Author: Don Kayembe

  • Congo: pénurie de carburant «super» à Brazzaville

    Congo: pénurie de carburant «super» à Brazzaville


    Par
    RFI

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 12:46

    Au Congo, les délestages de courant, annoncés par la Société nationale d’électricité, pénalisent les activités à Brazzaville, la capitale. Dorénavant, à ces délestages, il faut ajouter une pénurie de carburant. Les stations essence de la capitale sont à sec et certains secteurs d’activité tournent ainsi au ralenti.

    A la descente de la Montagne sainte, dans le premier arrondissement, Garcia, un jeune de 30 ans qui tient un salon de coiffure, peine à faire de la recette. Les délestages l’empêchent de travailler et il ne peut pas non plus alimenter son groupe électrogène à cause d’une pénurie de « super ».

    « Je suis coiffeur. Je travaille avec le courant mais actuellement, le courant n’est pas stable. Ce qui nous fait un peu mal, c’est que ce n’est pas facile de se procurer du carburant. On se promène partout pour essayer d’en avoir mais on n’en trouve pas et cela nous met en difficulté », explique-t-il.

    A quelques encablures du salon de Garcia, à la station-service du CEG Angola-Libre, les automobilistes et notamment les chauffeurs taxi y passent plus de temps que dans la circulation. Ils sont à la merci des pompistes et des vendeurs à la sauvette communément appelés « kadhafis ».

    « Je suis congolais. Cela me fait mal. Cela ne me fait pas plaisir de voir des choses pareilles. C’est un grand problème de kadhafis. Lorsqu’ils achètent du carburant, ils le revendent à 2 000 ou 1 500 francs CFA. Mais combien gagne un Congolais pour acheter l’essence à 1 500 francs CFA ? », s’insurge-t-il.

    « Les pompistes te demandent parfois 3 000 francs CFA pour te faire un plein de carburant à 12 000 francs CFA ! », alerte, de son côté, un autre automobiliste.

    Selon une source à la Société nationale des pétroles du Congo, cette pénurie serait due aux problèmes logistiques de transport des produits pétroliers entre Pointe-Noire et Brazzaville.

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  • « On peut parler pour “Red Dead Redemption 2” de mélancolie masculine blanche »

    « On peut parler pour “Red Dead Redemption 2” de mélancolie masculine blanche »

    Mehdi Derfoufi, chercheur associé à l’université Sorbonne-Nouvelle (Paris-III), enseignant à l’université d’Illinois à Paris et spécialiste des questions post-coloniales au cinéma et dans les jeux vidéo, a répondu durant trois heures le mardi 30 octobre aux questions des lecteurs du Monde sur Red Dead Redemption 2 (RDR2), la superproduction de Rockstar Games sortie fin octobre.

    Il livre son analyse basée sur le visionnage du chapitre IV de l’aventure, qui se déroule dans l’équivalent de la Louisiane en 1899. Mehdi Derfoufi évoque ainsi la représentation de la mythologie occidentale de la conquête de l’Ouest dans le jeu, ainsi que de la place marginale qu’elle laisse aux Noirs et aux Amérindiens.

    Compte rendu :   premières impressions après cinq heures de jeu sur « RDR2 »

    Dedrak : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre sujet de recherche ?

    Mehdi Derfoufi : Vaste sujet que le champ des études post-coloniales ! C’est avant tout une manière d’approcher les productions culturelles actuelles qui positionne l’expérience coloniale comme centrale, comme matrice de l’époque actuelle. L’Orientalisme de Edward Saïd [Seuil, 1980] est un classique fondateur de cette approche.

    von_yaourt : Le besoin de créer du jeu (dans son acception ludique) n’est-il pas une limite évidente à votre champ de recherche sur le jeu vidéo, au contraire du cinéma ? Même si la démarche est pertinente sur RDR2 qui n’est qu’un film ouvert mal déguisé dans un jeu sans gameplay…

    C’est un peu exagéré de dire qu’il n’y a pas de gameplay dans RDR2, non ? Mais votre question n’est pas sans intérêt. Bien sûr, l’analyse des représentations est bien plus évidente sur des jeux très narratifs qui proposent une identification à des personnages, un imaginaire, etc.

