Author: Don Kayembe

  • Madagascar: les attentes des électeurs dans le Sud-Est pauvre et isolé

    Comme des trophées, les habitants des villages reculés de l’Androy et l’Anosy arborent fièrement les T-shirts distribués par les rares candidats à avoir fait le déplacement dans le sud de l’île. © Sarah Tétaud/RFI

    Par
    RFI

    Publié le 05-11-2018
    Modifié le 05-11-2018 à 10:42

    Dans le Sud-Est, là où sévit la sécheresse depuis maintenant cinq ans, et où une partie de la population peine à s’alimenter, la très grande majorité des candidats n’a pas pris le temps de se déplacer. Entre Amboasary et Ambovombe, deux villes peuplées du Grand Sud, ils sont trois candidats seulement à avoir fait le déplacement. Alors qu’attend cette population isolée du futur président ?

    En arrivant par les airs, les rares candidats venus à la rencontre de la population rurale de l’Androy-Anosy ont offert des émotions fortes à ces habitants du bout du monde. Mises en scène de rockstar, discours messianiques. Le tout agrémenté de distribution d’argent ou de petits cadeaux.
    Dady et Soloazee arborent fièrement leur nouveau t-shirt. Ils habitent chacun dans un village reculé et ont parcouru des heures de marche pour aller voir « le spectacle », disent-ils, de celui pour qui ils voteront désormais.
    « Je pensais déjà voter pour Andry Rajoelina mais en plus de ça, quand je l’ai vu, il m’a donné un t-shirt ! », se félicite Dady. Soloazee, elle, glissera un bulletin de vote pour le président sortant. « Hery Rajaonarimanpianina est venu ici. Et on est allé le voir. On a reçu de l’argent : 2 000 ariarys par personne (0,50 euros) ! Et un t-shirt ! »
    Des sauveurs inconnus
    Les candidats se présentent comme les sauveurs de Madagascar. Et cela semble fonctionner. Assez cynique quand on sait qu’ils ont été les trois derniers dirigeants du pays. Une information souvent ignorée des habitants. Comme pour Fideline, par exemple. « Ah ? Non, je ne savais pas qu’Andry avait déjà dirigé le pays avant. C’est parce qu’il est venu ici la semaine dernière que je sais qui il est. »
    Et si les journées de Fideline ou Mélanie sont occupées à trouver de quoi manger, tous iront voter, dans l’espoir que le nouveau président réponde à leurs attentes.
    « Ce que j’attends de lui, c’est qu’il nous apporte de la bonté et qu’il arrête la famine », explique Fideline. « Moi ce que j’attends du président, c’est qu’il arrête les bandits et qu’il nous donne des aides, confie pour sa part Mélanie. Parce qu’ici, on ne sort jamais vraiment de notre pauvreté. » Des besoins vitaux, en somme.

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  • Liban : le départ au compte-gouttes des réfugiés syriens

    Liban : le départ au compte-gouttes des réfugiés syriens

    Le silence règne dans la cour du centre de la Sûreté générale (service sécuritaire chargé des étrangers au Liban) de Bourj Hammoud, en lisière de Beyrouth. Mines graves, corps engourdis, hommes, mais surtout femmes et enfants, attendent de bon matin l’heure du départ pour la Syrie. Leur décision est prise : ils rentrent chez eux.

    Les jeux des petits, habillés de leurs plus beaux vêtements, comme pour un jour de fête, finissent par détendre l’atmosphère. Des réfugiés échangent à propos de leur région d’origine. Des hommes de la Sûreté générale font l’appel. De petits groupes de Syriens s’avancent vers les bus affrétés par Damas, sous les yeux d’employés du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, venus en observateurs. On s’entraide pour monter les bagages, qui condensent plusieurs années d’exil et un avenir incertain : vêtements, matelas, électroménager, tout ce qui n’a pu être vendu est emporté. Qui sait ce que l’on pourra s’offrir en Syrie ?

    Puis revient le silence, chargé d’émotion et d’inquiétude. Des retrouvailles se préparent, à Homs, Hama, Damas, Alep. A Beyrouth, des séparations. Collés aux vitres à l’extérieur des bus, il y a ceux qui ne partiront pas. Rares sont les familles au complet qui prennent la route.

