Author: Don Kayembe

  • Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi gardent la main sur le Rassemblement

    Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi gardent la main sur le Rassemblement

    -La principale plateforme d’opposition s’est dotée d’une nouvelle direction bicéphale. Félix Tshisekedi a été désigné président du Rassemblement et Pierre Lumbi, un proche de Moïse Katumbi, à la tête du Conseil des sages. Une nomination qui ne fait pas l’unanimité mais qui valide la nouvelle recomposition d’une opposition en quête de leadership.

    Un peu plus d’un mois après le décès de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, le Rassemblement de l’opposition a désigné une direction à deux tête composée de Félix Tshisekedi, le fils du leader emblématique, qui prend la présidence de la plateforme et de Pierre Lumbi, membre du G7, l’une des composantes phares du Rassemblement. Dauphin naturel d’Etienne Tshisekedi, la nomination de Félix Tshisekedi n’est pas une surprise. Seule l’arrivée de Pierre Lumbi à la co-gestion du mouvement constitue la nouveauté de ce Rassemblement « recomposé ». Une double direction qui s’explique par les aspirations politiques de Félix Tshisekedi qui brigue le poste de Premier ministre après l’accord politique signé avec le pouvoir le 31 décembre dernier. Le président du Conseil des sages devenant, selon l’accord, le futur président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), Félix Tshisekedi ne pouvait cumuler ces deux fonctions. Et c’est un proche de Moïse Katumbi, via le G7, Pierre Lumbi qui occupera la présidence du Conseil des sages. Là encore un choix logique puisque l’ancien gouverneur du Katanga partageait la création du Rassemblement avec Etienne Tshisekedi.

    La nomination de Lumbi fait débat

    La commande à deux volants de la principale plateforme d’opposition n’a pas fait que des heureux. Les autres partis liges du Rassemblement, souvent plus modestes que l’UDPS de Tshisekedi et moins fortunés que Moïse Katumbi,  n’avaient d’autres choix que de valider Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi à la tête du mouvement. Si Martin Fayulu (Ecidé) est vite rentré dans le rang, Joseph Olenghankoy (Fonus) et Bruno Tshibala (UDPS) ont rapidement contesté la nouvelle direction, « qui n‘était pas issu d’un vote de l’ensemble du Conseil des sages ». La personnalité de Pierre Lumbi passe également très mal auprès de certains membres du Rassemblement. Certes, le patron du MSR a joué un rôle fédérateur important au sein du Rassemblement et son activisme dans l’organisation de la marche des chrétiens contre Mobutu en 1992 est encore très présent, mais son récent poste de conseiller à la sécurité auprès du président Joseph Kabila fait tousser auprès de nombreux opposants, victimes d’une répression politique féroce.

    Rendre l’accord du 31 décembre obsolète ?

    Mais la fronde aura rapidement fait long feu et le risque d’éclatement du Rassemblement a fait rentrer dans « le droit chemin » les principales composantes du Rassemblement. Car en coulisse, la majorité présidentielle ne rate pas une occasion pour tenter de déstabiliser une opposition déjà très fragmentée. Avec, à la clé de cette division souhaitée par le camp Kabila : l’éclatement du Rassemblement et la remise en cause de l’accord du 31 décembre signé par ce même Rassemblement et le pouvoir. Un accord obsolète qui permettrait à la majorité de retarder une nouvelle fois les élections, voire d’en appeler à l’organisation d’un référendum, et pourquoi pas… à une modification de la Constitution pour permettre à Joseph Kabila de briguer un nouveau mandat. La majorité peut compter sur Raphaël Katebe Katoto pour semer la discorde au sein du Rassemblement. Le propre frère de Moïse Katumbi, co-fondateur du Rassemblement aujourd’hui exclu, se verrait bien à la tête de la Primature, poste pourtant réservé à Félix Tshisekedi. En briguant la tête du nouveau gouvernement, Katebe Katoto permet à Joseph Kabila de s’offrir la possibilité de choisir son futur Premier ministre en dehors du seul nom de Félix Tshisekedi (qu’il ne souhaite pas voir à la Primature) pourtant choisi par le Rassemblement.

