Author: Don Kayembe

  • Pesticides : des Nicaraguayens se tournent vers la France pour faire appliquer un jugement

    C’est une affaire de justice environnementale qui pourrait trouver son épilogue en se jouant des frontières. Lundi 5 novembre, 1 234 anciens employés nicaraguayens de bananeraies traitées au dibromichloropropane (DBCP), un agrotoxique, ont saisi… le TGI de Paris. Ils comptent ainsi contraindre trois multinationales de la chimie à leur verser les 805 millions de dollars d’indemnisation que la justice de leur pays les a définitivement condamnées à leur verser en 2012. Ce jugement n’a jamais été mis à exécution dans leur pays d’où les firmes condamnées ont retiré tous leurs actifs, et, compte tenu des intérêts qui courent depuis la condamnation, le total des indemnités dues se monterait aujourd’hui à plus d’un milliard de dollars. Pour que justice leur soit rendue, les « afectados » (contaminés), comme on désigne ces victimes du Nicaragua, ont décidé de recourir à une procédure d’« exequatur ». Leurs avocats, le Français Pierre-Olivier Sur, le Nicaraguayen Tony Lopez et l’Américain Robert McKee, ont expliqué lors d’une conférence de presse organisée à Paris, mardi 6 novembre, que l’exequatur permet de faire exécuter une décision judiciaire prononcée par une juridiction étrangère, même si la France n’est pas concernée, comme c’est ici le cas. Infertilités, lésions, cancers Entre la fin des années 1950 et jusqu’en 1983, Occidental Chemical Corporation, Shell Oil Company Corporate, The Dow Chemical Company ont commercialisé du DBCP sous la marque Nemagon ou Fumazone. Utilisé pour détruire le nématode, un ver qui attaque les racines de bananiers, ce perturbateur endocrinien, accusé d’être à l’origine d’infertilités, de lésions sur le foie, les poumons et les reins, et de cancers, était pourtant interdit aux Etats-Unis dès 1977. « Une fois par semaine, de nuit, je versais le produit dans un étang pour qu’il ressorte par une tuyauterie dans l’arrosage, a expliqué Diego Fernando Lopez, un chef d’équipe atteint de…
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  • Le président de l’AS Monaco perquisitionné et placé en garde à vue

    Dmitri Rybolovlev, le président de l’AS Monaco, a été placé en garde à vue à la demande d’un juge monégasque, mardi 6 novembre au matin, à quelques heures du match opposant, en Ligue des champions, son club au FC Bruges, au stade Louis II. Le milliardaire était toujours en garde à vue mardi en fin d’après-midi, ainsi que plusieurs protagonistes du dossier judiciaire. Il avait été l’objet d’une perquisition, le matin même, à son spectaculaire domicile, La Belle Epoque. D’autres perquisitions ont été réalisées dans la matinée. L’homme d’affaires russe est au cœur de l’information judiciaire ouverte voilà un an par le parquet général de Monaco pour des faits de « corruption », « trafic d’influence actif et passif » et complicité de ces délits. L’affaire, qui inquiète les plus hautes autorités de la principauté, avait déjà provoqué le placement en garde à vue, le 23 septembre 2017, de Philippe Narmino, personnalité en vue sur le Rocher. Quelques jours plus tôt, M. Narmino avait été contraint de quitter ses fonctions de ministre de la justice de Monaco, sous la pression des révélations du Monde qui avait fait état, le 14 septembre 2017, d’informations extrêmement embarrassantes pour la police et la justice monégasques. « Monacogate » « Les mises en cause personnelles dont je fais l’objet et les attaques répétées subies par l’institution judiciaire ne me permettent plus d’en assurer convenablement la charge », avait déclaré M. Narmino. Le Monde avait notamment révélé le contenu d’un DVD-Rom remis à un juge d’instruction de Monaco, et ainsi mis au jour des centaines de SMS laissant suggérer l’existence d’un réseau occulte œuvrant en faveur du milliardaire Dmitri Rybolovlev, aux prises avec la justice locale. En conflit avec l’homme d’affaires suisse Yves Bouvier, M. Rybolovlev aurait eu recours aux services d’une avocate, Me Tetiana Bersheda, pour influer sur le cours de la justice. De nombreux textos issus du smartphone…
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  • Non, Carrefour n’a pas financé la campagne de Bolsonaro

