Author: Don Kayembe

  • Belgique: la restitution du patrimoine africain en débat

    Belgique: la restitution du patrimoine africain en débat


    Par
    Sabine Cessou

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 18:59

    Que faire des objets pillés durant l’époque coloniale et consacrés œuvres d’art dans les musées d’Europe ? La question ne se pose pas qu’en France, où un rapport doit être rendu en novembre par l’essayiste sénégalais Felwine Sarr et l’historienne de l’art Bénédicte Savoy au président Macron. En Belgique, le débat précède la réouverture en décembre du Musée royal d’Afrique centrale, et porte aussi bien sur des objets, des archives que des restes humains.

    Dans une lettre ouverte publiée le 25 septembre, 36 personnalités des mondes artistique, universitaire et associatif, en majorité Afro-descendantes, ont dénoncé une « Belgique à la traîne sur la restitution des trésors coloniaux » par rapport à la France, l’Allemagne et le Canada.

    Le gouvernement a-t-il une position sur la question ? Au détour d’une dépêche de l’agence Belga, l’actuel ministre de la Coopération, Alexander De Croo, se dit prêt à en discuter avec les autorités et les directeurs de musées, mais aussi les experts des pays concernés. Un premier jalon a d’ailleurs été posé avec le « renvoi » au Rwanda des archives de la période coloniale, annoncé fin septembre. Une enveloppe de 400 000 euros a été prévue par le ministère de la Coopération, pour un projet de numérisation des archives royales et de celles du Musée royal d’Afrique centrale ayant trait à cette ancienne colonie belge. Il débutera en 2019 avec la visite d’une délégation d’archivistes rwandais qui définiront leurs priorités.

    Un sujet qui monte

    Dans une autre tribune, parue le 17 octobre, une trentaine de scientifiques, dont certains travaillent au Musée royal d’Afrique centrale, ont demandé un dialogue transparent qui « doit l’emporter sur le paternalisme ». Ils se refusent à des manœuvres qui consisteraient à noyer le poisson : « Il faut que l’on admette que la restitution concerne principalement la restitution physique d’objets de musée. La numérisation, les prêts et les expositions itinérantes sont également importants, mais ne doivent pas détourner l’attention du cœur du débat. »

    Autre première en Belgique : un débat « participatif » intitulé « Restitution des biens culturels africains : question morale ou juridique ? » s’est tenu le 16 octobre au Parlement francophone bruxellois, sous la double houlette des présidentes de cette assemblée et de l’association Belgian Afro-Descendants Muntu Comittee (BAMKO-CRAN).

    Ce débat, abrité par les 72 élus francophones sur les 89 que compte le Parlement de la région Bruxelles-Capitale, devrait être suivi d’effet : la constitution d’un groupe d’experts est prévue, de même qu’une résolution, destinée à être partagée avec les autres Parlements du pays. Il s’agira de proposer des amendements à la loi, pour aller vers des restitutions concrètes.

    Campagne de restitution volontaire

    En attendant que ce processus fasse son chemin, BAMKO-CRAN invite les particuliers à rendre les objets africains en leur possession, même s’il s’agit de vieux tams-tams ou de lances rapportées par leurs oncles du Congo. Cette campagne de restitution volontaire, qui va « permettre aux familles de donner l’exemple aux musées », verra les objets transiter de BAMKO-CRAN vers le Forum international des souverains et leaders traditionnels africains, chargé de retrouver les villages, familles et lignées d’où viennent les objets   et quand c’est impossible, de les rendre à des musées africains.

    Les discussions en Belgique portent sur trois sujets bien différents, mais entremêlés : archives coloniales, restes humains et objets. Michel Bouffioux, journaliste de Paris-Match Belgique, a révélé en mai dernier la présence de 300 crânes, ossements et fœtus conservés dans le formol, provenant principalement du Congo, à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Le journaliste dénonce les crimes commis par le militaire belge Émile Storms, tels que la décapitation du chef Lusinga, en 1884, dont le crâne rapporté en Belgique comme trophée n’a pas été rendu au Congo. Les questions juridiques autour de ces dépouilles restent d’ailleurs posées.