    Félix sur tous les fronts

    Par cette nomination à la tête du Rassemblement, Félix Tshisekedi réussi donc, pour l’instant, à s’imposer comme le digne successeur de son père. Il devra pour cela garder également le contrôle de l’UDPS, le parti qu’a créé et présidé Etienne Tshisekedi pendant plus de 30 ans. Pour l’heure, tout le monde joue le jeu au sein du parti, tenu par son secrétaire général Jean-Marc Kabund. Mais l’UDPS doit rapidement tenir un congrès pour valider la gestion du parti après la disparition du « Sphinx de Limete »… l’occasion pour les multiples chapelles de se voir entendre. Là encore, Félix Tshisekedi devra faire preuve d’une certaine habilité politique pour conserver l’unité du parti. Passage obligé si il souhaite poursuivre son dessein politique.

    Katumbi reste à la manoeuvre

    Mais le gagnant de cette refonte du Rassemblement est sans doute Moïse Katumbi. En exil judiciaire depuis sa condamnation à 3 ans de prison pour une mystérieuse affaire de spoliation immobilière, opportunément mise au jour après sa candidature à la présidence de la république, l’homme d’affaire reprend de l’influence au sein de la plateforme, via Pierre Lumbi, dont le G7 soutient ouvertement sa candidature. Auparavant, c’était l’intransigeant et imprévisible Etienne Tshisekedi qui tenait les rênes du Rassemblement… aujourd’hui, il sera sans doute plus facile pour Moïse Katumbi d’en co-piloter la direction. Une tâche facilité par son frère, Katebe Katoto, qui s’est auto-exclu du mouvement en voulant tenter l’aventure personnelle de la Primature.

    Vers un statu quo politique de longue durée

    Actuellement aux Etats-unis pour activer ses soutiens américains et voir comme la nouvelle équipe Trump traitera le dossier congolais, Moïse Katumbi   espère bien rentrer rapidement au pays pour pouvoir peser de nouveau sur la scène politique… et ne pas trop laisser le champ libre à Félix Tshisekedi, qui, Primature ou pas, lorgne également sur la prochaine présidentielle. L’ancien gouverneur du Katanga avait annoncé, à la mort d’Etienne Tshisekedi, vouloir revenir à Kinshasa avec la dépouille de l’opposant historique. Mais plusieurs semaines ont passé et aucune assurance de Kinshasa n’est venu rassurer l’homme d’affaire sur sa probable arrestation à sa descente d’avion en cas de retour non négocié. La famille Tshisekedi, qui annonce le retour du « Vieux » pour le 11 mars (date encore très hypothétique) n’a jamais confirmé, ni infirmé la présence de Moïse Katumbi dans le dernier voyage d’Etienne Tshisekedi. L’incertitude plane encore sur le sort du patron du TP Mazembe qui reste hors jeu tant qu’il ne sera pas revenu en RDC. Une option qui en arrange plus d’un, dans la majorité, mais aussi dans l’opposition. Mais face aux multiples blocages politiques dans l’application de l’accord du 31 décembre et aux vives tensions dans les provinces, les autorités congolaises ne semblent pas encore très pressées d’organiser les funérailles nationales de Tshisekedi qui pourraient rapidement se transformer en meeting anti-Kabila. Le statu quo politique risque donc de durer un certain temps à Kinshasa.
    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

     

  • Rassemblement de l’opposition en RDC: toujours pas d’accord sur la présidence

    Rassemblement de l’opposition en RDC: toujours pas d’accord sur la présidence

    -Pour ou contre une double présidence du Rassemblement ? En RDC, au sein de cette coalition de l’opposition, les divisions se confirment. Les uns s’accusent d’être achetés par la majorité, les autres de faire des arrangements entre amis. Et la société civile s’impatiente.

    Après la scission d’une frange du Rassemblement nommant un président bis, hier samedi 4 mars, c’est un autre membre de cette coalition de l’opposition qui a exprimé son mécontentement. Pour Raphaël Katebe Katoto, l’un des fondateurs du Rassemblement en juin 2016 et frère de Moïse Katumbi, aujourd’hui suspendu, les procédures n’ont pas été respectées. « Ils n’ont pas associé le Conseil des sages, ça c’est le plus important, explique à RFI, Raphaël Katebe Katoto. Si on associe le Conseil des sages et qu’une décision est prise, nous nous inclinons et soutenons cette décision ».

