Author: Don Kayembe

  • Mugabe investi par son parti pour la présidentielle de 2018

    Mugabe investi par son parti pour la présidentielle de 2018

    -Le président zimbabwéen Robert Mugabe, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 36 ans, a été investi samedi candidat à l’élection présidentielle de 2018 par le parti au pouvoir, la Zanu-PF en dépit de mouvements de contestation et d’une crise économique.

    M. Mugabe a été désigné sans surprise par le congrès annuel de son parti, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), qui a réuni quelque 9.000 délégués à Masvingo, à 300 km au sud-est de la capitale Harare.

    Les délégués ont fait part de “leur soutien au président et premier secrétaire, le camarade Robert Mugabe, comme candidat unique pour les prochaines élections de 2018”, a déclaré la vice-secrétaire de la Zanu-PF, Eunice Sandi Moyo.

    “Président, vous êtes le principal acteur et tant que vous serez en vie, vous resterez l’acteur majeur de l’histoire du Zimbabwe”, a ajouté le chef de la branche des jeunes du parti, Kudzai Chipanga.

    L’investiture du vieux leader, au pouvoir depuis l’indépendance de l’ancienne colonie britannique en 1980 (d’abord comme Premier ministre puis comme président), a été saluée par les applaudissements de milliers de ses partisans scandant en langue shona “tongai, tongai baba”, “dirige-nous, dirige-nous, père”.

    Le dirigeant zimbabwéen, en dépit de son âge et de problèmes de santé, n’a pas désigné de successeur ni indiqué de date de départ de la présidence qu’il exerce d’une main de fer, réprimant toute contestation au sein de son parti comme en dehors.

    Il a même un jour affirmé sur le ton de la plaisanterie qu’il resterait au pouvoir jusqu’à ses 100 ans.

    Dans un discours d’acceptation de son investiture, M. Mugabe, vêtu d’une veste à son effigie et ornée d’une carte du Zimbabwe, a appelé à l’unité de ses partisans alors que des dissensions agitent la Zanu-PF en prévision de sa succession.

    “Nous nous sommes mis d’accord pour que les conflits cessent. Les querelles internes doivent finir. Il faut rester fidèle à l’idéologie du parti”, a-t-il dit dans une courte allocution prononcée d’une voix traînante.

    “Soyons unis. Nous sommes une famille, la famille de la Zanu-PF liée par l’entente de ses membres”, a-t-il insisté au milieu de grands portraits d’un Mugabe plus jeune ornant la grande tente dressée pour le congrès.

    – Contestation –

    “Nous voulons que le président Mugabe reste éternellement au pouvoir en raison de sa clairvoyance”, a expliqué à l’AFP une déléguée, Janet Mazviwanza, alors que la plupart des participants affichaient des chemises à l’effigie du leader.

    Mais l’absence d’un successeur désigné se traduit par des luttes intestines au sein du parti au pouvoir et un mouvement de contestation a gagné jusqu’à d’anciens combattants de la guerre d’indépendance.

    Ceux-ci ont publiquement manifesté leur défiance l’été dernier, en pleine vague de manifestations sociales anti-Mugabe, accusant le dirigeant de comportement “dictatorial” et avertissant qu’ils ne soutiendraient pas une nouvelle candidature à la présidence du chef de l’Etat.

    La répression de toute forme d’opposition a jusque-là réussi à éteindre la contestation. Mais la grave crise économique que traverse le Zimbabwe, où 90% de la population est au chômage, maintient une pression sur le régime.

    Pour pallier le manque de liquidités qui asphyxie l’économie, le gouvernement a lancé le mois dernier une nouvelle monnaie, des “billets d’obligation” indexés sur le dollar, ravivant dans la population les craintes de l’hyperinflation des années 2000.

    Avec AFP

  • Les Etats-Unis ont intérêt à riposter aux cyberattaques électorales

    Les Etats-Unis ont intérêt à riposter aux cyberattaques électorales

    -Les Etats-Unis ont intérêt à riposter rapidement aux cyberattaques subies pendant la campagne présidentielle et pour lesquelles la Russie a été pointée du doigt, s’ils veulent éviter d’être à nouveau pris pour cible, ont mis en garde plusieurs experts. Une telle réponse démontrerait les capacités qu’ils ont développées pour faire face à ces menaces, à condition toutefois qu’elle soit mesurée et évite toute forme d’escalade.

