-Le Front pour le respect de la Constitution (FRC), plate-forme d’opposition dont le parti-phare est le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, exige de gérer l’organe de contrôle de la transition confié par l’accord politique à l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Il se dit prêt à signer l’accord pour la gestion de la transition dès que cette revendication trouvera satisfaction, selon Eve Bazaiba, chef de file du FRC et secrétaire général du MLC que VOA Afrique a interviewée.
“Aujourd’hui même, cette nuit, si la solution est trouvée, nous appelons la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et nous allons signer”, affirme sur VOA Afrique Mme Bazaiba. Elle dément l’information relayée jeudi annonçant que sa plate-forme est en voie d’apposer sa signature sur l’accord.
Les discussions sont en cours entre les différentes parties sur la question. Les évêques catholiques, médiateurs du dialogue dont l’accord est l’émanation, ont rencontré le MLC et le Rassemblement, famille politique de Tshisekedi.
Les deux blocs de l’opposition ont également eu des discussions directes.
“Notre revendication, c’est de vouloir jouer un rôle important et efficient au niveau du comité de suivi. Et nous avons dit qu’il n’était pas question de laisser ceux qui gèrent, à l’exécutif, gérer aussi le comité de contrôle (de la transition). On ne peut à la fois être juge et parties”, explique Mme Bazaiba.
Selon elle, les évêques et les amis du Rassemblement ont compris cette position et il ne reste plus qu’à trouver une solution.
“Nous ne voulons pas qu’au terme de 2017 on se retrouve en face de mêmes problèmes avec la non-organisation des élections. Nous voulons être rassurés des garanties, des garde-fous de la mise en œuvre de cet accord… Est-ce normal de laisser ceux qui vont cogérer la transition pouvoir s’autocontrôler? Nous voulons déjà dès le démarrage (de la transition) fixer les choses, Voilà pourquoi nous revendiquons”, martèle-t-elle.
Le FRC dénonce en fait le déséquilibre de l’accord qui accorde la gestion du comité de suivi de la transition à Etienne Tshisekedi et la direction du gouvernement de transition au Rassemblement, plate-forme à la tête de laquelle se retrouve ce dernier.
Pour le FRC, le Rassemblement serait “juge et parti”. “Ils ont un choix à faire”.
La majorité au pouvoir a exploité le refus de signer du FRC pour émettre une réserve à la mise en application de l’accord et brandir même la menace d’un référendum s’il n’y avait toujours pas plus d’”inclusivité”.
Mais le RFC a dénié au pouvoir le droit de parler en son nom et tenter de violer l’accord.
“La non-signature par le Front (de l’accord politique du 31 décembre) n’est pas un problème. Il ne faut que la majorité prenne notre position comme un prétexte pour ne pas appliquer cet accord qui est notre enfant à nous tous”, tranche Mem Bazaiba.
L’accord vise à résoudre la crise née de la non-tenue des élections avant le délai constitutionnel du 19 décembre. Il permet au président Joseph Kabila de rester au pouvoir jusqu’en décembre 2017, nouvelle date des élections. M. Kabila n’a plus le droit de briguer un nouveau mandat pour en avoir déjà assumé plus de deux.
L’accord confie en revenche le gouvernement au Rassemblement et la contrôle de la transition à Etienne Tshsiekedi.
-Riyad Mahrez a été élu meilleur joueur africain de 2016 jeudi soir à Abuja, au Nigeria, lors de la cérémonie de remise des trophées de la Confédération africaine de football.
Le joueur algérien a remporté 361 voix devant le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang pourtant favori mais qui n’a recueilli que 313 votes.
Le vote de Mahrez n’est pas un hasard du tout. Il a réalisé une saison 2015-2016 phénoménale en remportant le Championnat d’Angleterre avec son club, Leicester City.
Il avait déjà été désigné meilleur joueur de Premier League 2015-2016 par ses pairs ainsi que par les supporters.
Deux autres finalistes étaient sur la liste du meilleur africain.
Le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, attaquant du Borussia Dortmund tenant du titre était le favori pour succéder à lui-meme. Mais la réalité du vote a été toute autre.
Le Sénégalais Sadio Mané, auteur lui aussi d’une excellente saison 2015-2016 avec Southampton était le troisième. Sadio Mané a depuis été transféré à Liverpool contre 40 millions d’euros environ, une somme record pour un footballeur africain.
-Depuis 2003, la famille Kabila a mis en place un empire qui couvre un nombre considérable de domaines, selon une enquête de “Bloomberg”. Cette emprise très rémunératrice sur l’économie du pays expliquerait les réticences du président à quitter le pouvoir, estime l’agence.
D’un Kabila, l’autre… Il y a eu Laurent-Désiré, le père, maquisard, chef rebelle qui a conquis la République avant d’être assassiné dans son palais. Il y a Joseph, le fils aîné, qui a succédé au Mzee (le « vieux », en swahili, surnom donné au père). Dans le sillage de Joseph, il y a Jaynet, la sœur jumelle, et Zoé, l’un des cadets de cette famille nombreuse dont le point commun est un goût prononcé pour la discrétion. De longs mois ont été nécessaires, par l’entremise de certains de ses proches et via les réseaux sociaux, pour convaincre Zoé Kabila Mwanza Mbala, 37 ans, d’ouvrir ses portes à Jeune Afrique.
« Pour un échange, pas une interview », s’est-il empressé de préciser en message privé sur Twitter, car il « déteste » l’exercice. Il se méfie de la presse, qui « ne rapporte que des mensonges sur lui », tente de justifier l’un des collaborateurs de celui qui traîne une réputation d’enfant terrible. Peu bavard mais soucieux que personne n’oublie de qui il est le fils, et de qui il est le frère…
Préparation du dialogue national
Député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir), l’élu de Manono, dans l’ex-Katanga, province natale du Mzee, n’a jamais pris la parole lors des débats au sein de l’hémicycle, en cinq ans de législature.
Sous le ciel brumeux de Kinshasa, l’imposant portail de l’avenue Likasi s’ouvre sur le bâtiment qui abrite ses bureaux. Deux agents de sécurité en civil escortent les visiteurs jusqu’au premier étage. Apparaît alors le maître des lieux dans un cadre minimaliste. Tiré à quatre épingles mais décontracté, le regard braqué sur son iPad, celui qui se définit d’abord comme un businessman a des airs de CEO tout droit sorti de la Silicon Valley.
Le 23 juillet, l’un de ses grands projets a été inauguré à Muanda, dans le Kongo-Central (Ouest). Le président est venu personnellement couper le ruban de La Beviour, un luxueux complexe hôtelier construit sur 7 ha, le long de la rivière Tonde. Un site pressenti pour accueillir le « dialogue national inclusif » préconisé par le chef de l’État. « Dans l’histoire, plusieurs accords de paix ont été conclus dans des stations balnéaires, pourquoi La Beviour ne serait-elle pas le lieu de la réconciliation des Congolais ? » interroge Hippolyte Nyembo, un collaborateur de Zoé.
Patriote
Problème : l’opposition boude toujours ces pourparlers, multipliant les conditions de son éventuelle participation au scrutin présidentiel qui aurait dû se tenir en novembre (une nouvelle date doit être définie prochainement).
Les Kabila ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui
Elle craint surtout que ces assises ne soient qu’un stratagème de la majorité présidentielle pour maintenir Joseph Kabila au-delà de son second mandat, le dernier, théoriquement, en l’état actuel d’une Constitution qui lui interdit d’en briguer un nouveau. Qu’en pense le frère du président sortant ? Celui qui participe « quelquefois » à des réunions informelles au sommet de l’État soutient, dans un parfait swahili teinté d’un accent anglophone, que son aîné n’a nullement l’intention de s’éterniser à son poste, mais aussi que les Kabila ne sont « pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui ».
« Notre père a versé son sang pour ce pays, renchérit-il. Lorsque nous étions enfants, il nous répétait que c’était nous qui allions reconstruire la RD Congo. » Si au 19 décembre, date officielle de la fin du mandat de Joseph Kabila, le scrutin présidentiel n’a pas eu lieu, « le président restera en fonction, comme l’a rappelé la Cour constitutionnelle », souligne-t-il d’un ton déterminé.
Né en exil, Zoé ne cesse de rappeler son « attachement infaillible à [sa] patrie ». « Enfant, je ne savais même pas que j’étais congolais. C’est mon père qui nous parlait souvent de la RD Congo, de l’amour que nous devions porter chaque jour à l’égard de ce grand pays », poursuit, un brin nostalgique, l’enfant du Mzee. « Avec ses frères et sœurs, il a été élevé dans le respect de la Bible, mais aussi des pères de l’indépendance », raconte l’ambassadeur honoraire Théodore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l’État.
Zoé est ensuite envoyé en Afrique du Sud pour y poursuivre ses études. « C’est aussi parce que, comme tous les enfants de Laurent-Désiré Kabila, il était recherché par les services secrets zaïrois », croit savoir Mugalu.
Cette parenthèse scolaire, loin du Zaïre (nom de la RD Congo sous Mobutu, de 1971 à 1997) couronnée par un bachelor en gestion, affirme Zoé, ne lui permet pas d’accompagner son père et son grand frère dans la lutte armée contre le régime de Mobutu. Une fois ce dernier vaincu, en 1997, Zoé rejoint sa famille de temps en temps pendant les vacances. Il ne s’installe définitivement qu’en 2001, au lendemain de l’assassinat de son père.
Homme d’affaires aux multiples facettes
À ceux qui menacent la fratrie de « sanctions ciblées » (gel des avoirs, interdiction de quitter le territoire), le cadet réplique sans ambages : « Où croient-ils qu’on irait ? Nous n’avons ni comptes ni résidences à l’étranger. L’Europe ? Je n’y vais qu’une fois par an, et encore », dit-il. Avant de balayer du revers de la main les « Panama Papers », ces montages offshore révélés en avril par des médias occidentaux, qui avaient cité « Dada », la grande sœur.
Dans l’ombre de son frère président, Zoé s’intéresse d’abord au business et fait prospérer ses affaires. « Il a acquis rapidement des actions dans des entreprises minières, de transport, et dans des sociétés financières », rapporte une source diplomatique occidentale à Kinshasa.
« Il était déjà dans le commerce depuis des années, notamment dans l’immobilier, quand il pose ses valises à Kinshasa », précise Mugalu à ceux qui s’interrogent sur l’origine de sa fortune. Et de poursuivre : « Contrairement aux fils de Mobutu et à ceux des autres dignitaires de l’ancien régime qui ont dilapidé leur argent, les enfants de Kabila ont suivi à la lettre ce que leur père leur recommandait : “Prenez-vous en charge.” »
Marié et père de deux enfants, un garçon et une fille, Zoé Kabila est également à la tête du complexe sportif Shark Club et du club Shark XI FC. « Mon équipe de football a récemment débauché deux joueurs du TP Mazembe », se félicite-t-il, amusé, tandis que les rapports sont à couteaux tirés entre son frère et Moïse Katumbi, le propriétaire du célèbre club lushois. Ce dernier, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, passé dans l’opposition en septembre 2015 après avoir claqué la porte du PPRD, est même perçu aujourd’hui comme le rival le plus sérieux du camp Kabila. « C’était un frère », reconnaît Zoé Kabila avant de se lancer dans une diatribe contre la classe politique congolaise.
La plupart de ses acteurs ne seraient animés, selon lui, que par un « esprit opportuniste » et des « intérêts égoïstes ». Des pics adressés surtout à des politiciens de la partie ouest du pays. Lui affirme qu’il ne « partage pas les mêmes valeurs » qu’eux et qu’il n’est « pas évident de leur faire confiance. » Mais « on fait du feu avec le bois qu’on a », tranche finalement le cadet, qui dit s’appuyer sur la jeunesse.
Des associations des « amis de Zoé Kabila » (Azoka) fleurissent ces derniers mois un peu partout à Kinshasa et dans l’ex-Katanga. Surtout dans le Tanganyika, sa province d’origine, qu’il aimerait un jour diriger. « Il voulait se présenter lors de la dernière élection des gouverneurs dans les nouvelles provinces, mais il n’a pas eu le soutien de son frère », explique un cadre de la MP. Tapi dans l’ombre, Zoé « n’a pas abandonné cette ambition », conclut-il. Trésor Kibangula, envoyé spécial à Kinshasa.
-L’Assemblée nationale sénégalaise a voté une loi permettant l’élection de 15 parlementaires pour la diaspora, portant à 165 le nombre total de députés élus, ont déclaré mardi des élus du pouvoir et de l’opposition.
Le projet de loi modifiant le Code électoral, qui fait suite à la révision constitutionnelle validée par référendum le 20 mars 2016, a été adopté lundi “à une écrasante majorité” des députés présents lors du vote, a affirmé à l’AFP Moustapha Diakhaté, député et président d’un groupe parlementaire de la majorité, joint par téléphone.
Il “va permettre à la diaspora d’élire des députés issus” de son sein, “c’est une avancée pour la démocratie”, a-t-il ajouté.
La création des 15 nouveaux sièges de députés entraîne celle de huit nouveaux départements électoraux à l’étranger, selon les explications du ministre de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo, qui a défendu le projet au Parlement.
D’après le ministre, cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS, officielle), la diaspora contribue pour plus de 900 milliards de francs CFA (près de 1,38 milliard d’euros) par an à l’économie nationale”, soit “près du tiers du budget” de l’Etat pour 2017.
Mohamadou Mbodj, le coordonnateur du Forum civil, une organisation de la société civile au Sénégal, a indiqué à VOA Afrique que la diaspora pourrait enrichir le débat politique au Sénégal grâce à la diversité de leurs expériences dans leurs pays d’accueil.
Plus d’un demi-million de Sénégalais vivent à l’étranger, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Des députés de l’opposition ont voté contre le texte ou se sont abstenus estimant qu’il n’y avait pas besoin d’augmenter le nombre de députés car cela impliquera notamment des rémunérations supplémentaires pouvant être consacrées à d’autres secteurs dans ce pays de quelque 13 millions d’habitants.
“Nous avons voté contre le texte, parce que nous pensons” qu’augmenter le nombre de députés “est une décision inopportune et qui ignore totalement les priorités du pays”, a déclaré Thierno Bocoum, député du parti d’opposition Rewmi, également contacté par téléphone.
Selon lui, les 15 députés supplémentaires représentent cinq de plus que ce qui était prévu par la révision constitutionnelle de mars 2016.
Lors de discussions préalables avec le président Macky Sall et son gouvernement, l’opposition avait estimé “qu’il fallait insérer les 10 députés prévus dans les 150 sièges déjà existants en procédant à un aménagement” des textes, a expliqué M. Bocoum.
“Non seulement ils n’ont pas fait ça mais ils ont augmenté le nombre de dix à quinze” et ont proposé le vote du projet de loi “en procédure d’urgence”, a-t-il dit.
L’Assemblée nationale a par ailleurs adopté lundi, cette fois à l’unanimité, un projet de loi sur la refonte des listes électorales, d’après des sources parlementaires.
-Parmi ces conditions, la Majorité présidentielle en République démocratique du Congo tient, selon son secrétaire général Aubin Minaku, à la reconduction du mandat de la médiation des évêques par le président Joseph Kabila.
Les évêques avaient invité mardi la majorité et l’opposition à déposer mercredi des propositions écrites sur les modalités de désignation du Premier ministre, des membres du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSAP), la taille du gouvernement, le partage des rôles pendant la transition jusqu’à l’élection du successeur de M. Kabila, selon l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de l’épiscopat congolais.
Pour sa part, la coalition au pouvoir a conditionné sa participation aux négociations sur les modalités et le calendrier d’application de l’accord de cogestion du pays à la reconduction du mandat de la médiation des évêques par le président Joseph Kabila.
“Les évêques doivent d’abord présenter le rapport (au sujet de l’accord, ndlr) au président de la République et celui-ci devra reconfirmer dans son pouvoir discrétionnaire le mandat des évêques et le préciser pour la suite”, a déclaré Aubin Minaku, secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP) etprésident de l’Assemblée nationale.
“Avant cette étape capitale sur le plan formel sur les prérogatives du président de la République, la MP ne saura poser un acte quelconque”, a précisé M. Minaku, indiquant que “c’est le moment de respecter les prérogatives du président de la République, la Constitution et les institutions” de la RDC.
Dans la journée, la MP avait réuni sa direction politique en vue de suivre le rapport de ses délégués aux négociations menées par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) qui a entériné la décision autorisant M. Kabila à demeurer à la tête du pays jusqu’à l’élection de son successeur.
Un communiqué produit a l’issue de la réunion de la majorité indique que celle-ci salue l’accord conclu le 31 décembre avec l’opposition sous la médiation des évêques, mais exige une “inclusivité large”.
“La MP encourage la poursuite des efforts et contacts en direction desdites forces pour un inclusivité globale”, précise le communiqué.
La majorité et l’opposition sont parvenues in extremis samedi à trouver un terrain d’entente après quinze jours de négociations, présentées comme de la dernière chance, sous l’égide de la Cenco.
Le compromis passé prévoit que M. Kabila, dont le mandat s’est achevé le 20 décembre et à qui la Constitution interdit de se représenter, restera en place pour une année supplémentaire.
En contrepartie, l’opposition doit diriger un gouvernement de transition jusqu’aux nouvelles élections prévues fin 2017 et un conseil de supervision sera chargé de veiller au respect de l’accord.
Communiqué de la majorité présidentielle de la RDC, 3 décembre 2017
La RDC n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960.
Un des principaux opposants au régime a immédiatement protesté contre toute velléité de sabotage du compromis qui permet au président Kabila de rester en fonction jusqu’à l’élection, à la fin de l’année, de son successeur mais lui interdit de se représenter.
“Nul retard volontaire, nul subterfuge, nul blocage ne seront tolérés” dans l’application de l’accord, a écrit dans un communiqué l’opposant en exil Moïse Katumbi.
M. Katumbi, ex-gouverneur de la province minière du Katanga (sud-est) et candidat déclaré à la prochaine présidentielle a été condamné à trois ans de prison dans une affaire immobilière. Il est aussi menacé par un autre procès pour “recrutement de mercenaires”.
Ex-allié de M. Kabila, M. Katumbi est passé à l’opposition en septembre 2015 et est officiellement à l’étranger pour suivre des soins médicaux.
– ‘Sauvegarder les acquis’ –
Dans un communiqué publié mardi, la secrétaire générale l’Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean “encourage tous les acteurs congolais (…) à tout mettre en oeuvre pour sauvegarder les acquis de cet accord et s’engager résolument en faveur d’une transition politique pacifique et démocratique”.
Mme Jean a salué un accord qui “fixe un cadre politique de sortie de crise”.
Cet accord négocié pendant deux semaines a permis d’éviter une possible explosion de violences après que M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, se fut maintenu après la fin de son mandat le 20 décembre. La Constitution lui interdit de se représenter mais la présidentielle qui devait avoir lieu fin 2016 avait été repoussé sine die.
Selon le compromis, l’opposition doit diriger un gouvernement de transition jusqu’aux nouvelles élections prévues fin 2017 et un conseil de supervision sera chargé de veiller au respect de l’accord.
-Les poursuites judiciaires contre quatre opposants au régime du président Joseph Kabila ont été abandonnées, annonce Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, suivant l’accord signé le 31 décembre dernier entre le pouvoir et la majorité de l’opposition pour résoudre la crise créée par la non-organisation des élections en 2016.
Quatre opposants accusés de collusion avec des mouvements insurrectionnels ou d’incitation à la rébellion et à la haine, bénéficient, selon M. Mende, de l’abandon des actions en justice à leur encontre.
Parmi eux, Roger Lumbala, Mbusa Nyamwisi, Moïse Monidela et Floribert Anzulini, l’un des meneurs du mouvement citoyen Filimbi opposé au maintien du président Joseph Kabila au pouvoir à la fin de son dernier mandat constitutionnel, le 18 décembre dernier.
Une commission ad hoc a été mise sur pied sur décision du parquet instruit par le ministre de la justice au terme du dialogue facilité par les évêques catholiques. L’accord issu du dialogue propose une gestion consensuelle jusqu’à la nouvelle date des élections fixée pour décembre 2017.
« Ils (les opposants dont les poursuites sont abandonnées) peuvent donc revenir en RDC en vertu de la décision du parquet », déclare M. Mende.
L’accord signé au terme de ce dialogue recommandait entre autres l’abandon des poursuites des opposants pour décrisper le climat politique. Sept noms qualifiés « d’emblématiques » étaient particulièrement concernés dont celui de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi, poursuivi après s’être annoncé comme candidat à la présidentielle.
« Toutes les poursuites abandonnées sont des cas dans lesquels l’Etat a subi un préjudice. Mais pour le cas de Moise Katumbi et de Muyambo, vous avez des problèmes avec des privés, des problèmes d’escroquerie, de spoliation des biens privés. Quand c’est de privé, le parquet a besoin de plus de temps », indique M. Mende.
L’abandon des poursuites a été parmi les points qui ont tiré en longueur les débats du dialogue avant qu’un compromis ne soit trouvé. Mais son application continue à poser des problèmes.
Pour M. Mende, certains cas présentés posent un problème de conscience.
Le porte-parole du gouvernement évoque parmi ceux-ci celui de l’opposant Eugene Diomi Ndongala accusé pour viol, crime imprescriptible selon la loi congolaise.