Author: Don Kayembe

  • CPI: Jean-Pierre Bemba condamné à un an de prison en plus de 18 ans

    CPI: Jean-Pierre Bemba condamné à un an de prison en plus de 18 ans

    -La Cour pénale internationale (CPI) a condamné mercredi l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba à un an de prison et 300.000 euros d’amende pour subornation de témoins dans le cadre de son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    “La chambre vous inflige, M. Bemba, une peine supplémentaire  d’un an d’emprisonnement”, a déclaré le juge Bertram Schmitt, “servie suite à votre peine actuelle” de 18 ans d’emprisonnement.

     M. Bemba avait en effet été condamné en juin à 18 ans de prison pour la vague de meurtres et de viols commis par sa milice en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

    L’ancien riche homme d’affaires de 54 ans avait en effet été condamné en juin 2016 pour la vague de meurtres et de viols commis par sa milice, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

     Dans cette seconde affaire, celui qui est surnommé le “Mobutu miniature”, avait été reconnu coupable en octobre d’avoir corrompu 14 témoins, présenté de fausses preuves et sollicité la déclaration de faux témoignages.

    Le procureur avait requis huit années d’emprisonnement supplémentaires à son encontre.

    Jean-Pierre Bemba a également été condamné à verser une amende de 300.000 euros dans les trois mois suivant le prononcé, une somme qui sera ensuite transférée au Fonds pour les Victimes, a précisé la CPI.

    “Il est nécessaire de décourager un tel comportement”, a ajouté M. Schmitt, alors que l’ancien vice-président congolais, en costume bleu marine et chemise claire, restait voûté, le regard vide, sans émotion, en écoutant le prononcé.

    ‘Donner du sucre’

    L’ex-chef de guerre, ses avocats Aimé Kilolo et Jean-Jacques Mangenda, ainsi que le député du parti MLC, Fidèle Babala, et le témoin de la défense, Narcisse Arido, avaient versé de l’argent et donné des cadeaux à des témoins ou leur avaient promis une installation en Europe en échange d’un faux témoignage devant la CPI.

    Chargé de leur donner les instructions et d’effectuer ou de faciliter les transferts d’argent, Aimé Kilolo a été condamné à une peine de deux ans et six mois de prison avec sursis – avec une mise à l’épreuve de trois ans – et à une amende de 30.000 euros.

     De son côté, M. Mangenda a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, avec une mise à l’épreuve de trois ans.
    Fidèle Babala, qui avait encouragé M. Bemba à assurer “le service après-vente”, a lui écopé d’une peine de six mois de prison, déjà servie lors de la détention préventive. “Il est bon de donner du sucre aux gens”, avait ainsi conseillé le député du MLC en faisant référence aux pots-de-vin.

    Témoin agissant comme “intermédiaire”, Narcisse Arido a également déjà servi la peine de onze mois de prison que lui a imposée la CPI mercredi. Il avait recruté quatre des témoins corrompus, leur promettant 10 millions de francs CFA (environ 15.200 euros) et un déménagement en Europe.

     “Aucun système légal au monde ne peut accepter que des témoins soient soudoyés, incités à mentir ou briefés”, avait souligné en octobre la Cour basée à La Haye.

    Alors que se termine ce procès connexe, le premier du genre pour cette juridiction, Jean-Pierre Bemba a interjeté appel fin septembre de sa première condamnation pour crimes de guerre, dénonçant des “vices de forme” et évoquant notamment l’arrestation de son avocat durant le procès.

    Ce jugement en première instance à 18 ans de prison était la plus lourde peine jamais imposée, la première condamnation de l’usage de viols et violences sexuelles en tant que crimes de guerre, la première peine rendue contre un ancien vice-président et contre un commandant militaire, en vertu du principe de la “responsabilité du commandant”.

    Entre octobre 2002 et mars 2003, quelque 1.500 hommes du MLC avaient tué, pillé et violé en Centrafrique, où ils s’étaient rendus pour soutenir le président Ange-Félix Patassé face à une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé.

    Selon l’ONG Open Society Justice Initiative, les problèmes de subornation de témoin auraient déjà eu des conséquences sur plusieurs procès à la CPI.

