Author: Don Kayembe

  • En RDC, Kabila tente de survivre à la crise

    En RDC, Kabila tente de survivre à la crise

    -Lubumbashi, poumon économique du pays, vit dans la peur de la répression après les émeutes, alors que le second mandat de Joseph Kabila s’est achevé le 19 décembre.
    Dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), une ville aime à cultiver son image de cité minière, charmante et prospère. Plus proche de Dar es-Salaam, en Tanzanie, que de la capitale congolaise, Kinshasa, Lubumbashi pourrait même paraître prétentieuse avec son centre-ville soigné, ses maisons coloniales aux jardins fleuris, ses répliques de centres commerciaux sud-africains et ses routes asphaltées.

    Dans de nombreux villages des environs, sur des pancartes de fer rouillé s’affiche le visage de l’ancien chef d’Etat Laurent-Désiré Kabila, assassiné en 2001. Son fils et successeur, le président Joseph Kabila, de même que ses principaux conseillers économiques et sécuritaires, ses ministres les plus stratégiques – hydrocarbures, mines, finances, portefeuille – sont originaires de cette ancienne province du Katanga, grande comme la France avant qu’elle soit administrativement redécoupée, en quatre, en juillet 2015.

    Lubumbashi est aussi le fief de l’ancien gouverneur Moïse Katumbi. Accusé par le pouvoir d’avoir détourné des fonds lorsqu’il était à la tête de la province, M. Katumbi a bâti sa popularité sur une générosité de façade à l’égard des populations défavorisées, une habileté à impliquer ou à contraindre les sociétés minières à prendre en charge les infrastructures dont le prestige lui revenait. Sans oublier le TP Mazembe, le club le plus connu d’Afrique, dont les victoires servaient à son ascension politique. Depuis la dernière présidentielle en 2011, nul n’ignorait son ambition de succéder à Joseph Kabila, pour qui il a fait campagne avant de se muer en opposant fin 2015, ce qui lui a valu de voir exhumer des dossiers judiciaires.

    Début d’insurrection

    Menacé d’arrestation, M. Katumbi a négocié avec Joseph Kabila son départ du pays. Son immense villa fastueuse reste occupée par l’un de ses gardes du corps. Parmi ses voisins dans le quartier huppé Golfe, il y a le richissime homme d’affaires George Forrest, à la tête d’un empire minier, industriel et bancaire, ainsi qu’un certain Gédéon Kyungu Mutanga. Ce dernier est un ancien chef de guerre à la cruauté redoutée – et féticheur – qui a un temps usé de la menace sécessionniste avant d’être condamné à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité par la justice congolaise. Il s’est évadé de la prison de Lubumbashi en 2001 puis s’est rendu en octobre 2016, vêtu d’habits à la gloire du président.

    Le 19 décembre, date de la fin constitutionnelle du second mandat de Joseph Kabila, les quartiers populaires de Kinshasa se sont soulevés, le temps d’une nuit et d’une journée. Des jeunes armés de pierres ont affronté les forces de sécurité. A Lubumbashi, jusque-là assommée par la répression, les affrontements ont pris la forme d’un début d’insurrection dans les zones défavorisées. Sans pour autant menacer le centre-ville. Huit morts dont quatre par des balles perdues, « pourtant tirées dans le ciel bleu », assure le porte-parole de la police, et 47 blessés. Des postes de police et des maisons communales du grand marché ont été pillés ou incendiés.

    Lubumbashi, poumon économique de la RDC, fief ethnique du président et de ses hommes clés, a défié le pouvoir plus qu’aucune autre ville. Un symbole sonnant et trébuchant. Joseph Kabila ne peut pas se permettre de perdre la deuxième ville du pays. Ces derniers mois, Lubumbashi a fait l’objet de toute l’attention des services de sécurité. Les leaders de l’opposition, dont le vieux Gabriel Kyungu, charismatique chef historique de la mouvance indépendantiste katangaise, ont fait l’objet d’attaques. Des militants de l’opposition et des activistes de la société civile ont été traqués, emprisonnés pour certains. « On vit comme sous une dictature », dit un opposant qui demande l’anonymat. En réaction à ces deux jours d’insurrection, les services de sécurité auraient interpellé près de 150 personnes originaires de ces communes frondeuses, souvent de manière brutale. Lubumbashi a soudainement perdu de sa superbe.

