Author: Don Kayembe

  • Grogne des gouverneurs après l’annonce de l’élection anticipée

    Grogne des gouverneurs après l’annonce de l’élection anticipée

    -Malgré l’annonce de l’élection des gouverneurs le 26 août prochain, la fronde des exécutifs provinciaux est loin d’être terminée. Parmi les 11 gouverneurs annoncés comme démissionnaires, on dénonce une élection inconstitutionnelle et une Commission électorale qui a fait la preuve de sa soumission au gouvernement et à la majorité. La dernière élection des gouverneurs date de 2016, les 11 exécutifs provinciaux seront désignés par des députés issus d’assemblées élues en 2006. L’annonce de cette élection anticipée, un an après, a surpris. D’autant que la communauté internationale, l’opposition et la société civile réclament la publication du calendrier des élections, surtout de la présidentielle et des législatives.

    La Commission électorale assure ne répondre qu’à une demande du gouvernement et que ce n’est pas à elle de constater la vacance du poste de gouverneurs dans les 11 provinces où l’élection est organisée fin août.

    La vacance a-t-elle d’ailleurs été officiellement constatée ? Pour le Sud-Ubangi et son gouverneur José Makila, aucune contestation, il a été nommé au gouvernement central depuis décembre dernier.

    Pour les 10 autres, rien n’est moins sûr. Même sur les démissions annoncées, comme celle du gouverneur du Sud-Kivu, « ce n’est toujours pas fait », explique son entourage. Mais ce serait une question de jours, Marcellin Cishambo ayant exprimé son intention de répondre à la demande de la majorité présidentielle, sa formation politique.

    « Ce n’est pas une demande mais un ordre assorti de menaces en tout genre », dénonce l’un des gouverneurs concernés. D’autres disent avoir été surpris par l’annonce de l’élection, notamment ceux qui avaient eu gain de cause devant la Cour constitutionnelle.

    Quatre gouverneurs et vice-gouverneurs avaient demandé à la cour d’annuler les motions de censure et de défiance à leur encontre : ils n’avaient pas pu se défendre, ayant été rappelés à Kinshasa par le gouvernement.

    Pour les constitutionnalistes, le chef de l’Etat aurait tout simplement dû utiliser la procédure prévue par la Constitution – l’article 198, dernier alinéa – qui lui permet de trancher les conflits graves entre les assemblées provinciales et les gouverneurs, mais en passant par les bureaux du Sénat, de l’Assemblée nationale et le conseil des ministres, ce qui, disent-ils, n’a pas été fait.

    Du côté de l’opposition, UNC, MLC, notamment, on dénonce le comportement de la Céni qui « fait la preuve de son inféodation au gouvernement ». On parle de mesure dilatoire pour masquer le manque d’avancées dans le processus électoral.

    Le porte-parole du gouvernement s’est refusé à répondre à tout commentaire, renvoyant à son collègue de l’intérieur qui n’était pas joignable lundi soir pour répondre aux questions de RFI sur la légalité de la proc.

    Avec RFI

  • Joseph Olenghankoy: une nomination contestée en RDC

    Joseph Olenghankoy: une nomination contestée en RDC

    Olenga Nkoy, membre du Rassemblement, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 14/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

    -Celle de Joseph Olenghankoy, le président du Rassemblement Kasavubu, l’aile dissidente du Rassemblement, à la tête du CNSA, le Conseil national du suivi de l’accord. C’était samedi. Une « désignation controversée », donc, estime le site d’information congolais 7 sur 7. « Le MLC et l’UNC notamment la boudent. Déçus par la nouvelle, les délégués du Front pour le Respect de la Constitution ont quitté la salle avant la fin de la séance. (…) Le CNSA, rappelle 7 sur 7, aura pour principale tâche de proposer un calendrier électoral consensuel après concertation avec le gouvernement et la Centrale électorale (la CENI). Cette institution d’appui à la démocratie compte 28 membres. »

    « Dernière institution de la transition décidée par l’accord de la Saint Sylvestre, le CNSA se met ainsi en place sur fond de contestation, pointe également Cas-Info. Son président, frondeur en chef du Rassemblement, n’attire pas grand monde pour applaudir sa désignation. ‘Il s’agit pour la Majorité présidentielle d’essayer de mettre en difficulté l’opposition en faisant croire que c’est un de leur qui a été choisi’», analyse un journaliste d’un grand quotidien à Kinshasa.