    Le président américain Barack Obama a évoqué vendredi ces piratages informatiques menés contre le parti démocrate et la candidate battue Hillary Clinton, mettant en cause son homologue russe Vladimir Poutine.

    A l’inverse, son successeur Donald Trump a rejeté en bloc les conclusions des services de renseignement, qui ont accusé début octobre la Russie d’être à l’origine de ces cyberattaques, tout comme l’évaluation secrète de la CIA -divulguée par la presse- selon laquelle Moscou a orchestré ces piratages pour faire gagner le milliardaire républicain.

    Aucune riposte connue n’a encore été effectuée et il faudrait “répondre immédiatement et de façon proportionnée”, a estimé James Stavridis, ancien commandant suprême des forces de l’Otan.

    Cela devrait “inclure la présentation publique de preuves, suivie par une intrusion similaire dans les systèmes informatiques russes”, a-t-il expliqué à l’AFP.

    Le fait que les Etats-Unis n’aient pas encore riposté -malgré la promesse du vice-président Joe Biden début octobre- risque d’envoyer un message de faiblesse, a considéré Frank Cilluffo, directeur du Centre d’études sur la sécurité intérieure à l’Université George Washington.

    “Sur le plan de la crédibilité, nous n’avons absolument aucun autre choix que de répondre. Tout le monde nous regarde”, a-t-il expliqué. La réponse doit “être proportionnelle”, a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il “ne faut jamais se limiter à un seul domaine”.

    Pour James Stavridis, une riposte à l’encontre de Moscou pourrait consister “à exposer des malversations financières et de la corruption” pour détériorer l’image de Vladimir Poutine et de son gouvernement auprès de la population russe.

    La LIBREB.

  • Pas d’accord au dialogue en RDC : la plénière suspendue jusqu’au 21 décembre

    Pas d’accord au dialogue en RDC : la plénière suspendue jusqu’au 21 décembre

    -Les évêques catholiques ont annoncé samedi que des solutions consensuelles n’ont pas été trouvées dans les commissions traitant de la gouvernance et des institutions et dans celle en charge du processus électoral. Ils ont levé la séance et appelé la prochaine au 21 décembre en attendant le retour du président et du vice-président de la Cenco (Conférence épiscopale nationale des évêques) qui doivent se rendre à Rome pour une audience avec le pape.

    “Des solutions consensuelles autour de quelques questions confiées aux commissions du processus électoral et la gouvernance des institutions n’ont pas été trouvées. Pour faire justice à toutes ces questions, nous demandons aux commissions concernées de poursuivre leurs discussions sous la coordination du secrétariat technique de la Cenco, profitant de la présence des évêques modérateurs de ces commissions qui sont encore à Kinshasa”, a indiquée l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général adjoint de la Cenco.

    Les travaux devront continuer dans ces commissions sous la coordination du secrétariat technique de la Cenco, en présence des évêques modérateurs restés à Kinshasa.

    La Cenco annonce qu’elle poursuivra pendant ce temps les contacts aussi bien avec le pouvoir que l’opposition signataire de l’accord du dialogue de septembre et octobre derniers et celle qui l’avait boycotté.

    Pour certains participants au dialogue cette annonce des évêques constitue un aveu d’échec.

    Felix Tshisekedi

    Comme annoncé,les discussions ont échoué.À présent,peuple congolais,la balle est dans votre camp!Ns sommes arrivés au bout de nos efforts. 

    “Comme annoncé, les discussions ont échoué. A présent, peuple congolais, la balle est dans votre camp! Nous sommes arrivés au bout de nos efforts”, a posté sur son compte Twitter, Felix Tshisekedi, fils du leader de l’opposition et secrétaire général adjoint chargé des relations extérieures de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) qui prend part aux negocitations. .

    Les divergences persistent notamment sur l’avenir politique du président Joseph Kabila dont le dernier mandat arrive à la fin le 19 décembre et sur l’étendue des pouvoirs devant être les siens pendant la transition points. La situation est tendue dans le pays car l’élection le successeur du chef de l’Etat congolais n’a été pas organisée avant la date consacrant la fin du dernier mandat de celui-ci, le 19 décembre.

    Les évêques ont dû discuter vendredi avec Etienne Tshisekedi, leader de l’opposition, et le président Kabila pour essayer de concilier les divergences persistantes entre les camps de ceux qui ont pris part au dialogue de septembre et octobre derniers et celui de ceux qui l’ont boycotté.

