Author: Don Kayembe

  • Benjamin Moukandjo quitte les lions indomptables

    Benjamin Moukandjo quitte les lions indomptables

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    L’ancien capitaine de l’équipe nationale de football du Cameroun, a annoncé samedi, qu’il prennait sa retraite internationale, après sa non sélection par le nouveau coach Clarence Seedorf.

    “En mon âme et conscience, j’ai décidé de me retirer de l’équipe nationale du Cameroun”, a déclaré Benjamin Moukandjo dans un communiqué,

    Il ajoute qu’il a pris connaissance de sa non-sélection dans la première liste de joueurs appelés pour la campagne préparatoire des Lions Indomptables à la CAN

    2019.”

    L’attaquant de 29 ans, Capitaine lors de la victoire des lions indomptables en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2017 trouve cette démarche (de Clarance Sedorf) inélégante et injuste à son égard”

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    Début août, le nouveau sélectionneur des Lions Indomptables du Cameroun, le Néerlandais Clarence Seedorf, a annoncé sa première liste de joueurs depuis sa nomination, écartant Benjamin Moukandjo.

    Seedorf avait volontairement écarté les joueurs évoluant en Asie pour sa nouvelle sélection comme Moukandjo ou Christian Bassogog, expliquant qu’ils ne sont pas dans un environnement assez compétitif.

    “L’argument avancé selon lequel des joueurs “des championnats exotiques” ne méritent pas d’être appelés pour déficit de compétitivité” est “injuste”, selon Moukandjo.

    “Mon niveau réel actuel, ainsi que celui d’autres coéquipiers, auraient dû d’abord être évalués sur le terrain avant toute prise de décision de mise à l’écart”, estime le joueur de Beijing Renhe.

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  • Al Ahly en demi-finale de la Champions League africaine

    Al Ahly en demi-finale de la Champions League africaine

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    Le détenteur de huit titres, Al Ahly d’Égypte, a évité le choc du match retour en quarts de finale de la Ligue africaine des champions en battant Horoya de Guinée, 4-0 au Caire samedi.

    Le vétéran Walid Soliman a brisé l’impasse après un match aller sans but, en marquant après 32 minutes de jeu.

    Horoya, qui participait pour la première fois aux quarts de finale de la compétition d’élite des clubs africains, s’est écroulé à la 53 ème minute, lorsque Islam Mohareb de Al Ahly a marqué le second but Egyptien.

    La star montante Salah Mohsen a inscrit le troisième but d’Ahly à la 69 ème minute et Ahmed Fathy a complété la déroute une minute avant l’arrêt.

    La victoire 4-0 sur l’ensemble des deux rencontres a permis à Al Ahly de se qualifier pour les demi-finales.

    L’équipe Egyptienne va rencontrer Entente Setif d’Algérie, deux fois championne le mois prochain, le match aller aura lieu le 2 octobre en Egypte.

    Sétif a éliminé les détenteurs du titre, le Wydad Casablanca, vendredi soir.

    Primeiro Agosto (Angola), demi-finaliste pour la première fois, affrontera l’Espérance de Tunisie, deux fois championne d’Afrique, dans l’autre moitié du carré d’as.

    La finale de novembre se jouera également en deux phases, de équipes font figure de favoris Al Ahly du Caire et Espérance de Tunis.

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  • Ninja, premier gamer à faire la une du magazine sportif “ESPN”

    Ninja, premier gamer à faire la une du magazine sportif “ESPN”

    Basketteurs professionnels, stars du football américain, boxeurs millionnaires, sportifs de l’extrême… Tous ont l’habitude d’être affichés en couverture du magazine du média américain ESPN. Mais, chose inédite, le numéro du 1er octobre prochain consacre sa une à l’e-sport et à l’une de ses stars, “Ninja”, pseudonyme de Tyler Blevins, un Américain de 27 ans. “La légende du plus grand gamer du monde”, titre le magazine. Le jeune homme aux cheveux bleus fluorescents – ou roses, selon les périodes – a fait fortune grâce à des vidéos visionnées plusieurs millions de fois.