    Les poursuites contre le président kényan Uhuru Kenyatta et contre son vice-président William Ruto avaient notamment dû être abandonnées faute de preuves, après des procédures marquées par des allégations de subornation de témoins.

    Avec VOA

  • La Cenco demande à la communauté internationale de mettre de la pression sur les politiciens congolais

    La Cenco demande à la communauté internationale de mettre de la pression sur les politiciens congolais

    -Les évêques catholiques congolais ont lancé, mardi devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York où ils ont témoigné, un appel à plus de pression sur les acteurs politiques et sociaux de la RDC en vue de la mise en application de l’accord signé le 31 décembre dernier à Kinshasa.

    Mgr Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a, dans son allocution, tiré la sonnette d’alarme sur la menace d’un échec du dialogue, d’un nouveau report des élections et de la tenue d’un référendum en raison ” des manœuvres politiciennes et le manque de volonté politique ” de différents camps politiques en RDC.

    ” La persistance de cette crise risque de rendre obsolète l’Accord du 31 décembre 2016 et donner l’occasion de reporter la tenue des élections prévues en décembre 2017, voire d’en appeler à l’organisation d’un référendum ou à une modification de la Constitution “, a prévenu Mgr Utembi.

    ” Malheureusement, l’Arrangement particulier destiné à assurer la mise en œuvre dudit Accord peine à conclure. Alors que la population attend impatiemment les élections, le statu quo politique dû à l’intransigeance des négociateurs sur quelques points de divergence restants et entretenu par des manœuvres politiciennes et le manque de volonté politique, risque de retarder indéfiniment l’application de la Saint-Sylvestre “, s’est plaint Mgr Utembi. ” Il convient également de signaler le retard dans la mise ne application des mesures de décrispation du climat politique “, a rappelé prélat.

    Pour sa part, le ministre des affaires étrangères congolais, She Okitundu, a pointé du doigt l’opposition écartelée depuis le décès, le 1er février à Bruxelles, d’Etienne Tshisekedi, leader de la plateforme Rassemblement.

    ” Etant donné que le Président du Conseil National de suivi de I’Accord devra provenir de I’opposition, le gouvernement exhorte cette dernière, plus particulièrement le Rassemblement, à surmonter ses dissensions actuelles afin de se mettre d’accord sur la personne du candidat qui devra remplacer le défunt Tshisekedi “, s’est défendu M. Okitundu.

    L’opposition et le pouvoir ne s’entendent pas entre autres sur le mode désignation du Premier ministre.

    Le pouvoir exige une liste de trois mais l’opposition s’en tient à un seul nom comme le prévoit le texte de l’accord.

    Pour le ministre des affaires étrangères congolais, il n’existe de la part du gouvernement aucune manœuvre dilatoire de nature à retarder la mise en œuvre de l’accord.

    ” Le retard que connait le processus est dû à des circonstances objectives, plus particulièrement le décès de M. Tshisekedi qui a poussé la Cenco à suspendre les travaux. Nous sommes convaincus qu’avec la reprise des négociations le 16 mars 2017 les parties finiront par trouver un heureux dénouement à ces points de divergence “, a déclaré M. Okitundu.

    La mise en œuvre de cet accord devrait résoudre la crise née du maintien du président Joseph Kabila à son poste au-delà de son mandat et sans la tenue des élections.

    Les évêques ont rappelé politico-socio-économico-sécuritaire avec des insurrections et rebellions dans plusieurs régions du pays.

    Ils ont également rappelé qu’ils ont appelé récemment la population congolaise à dire non au blocage.

    Avec VOA

  • La « mission impossible » du représentant du pape François en RDC

    La « mission impossible » du représentant du pape François en RDC

    -Le nonce apostolique Mgr Montemayor décrypte les relations tendues entre le Vatican et Kinshasa, au point que le pontife a renoncé à se rendre en RDC.
    Un îlot de quiétude se cache dans Kinshasa. Derrière un haut portail en fer brun, une petite allée traverse un jardin discret, agrémenté d’une fontaine aux eaux cristallines, pour atteindre la vaste demeure. L’hôte des lieux honore d’une ponctualité rare le rendez-vous. Il est 16 heures et quelques minutes quand Mgr Luis Mariano Montemayor s’installe sous la croix qui toise la pièce. Yeux rieurs, timbre chantant d’un Argentin s’exprimant en français, le nonce apostolique affiche un flegme étonnant, pour qui joue comme lui en terrain miné.