    Jouer encore les prolongations ?

    En fait, précise Cas-Info, cette nomination « pourrait constituer un moyen pour le Pouvoir de sortir de la mauvaise passe qu’il traverse à 5 mois de l’échéance fixée par le compromis du Centre interdiocésain, mais aussi à plus d’un mois de l’arrivée cruciale d’une délégation du FMI. Elle pourrait justement lui donner des arguments pour suggérer l’idée d’un 3e round de pourparlers afin de tenter de jouer de nouveau les prolongations. Une perspective d’ores et déjà rejetée par le Rassemblement. La principale coalition de l’opposition qui clôturait samedi son 2e conclave a appelé le chef de l’État à libérer ‘sans délai’ le processus électoral tout en prévenant, au cas contraire, d’’entreprendre avec le Peuple congolais, toutes les actions nécessaires jusqu’au départ de Joseph Kabila du pouvoir’. Dès les 8 et 9 Août prochains, précise encore Cas-Info, le Rassemblement appelle à une double journée ville morte à travers tout le pays. » Et le site congolais de conclure, un brin railleur : « la Majorité présidentielle pourra toujours compter sur le président du CNSA pour apporter un son de cloche différent. »

    Le Potentiel à Kinshasa hausse le ton : cette nomination (de Joseph Olenghankoy) plombe les objectifs dévolus à cette institution chargée de veiller à la tenue d’élections dans le délai convenu dans l’Accord. « Cette nomination n’est ni plus ni moins, que le prix de la trahison accordé aux individus qui ont accepté d’accompagner la MP dans son plan machiavélique d’assassiner la démocratie en RDC. »

    Flibusterie…

    Les critiques sont acérées également dans la presse ouest-africaine… « La flibusterie de Kabila continue », s’exclame Aujourd’hui à Ouagadougou. « Mais pouvait-il en être autrement ? Depuis que l’opposant historique Etienne Tshisekedi est passé de vie à trépas, Joseph Kabila a multiplié les actes de défiance vis-à-vis de l’accord. Une convention qui n’en est plus et qui est devenu un parchemin gribouillé à l’image et à la mesure de ses ambitions qui ne font plus l’ombre d’un doute : rester au pouvoir. »

    « La machine du CNSA est loin d’être en marche, renchérit L’Observateur Paalga, toujours au Burkina. Mais quand bien même elle serait fonctionnelle, on se demande à quoi elle pourrait servir. Car comment peut-on suivre un Accord qui n’existe pas ? Nous sommes en plein paradoxe. L’arrangement concocté par la Conférence épiscopale nationale du Congo ayant été passé par pertes et profits, le CNSA devient ipso facto caduc du fait de Kabila qui en a méticuleusement déchiré le texte après avoir renvoyé les prélats à leurs chers paroissiens. Basta cette comédie qui ne fait pas rire grand monde et risque de se terminer par une tragédie ! »

    Et le quotidien ouagalais de s’interroger : « à quoi peut bien servir ce machin sans objet et son président, Olenghankoy, si ce n’est à faire le jeu d’un Kabila passé maître dans l’art de rouler ses vis-à-vis dans la farine ? »

    Avec RFI

  • la composition de la direction du Conseil de suivi de l’accord dévoilée

    la composition de la direction du Conseil de suivi de l’accord dévoilée

    -En République démocratique du Congo, après de longs mois de tractations, la répartition des postes au sommet du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) du 31 décembre a été annoncée samedi soir, le 22 juillet. Pour les trois postes de vice-présidents, Adolphe Lumanu a été nommé pour représenter la Majorité présidentielle. Mais les deux autres posent problème. Celui destiné au Front pour le respect de la Constitution, piloté par le MLC, reste à pourvoir. Et Vital Kamerhe, désigné – en son absence – pour le 3e poste, le refuse. Enfin, c’est Joseph Olenghankoyi qui a été choisi pour présider le CNSA pour le compte du Rassemblement de l’opposition, dont il est un dissident.

    Dans le texte du 31 décembre, ce poste était réservé au président du conseil des sages du Rassemblement des forces acquises au changement, et Etienne Tshisekedi avait été choisi de par sa stature. Depuis la disparition de l’opposant historique en février, le pouvoir et ses alliés ont revu les critères de désignation à la tête du CNSA.

