transmet dans un engin pourtant programmé pour aller à la mort. Toute la beauté du film tient en ce déchirant paradoxe tenu bientôt, en quelques ellipses élégantes, par le seul couple survivant du père et de sa fille. Imaginez, dans l’immensité glacée et indifférente du cosmos, le cri vital du bébé et le regard du père sur son enfant. Puis la grâce innocente de la jeune fille qu’elle est devenue, qui n’a jamais connu le monde, et qui questionne incestueusement son père sur leur avenir, entre la menace de leur commun anéantissement et la promesse de trouver un nouveau soleil. On reconnaît là tout le talent de Claire Denis pour suggérer le dénuement et la beauté de notre condition. La sensation du huis clos, de la solitude, de la terminaison des temps est par ailleurs si prégnante qu’elle parvient à nous rendre bouleversantes les images raréfiées de la Terre, qui interfèrent dans le récit. Flash-back en bons gros grains seize millimètres de trains et de hobos cheveux au vent, forêts profondes, tapis de feuilles, humus qu’on croirait sentir. Ou encore, sur un écran de la capsule, ce rituel funéraire indien filmé à Vancouver par Edward S. Curtis dans In the Land of the Head Hunters (1914), poignant et fantomal vestige d’une civilisation agonisante. C’est, à travers ces simples images, le sentiment d’une perte irrémissible qui étreint le spectateur et le laisse inconsolable. Autant dire qu’il y aura quelque chose comme une indicible joie à malgré tout retrouver la pollution et la promiscuité de la ville au sortir de la salle. Contrairement à ce que certains pensent, seuls les artistes font œuvre utile. Film français de Claire Denis. Avec Robert Pattinson, Juliette Binoche, André Benjamin (1 h 51). Sur le Web : highlife-lefilm.com
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  • La sélection séries du « Monde »