    Deux jours après la victoire du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, au Brésil, une rumeur était déjà partagée plusieurs dizaines de milliers de fois sur Facebook : le groupe de distribution français Carrefour aurait financé la campagne du candidat devenu président. Wikistrike, un site qui nous apparaît peu fiable dans le Décodex, relaie des théories conspirationnistes et publie régulièrement de fausses informations. Il affirme que « de fait, c’est l’argent de Carrefour, l’argent que la multinationale française reverse à l’un de ses principaux actionnaires, qui finance le candidat d’extrême droite Bolsonaro ». Un raccourci dangereux. Pourquoi c’est très exagéré Contactée, l’entreprise dément toute implication dans l’élection brésilienne et explique qu’il s’agit de dons personnels de l’un des actionnaires du groupe à plusieurs candidats politiques, dont certains appartiennent au parti de Jair Bolsonaro, le Parti social-libéral (PSL). Cet actionnaire, le Brésilien Abilio Diniz, possède 7,76 % des actions de Carrefour (ce qui le place en quatrième position dans le capital du groupe français) via Stanhore International Trading SARL, et siège au conseil d’administration, d’après les documents officiels du groupe. A la tête d’une fortune estimée à environ 2,4 milliards d’euros selon Forbes, il a contribué à la campagne de dix-neuf candidats issus de onze partis politiques différents. « Abilio Diniz a invité tout au long de la campagne ses concitoyens, via ses réseaux sociaux, à se rendre aux urnes et à connaître le programme des candidats sans apporter de recommandation de vote », explique son attaché de presse. D’après le Tribunal superior eleitoral, qui gère l’ensemble des élections au Brésil, deux membres du parti d’extrême droite de Bolsonaro ont chacun bénéficié de 50 000 reais (près de 11 600 euros) de la part de M. Diniz. Ce dernier a dépensé 1,2 million de reais (environ 280 000 euros) dans le cadre des élections générales. Répartition des dons d’Abilio Diniz lors de l’élection de 2018 L’homme d’affaires brésilien, ancien patron d’un grand groupe de supermarchés du pays, Grupo Pão de Açúcar, racheté en 2012 par le groupe français Casino, est entré deux ans plus tard au capital du groupe Carrefour et a, en parallèle, pris 10 % de sa filiale brésilienne. Lire (en édition abonnés) :   La saga d’un épicier hexagonal, Casino, devenu un groupe mondial
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  • Top 20 RFI : Dimata et Samatta ne se démontent pas

    Par

    David Kalfa

    Publié le 06-11-2018

    Modifié le 06-11-2018 à 17:45

    Avec 10 buts inscrits chacun, le Belgo-Congolais Landry Dimata et le Tanzanien Aly Samatta talonnent le Sénégalais Mbaye Diagne (11 réalisations) dans notre classement des meilleurs artificiers africains d’Europe, le Top 20 RFI.

    TOP 20 RFI: mode d’emploi

    Ce classement ne prend en compte que:
    1) les joueurs évoluant dans les douze meilleurs championnats d’Europe (selon l’indice UEFA 2018-2019): Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie, Turquie, Ukraine
    2) les sélectionnés ou sélectionnables par une équipe nationale A africaine. Ce qui inclut donc les joueurs binationaux.
    Sources: sites des ligues nationales de chaque pays.

