Author: Don Kayembe

  • Douze morts dans les violences à Kinshasa

    Douze morts dans les violences à Kinshasa

    -Douze personnes ont été tuées lundi par des “balles perdues” dans une vague de violences à Kinshasa, a indiqué un porte-parole de la police nationale.

    “Au titre de bilan provisoire, il a malheureusement été déploré à ce stade quelques pertes en vies humaines, douze personnes fauchées par balles perdues”, a déclaré Pierrot Rombaut Mwanamputu dans un flash interrompant les émissions de la télévision publique.

    Des tirs ont été entendus près de la prison de Makala, cible d’une attaque qui avait conduit à l’évasion de plus de 4.000 détenus en mai, ainsi que dans les communes de Matete et Ndjili vers l’aéroport de la mégapole de 10 millions d’habitants, selon ces témoignages.

    Selon une source de VOA Afrique sur place, le calme est revenu dans certaines communes, mais à Selembao, des tirs sont encore entendus.

    “Depuis environ une heure, ça tire autour de la prison de Makala, il n’y a plus de circulation, les avenues sont vides ici à Selembao”, le quartier de la prison, a déclaré en début de matinée Emmanuel Cole, un militant des droits des prisonniers.

    Au moins sept policiers et deux assaillants morts

    Une source de la société civile a fait état d’”au moins sept policiers” tués et de “deux assaillants tués à bout portant par les PM (police militaire). Leurs corps ont été emportés”. “J’ai vu un autre corps”, sur une autre avenue du quartier de Selembao, a indiqué cette source.

    “Ça tire à l’arme légère (…), le marché est fermé”, a témoigné un habitant de Selembao, Philemon Mboko, selon lequel le commandant de la police aurait été tué.

    “Il se passe quelque chose du côté de Selembao. Nous cherchons à comprendre ce qui se passe exactement”, a déclaré à l’AFP le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police vers 09h00 GMT, sans autre précision depuis malgré des relances téléphoniques.

    Des coups de feu ont également été entendu dans les quartiers populaires de Matete (centre est) et de Ndjili vers l’aéroport, selon des témoignages qui évoquent au moins cinq morts dans cette dernière commune.

    “J’ai vu la Croix-Rouge transporter un corps ensanglanté vers l’hôpital Biamba Marie-Mutombo alors que je me rendais vers l’aéroport de Ndjili”, a témoigné à l’AFP le caricaturiste Tembo Cash, qui a souligné qu’une importante présence militaire était visible sur la route de l’aéroport international.

    Des violences auraient aussi éclaté du côté de l’Université pédagogique nationale (UPN) dans la commune de Ngaliema.

    Personne n’a revendiqué ces attaques qui interviennent à la veille de deux journées “ville morte” à l’appel de l’opposition.

    Outre la prison de Makala, les commissariats de police de Limete, Matete et Kalamu ainsi que le marché central de Kinshasa, ont été aussi attaqués ces dernières semaines.

    Ces attaques ont lieu au moment où la RDC se trouve dans une impasse politique liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a échu le 20 décembre. L’opposition demande son départ et des élections.

    Avec VOA

  • La réélection de Paul Kagame, plébiscité avec pres de 99%

    La réélection de Paul Kagame, plébiscité avec pres de 99%

    Paul Kagame du Rwanda

    -La Commission électorale (NEC) avait publié dans la nuit des résultats portant sur 80% des bulletins dépouillés, qui donnaient M. Kagame très largement en tête avec 98,66% des suffrages exprimés, soit mieux encore qu’en 2003 (95%) et 2010 (93%).

    Les Rwandais fêtaient samedi la victoire du chef de l’État sortant Paul Kagame, plébiscité par plus de 98% des votants et réélu pour un troisième mandat de sept ans à la tête d’un pays qu’il dirige d’une main de fer depuis 23 ans.

    La large victoire de M. Kagame, 59 ans, salué pour avoir mis fin au génocide de 1994 et redressé économiquement le Rwanda, mais aussi critiqué pour le manque d’ouverture démocratique de son pays, était attendue avant même le scrutin.

    “Je suis très heureuse. J’espérais cette victoire”, a confié samedi Yvette Uwineza, une informaticienne de 36 ans. “La continuité est rassurante”, a-t-elle ajouté, créditant M. Kagame d’avoir donné “une meilleure vie” aux Rwandais.

    La Commission électorale (NEC) avait publié dans la nuit des résultats portant sur 80% des bulletins dépouillés, qui donnaient M. Kagame très largement en tête avec 98,66% des suffrages exprimés, soit mieux encore qu’en 2003 (95%) et 2010 (93%).

    Les résultats complets doivent être annoncés vers 16h00 locales (13h00 GMT) samedi. La participation s’élève à 97% pour les 6,9 millions d’électeurs inscrits, d’après la NEC.

    Selon ces résultats partiels, l’indépendant Philippe Mpayimana obtenait 0,72% des suffrages exprimés, et Frank Habineza, leader du Parti démocratique vert, le seul parti d’opposition autorisé au Rwanda, recueillait 0,45% des voix.

    “Nous pensons qu’à ce niveau, nous aurons les mêmes résultats demain (samedi, ndlr). Il n’y aura pas de changement après que nous ayons compté 100% des votes”, avait déclaré dans la nuit le président de la NEC, Kalisa Mbanda.

    – ‘Un choix basé sur l’avenir’ –

    Le pourcentage de voix obtenu par M. Kagame correspond à celui par lequel les Rwandais avaient approuvé en 2015 une modification de la Constitution lui permettant de se présenter pour un troisième mandat et de potentiellement de diriger le pays jusqu’en 2034.

    Près de 98% des Rwandais avaient voté en faveur de cette réforme, critiquée par les observateurs.

    “Cela confirme que les Rwandais ont fait un choix basé sur l’avenir dont ils veulent”, a déclaré dans la nuit le chef de l’État devant des milliers de supporteurs réunis auprès du nouveau quartier général de son parti, le Front patriotique rwandais (FPR), à Kigali.

    “Nous allons continuer le travail que nous avons commencé pour promouvoir un meilleur Rwanda”, a-t-il ajouté.

    Ses deux adversaires, qui étaient passés quasiment inaperçus dans une campagne phagocytée par le FPR, parti contrôlant toutes les sphères de la société de ce petit pays de la région des Grands Lacs, ont admis leur défaite.

    “J’accepte le résultat et je félicite le FPR et Paul Kagame”, a déclaré à l’AFP M. Mpayimana. “Je ne vais pas m’arrêter là. Je demande à tous les citoyens de me rejoindre pour que nous puissions être plus forts à la prochaine élection.”

    – Liberté d’expression bafouée –

    Les Rwandais se sont rassemblés en divers endroits du pays pour célébrer discrètement cette victoire, sans grande effusion dans les rues, dont ils sont peu coutumiers.

    Vendredi soir et jusque tard dans la nuit, après un scrutin s’étant déroulé dans le calme, plusieurs centaines de personnes s’étaient réunies à Kigali dans un gymnase proche du stade national pour danser et faire la fête.

    “Nous fêtons Paul Kagame”, avait lancé un jeune homme dansant au rythme d’une musique pop assourdissante. “Un bon résultat c’est le FPR de Paul Kagame, mais on est confiant, il va gagner”, avait confié un autre, Bruce Iraguha, 22 ans.

    Paul Kagame est l’homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché un génocide qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

    Il a d’abord été vice-président et ministre de la Défense, dirigeant de facto le pays, avant d’être élu président en 2000 par le Parlement, puis réélu au suffrage universel en 2003 et 2010.

    M. Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement économique, d’un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi accusé de bafouer la liberté d’expression et de réprimer toute opposition.

    De nombreuses voix critiques ont été emprisonnées, forcées à l’exil et pour certaines assassinées. Des observateurs assuraient que les candidatures de MM. Habineza et Mpayimana n’étaient qu’une “façade” à destination de la communauté internationale.

    Avec AFP

  • L’Afrique du Sud et la RDC signent un accord exemptant leurs diplomates de visas

    L’Afrique du Sud et la RDC signent un accord exemptant leurs diplomates de visas

    -L’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo ont signé un accord portant sur les visas de leurs diplomates en début de semaine. Cet accord, qui doit permettre de renforcer les liens entre les deux pays, a été signé par la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, et par Emmanuel Ramazani Shadari, le ministre congolais de l’Intérieur.

    En signant un accord d’exemption de visa pour leurs diplomates, l’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo affichent « leurs bonnes relations diplomatiques et politiques ».

    La rencontre entre le président Jacob Zuma et Joseph Kabila au mois de juin a permis d’accélérer l’entrée en vigueur de cet accord bilatéral, qui vise à faciliter la circulation des fonctionnaires entre les deux pays.

    La ministre sud-africaine des Affaires étrangères a indiqué que cette signature va dans le sens de l’intégration panafricaine inscrite à l’agenda de l’Union africaine pour 2063.

    Elle a également rappelé que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) s’est engagée à « faciliter les déplacements pour élargir le commerce et la coopération » entre les pays africains.

    De son côté, le ministre congolais de l’Intérieur a estimé que « la libre circulation des fonctionnaires va faciliter la mise en œuvre des différents accords existant entre les deux pays ». L’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo en ont signé 24.