    LES CHOIX DE LA MATINALE Cette semaine, une évocation tout en finesse de la vie de Victor Hugo alors qu’il se métamorphose en icône républicaine, Julia Roberts en psychologue chargée d’interroger des soldats atteints de troubles post-traumatiques, et la sixième et ultime saison de House of Cards, sans Kevin Spacey. « Victor Hugo, ennemi d’Etat » : de l’homme du monde au champion du peuple Février 1848, la République renaît dans la faillite de la monarchie de Juillet, renversée par la rue. Décembre 1851, elle est mise à mort par le coup d’Etat orchestré par Louis Napoléon Bonaparte, soucieux de confisquer le pouvoir qu’une élection démocratique ne lui accordait que pour quatre ans. Comment en vient-on, en si peu de temps, à basculer du statut d’écrivain unanimement salué, pair de France et soutien du parti de l’ordre, à celui d’« ennemi d’Etat », dont la tête est mise à prix avant que la proscription ne vous contraigne à l’exil ? C’est ce qu’entend faire comprendre cette évocation, précise et strictement menée par Sophie Hiet et Jean-Marc Moutout, du moment charnière où Victor Hugo abandonne les nostalgies monarchiques pour incarner une opposition frontale au régime despotique qui prépare le rétablissement de l’Empire. Savamment, les auteurs tissent avec finesse les liens entre vie familiale, vie sentimentale et vie politique de Hugo. Passé le 2 décembre 1851, ne reste que la voie de l’exil, d’où le nouvel Hugo tonne contre « Napoléon le Petit » avant de devenir une icône républicaine. Philippe-Jean Catinchi « Victor Hugo, ennemi d’Etat », de Jean-Marc Montout. Avec Yannick Choirat, Isabelle Carré, Erika Sainte (France, 2018, 4 × 50 minutes). Sur France 2, lundi 5 (en replay) et mardi 6 à 21 h 10. Francetelevisions.fr « House of Cards », saison 6 : un acte manqué Lançant un regard face caméra, Claire Underwood avait averti, en fin de saison 5 : « My turn » (« C’est mon tour »). A elle les rênes des Etats-Unis, son mari, Frank, ayant été contraint à la démission face à un risque de destitution. Voilà qui facilita l’annonce du décès de Frank Underwood (hors caméra, avant le lancement de la saison 6), lorsque son interprète, Kevin Spacey, fut accusé de harcèlement sexuel et évincé, en novembre 2017, du casting de House of Cards. Las ! Claire Underwood a beau présider la ploutocratie que sont devenus les Etats-Unis, cette sixième et ultime saison continue de ne tourner qu’autour de son défunt mari et de personnages auxquels il était étroitement lié ! Le premier épisode s’ouvre cent jours après le décès de ce dernier, quand il aurait fallu opérer un vrai saut dans le temps afin de découvrir la présidente sous un autre jour qu’en veuve éplorée – même si ce n’est qu’une apparence, bien sûr, celle-ci nous avertissant, dans l’un de ses apartés superfétatoires, que feu son époux ne lui manque nullement. Et faire reposer cette saison sur des personnages comme l’ancien chef de cabinet de Frank Underwood ou le journaliste qui enquêtait sur ses méfaits a perdu tout intérêt. Certes, l’équipe de scénaristes a dû réécrire cette saison en urgence, puisque le tournage avait déjà commencé lorsque Kevin Spacey fut congédié par Netflix. Mais Claire Underwood a beau asséner, cette saison-ci, que « le règne de l’homme blanc d’âge moyen est révolu», cette saison relève de l’acte manqué, tant le fantôme de feu son président de mari vient la hanter. Martine Delahaye « House of Cards », saison 6, série créée par Beau Willimon. Avec Robin Wright, Diane Lane, Michael Kelly, Greg Kinnear (Etats-Unis, 2018, 8 × 52 minutes). Netflix.com « Homecoming » : Julia Roberts dans un rôle double Homecoming apparut d’abord, en 2016, sous la forme d’une fiction podcastée, une pièce de théâtre audio. Ses auteurs, Eli Horowitz et Micah Bloomberg, sont aussi les créateurs de son adaptation filmée, dont Amazon a commandé d’emblée deux saisons. Le Homecoming Center, en Floride, sous l’égide du ministère de la défense, vient de lancer un programme destiné à de jeunes soldats traumatisés tout juste de retour au pays. Ils y sont pris en charge entre autres par Heidi Bergman (Julia Roberts) qui y mène les entretiens psychologiques. Saut dans le futur, quatre ans plus tard, en 2022 : Heidi, dorénavant serveuse dans un ­petit restaurant, semble ne pas se souvenir de l’époque où elle officiait pour le programme Homecoming, quand le ministère de la défense enquête sur l’expérience qui y était menée. Ment-elle ? Pourquoi une enquête sur ce centre ? Pour son premier rôle principal dans une série, Julia Roberts a choisi un scénario qui lui permet d’interpréter deux personnages différents : la Heidi psy plutôt rayonnante de 2018, et celle de 2022, éteinte et tristounette. Sam Esmail (créateur de Mr. Robot), a apporté une touche hitchcockienne et un grand soin à la réalisation, mais sans la tension ni le rythme nécessaires pour captiver. M. De. « Homecoming », série créée par Eli Horowitz et Micah Bloomberg. Avec Julia Roberts, Bobby Cannavale (Etats-Unis, 2018, 10 × 30 minutes). Amazon.com
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  • Tunisie : le Premier ministre remanie son gouvernement, le président désapprouve

    Tunisie Youssef Chahed Remaniement ministériel Afrique Tunisie : le Premier ministre remanie son gouvernement, le président désapprouve Tweeter print © Zoubeir Souissi, Reuters | Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, a annoncé l’arrivée de 10 nouveaux ministre, le 5 octobre 2018. Texte par FRANCE 24 Suivre france24_fr sur twitter Dernière modification : 05/11/2018 Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a nommé, lundi, 10 nouveaux ministres dans son gouvernement. L’objectif affiché est de renouveler l’exécutif et d’insuffler une nouvelle dynamique. Le gouvernement tunisien amorce une mue. Lundi 5 novembre, le Premier ministre, Youssef Chahed, a nommé 10 nouveaux ministres dans le cadre d’un vaste remaniement. Avec cette décision, l’exécutif espère injecter une énergie nouvelle au sein du gouvernement, largement critiqué pour ses échecs à maîtriser la crise économique qui plombe la Tunisie depuis 2011. Les ministères des Finances, des Affaires étrangères et de l’Intérieur sont cependant restés inchangés. Une crise économique encore très présenteRené Trabelsi fait partie des nouveaux entrants, nommé ministre du Tourisme. De confession juive, il est le troisième ministre juif à être nommé depuis 1956. L’ancien ministre des Affaires étrangères sous Ben Ali, Kamel Morjan, occupera le ministère de l’Emploi public, le principal employeur dans le pays.
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  • Grands Prix de la finance solidaire, prix coup de cœur du public – L’Envol ou l’art de l’émancipation sociale