    Depuis l’été, les opérations de retour organisées par la Sûreté générale, en coordination avec le régime syrien, se multiplient : elles ont lieu plusieurs fois par mois. Le dernier convoi en date a traversé la frontière jeudi 1er novembre. La Sûreté générale – comme le Hezbollah, allié de Damas – a ouvert des centres d’enregistrement pour les candidats au départ.

    Au Liban, ces retours collectifs, très médiatisés, sont présentés comme un moyen de réduire progressivement le nombre de réfugiés, devenu un fardeau pour le petit pays – ils sont près de 1,5 million, selon les autorités. Mais le nombre de départs vers le territoire gouvernemental syrien reste modeste : quelques centaines de…

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  • Aux Etats-Unis, le charbon en sursis à Centralia

    Aux Etats-Unis, le charbon en sursis à Centralia

    Loin du Pacifique, à 200 km à l’intérieur des terres, Centralia déploie fièrement ses deux icônes : le volcan et la centrale. De la route 507, on arrive à saisir les deux dans la même photo. Au premier plan, en plein champs, la centrale au charbon, monumentale, avec ses trois cheminées. Au fond, le mont Rainier (1 950 m) et son chapeau conique déjà saupoudré de neige.

    La fumée de l’usine est visible des kilomètres à la ronde. Dans le ciel bleu de l’après-midi, quand le brouillard s’est dissipé et laisse éclater les couleurs d’automne, le nuage est d’un blanc immaculé. « On avait l’impression qu’on avait la centrale la plus propre du pays », relate le machiniste Bob Guenther, qui y a travaillé pendant trente-quatre ans.

    Quand ils apercevaient la fumée, depuis l’autoroute Seattle-Portland, les habitants étaient rassurés. « Ça voulait dire qu’on travaillait », dit l’ancien ouvrier. « La pollution relâchée dans l’atmosphère était très minime », insiste Ron Averill, le délégué du Farm Bureau, l’association qui représente 330 exploitations agricoles du comté.

    Le changement était inéluctable

    La fierté a cédé la place à l’anxiété. Aux termes d’un accord sans précédent avec les écologistes, les syndicats et les autorités locales, la compagnie canadienne Transalta, propriétaire de l’installation, a accepté en 2011 de fermer la centrale – le premier pollueur de l’Etat de Washington, avec quelque 10 % des émissions. Quatre-vingt-huit ouvriers vont partir en 2020 ; 110 avant 2025.

    Bob Guenther est arrivé en retard au rendez-vous au Country Cousin, un restaurant dont la spécialité est le bœuf braisé couvert de gravy (sauce) et le bloody mary au bacon. Il devait dépecer un cerf que son ami Dennis avait chassé la veille : le premier gibier de la saison. Chemise rayée, pantalon à bretelles, Bob porte une casquette à l’effigie du syndicat International Brotherhood of Electrical Workers. L’une…

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  • L’Angleterre des années 1980 au supermarché

    L’Angleterre des années 1980 au supermarché

    Des montagnes de produits qui dépassent d’un chariot, de la viande sous cellophane, des glaces, de l’épicerie… Et du plastique, du plastique, du plastique. Les couleurs sont criardes et primaires, le rouge domine. Chacun reconnaîtra au premier coup d’œil, dans les photos de Paul Reas, des scènes traditionnelles de supermarché, comme il s’en déroule quotidiennement à travers le monde. Celles-ci datent du Royaume-Uni des années 1980. « C’est le moment où nous sommes passés de la génération du “nous” à la génération du “moi”, avec une obsession pour les achats, une culture individualiste », estime aujourd’hui le photographe britannique, qui présente le 9 novembre une rétrospective au salon Paris Photo. Paul Reas ne juge pas : « Je ne prends pas de photos de gens, mais de systèmes dans lesquels se trouvent des gens. Mon travail est une critique de Thatcher et des changements qu’elle a apportés à notre société, en négatif à mon avis. »