    Pour l’instant, cet accord ne concerne que les diplomates en mission, mais la ministre sud-africaine des Affaires étrangères affirme déjà qu’il pourrait être progressivement étendu à d’autres voyageurs.

    Avec RFI

  • Présentation des auteurs présumés d’attaques de prison et commissariats à Kinshasa

    Présentation des auteurs présumés d’attaques de prison et commissariats à Kinshasa

    -La police nationale congolaise (PNC) a présenté vendredi une quinzaine de personnes comme auteurs présumés de cinq attaques contre une prison de Kinshasa, trois commissariats de police et la marché central de Kinshasa.

    « Ces quinze assaillants, dont deux venus de Kananga pour assurer les rites initiatiques Kamuina Nsapu, sont des présumés responsables des attaques qui ont endeuillé la ville de Kinshasa, ciblant les prisons et cachots, les commissariats de la police nationale et le grand marché de Kinshasa », a déclaré le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu.

    Parmi eux figurent des membres du parti historique d’opposition l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), des membres présumés du mouvement Kamuina Nsapu engagé dans des violences meurtrières au Kasaï dans le centre de la RDC avec les forces de sécurité, selon le colonel Mwanamputu.

    « Provocation pure et simple », selon l’UDPS

    L’UDPS a démenti toute implication. « C’est de la provocation pure et simple que d’impliquer l’UDPS dans ces montages. L’UDPS a toujours prôné les méthodes pacifiques. Ces déclarations de la police sont l’oeuvre de la famille politique » du président Kabila, a réagi auprès de l’AFP Augustin Kabuya, porte-parole du parti.

    Les présumés assaillants présentés « ont été remis » au parquet pour la suite de la procédure jusqu’à des procès, selon l’officier.

    Entre mai et juillet la série d’attaques et des évasions à Kinshasa a touché la prison de Makala, la grande prison de Kinshasa, et plus de 4.000 détenus en avaient profité pour s’évader. Les commissariats de police de Limeté, Matete et Kalamu ainsi que le marché central de Kinshasa ont été aussi attaqués.

    Ces différentes attaques et évasions sont intervenues alors que la République démocratique du Congo est minée par une crise politique profonde liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a échu le 20 décembre dernier.

    Âgé de 46 ans, M. Kabila a succédé à son père en janvier 2001. Élu président en 2006, il a été réélu en 2011, lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

    Son mandat s’est achevé en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais il se maintient à la tête du pays en vertu d’un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle, entérinée par un accord signé le 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition.

    Avec JA

  • La prison centrale de Goma en feu

    La prison centrale de Goma en feu

    -Un incendie dont l’origine n’a pas encore été déterminée s’est déclaré dans la prison centrale de Goma (Nord-Kivu, dans l’est) détruisant quasiment un nouveau pavillon qui hébergeait des femmes et des mineurs, ont constaté des témoins sur place

    “Il n’y a pas eu de morts ni d’évasion. Nous avons réussi à déplacer les femmes et les mineurs vers l’ancien bâtiment “, a expliqué Patrick Mukendi, le directeur de la prison aux journalistes sur place.

    Le bâtiment incendié a, selon le responsable de la prison, été construit il y a deux ans par la Mission des nations unies au Congo (Monusco).

    Il n’en reste que les murs extérieurs sans la toiture, selon des témoignages.

    La Monusco a dû intervenir pour éteindre le feu mais un peu trop tard car le feu a tout consumé.

    Une enquête est ouverte pour déterminer la cause de l’incendie.

    Les prisons de la RDC subissent des attaques suivies d’évasions des détenus depuis le mois de mai.

    La semaine dernière, une vingtaine de prisonniers se sont évadés de la prison centrale de Bukavu, dans le Sud-Kivu, toujours dans l’est du pays.

    A Kinshasa, la capitale, plus de 800 prisonniers se sont échappés après une attaque en mai dernier.

    Avec VOA

  • RCD-Goma: Une révolution armée sans suite ?- Histoire d’une escroquerie politique…

    RCD-Goma: Une révolution armée sans suite ?- Histoire d’une escroquerie politique…

    ‘‘On ne ment jamais assez avant les élections, pendant la guerre et après la chasse’’

    Georges Clémenceau, Président du Conseil, République Française (1906 – 1909 et 1917 – 1920)

    Par Joël Asher Lévy-Cohen*

    -Le 2 août 1998, le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila qui a, d’ailleurs, marginalisé bon nombre de ses anciens camarades et, surtout, compagnons d’armes de l’AFDL, est sérieusement en porte-à-faux avec une mutinerie militaire. Cette révolte du personnel en béret et kaki désire le renverser violemment. À cet égard, les combats à l’arme lourde font terriblement rage dans la capitale Kinshasa. Ces conflagrations armées, d’ailleurs, d’une virulence inouïe et d’une barbarie indicible opposent, en réalité, les forces armées congolaises (FAC), demeurées très largement fidèles à Mzee Kabila, aux mutins, pour la circonstance, soutenus techniquement et logistiquement par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.

    Afin de mobiliser toute la population à sa cause ‘‘délicate’’, le chef de l’État autoproclamé évoque, sans retenue, un coup d’État visiblement orchestré par trois pays limitrophes de la région des Grands Lacs africains. À savoir : le Rwanda de Pasteur Bizimungu – depuis lors défenestré par nul autre que le généralissime Paul Kagame –, le Burundi du major Pierre Buyoya et l’Ouganda du général Yoweri Kaguta Museveni. En fait, ce fameux putsch militaire est manigancé par d’anciens parrains régionaux du guérillero postmarxiste et postmaoïste. En réalité, ce pronunciamiento est ourdi par des ex-alliés et, à plus forte raison, partenaires stratégiques dans le renversement du régime dictatorial du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre. Force est de souligner en effet que les relations politiques et diplomatiques, y compris les liens de bon voisinage, qui unissaient, toutefois, de manière intime le rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila à ce cartel étatique, s’étaient rapidement et exécrablement détériorées.

    Leurs rapports s’étaient tendus à un point tel que le recours à la violence armée était devenu pratiquement inévitable. Bien entendu, il était devenu irréversible en raison de multiples accusations de spoliation des ressources nationales directement lancées par le régime politique de Laurent-Désiré Kabila contre les États limitrophes et alliés. Ce chef de guerre ne supportait plus de se faire damer le pion par ses propres alliés et parrains dans l’exploitation et la vente des matières premières de la République démocratique du Congo.

    Leurs liens étaient devenus tellement conflictuels que le recours à la force physique était inéluctable, pratiquement inévitable en raison de la révocation cavalière, peu élégante, de nombreux contrats d’exploitation d’immenses ressources précieuses et stratégiques par le gouvernement de Kinshasa, et ce au détriment de la fine fleur de la Communauté financière et minière internationale. Toutes ces richesses physiques – [autant naturelles et minérales que stratégiques et précieuses]  – étaient, lors de l’épopée révolutionnaire de 1996 – 1997, pourtant inconditionnellement garanties par le condottiere ‘‘congolais’’ aussi bien aux tuteurs internationaux qu’aux parrains régionaux. Il importe d’admettre que ces trois États limitrophes jouissant, manifestement, de la bénédiction de puissants intérêts économiques et financiers d’extraction anglo-saxonne furent, à titre de parrains et d’alliés régionaux, d’ailleurs, très fortement engagés dans le renversement militaire du Maréchal-président Mobutu Sese Seko du Zaïre.

    Par contre, les forces armées rebelles, en l’occurrence le RCD-Goma, qui n’ont nullement la cote auprès de la population fortement exaspérée, évoquent, dans le but de justifier leur entreprise belliciste et leur agression militaire, un despotisme qui ne porte guère son nom. Celles-ci évoquent, pour la circonstance, l’assise d’une dictature féroce dont la philosophie est en fait l’intolérance politique. Elles fustigent virulemment l’installation d’une tyrannie brutale, l’émergence d’un système arbitraire dont le discours idéologique véhicule, en réalité, le sectarisme, la discrimination d’un pan de la population nationale, pourtant, culturellement intégrée. Aussi allèguent-elles l’instauration d’un autre régime autoritaire et d’un autre pouvoir monocratique, lequel a littéralement bâillonné, pris en otage, l’ensemble du pays aux lendemains de la chute violente d’un autre tyran de triste mémoire.

    C’est dans ce contexte de reniement mutuel entre partenaires qui n’ont vraiment pas su se partager le gâteau du pouvoir politique que le Peuple congolais, naturellement coincé entre deux mâchoires redoutables de la violence armée, certes pris entre les brasiers de deux forces belligérantes, découvre – comme dans un film d’horreur – le fameux groupe rebelle du ‘‘Rassemblement congolais pour la démocratie’’ (RCD). Il fait la connaissance de ce mouvement politique et militaire à la suite d’une conférence de presse qui justifie, politiquement, la mutinerie armée contre le pouvoir visiblement décrié du mercenaire Mzee Laurent-Désiré Kabila. Celui-ci fait, en réalité, la connaissance de cette formation doublement politique et militaire dans un véritable contexte de chaos et d’anarchie.

