-Le Rassemblement des forces acquises au changement, plate-forme réunie autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, a déposé auprès de la Cenco (Conférence épiscopale nationale des évêques du Congo) sa proposition sur la mise en application de l’accord du 31 décembre.
Félix Tshisekedi, fils du leader de la principale coalition d’opposition, est proposé pour être le Premier ministre, selon le document du Rassemblement.
“Nous venons de proposer l’honorable Félix Tshisekedi Tshilombo… La tendance générale et essentielle s’est dégagée autour de lui au sein du Rassemblement “, a déclaré sur VOA Afrique Lisanga Bonganga un des sages de la coalition.
Félix Tshisekedi se retrouvera donc en train de gérer la transition et son père en sera le contrôleur, si la proposition passe au niveau des concertations que les prélats médiateurs mènent présentement.
Car au terme de l’accord signé le 31 décembre en vue de résoudre la crise née de la non-tenue des élections, Etienne Tshisekedi a déjà été désigné comme président du Conseil de suivi de la transition, organe chargé de veiller au respect des closes jusqu’aux élections prévues pour décembre 2017.
Le président Joseph Kabila, lui, restera à son poste.
La majorité présidentielle ne s’est pas encore prononcée sur la désignation de Félix Tshisekedi mais a simplement déposé sa proposition des critères pour ce poste. Selon elle, le candidat Premier devrait être “diplomate, patriote et crédible ; compétent, d’une forte personnalité et rassembleur ; avoir une connaissance de grandes questions liées aux dossiers importants du pays et avoir une expertise de gestion suffisante des affaires publiques ou équivalents, et intègre, de probité morale approuvée”, indique le document remis que la majorité présidentielle a remis aux évêques.
Pour le Front pour le respect de la transition, une autre coalition majeure de l’opposition, dont le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba est le parti-phare, un sérieux problème d’éthique se pose dans la désignation faite par le Rassemblement.
“On ne peut être juge et parti en même temps. Comment peut-on avoir un fils qui gère la transition et son père qui le contrôle”, se plaint Mme Eve Bazaiba, chef de file du Front.
Pour sa part, le Rassemblement justifie le choix de Félix Tshisekedi par le fait qu’il remplit les critères posés même par la majorité.
“Et le choix d’Etienne Tshisekdi à la tête du Conseil de suivi de la transition a été sans conteste car tout le monde reconnait le rôle que celui-ci a joué dans la lutte pour la démocratie dans ce pays”, a argué M. Lisanga.
Selon lui, “la question que pose le Front sera résolue car, dans la charpente proposée par le Rassemblement, il est prévu qu’Etienne soit entouré de trois vice-présidents qui pourraient bien être Eve Bazaiba du Front, Vital Kamerhe chef de file de l’opposition signataire du compromis politique obtenu sous la facilitation d’Edem Kodjo ainsi que le candidat de la majorité”.
Le Rassemblement a quasiment proposé une structure similaire, consensuelle, pour gouvernement aussi.
Pendant ce temps, le Premier ministre en place Samy Badibanga, nommé pendant que le pays était sous tension, à quelques heures de la fin du dernier mandat, reste ferme dans sa position, refusant de signer l’accord conclu sous la médiation de la Cenco.
“L’accord du 31 décembre semble être conçu pour l’exclusive satisfaction de la composante Rassemblement dans la gestion des Institutions remaniées ou créées à l’issue de ces dialogues”, a-t-il écrit dans une lettre adressée à la médiation.
La Cenco a, quant à elle, annoncé que les travaux sur l’arrangement particulier de la mise en œuvre de l’accord reprennent mercredi. Elle estime parvenir assez rapidement à un consensus car même le Front a déposé sa proposition.