    Mais dans d’autres types de jeux, on peut aussi noter des fondements tels que l’accumulation, la progression, la linéarité, le principe d’apprentissage par échec et récompense. Tout cela correspond à des notions culturelles qui ne sont pas forcément évidentes pour toutes les sociétés à travers toutes les époques.

    Dans Red Dead Redemption 2, on se promène par exemple parfois dans des paysages quasi-déserts. C’est vraiment un élément important : un des plaisirs du jeu repose sur l’exploration mais aussi l’appropriation progressive du territoire, une appropriation qui se matérialise sur la carte, à travers les marqueurs. Dans la conquête coloniale, la cartographie est à la fois un outil de conquête et de contrôle d’un territoire et une représentation visuelle et imaginaire de ce contrôle.

    Analyse :   « Red Dead Redemption 2 » a-t-il été surnoté par la presse ?

    Jmye : Le principe de la conquête de l’Ouest n’était-il pas d’offrir à chacun un bout de terre où il pouvait construire le mode de vie ou la société qu’il désirait ? La liberté au gré du paysage infini ?

    Disons que c’était un des éléments, mais il y a différents niveaux politiques à cette conquête – à commencer par des objectifs étatiques d’expansion territoriale et de contrôle des ressources. Le concept de « destinée manifeste » émerge au milieu du XIXe siècle pour justifier moralement l’annexion des territoires de l’Ouest. Il s’agit de défendre l’idée que les Etats-Unis avaient une sorte de « mission divine » dans leur rôle de conquête et d’aménagement des terres « sauvages ».

    L’opposition entre civilisation et « sauvagerie » assimile à des espaces géographiques des identités raciales. Les « Peaux-Rouges » sont des « sauvages » qui font corps avec la nature, les « hommes blancs », les « pionniers », sont des êtres civilisés qui doivent faire l’apprentissage – pour survivre – des règles qui régissent cet espace sauvage, afin de le contrôler progressivement en vue de le domestiquer (littéralement en faire une maison, un lieu habitable, c’est-à-dire civilisé)

    EnColt & Bretelles : Sur la géographie justement, n’y a-t-il pas deux espaces différents suivant que l’on se place du côté des minorités ou du mâle blanc colonisateur ? Que ce soit en termes de lieux fréquentés – je pense notamment à la dualité entre ville et campagne – ou de « périmètre » de vie…

    Oui, tout à fait. RDR2 s’inscrit comme tout bon western dans un système d’oppositions binaires entre nature et culture, civilisation et espaces sauvages, ville et campagne, et évidemment il est assez facile de voir où se placent l’homme blanc et l’Amérindien dans ce schéma. Le récit du jeu s’inscrit dans ce schéma sans trop le perturber, dans la continuité du premier opus, qui travaillait toutefois davantage, il me semble, la question de la frontière avec le Mexique.

    L’avantage est que ce type d’opposition parle à tout le monde et est assez utile en termes dramaturgiques. Mais on peut proposer de sortir de ce schéma et rappeler que « civilisation » n’égale pas nécessairement « ville » ou « sédentarité », ou que les Amérindiens n’étaient pas tous des nomades, etc.

    Le mythe de la terre vierge, par exemple, sert à justifier la conquête, mais les espaces dits « sauvages » ne l’étaient pas vraiment… A propos de la « découverte » de l’Amérique et du mythe de l’Amazonie comme enfer vert, on peut lire les livres suivants : Amazonie, les 12 travaux des civilisations précolombiennes, par Stéphen Rostain [Belin, 2017], et 1493, comment la découverte de l’Amérique a transformé le reste du monde, par Charles C. Mann [Albin Michel, 2013].

    Compte rendu de tchat avec le chercheur en études cinématographiques Alexis Blanchet :   « Rockstar restitue le cinéma hollywoodien sous une forme autant narrative que spatiale »

    Lutin : Red Dead Redemption 2 recherche-t-il le réalisme de l’époque du Far West, ou reproduit-il les stéréotypes de l’époque ?