    La Cenco s’est retrouvée dans l’impossibilité de poursuivre son rôle de médiation. Et, selon la nouvelle formule, ce sont les présidents des deux chambres du Parlement qui ont supervisé la réunion des délégués appelés à désigner par consensus la direction du CNSA.

    Le Fonus Joseph Olenghankoyi a ainsi été porté à la présidence pour le compte du Rassemblement. Il sera secondé par trois vice-présidents dont l’un reste à désigner. Celui-ci devra sortir des rangs du FRC piloté par le MLC.

    Les deux autres vice-présidents sont déjà connus. Il s’agit d’Adolphe Lumanu qui vient de la Majorité et Vital Kamerhe, de l’UNC, qui, lui, était absent de la réunion. L’opposant Vital Kamerhe refuse de prendre le poste. Selon lui, les choses ont été faites en violation de l’accord de la Saint Sylvestre. L’ancien président de l’Assemblée nationale dit s’en tenir à l’organisation des élections avant fin décembre prochain.

    Avec RFI

  • Le Rassemblement de l’opposition trouve porte close et accuse le pouvoir de tenter de bloquer son conclave

    Le Rassemblement de l’opposition trouve porte close et accuse le pouvoir de tenter de bloquer son conclave

    Les membres du Rassemblement lors d’un point de presse le 24/04/2017 à Kinshasa au siège de ce parti UDPS. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -L’ouverture vendredi 21 juillet du conclave du Rassemblement de l’opposition en RD Congo s’est déroulée dans une ambiance très particulière : les portes de la salle réservée par l’opposition sont restées fermées jusqu’à la fin de la journée.

    À la grande surprise des membres du Rassemblement, les portes du centre Béthanie, où devait se tenir le conclave étaient fermées ce vendredi matin. Selon Christophe Lutundula, cadre de la principale plateforme de l’opposition : « Les  responsables du Centre nous ont clairement dit que les services de sécurité ont donné l’instruction de ne pas ouvrir les portes puisque nous n’avions pas obtenu une autorisation. »

    Plusieurs heures de tractations

    Après plusieurs heures de tractations, le Rassemblement a finalement décidé d’ouvrir ses assises en début d’après-midi, dans la cours du centre où Félix Tshisekedi, président du Rassemblement a lu un discours. Pour Christophe Lutundula, « la démocratie ne représente rien pour Joseph Kabila et ses partisans ». Ce cadre du Rassemblement ajoute que « la loi a toujours autorisé les rencontres politiques, tant qu’elles sont organisées dans des lieux clos, comme le fait souvent le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie [PPRD], le parti de Joseph Kabila. »

    Le gouvernement évoque la « désorganisation » du Rassemblement

    Contacté par Jeune Afrique, le vice-ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Basile Olongo réfute toute accusation contre le gouvernement, qui ne s’est pas prononcé officiellement sur cette rencontre : « Le Rassemblement cherche à nous impliquer dans les échecs qui ne nous concerne pas. L’échec de leur rencontre est sans doute dû au non paiement de la salle ou à une désorganisation de leur part. »

    Le Rassemblement de l’opposition va clôturer samedi 22 juillet le conclave au siège de l’UDPS, à l’issue duquel une « feuille de route des actions pacifiques » prévues avant la fin de l’année seront rendus public, comme l’expliquait à Jeune Afrique la semaine dernière Martin Fayulu, l’un des cadres du Rassemblement.

    Avec JA

  • Ida Sawyer : « La fortune de Kabila peut être l’une des raisons qui le poussent à s’accrocher au pouvoir »

    Ida Sawyer : « La fortune de Kabila peut être l’une des raisons qui le poussent à s’accrocher au pouvoir »

    -De passage à Paris, Ida Saywer, directrice pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch, est revenue vendredi pour Jeune Afrique sur les derniers rebondissements de la situation sécuritaire et politique en RDC, mais aussi sur l’état des droits de l’Homme dans le pays. Interview.