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  • En Tunisie, le schisme s’aggrave au sommet de l’Etat

    Afrique Le président, Béji Caïd Essebsi, conteste le remaniement ministériel annoncé par le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Par Frédéric Bobin Publié aujourd’hui à 17h40, mis à jour à 17h45 Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi (gauche), et le chef de gouvernement, Youssef Chahed, à Tunis, le 25 juin 2018. FETHI BELAID / AFP La guerre froide qui oppose depuis le printemps les deux pôles de l’exécutif tunisien – le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, et le chef du gouvernement, Youssef Chahed – se durcit davantage au lendemain de l’annonce, lundi 5 novembre, d’un remaniement ministériel visant pourtant officiellement à « sortir de la crise politique ». M. Essebsi a fait savoir qu’il n’était « pas d’accord » avec la démarche suivie par M. Chahed, qui, selon les conseillers du chef de l’Etat, « ne l’aurait pas consulté », alors même que le chef du gouvernement assure s’en être tenu aux « prérogatives » que lui confère la Constitution. Cette passe d’armes au sommet de l’Etat pourrait sembler anodine si elle n’empoisonnait davantage le climat politique à l’heure où la Tunisie s’apprête à retrouver le chemin des urnes, à l’occasion du double scrutin législatif et présidentiel de 2019. Le remaniement ministériel marque « l’exacerbation des tensions entre les branches de l’exécutif », relève Moez Hassayoun, analyste au cercle de réflexion Joussour : « MM. Essebsi et Chahed sont entrés dans une logique de rupture. Cela va rendre difficile la gestion de la fin des mandats parlementaires et présidentiel. » Article réservé à nos abonnés Lire aussi A la mairie de Tunis, le nouveau visage du parti islamiste Ennahda
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  • Hors-série « Le Monde »-« La Vie » : au nom du peuple

    L’empire romain avait pour devise « Le Sénat et le peuple romain » (SPQR) ; la justice est rendue « au nom du peuple français » ; l’idéologie du chancelier Hitler en 1933 se résume à « un peuple, un Etat, un chef » ; la chanson chilienne Le peuple uni ne sera jamais vaincu est devenue au fil du temps un symbole d’unité et de solidarité populaire pour les citoyens opprimés de tous pays ; l’Union soviétique est sans doute le seul Etat à avoir prétendu être « l’union fraternelle des peuples » ; et une « théologie du peuple » s’enracine dans la culture argentine et inspire le pape François. Même si le « peuple » est à géométrie variable, il traverse les siècles. Peuples premiers, petit peuple de Rome, peuple de Paris, peuple invisible des Algonquins du Canada, peuple de gauche, élu ou des campagnes, etc. On pourrait multiplier les références à cette réalité immuable et inconditionnelle. Le « peuple » existe spontanément ; on en fait partie. Pour diverses raisons, mais c’est une évidence. Pour autant, selon quels critères le définir ? L’Etat-nation