    C’est en créant 501 Blues, un spectacle monté avec des ouvrières d’une usine Levi’s du Nord brutalement licenciées, que le metteur en scène Bruno Lajara avait pris conscience que « l’art pouvait changer la vie ». Il y a deux ans, il s’est servi de cette expérience pour créer à Arras (Pas-de-Calais) L’Envol, un dispositif qui se sert de l’art pour réinsérer des jeunes décrocheurs scolaires ou des jeunes adultes en situation d’échec et d’exclusion. Dans le cadre du service civique, les jeunes bénéficient d’une formation de sept mois à raison de 24 heures par semaine. Ils suivent des cours de théâtre, de chant, de danse, des ateliers d’écriture… La finalité n’est pas de former des artistes, mais de faire de la culture un vecteur d’émancipation et de constitution d’un projet professionnel, voire d’un projet de vie. « Peu à peu, les élèves reprennent confiance en eux », raconte Bruno ­Lajara, aujourd’hui délégué général de ce « centre d’art et de transformation sociale ». Le parcours est complété par une formation citoyenne aux valeurs républicaines, des enseignements théoriques et pratiques ainsi que des immersions et des rencontres avec le milieu professionnel. Intégrés dans la vie du quartier Pour chaque promotion, un « casting » d’une quinzaine de personnes est organisé. Il s’agit surtout de constituer une équipe dont les individus vont se soutenir mutuellement. Ils sont intégrés dans la vie du quartier en participant à son animation, à la création d’une Web radio locale, en se produisant dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)… Une nouvelle antenne de L’Envol vient d’être créée à Béthune (Pas-de-Calais), et le « casting » des nouveaux stagiaires est presque terminé. Grands Prix de la finance solidaire en partenariat avec France Info. L’envol Activité : Un dispositif d’inclusion sociale et professionnelle par l’art en direction de jeunes décrochés scolaires ou jeunes adultes en situation d’échec et d’exclusion Chiffres d’affaires 2017 : 201 432 euros Salariés : 5 Financeurs solidaires : France Active
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  • CAF Awards 2018: aménagements et nouveautés pour les trophées

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  • L’Angola remporte la Coupe du monde de football pour amputés

    L’Angola remporte la Coupe du monde de football pour amputés

    Copyright de l’image Getty Images

    L’Angola a remporté la Coupe du monde de football pour amputés 2018 au Mexique, en battant la Turquie 5-4 aux tirs au but lors de la finale de dimanche.

    Le match s’est terminé 0:0 après le temps réglementaire, et les deux formations n’ont pas pu se départager en prolongation.

    La séance de tirs au but décisive s’est révélée tout aussi tendue, les deux équipes ayant marqué dès leurs quatre premières pénalités.

    A 4:4, Jésus, le gardien angolais, a réalisé un arrêt décisif face à la Turquie.

    L’équipe africaine, qui a terminé deuxième de la dernière Coupe du Monde, a scellé sa victoire grâce à un penalty victorieux de Henio Guilerme.

    A lire aussi : Mikel Obi soutient l’équipe pour amputés du Nigeria

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  • « Football Leaks » : Monaco aurait cherché à contourner les règles du fair-play financier