    Cette situation, au demeurant, confuse ne permet nullement à la population de prendre immédiatement la véritable mesure de la crise politique et du conflit militaire. C’est-à-dire : ‘‘Une sale guerre d’occupation territoriale’’. Conflit dont la finalité est évidemment ‘‘le pillage meurtrier des richesses étatiques, le bradage sauvage des ressources nationales autant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques, sur fond de balkanisation territoriale’’.

    Il convient de relever que cette fameuse rébellion politico-militaire hétéroclite présente cette particularité et cette singularité de réunir les cadres politiques et chefs militaires de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL)[i]. Ce mouvement armé les associe aux résidus de factions militaires et politiques mobutistes qui ne supportent absolument guère le traitement leur réservé par le vrai-faux nouveau régime fort de Kinshasa[ii]. Aussi les associe-t-il directement aux divers débris de milices politiques et armées aussi bien lumumbistes que nationalistes[iii]. En vérité, toutes ces factions estiment avoir été ignoblement ‘‘trahies’’ par le dirigeant rebelle autoproclamé président de la République démocratique du Congo.

    Il y a lieu de noter que, outre les Banyamulenges de l’AFDL, les Mobutistes et les acteurs politiques lumumbistes et nationalistes, cette rébellion politico-militaire a recruté parmi les proches compagnons de Mzee Laurent-Désiré Kabila[iv]. Ce mouvement armé proche de Kigali et de Kampala a, également, recruté parmi la crème intellectuelle[v]. Aussi a-t-il réussi à attirer d’anciens fonctionnaires internationaux[vi]. Tout comme il a réussi à attirer sans résistance des membres de l’Opposition légaliste, non armée et non-violente[vii].

    Force est mentionner que le RCD jouit, à cette époque effervescente, des mêmes soutiens logistiques et techniques que la défunte AFDL qui a subverti violemment le tristement célèbre pouvoir politique du Maréchal-tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre et, par ricochet, démantelé le régime politique et institutionnel de la Conférence nationale souveraine (CNS). En effet, le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda qui agressent physiquement, une fois de plus, la souveraineté internationale et l’indépendance nationale de la République démocratique du Congo, lui ont évidemment apporté leurs appuis stratégiques dans le but de renverser militairement le pouvoir contesté de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Aussi bénéficie-t-il largement des mêmes appuis financiers, politiques et diplomatiques que cet ancien mouvement politico-militaire sur le plan purement international. À cet égard, la Belgique – qui est, par essence, l’ancienne puissance coloniale –, la Grande-Bretagne, les États-Unis d’Amérique et, sans oublier, le très discret Canada ont été effectivement les meilleurs alliés de ladite faction rebelle.

    Au début de la guerre civile, donc le 2 août 1998, cette rébellion antikabiliste établit le siège de son commandement politique et de son état-major militaire à Goma (Province du Nord-Kivu), qui est une ville interlacustre de l’Est du pays et frontalière du Rwanda. Toutefois, au début du IIIe millénaire, celui-ci est très rapidement transféré à Kisangani (Province Orientale), de surcroît, la troisième ville du pays. Volonté d’émancipation ou volonté de séduction du Peuple congolais ? Ce qui est sûr, ce transfert de siège politique et militaire est rapidement opéré dans le but de gommer toute filiation avec le Rwanda. Il se justifie dans la mesure où le Peuple congolais voit, plutôt, dans cette organisation politico-militaire un cheval de Troie du général-président Paul Kagame, qui plus est un bras armé de ce petit pays voisin dans le but de balkaniser littéralement le majestueux territoire national.

    À compter du 2 août 1998, le RCD-Goma, en tant que mouvement armé anti-Kabila, a réellement connu une trajectoire en dents de scie. En vérité, il a connu toute une série de fractures et de défections politiques dans son cheminement révolutionnaire. Et non des moindres. En effet, cette organisation politique et militaire a bel et bien implosé, éclaté, en maintes factions armées autonomes, d’ailleurs d’importance fortement inégale.

    Cette rébellion armée a, effectivement, donné naissance au RCD/ML[viii] d’Antipas Mbusa Nyamwisi. Ce groupe est solidement implanté dans le Maniema frontalier de l’Ouganda. Il s’appuie exclusivement sur les ressortissants de l’ethnie nande. Cette faction politique et militaire particulièrement concentrée dans l’Est du pays finit par s’allier, on ne peut plus tard, au MLC[ix] de l’affairiste postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo. Aussi a-t-elle donné naissance au RCD/N[x] de Roger Lumbala.

    Ce mouvement politico-militaire dont l’affiliation rwandaise l’a énormément desservi, faut-il le rappeler, a en réalité vécu plusieurs départs de ses cadres les plus éminents. Il s’est vite départi des services du Pr Ernest Wamba dia Wamba pour n’avoir pas du tout réussi à séduire la province du Bas-Congo et à conquérir militairement l’Ouest du pays dont la capitale Kinshasa. Force est de souligner que cette région du pays a sérieusement souffert de multiples atrocités de cette rébellion armée au tout début de la guerre civile, d’ailleurs qualifiée par une kyrielle d’observateurs nationaux et d’experts internationaux avertis de guerre d’occupation et de pillage, en 1998.

    Toutefois, dans le but d’exercer son emprise militaire sur l’Est du pays, ce mouvement politique et révolutionnaire fit directement appel à l’ancien fonctionnaire international auprès de l’UNESCO, Arthur Z’Ahidi Ngoma. Cette rébellion se départit définitivement de cet acteur de premier plan à la veille du fameux Dialogue intercongolais en République Sud-Africaine (RSA). Cette rupture fut, totalement, consommée lorsque ce personnage proche des intérêts français commença à critiquer très ouvertement la prépondérance ethnique des Nilotiques tutsis dans la branche politique et militaire de ladite rébellion indubitablement proche du Rwanda. Même pour séduire le grand et richissime Katanga et, par voie de conséquence, mettre immédiatement la main sur son pactole minier, cette entreprise révolutionnaire ‘‘anti-Kabila’’ fit, momentanément, appel au fameux Dr Émile Ilunga afin d’occuper la présidence de son plus haut comité politique et militaire.

    Le RCD-Goma auquel il est, sans doute, attribué des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des crimes de génocide, d’ailleurs couverts par de grandes puissances internationales, tels la Belgique, le Canada, les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et l’ONU, est, faut-il le mentionner, signataire du protocole d’Accords de Lusaka des 10, 30 et 31 juillet, 30 et 31 août 1999. Cette organisation politique et militaire a été, en fait, partie prenante de toutes les négociations politiques intercongolaises successivement tenues à Addis-Abeba (Éthiopie) et à Gaborone (Botswana) dans l’optique de préparer et d’organiser les Assises politiques du Dialogue intercongolais (DIC). Cette rébellion armée anti-Kabila a, aussi, participé à toutes les étapes des pourparlers politiques et à toutes les commissions du DIC en Afrique du Sud en 2002 (Sun City) et 2003 (Pretoria).

    Le RCD-Goma a également été, faut-il le préciser, partenaire et allié de l’UDPS au sein de la fameuse Alliance pour la sauvegarde du Dialogue intercongolais (ASD) dans le seul et unique but de relancer les pourparlers politiques intercongolais devant nécessairement déboucher sur un accord global et inclusif (AGI). En réalité, ces négociations politiques ont été, brusquement, interrompues par la signature de l’accord pirate et sectaire de l’Hôtel des Cascades, susurré par de puissants intérêts belges et américains. En principe, ceux-ci voulaient coûte que coûte tuer dans l’œuf le DIC et, par conséquent, imposer, à la faveur dudit accord controversé et suicidaire, le général-major Joseph Kabila Kabange – [d’ailleurs secondé pour la circonstance par Jean-Pierre Bemba Gombo] – à la tête de la République démocratique du Congo[xi]. De ce fait, ils tenaient à matérialiser leur volonté mesquine de poursuivre incessamment l’entreprise de pillage léopoldien des ressources nationales et richesses étatiques.

    Donc, cette fameuse entente marginalisait, à vrai dire, le RCD-Goma tout à fait proche de Kigali. Il faut mentionner que cet accord clandestin impliquait directement les rebelles armés du Mouvement de libération du Congo (MLC) mené par l’affairiste postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo et la faction belligérante de Kinshasa dirigée par le général-major Joseph Kabila Kabange. Celui-ci avait certes pour effet de balkaniser le majestueux territoire national. Aussi avait-il assurément pour effet de démembrer et de désintégrer complètement la République démocratique du Congo au profit des belligérants. D’autant plus que l’Est d’ailleurs assujetti à un pillage des plus sauvage et meurtrier devait rester sous l’influence permanente du RCD-Goma, l’Ouest complètement endormi et placé sous le joug du pouvoir de Kinshasa et le Nord tenu au respect à coup de bâton et soumis à la merci du MLC.

    Il ne fait aucun doute que le pacte de l’hôtel des Cascades a donné lieu à une corruption sans précédent touchant différents acteurs politiques. Aussi cette entente certes décriée fut-elle endossée par un certain nombre d’opérateurs nationaux émanant de la Société civile. Ceux-ci furent en réalité plus préoccupés et plus soucieux de se remplir les poches que de s’occuper consciencieusement de l’avenir politique oh ! Combien hypothéqué de la Nation et du Peuple.