reste-t-il un modèle ? Par la langue pratiquée, le territoire occupé, la culture commune, les tabous et les mythes partagés ? La Révolution a-t-elle fondé le peuple français ? Depuis quand le peuple fait-il nation ? La Corée, est-ce deux Etats pour un seul peuple ? Revendiquer un territoire, est-ce possible au nom du peuple ? L’Etat-nation reste-t-il un modèle ? Comment faire face à la montée des populismes ? L’Amérique trumpiste fera-t-elle perdre son âme au peuple américain ? Quel avenir dessiner pour les peuples autochtones ? La mondialisation dissout-elle les peuples ? Face au repli des sociétés hantées par la peur des migrations, ne faut-il pas instaurer un principe universel d’hospitalité ? Sommaire de « L’Atlas des peuples » L’Atlas des peuples (6 000 ans d’histoire, 200 cartes) se compose de cinq grands chapitres. 1 De quoi parle-t-on ? la définition d’un peuple varie selon l’époque, le lieu, les disciplines… Cela n’empêche pas de s’interroger sur ce crée aujourd’hui le sentiment d’appartenance. 2 L’aube des peuples. Dès les temps préhistoriques, les groupes humains se sont différenciés par leur culture, leur mode de vie, leur identité symbolique, leur organisation politique… Ainsi se sont formés les peuples. 3 Quand le peuple fait nation. À la fin du XVIIIe siècle, les révolutions américaine et française proclament le peuple souverain. L’Etat-nation s’érige peu à peu en modèle politique. L’heure est à la construction nationale, pour le meilleur comme pour le pire. 4 Les peuples face aux Etats. Séquelles de l’Histoire, des guerres, de la colonisation, certains peuples sont sans Etat et certains Etats ont plusieurs peuples. Beaucoup de pays sont ainsi amenés à gérer la diversité, de façon brutale ou consensuelle. 5 Populisme contre universalisme. La mondialisation et l’amplification du phénomène migratoire conduisent de plus en plus de sociétés à un repli sur soi. pourtant, pour résoudre les crises, la solidarité semble plus que jamais nécessaire. Le grand entretien avec Jean Malaurie « Il faut aimer l’autre pour commencer à le comprendre ». C’est justement parce que les peuples, tribus, ethnies… sont sans cesse convoqués par l’actualité mondiale que les rédactions de La Vie et du Monde se sont réunies pour tenter de répondre à ces questions. Avec toujours la même ambition : faire appel aux intelligences. Non pas pour regarder avec arrogance le peuple d’en bas mais plutôt, comme dirait l’ethnogéographe Jean Malaurie, pour observer l’autre avec une véritable empathie afin de le comprendre. Avec plus de 200 cartes originales, consciencieusement conçues par nos équipes, journalistes et meilleurs spécialistes vont à la rencontre des peuples. Et nous aident à décrypter pas à pas la construction de nos identités. « L’Atlas des peuples », « La Vie »-« Le Monde », 188 pages, 12 €. En kiosque le 31 octobre.
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  • Hors-série « Le Monde »-« La Vie » : au nom du peuple