    Son activité phare ? Fortnite, un jeu de survie ultrapopulaire où 100 joueurs doivent s’entre-tuer sur une île. Le dernier survivant remporte la partie. Sa notoriété l’a amené à participer à des tournois de jeux vidéo et à affronter d’autres célébrités. Sponsorisé par Samsung, Red Bull ou encore Uber Eats, Ninja, originaire de l’Illinois, gagne un salaire “aux environs des sept chiffres” et s’avère aussi médiatisé que des grandes figures du sport : “En avril, il a enregistré le plus grand nombre d’interactions dans les réseaux sociaux du monde du sport. Il bat ainsi Christiano Ronaldo, [le basketteur] Shaquille O’Neal et Neymar.”

    Un homme d’affaires plutôt qu’un sportif

    Si l’e-sport est désormais considéré par beaucoup comme une pratique sportive à part entière, Tyler Blevins avoue qu’il gère sa passion comme une “petite entreprise dont le seul produit est Ninja”. “Quand nous décidons si je vais à un événement, le salaire doit être là”, explique-t-il à ESPN, avant de poursuivre : “Si ce n’est pas payé, quel avantage à cette rencontre ? Peut-elle servir au réseautage ? Est-ce que ce réseautage vaut 70 000 dollars ? […] Puis, plus les joueurs professionnels prennent de pauses, moins ils sont vus, moins ils sont importants.”

    Deuxième meilleur joueur “de tous les temps” à Fortnite, Ninja passe près de la moitié de ses journées devant les écrans et ne s’autorise qu’un jour de repos par semaine. Si ESPN l’a proclamé “plus grand joueur du monde”, c’est avant tout pour sa célébrité et son rapport aux jeux vidéo : “Contrairement aux tournois professionnels, où des joueurs s’affrontent pour la gagne et les cagnottes, le streaming [la diffusion en direct de sa partie de jeu] est autant une question de divertissement que de victoire. Les streamers comme Ninja transforment leur vie en contenu, dévoilent leurs pensées et leurs actions en temps réel. Regardez un streamer assez longtemps et il sera comme un ami pour vous”, témoigne la journaliste d’ESPN.

    Source

    Fondé en mars 1998, le titre est le prolongement éditorial de la chaîne de télévision thématique éponyme. Propriété du groupe Disney, le magazine a réussi à se faire une place au soleil dans un marché très concurrentiel dominé par Sports

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  • En Ligue des champions, la Juve bat Valence “même sans” Ronaldo

    En Ligue des champions, la Juve bat Valence “même sans” Ronaldo

    La rencontre Juventus-Valence en Ligue des champions ce 19 septembre aura été marquée par un “affront à CR7”, relate le Corriere dello Sport : le joueur star du club turinois, tout juste acquis à grands frais, a été sorti après une demi-heure de jeu. C’est la première fois en 154 matchs de Ligue des champions que cela lui arrive, note le quotidien sportif italien. Le joueur s’est jeté au sol, a crié son innocence, puis il est sorti en larmes. “Mais la Juve ne s’est pas décontenancée pour autant” et s’est imposée 2-0, souligne, impressionné, le Corriere dello Sport, qui titre : “Même sans [Ronaldo] !”

    Le journal décrit “le désespoir” du joueur portugais et juge “la sanction excessive” pour un “accrochage” avec Jeison Murillo, auquel il aurait donné un léger coup de pied.

    C’est vrai, Ronaldo aurait pu éviter d’attraper Murillo par les cheveux tandis qu’il était à terre, il aurait pu se comporter comme un champion plutôt que comme un caïd de banlieue, mais il n’y avait pas lieu d’aller au-delà du carton jaune.”

    Pour le Corriere, “l’arbitre – médiocre – s’est certainement fait influencer par l’un de ses collaborateurs”, et cet épisode est un argument de plus pour plaider en faveur de l’introduction de l’assistance vidéo à l’arbitrage en Ligue des champions. C’est aussi ce qu’a estimé Massimiliano Allegri, l’entraîneur de la Juve.

    Source

    Fondé en 1924 il s’agit d’un quotidien sportif, basé à Rome, essentiellement consacré au football et qui se pose en concurrent du premier quotidien sportif italien, La Gazzetta dello Sport, publiée à Milan.
    Le journal actuel est né de la fusion

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  • Football. Frank McCourt, un Américain “fada” de l’Olympique de Marseille

    Football. Frank McCourt, un Américain “fada” de l’Olympique de Marseille

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    Une quatrième place et une première finale européenne depuis quatorze ans : d’après le New York Times, les bons résultats de l’Olympique de Marseille s’expliquent par les méthodes de son propriétaire américain, Frank McCourt. 