-Le Lobby de l’Église catholique aurait-il finalement eu raison du lobby rwandais aux USA ? Cela en a l’air quand on la voit au four et au moulin à Kinshasa en train de tout remuer. Tenter de tout contrôler et régenter. On peut bien se poser toutes ces questions sans s’opposer à la démarche de l’Eglise si seulement si, politiquement parlant, son intention initiale, en tant congolais, parce que son leadership est congolais, elle tente de ravir la direction du Congo et aux politiques congolais, les zouaves au service de Paul Kagamé et à ce dernier à qui l’Occident avait jusque-là confié, en remplacement de Mobutu, la gestion des Grands Lacs et par ricochet celle du Congo.
Pour les Congolais qui savent à peine lire l’Histoire, ils ne regardent plus que ce que certains d’entre eux appellent déjà les accords « défunts » de la CENCO. Alors que le véritable combat semble être ailleurs. Il opposerait une église catholique congolaise contre Paul Kagamé. Je voudrais y croire bien que cela serait encore de l’ordre de l’invraisemblable. Monsengwo contre Paul Kagamé pour le contrôle de la RD-Congo.
À Cuba, lors de l’invasion de la Baie des cochons en avril 1961, qui a été préparée par les USA, les Américains envoyèrent des prêtres catholiques en première ligne pour attaquer Cuba. C’est ce que José Buajasan Baragui, l’un des compagnons de Fidel Castro, déclare dans la vidéo que vous trouverez à l’adresse suivante //youtube.com/watch?v=HvuAEjpfqh8, (à partir de la minute 02 :02 à 02 :32). Il y déclare notamment que : « Ici à Cuba, toutes les organisations contre-révolutionnaires étaient dirigées par des éléments de l’Église Catholique. Durant l’invasion de Giron (Baie des cochons), trois prêtres sont venus en première ligne : Ismaël de Lubo, Laceras et le jésuite Thomas Macho. C’étaient des croisés qui venaient libérer Cuba du communisme ».
Voilà qui nous fait dire que, compte tenu des liens séculaires qui unissent les deux alliés de tout le temps, à savoir l’Eglise Catholique, comme institution, et les USA, ces derniers auraient finalement fait le choix de confier la gestion et le contrôle du Congo-Kinshasa à l’Eglise Catholique du Congo dont le président actuel est Marcel Utembi. Serait-il une situation définitive ou Paul Kagamé et Museveni vont devoir répliquer ? La situation du Congo est floue parce que ce que l’Église catholique fait est un coup d’État contre des institutions auxquelles elle avait elle-même donné son quitus. Un coup d’État ou l’Eglise catholique romaine de Kinshasa tente de ramasser un pouvoir-os qui selon son propre calendrier est décédé. Le pouvoir-os est dans la rue. Les maîtres du Congo auraient-ils souhaité faire gouverner le Congo par son allié de tout le temps, par la religion qui pourrait à la longue ramollir un peuple qui ne supporte plus sa domination et humiliation. On a des sentiments mitigés parce qu’on ne serait toujours pas sorti de l’auberge. Sauf que le peuple du Congo serait passé de la soumission du second degré à la celle du premier degré. La première, à savoir la soumission au second degré, consistait à se plier sous l’autorité d’un intermédiaire africain, le Rwanda, qui s’interposait entre le maitre, c’est-à-dire le véritable patron du Congo et le peuple du Congo. Tandis que la soumission au premier degré est la domination du Congolais par un « Kapita » médaillé congolais, qui, lui, reçoit directement des instructions du maître dont il serait le double ou la copie sur le terrain Congo
Et si l’Eglise Catholique Romaine congolaise y parvenait, ce serait alors à quel prix ? Comment l’Eglise aurait-elle négocié la gestion des représentants du Rwanda au Congo-Kinshasa ? Devront-ils se maintenir à la tête du pays ou ils vont, comme ils aiment se faire appeler congolais, faire comme tous les autres, c’est-à-dire se mettre au rang et cesser de revendiquer et d’humilier par des armes le peuple congolais bon chrétien et catholique qui les a accueillis à bras ouvert au Congo ? Tout ce qui se dit dans ce texte est loin d’être une affirmation : j’en fais un papier pour m’interroger à haute voix. Et si ce n’est pas le cas, attirer à la fois l’attention et de l’Eglise Catholique et de Paul Kagamé pour qu’un conflit puisse éclater et pousser le Congo à la bataille finale. .
