Author: Don Kayembe

  • Lambert Mende, la geste et la parole

    Lambert Mende, la geste et la parole

    -Avec son singulier rapport aux faits, Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais amuse et fascine autant qu’il irrite. Au point d’avoir été sanctionné par l’Union européenne.

    C’est un mercredi ordinaire au ministère de la Communication et des Médias, avenue Tabu-Ley (ex-Tombalbaye), à Kinshasa. Le maître des lieux, Lambert Mende Omalanga, tient son show hebdomadaire, le « point de presse », repris en direct sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC). Avec emphase, il livre son regard sur l’actualité. S’ensuit un jeu de questions-réponses avec les journalistes présents. Le ministre est rompu à l’exercice : cela va faire bientôt dix ans qu’il officie comme porte-parole du gouvernement.

    Toujours avec le même panache et cette verve déconcertante, au service du régime. « Au service de l’image de la RD Congo », reprend-il lorsqu’il nous reçoit, après sa conférence, dans le hall d’un hôtel de La Gombe. Avec sa démarche lente et la tête légèrement inclinée, il a serré quelques mains et reçu son quota d’« Excellence », avant de prendre place.

    Mende ne manque jamais une occasion de jouer sur la fibre patriotique. Quitte, parfois, à s’arranger avec la vérité. Sous prétexte de « combattre les fake news » – le ministre se réjouit que Donald Trump l’ait « suivi » dans cette démarche –, il lance des démentis en cascade. Parfois avant même d’avoir pris le temps de vérifier les faits rapportés.

    En février, il a d’emblée qualifié de « montage grotesque » une vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux, montrant des soldats congolais en train de perpétrer un massacre au Kasaï, dans le centre du pays. Le film était pourtant authentique, comme les autorités l’ont confirmé plus tard. « J’ai des sentiments, je peux me tromper, reconnaît-il aujourd’hui du bout des lèvres. J’ai eu du mal à croire qu’un Congolais, fût-il militaire, puisse se permettre une telle cruauté. »

    Un «  bon client » pour les médias

    Au sein même de la Majorité présidentielle, cette « méthode Mende » ne fait plus l’unanimité. « Une parole publique doit porter les valeurs de sécurité, de vérité. Lorsqu’elle cesse d’être crédible, elle conduit nos audiences vers des médias étrangers considérés comme fiables », tacle Tryphon Kin-Kiey Mulumba, dernier porte-parole du gouvernement de l’ère Mobutu, aujourd’hui kabiliste convaincu. Mais aux yeux de Mende, l’essentiel est ailleurs. « Chaque fois que l’image de la RD Congo est mise à mal, c’est mon devoir de chercher l’angle d’explication la plus valorisante pour le pays », estime-t-il.

    Malgré ces travers, le ministre continue d’être invité par la presse internationale. « Bon client » pour les médias, il est l’un des rares membres de l’entourage du président à décrocher systématiquement son téléphone, quel que soit le sujet. « Quand il s’agit d’interviews, mon chef est toujours disponible », confirme l’un de ses collaborateurs. Cet homme affable est pourtant, aussi, le censeur des journalistes.

    Aux yeux de l’Union européenne, son rôle est central : il fait d’ailleurs partie, depuis le 29 mai, des seize responsables du pays qu’elle a sanctionnés (gel des avoirs et interdiction de voyager). Bien que, contrairement aux autres, le porte-parole du gouvernement n’ait pas été accusé d’être lié à des violences contre les Congolais. « Ce type de sanction est prise à l’unanimité des pays membres. Donc, quand quelqu’un irrite tout le monde autour de la table, cela lui tombe plus facilement dessus », explique une source diplomatique européenne.

    En public, il feint de ne pas être affecté par cette décision. Mais, au cours de notre entretien, le voici qui se défait, pour une fois, de sa posture. La voix enrouée, les traits tirés, il encaisse : « Ma mère souffre d’une maladie grave en Belgique. Mon seul regret aujourd’hui, c’est de ne pas pouvoir aller la voir. » Touché ? Il l’est.