    « On réduit nos dépenses de prestige », dit, implacable, Jean-Claude Kazembe. Cet ancien ami de Moïse Katumbi resté fidèle à Joseph Kabila, inconnu du gotha de Lubumbashi, a été élu gouverneur du Haut-Katanga en mars. Parmi ses premières décisions : l’embellissement spectaculaire de l’enceinte du gouvernorat, jalonnée de petites maisons de pierre blanche aux toits pointus. « Ce sont des travaux qui contribuent à asseoir le respect des autorités, déclarait avant le 19 décembre M. Kazembe, qui prend la tête d’une province désargentée. J’ai dû baisser mon salaire de même que ceux des fonctionnaires car je dois gouverner avec un budget de 300 milliards de francs congolais seulement [près de 300 millions d’euros]. »

    Asphyxie économique

    Fini le temps de l’eldorado minier. La deuxième ville du pays s’enfonce dans une crise économique aggravée par le contexte politique. Les principales mines du Haut-Katanga sont à l’arrêt et l’élite de Lubumbashi reste suspendue au cours du cuivre, qui a chuté de 25 % en 2015 et remonte peu à peu, sans pour autant rassurer des investisseurs. Seuls les Chinois, avides de ressources cuprifères et peu exigeants en matière de droits de l’homme, semblent trouver leur compte, opérant le plus souvent à travers des sociétés opaques dissimulées dans des montages financiers qui le sont tout autant. Depuis 2015, des dizaines de milliers d’emplois salariés ont été supprimés dans un pays où l’informel reste prédominant. Les usines disparaissent peu à peu. Restent les creuseurs illégaux qui risquent leur vie pour quelques dollars. La délinquance est en hausse et, dit-on, s’exporte d’Afrique du Sud pour viser les riches expatriés du quartier Golfe.

    L’économie minière héritée de l’époque coloniale a endormi la ville, qui a négligé son potentiel agricole, préférant importer les denrées alimentaires produites en Zambie, à une trentaine de kilomètres de là. Le prix des produits de base comme la farine s’est envolé depuis que l’Etat zambien, qui subventionne ses producteurs, a freiné l’exportation en RDC. Cette asphyxie économique a nourri la colère dans les quartiers populaires privés des dons de l’ancien gouverneur populiste, Moïse Katumbi. « Que ce soit Kabila ou Katumbi, ça ne compte pas pour nous, les politiques ne pensent qu’à eux, dit Joseph Mulaj, un petit commerçant des quartiers populaires quadrillés par l’armée. On lutte pour acheter à manger et ça ne peut plus durer. »

    Depuis le 19 décembre, Lubumbashi vit dans la peur de la répression et d’une dégradation de la situation économique. Le pouvoir est déterminé à y maintenir sa mainmise. Il en va de la survie du système Kabila.

    Le Monde

  • Accord en vue au dialogue, toutes les parties acceptent que Joseph Kabila restera en place jusqu’ aux élections

    Accord en vue au dialogue, toutes les parties acceptent que Joseph Kabila restera en place jusqu’ aux élections

    -Les divergences sont presque toutes aplanies aux négociations directes en RDC, révèlent les parties à ces assises. Selon les évêques catholiques qui assurent la médiation, un accord pourra être signé vendredi.

    Les évêques ont relevé jeudi les grandes tendances de l’accord qui pourrait être signé.

    “Il y a de sérieuses avancées. L’accord est presque prêt mais je ne peux en révéler le contenu car nous sommes en politique et rien n’est acquis tant que le document n’est pas signé”, a déclaré à VOA Afrique, l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    Un projet d’accord, prévoyant l’organisation de l’élection présidentielle en 2017 et l’engagement de Joseph Kabila à ne pas briguer un troisième mandat, a été élaboré par les évêques.Lisanga Bonganga, membre du comité des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement réuni autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, a indiqué que toutes les parties aux négociations directes ont convenu que la gestion de la transition qui commence après la fin du mandat du président Joseph Kabila soit consensuelle.

    Le président Kabila restera donc en place durant cette période qui conduira le pays aux élections, a pour sa part précisé Vital Kamerhe, chef de file de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre entre une frange d’opposants et le gouvernement, toutes les parties acceptent que Joseph reste chef de l’etat.