Mon propos de ce jour ne devrait s’interpréter comme un quelconque soutien ou adhésion au cinéma dit accords de la CENCO. Je tente de comprendre le jeu politique de l’Eglise Catholique qui en devenant Calife au Congo gouverne la canaille politique congolaise. Voilà ce qui m’intéresse. Ce qui voudrait que désormais pour faire la politique il faudra passer par l’Église. La religion et l’Eglise comme actrice politique majeure et de premier rang au Congo. Des politiques ayant échoué, l’Eglise reprend son règne comme au bon vieux temps de Léopold II.
Que conclure ? Avec la soumission au premier degré, on peut encore espérer, à force de sacrifice et de travail, affronter directement le maître un jour. Mais avant d’y arriver, il faudra d’abord se libérer de l’emprise de la religion. Puisque le contrôle des masses par la religion est encore plus inquiétant que par la politique. Une fois que les consciences sont habitées, les hommes deviennent incapables de dissocier le séculier et l’intemporel. Surtout quand notre passé avec la même religion invite à la vigilance. La religion vient-elle attendrir un peuple qui par sa colère exprimée ne tolère plus sa supporte plus son état d’esclavage. N’était-ce pas avec elle que le colonialisme a eu raison de notre résistance du moment qu’elle nous demandait de tendre la seconde joue pour mériter du royaume des cieux ? Le maître serait-il à genoux ? Est-ce la raison pour laquelle il tente de nouveau par la religion d’arracher notre allégeance, celle d’un peuple qui a grandi, qui est devenu adulte et mûr et qui, par Likambo ya mbele, a décidé de s’autogouverner ? Nous autres, nous sommes prêts pour la bataille.
« La liberté, soutient José Marti, est le droit des peuples à agir librement, de penser et de parler sans hypocrisie ». Moi, j’ai dit mon mot.
Likambo ya mabele, ezali likambo ya makila
Mufoncol Tshiyoyo
Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo
G7 – plateforme de ceux qui ont quitté la majorité présidentielle – estime qu’il n’y a pas de dissensions au sein du Rassemblement de l’opposition ni de guerres d’ego pour savoir qui occupera le poste de Premier ministre qui semble promis à Félix Tshisekedi, de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Pierre Lumbi:
“Il n’y a ni guerre, ni mésentente sur la primature. […] Lorsque nous, le G7, disons que nous faisons confiance à l’UDPS, cela ne veut pas dire que nous allons accepter n’importe quelle personne qu’on va nous donner. ”
Des évêques membres de la CENCO lors d’une conférence de presse le 02/12/2016 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
-Au menu : le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral, les 28 membres devant composer cette structure et la composition du Gouvernement d’union nationale
D’après des sources proches de la Conférence épiscopale nationale du Congo, un nouveau chapitre est ouvert dans le processus de règlement définitif de la crise de légitimité qui déchire le pays depuis plus d’une décennie. Il s’agit, on s’en doutait, de l’élaboration consensuelle de l’arrangement particulier devant accompagner l’accord issu du dialogue politique inclusif dans la mise en œuvre de son contenu.
Des informations obtenues par recoupements successifs avant la mise en forme de notre présente livraison indiquent que la Majorité présidentielle avait sollicité un délai pouvant lui permettre d’élaborer ses propositions en rapport avec ce document important, tandis que le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a affirmé être t déjà prêt avec les siennes depuis bien longtemps.