    Appel de paix de Washington

    Le gouvernement américain a, la veille, lancé un appel à la paix et demandé aux autorités congolaises et à l’opposition de finaliser avant le 19 décembre un accord inclusif sur la tenue des élections, le format d’un gouvernement intérimaire et le transfert pacifique de pouvoir.

    Le département d’Etat a, par la même occasion, mis en garde contre la répression violente des manifestations ou rassemblements pacifiques, ou la violence de l’opposition, qui sont incompatibles avec les normes démocratiques et la primauté du droit.

    En septembre, plus de 50 personnes ont été tuées à Kinshasa dans des affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui réclamaient le départ de M. Kabila du pouvoir au 19 décembre.

    Le président Kabila est au pouvoir depuis 2001, la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels et lui interdit de se représenter.

    VOA

  • Edem Kodjo: Tshisekedi ne me connaît pas. S’il veut la guerre, je vais le démolir !

    Edem Kodjo: Tshisekedi ne me connaît pas. S’il veut la guerre, je vais le démolir !

    Après dix mois de facilitation chahutée, l’ancien secrétaire général de l’OUA et ex-Premier ministre du Togo a déposé (provisoirement ?) les armes. En exclusivité pour JA, et alors que les Congolais retiennent leur souffle dans la perspective de la fin du mandat du président Kabila, le 19 décembre, Edem Kodjo raconte ici son parcours du combattant.
    Comment (et pourquoi) j’ai mis les pieds dans le « marigot »

    Je n’ai rien sollicité, c’est venu à moi. Je me trouvais par hasard à Brazzaville un jour de janvier 2016, lorsque j’ai reçu un appel du commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine, l’Algérien Smaïl Chergui. « Mme Dlamini-Zuma souhaite savoir si vous accepteriez une mission de bons offices en RD Congo, me dit-il. Il s’agit de mettre en place un dialogue entre le pouvoir et l’opposition et de déboucher sur un accord politique en vue de l’élection présidentielle. » Rien de moins ! Réponse prudente de ma part: « Laissez-moi vingt-quatre heures de réflexion. » Cela tombe bien, un chef d’État d’expérience et qui connaît la RD Congo comme sa poche, le président Sassou Nguesso, loge à deux pas.

    Il me reçoit, je lui soumets la proposition, et il m’encourage aussitôt à dire oui : «Je connais tes convictions panafricaines, je ne vois donc pas comment tu pourrais te défiler. Je vais t’aider. » Ma décision est prise : j’accepte. Vous ne vous en doutiez pas, mais la deuxième personne à qui j’ai parlé de cette mission, c’était vous-même. Je me souviens de votre question: « Edem, qu’allez-vous faire dans ce marigot ? » Etde ma réplique : « Il faut bien que quelqu’un se sacrifie. »

    Premiers pas encourageants

    Muni du mandat de Mme Dlamini-Zuma, qui fait de moi un facilitateur du dialogue, je débarque à Kinshasa, résolu à entrer en contact avec toutes les parties. Paradoxal, au vu de ce qui allait advenir, mais vrai : c’est de la part du principal parti de l’opposition, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi, que je reçois le meilleur accueil. Deux délégations viennent me voir pour me féliciter, se réjouir du choix d’« un grand médiateur africain » (je les cite) et me prier de me rendre au plus vite à Bruxelles pour y rencontrer le « líder máximo ».

    Ce qui, pour moi, allait de soi. Le 4 février, j’effectue mon premier déplacement dans la capitale belge, à la rencontre de celui que vous avez surnommé, à JA, « Monsieur Non ». Tshisekedi me reçoit, entouré de son fils Félix, de l’abbé Tshilumba, son directeur de cabinet, et de son inséparable assistant Gilbert Kankonde. Cette fois, il dit oui. Oui au dialogue, sans réserves apparentes. Bien qu’une partie de la mouvance de l’opposition s’obstine à me regarder avec suspicion, le fait d’être soutenu par l’UDPS m’encourage. Début mars, je tombe malade et me fais soigner à Paris.

    C’est là que le directeur de cabinet du président Kabila, Néhémie Wilondja, vient me rendre visite à mon appartement du XVIIe arrondissement pour m’annoncer qu’une délégation de la sensibilité présidentielle et une autre de l’UDPS se trouvent dans la capitale française pour y discuter du dialogue. Les deux parties, ajoute-t-il, demandent que je préside aux pourparlers. Convalescent, mais requinqué par la nouvelle, j’accepte et choisis le lieu: l’hôtel Raphael. Le 26 mars 2016, veille de Pâques, on s’installe : six côté mouvance, six côté UDPS, et moi au milieu.

    Ce n’est pas la première fois que les uns et les autres discutent. Pour le pouvoir, rechercher un accord avec Tshisekedi est une constante, en fonction d’un calcul simple: mouvance présidentielle + UDPS = majorité absolue, plus besoin des autres.

    Ils se sont déjà vus à Venise, puis à Ibiza, sans résultats. Y parviendront-ils à Paris? La réunion dure deux heures, et je dois dire que nous faisons un excellent travail. Nous réglons tous les problèmes, ou presque, et nous signons un accord portant sur le comité préparatoire au dialogue, son règlement, son ordre du jour et surtout sa composition. Trente membres au total : douze pour la partie présidentielle, six pour la société civile et douze pour l’opposition. Certes, l’opposition, ce n’est pas que l’UDPS, mais il est clair que cette dernière entend garder la main.

    Munie d’un mandat dûment signé de Tshisekedi lui-même, dont j’ai exigé et conservé copie (on n’est jamais trop prudent!), la délégation UDPS au Raphael est conduite par deux de ses proches, Floribert Tendayi et Papis Tshimpangila. Elle comprend aussi l’un des propres fils du Vieux, Christian Tshisekedi, et l’un de ses neveux, Bona Kabongo. Comme rien n’est simple dans cette famille, Félix Tshisekedi me dira plus tard, sur le ton du reproche, que son frère Christian n’y connaît rien en politique puisque c’est un homme d’affaires. Comme si j’avais moi-même composé cette délégation ! Toujours est-il qu’en ce 26 mars l’UDPS nous annonce qu’elle se réserve le droit de nommer elle-même les douze personnalités de l’opposition qui participeront au comité préparatoire. Explication : « On se connaît entre nous, hors de question de nous laisser infiltrer par de faux-vrais opposants ! » Après tout, c’est son affaire. On se sépare donc bons amis.

    De retour à Kinshasa, je reçois le secrétaire général de l’UDPS, Bruno Mavungu, accompagné de Félix Tshisekedi. Félix joue les durs, et je m’aperçois rapidement qu’il a pris l’ascendant sur Mavungu, mais il ne remet rien en question. Il ne me reste plus qu’à recevoir la liste des opposants membres du comité préparatoire. On me l’annonce d’une heure à l’autre. Je suis confiant, presque euphorique. À tort.

    Quand Tshisekedi tourne casquette

    J’ai en main les listes de la mouvance présidentielle et de la société civile, mais, côté UDPS, rien ne vient. Une, deux, trois semaines, rien. Je me rends donc de nouveau à Bruxelles pour y rencontrer Étienne Tshisekedi. Il me reçoit le 5 mai dans un hôtel de la capitale belge, entouré, cette fois encore, de Félix, de l’abbé Tshilumba et de Gilbert Kankonde. Je les sens un peu crispés, exigeant notamment ce qu’ils appellent un renforcement de la facilitation. Mais comme ils ne me montrent aucune hostilité, je sors de l’entretien rassuré, même si je n’ai toujours pas obtenu la fameuse liste. Retour à Kinshasa.

    Au sein de la mouvance présidentielle et de l’opposition non UDPS, on s’impatiente et on me critique. À leurs yeux, je favorise l’UDPS, je fais tout pour ressusciter Tshisekedi et le remettre en selle. C’est alors que surgit cette étrange idée de panel de personnalités censées m’épauler et m’encadrer, afin de « remettre le dialogue sur les rails ». Puisque le facilitateur piétine, entend-on dire, aidons-le à s’en sortir.

    C’est évidemment tout sauf désintéressé car derrière ce schéma se profile l’ombre des Américains, en particulier celle de l’envoyé spécial pour les Grands Lacs, Tom Perriello. Via le panel, dont ils seraient membres, les États-Unis, puissance extracontinentale, souhaitent être directement au cœur du dialogue, ce qui à mes yeux n’est pas souhaitable. J’ai rapidement vu la manœuvre, d’où la contre-idée, lancée par moi, d’un groupe de soutien à la facilitation, composé de l’UA, de l’ONU, de l’Union européenne, de l’OIF et des organisations régionales africaines. Cris d’orfraie de la part des Américains et des politiciens congolais qui leur sont proches !

    Début juin, je suis à nouveau à Bruxelles, face à Tshisekedi. Je demande un tête-à-tête. On me le refuse, non sans une certaine indignation : « Le président ne voit jamais personne en tête à tête! » Va donc pour l’inévitable duo Tshilumba-Kankonde, témoins muets de notre échange. « Grand frère, lui dis-je. J’attends les noms de vos représentants au dialogue depuis deux mois, quand les aurai-je ? » Réponse : « Petit frère, nous sommes jeudi. Lundi, dans quatre jours, vous les aurez. » Je saurai plus tard que la liste, effectivement, était prête. Elle ne m’a jamais été remise.

    Qui l’a fait passer à la trappe ? Mystère. Pendant des jours, j’ai cherché à le joindre depuis Kinshasa, en vain. Il a fallu m’y résoudre: Tshisekedi avait tourné casquette. Pourquoi? Je me souviens que, pendant l’entretien, il n’avait cessé de me répéter que j’étais trop seul et que la formule du panel, qui avait la faveur des Américains, était à ses yeux la meilleure pour m’entourer. Est-ce là la clé de sa volte-face ? Je l’ignore.

    Kodjo: « Quand aurai-je les noms des délégués au dialogue? » Tshisekedi: « Lundi, dans quatre jours. »

    Six mois, plus tard, j’attends encore…

    Avec Katumbi, un rendez-vous manqué

    Heureusement, l’iceberg de l’opposition commence à craquer. Le député Samy Badibanga, qui deviendra Premier ministre en novembre, puis d’autres, manifestent avec insistance le souhait de participer au dialogue. Au même moment se pose le problème de Moïse Katumbi. J’avais prévu de le rencontrer peu après mon second séjour à Bruxelles, début mai.

    Mon projet était d’aller le voir chez lui, à Lubumbashi, ce qui d’ailleurs ne plaisait guère au pouvoir en place à Kinshasa, qui estimait que c’était là une sorte de reconnaissance. La veille du jour fixé pour notre rendez-vous, l’un de ses proches, l’ex-président de l’assemblée provinciale du Haut-Katanga, Gabriel Kyungu, connu pour la brutalité de son langage, se livre dans les médias locaux à une violente diatribe contre moi, avant de conclure que je ne serai pas le bienvenu à Lubumbashi.

    Dans la foulée, le G7, regroupement d’anciens kabilistes ralliés à Katumbi, publie une déclaration de la même eau à mon encontre, avant d’en appeler, lui aussi, comme par hasard, à la mise en place du fameux panel cher à M. Perriello. J’annule donc mon déplacement et appelle Katumbi pour le lui signifier. L’échange est aigre-doux : « Kinshasa vous a empêché de venir me voir ! » me dit-il. « Pas du tout, c’est votre ami Kyungu et vos alliés du G7 qui, manifestement, ne le souhaitent pas. Ma sécurité n’est pas assurée à Lubumbashi, pourquoi viendrais-je ? »

    La conversation terminée, je joins aussitôt Mme Dlamini-Zuma pour lui proposer de faire venir Moïse Katumbi en terrain neutre, à Addis-Abeba, afin que nous parlions avec lui. Le principe est rapidement acquis lorsque surviennent l’affaire dite des mercenaires et l’ouverture d’une procédure à l’encontre du candidat.

    Depuis lors, je suis intervenu à sa demande pour faciliter son départ à l’étranger, mais nous ne nous sommes toujours pas rencontrés. Dois-je préciser que je n’ai aucun problème avec M. Katumbi, qui porte le même prénom que celui de mon père ? J’entends souvent dire qu’il est « l’homme des Américains ». Je l’ignore, même s’il en est notoirement proche. Et dans ce cas, il n’est pas le seul.

    Son grand frère, Katebe Katoto, que j’ai rencontré à Bruxelles, était un ardent défenseur de la formule du panel et un critique acerbe de la facilitation que je menais, au point que j’ai dû lui dire, les yeux dans les yeux: « Moi, Monsieur, je ne suis pas achetable ! » Au cours de cette même rencontre, un membre du G7 s’est levé : « Vous, vous avez un mentor qui s’appelle la France, a-t-il commencé. Eh bien, sachez que la RDC, c’est le jardin privé des États-Unis ! » Mon sang n’a fait qu’un tour : « Je ne sais pas si vous êtes conscient de ce que vous venez de dire, ai-je rétorqué. À votre place, je ferais tout pour que ça ne sorte pas de cette salle. Sinon l’Afrique entière va se moquer de vous ! »

    Coup de foudre à Kinshasa

    Nous sommes en juin. L’UA a avalisé mon projet de groupe de soutien à la facilitation, et je décide d’envoyer une nouvelle mission auprès de Tshisekedi à Bruxelles. À Genval, banlieue chic de la capitale belge, l’opposition, UDPS et G7 notamment, vient de lancer le Rassemblement anti-Kabila. Le ton s’est durci, et je crains que ma délégation, composée des Algériens Saïd Djinnit et Smaïl Chergui, ainsi que d’un diplomate belge, ne trouve porte close. Il n’en est rien, et le rapport de quelques lignes que me font ces émissaires est totalement anodin, ce qui m’étonne un peu.

    Était-ce pour m’endormir? Le réveil sera brutal. Le 4 juillet, une réunion du groupe de soutien à Addis-Abeba débouche sur une demande qui est presque une injonction : le facilitateur est prié de mettre en place le comité de préparation au dialogue d’ici à la fin du mois. Une date est retenue : le samedi 30 juillet. Mais il y a un problème : de retour à Kinshasa le 27, Étienne Tshisekedi a prévu de tenir un mégameeting le 31 juillet. L’UDPS hurle au complot : c’est du sabotage!

    D’ailleurs, me dit-on, vos émissaires à Bruxelles se sont entendus avec nous pour que les deux événements ne coïncident pas – si c’est exact, cela m’a été caché ; pourquoi ? Où était mon intérêt dans cette affaire, alors que je me battais depuis des mois pour inclure Tshisekedi dans le jeu ? A-t-on voulu me piéger, me discréditer afin de mettre quelqu’un d’autre à ma place? Je n’en dirai pas plus, mais Mme Dlamini-Zuma, à qui j’ai fait, fin octobre, un compte rendu détaillé de ma mission, connaît les tenants et aboutissants de toute cette histoire.

    Lors de son meeting devant des dizaines de milliers de personnes, Étienne Tshisekedi m’injurie. Je ne m’y attendais absolument pas. Il me traite de « petit kabiliste partial » et ajoute que je suis « un traître ». Oui, « un traître » ! Passé l’instant de sidération, je réfléchis. Si traître il y a, l’insulte convient à celui qui a signé un accord et ne l’a pas respecté. Or, Tshisekedi a violé l’engagement que ses délégués, mandatés par lui, ont conclu à Paris en ma présence. Donc le traître, c’est Tshisekedi. Partial? C’est risible.

    Pendant longtemps, la majorité présidentielle et une partie de l’opposition, dont Vital Kamerhe, le G7 et la Dynamique, m’ont accusé de favoriser l’UDPS et son vieux leader! Ce discours m’est tombé dessus comme un coup de foudre. Je ne pardonne pas à Tshisekedi de s’être montré aussi injuste à mon égard. Il ne s’en est jamais excusé ni expliqué. Lorsqu’un ami commun, Mgr Monsengwo, a voulu que j’aille le voir chez lui, à Limete, pour recoller les morceaux, j’ai refusé. Peut-être nous reverrons-nous, mais ce ne sera pas à son domicile. Tshisekedi ne me connaît pas. S’il veut la guerre, je vais le démolir !

    L’Église catholique : pêchez en paix

    Certes, l’Église est une institution en RD Congo. Certes, je suis moi-même un catholique pratiquant et je me dois de passer le manteau de Noé sur ce que fait ma hiérarchie et qui ne me plaît pas toujours. Je ne dirai donc rien sur le cardinal Monsengwo, que je connais bien et que je respecte.

    Mais tout de même. J’ai beaucoup compté sur la conférence épiscopale, la Cenco, pour qu’elle m’aide dans ma tâche de facilitation. Au sein du comité préparatoire au dialogue, le représentant de la Cenco, l’abbé Donatien Nshole, avait le beau rôle. Idem lorsque, le 1er septembre, s’est ouvert le dialogue lui-même. Surviennent alors les tragiques émeutes des 19 et 20 septembre à Kinshasa, lesquelles – il convient de le préciser, car j’en ai été le témoin – ont commencé par le saccage des sièges des partis membres du dialogue, perpétré par des militants du Rassemblement de l’opposition radicale. Avant que les jeunes kabilistes aillent à leur tour mettre le feu aux locaux de l’UDPS.

    C’est alors que les curés de la Cenco ont changé de ton. Après avoir exigé une semaine de deuil, ils sont venus poser des préalables au dialogue qui ne figuraient pas dans nos accords. J’y ai consenti à une condition : qu’ils restent dans la salle. Libre à eux, par ailleurs, d’aller à la pêche miraculeuse et de ramener dans leurs filets les opposants au dialogue. À l’heure où je vous parle, la pêche continue, et je souhaite qu’elle soit fructueuse.

    D’autant que Joseph Kabila, vous l’aurez remarqué, joue le jeu et encourage les évêques. Cela s’est discuté fin octobre à Luanda, en marge du sommet des chefs d’État de la région, qui a entériné l’accord politique du 18 octobre. Denis Sassou Nguesso et José Eduardo dos Santos ont suggéré à Kabila de tendre la main au Rassemblement de l’opposition, via la Cenco, ce qu’il a fait. Je crois que tout le monde est un peu tétanisé à l’idée qu’il se passe quelque chose le 19 décembre à minuit et que chacun cherche à conjurer les risques de dérapages.

    Présidentielle : 2018 ou le chaos

    Les Américains, les Européens, la Cenco, le Rassemblement: tous ou presque « exigent » que l’élection présidentielle se tienne en 2017.

    Mais c’est impossible avant avril 2018 ! Cette échéance n’est pas le fruit du hasard : le fichier électoral est corrompu, tout le monde l’a dit, sa refonte est indispensable. La RD Congo, c’est 2,5 millions de km², 136 000 bureaux de vote, 20 000 tonnes de matériel électoral à transporter, le plus souvent par voie aérienne ou fluviale. La commission électorale, les experts de l’ONU et de l’OIF, le général malien Siaka Sangaré, que je considère comme le meilleur expert électoral d’Afrique francophone et que j’ai fait venir…

    Tous sont formels : on ne peut pas, en resserrant au maximum les délais, aller plus vite. Le fichier électoral sera fiable et complet début octobre 2017, il faut ensuite six mois pour organiser le scrutin. À condition, bien sûr, que son financement – près de deux milliards de dollars – soit assuré. Préconiser une présidentielle bâclée l’an prochain, c’est irresponsable.

    J’ai entendu récemment Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères, critiquer l’accord du 18 octobre et remettre 2017 sur le tapis. Cela m’a étonné : son ambassadeur à Kinshasa ne lui a donc pas fait rapport ? Il parle en méconnaissance de cause.

    Autre revendication de l’opposition radicale et de ceux qui la soutiennent : que Kabila démissionne au soir du 19 décembre 2016 et laisse la place à une période transitoire spéciale, avec à sa tête le président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, qui organisera les élections. Ce n’est ni constitutionnel – la Cour suprême a tranché, et les participants au dialogue en sont convenus – ni réaliste. Le mandat de Kengo est forclos depuis quatre ans, faute d’élections provinciales et sénatoriales tenues dans les délais. Quelle est sa légitimité? Sur le plan strictement juridique, le fait que Kabila demeure en place jusqu’à l’élection de son successeur est objectivement la moins mauvaise des solutions.

    Une classe politique brillante, mais toxique

    J’ai eu affaire à une classe politique à la fois brillante, adepte des faux-fuyants, intelligente, toxique… L’argent joue un rôle prépondérant: en Afrique de l’Ouest, les gens pensent qu’ils sont riches quand ils ont 100 millions de F CFA.

    Ici, ils le sont quand ils ont la même somme, mais en dollars. Autre caractéristique: un sentiment national et identitaire à vif. Est-ce un héritage du mobutisme triomphant ? C’est possible, mais les Congolais en général sont allergiques à toute interférence, en particulier occidentale – sauf bien entendu quand elle sert leurs intérêts et qu’ils peuvent l’instrumentaliser à leur profit.

    Aussi les chefs d’État africains, qui connaissent ce sentiment, sont-ils prudents dès qu’il s’agit de se mêler des affaires congolaises. Sassou Nguesso joue un rôle positif, Dos Santos aussi, ainsi – et c’est moins connu – que Faure Gnassingbé. Le président togolais entretient des relations étroites aussi bien avec Kabila qu’avec Vital Kamerhe. Si Kamerhe ne nous avait pas rejoints, il n’y aurait jamais eu de dialogue, et Faure a été décisif dans son ralliement, tout comme son « envoyé spécial », le ministre Gilbert Bawara, très introduit à Kinshasa.