    C’est dans ce contexte pathétique qu’intervient rapidement la constitution de l’ASD dont les piliers fondamentaux sont l’UDPS sur le plan politique et le RCD-Goma sur le terrain militaire. Cette plateforme circonstancielle avait effectivement pour objectif primordial la relance des pourparlers politiques intercongolais et la démocratisation du pays. Mais, en réalité, le véritable corollaire de cette plateforme stratégique a été indéniablement le maintien de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Donc, son principal crédit fut la matérialisation effective de la réunification de la Nation.

    Si elle a réellement réussi à mener à terme la reprise des négociations politiques soldées, d’ailleurs, par un accord, quoi que tout à fait controversé[xii], l’ASD n’a pas véritablement du tout réussi à concrétiser la démocratisation politique et la libération nationale de la tyrannie sanguinaire. Alors que cela a été, en vérité, son objectif le plus fondamental. En effet, cette association circonstancielle entre l’UDPS et le RCD-Goma n’a pas survécu aux lendemains de la signature de l’AGI. Cette plateforme a été complètement liquidée dans la mesure où la formation politique très chère à Étienne Tshisekedi wa Mulumba n’a pas participé, contrairement à son partenaire et allié stratégique de l’ASD, aux institutions politiques et citoyennes de la Transition couvrant, bien sûr, la période triennale de 2003 à 2006.

    À titre de rappel, contrairement au gentleman agreement négocié par toutes les parties protagonistes, accordant à l’UDPS et a fortiori à Étienne Tshisekedi wa Mulumba, la vice-présidence chargée de la Commission sociale et culturelle de la Transition politique de 2003 à 2006, ce poste a complètement échappé au leader charismatique de l’Opposition politique et démocratique au profit d’Arthur Z’Ahidi Ngoma. Manigance politique voire diplomatique oblige, celui-ci est attribué à un ancien belligérant qui a prêté allégeance politique au pouvoir de Kinshasa. Ceci bien entendu grâce à la complicité indiscutable de la Communauté internationale (Belgique et France) et la duplicité avérée du Médiateur sénégalais Moustapha Niasse qui a soumis la procédure de nomination à cette fonction à la votation.

    Violant ainsi l’esprit et la lettre de l’AGI qui prévoyait, certes, l’adoption et l’application de toutes décisions, ainsi que l’attribution de chaque poste, par voie consensuelle. Mais encore, cette vice-présidence a échappé à l’UDPS et à Étienne Tshisekedi wa Mulumba grâce à la collusion indéniable du MLC de l’homme d’affaires Jean-Pierre Bemba Gombo et du PPRD de Joseph Kabila Kabange. Aussi ce poste a-t-il échappé à cette formation et à son leader grâce à la collusion d’une frange importante de l’Opposition politique et de la Société civile, d’ailleurs, très largement fabriquées par de puissants intérêts extérieurs. C’est cette violation manifeste de l’Accord intercongolais de paix de Pretoria combinée avec la conjuration avérée des bailleurs de fonds internationaux qui incita littéralement l’UDPS, suite aux vives recommandations d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, à ne point participer à toutes les instances politiques et citoyennes de la Transition.

    Signataire de l’AGI, le RCD-Goma participe, activement, à la fameuse Transition politique de 2003 à 2006. À ce titre, cette rébellion politico-militaire occupe, en vertu de ladite entente, la vice-présidence de la République chargée de la toute-puissante Commission ‘‘Politique, Défense et Sécurité’’. Elle occupe cette Institution hautement stratégique par l’entremise de Me Azarias Ruberwa Manywa. Aussi obtient-elle dans la foulée le poste de deuxième vice-président de l’Assemblée nationale. Celui-ci est, d’ailleurs, occupé par le médecin Adolphe Onosumba Yembe, qui est de surcroît le président de ce parti politique et militaire. Au niveau gouvernemental, ce mouvement armé qui a, effectivement, du mal à trouver ses vraies marques, se voit également gratifier de prestigieux ministères de la défense nationale et anciens combattants, ainsi que celui de l’éducation nationale.

    Il est un fait établi qu’au cours de la Transition politique de 2003 à 2006, le RCD-Goma ne sait véritablement pas se renouveler. Cette formation ne sait pas du tout s’adapter au contexte socioculturel ambiant en tant que formation politique. Il ne sait même pas se moderniser. Il ne sait pas orienter son discours idéologique malgré sa transformation en parti politique.

    Cette organisation militaire directement issue de la rébellion armée anti-Kabila ne sait pas non plus conquérir politiquement les autres espaces régionaux du pays. Elle ne sait pas s’ouvrir très largement aux autres bases ethniques en vue de recruter de meilleurs éléments lui permettant de porter haut son idéal et son discours. Elle se mue, plutôt, en porte-parole de la minorité tutsie. Cette attitude de repli sur soi est, surtout, perceptible lors de la mémorable crise de Minembwe, minuscule territoire disputé violemment par les ressortissants banyamulenges aux populations autochtones du Kivu. Pourtant, lors de sa mise en orbite le 2 août 1998, ce mouvement armé rebelle présentait visiblement un visage plutôt pluriel !

    Les tergiversations politiques du RCD-Goma sur la prise militaire de Bukavu (chef-lieu du Sud-Kivu) par un de ses hauts cadres militaires, le colonel Jules Mutebusi, aggravent incontestablement le fossé abyssal avec le reste du pays. Elles accentuent définitivement les suspicions qu’alimente, à profusion, la majorité absolue de la population congolaise. Elles légitiment les appréhensions qu’entretient celle-ci sur ses velléités expansionnistes et ses ambitions ‘‘partitionnistes’’.

    Toutefois, le divorce politique du RCD-Goma d’avec l’ensemble du Peuple congolais est définitivement consommé lorsque son aile dirigeante banyamulenge prend réellement fait et cause en faveur de toutes revendications aussi bien identitaires que foncières du ‘‘Conseil national pour la défense du peuple (CNDP)’’. À la faveur du processus de paix Amani, ce bras armé finit par fondre dans les structures politiques et gouvernementales. Ce mouvement politico-militaire qui dérive en fait du RCD-Goma, est d’ailleurs dirigé par nul autre de ses anciens cadres que le général-pasteur Laurent Nkundabatware Mihigo, dit ‘‘Laurent Nkunda’’.

    Ce chef de guerre tutsi banyamulenge réputé donner énormément du fil à retordre aux autorités politiques et gouvernementales au Nord-Kivu, est depuis cette période trouble l’objet d’un mandat d’arrêt national émis par le pouvoir de Kinshasa. Officiellement, ce seigneur de guerre est séquestré au Rwanda où il s’est, d’ailleurs, certes réfugié. Mais, officieusement, rapporte-t-on, son ombre longiligne a été vue, et ce à maintes reprises, à la base militaire de Kitona et aussi à Kimpese (une localité située à 150 Km de la capitale Kinshasa). À en croire certaines indiscrétions, celle-ci aurait même été aperçue, vue dans cette riche Province pétrolifère du Bas-Congo. Entre autres pendant les effervescentes périodes préélectorale, électorale et postélectorale (2011), signale-t-on.

    Par ailleurs, le RCD-Goma jouant sensiblement la carte de l’ouverture démocratique et le jeu institutionnel de la Transition politique, a bel et bien participé à la présidentielle et aux législatives de 2006. Aussi a-t-il largement, activement, participé aux sénatoriales et aux provinciales. Au cours de ces élections, il a malheureusement mordu la poussière. Il a réalisé ses pires scores politiques.

    Me Azarias Ruberwa Manywa qui était manifestement son porte-étendard, qui défendait pourtant toutes ses couleurs au scrutin présidentiel, a réellement fait piètre figure. Cette formation politico-militaire n’a même pas fait élire un seul ressortissant tutsi nilotique, fût-il munyamulenge ou munyamasisi à la chambre des Représentants (chambre basse de l’Assemblée nationale). Toutefois, à la chambre haute (le Sénat), un de ses plus hauts cadres politiques et administratifs, en l’occurrence Me Moïse Nyarugabo Muhizi, a réussi à faire, heureusement, son entrée triomphale pour une mandature de six ans. Depuis lors, cet avocat n’a jamais remis son mandat en jeu…

    Par ailleurs, les toutes dernières élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, lesquelles ont réellement fait couler beaucoup d’encre et de salive, voire beaucoup de sang, n’ont pratiquement pas enregistré la présence des candidats du RCD-Goma tout à fait proche de Kigali. Il importe de reconnaître que cette organisation fut pourtant, à une certaine époque révolue, la force militaire la mieux équipée et la mieux entraînée du pays mais aussi une force politique redoutable, incontournable. Toute la question est de savoir les raisons profondes de cette réelle et soudaine ‘‘disparition’’ politique. S’agit-il, en réalité, d’une hibernation préméditée ? Est-ce en fait un repli stratégique délibéré ?