    « L’arène politique du moment »

    « Avec [Joseph] Kabila, cela ne va pas bien, je ne crois pas que je puisse y aller », a déclaré son ami le pape François à l’hebdomadaire allemand Die Zeit cette semaine. Le président congolais avait été reçu au Vatican en septembre 2016 mais ne semble guère enclin à rendre l’invitation au chef d’une Eglise catholique dont il se méfie.

    « J’ai réussi à dérider Kabila une fois, s’amuse le nonce apostolique. Quand je lui ai présenté mes lettres de créance, je lui ai dit qu’au moins, désormais, il pourrait m’expulser en parfaite légalité, cela l’a fait sourire. »

    Le deuxième et dernier mandat constitutionnel du chef d’Etat s’est achevé le 19 décembre 2016. Le président a toutefois négocié son maintien au pouvoir jusqu’à la tenue d’élections. Des tractations entre opposition et majorité présidentielle menées aux forceps de l’autre côté d’un mur ombragé par les palmiers de la résidence du Vatican. Là siège la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    « Bienvenue dans l’arène politique du moment », s’esclaffe un évêque. Deux petits immeubles et une allée impersonnelle, tel est le décor d’une lutte politique sournoise, longue et impitoyable dont dépend le destin du plus grand pays d’Afrique francophone. Démarré le 8 décembre, interrompu après la mort de l’icône de l’opposition Etienne Tshishekedi le 1er février à Bruxelles, le dialogue a enfin repris, jeudi 16 mars, sans pour l’heure accoucher d’un calendrier électoral précis ou d’un nouveau gouvernement.

    Le nonce apostolique vient en voisin et tente en toute discrétion d’harmoniser ce processus. Nombreux sont les diplomates et fonctionnaires de l’ONU à l’avoir mis en garde. Lui n’en a cure et estime que c’est son devoir que de s’essayer à cette « mission impossible », anticipant quelques coups bas et les efforts des stratèges de Joseph Kabila pour « ralentir le processus, trouver des points de blocage, chercher à diviser l’opposition ». Poussé à la table des négociations par les puissances voisines, notamment l’Angola, la communauté internationale – Nations unies en tête –, le clan Kabila, sans échappatoire, continue de louvoyer.

    Le « miracle » de l’accord

    Il y a bien eu un accord politique, signé le 31 décembre, entre les deux camps. Un texte mal ficelé, flou et dont la mise en œuvre est toujours discutée. Des négociations marquées par la « médiocrité », déplore le prélat, par des marchandages interminables autour de la répartition des si lucratifs maroquins ministériels.

    « C’est déjà un miracle d’être arrivé à cet accord. Personne n’y croyait. Nous-mêmes, nous pensions que nous allions négocier dans un pays en guerre, rappelle dans un sourire le diplomate. C’est la preuve que la logique des seigneurs de guerre qui a longtemps prévalu s’estompe et c’est déjà un signe positif. »

    Si Mgr Montemayor semble faire un effort pour adoucir le fond de sa pensée, contenir une sévérité qui contraste avec la douceur de son sourire et son humour, son regard sur les politiques se veut sans états d’âme : « Etre payé semble être la principale motivation des hommes politiques congolais, constate le diplomate du Vatican. Quel que soit leur camp. Cela donne une impression assez désagréable d’une classe politique très détachée des préoccupations du peuple et d’un Etat avant tout prédateur. » Etonnant quand les élus professent tant leur foi que leur amour du pays et du peuple ?

    Mais la « schizophrénie morale des dirigeants n’est pas spécifique au Congo », souligne avec malice l’envoyé spécial du pape, qui sait le chemin vers les élections encore long et tortueux. « Les massacres dans le Kasaï, à Béni ou au Tanganyika sont liés au processus électoral, tout le monde se positionne », assure l’ambassadeur du Vatican. Qui ne méconnaît pas les dangers à s’immiscer dans la politique congolaise, et la crainte de servir de caution à ces élus si détachés du peuple. « Nous avons estimé que ne pas y aller serait pire que d’y aller. Mais ne vous y trompez pas. Notre objectif consiste à ce que des élections aient lieu afin que le peuple puisse juger ses dirigeants et ait un droit de regard. »

    Rêve d’élections

    Le nonce apostolique le sait bien : le chef de l’Etat ne l’apprécie pas, se méfie même de lui et de cette Eglise catholique si influente dans son pays. Adepte des mouvements religieux évangéliques, Joseph Kabila considère l’élite catholique comme trop proche de l’opposition, et n’apprécie guère son immixtion dans le champ politique.