    A mon avis, dans RDR2, on est davantage dans un réalisme d’époque, qui manque l’occasion de déconstruire des stéréotypes raciaux. Par exemple, on y trouve le terme « darky » en anglais, traduit par « nègre » en français, qui est un terme la plupart du temps banni dans le contexte anglo-saxon en raison de sa violence raciste. Par ailleurs, dans une mission avec deux forçats, le héros intervient en arbitre, mais le forçat évadé blanc n’est pas traité sur le même plan que le forçat noir, qui est tenu à l’écart.

    Mais ça paraît cohérent avec le discours des créateurs qui, comme le disait récemment Dan Houser, essaient de « ressusciter un monde disparu ». Dans ce monde, ce qui les intéresse est clairement le point de vue de l’aventurier blanc, plutôt que celui des victimes de l’expansion étasunienne (les Amérindiens, les Noirs…). [Le jeu développe davantage le point de vue des Amérindiens dans le chapitre VI, dont M. Derfoufi n’avait pas connaissance lorsqu’a eu lieu cette session de questions & réponses]

    Analyse :   Le jeu vidéo, voix naissante des peuples marginalisés

    Supermeul : N’est-ce pas un peu comme la nostalgie actuelle aux Etats-Unis sur la période des années 1950-1960, où tout était bien mieux – sauf pour les femmes, les homosexuels et les minorités ?

    Très juste, la nostalgie est d’ailleurs un ressort puissant de RDR2 comme du premier opus. On parle souvent à propos de lui de mélancolie, d’errance contemplative. L’identification au jeu fonctionne pas mal sur le sentiment de perte d’un monde disparu et de redécouverte et d’immersion dans ce monde. Je pense qu’on peut parler de mélancolie masculine blanche, qui est aussi une manière très contemporaine de gérer le sentiment de culpabilité des crimes coloniaux.

    Kob : Existe-t-il des jeux vidéo dans lesquels est retransmis le vécu des minorités, non pas dans les objectifs du jeu, mais dans ses mécaniques ?

    Les premiers jeux à ma connaissance à poser la question raciale en termes de gameplay et pas seulement de représentations doivent être Méwilo et Freedom de Muriel Tramis et Patrick Chamoiseau, en 1987 et 1988.

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  • Côte d’Ivoire : mort d’un proche de Laurent Gbagbo

    Côte d’Ivoire : mort d’un proche de Laurent Gbagbo

    La Côte d’Ivoire est en deuil après la mort samedi d’un proche de l’ancien président Laurent Gbagbo.

    Le politicien ivoirien Aboudramane Sangaré, 71 ans, un proche de l’ancien président Laurent Gbagbo, est décédé samedi à Abidjan. Il est mort « des suites d’une courte maladie » a déclaré à l’Agence France Presse Franck Anderson Kouassi, le secrétaire national à la Communication du Front populaire ivoirien (FPI, opposition).

    Présenté comme le « gardien du temple », M. Sangaré dirigeait la faction dissidente du FPI qui avait élu en août dernier, Laurent Gbagbo, jugé à La Haye pour crimes contre l’humanité, à la tête du parti. M. Sangaré occupait les fonctions de vice-président et président par intérim du FPI.

    Le 10 octobre encore, il avait organisé une conférence de presse à la résidence de Laurent Gbagbo pour demander « à tous ses militants et sympathisants partout sur l’ensemble du territoire, à tous les démocrates et à l’ensemble des Ivoiriens, de s’abstenir de prendre part à ces élections-piège du 13 octobre 2018 ». Il était le leader de cette aile du FPI.

    Créé par Laurent Gbagbo, le FPI traverse une crise qui oppose deux camps rivaux. Pascal Affi N’Guessan, 65 ans, actuel président du parti, est contesté par le camp rival d’Aboudramane Sangaré.

    Premier ex-chef d’État remis à la CPI, Laurent Gbagbo est écroué depuis fin 2011 à La Haye, où il est jugé par la CPI pour « crimes contre l’humanité » présumés commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3 000 morts en Côte d’Ivoire.

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  • Tchad: un sous-préfet du Tibesti démissionne suite à des violences à Miski

    Tchad: un sous-préfet du Tibesti démissionne suite à des violences à Miski


    Par
    RFI

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 11:27

    Des affrontements entre l’armée et des présumés terroristes ont eu lieu mercredi 31 octobre à Miski dans la région du Tibesti. L’armée avait affirmé avoir répondu à une attaque de la rébellion tchadienne. Selon le sous-préfet de Yebbibou, l’armée aurait utilisé des moyens aériens et d’artillerie pour s’en prendre aux populations civiles. Le sous-préfet annonce à RFI qu’il démissionne de son poste.

    Le sous-préfet dénonce des bombardements aériens, des pillages et des incendies de maisons. « Je ne peux pas cautionner ces actes. Par conséquent, je tire les conclusions qui s’imposent et je démissionne de mon poste avec effet immédiat. »

    Le sous-préfet démissionnaire annonce dans la foulée rejoindre un comité d’autodéfense, car pour lui ces opérations ainsi que le nouveau découpage territorial engagé par l’Etat n’ont qu’un but.

    « Déby et son clan voudraient absolument mettre la main sur la richesse de Miski. J’ai dit cela en connaissance de cause. Sous mes responsabilités. C’est-à-dire pendant que j’étais sous-préfet. Déby et sa famille ont tenté à maintes reprises d’exploiter l’or de Miski, en dehors de tout cadre légal. »

    Des accusations rejetées par le ministre tchadien de la Sécurité publique Ahmat Mahamat Bachir. Mais le ministre reconnaît tout de même à demi-mot que l’Etat intervient dans la zone pour contrôler lesdites ressources. « Il y a des mercenaires, des terroristes, des esclavagistes, qui ne veulent pas que le gouvernement, l’Etat, mette la main sur ces ressources-là ! »

    Face à cette fronde, le ministre se dit déterminé à employer la force. « Le gouvernement ne lésinera sur aucun moyen ! Nous allons tout engager pour nettoyer la zone ! Nous allons engager tous les moyens pour défendre le territoire national ! Tous les moyens, je dis bien ! »

    Ahmat Mahamat Bachir refuse toutefois de préciser le nombre de forces militaires engagées pour l’heure à Miski et dans la région.

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  • RDC: le difficile combat contre une épidémie de choléra qui progresse

    RDC: le difficile combat contre une épidémie de choléra qui progresse


    Par
    RFI

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 11:13

    La République démocratique du Congo subit actuellement, dans l’est du pays, une dixième épidémie d’Ebola qui a fait 180 morts, et de nombreux cas de poliomyélite et de rougeole. Le pays fait aussi face à une épidémie de choléra qui a débuté en 2017. Depuis le début de l’année et jusqu’à la mi-octobre, le ministère congolais de la Santé a recensé plus de 880 personnes mortes de cette maladie sur plus de 25 000 cas déclarés. Presque toutes les provinces sont concernées, selon les autorités du pays qui ont commencé à mettre en place une riposte sanitaire. Enrayer cette épidémie de choléra sera cependant compliqué.

    Déjà 22 provinces touchées sur les 26 que compte la RDC. Tout le monde reconnaît, aujourd’hui, que l’épidémie de choléra a progressé géographiquement, même si les autorités assurent avoir su la contenir quant au nombre de ses victimes. En cause, le manque de moyens, des faiblesses inhérentes au système de santé ou encore l’insalubrité.

    Les autorités pointent également l’apparition d’une nouvelle épidémie d’Ebola, notamment dans le nord-est du pays.

    « Cette année a été le moment où nous avons voulu focaliser l’énergie pour organiser la riposte contre Ebola. Cela a permis de mobiliser les ressources et même le personnel pour organiser la lutte », a précisé le Dr Aruna Abedi, directeur de la Surveillance épidémiologique en RDC.