    Par ailleurs, l’aphonie du RCD-Goma doit-elle être effectivement considérée comme un geste relevant pratiquement du hara-kiri politique ? S’agit-il manifestement d’un acte ou d’une opération s’apparentant plutôt à un solde de tout compte dans la vie nationale ? S’agit-il à vrai dire d’une simple reconversion ou réorientation politique ? À ce propos, est-il question d’une recomposition militaire dudit mouvement révolutionnaire ? S’agit-il par contre d’un vrai sabordage politique délibéré et d’une véritable refonte stratégique en d’autres structures politiques et militaires [tels le CNDP ou le fameux M23] ?

    Par conséquent, le RCD-Goma, grand absent ou grand oublié des élections présidentielle et législatives de 2011 ? Quelle mission politique ou militaire s’assigne-t-il dorénavant ? Quel rôle compte-t-il réellement jouer dans les prochains jours, dans les semaines, mois et années à venir au sein de l’espace national ? L’avenir le dira très certainement.

    Cependant, une chose est sûre et certaine, le RCD-Goma entame son démantèlement progressif aux lendemains de la signature du processus de paix Amani de 2008 à Goma (Nord-Kivu). Force est de constater que celui-ci devait sceller définitivement la paix et la concorde dans cette immense région instable qu’est effectivement devenu le grand Kivu. Il devait, donc, logiquement assurer l’intégrité territoriale…

    Toujours est-il que ce mouvement politique et militaire est, de nos jours, définitivement sans âme. Toujours est-il que cette entreprise politique et révolutionnaire qui, au plus fort du conflit armé, s’assigne d’éradiquer l’intolérance en République démocratique du Congo, est à tout point de vue sans substance. Toujours est-il que cette formation qui se fixe de rompre à tout jamais la tyrannie sanguinaire ainsi que l’immobilisme despotique, est apparemment sans vie.

    Toujours est-il que cette entreprise issue directement de la mouvance révolutionnaire de l’AFDL, dont le leitmotiv politique et idéologique consiste à émasculer l’autoritarisme d’un État anachronique et irresponsable, est à vrai dire pratiquement une coquille vide. Pour quelles raisons majeures ? Celle-ci renaîtrait-elle finalement de ses cendres ? De quelle manière cette opération se ferait-elle si jamais cette hypothèse se confirmait sur le terrain politique et national ? Cette organisation politique et militaire a-t-elle encore, concrètement et logiquement parlant, un certain avenir politique et même une certaine assise en République démocratique du Congo ? A-t-elle suffisamment de ressources pour reconquérir un espace national qui lui est définitivement hostile ?

    Le 20 décembre 2011, le mercenaire Joseph Kabila Kabange, un ancien de l’AFDL, prête serment devant un parterre d’invités de marque dont le président zimbabwéen Robert Gabriel Mugabe et l’Ambassadeur belge Johan Swinnen. Ce dernier personnage est, en fait, l’artisan de la proclamation de faux résultats électoraux. Il est la pierre angulaire de la mascarade ayant reporté Kabila au pouvoir en République démocratique du Congo.

    Face à la réelle contestation de légitimité politique entre le général-major Joseph Kabila Kabange dont la réélection à la tête du pays est, à n’en pas douter, sujette à caution et le juriste Étienne Tshisekedi wa Mulumba dont la victoire électorale à la présidentielle du lundi 28 novembre 2011 a été certainement volée grâce à la complicité manifeste des États phares de la Communauté occidentale[xiii], qu’aurait-il pu entreprendre à ce niveau le RCD-Goma, d’ailleurs proche du Rwanda limitrophe ? Ce mouvement politico-militaire aurait-il pu réellement se pencher en faveur du changement politique et démocratique d’ailleurs prôné par le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS qui fut, à juste titre, son allié et partenaire au sein de l’ASD ? Aurait-il pu, par contre, se prononcer en faveur du général-major Joseph Kabila Kabange dont les origines plus que tutsies rwandaises et tanzaniennes sont, en réalité, un secret de polichinelle ?

    Cette question s’impose sans doute dans la mesure où les chansons populaires exhortent sans équivoque, pendant la campagne électorale, le leader de l’UDPS à retourner Joseph Kabila Kabange au Rwanda pour avoir camouflé ses origines ethniques et tribales. Il sied de souligner que cet État limitrophe est, indubitablement, son pays de naissance et aussi celui de ses parents biologiques dont la réalité est complètement tue. D’autres slogans de campagne électorale poussent le chef de ce mouvement en faveur de la démocratie et de la liberté à extrader le jeune tyrannosaure à la Cour pénale internationale (CPI).

    Face aux enjeux internationaux et nationaux de la République démocratique du Congo, le RCD-Goma aurait-il réellement été, au fil de toute son évolution politique et militaire dans l’espace national, une escroquerie révolutionnaire ? Ce qui est franchement clair et net, cette opposition armée, une fois aménagée dans la capitale Kinshasa dans le cadre de la Transition politique (2003 – 2006), entame très graduellement son retrait de la vie politique. Au cours de cet interstice où les principales forces belligérantes se taillent, à n’en point douter, la part du lion, cette organisation entame sa disparition progressive des radars politiques et médiatiques.

    À partir de cet instant, l’apathie manifestée par ce mouvement révolutionnaire dont la filiation avec l’AFDL ne laissait personne indifférent, donnait, en réalité, l’impression que toute son existence politique voire militaire n’avait plus objectivement de justification à faire valoir. En fait, sur le terrain, celle-ci n’avait plus de raison dès lors que le guérillero postléniniste et poststaliniste Mzee Laurent-Désiré Kabila ne faisait manifestement plus partie de l’équation nationale. Donc, l’atonie du RCD donnait sans nul doute l’impression que toute son entreprise politique et militaire n’avait évidemment plus lieu d’être dès lors que le mobile principal de sa rébellion armée avait totalement disparu du paysage congolais et du décor politique national. À savoir : ‘‘la présence nettement remarquée et imposante de Laurent-Désiré Kabila au plus haut sommet de la République démocratique du Congo’’. Il faut comprendre par ce raisonnement son remplacement violent, dans des conditions sujettes à caution, par son beau-fils, – [a fortiori tutsi rwando-tanzanien] –, Joseph Kabila Kabange’’[xiv].

    Hormis quelques présences symboliques de Me Azarias Ruberwa Manywa dans maintes manifestations politiques et civiles, d’ailleurs ciblées, – tel le congrès de l’UDPS à Limete –, le RCD-Goma disparaît définitivement de l’espace national. Il disparaît avant même de matérialiser sa principale raison d’existence qu’est ‘‘la lutte armée contre la dictature et l’intolérance à la fois politique et idéologique’’. En vérité, cette entreprise révolutionnaire disparaît avant d’atteindre son objectif cardinal, pourtant affiché et réaffirmé dans l’acte fondateur de la fameuse Alliance pour la sauvegarde du Dialogue intercongolais (ASD) : ‘‘l’édification d’un environnement politique libre et juste, digne et tolérant, solidaire et fraternel ; la constitution d’un espace démocratique essentiellement fondé sur le respect scrupuleux des droits humains fondamentaux et des libertés républicaines’’. D’ailleurs, dans le document constitutif de l’ASD, ce parti politico-militaire s’est résolument engagé à concrétiser cet idéal noble et patriotique en République démocratique du Congo en utilisant tous les moyens, sans exception, jusqu’à la victoire finale.

    Or, force est d’admettre que les germes d’une société politique complètement piétinée par une tyrannie macabre, totalement écrasée par un despotisme sanguinaire subsistent toujours en République démocratique du Congo. Ceux-ci subsistent même pendant que ce mouvement politico-militaire est, effectivement, une des composantes essentielles de la Transition politique. Pourtant, les relents de la dictature féroce sont toujours présents au sein de la Nation depuis l’élection présidentielle fort controversée de 2006. Y compris celle sensiblement violente de 2011. Le régionalisme, le népotisme et l’intolérance sont toujours présents au sein de la Collectivité publique totalement bâillonnée, visiblement prise en otage par le général-major Joseph Kabila Kabange et sa meute d’artisans et de courtisans.

    À ce portrait peu flatteur du régime Kabila s’ajoutent des massacres de masse, des viols de femmes, l’embrigadement de très jeunes enfants, la transformation littérale du pays en zone de non-droit. De nos jours, rien n’a vraiment changé. C’est absolument du pareil au même ! Alors, à quoi le RCD-Goma pro-Rwanda a-t-il réellement servi ? En d’autres termes, quel a vraiment été son principal objectif ?

    Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que l’UDPS se fait mitrailler et bâillonner, sans autre forme de procès, par le pouvoir politique et militaire incarné par Joseph Kabila Kabange dont l’illégalité et l’illégitimité sont, d’ailleurs, en réalité indiscutables, irréfutables, sur le plan démocratique. Dans cette partie déséquilibrée où les violations massives de droits humains fondamentaux et de principes démocratiques et républicains, couvertes par de puissants intérêts extérieurs, sont à n’en point douter monnaie courante, le RCD-Goma choisit définitivement de se taire. Pourquoi ? Qu’est-ce qui justifie vraiment son manque de réactivité politique dans ces circonstances certes exceptionnelles où l’unité politique de l’État et la cohésion sociale de la communauté nationale sont pratiquement en jeu ? Qu’est-ce qui explique un tant soit peu sa léthargie politique ?

    Or en 2006, cette organisation politique et militaire avait adopté le même comportement silencieux lorsque, en guise de contestation des résultats électoraux, les affrontements armés ont violemment éclaté entre Jean-Pierre Bemba Gombo et Joseph Kabila Kabange. En 2011, cette formation armée directement issue de l’AFDL historique n’hésite pas à afficher clairement la même attitude. Par conséquent, cet abandon manifeste de l’UDPS par le RCD-Goma doit-il être interprété, en vérité, de neutralité politique ? Qui ne dit mot consent, dit-on ! À cet effet, le lourd silence de ce mouvement politique et militaire est-il indéniablement coupable ? Devrait-on l’accuser sans retenue de non-assistance à peuple en danger ? Cela est d’autant plus vrai que, lorsque les agressions physiques ou verbales visaient principalement, directement les communautés banyamulenge ou banyamasisi, cette formation n’hésitait pas à monter immédiatement au créneau pour les défendre politiquement.

    Bizarrement, concernant le conflit meurtrier au Grand Kasaï, lequel oppose violemment les autorités politiques, administratives et gouvernementales à une partie importante des Citoyens, le RCD ne se manifeste point. Il importe de mentionner que dans ce conflit, le pouvoir politique incarné par Joseph Kabila Kabange et certains anciens membres de l’AFDL dont est directement issu le RCD-Goma, massacre sa propre population. Pourtant, ces accrochages violents entre les deux camps auraient normalement dû l’interpeller au point même de le positionner en force médiatrice, en tant que principal défenseur des peuples opprimés, écrasés de la République démocratique du Congo (RDC). Ne serait-ce que pour [dé]montrer sa vision des enjeux nationaux ! Rien de tout cela.

    Finalement, pour qui roule-t-il le RCD-Goma pro-Rwanda ? Pour Joseph Kabila Kabange qui est effectivement un sujet tutsi rwandais dont les origines ethniques et tribales ont, d’ailleurs, été dévoilées par cette formation chère au Me Azarias Ruberwa Manywa[xv] ? Pour le fameux CNDP de Laurent Nkundabatware Mihigo sabordé en Mouvement du 23 mars (M-23) ? Pour l’UDPS ou le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba qui promeut littéralement la paix et la sécurité, la démocratie et la liberté de la Nation, la dignité et la justice, l’Union politique du territoire  national ? Pour le Peuple congolais pratiquement victime d’un pouvoir prédateur et sanguinaire ?

    Ce qui est clair et nettement irréfutable, d’anciens cadres politiques et administratifs du RCD-Goma pro-Rwanda entourent voire supportent, de nos jours, le mercenaire Joseph Kabila Kabange. Il s’agit d’Alexis Thambwe Mwamba, Lambert Mende Omalanga, Tryphon Kin-Kiey Mulumba.  Ceux-ci l’accompagnent dans sa macabre volonté d’extermination de la population congolaise et dans celle éhontée de dilapidation des biens publics. Hormis Azarias Ruberwa Manywa (membre d’un gouvernement illégitime) et Moïse Nyarugabo Muhizi (membre d’un sénat illégitime et illégal), les personnalités politiques ci-dessus citées ont, néanmoins, cette particularité et cette singularité d’avoir servi fidèlement un autre tyran de sinistre mémoire et à plus forte raison massacreur du Peuple congolais. Il s’agit du Maréchal-despote ‘‘Mobutu Sese Seko du Zaïre’’.

    Ce qui est absolument clair et net, les anciens supplétifs du RCD-Goma pro-Rwanda[xvi], ont réellement donné un coup de main décisif à Joseph Kabila Kabange pour être réélu. Tous ces mercenaires à la solde du Rwanda ont naturellement forcé les électeurs à voter en faveur du chef de l’État sortant lors de l’élection présidentielle de 2011. Il y a lieu de relever que ce scénario similaire de ‘‘prise en otage’’ des votants s’était déjà produit en 2006 au grand Kivu lorsque les différentes forces négatives qui pullulent, essaiment et sèment la violence physique et la terreur aveugle dans cette région martyre – [Maï-Maï, FDLR, CNDP] – ont complètement vicié, pollué, le scrutin présidentiel. En effet, celles-ci se sont improvisées– au vu et au su de tout le monde – superviseur de bureaux de vote dans l’Est du pays.

    Cette supervision électorale, d’ailleurs décriée, s’est opérée sans pour autant que toutes ces sectes sanguinaires et terroristes bénéficient réellement du mandat légal et officiel dûment délivré par le pouvoir électoral organisateur[xvii]? Il n’en demeure pas moins vrai que la seule présence intimidante desdites forces négatives dans les centres de vote a en réalité contraint l’ensemble des électeurs de cette région à procurer sans détour leurs suffrages populaires à Joseph Kabila Kabange et ce aux dépens de l’affairiste Jean-Pierre Bemba Gombo. D’ailleurs, au cours d’une entrevue accordée en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), en septembre 2007, au journaliste indépendant américain Jackson Wilson, Joseph Kabila Kabange a évidemment confirmé toute cette information sur l’utilisation des groupes rebelles dans le processus électoral.

    Ainsi, une telle information certes inquiétante a entamé l’appréciation de la crédibilité et de l’intégrité du processus démocratique dans la mesure où la liberté de voter, en tant qu’acte civique et responsable, a été visiblement bafouée. Par ailleurs, en vue de mettre en lumière son implication dans cette mascarade électorale de 2006 et, par conséquent, déterminer sa responsabilité manifeste, ce chef de l’État dont l’élection présidentielle fut entachée de fraudes et d’irrégularités avérées, à une échelle déjà insoupçonnée à cette époque, n’hésita pas à renchérir, à déclarer du même souffle : ‘‘On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs’’. Ce qui dénota, en réalité, toute sa volonté malsaine de tricher et de saboter l’expression politique et démocratique du Souverain primaire.

    Force est de reconnaître que dès 2006, le seigneur de guerre ‘‘Bosco Ntanganda’’, alias Terminator, fut nettement placé sous le coup d’un mandat d’arrêt international[xviii]. Celui-ci fut, d’ailleurs, délivré par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité[xix]. Ce tribunal pénal international le suspectait d’avoir enrôlé de force des enfants soldats. Cependant, le gouvernement de Kinshasa refusa de le livrer à cette juridiction pénale internationale dans la mesure où il participait activement, aux côtés des forces onusiennes (MONUSCO), au démantèlement des poches de résistance et des bases arrière servant stratégiquement de zone de repli aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)[xx]. À vrai dire, toute la question est de savoir pourquoi et comment l’ONU tolérait une telle coopération armée, surtout, avec un individu, pourtant, officiellement recherché par la justice internationale.

    Par conséquent, il revient strictement au Secrétaire général de l’ONU de l’époque, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, d’y répondre. Il appartient, surtout, à son Envoyé spécial et, à plus forte raison, Représentant de la Mission d’observation des Nations unies pour la stabilité institutionnelle de la République démocratique du Congo (MONUSCO), l’Ambassadeur honoraire américain Roger Meece, d’éclairer la lanterne de l’opinion publique aussi bien internationale que nationale, de s’expliquer. Aussi appartient-il plus particulièrement et plus singulièrement au Conseil de sécurité de l’ONU, spécifiquement aux cinq membres permanents, d’apporter sans tarder et sans tergiversations des éclaircissements sur cet impair politique, sur cette supercherie diplomatique.

    Joël Asher Lévy- Cohen

    Journaliste indépendant

    www.joelasherlevycohen.com

    www.joelasherlevycohen.over-blog.com


    [i]Le secrétaire général de l’AFDL Deogratias Bugera, le ministre des affaires étrangères Bizima Karaha, le chef d’état-major général de l’AFDL James Kabarebe, les avocats Azarias Ruberwa Manywa et Moïse Nyarugabo Muhizi.

    [ii]Le Lieutenant Jean-Pierre Ondekane, le commandant Sylvain Mbuki, le commandant Dieudonné Kabengele, le ministre de l’information du Maréchal Mobutu, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, Alexis Thambwe Mwamba, Ashila Pashi Tshibwabwa.

    [iii]Le Pr Ernest Wamba dia Wamba, Lambert Mende Omalanga.

    [iv]Le Dr Émile Ilunga.

    [v]Le Pr Ernest Wamba dia Wamba.

    [vi]Arthur Z’Ahidi Ngoma.

    [vii]Roger Lumbala, Kazadi Nashanla Babandoa.

    [viii]Rassemblement congolais pour la démocratie/Mouvement de libération.

    [ix]Mouvement de libération du Congo.

    [x]Rassemblement congolais pour la démocratie/National.

    [xi]Le Dialogue intercongolais prévu par l’Accord de cessez-le-feu Lusaka a été conçu dans le but de renverser politiquement le régime controversé de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Dès l’assassinat de ce chef de l’État autoproclamé de la République démocratique du Congo, la communauté occidentale s’est résolue à saboter coûte que coûte ce volet politique du protocole d’Accords de Lusaka dans la mesure où son pion agissant sournoisement dans le cœur du système, Joseph Kabila Kabange, l’a immédiatement succédé dans des conditions fort nébuleuses, et ce avec la triple complicité africaine (Angola, Zimbabwe et République Sud-Africaine).