    « Vous savez, l’Eglise a une histoire particulière au Congo, dit Mgr Montemayor. Elle s’est implantée durablement, s’est structurée, est un véhicule d’éducation. Et nous sommes présents partout dans le pays, c’est l’une des seules institutions qui fonctionne ici. Nous avons 40 millions de fidèles [sur une population totale estimée à 85 millions d’habitants]. Le président a été obligé de la prendre en compte… et de nous missionner pour le dialogue. »

    Le président, taiseux, discret et hostile à cette Eglise, ne le reçoit pas ou peu. Alors, pour faire passer ses messages, Mgr Montemayor a recours aux âmes damnées de la présidence, dont le directeur général de l’Agence nationale de renseignement, Kalev Mutond, qui jouent les missi dominici et se rend fréquemment à la Cenco pour prendre le pouls des négociations. Pointé du doigt par la communauté internationale, à commencer par les Etats-Unis qui l’ont placé en décembre sur la liste de leurs sanctions, M. Mutond est accusé d’avoir organisé les répressions mortelles contre des manifestations anti-Kabila.

    Le sacerdoce du nonce est suivi pas à pas par le pape François. Une mission non dénuée de vision terrestre. Connue pour la richesse de son sol et ses sous-sols, soumise aux appétits des puissances et entreprises étrangères, la République démocratique du Congo (RDC) occupe une place stratégique sur la carte religieuse. Un terrain où les influences « évangéliques, catholiques et musulmanes se rencontrent. Il est important que l’église continue d’œuvrer ici pour établir des bonnes relations avec les autres cultes et veiller à éviter une guerre religieuse, comme cela a pu arriver en Centrafrique ». Un spectre que le nonce entend bien exorciser.
    avec Le Monde.

  • 7 suspects arrêtés dans le cadre des enquêtes sur la vidéo du massacre dans le Kasaï en RDC

    7 suspects arrêtés dans le cadre des enquêtes sur la vidéo du massacre dans le Kasaï en RDC

    -Les sept suspects arrêtés dans le cadre des enquêtes sur la vidéo du massacre dans le Kasaï, au centre la RDC, sont, selon les magistrats chargés des investigations, des éléments de la police militaire (PM) congolaise.

    Les magistrats commis à l’enquête ont confirmé lors d’une conférence de presse samedi à Kinshasa l’existence des charniers dans la région mais ils n’en ont pas donné beaucoup de détails.

    “Parmi les miliciens Kamwina N’sapu, il n’y a pas que des civils et de petites filles, mais il y a aussi des déserteurs” de l’armée, a expliqué le général-major Joseph Ponde, l’un des magistrats.

    “De l’instruction entreprise, de l’exploitation de la vidéo et des descentes sur les lieux des crimes, les préventions ci-après ont été retenues à charge des suspects: crimes de guerre par meurtre, crimes de guerre par mutilation, crimes de guerre par traitements cruels inhumains et dégradants et refus de dénonciation d’une infraction commise par des justiciables de juridictions militaires”, a ajouté le général Ponde.

    Selon les magistrats enquêteurs, des armes de guerre de type AK 47, Uzi et six bombes castors de calibre 12 ont été saisis en plus d’armes blanches.

    “Des armes sont récupérées des mains de nos éléments qui ont pris la poudre d’escampette”, a révélé le magistrat.

    Le général Ponde a aussi indiqué que l’auditorat général se proposait “de requérir l’expertise exigée pour l’exploitation de données sur les téléphones cellulaires saisis, ainsi que l’exhumation de deux tombes localisées dans la périphérie de Mwanza Lomba” afin “d’identifier” les victimes et de déterminer “le mode opératoire de leurs bourreaux”

    Kinshasa avait d’abord refusé d’ouvrir une enquête après la diffusion sur Internet des vidéos montrant des hommes en tenue de l’armée congolaise et s’exprimant en langues parlées en RDC, tirant à bout portant sur plusieurs individus non armés ou seulement d’un lance-pierre.