    Le gouvernement ainsi que l’OMS assurent qu’ils sont en train de tout mettre en œuvre pour endiguer cette épidémie de choléra, même si, en l’état actuel, il sera difficile de vaincre totalement, dans le pays, la « maladie des mains sales », comme on l’appelle.

    « Le problème du choléra est multisectoriel. Tant que les populations n’auront pas d’eau potable, tant que les populations n’auront pas accès à l’assainissement, il sera difficile d’endiguer le choléra en RDC », explique le Dr Gervais Folesack, coordinateur des urgences de l’OMS dans ce pays.

    En attendant, l’OMS vient de proposer au gouvernement la vaccination de quelque 6 millions de personnes à risque. Il s’agit d’une nouvelle stratégie de lutte contre le choléra à côté de celles qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs comme par exemple l’adoption de mesures d’hygiène.

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  • Brexit : la presse anglaise parle d’un accord imminent sur la frontière irlandaise

    Brexit : la presse anglaise parle d’un accord imminent sur la frontière irlandaise

    La Grande-Bretagne resterait dans une union douanière temporaire avec l’Union européenne après le Brexit pour éviter une frontière coupant l’île d’Irlande entre le Nord, membre du Royaume-Uni, et le Sud, selon un nouvel accord intervenu entre Londres et Bruxelles, affirme, dimanche, le Sunday Times.

    La première ministre britannique Theresa May aurait obtenu des concessions de Bruxelles, l’UE ayant accepté d’inscrire une union douanière pour « l’ensemble du Royaume-Uni » dans l’accord de divorce, selon des sources proches du dossier citées par l’hebdomadaire. Le cabinet de Theresa May a commenté l’article du Sunday Times, dimanche, en qualifiant de « spéculation » ces informations, tout en précisant que les « négociations se poursuivaient ».

    La frontière irlandaise constitue l’un des principaux obstacles à un accord sur le Brexit, aucune des parties ne souhaitant rétablir une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord par peur de compromettre l’accord de paix ayant mis fin à des décennies de violences communautaires.

    Nos explications :   pourquoi la frontière entre les deux Irlandes est un casse-tête pour Londres

    Maintenir une frontière ouverte

    Selon cet accord, l’Union européenne accepterait que les vérifications des marchandises soient faites dans les usines et magasins plutôt qu’à la frontière, écrit le Sunday Times.

    Le 2 novembre, le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, et David Lidington, le secrétaire d’Etat auprès du cabinet de Mme May, avaient assuré que Dublin et Londres étaient « très près » de s’accorder sur la manière de maintenir une frontière ouverte sur l’île d’Irlande après le Brexit, principal obstacle à la conclusion d’un accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

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  • Prison à perpétuité pour trois membres de l’opposition chiite au Bahreïn

    Prison à perpétuité pour trois membres de l’opposition chiite au Bahreïn

    Dimanche 4 novembre, trois personnalités de l’opposition chiite au Bahreïn, dont le chef du mouvement Al-Wefaq Cheikh Ali Salmane, ont été condamnées en appel à la prison à perpétuité pour avoir transmis des informations confidentielles au Qatar, pays boycotté par Manama et d’autres alliés de l’Arabie saoudite.

    Ils avaient été acquittés en juin par la haute cour pénale de Bahreïn, pays dirigé par une monarchie sunnite. Le procureur général avait, néanmoins, interjeté appel.

    Le jugement de dimanche peut encore faire l’objet d’un recours.

    Une « parodie de justice »

    Ali Salmane avait été inculpé il y a un an « d’intelligence avec l’Etat du Qatar en vue de commettre des actions hostiles dans le but de nuire à la position politique et économique du royaume de Bahreïn, de renverser son régime et de dévoiler ses secrets défense ».

    Il avait été également accusé d’« avoir reçu d’un Etat étranger [le Qatar] des sommes d’argent en contrepartie de la transmission d’informations concernant des secrets militaires et la situation générale dans le pays ».

    « Ce verdict est une parodie de justice qui illustre les efforts constants et illégaux des autorités bahreïnies pour réduire au silence toute forme de dissidence », a accusé Amnesty International.