    “Peu après l’arrivée de Frank McCourt à son hôtel de luxe, quelqu’un frappe à la porte. Un valet de chambre lui apporte une chemise repassée (…). Dans le silence de cet hôtel cinq étoiles, il glisse soigneusement la chemise sur un cintre et sans voir McCourt, s’apprête à partir. Mais il ne peut s’empêcher de lâcher ‘Allez l’OM !’, avant de disparaître.”

    “Ce genre de rencontre est assez ordinaire en France”, poursuit The New York Times, qui s’est intéressé à la “relation inexplicable” entre l’Olympique de Marseille et son nouveau propriétaire américain Frank McCourt, installé en Provence depuis 2016.

    Le natif de

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  • Australie. Une caricature de Serena Williams fait scandale

    Australie. Une caricature de Serena Williams fait scandale

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    La caricature de Serena Williams par un dessinateur australien a provoqué un tollé général sur les réseaux sociaux. Sous le feu des critiques, Mark Knight a affirmé que son dessin n’avait rien de raciste.  

    C’est un dessin qui n’est pas passé inaperçu. Depuis sa publication dans le journal australien Herald Sun, la caricature de Serena Williams a fait le tour du monde. La représentation de la joueuse américaine, cassant sa raquette lors de la finale de l’US Open, a provoqué une vague d’indignation. Le dessinateur Mark Knight a représenté la championne de tennis avec des grosses lèvres, les cheveux hirsutes et le visage déformé par la colère. 

    Une iconographie considérée comme raciste

    Le quotidien américain The New York Times rapporte les propos de Noah Berlatsky, auteur du livre Wonder Woman : Esclavage et

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  • Tennis. La presse japonaise exulte après la victoire de Naomi Osaka

    Tennis. La presse japonaise exulte après la victoire de Naomi Osaka

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    Ce week-end, la Japonaise Naomi Osaka, dont le père est d’origine haïtienne, a remporté le tournoi de l’US Open. Au Japon comme à Haïti, on célèbre cette victoire historique.

    À 20 ans seulement, Naomi Osaka a remporté, ce samedi 8 septembre, la victoire de la finale dames de l’US Open à New York. Elle a ainsi battu l’une des meilleures joueuses du monde, Serena Williams. Bien que ce dernier match ait laissé un arrière-goût désagréable à cause de la polémique sur l’arbitrage soulevée par Williams, Osaka l’a remporté en deux sets (6-2, 6-4).

    La presse japonaise ne manque pas de saluer cette victoire historique : hommes et femmes confondus, Naomi Osaka est devenue la première Japonaise à remporter un titre du Grand Chelem. “Pour le Japon, le meilleur résultat avait été la deuxième place de Kei Nishikori à l’US Open en 2014”, précise le Mainichi Shimbun. Et pourtant, “cent deux ans se sont écoulés depuis la première participation des Japonais à ces quatre tournois majeurs”, ajoute Sports Hochi, quotidien d’actualités sportives.

    Des réjouissances en Haïti aussi

    Née au Japon en 1997 de mère japonaise et de père américain d’origine haïtienne, Naomi Osaka a émigré aux États-Unis quand elle avait 3 ans. Au tennis, elle est devenue professionnelle en 2013, à l’âge de 15 ans.

    Bien qu’elle conserve la double nationalité – ce qui est possible jusqu’à l’âge de 22 ans seulement selon la loi –, elle joue au tennis en tant que Japonaise. Mais “les journaux haïtiens saluent également ce grand exploit d’Osaka à l’US Open”, affirme le quotidien tokyoïte Asahi Shimbun.

    Le prochain tournoi disputé par Osaka aura lieu à Tokyo du 17 au 23 septembre.

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  • Tennis. Serena Williams dénonce le “sexisme” de l’arbitre en finale de l’US Open

    Tennis. Serena Williams dénonce le “sexisme” de l’arbitre en finale de l’US Open

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    La déclaration de la championne américaine suite à sa défaite lors de la finale dames de l’US Open a déclenché une polémique. Dans la presse, le problème de l’inégalité des sexes dans le tennis n’est pas remis en cause, mais l’attitude de Serena Williams fait débat.