    Parmi les victimes, se comptaient des femmes et des enfants à moitié nus et bardés d’amulettes pour certains.

    Les vidéos ont soulevé un tollé. Même les Nations unies ont exigé une enquête.

    Les autorités congolaises ont finalement accepté le 22 février de diligenter une enquête des magistrats mais rejeté l’assistance offerte par les Nations unies.

    Entre-temps, le Bureau des Nations unies pour les droits de l’homme a révélé l’existence des fosses communes dans la zone concernée. Kinshasa a confirmée en les imputant aux miliciens Kamwina N’sapu.

    La semaine dernière, deux experts de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo ont disparus dans la région du Kasaï, accompagnés de quatre congolais. Leur sort n’est pas toujours connu mais les recherches se poursuivent.

    “Les deux experts Michael Sharp, de nationalité américaine, et Zahida Katalan, de nationalité suédoise ont été kidnappés sur l’axe Bukonde-Tshimbula accompagnés de quatre Congolais”, selon le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

    Une semaine plus tôt, un Casque bleu uruguayen a été blessé par balles dans la région du Kasaï dans le centre de la RDC.

    La région du Kasaï est secouée depuis 2016 par une insurrection de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa.

    Parties de Kananga, capitale du Kasaï-central en septembre 2016, les violences entre les forces de l’ordre et les miliciens ont progressivement gagné les provinces voisines du Kasaï-oriental, du Kasaï et de Lomami et fait plus de 400 morts.

    Samedi, le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur et sécurité, Ramazani Shadary, a toutefois parlé de la fin du phénomène Kamwina Nsapu dans l’espace Kasaï.

    Par ailleurs, la mission de l’ONU en RDC (Monusco) s’est déclarée “préoccupée” suite à des informations faisant état d’”un nombre important de personnes tuées” en deux jours d’affrontements entre les forces de sécurité et les miliciens du chef Kamwina Nsapu, dans un communiqué samedi.

    Avec VOA

  • « Avec Kabila, ça ne va pas… » le pourrissement en RDC

    « Avec Kabila, ça ne va pas… » le pourrissement en RDC

    -Processus de normalisation politique à l’arrêt, violences récurrentes dans le centre du pays, deux officiels de l’ONU portés disparus, les grandes puissances qui condamnent, le Pape François qui annule sa visite… Rien ne va plus en RDC.
    Le site d’information congolais Actualités CD a fait les comptes : « depuis août 2016, la situation au centre de la RDC se dégrade au jour le jour. Plus de 400 tués, 100.000 personnes affectées, le drame du Kasaï commence à ressembler à celui de Beni. Le week-end a été particulièrement violent suite aux affrontements entre les forces de l’ordre et des combattants se réclamant du gourou Kamwina Nsapu près de Mwene-ditu dans la province de Lomami. »

    Les autorités congolaises ont par ailleurs confirmé, poursuit Actualités CD, que « deux officiels de l’ONU ont été enlevés dimanche, près de Tshimbulu, à près de 120 km de Kananga, dans le Kasaï Central. Il s’agit d’un Américain et d’une Suédoise. Egalement enlevés, leur trois chauffeurs et leur interprète. Ils auraient tous été conduits dans la forêt par leurs ravisseurs qui ne sont pas encore identifiés. La milice Kamwina Nsapu qui sévit dans la région n’a pas été formellement pointée du doigt tant par l’ONU que par le gouvernement congolais. » En tout cas, relève encore le site congolais, « les attaques attribuées à cette milice font percevoir une vive tension à Kananga et dans plusieurs villes et localités des provinces de l’espace Kasaï. Au niveau international, la France, les USA, l’Union européenne et même le Vatican appellent à des enquêtes internationales sur ces violences. »

    « Avec Kabila, ça ne va pas… »

    C’est notamment en raison de ce contexte brûlant que le pape François a annulé sa visite en RDC… « C’est un coup dur pour les autorités congolaises qui attendaient ce qui devait être une visite à dimension internationale retentissante, souligne le site d’information congolais Cas-Info. Mais François ne viendra pas. Dans une interview au journal allemand Die Zeit cité par Jeune Afrique, le Pape explique les raisons de cette annulation : ‘Il était prévu d’aller dans les deux Congo, mais, avec Kabila, ça ne va pas, je ne crois pas qu’on puisse y aller’, a affirmé le souverain pontife. »
    L’Eglise catholique et son chef manifestent ainsi leur colère envers le président congolais : «au plus fort de la crise politique née de l’absence des élections et du maintien au pouvoir du chef de l’État, le souverain pontife avait reçu Joseph Kabila au Vatican en septembre dernier, rappelle Cas-Infos. François avait alors souligné l’importance de la collaboration entre les différents acteurs politiques et les représentants de la société civile ainsi que les communautés religieuses. Depuis, les relations entre le pouvoir congolais et l’Eglise catholique sont restées mitigées. (…) En annulant la case RDC de son agenda africain devant le conduire prochainement seulement au Soudan du Sud, François ajoute encore un peu plus de pression sur Kinshasa, conclut Cas-Info. Alors que les négociations politiques censées sortir le pays de la crise sont au point mort. »

    Obstination ?

    Dans la presse ouest-africaine, on s’inquiète également… « Les choses vont de mal en pis au pays de Joseph Kabila, soupire Le Pays au Burkina, avec cette flambée de violences tous azimuts, au moment où le processus politique est aussi dans l’impasse, depuis la mort de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi. A cette allure, la RDC court le risque de devenir un brasier ardent, si rien n’est fait pour arrêter l’escalade à temps. »

    Ledjely.com, en Guinée, pointe la responsabilité, selon lui, du pouvoir congolais : « dans les événements du Kasaï de ces dernières semaines, à l’image de tous les autres foyers de tension dans le pays, il est tout d’abord question de la faible autorité d’un Etat qui, peinant à s’exercer sur l’ensemble du vaste territoire du Congo, s’obstine cependant à vouloir se maintenir en place contre vents et marées. Un paradoxe si évident que ce même Etat, outre le fait qu’il se révèle inapte à assurer la sécurité à tous les citoyens, est également incapable de créer les conditions économiques qui permettraient à chacun de trouver sa pitance. Dans un tel contexte, conclut Ledjely.com, à l’image de ce que les terroristes font dans le Sahel et dans d’autres parties du continent en proie à la pauvreté, à la misère et à l’abandon de l’Etat, des gourous comme Kamwina Nsapu n’ont aucune peine à prendre possession d’une jeunesse rendue vulnérable par le désespoir et l’absence de perspectives. »

    RFI

  • Inquiétude autour du processus électoral en RDC

    Inquiétude autour du processus électoral en RDC

    Des évêques membres de la CENCO lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 09/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

    -L’Église catholique et la commission chargée d’organiser les élections en République démocratique du Congo se sont inquiétées mardi d’une escalade des violences dans le centre du pays, secoué par une rébellion, qui risque de retarder le processus électoral.

    L’insécurité qui a fait plusieurs centaines de morts dans quatre provinces centrales “risque de retarder l’opération de l’inscription des électeurs”, a indiqué la Commission épiscopale justice et paix (CEJP) dans un rapport présenté mardi à Kinshasa.

    Au Kasaï, l’une des provinces touchées, quatre antennes de la Commission électorale nationale indépendante ont été incendiées, a affirmé le président de la Céni, Corneille Nangaa, lors de la présentation du rapport.

    “La Céni est une cible, ça nous inquiète”, a-t-il ajouté, indiquant que “la Céni n’a jamais été une cible des groupes armés dans l’est et le nord” de la RDC, pays pourtant en proie à l’insécurité depuis plus de 20 ans.

    Le Kasaï est agité depuis septembre 2016 par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué le mois précédent lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa.

    Parties de Kananga, capitale du Kasaï-central, les violences entre les forces de l’ordre et les miliciens ont progressivement gagné les provinces voisines du Kasaï-oriental, du Kasaï et de Lomami et fait plus de 400 morts.

    Deux experts onusiens et leurs quatre accompagnateurs congolais sont portés disparus depuis dimanche au Kasai-central.

    La CEJP appelle le gouvernement congolais à “veiller au maintien d’une atmosphère sécuritaire calme avant, pendant et après l’opération d’inscription des électeurs (…) surtout dans les zones où persistent l’insécurité du fait de l’activisme des groupes armés ou des conflits communautaires”.