    « Le cheikh Ali Salmane est un prisonnier de conscience qui est détenu seulement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression », a ajouté l’ONG de défense des droits de l’homme.

    Le Qatar sous embargo

    Cette inculpation était intervenue après l’embargo décrété le 5 juin 2017 contre le Qatar par l’Arabie saoudite et ses alliés, l’Egypte, les Emirats et Bahreïn.

    Les quatre pays accusent le Qatar de soutenir des mouvements « terroristes » (ce que Doha dément), de se rapprocher de l’Iran et de saper la stabilité de la région.

    Lire aussi :   Le conflit entre le Qatar et ses voisins devant la Cour internationale de justice

    La seule frontière terrestre de la petite nation péninsulaire avait alors été fermée, sa compagnie aérienne publique interdite d’emprunter l’espace aérien des pays voisins, et ses citoyens expulsés de ces mêmes pays.

    Depuis plusieurs mois, le régime saoudien entretient également le flou autour d’un projet de canal maritime, percé parallèlement à sa frontière avec le Qatar, qui transformerait de facto l’émirat en île.

    Lire aussi :   Au Qatar, la possibilité d’une île

    Allié de Washington

    Arrêté dès 2014, Cheikh Ali Salmane purge, par ailleurs, actuellement une peine de prison pour « incitation à la haine confessionnelle ».

    Le royaume de Bahreïn, siège de la Ve Flotte des Etats-Unis et proche allié de Washington, avait alors écrasé dans le sang un mouvement de contestation chiite qui réclamait des réformes dans la foulée du « printemps arabe ».

    Des centaines d’opposants ont été emprisonnés depuis et certains ont été déchus de leur nationalité.

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  • Crise au Togo: le Front citoyen Togo-Debout interpelle la Cédéao

    Crise au Togo: le Front citoyen Togo-Debout interpelle la Cédéao


    Par
    RFI

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 10:39

    Plusieurs milliers de militants et sympathisants du Front citoyen Togo-Debout ont marché samedi 3 novembre à travers la ville de Lomé pour interpeller la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Ils demandent à la Cédéao de prendre position pour une sortie de crise.

    Malgré la modification des itinéraires et le confinement de la manifestation dans un quartier excentrée, les militants du Front citoyen Togo-Debout ont tenu, se sentant humiliés mais déterminés à manifester.

    Le communiqué lu à l’issue de la marche s’indigne et proclame : « Oui, nous n’en pouvons plus au Togo ! Et personne ne doit venir encore vous dicter un chemin ! »

    La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest est interpellée, elle qui a soumis une feuille de route aux Togolais, le 31 juillet, pour une sortie de crise. Selon le Front citoyen Togo-Debout, le processus électoral en cours est contestable et la Cédéao doit prendre position.

    « Depuis un an que nous sommes sortis, nous demandons – enfin – que ces réformes soient mises en application, explique le professeur David Dosseh, premier porte-parole du Front citoyen Togo-Debout. La Cédéao s’immisce dans le jeu au lieu de répondre aux préoccupations populaires. »

    Et d’ajouter : « Elle vient à nouveau demander à ce que nous allions à des élections législatives au pas de charge et dans des conditions totalement inacceptables. Et donc, nous voulons que la Cédéao se positionne clairement et qu’elle dise ce qu’elle pense du problème togolais. »

    La société civile togolaise, à travers le Front citoyen Togo-Debout, prévient : « Nous sommes à un tournant historique, nous ne devons plus entrer en 2019 avec les mêmes problèmes. »

    Le processus électoral en cours est contesté par l’opposition, la date des élections législatives est fixée au 20 décembre et le gouvernement entend y aller même si les protagonistes de la crise appellent au boycott.

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  • Ces antisémites obsédés par George Soros

    Ces antisémites obsédés par George Soros

    Les campagnes contre George Soros, accusé d’incarner la finance mondialisée et d’encourager les flux d’immigration, alimentent de plus en plus de passages à l’acte antisémite.