    C’est une finale qui restera dans les mémoires, mais peut-être pas pour les bonnes raisons. Lors de la finale de l’US Open, samedi 8 septembre, Serena Williams s’est emportée face à l’arbitre Carlos Ramos. Tout a commencé par un premier avertissement pour “coaching” : l’entraîneur de la joueuse de tennis lui aurait prodigué des conseils depuis les gradins, ce qui est interdit au tennis. Une décision que la championne n’a pas acceptée. “Je ne triche pas pour gagner, a-t-elle lancé. Je préfère encore perdre.”

    Un peu plus tard dans le match, l’Américaine a reçu un deuxième avertissement pour avoir volontairement brisé sa raquette par terre, lui valant cette fois un point de pénalité. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase. “De plus en plus frustrée, Serena Williams s’est mise en colère”, rapporte le quotidien The New York Times. La joueuse américaine a accusé Carlos Ramos : “Vous êtes un voleur. Vous m’avez volé un point.” C’est après cette phrase que l’arbitre lui a donné un troisième avertissement, synonyme de jeu de pénalité. Deux jeux plus tard, Serena Williams s’est inclinée face à Naomi Osaka.

    Décision sexiste…

    En conférence de presse, la star américaine a jugé “sexiste” la décision de l’arbitre. Une déclaration qui a déclenché une véritable polémique. Plusieurs joueuses ont apporté leur soutien à la championne. Dans le quotidien américain The Washington Post, l’ancienne numéro 1 mondiale Billie Jean King signe un édito cinglant, dénonçant “un abus de pouvoir” de l’arbitre. “Ramos a dépassé les bornes… Le rôle d’un arbitre est de contrôler le match, et il a laissé ce match devenir incontrôlable”, affirme-t-elle. Elle ajoute :

    Les femmes sont traitées différemment dans beaucoup de domaines. C’est plus particulièrement vrai pour les femmes de couleur. Ce qui s’est passé hier sur le court de tennis arrive bien trop souvent dans le sport, mais aussi au bureau ou dans le service public. En fin de compte, une femme a été pénalisée pour s’être défendue. Une femme a affronté du sexisme et le match a continué.”

    L’association des joueuses professionnelles de tennis (WTA) est allée dans le même sens que Billie Jean King. Le quotidien britannique The Guardian rapporte les propos de son directeur, Steve Simon : “La WTA pense qu’il ne devrait pas y avoir de différence de degré dans la tolérance face aux émotions exprimées par les hommes et les femmes et s’engage pour que tous les joueurs soient traités de la même façon.”

    …ou perte de contrôle ?

    Pour la journaliste du New York Times Juliet Macur, le monde du tennis a certes un réel problème avec l’égalité des sexes, mais la joueuse américaine n’a pas su se contrôler : “Serena Williams a fait parler de ces problèmes. Mais il faut dire que le match a été gâché et que le moment de Naomi Osaka a été éclipsé parce que Serena Williams s’est laissée emporter.” Dans un autre édito du Guardian, Kevin Mitchell considère, quant à lui, que “l’arbitre n’a rien fait d’autre que son job”. Le journaliste dénonce le comportement de la joueuse pendant le match :

    Elle a eu raison d’affirmer que les hommes insultent tout le temps les arbitres et ne sont jamais sanctionnés… Rien de cela n’excuse son attitude pendant le match. Elle s’est montrée manipulatrice, sans tenir compte des conséquences que cela aurait pour son adversaire, totalement innocente… Osaka adore Williams et l’Américaine a abusé de cet amour.”

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  • Chronique d’un President qui ne voulait pas organiser les elections

    Chronique d’un President qui ne voulait pas organiser les elections

    -Le président Joseph Kabila se maintient au pouvoir alors que son dernier mandat a expiré depuis bientôt deux ans. Une série de stratagèmes lui ont permis de faire glisser le calendrier electoral provoquant une des crises politiques les plus grave du pays.