    Les élections en RDC sont censées avoir lieu d’ici la fin de l’année selon un accord signé le 31 décembre entre pouvoir et opposition, en vue de sortir le pays de la crise née du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a échu le 20 décembre 2016.

    Cet accord reste inappliqué et la mort le mois dernier à Bruxelles de l’opposant historique, Étienne Tshisekedi, est encore venue compliquer les choses.

    “Ce retard aura un impact sur le calendrier” électoral, a averti M. Nangaa.

    Avec AFP

  • Les hésitations de la famille d’Etienne Tshisekedi sur le lieu de l’enterrement

    Les hésitations de la famille d’Etienne Tshisekedi sur le lieu de l’enterrement

    Manifeste de campagne Tshisekedi

    -Dans une interview à VOA Afrique, le frère cadet d’Etienne Tshisekedi, Mgr Gerard Mulumba, l’évêque de Mweka, a indiqué que la famille de l’opposant congolais envisage actuellement deux options : l’enterrement à Bruxelles ou au siège de l’UDPS à Kinshasa

    La famille a annoncé la semaine dernière que la dépouille de Tshisekedi ne rentrera pas en RDC le 11 mars comme prévu. Elle a rejeté le périmètre que la ville de Kinshasa a offert pour l’enterrement au cimetière de la Gombé.
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    “A mon retour à Kinshasa, j’ai trouvé que la base de l’UDPS, et même toutes les autres personnes n’acceptaient pas qu’Etienne (Tshisekedi) soit enterré au cimetière de la Gombé. C’est pour cela que j’ai vu les autorités pour leur signifier le refus”, explique Mgr Mulumba qui dit avoir même fait l’objet des menaces de la part des partisans de l’UDPS pour avoir accepté au préalable la proposition du pouvoir.

    Pourtant, soutient Mgr Mulumba, “nous (NDLR : la famille) sommes fatigués de ce problème mais si ça traîne ce n’est pas à cause de nous mais c’est parce que nous avons trouvé un blocage auprès des autorités”.

    “Nous ne voulons pas que la situation continue. D’ailleurs, les membres de la famille qui sont à Bruxelles sont vraiment fatigués, c’est pour cela qu’ils étaient déjà d’accord pour l’enterrer à la Gombe, malgré eux”, affirme-t-il. Selon l’évêque de Mweka, il pourrait y avoir de nouvelles negociations avec le gouverneur de Kinshasa qui rentrera de voyage dans deux jours.

    Les autorités de Kinshasa avaient déjà rejeté, lors des discussions précédentes, les autres propositions du parti et de la famille, évoquant entre autres le respect de la loi en la matière, les raisons de sécurité liées aux craintes d’une profanation.

    Les travaux de construction du caveau prévu par les autorités de Kinshasa ont dû être arrêtés cette semaine à la demande de la famille.

    L’UDPS insiste désormais pour que son leader soit mis en terre devant son siège.

    “Si les autorités refusent, il faut que nous puissions considérer l’option de l’enterrer en Belgique.”, soutient Mgr Mulumba.

    La polémique prend de l’ampleur. Les partisans de M. Tshisekedi exigent aussi la mise en place d’un nouveau gouvernement que dirigerait Felix Tshiskedi, son fils, désigné par une lettre laissée par son père.

    Cette exigence politique de l’UDPS “, nous ne la posons pas comme condition”, souligne Mgr Mulumba.

    M. Tshiskedi est décédé le 1er février à Bruxelles de suite d’une embolie pulmonaire.

  • L’ONU estime que le dialogue en RDC est bloqué par la crise au sein de l’opposition

    L’ONU estime que le dialogue en RDC est bloqué par la crise au sein de l’opposition

    -La Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco) a estimé mercredi à Kinshasa que les divisions au sein du Rassemblement de l’opposition bloquaient l’application de l’accord de sortie de crise politique en RDC.

    Constitué en juin 2016 autour de l’opposant historique, Étienne Tshisekedi, le Rassemblement est signataire de cet accord conclu le 31 décembre dernier entre la majorité et l’opposition sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    Après la mort le 1er février à Bruxelles de Tshisekedi à 84 ans, le Rassemblement fait face à des divisions internes, alors que Félix Tshisekedi a été désigné pour succéder à son père.