    Cela va faire bientôt 10 ans depuis qu’elle travaille sur la RD Congo. Jusqu’à peu, elle était même la représentante de Human Rights Watch dans le pays, avant d’être nommée, fin octobre, directrice pour l’Afrique centrale de l’ONG internationale des droits de l’Homme. Mais c’est désormais depuis Bruxelles qu’Ida Sawyer observe ce qu’il se passe en RD Congo. Et pour cause : en janvier dernier, elle a été reconduite à la frontière et son visa annulé. De passage à Paris, Ida Saywer a accepté de répondre aux questions de Jeune Afrique.

    Jeune Afrique : Après l’annulation de votre visa en janvier par les autorités congolaises, peut-on dire que vous êtes persona non grata en RD Congo ?

    Ida Sawyer : Officiellement, je n’ai pas reçu le statut de persona non grata. Les autorités congolaises ont refusé de renouveler mon visa en août. J’ai pu avoir un visa par la suite, mais une semaine après mon arrivée dans le pays en janvier il a été annulé. Pour Kinshasa, je suis un cas spécial. Il me faut donc une autorisation spéciale, que je n’ai toujours pas reçue pour pouvoir rentrer en RD Congo.

    On assiste  à une aggravation horrible de la situation des droits humains en RD Congo

    Après votre départ, le pays a connu ces derniers mois une recrudescence d’actes de violences, caractérisée notamment par des affrontements au Kasaï, des attaques ciblées des parquets…

    Depuis mon départ en août, on assiste en effet à une aggravation horrible de la situation des droits humains à travers le pays. La répression politique se poursuit. Des arrestations des activistes, des étudiants, des opposants et de leurs proches nous sont signalées chaque jour. De fait, les mesures de décrispation voulues par l’accord de la Saint-Sylvestre n’ont presque pas été appliquées jusqu’à aujourd’hui.

    Aussi faut-il souligner que la situation sécuritaire au Kasaï est très alarmante à cause de la force excessive utilisée par les forces de sécurité déployées dans la région et de la violence des éléments de Kamuina Nsapu mais aussi d’autres milices qui sont soutenues par le gouvernement. Pis, aujourd’hui, nous ne voyons pas suffisamment de volonté politique de la part des autorités congolaises pour mettre fin à cette violence.

    Le RD Congo se dirige vers la militarisation de la police

    Comment interprétez-vous la récente décision du président Joseph Kabila de remplacer le commissaire général de la police national et celui en charge de la ville de Kinshasa ?

    Symboliquement, ces remplacements démontrent que le pays se dirige vers la militarisation de la police. Le fait de nommer comme commissaire général de la police un officier qui était chef d’état-major adjoint chargé des opérations au sein de l’armée, c’est un très mauvais signal. Cela voudrait dire que les forces de la police qui ont une responsabilité de protéger la population et de maintenir l’ordre public sont désormais contrôlés par un militaire. Et ces nominations sont intervenues deux jours après la sortie médiatique de Patrick Nkanga, président de la jeunesse du PPRD [Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, au pouvoir] qui a préconisé l’instauration d’un état d’urgence en RD Congo.

    Pensez-vous que ces nominations à la tête de la police peuvent être vues comme une première étape vers l’instauration d’un état d’urgence dans le pays ?

    Il nous semble en effet que c’est un pas vers l’état d’urgence. Notre inquiétude est que cette éventuelle instauration de l’état d’urgence ne soit utilisée pour justifier plus de répression, plus d’interdiction de manifester, plus de restriction à la liberté d’expression et ne constitue une nouvelle excuse pour retarder davantage le processus électoral.

    À Genève pourtant, le groupe africain a retenu la RD Congo comme future membre du Conseil des droits de l’homme. Comprenez-vous ce soutien ?

    C’est une grande déception. Au moment où l’on assiste à cette aggravation de la situation des droits de l’homme au pays, y compris des violences perpétrées par les forces de sécurité gouvernementales, nous ne pensons pas que la RD Congo mérite une place aujourd’hui au sein du Conseil des droits de l’homme.

    Y-a-t-il une issue à la crise politique en cours en RD Congo ?

    Ce qui manque aujourd’hui c’est une volonté politique réelle d’organiser les élections et d’assurer une transition pacifique et démocratique à la tête du pays. Jusqu’ici, le président Kabila n’a pas montré un signal pour dire qu’il est prêt à partir. On assiste plutôt à une excuse avancée après l’autre pour retarder le processus électoral.