    Les dernières révélations du consortium European Investigative Collaborations (ECI) sur les « Football Leaks » montrent que la tentation de contourner la règle du fair-play financier, qui interdit théoriquement à un club de football engagé dans une compétition européenne de dépenser plus qu’il ne dispose de recettes, est à l’évidence très grande. Après le PSG, accusé d’avoir surévalué certains contrats de sponsoring, c’est l’AS Monaco qui est accusée d’avoir cherché, en juin 2014, à gonfler ses recettes à l’aide d’un « montage offshore », via des sociétés écrans, à Hongkong et aux îles Vierges. Selon le site Mediapart (qui fait partie de l’ECI), Monaco, qui s’était qualifié à l’issue de la saison 2013-2014 pour la Ligue des champions et avait besoin de nouvelles ressources, avait conclu un partenariat avec une agence de marketing, AIM Digital Imaging, « société offshore immatriculée à Hongkong ». Celle-ci était chargée de garantir « 140 millions d’euros de revenus pendant dix ans », si le club n’arrivait pas à dégager de telles ressources. Selon les « Football Leaks », en octobre 2014, ce contrat « atypique » aurait été complété par « un accord d’investissement avec City Concept Ventures, une société écran immatriculée aux îles Vierges britanniques », censée de son côté « investir 140 millions d’euros par an dans AIM Digital Imaging ». Mediapart affirme que City Concept Ventures serait un « faux nez » du propriétaire de Monaco, le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, et lui permettrait d’injecter directement de l’argent dans son propre club, en contournant les règles du fair-play financier. Lire aussi :   Football Leaks : les contrats surévalués du PSG version qatarie Dîner et accord à l’amiable Si Monaco reconnaît avoir passé un contrat avec AIM, le club assure que l’agence « devait, en fait, trouver trente millions de ressources complémentaires ». La direction du club explique également que ce contrat « s’est avéré, malgré tout, trop ambitieux et irréalisable » et « n’a jamais été exécuté et (…) n’est jamais entré dans les comptes du club ». « Il n’a donc à aucun moment pu servir à être utilisé dans le cadre du fair-play financier », ajoute l’ASM, qui dément « fermement avoir contourné le fair-play financier ». Selon les documents réunis par le consortium ECI, Monaco n’aurait, finalement, pas pu utiliser son « montage offshore » en raison d’une brouille entre Dmitri Rybolovlev et le patron d’AIM. Mais, auparavant, cela avait toutefois conduit le club à mener « une intense campagne de lobbying » auprès d’Andrea Traverso, le responsable du fair-play financier au sein de l’UEFA, notamment lors d’un « dîner au restaurant étoilé de Joël Robuchon à l’hôtel Métropole » de Monte-Carlo. Cela n’a pas empêché la chambre d’instruction de l’UEFA d’ouvrir une enquête sur les déficits du club, pour condamner Monaco en mai 2015 à trois millions d’euros d’amende ferme, assortie d’une limitation de recrutement pendant un an. Selon le consortium de journaux européens, la chambre d’instruction aurait toutefois « choisi de fermer les yeux » sur le contrat litigieux avec AIM avec « cet accord amiable particulièrement clément ». Mediapart cite un courriel adressé par Andrea Traverso à un conseiller des dirigeants monégasques : « C’est un accord très favorable comparé à ceux conclus avec d’autres clubs. Très loin de celui du PSG l’an dernier », précise le responsable du fair-play financier. Lire aussi :   « Football Leaks » : la faiblesse de l’UEFA face aux grands clubs européens
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  • Philatélie : s’initier à l’œuvre de Sophie Calle pour 1,90 euro