    [xii]Pour garantir toute son efficacité, la nouvelle entente résultant de la seconde phase des Assises politiques intercongolaises à Pretoria (2002) et à Sun City (2003) se devait forcément et logiquement d’intégrer toutes les forces belligérantes, toutes les organisations de l’Opposition politique et démocratique, ainsi que toutes les forces vives de la Nation et tous les acteurs de la Société civile.

    [xiii] La Belgique, l’Union européenne (UE) et les États-Unis d’Amérique ont joué un rôle nocif dans cette joute électorale. Le peuple congolais paye, aujourd’hui, les effets de leur soutien au régime mercenaire de Joseph Kabila Kabange sous forme de violations criardes des droits fondamentaux de la personne humaine et de confiscation brutale de la démocratie.

    [xiv]Laurent-Désiré Kabila est décédé le 16 janvier 2011 des suites d’assassinat programmé par l’establishment occidental.

    [xv]Le vice-président du RCD-Goma pro-Rwanda, le commandant Jean-Pierre Ondekane, devenu entre-temps général-major des FARDC et ministre de la défense à la faveur de l’AGI, a confirmé dans la foulée du DIC les origines tutsies rwandaises de Joseph Kabila Kabange.

    [xvi] Ce sont des soudards qui ont effectivement grossi les rangs du CNDP du général-pasteur Laurent Nkundabatware Mihigo, dit ‘‘Laurent Nkunda’’. L’on pourrait nommer ‘‘Bosco Ntanganda’’ de Force patriotique de libération du Congo (FPLC).

    [xvii]En l’occurrence deux institutions politiques et citoyennes réellement corrompues : la Commission électorale indépendante [CEI] présidée par le très controversé Abbé Apollinaire Malu-Malu Muholongu en 2006 et la fameuse Commission électorale nationale indépendante [CENI] dirigée par le pasteur méthodiste Daniel Ngoy Mulunda en 2011).

    [xviii] Ce chef de guerre tutsi rwandais fut, dans l’entretemps, élevé au rang de général au sein de l’armée nationale congolaise (FARDC), à la faveur du processus politique de paix ‘‘Amani’’,

    [xix]Bosco Ntanganda, alias ‘‘Terminator’’, est aujourd’hui sous les verrous. Il est un justiciable de la CPI.

    [xx] Il s’agit de la branche armée de la rébellion hutue rwandaise accusée de génocide de 1994 au Rwanda.

  • Un véhicule pour chacun des 500 députés en fin de mandat, pot-de-vin ou tradition parlementaire ?

    Un véhicule pour chacun des 500 députés en fin de mandat, pot-de-vin ou tradition parlementaire ?

    -En lieu et place de 37 500 dollars chacun, les députés congolais recevront, pour ceux qui le souhaitent, un véhicule en guise d’indemnité de sortie. Pot-de-vin ou pratique parlementaire congolaise ? Trois questions pour comprendre ce procédé.

    À quand la pratique remonte-t-elle ?

    Proposer aux députés congolais des véhicules à la fin de leur mandat, ce n’est pas nouveau. Selon plusieurs sources parlementaires consultées par Jeune Afrique, le gouvernement de la RDC avait recouru au même procédé pour s’acquitter des indemnités de sortie des élus nationaux lors de deux précédentes législatures.

    De tous les bords, les élus sont unanimes sur la question. « Ce n’est pas un pot-de-vin, encore moins une gratification. C’est un droit », répètent-ils. « En fait, aucun gouvernement n’a été capable de débloquer les sommes dues aux 500 députés nationaux dans le cadre de leurs indemnités de sortie, explique Christophe Lutundula, député (G7, opposition) et ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale congolaise (2006-2009). C’est pourquoi l’on a toujours opté pour cette solution ». En 2011, par exemple, vers la fin de la première législature de la troisième République, l’élu de Katako-Kombe, dans le centre du pays, avait pu se procurer une Toyota Fortuner auprès du distributeur automobile CFAO grâce à ce mécanisme.

    Le gouvernement recourt à un mécanisme déjà utilisé dans le passé

    En quoi le procédé consiste-t-il ?

    Il s’agit d’une « traite bancaire », précise-t-on dans l’entourage d’Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale. « C’est un montage financier mis en place entre le gouvernement congolais, agent payeur des députés, une banque privée et trois concessionnaires, parmi lesquels CFAO et Congo Motors », souligne une source proche du dossier.

    « En ces temps difficiles, pour ne faire souffrir davantage le Trésor public, le gouvernement n’a fait que recourir à un mécanisme déjà utilisé lors de précédentes législatures : c’est la banque privée qui finance l’opération, le gouvernement ne paye rien. Il remboursera plus tard de manière échelonnée », explique notre source. Pour les 500 députés dont le mandat est arrivé à échéance en février – mais qui restent en fonction jusqu’à l’organisation des législatives -, les indemnités de sortie s’élèvent, au total, à l’équivalent en francs congolais de 17 750 000 dollars, soit six mois d’indemnités parlementaires pour chacun (6 250 dollars mensuels par député). Une somme de 37 500 dollars par personne qui ne peut, en l’état actuel des finances, être versée.

    D’après nos informations, une « commission de suivi » de l’Assemblée nationale a été mise en place il y a six mois pour suivre le dossier auprès du gouvernement. Celui-ci a donné son feu vert lorsque Samy Badibanga était Premier ministre (décembre 2016-avril 2017). Depuis, des députés sont contactés par des concessionnaires retenus par le gouvernement pour qu’ils souscrivent, ou non, au « montage financier ».

    C’est une manière de faire gagner de l’argent à la BGFI-Bank », selon Christophe Lutundula

    Pourquoi certains élus grondent-ils ?

    Mais la recette ne semble pas faire l’unanimité. Certains élus dénoncent le choix de la BGFI-Bank, qui participe à l’opération. « C’est une banque suspecte qui a été récemment décriée pour sa gestion opaque des fonds publics alloués à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) », relève Christophe Lutundula. Est-ce à cause de ses liens avec la famille présidentielle que la BGFI a été choisie pour pré-financer cette transaction ? En tout cas, « c’est une manière de lui faire gagner de l’argent, notamment à travers les intérêts et autres commissions », note Lutundula.

    Des agios, TVA et autres frais seront en effet déduits de l’indemnité de sortie de chaque député. « Ces coupes peuvent atteindre 7 000 dollars », croit savoir un élu, offusqué de voir son dû être « grignoté ». Car même un député qui n’accepte pas de souscrire au montage financier ne pourra plus percevoir l’intégralité des 37 500 dollars, « le processus [étant] déjà enclenché ». Congo Motors par exemple est prêt à proposer à certains élus un 4×4 Nissan double cabine… et trois motos si le coût du véhicule s’avère inférieur à l’indemnité de sortie après déduction de tous les frais de la transaction.

    «  S’il faut accepter un véhicule à la place de l’argent, sa valeur doit être exactement égale à la somme de l’indemnité de sortie », prévient le député Juvénal Munubo, cadre de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe. « Il s’agit d’un droit constitutionnellement garanti. Je dois être convaincu des raisons de sa diminution », conclut-il.

    Cette affaire se retrouve sur la place publique alors que le pays traverse une crise politique mais surtout économique. Les caisses de l’État sont vides, le franc congolais se déprécie jour après jour. Un contexte marqué également par les révélations ces dernières semaines de la fortune colossale amassée par la famille présidentielle.

    Avec JA

  • Kinshasa limite les mouvements des journalistes étrangers en RDC

    Kinshasa limite les mouvements des journalistes étrangers en RDC

    -Il est strictement interdit aux correspondants de la presse étrangère de réaliser des reportages dans  les lieux stratégiques tels que les casernes militaires, installations de télécommunications, Ambassades, saufs autorisation expresse des responsables desdits lieux, écrit le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende, dans un arrêté que VOA Afrique a reçu jeudi.

    L’arrêté restreint aussi les déplacements des journalistes des médias étrangers en dehors de la capitale et d’une province à une autre.

    “Les déplacements des journalistes étrangers œuvrant dans une province de la RD Congo vers une autre que celle dans laquelle ils sont accrédités doivent être assortis de la même autorisation,“ précise le document ministériel. “Les autorisations de reportage sont délivrées sur les espaces et pour la durée bien spécifiée dans l’autorisation de reportage”, ajoute-t-il.

    Pour l’organisation de défense des journalistes, Journaliste en danger (JED), le gouvernement vise à censurer les journalistes étrangers et à restreindre leur liberté de mouvement en République Démocratique du Congo, dans le but de les contrôler, et le cas échéant de les empêcher de faire leur travail.

    “Journaliste en danger (JED) dénonce fermement la chape de plomb que le gouvernement congolais tente d’imposer sur les journalistes- correspondants de la presse étrangère en RD Congo en cette période où le pays est confronté à une crise politique et sécuritaire, notamment dans les provinces du Kasaï où les médias internationaux ont largement fait écho de la découverte de plusieurs fosses communes et autres violations manifestes des droits de l’homme,” réagit l’organisation.