    Les sanctions internationales contre les proches de Joseph Kabila peuvent-elles constituer un moyen de pression efficace pour faire aboutir à ce processus démocratique ?

    Les sanctions ciblées jouent un rôle important. Elles démontrent qu’il y a des conséquences personnelles pour tous ceux qui sont impliqués dans les violences et à la répression politique. Nous espérons qu’elles peuvent aider à dissuader la commission d’autres violences et à convaincre certaines autorités de ne pas continuer dans la même dynamique. Contrairement au Burundi, les autorités congolaises voyagent beaucoup à Paris, Bruxelles, Londres voire aux États-Unis. Beaucoup de leurs membres de familles habitent ou étudient à l’étranger. Les sanctions internationales les affectent donc personnellement.

    C’est inquiétant d’utiliser la Garde républicaine à des fins privées

    En attendant, des révélations s’enchaînent ces dernières semaines sur l’immense fortune de la famille Kabila…

    Il en ressort un manque de transparence presque totale dans la gestion des affaires de la famille présidentielle. Ce qui nous inquiète, à Human Rights Watch, c’est aussi l’utilisation de la Garde républicaine à des fins privées, en occurrence pour protéger les biens (champs, mines,etc.) des membres de la famille présidentielle.

    Toutes ces révélations démontrent aussi que la famille Kabila possède énormément d’intérêts financiers au pays. Cela peut être l’une des raisons qui poussent le président à s’accrocher au pouvoir. C’est un élément très important à prendre en compte dans l’analyse des voies de sortie de crise en RD Congo.

    Faudrait-il garantir à Joseph Kabila une certaine immunité ?

    Ce n’est pas à Human Right Watch de faire une telle proposition. Nous essayons plutôt de comprendre pourquoi le président Joseph Kabila ne veut pas quitter le pouvoir. La richesse qu’il a accumulée au pouvoir constitue donc un élément important de l’analyse.

    Avec JA

  • L’ouverture des jeux de la Francophonie malgré la tension en Côte d’Ivoire

    L’ouverture des jeux de la Francophonie malgré la tension en Côte d’Ivoire

    Tableau Final

    -Plus de 10.000 personnes dans le stade d’Abidjan et des milliers à l’extérieur ont applaudi l’ouverture des huitièmes jeux de la Francophonie, malgré le climat de tension après de récents incidents dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire.

    Principale économie de l’Afrique de l’Ouest après le Nigeria, la Côte d’Ivoire accueille son premier grand événement international après une décennie de troubles politico-militaires (2002-2011), et entend faire de ces jeux, programmés du 21 au 30 juillet, une vitrine de son attractivité retrouvée.

    “Je déclare ouvert les huitièmes jeux de la Francophonie”, a déclaré le président ivoirien Alassane Ouattara, comme le veut la tradition. Entouré d’une demi-douzaine de chefs d’Etat africains et de la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Michaelle Jean, le président ivoirien a répété à maintes reprises “akwaba” (bienvenue) aux 3.600 athlètes et artistes de 43 pays qui participent aux jeux.

    “La Côte d’Ivoire est heureuse et fière d’accueillir les jeux”, a-t-il ajouté, soulignant que le français était “un trait d’union entre 275 millions de personnes” dans le monde.

    Les jeux de la Francophonie, qui ont lieu tous les quatre ans, combinent des épreuves sportives et des concours culturels, ouverts aux 18-35 ans. Ils visent à promouvoir les talents de la jeunesse francophone.

    “Ce sont des jeux de la Jeunesse qui sont très importants. Marie-Josée Perec, David Douillet, Donovan Bailey, Renaud Lavillenie… Ils sont tous passés par les jeux de la Francophonie”, a lancé Laura Flessel, la ministre française des Sports.

    Quelque 10.000 policiers, gendarmes et militaires ont été mobilisés pour assurer la sécurité. Leur présence était bien visible vendredi dans les rues et devant les principaux sites des jeux. Des caméras de surveillance ont été installées aux carrefours des grandes artères de la mégapole de sept millions d’habitants.

    Mais des fusillades entre les forces de l’ordre, dont un membre a été tué, et de mystérieux hommes armés dans plusieurs quartiers d’Abidjan, dans la nuit de mercredi à jeudi, ont fait monter la tension.