A en croire les mêmes sources, des cogitations entre la Majorité présidentielle, le Rassemblement et la société civile sur le sujet ont démarré jeudi dernier en aparté au siège habituel de réunions de la CENCO. Et les travaux d’harmonisation des propositions faites par les délégués de deux plateformes politiques et la société civile commenceront sans tarder. Mais il reste à savoir sur quoi portera l’arrangement particulier dont on parle tant depuis la publication de l’Accord issu du dialogue politique inclusif conduit par la CENCO.
Selon Christophe Lutundula, l’une de figures de proue du Rassemblement cité par l’Agence Chine Nouvelle, l’arrangement particulier dont il est question portera essentiellement sur la composition du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral, (CNSAP), le mode de désignation de 28 membres de cette structure et de la composition du gouvernement d’Union Nationale de Transition (GUNT).
Il y a lieu de rappeler ici que selon les termes dudit Accord, le CNSAP doit être présidé par le leader de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Etienne Tshisekedi, président du comité de sages du Rassemblement. Celui-ci pourrait être secondé par d’autres personnalités issues des plateformes politiques de la Majorité présidentielle, de la société civile ainsi que d’autres partis se réclamant de l’opposition.
Toujours dans la perspective de l’élaboration de l’arrangement particulier actuellement en gestation, on apprend Joseph Kabila s’est personnellement impliqué dans la démarche en encourageant la CENCO d’aller jusqu’au bout de ses bons offices actuels et à venir au profit de la RDC et de son peuple.
Il y a donc lieu d’espérer que rien ne viendra arrêter la marche vers l’alternance au pouvoir en RDC, afin de consolider la démocratie dans ce pays et en Afrique. N’en déplaise aux agitations orchestrées par les forces du statu quo manifestement déterminées à perpétuer la crise multiforme actuelle pour des raisons inavouées!
-Le président zambien, réélu en août, a annoncé son intention de briguer un autre mandat en 2021, suscitant la polémique autant dans l’opposition qu’au sein de son parti.
“Je suis éligible en 2021, et si vous voulez saisir la Cour constitutionnelle, elle vous dira que je suis éligible en 2021. Si Dieu et le peuple le veulent, je me représenterai”, a déclaré Edgar Lungu cette semaine dans la province de la Copperbelt (centre).
La Constitution zambienne stipule que le président peut briguer deux mandats de cinq ans.
Mais l’interprétation du texte fait l’objet de débats dans le cas de M. Lungu, qui a pris la tête de l’Etat en 2015 dans des conditions particulières.
Il a été élu une première fois chef de l’Etat pour achever le mandat de Michael Sata, décédé dans l’exercice de ses fonctions en 2014, deux ans avant la fin de son mandat.
Il a ensuite été réélu en août dernier, au terme d’un scrutin très serré. Il a battu son rival Hakainde Hichilema du Parti uni pour le développement national (UPND), avec 50,3% des voix contre 47,6%.
Selon l’UPND, M. Lungu ne peut pas se représenter.
“Lungu n’est pas éligible et il ne devrait pas nous dire d’aller devant la justice”, a estimé samedi le député et haut responsable de l’UPND Douglas Syakalima.
“Son élection est remise en cause et il parle déjà de 2021”, a-t-il ajouté à l’AFP. “On ne peut pas continuer avec un dictateur”.
Mais pour Alex Ng’oma, professeur de sciences politiques à l’Université de Zambie, M. Lungu, âgé de 60 ans, peut briguer un autre mandat en 2021.
“Dans la mesure où il a couvert moins de trois ans du mandat de Sata, il est de nouveau éligible. Mais le parti doit suivre une procédure démocratique pour décider qui sera son candidat”, a-t-il ajouté à l’AFP.
L’annonce de M. Lungu intervient au moment où sa formation du Front patriotique (FP, au pouvoir) est déjà déchirée sur le sujet.
Les premières divisions ont éclaté au grand jour après le limogeage, le 8 novembre, du ministre de l’Information, Chishimba Kambwili, pressenti comme un possible successeur de M. Lungu.
La commission anti-corruption a depuis ouvert une enquête sur des soupçons de corruption contre M. Kambwili, qui réclame de nouvelles élections au sein de son parti.