    Idées Le hors-série « L’Atlas des peuples » propose un voyage dans l’histoire à la recherche de la notion de peuple. Comment peut-on définir un peuple ? Par Chantal Cabé et Michel Lefebvre Publié aujourd’hui à 17h08, mis à jour à 18h08 Lecture 1 min. « L’Atlas des peuples », « La Vie »-« Le Monde », 188 pages, 12 €. En kiosque le 31 octobre. « LA VIE »-« LE MONDE » L’empire romain avait pour devise « Le Sénat et le peuple romain » (SPQR) ; la justice est rendue « au nom du peuple français » ; l’idéologie du chancelier Hitler en 1933 se résume à « un peuple, un Etat, un chef » ; la chanson chilienne Le peuple uni ne sera jamais vaincu est devenue au fil du temps un symbole d’unité et de solidarité populaire pour les citoyens opprimés de tous pays ; l’Union soviétique est sans doute le seul Etat à avoir prétendu être « l’union fraternelle des peuples » ; et une « théologie du peuple » s’enracine dans la culture argentine et inspire le pape François. Même si le « peuple » est à géométrie variable, il traverse les siècles. Peuples premiers, petit peuple de Rome, peuple de Paris, peuple invisible des Algonquins du Canada, peuple de gauche, élu ou des campagnes, etc. On pourrait multiplier les références à cette réalité immuable et inconditionnelle. Le « peuple » existe spontanément ; on en fait partie. Pour diverses raisons, mais c’est une évidence. Pour autant, selon quels critères le définir ? L’Etat-nation reste-t-il un modèle ? Par la langue pratiquée, le territoire occupé, la culture commune, les tabous et les mythes partagés ? La Révolution a-t-elle fondé le peuple français ? Depuis quand le peuple fait-il nation ? La Corée, est-ce deux Etats pour un seul peuple ? Revendiquer un territoire, est-ce possible au nom du peuple ? L’Etat-nation reste-t-il un modèle ? Comment faire face à la montée des populismes ? L’Amérique trumpiste fera-t-elle perdre son âme au peuple américain ? Quel avenir dessiner pour les peuples autochtones ? La mondialisation dissout-elle les peuples ? Face au repli des sociétés hantées par la peur des migrations, ne faut-il pas instaurer un principe universel d’hospitalité ? Sommaire de « L’Atlas des peuples » L’Atlas des peuples (6 000 ans d’histoire, 200 cartes) se compose de cinq grands chapitres. 1 De quoi parle-t-on ? la définition d’un peuple varie selon l’époque, le lieu, les disciplines… Cela n’empêche pas de s’interroger sur ce crée aujourd’hui le sentiment d’appartenance. 2 L’aube des peuples. Dès les temps préhistoriques, les groupes humains se sont différenciés par leur culture, leur mode de vie, leur identité symbolique, leur organisation politique… Ainsi se sont formés les peuples. 3 Quand le peuple fait nation. À la fin du XVIIIe siècle, les révolutions américaine et française proclament le peuple souverain. L’Etat-nation s’érige peu à peu en modèle politique. L’heure est à la construction nationale, pour le meilleur comme pour le pire. 4 Les peuples face aux Etats. Séquelles de l’Histoire, des guerres, de la colonisation, certains peuples sont sans Etat et certains Etats ont plusieurs peuples. Beaucoup de pays sont ainsi amenés à gérer la diversité, de façon brutale ou consensuelle. 5 Populisme contre universalisme. La mondialisation et l’amplification du phénomène migratoire conduisent de plus en plus de sociétés à un repli sur soi. pourtant, pour résoudre les crises, la solidarité semble plus que jamais nécessaire. Le grand entretien avec Jean Malaurie « Il faut aimer l’autre pour commencer à le comprendre ». C’est justement parce que les peuples, tribus, ethnies… sont sans cesse convoqués par l’actualité mondiale que les rédactions de La Vie et du Monde se sont réunies pour tenter de répondre à ces questions. Avec toujours la même ambition : faire appel aux intelligences. Non pas pour regarder avec arrogance le peuple d’en bas mais plutôt, comme dirait l’ethnogéographe Jean Malaurie, pour observer l’autre avec une véritable empathie afin de le comprendre. Avec plus de 200 cartes originales, consciencieusement conçues par nos équipes, journalistes et meilleurs spécialistes vont à la rencontre des peuples. Et nous aident à décrypter pas à pas la construction de nos identités. « L’Atlas des peuples », « La Vie »-« Le Monde », 188 pages, 12 €. En kiosque le 31 octobre.
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  • Présidentielle à Madagascar : André Mailhol, le candidat de l’Apocalypse