    Toutefois, toutes les parties conviennent de mettre dans l’accord le principe selon lequel aucune personne ne peut aller au-delà de deux mandats, a déclaré M. Kamhere.

    Les parties sont également d’accord que la Constitution ne soit pas modifiée durant cette période.

    Quant à la date des élections, les évêques ont ramené les parties au juste milieu après analyse des propositions de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les élections se feront donc à la fin de 2017 et la date ne pourra en aucune manière être reportée, ont précisé les deux sources.

    voa

  • Bilan des évenements et Démons de l’Histoire Kasaiens/Katangais a Lubumbashi

    Bilan des évenements et Démons de l’Histoire Kasaiens/Katangais a Lubumbashi

    -La République démocratique du Congo restait sous tension jeudi, deux jours après les violences meurtrières ayant marqué l’expiration du mandat du président Joseph Kabila : Kinshasa la grouillante capitale n’était que l’ombre d’elle-même alors que se multipliaient les incidents dans les provinces de cet État-continent.

    Mercredi, une attaque imputée à une secte politico-religieuse n’ayant jamais fait parler d’elle jusque-là a fait 17 morts dans le nord-ouest du pays, dont la cohésion, depuis son indépendance de la Belgique en 1960, a été menacée à maintes reprises.

    Bilan

    Les affrontements ayant opposé mardi policiers ou soldats à des jeunes hostiles à M. Kabila, ont fait 22 morts à Kinshasa, Lubumbashi et dans deux villes de l’Ouest, selon la police nationale.

    L’ONG Human Rights Watch a affirmé jeudi avoir documenté le décès de 34 personnes dans ces violences. L’ONU, elle, a avancé mardi un “bilan provisoire” de 19 morts “confirmés”, susceptible d’augmenter.

     Le calme est revenu mercredi dans la capitale, mais la mégapole de 10 millions d’habitants tournait encore au ralenti jeudi. Les forces de l’ordre y sont déployées en nombre et imposent la nuit des barrages routiers.

    Démons de l’Histoire

    Dans plusieurs provinces, les événement des derniers jours semblent réveiller de vieux démons de l’Histoire.

    A Lubumbashi, fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi, le quartier bouclé par l’armée est réputé habité par des Kasaïens, originaires du Kasaï, région du centre du pays. Mercredi, le gouverneur du Haut-Katanga Jean-Claude Kazembe avait dû fuir ce quartier sous des jets de pierres, après avoir tenté de participer à une “marche de la paix” destinée à montrer que les autorités maîtrisaient la zone.

    M. Kazembe a fait porter la responsabilité des violences de mardi à plusieurs dizaines de “voyous venus de Mbuji-Mayi et Kananga”, les deux grandes villes du Kasaï, province d’origine de l’opposant historique Étienne Tshisekedi – qui a appelé a “résister pacifiquement” au maintien au pouvoir de M. Kabila – et du nouveau Premier ministre Samy Badibanga.

    Le début de la décennie 1990 a été marquée au Katanga par des massacres à grande échelle des Kasaïens, accusés de voler les emplois des autochtones.

    Depuis l’accession à la tête du pays, en 1997, de Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph, la quasi-totalité des postes-clef du pouvoir sont détenus par des Luba du Katanga.

    Le nord de cette région est déchiré depuis deux ans par un conflit opposant Bantous et Pygmées ayant encore fait des morts mardi.

    A Kananga, des affrontements meurtriers (au bilan toujours inconnu) ont éclaté mardi entre l’armée et une milice apparue récemment pour contester l’autorité du gouvernement de Kinshasa.

    En 1960-1961, Kananga a été la capitale d’un état kasaïen ayant fait sécession, tout comme le Katanga, qui ne sera finalement rattaché au pays qu’en 1964.

    A Lisala, dans la Mongala (Nord-Ouest), au moins 14 miliciens et trois policiers ont été tués mercredi. Selon le gouverneur de la province, ces affrontements ont été provoqués par l’attaque d’adeptes d’une secte millénariste dont le gourou, tué mercredi, voyait dans la fin du mandat du président Kabila le début de la fin des temps.

    Pour Thierry Vircoulon, maître de conférence à Sciences-Po Paris et spécialiste de l’Afrique centrale, “l’espace de la contestation étant verrouillé à Kinshasa, l’épreuve de force pourrait se délocaliser en province et prendre la forme de rébellions locales”.

     L’Est de la RDC, en particulier le Kivu, reste déchiré par de multiples conflits armés depuis la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

    Le Kivu et le Kasaï “pourraient fort bien s’enflammer en 2017”, craint M. Vircoulon dans un article publié le 18 décembre.

  • La Cenco propose une solution médiane

    La Cenco propose une solution médiane

    Des évêques membres de la CENCO lors d’une conférence de presse le 02/12/2016 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -Les évêques catholiques proposent une solution médiane pour trancher les divergences qui persistent aux négociations directes à Kinshasa.

    La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) qui assure la médiation entre l’opposition qui avait boycotté le dialogue et le camp de la majorité au pouvoir et des opposants signataires de l’accord du 18 octobre, va remettre jeudi un projet d’accord aux 16 délégués de deux tendances retenus à la commission restreinte qui poursuit les travaux, indique Georges Kapiamba de la société civile.

    Jusque-là, des divergences persistent principalement sur les limites des pouvoirs du président Joseph Kabila dont le mandat s’est, selon la Constitution, terminé le 19 décembre, et sur la date des élections.

     

    Mais l’autre camp, celui de la majorité au pouvoir et de quelques opposants, tient à l’accord qu’il avait signé en octobre qui, lui, renvoie les élections en 2018. Ce camp s’accroche aussi à l’arrêt de la Cour constitutionnelle selon laquelle le président Kabila restera à son poste aussi longtemps qu’un nouveau chef de l’Etat ne sera pas élu.

    M. Kapimba qui est l’un des 16 membres de la commission restreinte affirme avoir l’espoir que les parties parviendront à l’accord avant Noël comme l’ont demandé les évêques.

    « Les évêques y travaillent sérieusement mais ils ont insisté pour que chaque camp agisse avec responsabilité en faisant preuve de patriotisme et en prenant en compte l’esprit de la population et surtout de les attentes de celle-ci», affirme M. Kapiamba.

    Appel de Ban Ki-moon

    Peu de temps avant, Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies a lancé un appel aux acteurs politiques congolais leur demandant de s’impliquer pour la réussite du dialogue conduit par les évêques.

    Ban Ki-Moon les a exhortés, dans une déclaration écrite, à “désamorcer les tensions et à créer un environnement propice à la réussite du dialogue facilité par la Cenco ainsi qu’à l’organisation, dans les meilleurs délais, des élections crédibles et transparentes”.

    Le Secrétaire général des Nations unies a déploré les pertes en vies humaines enregistrées lors des manifestations de lundi et mardi à Kinshasa et dans d’autres villes du pays, au cours desquelles les protestataires exigeaient le départ du pouvoir du président Kabila.

    Les manifestations réprimées par la police lundi et mardi ont, selon le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’homme, fait au moins 19 morts dans le pays.

    Le gouvernement conteste ce bilan et parle de 9 morts et seulement à Kinshasa, la capitale.

    Le président Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001. L’élection de son successeur n’a pas eu lieu. La Cour constitutionnelle a indiqué qu’il restera en place jusqu’à l’élection du nouveau président.

    La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels et interdit ainsi à M. Kabila de se représenter à un autre mandat.

  • Ultimatum de la Cenco à la classe politique pour un accord “avant Noël” en RDC

    Ultimatum de la Cenco à la classe politique pour un accord “avant Noël” en RDC

    -L’Église catholique a exigé mercredi qu’un accord soit trouvé avant Noël pour sortir la République démocratique du Congo de la crise provoquée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, au lendemain d’une journée de violences meurtrières.

    L’ultimatum des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a été lancé par son président, Mgr Marcel Utembi, à la reprise des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition sous l’égide des prélats.

    “Notre souhait est de clôturer avant Noël. Si les acteurs politiques et de la société civile n’arrivent pas à un compromis à cette échéance […] la Cenco en tirera toutes les conséquences qui s’imposent”, a averti Mgr Marcel Utembi, président de la Cenco.

    Mardi, au dernier jour du mandat de M. Kabila, Kinshasa et plusieurs villes du pays ont été le théâtre d’affrontements meurtriers entre les forces de l’ordre et des jeunes hostiles à son maintien au pouvoir permis par le renvoi sine die de la présidentielle qui devait avoir lieu cette année.

    L’Église catholique a joué un rôle majeur dans l’ouverture démocratique pendant les dernières années de la dictature de Mobutu, renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président. Elle jouit d’une audience sur les questions politiques qui dépasse largement le cercle de ses fidèles (environ 40% de la population).

    Âgé de 45 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

    Les pourparlers sous l’égide de la Cenco ont commencé le 8 décembre en vue d’instaurer un régime de transition chargé d’organiser la présidentielle et d’éviter le scénario du pire : une nouvelle descente aux enfers du pays, ravagé entre 1996 et 2003 par deux guerres ayant fait au moins trois millions de morts. Les négociations avaient été suspendues le 17 décembre en l’absence d’avancée majeure.

    – ‘Tension latente’ –

    Les discussions butent notamment sur l’avenir du chef de l’État, soupçonné par ses détracteurs de vouloir se maintenir éternellement au pouvoir et contre lequel l’opposant historique Étienne Tshisekedi a appelé la population a “résister pacifiquement”.

    A Paris, le gouvernement français a dit envisager de demander de nouvelles sanctions européennes “vis-à-vis de la RDC” si les choses n’avancent pas.

    Selon la police nationale, les heurts de mardi entre manifestants, policiers et soldats ont fait 22 morts à Kinshasa, Lubumbashi (Sud-Est), Matadi et Boma (Ouest), villes pour lesquelles l’ONG Human Rights Watch parle d’un bilan total de 26 morts.

    L’ONU a fait état pour sa part d’un “bilan provisoire” de 19 morts “confirmés”, susceptible d’augmenter.

    Déplorant “les pertes en vies humaines”, le secrétaire général de l’ONU a appelé les autorités “à ouvrir des enquêtes sur ces violences et à garantir que leurs auteurs soient traduits en justice”.

    Ban Ki-Moon a appelé pouvoir et opposition à faire preuve de “retenue” et “à travailler de manière constructive” sous l’égide de la Cenco.

    La situation dans le pays est restée tendue mercredi, où les restrictions à l’usage des réseaux sociaux en vigueur depuis dimanche soir ont été renforcées : les opérateurs internet ont reçu l’ordre de couper tous les réseaux sociaux.

    A Kinshasa, les forces de l’ordre restent déployées massivement et la vie n’a repris que timidement : la circulation est restée très fluide et nombreuses boutiques sont restées fermées.

    Dans le quartier Masina (sud), théâtre de violents heurts la veille, le calme est revenu “mais la tension est latente”, a déclaré à l’AFP un responsable associatif: “Tout le monde a les yeux rivés sur les pourparlers. Les gens attendent le mot d’ordre de la Cenco.”

    A Lubumbashi, deuxième ville du pays et fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi, le gouverneur de la province, Jean-Claude Kazembe a dû rebrousser chemin après avoir voulu se rendre à pied sur les lieux des affrontements de la veille.

    Il a essuyé des jets de pierre et a été évacué par la police qui a tiré en l’air pour disperser les agresseurs.

    A Goma (est), la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement de jeunes indignés ayant lancé une campagne “Bye-Bye Kabila”, a annoncé l’arrestation de 18 de ses militants ayant organisé un sit-in.

    Un photographe de l’AFP a été interpellé par la police dans cette ville et retenu plus d’une heure. A Kinshasa, deux autres journalistes de l’Agence ont été retenus une heure dans un commissariat.

    Un agent de la sécurité intérieure a expliqué que l’ordre avait été donné “d’empêcher que l’on dise du mal du pays” et que cela visait particulièrement “les médias occidentaux”.

    Avec AFP

  • Tension persistante à Lubumbashi

    Tension persistante à Lubumbashi

    -De jeunes gens ont répondu par des jets pierre à l’appel à la paix que leur a lancé le gouverneur de la province du Haut-Katanga lors d’un rassemblement improvisé ce mercredi à Lubumbashi.

    La tension persiste dans la ville où des morts et des blessés ont été enregistrés la veille lors des manifestations appelant le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir au terme de son dernier mandat, le 19 décembre date fixée par la Constitution.

    Les Lushois, habitants de cette ville, la deuxième du pays, se sont réveillés mercredi avec des crépitements d’armes automatiques qui se sont poursuivis sporadiquement jusqu’à près de 16 heures locales.

    Mercredi, le gouverneur de la ville a improvisé une marche de la paix accompagné par les membres de son cabinet. Très peu de gens l’ont suivi. La grande partie de la population le regardait plutôt passer avec indifférence, selon des témoins.

    Le point de chute de la marche a été un des quartiers chauds où le gouverneur a tenu un discours appelant à ne pas suivre ceux qui veulent démanteler le pays.

    Le discours a été interrompu par des jets de pierre. Le gouverneur aurait été blessé à la tête, selon des témoins. Mais les autorités provinciales ne l’ont pas confirmé.

    Joint par téléphone par VOA Afrique, le ministre provincial Kasongo Kabile a plutôt indiqué que le gouverneur se portait très bien.

    Le bilan des manifestations réprimées par la police la veille continue à faire polémique.

    Il y aurait eu entre un à trois morts, selon les autorités.

    Pour d’autres sources, notamment les ONG, au moins 20 personnes ont été tuées à Lubumbashi

  • Declaration du Ministre Britannique des Affaires Etrangeres pour L’Afrique en rapport avec la situation politique en RDC

    Declaration du Ministre Britannique des Affaires Etrangeres pour L’Afrique en rapport avec la situation politique en RDC

    -Je suis profondément déçu de voir qu’il n’y a pas eu élections en République Démocratique du Congo (RDC) en 2016. Le Royaume-Uni et nos partenaires internationaux ont clairement établi que le Président Kabila et son gouvernement en sont les premiers responsables.

    Sans un accord politique inclusif, disposant que le Président Kabila peut rester au pouvoir au-delà de son mandat qui prend fin aujourd’hui, sa légitimité à gouverner le Congo est érodée. Tant qu’il n’y aura pas un tel accord, la relation du Royaume-Uni avec le gouvernement congolais devra regrettablement changer.

    Je soutiens donc le dialogue en cours et encourage toutes les parties à trouver un accord qui ouvre la voie à l’organisation des élections présidentielle et législative en 2017. J’encourage aussi le Président Kabila à dire clairement qu’il ne renouvèlera pas son mandat ni ne changera la constitution.

    Au moment où l’attention du monde est tournée vers la RDC, j’exhorte toutes les parties de renoncer à la violence et à la répression contre le peuple congolais. Les personnes impliquées dans des actes de violence et répression en seront individuellement tenues responsables.

    L’engagement du Royaume-Uni envers le peuple congolais restera fort et nous continuerons à offrir notre aide aux plus démunis.

  • Tirs nourris d’armes à feu à Lubumbashi

    Tirs nourris d’armes à feu à Lubumbashi

    -Des tirs nourris d’armes à feu ont été entendus mardi matin à Lubumbashi, deuxième ville de la République démocratique du Congo, où les forces de l’ordre sont largement déployées au dernier jour du mandat du président Joseph Kabila, a indiqué le correspondant local de l’AFP.

    Les tirs ont commencé vers 09H15 (07H15 GMT) dans un quartier du sud de cette ville du sud-est du pays, selon ce journaliste passé peu avant dans cette zone, théâtre d’affrontements entre des manifestants et la police dont témoignaient plusieurs pneus brûlés abandonnés sur une chaussée jonchée de pierres.

    Le correspondant de l’AFP a entendu des rafales nourries pendant une vingtaine de minutes qui ont ensuite fait place à des tirs par intermittence jusque peu après 10H00.

    Dans la commune de Matuba, où le journaliste avait trouvé plus tôt les traces d’affrontements, un officier supérieur de la police lui a indiqué que ses hommes avaient fait face à des “groupes de manifestants” hostiles de cinq ou dix personnes.

    Jean-Claude Kazembe, gouverneur du Haut-Katanga, province dont Lubumbashi est la capitale, a déclaré à l’AFP que “parmi les manifestants (à Katuba), on en a repérés trois qui sont armés”.

    “C’est ce qui justifie que la police tire des balles réelles en l’air pour disperser des civils”, a ajouté le gouverneur.

    Lubumbashi est le fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle qui devait avoir lieu cette année mais qui a été reportée sine die.

    M. Kabila, dont le mandat s’achève mardi, est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Le chef de l’État entend se maintenir au pouvoir jusqu’à ce que soit élu quelqu’un pour lui succéder.

    L’opposant congolais historique Étienne Tshisekedi a appelé dans la nuit de lundi à mardi le peuple “à ne plus reconnaître” le président.

    La situation est très tendue en RDC depuis 48 heures. La plupart des grandes villes du pays sont sous la coupe réglée des forces de l’ordre et la population reste massivement chez elle.

    Avec AFP

  • Des violences ont éclaté en RDC

    Des violences ont éclaté en RDC

    -Des violences ont éclaté mardi dans les deux plus grandes villes de la République démocratique du Congo, où l’opposant Étienne Tshisekedi a appelé le peuple à ne plus “reconnaître” le président Joseph Kabila, qu’il accuse de “coup d’État”.

    Selon les informations de VOA Afrique, trois personnes au moins seraient mortes après les violences qui ont éclaté entre la police et les manifestants.

    Des arrestations signalés dans presque toutes les 24 communes de Kinshasa. Il y aurait au moins 4 morts à Boma dans le Bas-Congo.

    Des dizaines de véhicules de transport de troupes sillonnaient la capitale, où policiers et militaires sont largement déployés depuis dimanche, comme dans toutes les grandes villes du pays.

    Des policiers congolais passent devant des barricades lors d'une manifestations dans les rues de Kinshasa, en RDC, le 20 décembre 2016.

    Des policiers congolais passent devant des barricades lors d’une manifestations dans les rues de Kinshasa, en RDC, le 20 décembre 2016.

    Peu après minuit, des coups de feu ont été entendus dans plusieurs quartiers de Kinshasa pour faire taire des concerts populaires de sifflets et casseroles en signe de protestation contre le pouvoir.

    Plusieurs habitants on fait état de morts en divers endroits, ce qui n’a pu être vérifié.

    Dans la commune de Lingwala, le quartier proche du palais du peuple, une balle a atteint un homme d’une cinquantaine d’année, alors qu’il dormait encore dans sa chambre.

    “Hier soir on était dans la rue pour siffler et taper sur les casseroles. Il y a eu des tirs de lacrymo, des coups de fusil, ils ont menacé la population”, a déclaré André, habitant du quartier Matete.

    Des habitants entonnent des chants lors de manifestations contre Joseph Kabila, à Kinshasa, RDC, le 20 décembre 2016.

    Des habitants entonnent des chants lors de manifestations contre Joseph Kabila, à Kinshasa, RDC, le 20 décembre 2016.

    ‘On n’est pas dans l’hécatombe’

    A Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans le sud-est, des affrontements ont éclaté entre policiers et manifestants dans un quartier sud avant qu’on entende des tirs nourris en milieu de matinée.

    Lubumbashi est le fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi, ex-allié de M. Kabila et candidat déclaré à la présidence.

    Les autorités locales ont justifié “que la police tire des balles réelles en l’air pour disperser des civils” par le fait que “trois” manifestants étaient armés.

    La RDC est minée par une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives.

    Dans une vidéo sur YouTube – invisible en RDC où le contenu des réseaux sociaux est filtré depuis dimanche soir – l’opposant historique Étienne Tshisekedi a lancé“un appel solennel au peuple congolais à ne plus reconnaître l’autorité de M. Joseph Kabila”.

    D’une voix ânonnante, le vieil opposant de 84 ans, invite également les Congolais à “résister pacifiquement au coup d’État” accompli selon lui “avec la bénédiction de la Cour constitutionnelle” qui a rendu en mai un arrêt autorisant M. Kabila à rester en fonctions après le 20 décembre.

    Suspendus samedi soir, ces pourparlers destinés à permettre l’instauration d’un régime de transition politique associant la majorité sortante et l’opposition, étaient censés reprendre mercredi.

    Leur avenir apparaît cependant incertain après l’annonce lundi soir d”un nouveau gouvernement dirigé par Samy Badibanga, transfuge de l’UDPS, le parti de M. Tshisekedi.

    Le nouveau cabinet est le fruit d’un accord de partage du pouvoir conclu en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition renvoyant la présidentielle au plus tôt en avril 2018.