    La “scission au sein du Rassemblement” freine la mise en oeuvre de l’accord et “paralyse quelque peu le travail de la Cenco”, a déclaré à la presse Charles-Antoine Bambara, directeur de l’information publique de la Monusco.

    Lundi, l’Église catholique avait recommandé “vivement à toutes les composantes du Rassemblement de privilégier l’unité” pour “faire avancer les choses” vers une cogestion pacifique entre majorité et opposition jusqu’à des élections prévues fin 2017.

    “Nous y travaillons pour que tout le monde revienne à la raison”, a dit mercredi à l’AFP Augustin Kabuya, porte-parole de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti des Tshisekedi.

    L’accord de la Saint-Sylvestre vise à sortir la RDC de la crise née du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà du terme de son mandat, le 20 décembre dernier. M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

    Etienne Tshisekedi avait été désigné président du conseil de suivi de l’accord. Mais depuis son décès, les tergiversations autour du retour de sa dépouille ainsi que les marchandages de postes font que les discussions sont au point mort.

    Avec AFP

  • Des fosses communes trouvées dans le Kasaï en RDC

    Des fosses communes trouvées dans le Kasaï en RDC

    -Le Haut-commissaire aux droits de l’homme pour les Nations unies, Zeid Ra’ad al-Hussein, a demandé qu’une enquête de haut niveau soit dépêchée dans la région du Kasaï où, selon lui, trois fosses communes ont été découvertes en rapport avec les violences enregistrées dans l’insurrection du groupe Kamwina Nsapu.

    M. Zeid a exhorté le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à ouvrir une enquête “à la lumière de rapports récurrents de graves violations et de la découverte récente de trois fosses communes”, rapporte Reuters.

    “J’invite le Conseil à établir une commission d’enquête pour examiner ces allégations. Mon bureau surveillera attentivement le développement judiciaire en ce qui concerne l’action par la force qui a mené à une mort de plus de 100”, a déclaré M. Zeid depuis Genève.

    Il a demandé que le gouvernement congolais puisse “entamer le processus d’investigation pour les allégations des violations de droits de l’homme attribuées aux soldats et à apporter son soutien à nos bureaux sur place”.

    Contacté par VOA Afrique, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a, pour sa part, rappelé qu’une investigation est déjà en cours. Selon lui, l’information donnée par le bureau des droits de l’homme des Nations unies n’est pas en fait une révélation.

    “Vos interlocuteurs ne savent même pas ce qu’ils disent, ils ne connaissent qu’une partie de la vérité. Il y a plus ça. Ils ne parlent que de trois fosses communes. Nos magistrats que nous avons envoyés sur place disent qu’il y a plus que ça, ils nous informent tous les jours de ce qu’ils trouvent. Nous sommes atterrés par ce que nous apprenons tous les jours. Nous ne pouvons pas nous mettre à donner une conférence de presse chaque jour qu’on nous annonce la découverte d’une fosse, mais nous attendons leur rapport final pour donner une information complète”, a rétorqué le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

    Le gouvernement a envoyé des enquêteurs dans le Kasaï au lendemain de la publication sur le net des vidéos montrant des militaires congolais tirant à bout portant sur des membres du groupe Mwana Nsapu non armés ou parfois juste d’un lance-pierre. Des femmes à moitié nues et même des enfants étaient parmi les victimes.

    La région du Kasaï, au centre de la RDC, est le théâtre depuis septembre 2016 d’une rébellion née de la mort lors d’une opération militaire d’un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central.

    Parties de Kananga, capitale de la province du Kasaï-central, les violences entre les forces de l’ordre et la milice de Kamwina Nsapu – ont progressivement gagné le Kasaï-oriental et le Kasaï-occidental.

    Selon l’ONU, plus de 200.000 personnes déplacées ont été enregistrées depuis le début de conflit tandis que plus de 400 sont mortes de suites d’affrontements entre l’armée, la police congolaises et les miliciens.

    Présente en RDC depuis 1999, la Monusco déploie plus de 19.000 soldats, policiers et observateurs militaires dans l’Est du pays et à Kinshasa. Elle ne disposait d’aucunes troupes dans les trois Kasaï jusqu’au déploiement récent d’une centaine de Casques bleus à Kananga et environs.