    Madagascar, un nouveau départ ? (4/5) Le fondateur de l’Eglise apocalyptique, une secte qui compte près de 2 millions de fidèles, se présente au scrutin du 7 novembre.

    Le pasteur André Christian Dieudonné Mailhol, candidat à l’élection présidentielle malgache.
    Crédits : GFFM / Facebook

    Dans le quartier d’Isotry, à Antananarivo, André Christian Dieudonné Mailhol arrive comme le messie. Chemise rose pâle, pantalon pied-de-poule, l’homme au visage rond se fraye tout sourire un passage presque naturel au milieu de la foule des vendeurs de rue, ses gardes du corps à distance.

    Présentation de notre série
     

    Madagascar, un nouveau départ ?

    C’est dans ce quartier, l’un des plus bas de la capitale malgache, qu’est implanté depuis vingt-deux ans le siège de son association, l’Eglise apocalyptique. L’homme aurait pu montrer son autre quartier général, celui du Gideon Fandresena ny Fahantrana eto Madagasikara (« Gédéon pour vaincre la pauvreté à Madagascar », GFFM), mais il a préféré mettre en avant la secte plutôt que son parti, fondé en 2011. Ç’aurait été oublier que pour lui, tout a commencé par l’église et que c’est sa vocation religieuse qui l’a conduit en politique.
    « Rien ne me prédestinait à devenir religieux quand j’ai commencé à travailler comme simple vendeur de vêtements à Analakely », expose-t-il. Jusqu’au jour où, dans ce quartier du centre-ville d’Antananarivo, au milieu des vendeurs à la sauvette, il raconte avoir « entendu une voix qui [lui] disait d’étudier l’Apocalypse ». C’était en 1996 et à compter de cette date, il a commencé à prêcher la parole adventiste dans la rue, suivi par un nombre croissant de fidèles. Depuis, André Mailhol a eu plusieurs « épiphanies », dont une en 2000 qui lui a prédit son accession au pouvoir en 2018.
    Divorcé, sept enfants
    Dans son storytelling figurent tous les ingrédients nécessaires. Fils d’une couturière et d’un père qu’il ne connaîtra que tardivement, ce natif des Hauts Plateaux est à la fois mérina et côtier, avec des origines betsileo. Côté famille aussi, son profil veut parler à tout le monde, puisqu’il est à la fois père de sept enfants et divorcé. « C’est une prophétie qui me l’a ordonné », concède-t-il dans un demi-sourire.
    Considéré comme l’un des « petits candidats » à l’élection présidentielle, André Mailhol ne surgit pourtant pas de nulle part. Cet art du discours, qu’il a exercé dans la rue pendant ses jeunes années, il l’a ensuite peaufiné sur les ondes. En 1994, il obtient une émission mensuelle à la radio Tsiokavao, celle de l’ancien président Didier Ratsiraka, puis une émission hebdomadaire pendant quelques mois à la Radio nationale malagasy.

    Episode 1
     

    A Madagascar, Hery, un président isolé au bilan terni par la corruption

    De fil en aiguille, le pasteur finit même par créer son propre média : il ouvre en 1998 la radio Fanambarana, qui retransmet en direct ses professions de foi. De quoi capter une belle audience puisque à Madagascar, la radio, accessible jusque dans les zones les plus enclavées, est le média le plus consommé. Cette popularité fait de lui un « petit candidat » différent des autres ; et certains, plus « gros » que lui, ne dédaigneraient pas qu’il appelle à un report de ses voix vers eux au second tour.
    Au fil des mois, André Mailhol s’est construit un personnage. Il n’apparaît en meeting que vêtu d’une longue robe blanche et muni d’un bâton de pèlerin. Il aime ponctuer son discours de prières avec le public. Une imagerie empreinte de bigoterie qui, si elle touche ses fidèles, déchaîne aussi les critiques les plus acerbes.
    Politique et religion ne font qu’un
    Si la dimension messianique trouve son public à Madagascar, c’est parce que politique et religion y font depuis des années bon ménage. La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat est entrée en vigueur en 1913, mais la Grande Ile a attendu son indépendance, en 1960, pour se déclarer laïque. Mais pour peu d’années, puisque la notion de laïcité a été abolie sous Marc Ravalomanana (2002-2009), lui-même vice-président de l’Eglise de Jésus-Christ à Madagascar (FJKM), la plus grande église protestante du pays.
    En fait, la tradition locale veut que la religion soit autant le terrain des politiciens que la politique est la terre d’accueil des hommes d’Eglise. Et le pasteur André Mailhol fait la synthèse parfaite de cette double approche, puisque pour lui, politique et religion ne font qu’un. D’ailleurs, l’homme compte sur les près de 2 millions de fidèles de l’Eglise apocalyptique, qui sont aussi ses partisans politiques, pour passer le premier tour mercredi 7 novembre.