    – ambiance au stade –

    La Côte d’Ivoire a connu depuis le début de l’année une série de mutineries dans l’armée. Le week-end dernier, trois soldats ont été tués dans des tirs dans un camp militaire de Korhogo, grande ville du Nord.

    Le pays avait aussi subi en 2016 une attaque jihadiste qui avait fait 19 morts dans la cité balnéaire de Grand-Bassam, voisine d’Abidjan.

    Le ministre de la Défense a néanmoins assuré que la sécurité des participants aux jeux était garantie.

    La cérémonie d’ouverture au stade Félix Houphouët Boigny, rénové et repeint de frais aux couleurs ivoiriennes (orange, blanc, vert), a duré deux heures, les jeunes spectateurs mettant l’ambiance.

    Après le défilé des délégations – la France en premier, en tant que précédent organisateur des jeux à Nice en 2013, et la Côte d’Ivoire fermant la marche – puis les discours, un spectacle en plusieurs tableaux mêlant danses spectaculaires, percussions, vidéo et pyrotechnie a rendu hommage à la francophonie, à la paix et au pays hôte, tandis que la nuit tombait.

    La chanteuse sénégalaise Coumba Gawlo a enchaîné, délivrant un message de paix pour la Côte d’Ivoire, puis les mégastars ivoiriennes de Magic System ont enflammé le stade en reprenant leurs grands tubes, “Premier Gaou” et “Magic in the air”. Un énorme feu d’artifice a conclu le spectacle.

    Côté sports, les jeux offrent des compétitions d’athlétisme, de handi-athlétisme, de basket-ball féminin, de football masculin, de judo, de lutte libre, de lutte africaine, tennis de table et de cyclisme sur route en démonstration.

    Sept disciplines artistiques sont proposées: arts de la rue (hip-hop, marionnettes géantes, jonglerie), arts visuels (peinture, sculpture, installations), chanson, conte, danse de création, littérature et photographie, mais aussi la “création numérique” et la “création écologique” pour le développement.

    Ces jeux ont été l’occasion pour Abidjan de rénover ses enceintes sportives et culturelles et de construire de nouveaux équipements, comme une grande salle omnisports de 2.500 places.

    Le gouvernement n’a pas souhaité communiquer le coût des travaux, question sensible dans un pays ou les inégalités socio-économiques sont très fortes.

    Pour la Côte d’Ivoire, ces jeux sont aussi comme un test avant la Coupe d’Afrique de Nations de football qui se déroulera en 2021.

    Avec AFP

  • Heurts à l’université de Kinshasa

    Heurts à l’université de Kinshasa

    -L’université de Kinshasa a fait vendredi les frais du climat sécuritaire hypertendu dans la capitale congolaise avec des affrontements entre étudiants et policiers alors que les forces de l’ordre affirment avoir mis “hors d’état de nuire” dans cette opération le “cerveau” de cinq récentes attaques sanglantes dans la mégapole.

    Sur le campus de l’Unikin (Université de Kinshasa), deux véhicules calcinés étaient encore visibles dans l’après-midi devant le bâtiment de la faculté des sciences économiques, ainsi que des douilles de balles au sol devant une résidence d’étudiants.

    “Nous nous sommes affrontés avec la police la nuit (de jeudi à vendredi) et la journée parce qu’ils tentaient de violer notre espace de vie”, a déclaré un étudiant, Kevin Kalumba. “Il y a eu quelques blessés”, a déclaré le ministre congolais de l’Enseignement supérieur et universitaire, Steve Mbikayi.

    “Les cours et les examens sont suspendus”, a déclaré le représentant des étudiants, Fabrice Bokembe.

    La police a affirmé qu’elle poursuivait le “cerveau” d’événements sanglants qui ont secoué ces derniers mois la capitale de la République démocratique du Congo, mégapole africaine aux 10 millions d’habitants: tueries sur le marché central (deux morts le 14 juillet), attaque d’un parquet de Matete (un mort le 10 juin), et surtout l’assaut contre la prison de Makala le 17 juin qui s’est soldée par l’évasion de plusieurs centaines de détenus.