    L’humour des Monty Python et de Martin Parr

    Ce n’est pas une observation extérieure, détachée. Paul Reas documente ce qu’il reconnaît faire lui-même au quotidien. « Mon travail était une réaction à la tendance d’alors de s’occuper de sujets toujours plus exotiques, de photographier “les autres”, la différence. Je voulais m’occuper de ma vie de tous les jours. » Alors il regarde d’un œil ironique l’étrangeté de cette société. Une femme portant un pull constellé de petits cochons roses se penche sur des monceaux de viande sous cellophane, mettant en perspective notre curieuse relation aux animaux. Un homme, cigarette aux lèvres, choisit un papier peint décoré d’un soldat armé pour la chambre de son fils : « Imagine-t-on l’impact de ce dessin sur cet enfant ? » Paul Reas estime faire partie de cette tradition d’humour anglais, citant les Monty Python, le photographe Martin Parr (son tuteur à l’université) ou même le peintre du XVIIIe siècle, William Hogarth. « Il s’agit de satire. »

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    Maçon de formation, un métier qu’il a exercé pendant près d’une décennie, né en 1955 et élevé par sa mère seule dans une banlieue pauvre de Bradford, dans le nord de -l’Angleterre, Paul Reas a toujours tenté de s’approcher de sa réalité quotidienne, sans fard ni filtre. Il a commencé en photographiant en noir et blanc les gueules cassées des mineurs ou le chômage de masse et la pauvreté de Penrhys Estate, une cité pauvre du Pays de Galles. Pas de romantisme dans ces photos ni de sourire en coin à la Robert Doisneau.

    « En revoyant mon travail sur la durée, je m’aperçois que tous les éléments qui nous ont menés au Brexit étaient là. »

    Le photographe passe à la couleur pour sa série I Can Help (1988) sur les supermarchés et les centres commerciaux. Il obtient un accès sans difficultés, presque sans limites. « Ce ne serait plus possible aujourd’hui, tous ces magasins ont maintenant une conscience aiguë de leur image. »

    Après ce travail, qui a rencontré un grand succès, Paul Reas s’est intéressé à la façon dont la société s’est mise à revisiter, de manière romantique, les anciennes usines et les mines d’antan. Plus récemment, il a suivi dans le sud de Londres une communauté populaire progressivement chassée de son quartier à la faveur d’un réaménagement urbain. « En revoyant mon travail sur la durée, je m’aperçois que tous les éléments qui nous ont menés au Brexit étaient là. Il y a eu la désindustrialisation, le chômage de masse, la façon dont les classes populaires ont été écartées de la politique, puis les populistes et les nationalistes qui se sont engouffrés dedans… Ma propre culture populaire a été marginalisée. »

    Fables of Faubus, de Paul Reas, Gost Books, 240 p., 43 €.
    Signature du livre le 9 novembre à 17 heures à Polycopies, stand de Gost Books,
    sur le bateau Concorde Atlantique, face au 23, quai Anatole-France, Paris 7e.

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  • Thatcher au rayon des surgelés

    Thatcher au rayon des surgelés

    Portfolio

    M le magazine du Monde |

    Chacun reconnaîtra au premier coup d’œil, dans les photos du Britannique Paul Reas, des scènes traditionnelles de supermarché, comme il s’en déroule quotidiennement à travers le monde. Celles-ci datent du Royaume-Uni des années 1980, époque ou l’Angleterre a basculé dans la surconsommation et le culte du moi. Paul Reas ne juge pas. Ce n’est pas une observation extérieure, détachée. Estimant appartenir à une certaine tradition d’humour anglais, citant les Monty Python, le photographe Martin Parr (son tuteur à l’université) ou même le peintre du XVIIIe siècle William Hogarth, il regarde d’un œil ironique l’étrangeté de cette société. Une rétrospective de son travail est présentée le 9 novembre au salon Paris Photo.

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  • Sport et santé

    Sport et santé

    Etre en bonne santé est un besoin universel.
    Caroline Paré reçoit en direct des spécialistes pour faire le point sur l’actualité médicale dans le monde.
    Le but : faire de la prévention auprès du grand public, l’informer sur ses droits, sur les traitements et les moyens d’y accéder.

    Tous les jours, posez vos questions par mail à priorite.sante@rfi.fr ou par téléphone au 00 33 1 84 22 75 75.
    Consultez également le blog de l’émission.

    *** Diffusions du lundi au vendredi: diffusions vers toutes cibles à 09h10 TU ; vers l’océan Indien et Afrique à 20h10 TU ; vers le Cambodge à 23h10 TU.
    – du mardi au samedi vers le monde et Paris sauf Afrique à 00h10 TU ; et vers l’Afrique à 01h10 TU.