    La Poste a mis en vente générale le lundi 22 octobre, un timbre à 1,90 euro qui reproduit une œuvre de Sophie Calle, créée à l’origine pour le pavillon français de la Biennale de Venise en 2007. Un projet intitulé « Prenez soin de vous », qu’elle décrit dans un texte reproduit sur le « Document officiel » de la « Collection historique du timbre-poste français », commercialisé par La Poste. A la galerie Perrotin Une façon de s’initier – à moindre coût – au travail de cette plasticienne de renommée internationale et d’inciter à rendre visite à la Galerie Perrotin, à Paris, qui accueille deux « performances » de l’artiste jusqu’au 22 décembre : « Parce que » et « Souris Calle ». « J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par les mots : Prenez soin de vous. J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à 107 femmes choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter, la disséquer. L’épuiser ? Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi ». Pour accompagner leurs interprétations, Sophie Calle a photographié ces femmes alors qu’elles découvrent le texte annonçant la rupture… Et cela donne aujourd’hui une originale et magnifique vignette postale, « La Correctrice ». « Ce n’est pas un portrait de femme que je voulais proposer mais le portrait d’une lettre. J’ai donc choisi une femme cachée », parmi les 107 femmes – « 107 images potentielles » – réalisées pour la Biennale de Venise en 2007. Qu’elle a toutes mises au format du timbre, explique-t-elle. En procédant ensuite par élimination, en fonction de la lisibilité de l’image réduite au format du timbre. Une ambiguïté avec la chasse « J’avais une autre idée, sur l’attente, raconte Sophie Calle. Il s’agissait de deux chaises vides face à face, dans un grand pré, qui symbolisaient l’attente, le dialogue, la communication. Mais c’était peut-être plus difficile à percevoir ». Avec une légende qu’elle propose – « A l’espère » –, un mot qui renvoie aux chasseurs à l’affût, qui attendent le gibier… « Comme on peut attendre une lettre ». Mais il y avait une ambiguïté avec la chasse, « qui ne me gênait pas », mais qui rebutait La Poste. La mise en page du timbre a été conçue avec l’aide de son éditeur, avec lequel elle réalisait un livre. Avec la marge de manœuvre restreinte qu’un timbre peut laisser. « Je voulais que le portrait soit visible, qu’il ne soit pas perdu. » « J’ai pris le sujet au pied de la lettre, littéralement », conclut-elle. Le timbre, dont la valeur de 1,90 euro correspond au tarif de la lettre prioritaire de 21 à 100 grammes, au format horizontal 52 x 40,85 mm, mis en page par les Editions Xavier Barral, imprimé en héliogravure en feuilles de trente unités, a été tiré à 500 010 exemplaires (soit 16 667 feuilles). Un tarif idéal pour l’envoi des vœux en fin d’année, non sans une certaine ironie, « Prenez soin de vous » renvoyant à une rupture. Sophie Calle était présente, le vendredi 19 octobre, lors de la vente anticipée en avant-première de son timbre, au Carré d’encre, à Paris, pour une exceptionnelle séance de dédicaces. La Poste et l’art contemporain Ainsi, La Poste qui montre son attachement pour l’art contemporain, fait très fort, après avoir sollicité en février Annette Messager pour un timbre nommé « Désir »… Lire aussi :   Des timbres d’artistes à petits prix « J’ai vécu avec un collectionneur de très nombreuses années puisque c’était mon père », Bob Calle, qui « collectionnait l’art contemporain, le pop art », rappelle Sophie Calle… Ce qui lui permet d’expliquer que les collectionneurs d’art lui sont familiers. Mais, le timbre lui est en revanche « un domaine tout à fait inconnu ». « C’est un public tout à fait nouveau pour moi » – et une plasticienne que les philatélistes vont découvrir sans nul doute de leur côté ! –, dit l’artiste en parlant des philatélistes – « Vous êtes les premiers que je vois dans ma vie, d’aussi près ! » -, en ajoutant qu’elle ne connaît que très peu de collectionneurs de son œuvre : « C’est pour cela qu’on a des galeries » ! Elle-même est une « collectionneuse effrénée, de plein de choses », avoue-t-elle. Elle a une « énorme collection d’animaux naturalisés » qui lui ont permis, il y a un an, d’exposer au Musée de la chasse et de la nature à Paris. Autre collection, des miniatures d’œuvres d’art, constituée à partir d’échanges avec des artistes, par manque de place pour conserver les originaux. Elle a enfin une grande collection de bijoux de deuil, « avec beaucoup d’objets en cheveu »… Des collections « qui ne sont pas obsessionnelles », tient-elle à préciser. On veut bien l’admettre… Lire aussi :   Sophie Calle : requiem collectif pour un matou
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  • Les Africains au sommet de Riyad, colloque à l’Assemblée française sur la diaspora africaine…

    Les Africains au sommet de Riyad, colloque à l’Assemblée française sur la diaspora africaine…

    Les chefs d’État africains présents au “Davos du désert”, les intervenants sélectionnés pour un colloque à l’Assemblée nationale française sur l’apport de la diaspora franco-africaine… Chaque semaine, Jeune Afrique vous invite dans les coulisses de la diplomatie continentale.

    • Afrique : qui était à Riyad ?

    Amr Nabil/AP/SIPA

    À la suite du scandale suscité par l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, de nombreux chefs d’entreprise et dirigeants étrangers ont annulé leur participation au Future Investment Initiative (23-25 octobre), que le publicitaire français Richard Attias organisait à Riyad pour le compte du prince héritier Mohamed Ben Salman.


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