    “Lors de cette opération près de l’Unikin, les éléments de la police nationale ont mis hors d’état de nuire la pièce maitresse de toutes les attaques macabres qui ont endeuillé la ville de Kinshasa au cours de ces deux derniers mois, le nommé Ben Tshimanga wa Tshimanga”, a déclaré à l’AFP le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale.

    Depuis l’assaut contre la prison de Makala mi-mai, les forces de sécurité ont érigé des barrières et procèdent à des contrôles systématiques d’identité et des véhicules à la recherche des évadés ou des armes.

    La RDC traverse aussi une crise politique depuis la réélection du président Joseph Kabila en 2011 lors d’un scrutin caractérisé par des fraudes massives. la crise s’est aggravée avec son maintien au pouvoir au delà de la fin de son mandat prévu le 20 décembre.

    Avec AFP

  • Les millions de dollars des entreprises de la famille Kabila

    Les millions de dollars des entreprises de la famille Kabila

    -La richesse accumulée par le président congolais et sa famille est dévoilée dans un rapport d’un groupe de recherche de l’université de New York (Congo Research Group at New York University). Cet institut soulève la question de transparence et redevabilité en RDC.

    Il s’agit d’un rapport fait sur base des documents légaux obtenus à partir du système légal ou dans les registres congolais, a expliqué à VOA Afrique Jason Stearns, du Groupe de recherche pour le Congo.

    “Le président Kabila et sa famille ont plus de 80 compagnies leur appartenant. Il est plus difficile d’évaluer la valeur de ces compagnies. Ce que nous savons c’est que des centaines des millions de dollars sont passés dans ces compagnies depuis 2003. On peut estimer à des dizaines de millions de dollars leurs avoirs, ” soutient le chercheur.

    Le chercheur américain précise cependant qu’il ne s’agit pas d’une évaluation compréhensive des avoirs de la famille Kabila. Mais il souligne plutôt le manque de transparence et de redevabilité du système congolais en général.

    “Nous soulignons plusieurs questions sérieuses notamment la façon dont ils ont acquis ces compagnies et les possibles conflits d’intérêts qui pourraient exister entre les membres de la famille et leurs affaires. Il faut noter que le président et sa famille sont au sommet du pouvoir au Congo et donc il y a des questions sérieuses que le parlement et le système judiciaire devraient se poser, ” avance M. Stearns.

    Avec VOA

  • CPI : Laurent Gbagbo reste en prison, un nouvel examen de son maintien en détention ordonné

    CPI : Laurent Gbagbo reste en prison, un nouvel examen de son maintien en détention ordonné

     

    Former Ivory Coast president Laurent Gbagbo awaits the start of his trial at the International Criminal Court in The Hague, Netherlands, Thursday, Jan. 28, 2016. Gbagbo and Goude stand trial for their alleged involvement in deadly post-election violence. (AP Photo/Peter Dejong, Pool)

    -La chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) a ordonné mercredi aux juges de première instance de réexaminer la demande de libération de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo pour le reste de son procès, une petite victoire pour l’ancien homme fort d’Abidjan.

    L’ancien président ivoirien en prison à la Cour pénale internationale, à La Haye reste en détention, selon une décision annoncée mercredi par la CPI.

    Premier ex-chef d’État remis à la CPI, Laurent Gbagbo avait fait appel en mars de la décision de la Cour de le maintenir en détention à La Haye pendant toute la durée de son procès pour crimes contre l’humanité commis lors de violences post-électorales ayant déchiré la Côte d’Ivoire en 2010-2011.

    “La chambre d’appel décide d’annuler la décision remise en question et ordonne à la chambre de première instance de mener un nouvel examen” pour “savoir si M. Gbagbo devrait continuer à être détenu ou devrait être libéré avec ou sans conditions”, a déclaré le juge Piotr Hofmanski.

    “Nous prenons acte et nous faisons confiance” à la CPI, a réagi de manière laconique Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement ivoirien.

    La branche des “frondeurs” du Front populaire ivoirien (FPI), fondé par Gbagbo, estime que la décision “in fine, contient les données qui fondent son espoir d’un prochain retour du président Laurent Gbagbo parmi” eux et “invite (…) sympathisants et militants à rester sereins et confiants dans l’attente d’un nouvel examen au plus tard dans 120 jours”, selon un communiqué.

    Le FPI est secoué depuis des mois par une crise interne entre des réformateurs qui ont pris la tête du parti, et des “historiques” (ou “frondeurs”) qui restent sur une ligne d’opposition, boycottant les différentes scrutins électoraux, se présentant comme les vrais fidèles de Gbagbo.

    L’ancien président, âgé aujourd’hui de 72 ans, et Charles Blé Goudé, ancien chef du mouvement des Jeunes patriotes fidèles à Laurent Gbagbo, sont accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Les deux hommes ont plaidé non coupable.

    Les violences avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois, entre décembre 2010 et avril 2011, dans les deux camps, lors de cette crise née du refus de l’ex-chef de l’Etat de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de la présidentielle de 2010.

    Le procès, qui devrait durer trois à quatre ans, s’est ouvert le 28 janvier 2016 à La Haye. Laurent Gbagbo avait été livré à la CPI en novembre 2011, a souligné M. Hofmanski.

    Chemise bariolée de rouge et de bleu, l’ancien homme fort d’Abidjan est apparu mercredi grisonnant et amaigri, les yeux fatigués. Un ample foulard marron autour du cou, il écoutait la lecture du résumé du jugement, l’accueillant avec des signes de tête et de légers sourires approbateurs.

    L’ex-président ivoirien est accusé d’avoir fomenté une campagne de violences pour tenter, en vain, de conserver le pouvoir. Charles Blé Goudé aurait, lui, été à la tête d’hommes ayant tué et violé des centaines de personnes dans le but de maintenir Laurent Gbagbo à la tête du pays.

    Cette crise, émaillée d’exactions perpétrées par les deux camps, avait paralysé pendant plusieurs mois ce pays, premier producteur mondial de cacao et moteur économique de l’Afrique de l’Ouest.

    – Erreurs –

    Les cinq juges de la chambre d’appel ont fait état d’”erreurs” commises par la chambre de première instance dans sa décision.

    En mars, la défense avait demandé à nouveau la libération conditionnelle de l’ancien chef d’Etat, arguant qu’il était “déjà détenu depuis presque six ans” et qu’il souffrait de “maladies qui l’affectent tant physiquement que psychologiquement”.

    L’accusation avait répondu que Laurent Gbagbo pourrait “s’enfuir vers un territoire hors de la compétence de la Cour”.

    Les juges avaient alors décidé à deux contre un de le maintenir en détention.

    Pour la chambre d’appel, ces trois juges n’ont pas pris en compte ni l’âge avancé de M. Gbagbo, ni son état de santé, a souligné M. Hofmanski. “La chambre de première instance aurait dû prendre en considération la durée que M. Gbagbo a passé en détention et (déterminer) si la détention de M. Gbagbo continue d’être raisonnable”.

    L’ancien président ivoirien restera en détention jusqu’à ce que la question soit réexaminée.

    On ignore encore comment s’organiserait une éventuelle libération de M. Gbagbo, lui qui est obligé d’assister aux audiences. Son avocat Emmanuel Altit a assuré à l’AFP que toutes les options, y compris un retour en Côte d’Ivoire, restaient sur la table..

    Avec AFP

  • Le procès de Moise Katumbi renvoyé

    Le procès de Moise Katumbi renvoyé

    -Le procès en appel de l’opposant Moise Katumbi qui a repris mercredi à Lubumbashi a été renvoyé à jeudi dans la matinée, après cinq heures de débat.

    Le candidat déclaré à la présidentielle est jugé en deuxième instance pour “spoliation” d’un immeuble.

    Les avocats de Moise Katumbi ont récusé tous les juges dont ils remettent en cause l’impartialité.

    Ils souhaitent que l’affaire Katumbi soit examinée par une autre juridiction.

    Une requête refusée par le tribunal qui, après une brève suspension, a repris l’instruction de l’affaire.

    L’opposant, ex gouverneur du Katanga, avait été condamné par contumace à trois ans de prison en mai 2016 après avoir été reconnu coupable de spoliation d’un immeuble, dans un procès qui l’opposait à un citoyen grec.

    La condamnation avait été prononcée alors que Katumbi, sur autorisation judiciaire, venait de quitter le pays pour se faire soigner à l’étranger.

    Chantal Ramazani, la présidente du tribunal qui avait condamné l’opposant en première instance s’est rétractée quelques jours plus tard.

    Avec BBC