    Campagne d’affiches du gouvernement hongrois contre Soros en 2017

    L’attaque du 27 octobre contre une synagogue de Pittsburgh est, avec 11 morts, l’attentat antisémite le plus meurtrier de l’histoire des Etats-Unis. De nombreuses voix se sont élevées depuis pour dénoncer le climat de haine entretenu par Donald Trump, surtout dans ses attaques obsessionnelles contre George Soros, un des plus solides soutiens financiers du parti démocrate. « Quand il dit Soros, c’est un code pour désigner les Juifs. Quand il dit ‘globalisme’ aussi. Par ses propos, il alimente les antisémites », affirme Joy Katz, écrivaine juive de Pittsburgh. Quant à Maurice Samuels, professeur à Yale, il accuse Trump de « répercuter (ou retweeter) de façon routinière les théories conspirationnistes d’extrême-droite, dont beaucoup concernent George Soros, qui offre un symbole bien pratique des Juifs contrôlant les marchés financiers, la politique et la presse. Une notion qui constitue le fond de commerce du discours antisémite depuis ‘Les Protocoles des Sages de Sion‘ ».

    LA DENONCIATION OBSESSIONNELLE DE SOROS

    Soros a de fait été le premier destinataire de colis piégés dans la vague qui a visé récemment aux Etats-Unis des personnalités identifiées au Parti démocrate. Il est la cible de violentes campagnes des médias acquis à Trump qui l’accusent d’encourager les flux de réfugiés vers les Etats-Unis. Le tueur de Pittsburgh associait d’ailleurs la communauté juive qu’il a visée et la menace des « envahisseurs » que seraient selon lui les réfugiés. Mais c’est pourtant dans le pays natal de Soros, la Hongrie, que les attaques les plus systématiques ont été lancées par le gouvernement du très populiste Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010. A l’été 2017, des affiches géantes sont placardées dans tout le pays (voir ci-dessus), avec, à côté de la photo du milliardaire américain, ce slogan: « 99% des Hongrois sont contre les immigrants. Ne laissons pas Soros rire le dernier ».

    L’ambassadeur d’Israël à Budapest proteste contre une campagne qui « évoque non seulement de tristes souvenirs, mais sème la haine et la peur ». Il en faudrait plus pour dissuader Orban:  le 15 mars 2018, à l’occasion de la Fête nationale, il se déchaîne contre « le réseau des ONG financées par les spéculateurs internationaux, englobé et incarné dans la personne de George Soros ». Le Premier ministre hongrois dénonce ce « réseau international structuré en empire » qui oeuvrerait à remplacer par des immigrés la population de souche européenne. Il fustige « un adversaire qui est différent de nous. Il n’agit pas ouvertement, mais caché, il n’est pas droit, mais tortueux, il n’est pas national, mais international, il ne croit pas dans le travail, mais spécule avec l’argent, il n’a pas de patrie, parce qu’il croit que le monde entier est à lui ». En remportant les législatives du 8 avril avec 48,8% des voix pour son parti, Orban démontre qu’un discours aussi virulent est payant électoralement. Peu après, Open Society, la fondation animée par Soros, transfère à Berlin la gestion des programmes jusqu’alors assurée depuis Budapest.

    L’HEURE DE VERITE POUR NETANYAHOU?

    Nétanyahou se vante d’avoir été le premier dirigeant étranger à féliciter Orban de son récent triomphe électoral. Il avait auparavant désavoué les critiques de la campagne anti-Soros par son ambassadeur en Hongrie. Car le Premier ministre israélien accuse le philanthrope américain « de porter atteinte aux gouvernements israéliens démocratiquement élus en finançant des organisations qui diffament l’Etat juif ». Open society soutient en effet des organisations israéliennes de défense des droits de l’homme dont Nétanyahou veut brider l’action et la communication. Le chef du gouvernement israélien a également rendu Soros responsable, en avril dernier, de l’échec d’un accord de transfert des « infiltrés » africains en Israël vers le Rwanda (le terme « infiltrés » désigne officiellement en Israël les immigrants illégaux, majoritairement originaires d’Erythrée et du Soudan). Nétanyahou et Soros s’étaient de surcroît retrouvés, en politique américaine, dans des camps diamétralement opposés, celui-ci soutenant Obama contre McCain en 2008, puis Romney en 2012, celui-là savourant enfin sa revanche avec l’élection de Trump en 2016. Sur un plan anecdotique, Yair Netanyahou, le fils aîné du Premier ministre, avait suscité la polémique en Israël, en relayant en 2017, une caricature de Soros tenant le monde entier au bout d’une canne à pêche.