De son côté, la branche du FP dans la province de Luapula (nord) a d’ores et déjà entériné la candidature de M. Lungu à la présidentielle de 2021, a annoncé samedi sur la radio d’Etat le responsable provincial du parti, Nickson Chilangwa.
-Le Front pour le respect de la Constitution (FRC), plate-forme d’opposition dont le parti-phare est le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, exige de gérer l’organe de contrôle de la transition confié par l’accord politique à l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Il se dit prêt à signer l’accord pour la gestion de la transition dès que cette revendication trouvera satisfaction, selon Eve Bazaiba, chef de file du FRC et secrétaire général du MLC que VOA Afrique a interviewée.
“Aujourd’hui même, cette nuit, si la solution est trouvée, nous appelons la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et nous allons signer”, affirme sur VOA Afrique Mme Bazaiba. Elle dément l’information relayée jeudi annonçant que sa plate-forme est en voie d’apposer sa signature sur l’accord.
Les discussions sont en cours entre les différentes parties sur la question. Les évêques catholiques, médiateurs du dialogue dont l’accord est l’émanation, ont rencontré le MLC et le Rassemblement, famille politique de Tshisekedi.
Les deux blocs de l’opposition ont également eu des discussions directes.
“Notre revendication, c’est de vouloir jouer un rôle important et efficient au niveau du comité de suivi. Et nous avons dit qu’il n’était pas question de laisser ceux qui gèrent, à l’exécutif, gérer aussi le comité de contrôle (de la transition). On ne peut à la fois être juge et parties”, explique Mme Bazaiba.
Selon elle, les évêques et les amis du Rassemblement ont compris cette position et il ne reste plus qu’à trouver une solution.
“Nous ne voulons pas qu’au terme de 2017 on se retrouve en face de mêmes problèmes avec la non-organisation des élections. Nous voulons être rassurés des garanties, des garde-fous de la mise en œuvre de cet accord… Est-ce normal de laisser ceux qui vont cogérer la transition pouvoir s’autocontrôler? Nous voulons déjà dès le démarrage (de la transition) fixer les choses, Voilà pourquoi nous revendiquons”, martèle-t-elle.
Le FRC dénonce en fait le déséquilibre de l’accord qui accorde la gestion du comité de suivi de la transition à Etienne Tshisekedi et la direction du gouvernement de transition au Rassemblement, plate-forme à la tête de laquelle se retrouve ce dernier.
Pour le FRC, le Rassemblement serait “juge et parti”. “Ils ont un choix à faire”.
La majorité au pouvoir a exploité le refus de signer du FRC pour émettre une réserve à la mise en application de l’accord et brandir même la menace d’un référendum s’il n’y avait toujours pas plus d’”inclusivité”.
Mais le RFC a dénié au pouvoir le droit de parler en son nom et tenter de violer l’accord.
“La non-signature par le Front (de l’accord politique du 31 décembre) n’est pas un problème. Il ne faut que la majorité prenne notre position comme un prétexte pour ne pas appliquer cet accord qui est notre enfant à nous tous”, tranche Mem Bazaiba.
L’accord vise à résoudre la crise née de la non-tenue des élections avant le délai constitutionnel du 19 décembre. Il permet au président Joseph Kabila de rester au pouvoir jusqu’en décembre 2017, nouvelle date des élections. M. Kabila n’a plus le droit de briguer un nouveau mandat pour en avoir déjà assumé plus de deux.
L’accord confie en revenche le gouvernement au Rassemblement et la contrôle de la transition à Etienne Tshsiekedi.
-Riyad Mahrez a été élu meilleur joueur africain de 2016 jeudi soir à Abuja, au Nigeria, lors de la cérémonie de remise des trophées de la Confédération africaine de football.
Le joueur algérien a remporté 361 voix devant le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang pourtant favori mais qui n’a recueilli que 313 votes.
Le vote de Mahrez n’est pas un hasard du tout. Il a réalisé une saison 2015-2016 phénoménale en remportant le Championnat d’Angleterre avec son club, Leicester City.
Il avait déjà été désigné meilleur joueur de Premier League 2015-2016 par ses pairs ainsi que par les supporters.
Deux autres finalistes étaient sur la liste du meilleur africain.
Le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, attaquant du Borussia Dortmund tenant du titre était le favori pour succéder à lui-meme. Mais la réalité du vote a été toute autre.
Le Sénégalais Sadio Mané, auteur lui aussi d’une excellente saison 2015-2016 avec Southampton était le troisième. Sadio Mané a depuis été transféré à Liverpool contre 40 millions d’euros environ, une somme record pour un footballeur africain.
-Depuis 2003, la famille Kabila a mis en place un empire qui couvre un nombre considérable de domaines, selon une enquête de “Bloomberg”. Cette emprise très rémunératrice sur l’économie du pays expliquerait les réticences du président à quitter le pouvoir, estime l’agence.
D’un Kabila, l’autre… Il y a eu Laurent-Désiré, le père, maquisard, chef rebelle qui a conquis la République avant d’être assassiné dans son palais. Il y a Joseph, le fils aîné, qui a succédé au Mzee (le « vieux », en swahili, surnom donné au père). Dans le sillage de Joseph, il y a Jaynet, la sœur jumelle, et Zoé, l’un des cadets de cette famille nombreuse dont le point commun est un goût prononcé pour la discrétion. De longs mois ont été nécessaires, par l’entremise de certains de ses proches et via les réseaux sociaux, pour convaincre Zoé Kabila Mwanza Mbala, 37 ans, d’ouvrir ses portes à Jeune Afrique.
« Pour un échange, pas une interview », s’est-il empressé de préciser en message privé sur Twitter, car il « déteste » l’exercice. Il se méfie de la presse, qui « ne rapporte que des mensonges sur lui », tente de justifier l’un des collaborateurs de celui qui traîne une réputation d’enfant terrible. Peu bavard mais soucieux que personne n’oublie de qui il est le fils, et de qui il est le frère…
Préparation du dialogue national
Député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir), l’élu de Manono, dans l’ex-Katanga, province natale du Mzee, n’a jamais pris la parole lors des débats au sein de l’hémicycle, en cinq ans de législature.
Sous le ciel brumeux de Kinshasa, l’imposant portail de l’avenue Likasi s’ouvre sur le bâtiment qui abrite ses bureaux. Deux agents de sécurité en civil escortent les visiteurs jusqu’au premier étage. Apparaît alors le maître des lieux dans un cadre minimaliste. Tiré à quatre épingles mais décontracté, le regard braqué sur son iPad, celui qui se définit d’abord comme un businessman a des airs de CEO tout droit sorti de la Silicon Valley.
Le 23 juillet, l’un de ses grands projets a été inauguré à Muanda, dans le Kongo-Central (Ouest). Le président est venu personnellement couper le ruban de La Beviour, un luxueux complexe hôtelier construit sur 7 ha, le long de la rivière Tonde. Un site pressenti pour accueillir le « dialogue national inclusif » préconisé par le chef de l’État. « Dans l’histoire, plusieurs accords de paix ont été conclus dans des stations balnéaires, pourquoi La Beviour ne serait-elle pas le lieu de la réconciliation des Congolais ? » interroge Hippolyte Nyembo, un collaborateur de Zoé.
Patriote
Problème : l’opposition boude toujours ces pourparlers, multipliant les conditions de son éventuelle participation au scrutin présidentiel qui aurait dû se tenir en novembre (une nouvelle date doit être définie prochainement).
Les Kabila ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui
Elle craint surtout que ces assises ne soient qu’un stratagème de la majorité présidentielle pour maintenir Joseph Kabila au-delà de son second mandat, le dernier, théoriquement, en l’état actuel d’une Constitution qui lui interdit d’en briguer un nouveau. Qu’en pense le frère du président sortant ? Celui qui participe « quelquefois » à des réunions informelles au sommet de l’État soutient, dans un parfait swahili teinté d’un accent anglophone, que son aîné n’a nullement l’intention de s’éterniser à son poste, mais aussi que les Kabila ne sont « pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui ».
« Notre père a versé son sang pour ce pays, renchérit-il. Lorsque nous étions enfants, il nous répétait que c’était nous qui allions reconstruire la RD Congo. » Si au 19 décembre, date officielle de la fin du mandat de Joseph Kabila, le scrutin présidentiel n’a pas eu lieu, « le président restera en fonction, comme l’a rappelé la Cour constitutionnelle », souligne-t-il d’un ton déterminé.
Né en exil, Zoé ne cesse de rappeler son « attachement infaillible à [sa] patrie ». « Enfant, je ne savais même pas que j’étais congolais. C’est mon père qui nous parlait souvent de la RD Congo, de l’amour que nous devions porter chaque jour à l’égard de ce grand pays », poursuit, un brin nostalgique, l’enfant du Mzee. « Avec ses frères et sœurs, il a été élevé dans le respect de la Bible, mais aussi des pères de l’indépendance », raconte l’ambassadeur honoraire Théodore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l’État.
Zoé est ensuite envoyé en Afrique du Sud pour y poursuivre ses études. « C’est aussi parce que, comme tous les enfants de Laurent-Désiré Kabila, il était recherché par les services secrets zaïrois », croit savoir Mugalu.
Cette parenthèse scolaire, loin du Zaïre (nom de la RD Congo sous Mobutu, de 1971 à 1997) couronnée par un bachelor en gestion, affirme Zoé, ne lui permet pas d’accompagner son père et son grand frère dans la lutte armée contre le régime de Mobutu. Une fois ce dernier vaincu, en 1997, Zoé rejoint sa famille de temps en temps pendant les vacances. Il ne s’installe définitivement qu’en 2001, au lendemain de l’assassinat de son père.
Homme d’affaires aux multiples facettes
À ceux qui menacent la fratrie de « sanctions ciblées » (gel des avoirs, interdiction de quitter le territoire), le cadet réplique sans ambages : « Où croient-ils qu’on irait ? Nous n’avons ni comptes ni résidences à l’étranger. L’Europe ? Je n’y vais qu’une fois par an, et encore », dit-il. Avant de balayer du revers de la main les « Panama Papers », ces montages offshore révélés en avril par des médias occidentaux, qui avaient cité « Dada », la grande sœur.
Dans l’ombre de son frère président, Zoé s’intéresse d’abord au business et fait prospérer ses affaires. « Il a acquis rapidement des actions dans des entreprises minières, de transport, et dans des sociétés financières », rapporte une source diplomatique occidentale à Kinshasa.
« Il était déjà dans le commerce depuis des années, notamment dans l’immobilier, quand il pose ses valises à Kinshasa », précise Mugalu à ceux qui s’interrogent sur l’origine de sa fortune. Et de poursuivre : « Contrairement aux fils de Mobutu et à ceux des autres dignitaires de l’ancien régime qui ont dilapidé leur argent, les enfants de Kabila ont suivi à la lettre ce que leur père leur recommandait : “Prenez-vous en charge.” »
Marié et père de deux enfants, un garçon et une fille, Zoé Kabila est également à la tête du complexe sportif Shark Club et du club Shark XI FC. « Mon équipe de football a récemment débauché deux joueurs du TP Mazembe », se félicite-t-il, amusé, tandis que les rapports sont à couteaux tirés entre son frère et Moïse Katumbi, le propriétaire du célèbre club lushois. Ce dernier, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, passé dans l’opposition en septembre 2015 après avoir claqué la porte du PPRD, est même perçu aujourd’hui comme le rival le plus sérieux du camp Kabila. « C’était un frère », reconnaît Zoé Kabila avant de se lancer dans une diatribe contre la classe politique congolaise.
La plupart de ses acteurs ne seraient animés, selon lui, que par un « esprit opportuniste » et des « intérêts égoïstes ». Des pics adressés surtout à des politiciens de la partie ouest du pays. Lui affirme qu’il ne « partage pas les mêmes valeurs » qu’eux et qu’il n’est « pas évident de leur faire confiance. » Mais « on fait du feu avec le bois qu’on a », tranche finalement le cadet, qui dit s’appuyer sur la jeunesse.
Des associations des « amis de Zoé Kabila » (Azoka) fleurissent ces derniers mois un peu partout à Kinshasa et dans l’ex-Katanga. Surtout dans le Tanganyika, sa province d’origine, qu’il aimerait un jour diriger. « Il voulait se présenter lors de la dernière élection des gouverneurs dans les nouvelles provinces, mais il n’a pas eu le soutien de son frère », explique un cadre de la MP. Tapi dans l’ombre, Zoé « n’a pas abandonné cette ambition », conclut-il. Trésor Kibangula, envoyé spécial à Kinshasa.
-L’Assemblée nationale sénégalaise a voté une loi permettant l’élection de 15 parlementaires pour la diaspora, portant à 165 le nombre total de députés élus, ont déclaré mardi des élus du pouvoir et de l’opposition.
Le projet de loi modifiant le Code électoral, qui fait suite à la révision constitutionnelle validée par référendum le 20 mars 2016, a été adopté lundi “à une écrasante majorité” des députés présents lors du vote, a affirmé à l’AFP Moustapha Diakhaté, député et président d’un groupe parlementaire de la majorité, joint par téléphone.
Il “va permettre à la diaspora d’élire des députés issus” de son sein, “c’est une avancée pour la démocratie”, a-t-il ajouté.
La création des 15 nouveaux sièges de députés entraîne celle de huit nouveaux départements électoraux à l’étranger, selon les explications du ministre de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo, qui a défendu le projet au Parlement.
D’après le ministre, cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS, officielle), la diaspora contribue pour plus de 900 milliards de francs CFA (près de 1,38 milliard d’euros) par an à l’économie nationale”, soit “près du tiers du budget” de l’Etat pour 2017.
Mohamadou Mbodj, le coordonnateur du Forum civil, une organisation de la société civile au Sénégal, a indiqué à VOA Afrique que la diaspora pourrait enrichir le débat politique au Sénégal grâce à la diversité de leurs expériences dans leurs pays d’accueil.
Plus d’un demi-million de Sénégalais vivent à l’étranger, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Des députés de l’opposition ont voté contre le texte ou se sont abstenus estimant qu’il n’y avait pas besoin d’augmenter le nombre de députés car cela impliquera notamment des rémunérations supplémentaires pouvant être consacrées à d’autres secteurs dans ce pays de quelque 13 millions d’habitants.
“Nous avons voté contre le texte, parce que nous pensons” qu’augmenter le nombre de députés “est une décision inopportune et qui ignore totalement les priorités du pays”, a déclaré Thierno Bocoum, député du parti d’opposition Rewmi, également contacté par téléphone.
Selon lui, les 15 députés supplémentaires représentent cinq de plus que ce qui était prévu par la révision constitutionnelle de mars 2016.
Lors de discussions préalables avec le président Macky Sall et son gouvernement, l’opposition avait estimé “qu’il fallait insérer les 10 députés prévus dans les 150 sièges déjà existants en procédant à un aménagement” des textes, a expliqué M. Bocoum.
“Non seulement ils n’ont pas fait ça mais ils ont augmenté le nombre de dix à quinze” et ont proposé le vote du projet de loi “en procédure d’urgence”, a-t-il dit.
L’Assemblée nationale a par ailleurs adopté lundi, cette fois à l’unanimité, un projet de loi sur la refonte des listes électorales, d’après des sources parlementaires.