    Pour s’accrocher au pouvoir, les autocrates d’Afrique centrale (et d’ailleurs) choisissent majoritairement de tripatouiller les Constitutions ou de bourrer les urnes (régulièrement les deux), le tout assaisonné d’une dose plus ou moins forte de répression. Au Congo-Brazzaville, au Cameroun, au Rwanda ou au Burundi, la méthode continue de porter ses fruits. Denis Sassou-Nguesso est président depuis 28 ans, Paul Biya depuis 35 ans, Paul Kagame depuis 2000 et Pierre Nkurunziza depuis 2005. En République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, en poste depuis 2001, a ajouté une nouvelle stratégie à celles de ses voisins pour garder le pouvoir : ne pas organiser les élections, ou plutôt, faire « glisser » le calendrier électoral. Une méthode visiblement efficace puisque le chef de l’Etat congolais est toujours au pouvoir aujourd’hui, alors que son dernier mandat s’est achevé en décembre 2016.

    La stratégie du glissement

    En 2013 et 2014, alors que la fin de son ultime mandat approche, Joseph Kabila a tout d’abord cherché à faire modifier la Constitution, qui lui interdisait de se représenter à la présidentielle de 2016. La technique est somme toute classique. Mais le président congolais, mal réélu en 2011 après des élections chaotiques, n’a pas réussi à convaincre. Et devant la levée de bouclier de l’opposition, mais aussi au sein de son propre camp, Joseph Kabila décide de reculer. C’est alors que l’idée de rester au pouvoir en repoussant la date des élections prend forme. En 2015, un texte tente de conditionner la tenue des élections avec un recensement complet de la population. Un projet louable, d’autant que le dernier comptage de la population congolaise datait de… 1984 ! Mais l’opposition a tout de suite compris que l’enregistrement de la population prendrait plusieurs mois, voir plusieurs années, au vue des infrastructures déliquescentes du pays.

    Deux dialogues pour rien

    Mi-janvier 2015, après quatre jours de fortes manifestations et d’une répression sanglante, le projet est retiré. Au moins une cinquantaine de morts sont à déplorer. Alors que de nombreux observateurs craignent que le président congolais ne cherche à s’accrocher au pouvoir, en mai 2016, une seconde alerte inquiète l’opposition. La Cour constitutionnelle autorise Joseph Kabila à se maintenir si l’élection n’est pas organisée avant le 20 décembre 2016. Avec cette décision, plus la date de la présidentielle approche, plus la situation se tend. Les 19 et 20 septembre, de nouvelles manifestations pour réclamer des élections dans les délais sont réprimées dans la violence. Joseph Kabila sort alors de sa manche l’arme secrète des présidents Congolais pour justifier leur maintien au pouvoir : le dialogue national. Un premier round, sous l’égide de l’Union africaine, peine à se mettre en place puisque les principaux ténors de l’opposition, à l’exception de Vital Kamerhe boudent la réunion.

    Début octobre, comme redouté, le président Kabila annonce le report du scrutin. Le pouvoir explique qu’il faut « mieux préparer le pays à ces échéances », et que 10 millions d’électeurs ne sont pas inscrits sur les listes. Après l’échec du premier dialogue, une seconde négociation est ouverte avec la médiation de l’Eglise catholique (Cenco) et la présence des principaux partis d’opposition. L’accord signé in-extremis fin décembre, permet au président Kabila de rester en poste jusqu’à fin 2017, mais il doit organiser des élections d’ici là et nommer un Premier ministre d’opposition. Joseph Kabila foulera l’accord de la Saint-Sylvestre du pied, puisqu’il ne nommera pas le Premier ministre proposé par l’opposition et n’organisera pas les élections fin 2017.

    Un conflit qui tombe à pic

    Pour justifier le second report de la présidentielle, les autorités congolaises prennent pour prétexte l’arrivée du conflit dans les Kasaï qui a empêché d’enregistrer tous les électeurs de ces provinces. Plusieurs enquêtes internationales (ONU, FIDH) ont dénoncé l’instrumentalisation des violences dans les Kasaï par le pouvoir, qui a réprimé de manière excessive et a alimenté le conflit en créant un groupe armé paramilitaire à sa solde – voir notre article. Le 5 novembre 2017, sous pression, la Commission électorale annonce enfin une nouvelle date pour la tenue des élections générales : ce sera le 23 décembre 2018. Après deux ans de pouvoir « hors-mandat », Joseph Kabila cristallise alors toutes les tensions. Les 31décembre 2017, 21 janvier et 24 février 2018, l’Eglise catholique, par l’intermédiaire du Comité laïc de coordination (CLC) organisent trois marches pacifiques à l’issue de messes du dimanche. Les marches sont encore une fois réprimées très violemment. La police intervient jusque dans les églises et le bilan d’une quinzaine de morts n’est qu’une estimation.