    Le chef du gouvernement israélien a, à l’évidence, été choqué par la tuerie de Pittsburgh, perpétrée dans cette Pennsylvanie où il a lui-même passé une grande partie de son adolescence. Il a réagi avec émotion et sur-le-champ à ce drame, là où il avait mis trois longs jours à condamner, en août 2017, les débordements antisémites de Charlottesville.  Il avait aussi invité en mai 2018, pour le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, des prêcheurs américains aux nombreux dérapages antisémites. Ce geste s’inscrit dans une stratégie d’alliance de la droite dure en Israël avec un courant évangélique aux accents messianiques, courant dont l’ascension politique suscite pourtant le trouble au sein de la diaspora juive. La décision du président Bolsonaro, à peine élu, de transférer l’ambassade du Brésil à Jérusalem ne peut que conforter Nétanyahou dans cette stratégie. Il est dès lors peu probable, même après Pittsburgh, que le Premier ministre israélien cesse de poursuivre Soros de sa vindicte et de miser, sur le continent américain comme en Europe, sur des populismes agressifs.

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  • Droits de l’homme au Vietnam : la France « ne met rien sous le tapis », d’après Edouard Philippe

    Droits de l’homme au Vietnam : la France « ne met rien sous le tapis », d’après Edouard Philippe

    La France « ne met rien sous le tapis » sur le sujet des droits de l’homme au Vietnam communiste.

    En visite dans le pays, le premier ministre français, Edouard Philippe, a affirmé ce dimanche 4 novembre que le sujet était abordé « dans les forums qui vont bien, de la façon dont nous avons toujours procédé ».

    Selon une source proche des discussions, la question des droits de l’homme a été abordée « dans le cadre des entretiens » entre Edouard Philippe et les dirigeants vietnamiens vendredi, au premier jour de sa visite. « L’attention des autorités vietnamiennes a été appelée sur une liste de cas individuels », a précisé cette source à l’AFP.

    Une centaine de prisonniers politiques

    Le Vietnam, qui ne compte aucun média indépendant et est dominé par les communistes conservateurs depuis 2016, s’est doté d’une nouvelle loi sur la cybersécurité qui limite encore davantage la liberté d’expression.

    Le texte, qui entrera en vigueur en janvier 2019, oblige les plates-formes du Web à retirer tout commentaire considéré comme une « menace à la sécurité nationale » et à stocker les informations personnelles et les données des utilisateurs.

    Une centaine de personnes ont été emprisonnées en 2017 pour des raisons politiques, d’après Amnesty International, et une cinquantaine de militants et blogueurs ont déjà été condamnés cette année, selon un décompte de l’AFP.

    Les groupes de défense des droits de l’homme craignent que la répression s’accélère avec l’arrivée à la présidence du pays du secrétaire du Parti communiste, Nguyen Phu Trong.

    Visite à Dien Bien Phu

    Edouard Philippe devait quitter le Vietnam dimanche soir au terme d’une visite qui l’a vu décrocher pour dix milliards d’euros de contrats et accords commerciaux, dont 5,7 milliards pour l’avionneur européen Airbus.

    Samedi, il s’était rendu sur le site de Dien Bien Phu pour honorer la mémoire des soldats français et vietnamiens de la guerre d’Indochine. « Il me semblait qu’il était utile de regarder notre passé commun de façon apaisée », a-t-il alors dit.

    C’est la deuxième fois seulement depuis la terrible bataille de 1954 qu’un haut responsable français se rend sur le site de Dien Bien Phu.

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