    Raphaël Katebe Katoto appelle donc les évêques congolais à aider le Rassemblement à s’entendre. Mais pour le secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, cette fronde au sein du Rassemblement est une manoeuvre soutenue par la majorité et qui vise à déstabiliser la coalition mais aussi son parti. « Ces gens-là ont l’intention de déstabikiser l’Udps parce qu’ils sont instrumentalisés, financés par le pouvoir. Le pouvoir leur a donné de l’argent, et ils sont entrepris de recruter les esprits faibles pour détruire le parti ».

    Et pour ajouter à cette cacophonie, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle a apporté hier son soutien à une double présidence du Rassemblement, désavouant ainsi son frère qui plaide encore pour de nouvelles discussions.

    L’impatience croissante de la société civile

    La Nouvelle Société civile appelle les membres du Rassemblement de l’opposition à revenir à la raison, à cesser leurs querelles internes et à s’entendre pour que l’accord du 31 décembre entre pouvoir et opposition puisse être mise en oeuvre. Pour le coordonnateur national de la Nouvelle Société civile, Jonas Tshiombela, la population congolaise ne comprend pas la scission d’une partie du Rassemblement de l’opposition.

    RFI

  • Donald Trump accuse Obama de l’avoir mis sur écoute et demande une enquête

    Donald Trump accuse Obama de l’avoir mis sur écoute et demande une enquête

    President Donald Trump and former President Barack Obama talk on the East front steps of the US Capitol after inauguration ceremonies on January 20, 2017 in Washington, DC. / AFP / Robyn BECK (Photo credit should read ROBYN BECK/AFP/Getty Images)

    -Donald Trump a lancé une bombe politique en accusant son prédécesseur Barack Obama de l’avoir placé sur écoute avant l’élection américaine du 8 novembre, et demande au Congrès d’enquêter sur d’éventuelles écoutes le concernant. Cette accusation a été catégoriquement démentie par l’entourage de l’ancien président.

    “Exécrable! Je viens de découvrir que le président Obama avait mis mes lignes sur écoute dans la tour Trump juste avant ma victoire”, a tweeté M. Trump, qualifiant l’ex-président démocrate de “personne malfaisante (ou malade)”. Mais M. Trump n’a fourni aucun détail, ni aucune preuve à l’appui de cette allégation.

    How low has President Obama gone to tapp my phones during the very sacred election process. This is Nixon/Watergate. Bad (or sick) guy!

    C’est l’attaque la plus violente menée contre son prédécesseur depuis sa prise de fonctions le 20 janvier.

    “Le président Obama, ni aucun responsable de la Maison Blanche, n’ont jamais ordonné la surveillance d’un quelconque citoyen américain”, a indiqué Kevin Lewis, porte-parole de M. Obama, dans un communiqué en milieu de journée. “Toute suggestion du contraire est tout simplement fausse”.

    “Une règle d’or de l’administration Obama était qu’aucun responsable de la Maison Blanche ne devait interférer avec une quelconque enquête indépendante menée par le ministère de la Justice”, a-t-il poursuivi.

    Dimanche, le président Trump “demande à ce que, dans le cadre de leurs enquêtes sur l’activité russe, les commissions sur le renseignement au Congrès exercent leur autorité de supervision pour déterminer si les pouvoirs d’enquête de la branche exécutive ont été outrepassés en 2016”, a indiqué Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche dans un communiqué.

    “C’est du maccarthysme”, avait ajouté M. Trump, en référence à la traque des militants et sympathisants communistes aux Etats-Unis dans les années 1950. Il a également fait un parallèle avec le scandale du Watergate, l’affaire d’espionnage politique qui avait abouti en 1974 à la démission du président républicain Richard Nixon.

    “Je suis sûr qu’un bon avocat pourrait faire une excellente affaire du fait que le président Obama a mis mes téléphones sur écoute en octobre, juste avant l’élection!”, a relevé Donald Trump qui passait le week-end dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride.

    Relations très tendues

    Le camp républicain était plutôt absent sur le sujet samedi. Le sénateur Lindsey Graham a estimé que, si c’était vrai, ce serait “le plus grand scandale politique depuis le Watergate”.

    Jusqu’à l’élection de novembre, Barack Obama et Donald Trump entretenaient des relations très tendues.

    Pendant plusieurs années, le milliardaire avait été le fer de lance des “birthers”, affirmant avec des relents de racisme que Barack Obama était né au Kenya –pays de son père– et non à Hawaï et que, par conséquent, il ne pouvait présider les Etats-Unis. Il s’était finalement rangé à la raison en septembre 2016, en déclarant sans fioritures: “Le président Barack Obama est né aux Etats-Unis, point final”.

    M. Obama, de son côté, avait lancé de très violentes attaques contre le républicain pendant la campagne.

    Puis les deux hommes s’étaient entretenus à la Maison Blanche deux jours après la victoire de Donald Trump et avaient joué l’apaisement. “Monsieur le président, c’était un grand honneur d’être avec vous”, avait déclaré le républicain sur un ton très posé, presque intimidé.

    Collusion?

    Ces attaques contre Barack Obama s’inscrivent dans un contexte politique difficile pour le président américain. Six semaines après son entrée à la Maison Blanche, il est englué dans des accusations de collusion entre son entourage et des responsables russes pendant la campagne et pendant la période de transition.

    La presse a révélé cette semaine que l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, Sergueï Kisliak, avait rencontré avant et après l’élection plusieurs conseillers ou proches de M. Trump.

    En particulier le ministre de la Justice Jeff Sessions qui a été placé sur la défensive après avoir confirmé deux entretiens l’an dernier avec l’ambassadeur russe –en juillet et en septembre– mais avoir omis de le mentionner lors de sa récente audition sous serment devant les sénateurs.

    La rencontre de septembre s’est déroulée alors même que la Russie était déjà soupçonnée publiquement d’avoir piraté le parti démocrate pour nuire à la campagne de leur candidate, Hillary Clinton. Des sanctions ont été prises contre Moscou en décembre.

    Le ministre a annoncé jeudi qu’il se récusait dans toutes les éventuelles enquêtes sur la campagne électorale et donc sur les possibles ingérences russes.

    Un autre proche de Donald Trump, Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale, a été contraint de démissionner le 13 février, lui aussi à cause de contacts avec l’ambassadeur russe.

    Donald Trump a rejeté toute accusation d’entente avec la Russie. C’est une “chasse aux sorcières” menée par les démocrates, a-t-il répliqué cette semaine.

    Avec AFP

  • Pierre Lumbi, ancien conseiller spécial de Kabila jusqu’en 2015, devient le chef de l’Opposition

    Pierre Lumbi, ancien conseiller spécial de Kabila jusqu’en 2015, devient le chef de l’Opposition

    -C’est fait. Depuis jeudi 2 février 2017, Pierre Lumbi Okongo, ancien ministre des Infrastructures à l’origine des contrats chinois et conseiller spécial de Kabila jusqu’au deuxième semestre de l’année 2015, a succédé à Étienne Tshisekedi à la présidence du Comité des sages du Rassemblement.
    Logiquement et conformément aux dispositions de l’Accord de la Saint Sylvestre, cet ancien bonze de la Société civile passé par l’Udps au début des années 1990 devra prendre les commandes du Conseil national de suivi de l’Accord -CNSA.
    Un scénario impensable jusqu’à la mort de Tshisekedi le 1er février 2017 à Bruxelles.
    A ses côtés, Félix Tshisekedi, porté à la présidence politique de la plate forme et chargé de relancer les contacts avec la Conférence épiscopale nationale du Congo -Cenco- et les signataires de l’Accord du 18 octobre 2016.
    Malgré ce beau rôle attribué Félix Tshisekedi et en attendant l’entrée en lice de Moise Katumbi, l’actuel patron du Rassemblement est bel et bien le tout récent ancien Conseiller spécial de Kabila.
    À la Majorité présidentielle, on jubile. En témoigne ce tweet de Tryphon Kin-kiey Mulumba, membre du Bureau politique de la MP et président du parti politique Kabila Désir.
    « Circulez, il n’y a rien à voir. Depuis Mobutu, l’opposition sert de blanchisserie aux gens du pouvoir. Kengo parti est revenu en force PM », a posté ce docteur en Sciences politiques et journaliste de renom.

    AVEC AfricaNews

  • Le Rassemblement de l’opposition se déchire en RDC

    Le Rassemblement de l’opposition se déchire en RDC

    -Une bonne partie de membres du Rassemblement a porté son choix, vendredi, sur Joseph Olenghankoy pour diriger la principale plateforme de l’opposition, réagissant à la désignation, la veille, de Felix Tshisekedi à ce même poste par un autre groupe de la même coalition. Pour l’heure, chaque camp ne reconnait que son candidat.

    La principale coalition de l’opposition constituée en mars 2016 autour d’Etienne Tshisekedi, est au bord de l’implosion. Elle se réunit désormais en deux camps.

    Affirmant avoir réuni le grand nombre des membres, un groupe des membres de l’opposition ont opté pour Joseph Olenghakoy pour être le président du Rassemblement.

    Parmi eux, Bruno Tshibala, secrétaire général adjoint du parti de Tshisekedi et porte-parole du Rassemblement a déclaré à l’issue de la réunion qu’il fallait revenir à la légalité.

    “Même les évêques doivent tenir compte de la réalité. La majorité a décidé autrement”, a affirmé M. Tshibala.

    L’autre camp a désigné jeudi soir Felix Tshisekedi, fils du feu Etienne Tshisekedi, au même poste de président du Rassemblement et Pierre Numbi du G7, coalition rangée derrière Moise Katumbi, à celui du président du Conseil des sages.

    La désignation de Felix Tshisekedi s’est faite, selon Christophe Lutundula, cadre du G7, par un consensus majoritaire.

    “Il y avait 6 candidats pour le poste du Conseil des sages… De ces consultations est sortie une majorité confortable –pas d’individus mais de composantes- qui a appuyé la candidature de Pierre Lumbi”, s’est défendu M. Lutundula

    Pour sa part, Joseph Olengnakoy, la désignation du fils de Tshisekedi a été faite en l’absence des candidats, et “est donc irrégulière”, martèle-t-il.

    “Il n’y avait aucun autre candidat à cette séance”, explique-t-il.

    Le Rassemblement est donc au bord de l’implosion. Et les tergiversations dans lequelles il plonge ne font que retarder la mise en application de l’accord signé sous la médiation des évêques le 31 décembre avec l’opposition et en vue de résoudre la crise née de la fin du mandat du président Kabila et de la non-tenue des élections en décembre dernier.

    L’accord prévoit l’élection présidentielle en décembre 2017. Le président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001, ne pourra plus se représenter selon la Constitution.

    L’application de l’accord est bloquée par les discussions autour de la désignation du Premier ministre. Le décès d’Etienne Tshisekedi, le 1er février dernier, a davantage compliqué la donne car la tâche de designer le Premier ministre lui revenait.

    voa

  • Des revenus miniers de l’Etat versés à un proche de Kabila, selon Global Witness

    Des revenus miniers de l’Etat versés à un proche de Kabila, selon Global Witness

    -L’ONG britannique Global Witness a accusé vendredi le géant minier suisse Glencore d’avoir versé plus de 75 millions de dollars à un homme d’affaires israélien proche du président congolais Joseph Kabila au détriment de la principale société publique minière de RDC.

    Dans une enquête, Global Witness “a découvert que de 2013 à 2016, Katanga Mining, société cotée à la bourse de Toronto et détenue majoritairement par Glencore, a adressé des ‘pas de porte’ et d’autres paiements d’un total de plus de 75 millions de dollars US à la société Africa Horizons, détenue par Dan Gertler et enregistrée dans les îles Caïmans”, écrit l’ONG dans un rapport.

    “En vertu du contrat initial, ces paiements auraient dû être effectués à la Gécamines (Générale des carrières et des mines, ndlr)”, écrit Global Witness.

    Cette accusation s’est ajouté aux révélations de l’ONG de novembre sur des versements des royalties de la Gécamines au milliardaire israélien Dan Gertler, homme d’affaires proche de M. Kabila.

    Glencore a justifié ces versements en déclarant que “les paiements de pas de porte pour 2013, 2014, 2015 et 2016 à Africa Horizons Investment Limited ont été effectués conformément à l’instruction de paiement de Gécamines” et “des accords tripartites de royalties entre KCC (Kamoto copper compagny), Gécamines et AHIL”.

    “Il est scandaleux que Glencore ait effectué des paiements à un ami du président congolais accusé de pots-de-vin et de corruption et qu’elle n’ait pas informé ses actionnaires ou le public de ces transactions”, s’insurge l’ONG britannique.

    Le 13 février, Glencore avait annoncé le rachat pour 905 millions d’euros de parts dans deux mines de la République démocratique du Congo appartenant à Dan Gertler.

    Global Witness a souvent accusé le magnat israélien d’avoir acquis dans des conditions opaques des concessions minières en RDC, l’un des pays les moins développés de la planète en dépit de ses immenses ressources naturelles.

    A la crise économique et sociale en RDC s’ajoute la crise politique aggravée par le maintien au pouvoir de M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter et dont le mandat a échu le 20 décembre. Un accord passé entre pouvoir et l’opposition pour cogérer le pays avant des élections prévues d’ici la fin de l’année est au point mort.

    Avec AFP

  • Kinshasa rejette l’aide de l’ONU dans les enquêtes sur des massacres présumés au Kasaï

    Kinshasa rejette l’aide de l’ONU dans les enquêtes sur des massacres présumés au Kasaï

    -Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende, indique que Kinshasa décline l’offre d’appui de l’ONU dans les enquêtes menées sur des massacres présumés de civils par des soldats congolais dans le Kasaï, dans le centre du pays.

    “Si c’est l’aide du genre à nous déstabiliser davantage, non merci”, a expliqué le porte-parole du gouvernement Lambert Mende lors d’une conférence de presse, au sujet de l’aide proposée par l’ONU.

    “Si c’est pour aller calomnier nos forces armées, c’est non!”, a insisté M. Mende, assurant que “les enquêtes sont en train d’être menées par des hauts magistrats militaires” congolais.

    La région du Kasaï, au centre de la RDC, est le théâtre depuis septembre 2016 d’une rébellion née de la mort, le mois précédent, lors d’une opération militaire, d’un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central.

    Si c’est pour aller calomnier nos forces armées, c’est non!”

    En février, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait des hommes en uniforme tirant sur des villageois non armés, ou simplement de lance-pierres ou de bâtons, dans le Kasaï. Le gouvernement avait d’abord qualifié de “montage grossier” ces images tournées en plan séquence unique, refusant d’enquêter avant de faire volte-face après une forte pression internationale.

    “Nous sommes prêts à apporter notre appui comme toujours” aux enquêtes ouvertes à la demande du président Joseph Kabila pour “faire la lumière sur les évènements qui se déroulent là-bas”, avait proposé mercredi le directeur du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC (BCNUHD), José-Maria Aranaz.

    M. Mende a lancé par ailleurs un “appel à témoins” afin de recueillir “toute information supplémentaire sur les faits portés à la connaissance du public dans les réseaux sociaux”. Le gouvernement assure que plusieurs militaires ont déjà été arrêtés.

    M. Aranaz avait proposé son appui juste après la présentation d’un rapport du BCNUHD estimant que les forces de sécurité avaient fait “un usage disproportionné de la force” lors des manifestations à Kabila et en province contre le maintien au pouvoir du président Kabila entre les 15 et 31 décembre derniers.

    Selon le rapport du BCNUDH, au moins 40 personnes ont été tuées et 147 blessées, pour la plupart “des civils non armés. M. Mende avance de son côté un bilan de 15 personnes tuées.

  • Obsèques de Tshisekedi au cimetière de la Gombé: réactions à l’UDPS

    Obsèques de Tshisekedi au cimetière de la Gombé: réactions à l’UDPS

    -En RDC, la ville de Kinshasa a décidé hier d’attribuer un carré de 500m² pour accueillir la dépouille mortelle d’Etienne Tshisekedi au cimetière de la Gombé à Kinshasa. Le gouverneur de la ville de Kinshasa a donc finalement tranché en faveur de cette solution, contre l’avis des responsables de l’UDPS, qui avaient demandé que l’opposant historique soit inhumé au siège de son parti à Limete. Reportage au siège de l’UDPS.

    Dans la cour du siège de l’UDPS, comme presque tous les jours depuis le décès du « sphinx de Limete », se tient un concert de musique traditionnelle du Kasaï. Ici, dans le soleil de fin d’après-midi, la décision du gouverneur de Kinshasa d’enterrer Etienne Tshisekedi au cimetière du centre-ville passe difficilement.

    « Au lieu que le gouverneur puisse nous répondre, subitement nous avons appris comme tout le monde, à travers les médias, qu’il avait signé un arrêté officialisant l’endroit ; là, devant le cimetière de la Gombé, explique à RFI Augustin Kabouya, porte-parole de l’UDPS. Nous, en tant que sa famille politique, nous n’avons fait aucun bruit. Nous avons pris seulement acte, en attendant que la famille biologique du président puisse se prononcer ».

    Pas de « bruit » du côté des cadres du parti, mais dehors, parmi les combattants de l’UDPS, c’est une autre histoire : « On ne peut pas enterrer Etienne Tshisekedi dans le cimetière. Nous préférons qu’on enterre Etienne Tshisekedi sur le lieu public… », explique un militant. Un autre renchérit : « Ils doivent quand même savoir que Tshisekedi, c’est une icône. Pas de cimetière ! Si jamais on veut nous donner un endroit, nous allons ériger sa tombe au niveau de la permanence de notre parti. Et que personne ne vienne nous en vouloir, parce que c’est une propriété privée. Quiconque s’approcherait d’ici, il va trouver les combattants sur ses épaules ! ».

    En attendant, les autorités de la ville assurent que les travaux d’aménagement de la tombe d’Etienne Tshisekedi commenceront dans les prochains jours devant le cimetière de la Gombé.

    RFI

  • Le cimetière de la Gombe se prépare à accueillir la dépouille de Tshisekedi

    Le cimetière de la Gombe se prépare à accueillir la dépouille de Tshisekedi

    -Il aura fallu attendre un mois. Trente jours après la mort d’Etienne Tshisekedi en Belgique, un accord sur son inhumation a finalement été trouvé. La famille de l’opposant historique congolais a annoncé que son corps serait rapatrié à Kinshasa le samedi 11 mars. Et coïncidence ou non, au cimetière de la Gombe, en plein centre-ville, où doit être inhumé l’opposant historique, les travaux ont justement démarré mardi. Reportage.

    A genoux, deux ouvriers étalent une épaisse couche de ciment sur le sol. Un peu plus loin une bétonnière déverse une nouvelle cargaison dans une brouette. Depuis le matin, ils sont une vingtaine à pied d’œuvre sur le futur site du tombeau d’Etienne Tshisekedi.

    Un grand trou rectangulaire a déjà été creusé dans la terre. « La place de la tombe est ici, explique Ibrahim Tarhini, l’un des architectes du chantier. Tout autour, on va faire l’escalier avec du marbre et des décorations. On travaille jour et nuit pour terminer dans dix jours. »

    Dix ou 15 jours a déjà prévenu l’entreprise suivant les aléas de la pluie. Dans l’immédiat le futur tombeau ressemble encore à un terrain vague en chantier. Un petit bureau du ministère de l’Intérieur doit être rasé, deux arbres coupés et l’ensemble du terrain de 14 m de large sur 42 m de long, en retrait du boulevard central de Kinshasa, nettoyé.

    Mais les autorités de la ville semblent vouloir être prêtes pour le 11 mars, la date choisie par la famille, même si mardi soir le gouvernement disait n’avoir pas encore reçu de notification officielle ni discuté de la suite des détails techniques pour accueillir la dépouille mortelle du plus grand opposant du pays.

    RFI