    Les silences de Kabila

    S’en suit alors un interminable feuilleton sur l’avenir politique de Joseph Kabila, censé quitter le pouvoir fin 2018. A chaque prise de parole (et elles seront nombreuses) le président congolais botte à chaque fois en touche, refusant d’indiquer s’il quittait ou non le pouvoir. Sous pression internationale et alors que la crise politique est à son paroxysme, Joseph Kabila annonce enfin, juste avant la clôture du dépôt des candidatures pour la présidentielle, qu’il ne sera pas candidat et désigne son « dauphin » en la personne d’Emmanuel Ramazani Shadary, le patron du parti présidentiel (PPRD). Avec le nom du possible successeur voulu par Joseph Kabila, on pensait la RDC désormais sur la route des élections. Mais aujourd’hui, à quatre mois du scrutin, plusieurs inquiétudes se profilent à l’horizon.

    Vers un troisième glissement ?

    On se demande en effet si Joseph Kabila a vraiment l’intention de laisser son fauteuil et souhaite organiser les élections. Car finalement, un nouveau report permettrait à l’actuel chef de l’Etat de continuer encore à rester en place, comme le permet la Cour constitutionnelle. Plusieurs arguments et éléments de langage se mettent en place dans l’hypothèse de ce scénario, et notamment auprès de la Commission électorale (Ceni), pour préparer le terrain à un possible troisième glissement du calendrier, au cas où le président déciderait que les conditions de sa succession ne seraient pas « optimales ». Deux dossiers, défendus par l’opposition, pourraient justifier le report du scrutin : l’utilisation des très contestés machines à voter et un fichier électoral rempli de potentiels électeurs fictifs. Le patron de la Ceni a prévenu : « sans machine à voter, les élections ne pourront pas avoir lieu en décembre ». Et si le fichier électoral venait à être une nouvelle fois révisé, les délais pourraient s’allonger. Ironie du sort, ce pourrait être à cause de l’opposition que les élections seraient repoussée.

    Retards logistiques et financiers

    Enfin, d’autres signes montrent que le président Kabila se hâte très lentement pour lancer le processus électoral. Les machines à voter sont encore loin d’être toutes arrivées… et testées. L’argent manque et n’a pas encore été entièrement décaissé pour financer intégralement le scrutin, comme l’a souhaité le chef de l’Etat, et la formation des agents électoraux a pris du retard. Dernière inquiétude : l’insécurité qui peine à être maîtrisée aux quatre coins du Congo. Un peu plus de 140 groupes armées pullulent encore à l’Est du pays et l’annonce opportune de la création d’une nouvelle rébellion obscure cet été a relancé le débat, faisant dire au président de la Ceni, Corneille Nangaa, que le retour des troubles dans certaines provinces pouvait impacter la bonne tenue du scrutin.

    Huis clos

    A quatre mois de la présidentielle, on n’est plus vraiment sûr que Joseph Kabila veuille vraiment passer la main. En tout cas, le président a consciencieusement listé tous les prétextes et préparé tous les subterfuges pour justifier un troisième report des élections. D’autant que (autre signe inquiétant) la RDC poursuit son isolement diplomatique en refusant désormais la présence sur son sol d’envoyés spéciaux ou d’observateurs internationaux. Une visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a été jugée « inopportune » par l’entourage de Joseph Kabila en juillet. Tous ces très mauvais signaux font craindre une nouvelle volte-face du président Kabila, si ce dernier voit que le scrutin pourrait échapper à son poulain. Car en fait, pour le pouvoir, le meilleur successeur à Joseph Kabila reste Joseph Kabila lui-même. Pour l’instant, le président contrôle fermement l’État, la machinerie électorale, et continue de diviser l’opposition. Un scénario parfait pour reporter encore une fois la présidentielle et se maintenir au pouvoir après un énième dialogue national. En tout cas, le président fait comme si ce scénario était désormais le plus plausible.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia