Author: Don Kayembe

  • La majorité présidentielle pose des conditions avant d’appliquer l’accord

    La majorité présidentielle pose des conditions avant d’appliquer l’accord

    -Parmi ces conditions, la Majorité présidentielle en République démocratique du Congo tient, selon son secrétaire général Aubin Minaku, à la reconduction du mandat de la médiation des évêques par le président Joseph Kabila.

    Les évêques avaient invité mardi la majorité et l’opposition à déposer mercredi des propositions écrites sur les modalités de désignation du Premier ministre, des membres du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSAP), la taille du gouvernement, le partage des rôles pendant la transition jusqu’à l’élection du successeur de M. Kabila, selon l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de l’épiscopat congolais.

    Pour sa part, la coalition au pouvoir a conditionné sa participation aux négociations sur les modalités et le calendrier d’application de l’accord de cogestion du pays à la reconduction du mandat de la médiation des évêques par le président Joseph Kabila.

    “Les évêques doivent d’abord présenter le rapport (au sujet de l’accord, ndlr) au président de la République et celui-ci devra reconfirmer dans son pouvoir discrétionnaire le mandat des évêques et le préciser pour la suite”, a déclaré Aubin Minaku, secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP) etprésident de l’Assemblée nationale.

    “Avant cette étape capitale sur le plan formel sur les prérogatives du président de la République, la MP ne saura poser un acte quelconque”, a précisé M. Minaku, indiquant que “c’est le moment de respecter les prérogatives du président de la République, la Constitution et les institutions” de la RDC.

    Dans la journée, la MP avait réuni sa direction politique en vue de suivre le rapport de ses délégués aux négociations menées par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) qui a entériné la décision autorisant M. Kabila à demeurer à la tête du pays jusqu’à l’élection de son successeur.

    Un communiqué produit a l’issue de la réunion de la majorité indique que celle-ci salue l’accord conclu le 31 décembre avec l’opposition sous la médiation des évêques, mais exige une “inclusivité large”.

    “La MP encourage la poursuite des efforts et contacts en direction desdites forces pour un inclusivité globale”, précise le communiqué.

    La majorité et l’opposition sont parvenues in extremis samedi à trouver un terrain d’entente après quinze jours de négociations, présentées comme de la dernière chance, sous l’égide de la Cenco.

    Le compromis passé prévoit que M. Kabila, dont le mandat s’est achevé le 20 décembre et à qui la Constitution interdit de se représenter, restera en place pour une année supplémentaire.

    En contrepartie, l’opposition doit diriger un gouvernement de transition jusqu’aux nouvelles élections prévues fin 2017 et un conseil de supervision sera chargé de veiller au respect de l’accord.

    Communiqué de la majorité présidentielle de la RDC, 3 décembre 2017

    Communiqué de la majorité présidentielle de la RDC, 3 décembre 2017

    La RDC n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

    Un des principaux opposants au régime a immédiatement protesté contre toute velléité de sabotage du compromis qui permet au président Kabila de rester en fonction jusqu’à l’élection, à la fin de l’année, de son successeur mais lui interdit de se représenter.

    “Nul retard volontaire, nul subterfuge, nul blocage ne seront tolérés” dans l’application de l’accord, a écrit dans un communiqué l’opposant en exil Moïse Katumbi.

     M. Katumbi, ex-gouverneur de la province minière du Katanga (sud-est) et candidat déclaré à la prochaine présidentielle a été condamné à trois ans de prison dans une affaire immobilière. Il est aussi menacé par un autre procès pour “recrutement de mercenaires”.

    Ex-allié de M. Kabila, M. Katumbi est passé à l’opposition en septembre 2015 et est officiellement à l’étranger pour suivre des soins médicaux.

    – ‘Sauvegarder les acquis’ –

    Dans un communiqué publié mardi, la secrétaire générale l’Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean “encourage tous les acteurs congolais (…) à tout mettre en oeuvre pour sauvegarder les acquis de cet accord et s’engager résolument en faveur d’une transition politique pacifique et démocratique”.

    Mme Jean a salué un accord qui “fixe un cadre politique de sortie de crise”.

    Cet accord négocié pendant deux semaines a permis d’éviter une possible explosion de violences après que M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, se fut maintenu après la fin de son mandat le 20 décembre. La Constitution lui interdit de se représenter mais la présidentielle qui devait avoir lieu fin 2016 avait été repoussé sine die.

    Selon le compromis, l’opposition doit diriger un gouvernement de transition jusqu’aux nouvelles élections prévues fin 2017 et un conseil de supervision sera chargé de veiller au respect de l’accord.

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  • Abandon des poursuites judiciaires contre des opposants en RDC mais pas pour Katumbi

    Abandon des poursuites judiciaires contre des opposants en RDC mais pas pour Katumbi

    -Les poursuites judiciaires contre quatre opposants au régime du président Joseph Kabila ont été abandonnées, annonce Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, suivant l’accord signé le 31 décembre dernier entre le pouvoir et la majorité de l’opposition pour résoudre la crise créée par la non-organisation des élections en 2016.

    Quatre opposants accusés de collusion avec des mouvements insurrectionnels ou d’incitation à la rébellion et à la haine, bénéficient, selon M. Mende, de l’abandon des actions en justice à leur encontre.

    Parmi eux, Roger Lumbala, Mbusa Nyamwisi, Moïse Monidela et Floribert Anzulini, l’un des meneurs du mouvement citoyen Filimbi opposé au maintien du président Joseph Kabila au pouvoir à la fin de son dernier mandat constitutionnel, le 18 décembre dernier.

    Une commission ad hoc a été mise sur pied sur décision du parquet instruit par le ministre de la justice au terme du dialogue facilité par les évêques catholiques. L’accord issu du dialogue propose une gestion consensuelle jusqu’à la nouvelle date des élections fixée pour décembre 2017.

    « Ils (les opposants dont les poursuites sont abandonnées) peuvent donc revenir en RDC en vertu de la décision du parquet », déclare M. Mende.

    L’accord signé au terme de ce dialogue recommandait entre autres l’abandon des poursuites des opposants pour décrisper le climat politique. Sept noms qualifiés « d’emblématiques » étaient particulièrement concernés dont celui de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi, poursuivi après s’être annoncé comme candidat à la présidentielle.

    « Toutes les poursuites abandonnées sont des cas dans lesquels l’Etat a subi un préjudice. Mais pour le cas de Moise Katumbi et de Muyambo, vous avez des problèmes avec des privés, des problèmes d’escroquerie, de spoliation des biens privés. Quand c’est de privé, le parquet a besoin de plus de temps », indique M. Mende.

    L’abandon des poursuites a été parmi les points qui ont tiré en longueur les débats du dialogue avant qu’un compromis ne soit trouvé. Mais son application continue à poser des problèmes.

    Pour M. Mende, certains cas présentés posent un problème de conscience.

    Le porte-parole du gouvernement évoque parmi ceux-ci celui de l’opposant Eugene Diomi Ndongala accusé pour viol, crime imprescriptible selon la loi congolaise.

  • Dialogue:”L’accouchement de l’accord se fera par césarienne”, encore des exigences!

    Dialogue:”L’accouchement de l’accord se fera par césarienne”, encore des exigences!

    -La majorité et l’opposition étaient réunis samedi matin au siège de l’épiscopat congolais à Kinshasa pour finaliser un accord de sortie de la crise politique provoquée en République démocratique du Congo par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

    “L’accord est prêt, mais ce matin toutes les composantes sont venues avec de nouvelles exigences portant sur des détails à intégrer dans l’accord, ce qui retarde la cérémonie de signature”, a expliqué à l’AFP un des plus hauts responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), médiateur des négociations entre la majorité et l’opposition.

    “L’accouchement de l’accord se fera par césarienne”, a ajouté de son côté un des délégués de la majorité sous couvert d’anonymat.

    “On sortira aujourd’hui avec un accord puisque nous voulons la paix dans le pays”, a renchéri Joseph Olenghankoy, un des délégués du Rassemblement de l’opposition.

    Samedi soir, Mgr Marcel Utembi, président de la Cenco, avaient affirmé que les deux camps étaient “pratiquement arrivés à conclure un accord”.

    “Les différents délégués viennent de s’accorder pratiquement sur les différends points de divergence qui ont fait l’objet des présentes assisses”, avait-il expliqué en ajoutant que la signature était prévue samedi matin.

    La crise politique qui mine la RDC est provoquée par le maintien à la tête de la République démocratique du Congo du président Kabila dont le mandat a expiré le 20 décembre dans un climat de violences meurtrières.

    Âgé de 45 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. La Constitution lui interdit de se représenter. La présidentielle qui aurait dû avoir lieu cette année a été reportée sine die.
    Avec AFP