    Mais l’homme est surtout en colère contre cette « petite Belgique », épicentre, selon lui, de tous ces « milieux de puissants intérêts qui en veulent à la RD Congo ». « Certains néolibéraux tentent de reproduire le schéma du roi Léopold II. Très intelligent, il avait su vendre aux puissances de l’époque l’idée d’une colonie internationale dans laquelle tout le monde aurait accès à cet immense coffre-fort naturel qu’est le Congo. Aujourd’hui, nous ne l’acceptons pas ! » ressasse cet homme, qui se dit lumumbiste.

    Premiers pas en politique

    Le ministre est né dans la même région que ce héros de l’indépendance, en février 1953. Il ne quittera le Sankuru qu’après avoir obtenu son diplôme d’État (l’équivalent du baccalauréat). « Fils de paysan », troisième enfant d’une fratrie de onze, le jeune Tetela s’essaie alors au droit à Kinshasa. Ces années d’étudiant marquent aussi ses premiers pas en politique.

    D’abord au sein de la Jeunesse du Mouvement populaire de la révolution (MPR), alors parti-État. « Ce n’était pas par conviction, se justifie-t-il. À l’époque, même un enfant à naître en était, constitutionnellement, membre. » Il n’est alors qu’« un petit animateur à la RTNC », jure-t-il. Il réfute, en tout cas, l’étiquette d’ancien mobutiste.

    À la même période, il est approché et « recruté » par le Mouvement national congolais-Lumumba (MNC-L), qui œuvre alors dans la clandestinité. À 27 ans, il s’envole pour la Belgique, bourse d’études en poche. Celle-ci lui sera retirée deux ans plus tard, lors de son premier retour au pays, en 1982. Fiché et suivi par le Service national d’intelligence et de protection (SNIP), l’étudiant est arrêté. Mais il parvient à s’évader. « N’eût été la générosité de Koli Elombe, alors secrétaire d’État à l’Enseignement, je ne serais peut-être plus en vie. C’est lui qui m’a permis de quitter le territoire », confie Mende.

    Sans viatique cette fois-ci. Désormais exilé politique, il se rapproche du Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11), une structure très engagée en faveur de l’instauration de la démocratie au Zaïre. Pris en charge, il peut terminer sa licence en criminologie et voyage beaucoup, notamment en Libye. Voilà qui renforce les suspicions de Kinshasa sur la nature de son militantisme.

    Le retour au pays

    En mars 1984, lorsque la capitale est secouée par l’explosion de deux bombes, Mende est soupçonné. Selon une source sécuritaire de l’ancien régime, son nom est même signalé à Interpol comme étant celui du « terroriste » à l’origine de ce double attentat. L’intéressé a toujours démenti tout rôle dans cette affaire. Mais son frère Laurent est traqué, arrêté, puis condamné. Il passera sept ans en prison.

    Depuis la Belgique, Mende mène des « campagnes médiatiques » pour « affaiblir le régime de Mobutu ». Puis, au début des années 1990, ce dernier commence à lâcher du lest, ce qui permet à Mende de rentrer au pays. Sous pression, le président zaïrois instaure le multipartisme et organise une Conférence nationale souveraine (CNS). Mende lance alors le « MNC-Originel », nouvelle aile d’un mouvement lumumbiste plus que jamais morcelé. À l’issue des travaux de la CNS, Mende entre au nouveau gouvernement, alors dirigé par l’opposant Étienne Tshisekedi.

    Tshisekedi n’en pouvait plus d’entendre Mende défendre l’indéfendable

    De ce dernier, décédé le 1er février 2017, il garde le souvenir d’un « grand homme » dont il admirait « la force des convictions, qui, nuance-t-il aussitôt, confinaient parfois à l’entêtement ». À l’égard de son ancien ministre, Tshisekedi n’a pas toujours été tendre : les derniers temps, il le surnommait le « Tshaku national » (« perroquet », en lingala). « Le vieux n’en pouvait plus d’entendre Mende défendre l’indéfendable », traduit un proche de Tshisekedi.

    Terrain glissant

    Car entre-temps Mende a opéré un rapprochement avec la kabilie qui n’allait pas de soi. Un mois avant la chute de celui-ci, il était encore le vice-Premier ministre de Mobutu. Mais lorsque les troupes de Laurent-Désiré Kabila entrent à Kinshasa, il se tait, espérant déjà pactiser avec les nouveaux maîtres du pays. En vain. Les compagnons du Mzee ne lui font pas confiance. « Certains » tenteront même de l’éliminer, soutient-il.

    Je ne me vois pas dans la peau d’un dauphin

    Quinze mois plus tard, il rejoint le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), une rébellion anti-Kabila soutenue par le Rwanda et l’Ouganda. Un épisode en treillis militaire qu’il ne regrette pas. « Je n’avais pas d’autre choix que de gagner l’Est », assure-il. Une dissidence et un accord politique plus tard, il refait le chemin inverse et se rapproche enfin de la kabilie pendant la période de transition dite « 1 + 4 ».

    Aujourd’hui, sa formation, rebaptisée Convention des Congolais unis (CCU), figure parmi les « 14 partis significatifs de la majorité », avec six députés nationaux, un sénateur et quatre élus provinciaux. De quoi faire de lui un possible successeur de Kabila ? « Non ! Non ! Non ! Je ne me vois pas dans la peau d’un dauphin », clame-t-il. Ce terrain-là est décidément trop glissant. Même pour Mende.

    Le premier censeur

    Parmi les journalistes, l’audace des saillies de Lambert Mende Omalanga prête souvent à sourire.

    Mais le rôle répressif du porte-parole du gouvernement est loin de les amuser. C’est lui, en effet, qui signe les accréditations aux journalistes étrangers et délivre les autorisations d’émettre.

    RFI en a notamment fait les frais : la radio française est coupée depuis novembre 2016 et, en juin 2017, l’accréditation de sa correspondante Sonia Rolley n’a pas été renouvelée.

    Les chaînes de télévision proches des opposants Moïse Katumbi et Jean-Claude Muyambo sont, elles aussi, toujours fermées, contrairement à ce que prévoyaient les accords du 31 décembre 2016 entre pouvoir et opposition.

    Enfin, le 12 juillet 2017, Mende a pris un « arrêté » durcissant les règles applicables aux correspondants étrangers à Kinshasa. Désormais, tous « leurs déplacements en dehors de la ville » seront soumis à une « autorisation préalable » du ministre.

    Avec J.A

  • L’auteur des mémoires de Trump prévoit sa démission

    L’auteur des mémoires de Trump prévoit sa démission

    -L’auteur des mémoires de Donald Trump, “The Art of the Deal” publié en 1987, pense que le milliardaire va démissionner de la présidence des Etats-Unis avant la fin de son mandat en 2021, peut-être même avant la fin de cette année.

    L’écrivain Tony Schwartz a affirmé sur Twitter que M. “Trump va démissionner” avant que les enquêteurs de l’affaire russe “ne lui laissent aucune alternative”.

    “L’encerclement progresse à une vitesse incroyable”, a poursuivi M. Schwartz dont l’ouvrage contribua à forger la réputation d’homme d’affaires astucieux de l’actuel président. “Trump va démissionner et déclarer victoire avant que Mueller et le Congrès ne lui laisse aucune alternative”.

    Il fait référence à l’enquête fédérale menée par le procureur spécial Robert Mueller et aux enquêtes menées par deux commissions parlementaires du Congrès des Etats-Unis sur l’ingérence de la Russie dans le processus électoral en 2016, sur des soupçons de collusion pendant la campagne entre des proches de M. Trump et des responsables russes ou encore sur des soupçons d’entrave à la justice de la part du président républicain.

    Dans un second tweet, M. Schwartz a estimé que “la présidence Trump était dans les faits terminée”, confiant qu’il serait “étonné s’il survit jusqu’à la fin de l’année”. “Le plus probable, c’est qu’il démissionnera d’ici l’automne, si ce n’est plus tôt”, dit-il.

    Pendant l’écriture de l’ouvrage qui est devenu un succès dès sa parution, il a passé dix-huit mois avec le magnat de l’immobilier. Le livre est resté 48 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times et s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.

    L’auteur avait fait part de son aversion pour le milliardaire l’an dernier pendant la campagne électorale, estimant qu’il avait mis avec son livre “du rouge à lèvres sur un porc”.

    “Je ressens un profond sentiment de remords pour avoir contribué à présenter Trump d’une façon qui lui a attiré davantage d’attention et qui l’a rendu beaucoup plus intéressant qu’il ne l’est”, avait-il dit en juillet 2016.

    Avec AFP

  • Grace Mugabe, soupçonnée d’agression en Afrique du Sud, est rentrée au Zimbabwe

    Grace Mugabe, soupçonnée d’agression en Afrique du Sud, est rentrée au Zimbabwe

    -La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, qui avait demandé l’immunité diplomatique pour échapper à des poursuites en Afrique du Sud pour agression, est rentrée à Harare dimanche, une affaire qui s’est dénouée lors d’intenses tractations en marge d’un sommet régional à Pretoria où participait son époux Robert Mugabe.

    Grace Mugabe, qui figure parmi les favoris pour succéder à son mari âgé de 93 ans, est sous le coup d’une plainte pour coups et blessures contre une mannequin. Gabriella Engels, 20 ans, affirme avoir été agressée violemment, avec un câble et une prise, par la première dame dans un hôtel d’un quartier huppé de Johannesburg. Selon les médias sud-africains, un des fils de Grace Mugabe se trouvait dans le même établissement.

    A la suite de cet incident, l’épouse du président zimbabwéen a demandé l’immunité diplomatique, et les spéculations allaient bon train depuis pour savoir où elle se trouvait.

    Gabriella Engels, qui accuse Grace Mugabe de l'avoir agressé.

    Gabriella Engels, qui accuse Grace Mugabe de l’avoir agressé.

    Elle était attendue samedi à Pretoria au sommet de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), auquel participait son mari, mais elle ne s’est pas présentée.

    Elle est finalement rentrée dimanche au Zimbabwe, selon la radio nationale: “Le président Robert Mugabe, qui était accompagné de la première dame, (…) est arrivé à bord d’un vol Air Zimbabwe dimanche très tôt” à Harare.

    Le chef d’Etat zimbabwéen a ainsi écourté précipitamment son séjour en Afrique du Sud, où le sommet de la SADC se poursuivait dimanche.

    L’affaire Grace Mugabe s’est dénouée en marge de cette réunion des chefs d’Etat, où le président zimbabwéen a retrouvé son homologue sud-africain Jacob Zuma.

    Le ministre sud-africain de la Police, Fikile Mbalula, avait affirmé jeudi que la police était en “alerte” pour éviter que Grace Mugabe ne quitte le pays. Dimanche, les autorités sud-africaines n’étaient pas joignables pour indiquer si l’immunité diplomatique lui avait été accordée ou non.

    Le gouvernement zimbabwéen n’a fait aucun commentaire sur les derniers déboires de Grace Mugabe, 52 ans, connue pour ses accès de colère. Mais pour la première fois dimanche, la presse d’Etat a mentionné l’incident, dénonçant “l’emballement des médias locaux et étrangers” qui “n’ont rien d’important à dire”.

    “Les propos du ministre sud-africain de la Police Fikile Mbalula ne sont que spéculation et désinformation”, a affirmé dans un éditorial le Sunday Mail.

    ‘Voleuse’

    De son côté, le principal parti d’opposition zimbabwéen, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a demandé que tout soit fait pour que Grace Mugabe réponde de ses actes devant la justice.

    “Il ne devrait pas y avoir d’impunité” pour la première dame, “une voleuse et une femme violente qui a agressé de façon abominable une jeune personne innocente”, a déclaré à l’AFP le porte-parole du MDC, Obert Gutu.

    “Elle est une disgrâce et elle nous doit des excuses pour avoir sali l’image de notre pays”, a-t-il ajouté.

    L’organisation sud-africaine qui défend Gabriella Engels, AfriForum, a dénoncé le départ “en secret” de Grace Mugabe et la “culture de l’impunité” de la part de “dirigeants corrompus qui se protègent mutuellement”.

    AfriForum entend saisir rapidement la justice, dans le cas où Grace Mugabe se serait vue accorder l’immunité diplomatique, a déclaré à l’AFP un avocat de l’organisation, Willie Spies.

    Les nouveaux déboires de Grace Mugabe ont testé les relations entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, qui entretiennent des liens diplomatiques et économiques étroits.

    Concomitamment à l’affaire Grace Mugabe, un conflit a opposé les compagnies aériennes des deux pays, Air Zimbabwe et South African Airways (SAA), au sujet d’un permis de vol.

    Un avion d’Air Zimbabwe s’est vu refuser l’autorisation de décoller de Johannesburg vendredi soir faute d’avoir produit le document, et tous les vols de SAA entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ont été annulés samedi.

    Dans la soirée de samedi, le conflit a toutefois été réglée, selon le ministère sud-africain des Transports. Quelques heures plus tard, Robert Mugabe rentrait avec son épouse à Harare, à bord d’un vol Air Zimbabwe. Et SAA a repris dimanche ses liaisons entre les deux pays.

    Avec AFP

  • jean Marc Kabund sceptique quant au rapatriement du corps de Tshisekedi

    jean Marc Kabund sceptique quant au rapatriement du corps de Tshisekedi

    -Le secrétaire général du principal parti d’opposition congolais, l’UDPS, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, a affiché son scepticisme quant au rapatriement début septembre à Kinshasa de la dépouille du défunt président du parti, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, décédé le 1er février dernier à Bruxelles.

    Document signé

    Un accord a été signé le 6 juin en vue de l’organisation des obsèques de M. Tshisekedi par trois parties: le gouvernement congolais, en la personne du ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, la famille du défunt, réprésentée par son frère, Mgr Gérard Mulumba Kalemba, et M. Kabund, au nom de l’UDPS.

    Le gouvernement, qui a signé en dernier (lieu), devait le (ce document) mettre à notre disposition dès sa signature. Malheureusement, il ne l’a pas fait“, a affirmé mardi le responsable de l’UDPS à l’agence Belga.

    L’existence de ce document de deux pages n’a toutefois été révélée que le 11 août, date à laquelle il a été publié sur les réseaux sociaux.

    Il prévoit notamment qu’un “avion spécial” soit dépêché à Bruxelles pour “ramener à Kinshasa la dépouille et les membres de la famille s’y trouvant“.

    Comment cela va-t-il se passer?

    Selon M. Kabund, arrivé lundi à Bruxelles notamment pour rencontrer la veuve de M. Tshisekedi, Marthe, ce document n’a jamais été remis à l’UDPS après signature.

    Quid de la suite? “, s’est-il interrogé en rappelant qu’une équipe conjointe de dix personnes (quatre pour le gouvernement, trois pour la “famille biologique” et autant pour le parti) devait être mise sur pied. Mais elle ne l’a pas encore été, a assuré le responsable de l’UDPS.

    Je me pose la question s’ils (le gouvernement) vont affréter l’avion pour rapatrier le corps et dans quel cadre. Comment cela va-t-il se passer concrètement? “, s’est-il encore demandé.

    Avec RTBF

  • Un «Manifeste du citoyen congolais» signé à Paris pour exiger le départ de Joseph Kabila

    Un «Manifeste du citoyen congolais» signé à Paris pour exiger le départ de Joseph Kabila

    Le Président Joseph Kabila à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa, le 26/07/2017. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -Les organisations de la société civile de la RDC et certains mouvements citoyens ont signé vendredi 18 août à Paris (France) le «Manifeste du citoyen congolais.» Le document prône « des actions pacifiques et non violentes» visant à empêcher le «président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 décembre 2017».

    «Le président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré le 19 décembre 2016, exerce le pouvoir en violation manifeste de la constitution de la République démocratique du Congo, et est passible de l’infraction de haute trahison», soutiennent les signataires du manifeste.

    Ils appellent le peuple congolais à user des moyens pacifiques et non violents pour «faire échec à la tentative du président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 décembre 2017.»

    A cet effet, le document annonce une «grande campagne d’actions pacifiques et non violentes devant mener au retour  l’ordre démocratique constitutionnel», sans autres précisions.

    Les signataires du manifeste citoyen exigent «une transition citoyenne, dont les animateurs seront désignés à la suite d’une concertation nationale ayant pour mission principale d’organiser des élections crédibles, transparentes, ouvertes et libres et qui n’en  seront candidats

    Une autre exigence porte sur la libération immédiate et sans condition de prisonniers politiques et d’opinion et la réouverture des médias fermés en RDC.

    radio okapi

  • Trafic d’or, général Tango Four, M23… que dit le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU ?

    Trafic d’or, général Tango Four, M23… que dit le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU ?

    Le général Amisi Kumba Gabriel( Tango fort)

    -Trafic d’or, accusations contre le général « Tango four », traque des ex-M23 ou encore des FDLR… Le dernier rapport des experts de l’ONU, rendu public le 13 août, contient de nombreux détails sur les crises que traverse la RD Congo. Il a été rédigé par les collègues de Michael Sharp et Zaida Catalán, assassinés en mars alors qu’ils enquêtaient dans la province du Kasaï-central.

    Le 12 mars 2017, deux membres du groupe d’experts de l’ONU pour la RD Congo, l’Américain Michael Sharp et la Suédoise Zaida Catalán, étaient assassinés alors qu’ils enquêtaient sur les milices Kamuina Nsapu. Mais leurs collègues ont poursuivi leur travail d’enquête sur les crises que traverse le pays. Leur rapport a été mis en ligne dimanche 13 août et doit être présenté mardi 15 août au Conseil de sécurité de l’ONU. Voici ce qu’il faut en retenir.

    Qui sont les assassins de Michael Sharp et Zaida Catalán ?

    « Le 12 mars 2017, [Michael Sharp et Zaida Catalán] ont quitté [la ville de] Kananga pour une mission de terrain dans la localité de Bukonde, écrivent les experts. Le groupe croit comprendre que, vers 16 heures (heure locale), Michael Sharp et Zaida Catalán ont été exécutés par un groupe hétéroclite d’individus, dont l’identité n’avait toujours pas été établie au moment de l’établissement du présent rapport ».

    « À la lumière des informations disponibles, on ne saurait exclure l’implication de différents acteurs (favorables ou non au Gouvernement), les factions Kamuina Nsapu, d’autres groupes armés et les membres des services de sécurité de l’État », assurent-ils, constatant en outre « qu’en dépit des éléments de preuve disponibles, certains autres suspects clefs n’ont pas encore été arrêtés ».

    « Tango four » accusé d’être impliqué dans le trafic d’or

    « Le groupe a réuni des éléments de preuve de l’implication du général de division Gabriel Amisi Kumba (alias Tango Four) commandant des FARDC de la première zone de défense du pays, dans le secteur de l’or », affirme le rapport. Selon les témoignages recueillis sur place, le général posséderait « quatre dragues », bateaux extrayant de l’or au fond de la rivière Awimi, près de la ville de Bafwasende, dans la province de la Tshopo, « par l’intermédiaire d’une entreprise locale appelée La Conquête ». Or les officiers des FARDC n’ont pas le droit d’exploiter des ressources naturelles.

    Par ailleurs, arguant de l’identité de leur propriétaire, les conducteurs des engins refuseraient « de payer toute taxe à l’État », selon un témoignage recueilli par le groupe.

    Collaboration entre l’armée congolaise et des dissidents des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)

    Les experts de l’ONU ont été témoins de contacts amicaux entre les Forces armées de RDC (FARDC) et des rebelles rwandais du Conseil national pour le renouveau et la démocratie (CNRD), un groupe armé issu d’une scission avec les FDLR. Les FDLR sont elles-mêmes issues des anciennes Forces armées rwandaises (FAR) qui ont fui au Zaïre après le génocide des Tutsis du Rwanda, en 1994, et demeurent un ennemi irréductible du gouvernement rwandais.

    Les contacts dont ont été témoin les experts se sont produits en octobre 2016 dans la localité de Katsiru. « Trois éléments des FARDC ont déclaré au groupe qu’ils étaient ‘désormais avec le CNRD ici’ », écrivent les experts, qui n’ont toutefois « pas pu déterminer si et dans quelle mesure cette collaboration était approuvée par la hiérarchie des FARDC ».

    Les FARDC semblent avoir fait de la lutte contre les FDLR la priorité, quitte à s’appuyer sur ces dissidents. « Des fonctionnaires des Nations Unies et des sources militaires ont confirmé que les FARDC progressaient en direction du fief des FDLR », notent les experts.

    De mystérieux missiles SAM-16 repris aux FDLR

    « En août 2016 les FARDC ont repris aux FDLR un système de missiles […] sol-air SAM-16 Gimlet ou 9K310 Igla-1 » à Mibirubiru, dans la province du Nord-Kivu, assure le groupe. « Le système présentait des caractéristiques similaires à celles des missiles fabriqués dans l’ex-URSS » et avait été « fabriqué en 1987 ».

    Il lui « manquait notamment la batterie, la poignée de commande et l’alimentation ».

    « Le groupe avait déjà signalé que les FDLR détenaient ce type de matériel et qu’en 1998 l’armée pour la libération du Rwanda, prédécesseur de fait des FDLR, s’en était emparé auprès du Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma au Mont Goma lors d’un affrontement. Trois sources des FARDC et d’anciens hauts dirigeants des FDLR ont chacun confirmé cette information au groupe », écrivent-ils encore.

    Comment la « guerre civile » burundaise se poursuit sur le territoire congolais

    Plusieurs rébellions burundaises, opposées au gouvernement de Bujumbura, se trouvent dans la province congolaise frontalière du Sud-Kivu. Le groupe d’experts de l’ONU affirme ainsi que « les FOREBU [Forces républicaines du Burundi] qui ne prônent pas d’idéologie particulière autre que celle de s’opposer au gouvernement burundais, sont devenues, au milieu de l’année 2017, le groupe armé burundais le plus important opérant en République démocratique du Congo ». Il comptait « entre 300 et 500 combattants en mai 2017 », estiment les experts.

    Face à cette menace, l’armée burundaise mène, selon eux, la lutte en utilisant parfois des moyens illégaux. Ils dévoilent notamment l’existence d’un réseau de trafic d’armes entre « des membres de l’armée burundaise, des intermédiaires et des groupes armés congolais. »

    Ce réseau a notamment permis d’alimenter les milices d’autodéfense congolaises « Maï-Maï Mwenyemali, les Maï-Maï Bigaya, les Maï-Maï Nyerere et les Maï-Maï Karakara ». « Des sources ont expliqué au groupe d’experts que ces transferts viseraient à contrer les menaces à la sécurité que faisaient peser sur le Gouvernement burundais les groupes comme la Red-Tabara et les Forebu, en soutenant des groupes armés congolais qui pourraient à terme agir pour leur compte ».

    « Des témoins lui ont fait état d’un transfert de 10 fusils et de six boîtes de munitions à Katogota, d’un autre de 15 fusils d’assaut de type AK-47 et d’un sac de munitions à Luberizi, et d’un troisième de deux mitrailleuses légères, deux lance-grenades, deux pistolets, cinq fusils d’assaut de type AK-47 et plusieurs caisses de munitions à Sange », poursuit le rapport.

    Par ailleurs, le rapport revient sur une incursion de l’armée burundaise en territoire congolais à Kiliba Ondes le 21 décembre 2016, vraisemblablement pour y traquer des rebelles burundais. « Le groupe sait que les FDN [l’armée burundaise] franchissent régulièrement la frontière pour mener des patrouilles conjointes avec les FARDC » affirment les experts.

    « Cinq témoins ont indiqué aux experts avoir vu des soldats des FDN entrer en République démocratique du Congo près du poste frontière de Vugizo autour de 7 heures. Peu de temps après avoir entamé leur progression vers le secteur 6 à Kiliba, ils ont ouvert le feu. Selon certains témoins, les FDN comptaient peut-être s’en prendre aux combattants des FNL-Nzabampema mais le bataillon des FARDC, stationné dans les environs, a riposté aux coups de feu des FDN. »

    « Au cours des affrontements, un agriculteur et un soldat des FARDC ont été blessés. Si les déclarations sur le nombre de victimes divergent, une dizaine de témoins s’accordent pour dire qu’au moins trois soldats des FDN ont été tués, puis emmenés à la morgue de l’hôpital général d’Uvira. »

    L’ex-Mouvement du 23 mars lessivé

    Il fut un temps ou le Mouvement du 23 mars (M23), rébellion congolaise rwandophone menée par Sultani Makenga, faisait trembler l’Est de la RD Congo. Cette rébellion avait notamment pris le contrôle de la grande ville de Goma, en novembre 2012. À lire le rapport, ce temps est révolu. « Depuis la mi-janvier 2017, quelques 200 combattants de l’ex-M23 sont revenus en République démocratique du Congo, sous la direction du « général de brigade » Sultani Makenga ». Mais « il s’agit là d’une tentative éphémère et infructueuse » jugent les experts qui disent encore n’avoir pu trouver « aucune indication d’un appui extérieur pour ces incursions ».

    « Mal équipés avec une dizaine de fusils seulement », ils auraient subi plusieurs défaites face aux FARDC.

    Une église pentecôtiste impliquée dans le trafic de minerais

    Les experts affirment qu’un site minier « non-homologué », celui de « Mpafu/Nyakoba » dans le territoire de Walikale, province du Nord-Kivu, était « exploité par l’Église de la pentecôte pour l’évangélisation du monde (EPEM) ». « Des minerais étaient stockés dans un entrepôt se trouvant sur le site de l’EPEM ». Ce minerai illégal serait ensuite blanchi au moyen d’étiquettes « provenant de sites homologués, moyennant 3 dollars par sac ». Le trafic d’étiquettes est malheureusement encore très courant, assurent les experts dans d’autres parties du rapport.

    Plus de 150 kilogrammes d’or transportés par avion dans des bagages à main

    « Le groupe a mené une enquête sur une Congolaise, Mme Élysée Kanini Chibalonza, explique le rapport. En octobre 2016, les agents des douanes de Dubaï ont découvert 150 kilogrammes d’or non déclarés dans ses bagages. Madame Chibalonza venant de Lubumbashi par un vol d’Ethiopian Airlines ».

    Au cours de l’or actuel, ce seul chargement aurait une valeur d’approximativement 5 millions d’euros. Un chiffre extravaguant, d’autant plus si on le compare aux « 244,42 kilogrammes d’or » officiellement exportés par le pays sur toute l’année 2016.

    Mais par quel miracle une seule personne a-t-elle pu transporter autant d’or dans ses seuls bagages à main lors d’un seul voyage en avion ? « Un volume d’un litre d’or pèse un peu moins de 20 kilogrammes. Suivant les normes appliquées par la plupart des compagnies aériennes, un bagage à main a un volume d’environ 15 litres. Par conséquent, un passager pourrait théoriquement voyager avec une quantité de 300 kilogrammes d’or placée dans un seul bagage à main ». « Aux dires de quatre personnes ayant des activités dans le secteur de l’or, il est courant que les contrebandiers achètent des sièges supplémentaires, vides, afin de pouvoir transporter le plus d’or possible en un seul voyage », note encore le rapport.

    Selon les experts, une grande partie de l’or exporté illégalement de RD Congo transiterait notamment par l’Ouganda, « plaque tournante pour l’or produit dans d’autres pays ».

    JA