    114 pièces rendues au Zaïre de Mobutu

    Sur la question des œuvres, le Musée royal d’Afrique centrale de Tervuren se veut « ouvert » au débat. Il explique dans un petit vade-mecum en ligne sur les « mythes et tabous » qui lui sont liés : « La présence de collections africaines à Tervuren mène inévitablement à la question du retour d’objets aux pays d’origine. (…) L’État belge, propriétaire légal des collections de l’AfricaMuseum, a transféré des objets, notamment entre 1976 et 1982. Lors de cette période, 114 pièces ethnographiques ont quitté le Musée royal de l’Afrique centrale pour l’Institut des musées nationaux du Zaïre à Kinshasa. Environ 600 objets ont également été transférés au Musée national du Rwanda à Butare. » En outre, Tervuren a remis en 2010 à ses trois anciennes colonies africaines, Congo, Rwanda et Burundi, la version digitale des films coloniaux les concernant.

    L’essentiel du fonds colossal du Musée, où figurent entre autres 180 000 objets ethnographiques et 8 000 instruments de musique, n’en reste pas moins à Bruxelles. « Tout se passe en Belgique comme s’il fallait tout faire pour éviter de perdre la face par rapport à la question coloniale, analyse Mireille Tsheusi-Robert. Contester le Musée royal de Tervuren, l’histoire coloniale de la Belgique ou son influence actuelle sur le Congo, c’est toucher à des motifs de fierté nationale et à la vitrine internationale du pays. »

    « Tout ça ne nous rendra pas le Congo »

    En témoigne, par exemple, l’expression « Tout ça ne nous rendra pas le Congo », courante et utilisée à tout propos, au point d’avoir donné son titre à une émission de télévision traitant de faits de société généraux sur la RTBF. Elle évoque un fantasme de restitution d’une grandeur passée à l’exact opposé de ce que revendiquent les Afro-descendants à propos des biens culturels. Ce travers de la « vantardise coloniale » est d’ailleurs pointé par de nombreux experts, parmi lesquels l’historien belge David Van Reybrouck, auteur de Congo, une histoire (Actes Sud, 2012).

    « De ce point de vue, le Musée royal d’Afrique centrale est mal utilisé », poursuit Mireille Tsheusi-Robert. La secrétaire d’État à l’Égalité des chances Zuhal Demir y envoie par exemple des jeunes qui ont chanté en août « Couper des mains, le Congo est à nous » lors du festival  Pukkelpop, où ils s’en sont pris à deux jeunes filles noires. L’objectif : « qu’ils prennent conscience des faits horribles commis durant la colonisation », selon la secrétaire d’État. « Et ce, alors que le musée n’est pas décolonisé ! », s’exclame la présidente de BAMKO-CRAN.

    Le débat sur la restitution s’inscrit comme en France dans un contexte plus général de « décolonisation » des anciennes métropoles coloniales, et de dénonciation des expressions les plus flagrantes du racisme qui en est issu.

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  • Guinée équatoriale: 42 militants exclus du parti au pouvoir

    Guinée équatoriale: 42 militants exclus du parti au pouvoir


    Par
    RFI

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 18:34

    En Guinée équatoriale, quarante-deux militants se trouvent exclus du parti au pouvoir. Ils sont tous accusés, par les responsables du PDGE, le Parti démocratique de Guinée équatoriale, d’avoir participé à une tentative de coup d’Etat, le 24 décembre 2017. Parmi ces militants évincés, il y a plusieurs anciens cadres du régime.

    Parmi les 42 militants exclus, il y a notamment l’ex-directeur de la sécurité du président Obiang, Julian Ondo Nkumu, ainsi que l’ancien ambassadeur de la Guinée équatoriale au Tchad, Enrique Nsue Anguesom.

    Les deux hommes ont été arrêtés il y a plusieurs mois. L’ancien ambassadeur avait été appréhendé, le 30 décembre 2017, dans sa ville natale d’Ebebiyin, soit six jours seulement après la tentative présumée de coup d’Etat. L’homme serait actuellement détenu à Bata.

    Parmi les autres militants évincés du PDGE, il y a également le fils du ministre de l’Intérieur, Ruben Clemente, Engonga Nguema ainsi qu’un ancien juge, Martin Obiang Ondo.

    Ce sont, au final, 42 militants qui ont été exclus pour leur « participation à une tentative d’assassinat du président et de déstabilisation de la Guinée équatoriale », est-il écrit dans la résolution diffusée, samedi 3 novembre, par le PDGE. Malabo avait annoncé, le 3 janvier dernier, avoir déjoué une tentative de coup d’Etat, en affirmant qu’un groupe de mercenaires avait eu pour projet d’attaquer le chef de l’Etat, le 24 décembre.

    Cette purge, au sein du parti au pouvoir, a fait réagir l’opposition. Le parti Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) avait annoncé, en mars, que cette tentative avait été organisée au sein du PDGE, « ce qui confirme et justifie le mécontentement généralisé à l’égard de la mauvaise politique du régime d’Obiang », ajoute le parti d’opposition dans un communiqué.

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  • « Le candidat qui a le plus d’argent peut s’offrir une visibilité » dans les médias malgaches

    « Le candidat qui a le plus d’argent peut s’offrir une visibilité » dans les médias malgaches

    Madagascar, un nouveau départ ? (2). En période de campagne électorale, l’accès aux télévisions et radios privées de la Grande Ile est payant. Et les prix se sont envolés.

    A Madagascar, la télé se paie. Pour 500 millions d’ariarys (un peu plus de 123 000 euros), les candidats à l’élection présidentielle ont pu s’offrir un « pack campagne premier tour » sur TV Plus. De quoi bénéficier, entre autres, de cinq émissions spéciales, quatre-vingt-dix spots radio ou encore cinquante-deux spots télé de trente secondes chacun.

    L’accès aux chaînes de télévision, aux stations de radio ou aux journaux privés de l’île est payant, et les tarifs ne sont pas plafonnés. « C’est complètement injuste, s’insurge Erick Rajaonary, l’un des trente-six candidats au scrutin du 7 novembre. On veut présenter notre programme mais on n’a pas les moyens de se payer les prime time. C’est vraiment la loi du plus fort : celui qui a le plus d’argent peut s’offrir une vraie visibilité. » L’homme, par ailleurs PDG de l’entreprise Guanomad, consacre la moitié de ses frais de campagne aux médias.

    Présentation de notre série
     

    Madagascar, un nouveau départ ?

    Si en théorie il est toujours possible pour les candidats de négocier des formules à prix fixe, quelques stations profitent de l’enjeu pour augmenter leurs tarifs. « Je trouve ça scandaleux, dénonce aussi Fanirisoa Ernaivo, candidate à la présidentielle et présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar. Ces prix sont une aberration, et pour moi ça s’apparente à un verrouillage. Il aurait fallu les encadrer, ou au moins proposer un prix symbolique. Les tarifs ont augmenté le 1er août [premier jour de la période de dépôt des candidatures] et à nouveau le 7 octobre, date du début de la campagne. Ils ont presque quintuplé ! »

    « Un véritable enjeu financier »

    L’aspirante présidente a donc revu sa stratégie de communication en fonction de ses moyens. « Les médias sont des entreprises, ils doivent gagner de l’argent, tempère Mirana Razafindrazaka, responsable du suivi de ce secteur au sein du Centre européen d’appui électoral (ECES) à Madagascar. Ils essaient de faire leur chiffre d’affaires pour cinq ans, l’élection présidentielle est donc un véritable enjeu financier. »

    A Madagascar, la politique et les médias font d’ailleurs plutôt bon ménage, puisque pas moins de quatre candidats au scrutin de 2018 sont propriétaires de stations de radio ou de chaînes de télévision. Andry Rajoelina, président pendant la période dite de « la transition » (2009-2013), possède Viva Radio et Télévision Viva. Le pasteur André Mailhol, chef de l’église Apocalypse, détient, lui, la Radio Fanambarana ainsi que la chaîne de télévision Gideona Televiziona Fianarantsoa. Marc Ravalomanana, chef de l’Etat de 2002 à 2009, est propriétaire de la télé et de la radio MBS, quand Jean Ravelonarivo, ex-premier ministre de Hery Rajaonarimampianina et lui aussi candidat, contrôle Radio feon’ny Vahoaka.

    Episode 1
     

    A Madagascar, Hery, un président isolé au bilan terni par la corruption

    L’ECES a établi la liste des propriétaires des différents groupes du secteur, dans le cadre du Projet d’appui à la prévention et à la gestion des conflits et violences potentiels liés aux élections à Madagascar. Hormis la TVM (télévision) et la RNM (radio), organes d’Etat réunis sous la bannière de l’Office de la radio et de la télévision publiques de Madagascar (ORTM), tous les médias de la Grande Ile sont détenus par des hommes d’affaires, des familles ou des hommes politiques. « On note une forte concentration, bien sûr, mais aussi une prédominance des médias d’opinion », souligne Mirana Razafindrazaka.

    Principe d’équité

    Son analyse est particulièrement vraie pour les journaux, où « le commentaire et l’opinion politiques prévalent même largement sur les faits et leur analyse ». Dans ce contexte, la campagne présidentielle a pris un tour particulier. Car, outre celles détenues par des candidats, plusieurs publications, stations de radio ou chaînes de télévision ont ouvertement déclaré leur soutien à l’un ou l’autre des concurrents en lice. Le milliardaire Mamy Ravatomanga, dirigeant de Sodiat qui comprend notamment la société SMC Presse, appuie ainsi Andry Rajoelina, comme le groupe Ultima Media de Naina Andriantsitohaina.

    En février, la première mouture de la nouvelle loi électorale souhaitait soumettre les acteurs privés du secteur au même principe d’équité que les publics en matière d’accès des différents candidats aux médias. La Haute Cour constitutionnelle a retoqué cette disposition, estimant qu’il s’agissait d’une entrave à la liberté d’entreprendre.

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    Mais à l’approche de l’élection du 7 novembre, un trublion s’est invité dans ce jeu pipé : Facebook, premier réseau social sur la Grande Ile, s’est imposé comme l’un des lieux de la campagne. L’ECES, qui a étudié la communication politique sur cette plateforme entre le 8 et le 18 octobre, a constaté que, bien que seuls 6,3 % des Malgaches disposent d’un accès à Internet par ordinateur (selon un chiffre de décembre 2017), les réseaux sociaux sont omniprésents grâce à la généralisation des terminaux connectés (smartphones, tablettes, lecteurs multimédias) et des réseaux de données mobiles sur le territoire national. Un point qui, évidemment, n’a pas échappé aux candidats. Mirana Razafindrazaka déplore que la lutte sur Facebook se soit davantage jouée autour de la visibilité des concurrents que de leurs idées, et estime qu’« il est encore trop tôt pour dire si cela aura un réel impact ». Ce qui est certain, cependant, c’est que le débat y a bien eu lieu.

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  • Yémen : intensification des combats à Hodeïda, des dizaines de rebelles tués

    Yémen : intensification des combats à Hodeïda, des dizaines de rebelles tués

    Des dizaines de rebelles Houthis ont été tués depuis samedi dans des combats et des frappes aériennes sur Hodeïda, ville portuaire stratégique de l’ouest du Yémen, ont affirmé dimanche à l’AFP des sources médicales.

    Sur le plan humanitaire, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a exhorté « toutes les parties » en conflit à cesser les hostilités, qualifiant le pays en guerre d’« enfer sur terre » pour les enfants, frappés par la famine.

    Hodeïda, tenue par les Houthis, est depuis jeudi le théâtre de combats avec les forces progouvernementales qui cherchent à reprendre la ville, ainsi que de frappes aériennes attribuées à la coalition anti-rebelles dirigée par l’Arabie saoudite.

    Au total, 53 combattants Houthis ont été tués et des dizaines d’autres blessés depuis samedi, ont indiqué à l’AFP des sources médicales à Hodeïda. Les forces loyalistes ont elles perdu 13 hommes, ont affirmé d’autres sources médicales à Aden et Mokha, villes sous contrôle gouvernemental où les cadavres ont été transportés.

    La chaîne de télévision rebelle Al-Massirah a fait état de frappes aériennes dans la région de Hodeida. Les combats entre forces progouvernementales et rebelles ont lieu depuis jeudi dans les environs de l’université et se sont intensifiés samedi et dans la matinée de dimanche, selon une source au sein des forces progouvernementales.

    Lire aussi :   Au Yémen, guerre d’usure autour d’Hodeïda

    « Enfer sur terre »

    Les Nations unies ont exhorté les belligérants à s’asseoir à la table des négociations dans un délai d’un mois, après avoir tenté sans succès en septembre d’organiser des pourparlers de paix à Genève.

    « Le Yémen est aujourd’hui un enfer sur terre, non pas pour 50 à 60 % des enfants, c’est un enfer sur terre pour chaque garçon et fille au Yémen », a déclaré dimanche le directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Geert Cappelaere, lors d’une conférence de presse à Amman. « Les chiffres, en fait, ne disent pas grand-chose mais sont importants car ils nous appellent tous à réaliser à quel point la situation est devenue désastreuse », a-t-il ajouté. Selon ce responsable, 1,8 million d’enfants âgés de moins de cinq ans sont en situation de « malnutrition aigüe »« Tous les 10 minutes, un enfant meurt en raison de maladies qui pourraient être évitées », a également indiqué M. Cappelaere.

    La coalition anti-rebelles intervient au Yémen depuis 2015 sous commandement saoudien pour rétablir dans la capitale Sanaa le gouvernement internationalement reconnu du président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié à Riyad.

    Outre Sanaa, les Houthis, soutenus par l’Iran, tiennent d’autres villes comme Hodeïda, point d’entrée de trois quarts des importations au Yémen. « Le port de Hodeida est un point vital pour 70 à 80 % de la population yéménite (…) parce que c’est seulement via Hodeida que sont acheminées les livraisons commerciales et humanitaires qui nous permettent de fournir l’aide au nord du pays », a indiqué dimanche M. Cappelaere.

    Lire aussi :   Amal Hussain, la fillette yéménite qui a fait la « une » du « New York Times », est morte de malnutrition

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  • Coopération, développement et cybersécurité au menu du 5e Forum de Dakar

    Coopération, développement et cybersécurité au menu du 5e Forum de Dakar


    Par
    Tirthankar Chanda

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 17:05

    Du 5 au 6 novembre, la capitale sénégalaise accueillera la 5e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Le développement durable du Sahel sera le grand thème de cette rencontre. Mais les participants au Forum pourront-ils faire l’économie de débattre sur les enjeux sécuritaires du jour ?

    C’est la problématique de l’opérationnalisation du lien entre la sécurité et le développement qui sera le fil rouge de la 5e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité qui s’ouvre ce lundi 5 novembre dans la capitale sénégalaise. « Il existe aujourd’hui un consensus parmi tous les acteurs pour dire que la réponse militaire contre le terrorisme, qui a commencé avec la guerre au Mali en 2013, était certes nécessaire, mais pas suffisante pour stabiliser la région et mettre en place une sortie de crise durable », soutient Hugo Sada, conseiller du président de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS), qui est l’opérateur logistique du Forum.

    « Alors, comment fait-on ? » Telle est la question à laquelle les participants à la rencontre de Dakar seront invités à répondre. « Nous savons tous qu’il n’y a guère de recette miracle, mais il fallait lancer la réflexion », ajoute pour sa part le colonel Frédéric Garnier, responsable Afrique à la Direction générale des relations internationales et stratégiques (DGRIS), au ministère des Armées qui, en collaboration avec le Sénégal, organise et finance le Forum.

    Origines

    « Cette collaboration franco-sénégalaise s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du sommet Afrique-France de l’Elysée en 2013, puis celui de Bamako en 2017 », rappelle Frédéric Garnier. « Cette initiative, poursuit le colonel, partait d’un constat, partagé d’ailleurs par la France et ses partenaires africains, qu’il manquait une grande enceinte de réflexion stratégique sur les questions de sécurité du continent. Il y a cinq ans l’Afrique n’avait rien d’équivalent aux Manama (Moyen-Orient) et Shangri-La (Asie du Sud-Est) Dialogue, où les décideurs africains et leurs partenaires puissent échanger sur des thèmes liés à la paix et la sécurité sur le continent. »

    La première édition du Forum de Dakar a eu lieu en 2014. Et manifestement, ça marche, comme ne manquent pas de souligner les organisateurs. Ils rappellent que les quatre premières éditions qui se sont succédé depuis la première année ont chaque fois rassemblé plus de 500 participants venus du monde entier, dont des chefs d’Etat. En 2017, deux chefs d’Etat (Paul Kagame du Rwanda et IBK du Mali) avaient fait le déplacement.

    Hugo Sada pointe pour sa part la qualité des débats que les dernières éditions du Forum ont accueillis. « Ces discussions ont permis, souligne-t-il, d’éclaircir les problématiques, notamment celles du terrorisme et de l’extrémisme violents qui ont été longuement abordés l’année dernière pendant les plénières, les conférences et les ateliers ». « Ces débats ont surtout énormément fait avancer, ajoute Hugo Sada, la prise de conscience des limites de la logique du tout-sécuritaire ».

    Thématiques de l’édition 2018

    Le programme du Forum de Dakar 2018 propose trois thématiques, liées à la problématique du développement soulignée lors des précédentes éditions : protection de droits et libertés dans le contexte de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, coopération internationale pour une paix durable et partenariats multilatéraux en matière de renseignement et lutte contre le cyberterrorisme.

    Rappelons que, faisant suite à son annonce phare au Forum de Dakar 2017, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian va inaugurer cette année au Sénégal une école de cybersécurité à vocation régionale. Selon les professionnels, l’Afrique est mal-préparée face aux cybermenaces. Impulsée par la France et portée par le Sénégal, cette école devrait aider à changer les mentalités par rapport aux menaces numériques en formant les jeunes.

    Enfin, les spécialistes de la paix et sécurité réunis à Dakar cette année ne pourront pas faire l’économie des discussions sur les grands enjeux sécuritaires africains du moment que sont la dégradation de la situation sécuritaire au Burkina et au Mali, l’opérationnalisation encore retardée du G5 et le redéploiement souhaité par le président Macron du dispositif Barkhane.

    « Le contexte dans lequel se déroulera ce 5e Forum est pour le moins inquiétant », se lamente Jakkie Cilliers du think-tank sud-africain Institut d’études de sécurité (ISS), partenaire du Forum de Dakar depuis un an. « Le Sahel et l’Afrique centrale sont aujourd’hui les deux maillons faibles en termes de paix et de sécurité, déclare le chercheur sud-africain, alors que la situation semble s’être nettement améliorée en Afrique orientale, voire dans la région de Corne de l’Afrique. La France, qui est présente sur le terrain, tente de rétablir la stabilité au Sahel, mais ses ressources sont limitées. Dans ce contexte, l’un des grands enjeux de ce Forum sera de s’assurer que la communauté internationale prenne toute sa part dans le financement de la lutte contre le terrorisme et que cela ne soit pas uniquement le fardeau de la France. C’est sans doute ce que la ministre de la Défense française Florence Parly va réclamer, sinon à la tribune, certainement dans les coulisses du Forum de Dakar ».

    S’agissant de la montée en force du groupement G5 Sahel, Jackie Cilliers se déclare plutôt « sceptique » à propos de l’utilité de promouvoir « artificiellement » une énième structure dans la région, « alors que les pays du G5 sont déjà membres de la Cédéao ». « Attention, prévient-il, à ne pas transformer le G5 en une nouvelle entité économique, ce qui pourrait à terme fragiliser la Cédéao et toute la région. »

    Avec des orateurs comme Jackie Cilliers qui pourrait apporter la contradiction à la tribune du Forum, les débats promettent d’être vifs, contradictoires et riches.

    Pour plus d’informations sur le Forum : www.dakarforum.org

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  • Football leaks : la faiblesse de l’UEFA face aux grands clubs européens

    Football leaks : la faiblesse de l’UEFA face aux grands clubs européens

    Au siège de l’Union des associations européennes de football (UEFA), à Nyon (Suisse), on ne s’est pas pressé pour commenter les révélations des Football Leaks, cette série d’enquêtes réalisées à partir de « plus de 70 millions de documents » par le consortium European Investigative Collaborations (ECI), dont fait partie le site Mediapart. Et pour cause : les dirigeants de la Confédération du Vieux continent , ainsi que leurs prédécesseurs, se retrouvent comme nus après ce déballage. Il montre comment, face aux menaces des clubs les plus riches, ils ont cédé à leurs exigences, pour alléger les sanctions du fair-play financier (FPF) et redessiner la Ligue des champions qui leur soit encore plus favorable.

    Vendredi 2 novembre, Mediapart a révélé que le Qatar, propriétaire du Paris-Saint-Germain depuis 2011, avait réussi à contourner les règles du fair-play financier (FPF), ce mécanisme introduit par l’UEFA en 2010, et en vertu duquel les équipes continentales ne doivent pas dépenser plus qu’elles ne gagnent sous peine de sanctions. Pièces à l’appui, l’ECI affirme que le club de la capitale « a été couvert » par la Confédération et ses deux anciens dirigeants : son ex-président Michel Platini (2007-2015), qui avait voté en faveur du Qatar lors du scrutin d’attribution du Mondial 2022, et son ancien secrétaire général, Gianni Infantino (2009-2016), actuel dirigeant de la Fédération internationale de football (FIFA). En avril 2014, Infantino a ainsi négocié un accord à l’amiable avec les hiérarques du PSG, ainsi qu’avec ceux de Manchester City, propriété du cheikh Mansour d’Abou Dhabi, dont le déficit est alors abyssal (233 millions d’euros de pertes entre 2011 et 2013).

    Alors que la chambre d’instruction de l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC) du FPF est censée être indépendante et souveraine, Gianni Infantino mène les tractations dans son dos et fait preuve de complaisance à l’égard des deux « nouveaux riches » du ballon…

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  • Le “plan secret” de May sur le Brexit

    Le “plan secret” de May sur le Brexit

    “L’accord secret de May sur le Brexit”, titre ce 4 novembre le Sunday Times. D’après le journal du dimanche britannique, “la Première ministre a obtenu des concessions de Bruxelles” qui lui permettraient “d’éviter une frontière ‘dure’ en Irlande du Nord”, principal point de blocage des négociations. L’Union européenne (UE) accepterait ainsi d’inscrire “un accord sur une union douanière concernant tout le Royaume-Uni” dans l’accord de divorce. Il y aurait cependant une “clause de sortie” destinée à convaincre les eurosceptiques que le Royaume-Uni ne restera pas pour toujours dans cette union douanière.

    Le Sunday Times affirme que l’Union aurait accepté que les vérifications des marchandises s’effectuent dans les usines et magasins plutôt qu’à la frontière.

    Les préparatifs en vue d’un accord final sont “beaucoup plus avancés que ce qui avait été annoncé auparavant”, assure le journal, qui dit s’être appuyé sur plusieurs sources proches du dossier.

    Un porte-parole de la Première ministre a toutefois fait savoir que l’article du Sunday Times n’était que “spéculation”.

    Source

    Fondé en 1822, il a fusionné avec The Times en 1967. L’enfant chéri de Rupert Murdoch est aujourd’hui l’un des meilleurs journaux de qualité du dimanche, en tout cas le plus lu.
    Comme les éditions dominicales des

    […]

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    Sélection de la rédaction

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  • Présidentielle à Madagascar: les derniers efforts des candidats

    Présidentielle à Madagascar: les derniers efforts des candidats


    Par
    RFI

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 15:00

    A Madagascar, la fin officielle de la campagne électorale, ce sera lundi 5 novembre au soir, et la présidentielle est prévue mercredi 7. Après Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, samedi, c’est au tour de Hery Rajaonarimampianina d’organiser, ce dimanche 4 novembre, un meeting à Antananarivo. Président jusqu’au mois de septembre, il a démissionné, comme le veut la Constitution, pour pouvoir se présenter. Hery Rajaonarimampianina demande plus de temps à la population pour accomplir ses promesses de candidat.

    Hery Rajaonarimampianina a fait toute sa campagne sur son bilan. Rappelons qu’il a été président jusqu’à il y a quelques semaines et qu’il a démissionné pour pouvoir se présenter à cette élection.

    Durant son discours, il a beaucoup insisté sur ce point, sur le fait qu’il respectait la loi et qu’il avait, par conséquent, démissionné comme le stipule la Constitution. Une façon de se démarquer de ses principaux concurrents, notamment l’un d’entre eux qui est arrivé au pouvoir par l’armée et non par les urnes.

    Hery Rajaonarimampianina a tenu un meeting très similaire à ceux de ses deux principaux concurrents, avec notamment un discours rythmé par des slogans, des chanteurs et des danseurs.

    Il demande qu’on le laisse continuer ce qu’il a entamé, rappelant le fait qu’il a fait construire des routes, des écoles et qu’il a appuyé les agriculteurs, et rappelant également que la croissance avait atteint les 5% cette année, et qu’il a le soutien de bailleurs de fonds.

    Des faits qui vont lui permettre de continuer le développement du pays. L’ancien président a par ailleurs indiqué, à plusieurs reprises, que ses projets étaient réalistes et réalisables. Une façon, là aussi, de se démarquer de certains candidats qui ont fait des promesses excentriques lors de cette campagne.

    D’autres candidats continuent également de battre campagne. C’est le cas, par exemple, du pasteur Mayol qui tient, lui aussi, un meeting ce dimanche 4 novembre. Il est à la tête de l’Eglise de l’Apocalypse, qui compte 2 millions de fidèles.

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  • En Egypte, la police annonce la mort de 19 « djihadistes » liés à l’attentat contre les coptes

    En Egypte, la police annonce la mort de 19 « djihadistes » liés à l’attentat contre les coptes

    Vendredi, un attentat revendiqué par l’organisation Etat islamique faisait sept morts parmi les fidèles de la communauté copte.

    Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 14h15, mis à jour à 14h50

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    Dix-neuf personnes présentées comme des djihadistes impliqués dans l’attentat dirigé contre la communauté copte vendredi à Minya, dans le centre de l’Egypte, ont été tués lors d’une fusillade avec la police, a annoncé, dimanche 4 novembre, le ministère de l’intérieur égyptien.

    Ces derniers ont été retrouvés « dans le cadre de la poursuite des éléments terroristes impliqués dans la mise en œuvre d’opérations hostiles dans le pays, dont la dernière attaque armée qui visait des citoyens lors de leur retour du monastère de Saint-Samuel », a précisé le ministère.

    « Les terroristes ont ouvert le feu »

    Au moins sept personnes avaient été tuées et sept blessées, vendredi, dans un attentat revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI) contre un bus transportant des fidèles chrétiens coptes près du monastère de Saint-Samuel en plein désert, dans la province de Minya.

    Moins de quarante-huit heures après l’attaque, plusieurs télévisions égyptiennes ont diffusé en boucle les images fournies par le ministère, montrant des cadavres d’hommes armés jonchant le sable du désert. Les images ont également montré la tente qui abritait la cellule de combattants, contenant notamment un petit drapeau noir de l’EI.

    Des raids ont été menés dans les zones montagneuses du désert occidental de la province de Minya pour retrouver ces « éléments terroristes en fuite », a précisé le ministère de l’intérieur égyptien. « Les éléments terroristes ont ouvert le feu sur les forces [de sécurité], qui ont répliqué », a-t-il encore expliqué.

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    La « douleur » du pape

    Les djihadistes de l’EI s’en prennent régulièrement aux coptes, qui représentent environ 10 % de la population égyptienne, évaluée à quelque 100 millions d’habitants. Plus d’une centaine de personnes sont mortes dans une série d’attaques dirigées contre la communauté copte depuis la fin de 2016.

    La dernière attaque meurtrière contre des fidèles coptes en Egypte remontait à décembre 2017, lorsqu’un djihadiste de l’EI a tué neuf personnes dans une église au sud du Caire.

    Le pape François a réagi, dimanche, exprimant sa « douleur après l’attentat terroriste qui a frappé voici deux jours l’Eglise copte-orthodoxe en Egypte ».

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  • Le mari d’Asia Bibi, chrétienne acquittée de blasphème, demande l’asile pour sa famille

    Le mari d’Asia Bibi, chrétienne acquittée de blasphème, demande l’asile pour sa famille

    Quatre jours après son acquittement, le sort de la Pakistanaise reste très incertain dans son pays face aux manifestations d’extrémistes musulmans.

    Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 13h59, mis à jour à 16h26

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    Le mari d’Asia Bibi réclame l’asile pour sa femme, ses trois filles et lui-même aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, alors que le sort de la Pakistanaise demeure très incertain dans son pays.

    Dénoncée par des voisines pour avoir bu l’eau d’un puits réservé en principe aux musulmans, cette chrétienne avait été condamnée à mort pour blasphème en 2010, avant de se voir, finalement, acquitter mercredi. Elle reste, cependant, pour l’heure incarcérée.

    « Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la première ministre britannique de faire de son mieux pour nous aider », a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo vu par l’AFP. Le mari d’Asia Bibi a également sollicité l’« aide » du premier ministre canadien, Justin Trudeau.

    Dans la vidéo, Ashiq Masih demande également l’asile pour Joseph Nadeem, qui a hébergé sa famille depuis la condamnation à mort de sa femme.

    « Si Asia Bibi quitte le pays, chaque membre de sa famille, chaque personne associée à elle, sera tué », a affirmé Wilson Chowdhry, le président de l’association des chrétiens pakistanais de Grande-Bretagne, qui aide Asia Bibi et sa famille depuis des années.

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    Acquittée mais incarcérée

    Préalable à son départ du Pakistan, la libération de la chrétienne, qui semblait acquise après son acquittement mercredi par la Cour suprême, paraît toutefois incertaine.

    Le gouvernement a signé dans la nuit de vendredi à samedi un accord controversé avec des manifestants islamistes qui ont paralysé le pays trois jours durant. Il s’est notamment engagé à lancer une procédure visant à interdire à Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d’acquittement initiée par un religieux.

    Asia Bibi, bien que libérée par la justice, reste donc incarcérée à Multan. Samedi, Ashiq Masih avait demandé au gouvernement de « renforcer la sécurité » de son épouse « en prison ». L’avocat de la chrétienne, Saif-ul-Mulook, a, de son côté, annoncé à l’AFP son départ du Pakistan, où la question du blasphème est extrêmement épineuse.

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