    Episode 2
     

    « Le candidat qui a le plus d’argent peut s’offrir une visibilité » dans les médias malgaches

    Celui qui affirme avoir été financé par les seuls membres de la secte, qui font des donations à son parti, reconnaît que les Russes lui ont aussi fait des propositions. « Ils m’ont approché pour m’aider financièrement. Je ne suis d’ailleurs pas le seul », glisse-t-il mystérieusement. « Mais la condition, c’était que je fasse campagne seulement dans la capitale. J’ai refusé », insiste celui qui dit n’avoir pas pu se rendre dans le sud de l’île, faute d’argent. Mais de ses moyens, on ne sait pas grand-chose puisque à l’instar de 32 des 34 candidats, il n’a pas signé le formulaire de transparence sur les fonds de campagne.
    Message simplifié à l’extrême
    Côté dogme, son Eglise apocalyptique s’appuie sur une interprétation très rigoriste de la Bible que le pasteur explique d’une phrase : « Le dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse, est un livre codé, qui renferme le secret de l’avenir de l’humanité. On peut déchiffrer ce code grâce aux versets bibliques, qui sont des clés de compréhension. C’est ce que je fais auprès de mes fidèles. »

    Episode 3
     

    A Madagascar, Pierrot ira voter le ventre vide

    En politique, en revanche, il a simplifié le message à l’extrême. « Ma priorité, c’est d’éradiquer la pauvreté », affirme-t-il sans ambages : « 90 % des richesses de Madagascar reviendront aux Malgaches et 10 % à l’Etat, ce qui représente la dîme, ce qu’on donne à l’Eglise, promet-il. Je veux aussi éradiquer la corruption, et quiconque y aura recours encourra trente ans d’emprisonnement », partant du principe que « si la locomotive est intègre, le reste du train le sera aussi ». Rien sur sa méthode et, surtout, rien de bien différent des 35 autres candidats qui martèlent ces thèmes très rebattus en cette période électorale.
    Sur le seuil de son bureau, André Christian Dieudonné Mailhol ôte ses chaussures. La bâtisse blanche et bleue grouille de monde. Des effluves d’eau stagnante s’accrochent aux narines, rappelant la proximité du marché. Mais le pasteur ne semble pas incommodé. Trop au-dessus des contingences pour cela.

    Sommaire de notre série Madagascar, un nouveau départ ?
    A l’occasion de la présidentielle malgache, dont le premier tour doit se dérouler le mercredi 7 novembre, Le Monde Afrique propose une série de reportages pour raconter les enjeux de ce scrutin et le quotidien des Malgaches désillusionnés, mais dont certains ont néanmoins décidé de se dresser contre la faillite de leur pays.
    Présentation Madagascar, un nouveau départ ?
    Episode 1 Hery, un président isolé au bilan terni par la corruption
    Episode 2 « Le candidat qui a le plus d’argent peut s’offrir une visibilité » dans les médias malgaches
    Episode 3 A Madagascar, Pierrot ira voter le ventre vide
    Episode 4 André Mailhol, le candidat de l’Apocalypse

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  • Ligue des champions: Walid Azaro (Al Ahly) suspendu pour la finale retour

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  • Ligue des champions : l’OL dans le sillage de Memphis