    Mais le gouvernement avance dans l’arrêté le motif de vouloir offrir les meilleures garanties de sécurité aux correspondants étrangers.

    Deux experts onusiens ont été tués en mars dans le Kasaï où sévissent des violences liées aux affrontements entre les forces de sécurité et une milice ethnique.

    L’ONU a trouvé dans la zone près de 100 charniers. Le gouvernement les attribuent aux miliciens et indiquent que certains sont juste des lieux d’ensevelissement.

    Quelques personnes accusées pour ce meurtre sont jugées dans un procès présentement en cours à Kananga.

    voa

  • L’ONU suspecte des « autorités » d’armer une milice du Kasaï menant des attaques contre des civils

    L’ONU suspecte des « autorités » d’armer une milice du Kasaï menant des attaques contre des civils

    -Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a accusé mardi des autorités de la RDC, sans préciser lesquelles, d’armer une milice menant d’”horribles attaques” contre les civils dans le Kasaï, au centre du pays.

    « Je suis consterné par la création et l’armement d’une milice, Bana Mura, qui soutiendrait les autorités dans la lutte » contre la rébellion Kamwina Nsapu, « mais qui a mené des attaques horribles contre des civils des groupes ethniques luba et lulua », a déclaré, ce mardi 20 juin, Zeid Ra’ad Al Hussein, devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU réuni à Genève.

    Un porte-parole de l’ONU a indiqué que l’identité des autorités qui avaient apporté leur soutien à cette milice n’était pas évidente à déterminer. Le Haut-commissaire a redemandé l’ouverture d’une enquête internationale sur les crimes commis dans le Kasaï, alors que le Conseil des droits de l’Homme devrait se prononcer jeudi 22 juin ou vendredi 23 juin, sur un projet de résolution en ce sens porté par Malte, à la demande de l’Union européenne. Un représentant des États-Unis a apporté ce mardi son soutien à la création d’une telle enquête.

    Le gouvernement congolais a proposé, quant à lui, une enquête conjointe. Le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, l’a réaffirmé lundi 19 juin. Si ce système existe déjà au cas par cas, sur demande du gouvernement, il n’a aboutit pour le moment à aucune procédure judiciaire, au grand dam des Nations unies. Face au projet soutenu par les Européens et les États-Unis à l’ONU, la Tunisie y présente une proposition proche de la volonté du gouvernement congolais ; une seconde option permettant de ménager les susceptibilités.

    Massacres en série

    Alarmé par les rapports faisant état d’atrocités et étant donné les difficultés d’accès pour aller dans le Kasaï, le Haut-commissaire a décidé, la semaine dernière, d’envoyer dans la région une équipe d’enquêteurs pour rencontrer des réfugiés ayant fui les violences. « Les réfugiés de plusieurs villages du territoire de Kamonya ont indiqué que les Bana Mura ont, au cours des deux derniers mois, tué, mutilé ou brûlé à mort des centaines de villageois et ont détruit des villages entiers », a affirmé Zeid Ra’ad Al Hussein.

    Dans le village de Cinq, la milice aurait été mise en place par un « chef local bien connu, qui a fourni des machettes, des fusils de chasse et du carburant », a dit le Haut-commissaire, assurant que « des attaques similaires semblent avoir eu lieu dans plus de 20 villages à Kamonya au cours des deux derniers mois ». D’après l’ONU, de nombreuses victimes et des témoins ont déclaré que la milice « était organisée et armée par les autorités locales ».

    « Les victimes ont également signalé que des membres des unités locales de l’armée et de la police congolaises, ainsi que des chefs traditionnels, étaient présents lors des attaques des Bana Mura, et ont déclaré que des agents de l’État étaient impliqués dans l’armement et la direction de la milice », a affirmé le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme.

    Avec J.A

  • 750 millions de dollars de recettes minières détournés en trois ans, selon Global Witness

    750 millions de dollars de recettes minières détournés en trois ans, selon Global Witness

    -Un rapport de l’ONG Global Witness baptisé “Distributeur Automatique du Régime” affirme qu’au mois 750 millions de dollars de recettes minières de la RDC auraient été détournés sur trois ans par les administrations fiscales et entreprises minières publiques du pays. En cause : “la conjugaison délétère de la corruption et d’une mauvaise gestion de la part des administrations fiscales et des entreprises minières publiques”.

    Le rapport de Global Witness, rendu public vendredi 21 juillet, révèle qu’entre 2013 et 2015, plus de 750 millions de dollars versés par des entreprises minières aux administrations fiscales et entreprises minières publiques du Congo ont échappé au trésor public. Cette somme représenterait, selon Global Witness, entre 30 et 40% des recettes minières perçues par le pays. Le rapport de l’ONG s’appuie sur les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Eiti), une norme internationale destinée à promouvoir la gestion transparente et responsable du pétrole, du gaz et des ressources minières.

    Dans le détail, Global Witness estime que les sommes perçues par les administrations fiscales et entreprises minières publiques n’ayant pas été versées au Trésor public représentaient 149 millions de dollars en 2013, 314 millions de dollars en 2014 et 291 millions de dollars en 2015. « L’usage final de cette argent est inconnu » dénonce le rapport.

    « Depuis des années, Global Witness et d’autres acteurs documentent les fuites de recettes du secteur minier congolais vers des sociétés-écrans offshore. Nous constatons désormais que même des recettes versées à des organismes d’État au Congo se volatilisent avant d’atteindre les comptes du Trésor public », explique Pete Jones, responsable de campagne de Global Witness.

    La Gécamine épinglée

    Le rapport épingle la Gécamines comme étant l’un des acteurs majeurs de ces détournements de fonds. Selon Global Witness, l’entreprise ne reverserait aux caisses de l’État « qu’une infime partie » des quelques 100 millions de dollars qu’elle perçoit chaque année de la part d’entreprises minières privées du pays. En 2014, « l’entreprise n’a contribué qu’à 0,3% des recettes totales de l’État » dénonce le rapport.

    Selon Global Witness, le directeur de la Gécamines Albert Yuma n’est pas étranger à cette gestion opaque. « Un cadre de la Gécamines a déclaré que sous le mandat de Yuma, les richesses de la Gécamines ont été captées par un petit groupe d’oligarques » détaille le rapport.

    Et, malgré une faible contribution aux caisses publiques congolaises, l’entreprise a, selon le rapport, remboursé des prêts considérables accordés par l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.

    Une « corruption légalisée »

    Le rapport fustige également les administrations fiscales du pays, qui abuseraient de leur droit à retenir un pourcentage des amendes infligées aux entreprises ne respectant pas le code minier. L’opacité de ce système leur permettrait d’après le document de conserver des fonds qu’elles devraient en principe transmettre au trésor public. Des abus qualifiés de « corruption légalisée » par Global Witness.

    « Certaines des transactions que nous avons examinées semblent attribuer à ces administrations le rôle de  distributeur automatique du régime de Kabila » explique Pete Jones. « Ces agences […] sont souvent dirigées par des personnalités puissantes entretenant d’étroits liens professionnels ou personnels avec le cabinet du Premier ministre ou la Présidence » relève le rapport.

    Légère amélioration de la situation

    Global Witness salue toutefois une légère amélioration de la situation : selon les données de l’Eiti, la part des recettes minières qui parviennent jusqu’au trésor public a augmenté entre 2013 et 2015. En 2015, 68% des recettes minières du Congo ont été perçues par le trésor, contre 59% en 2014.

    Pour Lambert Mende, ce rapport devrait atterrir sur la table de l’État et non faire l’objet d’un lynchage médiatique

    Contacté au téléphone, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende admet qu’ « il peut y avoir des problèmes avec les gestionnaires et nos partenaires », mais il regrette la méthodologie de Global Witness : « Ce rapport devrait atterrir sur la table de l’État et non faire l’objet d’un lynchage médiatique. Si les ONG souhaitent soutenir la lutte contre la mauvaise gestion, elle devrait plutôt aider les organismes congolais. »

    Pénurie de devises

    Le Congo est devenu le premier producteur de cuivre d’Afrique en 2013 et détient les plus grandes réserves mondiales de cobalt. Ces deux métaux génèrent plus de 80% des recettes d’exportations du pays. Près de 10 milliards de dollars de cuivre et de cobalt sont extraits chaque année dans le pays avant d’être exportés. Selon Global Witness, 6% seulement de la valeur totale des exportations minières est versé au budget de l’État.

    Ce rapport intervient alors que le pays fait face à une grave pénurie de deviseDans un communiqué daté du 5 juillet dernier, la Banque centrale du Congo faisait état de réserves de changes équivalentes à 3,11 semaines d’importations de biens et services, un niveau très inquiétant.

    Dans une allocution prononcé lundi 17 juillet, le gouverneur de la Banque centrale congolaise imputait en partie cette situation aux pratiques de certaines entreprises minières « qui ont pour conséquence d’institutionnaliser la fuite des capitaux ». Pour Global Witness, cette institutionnalisation de la fuite des capitaux passe donc aussi par les administrations fiscales et entreprises publiques congolaises.

    JA