    Et retrouvez Le Conseil Santé du jour en cliquant ici.

    Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS =
    http://savoirs.rfi.fr/

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  • Mathias Sorgho remporte le 31ème Tour du Faso

    Mathias Sorgho remporte le 31ème Tour du Faso

    Copyright de l’image AFP

    Ce tour du Faso a été encadré par un important dispositif sécuritaire en raison de la menace terroriste.

    Le Burkina Faso a réussi a organisé son tour cycliste relevant ainsi un défi sécuritaire et sportif majeur tout en confirmant qu’il reste la terre africaine des deux roues.

    Les autorités avaient déployé un important dispositif tout au long des dix jours de course qui s’est finalement déroulée sans incident.

    Le Burkinabè Mathias Sorgho a fini la compétition avec le maillot jaune dimanche au terme de la 10ème et dernière étape à Ouagadougou.

    “Notre pays subit ces dernières années pas mal d’attaques. Ce Tour permet de montrer qu’au Burkina on peut organiser des choses merveilleuses sans que l’insécurité dérange. C’est une joie. La population est très contente. Regardez comment la population est sortie sur les routes pour nous accueillir!”, a affirmé le vainqueur.

    L’étape finale a été remportée au sprint par le Belge Timmy De Boes (Team Flanders), auteur de sa troisième victoire d’étape en plus du contre-la-montre par équipes.

    A lire aussi : Tour du Faso : victoire du Marocain Mraouni Salahedine

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    Classement général final :

    1. Mathias Sorgho (BFA) 28 h 22:42

    2. Sjors Handgraaf (NED) à 0:13

    3. Dieter Bouvry (BEL) 1:33

    4. Rick Nobel (NED) 1:40

    5. Julian Hellmann (GER) 2:01

    Cette année, le Tour n’a rassemblé qu’une soixantaine de coureurs, avec l’absence notable des Marocains vainqueurs de l’édition 2017 mais aussi le forfait de dernière minute de l’équipe française des Clubs de la Défense de Mederic Clain notamment.

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  • Théâtre : « LOVE », dans l’intimité de la souffrance sociale

    Théâtre : « LOVE », dans l’intimité de la souffrance sociale

    Une claque. Et, on en prend le pari, une découverte majeure : c’est LOVE, qui ne joue malheureusement que quelques soirs aux Ateliers Berthier, à Paris, dans le cadre du Festival d’automne, puis, à la mi-novembre, à la Comédie de Valence. On n’avait jamais vu la souffrance sociale de cette manière-là, au théâtre. On en sort ébranlé comme rarement.

    LOVE convie les spectateurs, de manière très proche, dans l’intimité de plusieurs êtres réunis par hasard, à la veille de Noël, dans un foyer d’urgence de l’aide sociale britannique. Il y a là un homme d’âge moyen, qui vit avec sa mère malade ; une famille composée d’un jeune père de deux préados et de sa nouvelle compagne, métisse et enceinte ; une exilée soudanaise et un réfugié syrien. Aucun d’eux n’a un travail, sauf, peut-être, le réfugié syrien, qui passe comme une ombre furtive et occupe sans doute un emploi clandestin. Tous attendent, certains depuis des mois, leur installation dans le logement définitif qu’on leur a promis.

    C’est le travail sur le réalisme qui est passionnant ici : un réalisme qui ne décalque pas la réalité mais la condense, l’intensifie

    Pendant une heure et demie d’une densité presque insoutenable, la pièce ausculte la tragédie de l’exclusion de manière on ne peut plus concrète et sensible, dans cet espace de promiscuité où chacun vit sous le regard des autres, où tous se voudraient un peu plus chanceux, un peu plus « inclus » que les autres. C’est le travail sur le réalisme qui est passionnant ici : un réalisme qui ne décalque pas la réalité mais la condense, l’intensifie et la donne à éprouver de manière quasi charnelle.

    On doit cette pièce d’une force peu commune, qui triomphe un peu partout en Angleterre depuis sa création, en 2016, à un jeune auteur et metteur en scène britannique de 33 ans, qui vient pour la première fois en France, mais dont le patronyme est loin d’être inconnu de ce côté-ci de la Manche : Alexander Zeldin. Il n’est pas le fils…

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  • Exposition : le cabinet de curiosités baroque de Philippe Favier

    Exposition : le cabinet de curiosités baroque de Philippe Favier

    La Chine est un continent si riche que Philippe Favier la met au pluriel. Un fou du mandarin ? Non, pour ses pérégrinations, le plasticien de 61 ans se contente des puces et autres vide-greniers. C’est là qu’il puise la matière première de ses mises en scène. Comme il le fait depuis près de quarante ans, il a donc écumé tout ce que la France compte de brocantes à trois sous à l’occasion de Chine.s, son exposition au centre d’art Campredon de l’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Il en a rapporté boîtes à bijoux burinées et valises d’antan, jouets abandonnés et instruments bizarres, antiques feuilles de notaires et gravures d’inventaire du château de Versailles.

    A partir de ce matériel, cet artiste rare, dont il est exceptionnel de voir un ensemble d’une telle ampleur, produit une œuvre hors d’âge. Tous ces objets trouvés, il les recombine, les repeint, les retaille ; il les émaille, les entaille d’une foule de personnages, leur dessine des microcosmes fourmillant de détails. A mille lieues des modes actuelles, son esthétique précieuse est l’héritière des cabinets de curiosités comme des divagations surréalistes.

    Bestiaire fantastique

    Flirtant avec les limites du rocaille, elle exige souvent de bonnes lunettes, tant elle relève de l’enluminure. Ainsi de cet antiphonaire du XVIIIe siècle, recueil des chants entonnés durant une messe : Favier en envahit les partitions d’un bestiaire fantastique et d’une danse macabre pleine d’allégresse. Car la mort est bien sûr une figure omniprésente dans ces vanités contemporaines. Pas une salle sans crâne ou squelette : qu’elles envahissent de vieux échiquiers passés au noir, des relevés cadastraux ou un catalogue d’ameublement, les inquiétantes silhouettes surgissent sans crier gare.

    Avec ses assemblages de puzzle, Philippe Favier nous rappelle que « l’on est enfant trop tôt » et que le jeu est la plus sérieuse des occupations

    Mais il y a aussi beaucoup de légèreté dans le projet de celui…

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  • Photographie : de nouveaux quartiers pour Cartier-Bresson

    Photographie : de nouveaux quartiers pour Cartier-Bresson

    Henri Cartier-Bresson (1908-2004) a signé d’inoubliables portraits de ses contemporains, mais lui-même refusait d’être photographié, et il sortait un couteau de sa poche pour décourager toute tentative de voler son image. Le fondateur de l’agence Magnum, qui a marqué l’histoire de la photographie avec ses images fulgurantes, n’a pas non plus fait beaucoup d’autoportraits. Celui qui est accroché à la Fondation Cartier-Bresson, à Paris, confirme à la fois son rejet de l’exercice et son humour facétieux : en 1933, en voyage en Italie avec ses amis l’écrivain André Pieyre de Mandiargues et l’artiste Leonor Fini, il s’allonge sur un mur et photographie… ses pieds, avec le paysage en contrebas.

    C’est ce drôle de « selfeet » (« selfie de pieds ») avant l’heure, reproduit sur une grande affiche, accompagné d’autres images commentées, qui accueille les visiteurs dans la toute nouvelle Fondation Henri Cartier-Bresson (HCB) : celle-ci vient de quitter sa tranquille impasse près de Montparnasse pour s’installer dans un immeuble tout neuf au cœur du quartier animé du Marais, à Paris. « Les visiteurs de passage, surtout ceux venant de l’étranger et de la province, venaient pour voir du Cartier-Bresson et ils étaient souvent déçus qu’il n’y ait pas plus d’images de lui, souligne le directeur, François Hébel. Ici, il y aura toujours cet espace à l’entrée, intitulé “perles des archives”, qui revisite quelques-unes de ses images et revient sur leur lecture qui évolue. L’espace d’exposition, qui peut être coupé en deux, nous permettra aussi de faire des focus sur Cartier-Bresson en plus de l’exposition du moment. »

    D’énormes travaux ont transformé un ancien garage de voitures en un lieu d’exposition et de conservation climatisé et dernier cri de 900 mètres carrés

    D’énormes travaux ont transformé un ancien garage de voitures sur plusieurs étages dotés d’une rampe massive, au fond d’une cour, en un lieu d’exposition et de conservation climatisé…

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