    Quand Memphis Depay va, tout va pour l’OL. L’attaquant n’est pas champion du monde, ni capitaine (deux qualités de Nabil Fekir), mais son rôle est aujourd’hui crucial dans la bonne santé de son équipe. Si le Néerlandais est du genre à choisir ses matchs, l’Olympique lyonnais espère qu’il a coché ce mercredi 7 novembre et la réception des Allemands de Hoffeinheim pour un rendez-vous déjà décisif en vue de la qualification en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Depuis quelques mois, l’influence de l’enfant terrible du football batave est en pleine croissance. La saison passée, Depay a pratiquement qualifié à lui tout seul l’OL en Ligue des champions. Entre la 30e et la 38e journée de Ligue 1, il a réussi une incroyable série de 10 buts et 6 passes décisives. De quoi très vite hériter du costume d’homme providentiel. Lire aussi :   Ligue 1 : pourquoi Lyon est meilleur face aux grandes équipes Le jeune homme de 24 ans passé par Manchester United est habitué à composer avec les attentes élevées que son talent laissait déjà percevoir lors de ses années d’apprentissage au PSV Eindhoven. Le tatoué a l’habitude de clamer (encore une fois au mois d’août) qu’il est fait pour rejoindre un grand club. Mais cette saison, la belle mécanique se grippe, tout comme le jeu déployé par Lyon, qui tire plus souvent vers le médiocre que vers le sublime. Hormis un but en ouverture du championnat face à Amiens, le 12 août, Memphis Depay est resté aphone pendant huit matchs avant de retrouver le chemin des filets, le 19 octobre contre Nîmes, et d’inscrire quelques jours plus tard un autre but en Ligue des champions à Hoffenheim (3-3 le 23 octobre). Dans le même temps, malgré une quatrième place en Ligue 1 et une deuxième place du groupe F en Coupe d’Europe, on isole à peine trois gros matchs de l’OL parmi la quinzaine disputée jusqu’alors – les victoires contre Manchester City (2-1), l’OM (4-2) et Dijon (3-0). Décisif en Ligue des champions Samedi dernier, le fantasque footballeur est sifflé contre Bordeaux (1-1) : pourtant pas plus mauvais qu’un autre au milieu de ce brouillon collectif, son statut spécial et certaines attitudes agaçantes favorisent cette réaction d’une partie du public. Dernier épisode en date, des déclarations tapageuses à l’issue d’un match où son entrée en jeu (1 but et 1 passe décisive) permet à Lyon de changer de visage et de l’emporter à Angers (27 octobre). En zone mixte, Depay livre, sans fard ou fausse modestie, un avis tranché que l’on peut résumer ainsi : « Je suis trop bon pour être remplaçant » : « J’en ai marre d’entendre à chaque fois que j’ai changé le match. Je ne me sens pas toujours comme un joueur respecté. Je fais le job à chaque fois, je suis fort mentalement. Je dois accepter les décisions du coach. Je suis un peu déçu, je pense mériter plus de respect. Je mérite mieux que ça, et je devrais jouer à chaque match. » L’atmosphère feutrée du vestiaire lyonnais en a été toute chamboulée. Chose rare dans le Rhône, la mise au point en interne adressée à Depay par l’entraîneur Bruno Genesio a même fuité dans la presse, suscitant la réprobation publique de certains joueurs. « Je veux m’excuser, Memphis. Je m’excuse pour tous tes retards, notamment à la reprise cet été, je m’excuse pour les équipements que tu portes qui ne sont pas ceux du club, je m’excuse pour ton échauffement à Angers, ton retard et ton manque d’implication. Memphis, pour avoir une belle carrière, il faut de l’humilité », aurait raillé Genesio. Toujours est-il que si son comportement est emprunt d’extravagance et, parfois, d’égocentrisme, ses qualités exceptionnelles en font un joueur rare. Différent. De ceux capables de faire basculer le sort d’une rencontre. Plus que jamais en difficulté collective, Lyon ne peut pas se payer le luxe de se passer d’un tel talent individuel. Lire aussi :   Ligue des champions : sans supporteurs et longtemps sans envie, l’OL échappe au pire Il y a un peu plus d’un mois, le 3 octobre, Memphis Depay a été laissé sur le banc lors de la réception à huis clos du Chakhtar Donetsk. Son entrée en jeu va coïncider avec le réveil d’une équipe jusqu’à alors apathique et menée 2-0. En quelques minutes, L’OL refait son retard et manque d’un rien d’arracher la victoire. Un précédent que ferait bien de garder en mémoire Bruno Genesio avant de désigner son onze titulaires contre Hoffenheim. Aux dernières nouvelles, l’attaquant serait en effet en balance pour une place de titulaire avec le Français Moussa Dembélé (recruté fin août au Celtic Glasgow). Un retour sur le banc ne serait certainement pas apprécié par Depay, qui reste indispensable.
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