    Pourquoi (et comment) j’ai mis les pieds dans le « marigot »: suite et fin

    Ce n’est pas l’argent qui m’a motivé, et je voudrais être clair, voire trivial à cet égard : Kabila ne m’a pas payé, ce n’est pas lui qui a réglé mes frais de mission ni mes per diem.

    C’est l’UA qui m’a pris en charge, et il ne m’a rien donné. On a, à ce sujet, raconté n’importe quoi. Je me souviens du jour où je suis allé visiter le fameux barrage d’Inga et survoler l’embouchure du fleuve Congo, spectacle dont j’ai toujours rêvé. Une compagnie pétrolière avait mis un hélicoptère à ma disposition à cet effet.

    Le lendemain, des journaux ont écrit que, ça y est, Kodjo est dans le pétrole, Kabila l’y a mis pour l’acheter ! Par contre oui, mon ego, ma place dans l’Histoire, la volonté de sortir par le haut, de ne pas partir sur un échec, celle aussi de démontrer à M. Tshisekedi, qui m’a trahi, que je n’étais pas un nègre de service, tout cela m’a motivé et a forgé ma résilience.

    François Soudan/Jeune Afrique

  • La fortune des Kabila: “Le loyer payé par l’Onu pour un bureau de police finit par trouver son chemin vers la famille”

    La fortune des Kabila: “Le loyer payé par l’Onu pour un bureau de police finit par trouver son chemin vers la famille”

    -Un an d’enquête dévoile la pieuvre qui rapporte “des centaines de millions”.

    Les internautes congolais ont partagé, durant toute la journée de jeudi, un article publié par le groupe américain spécialisé dans l’information financière, Bloomberg, dévoilant “le réseau d’entreprises” qui “a rapporté des centaines de millions de dollars à la famille” du président Joseph Kabila. Et ses auteurs de suggérer que cette manne pourrait expliquer pourquoi le chef de l’Etat congolais ne veut pas quitter le pouvoir à la fin de son dernier mandat légal, ce 19 décembre, malgré le risque de troubles.

    Septante compagnies

    Selon Bloomberg, des “milliers de documents” montrent un “réseau” international de quelque “70 compagnies” construit par la famille de Joseph Kabila. “Sa femme, ses (deux) enfants et huit de ses frères et sœurs contrôlent plus de 120 permis” miniers pour exploiter “or, diamants, cuivre, cobalt et autres minéraux“. “A elles seules, deux des affaires de la famille possèdent des permis miniers pour le diamant pour des superficies s’étirant sur plus de 450 miles” (724 km).

    La famille a aussi des parts dans “des banques, des fermes, des distributeurs de carburant, des opérateurs aériens, un constructeur de routes, des hôtels, un grossiste en pharmacie, des agences de voyage, des boutiques et des night-clubs. Et même une entreprise qui a essayé d’envoyer un rat dans l’espace”.

    Par la propriété directe d’entreprises et par la détention de parts dans des co-entreprises, les Kabila ont créé “un système tellement invasif que même un paiement aussi apparemment innocent que le loyer payé par l’Onu pour un bureau de police finit par trouver son chemin vers la famille“.

    Bloomberg estime que “le manque de transparence dans certaines transactions de la famille a causé des dommages à l’économie du Congo. En 2012, le FMI a coupé son programme de prêt d’un demi-milliard de dollars au Congo après que le gouvernement a refusé de publier les contrats concernant un accord de 2011 sur une mine de cuivre appelée Comide. Une des compagnies impliquées, Goma Mining, appartient pour au moins 10 % à la famille et est présidée par Joséphine, sœur de Kabila”.

    Acacia et la Gécamines

    Les intérêts miniers de la famille sont partiellement représentés par l’entreprise “Acacia, majoritairement possédée par Jaynet”, sœur jumelle du Président; “Masengo, un de ses petits frères; Sifa, sa fille de 16 ans; et son assistant financier Emmanuel Adrupiako”.

    Acacia, poursuit l’article, possède notamment trois mines sur six, près de Luisha, appartenant officiellement à la Gécamines, société nationale, “qui n’a jamais annoncé de partenariat avec la compagnie des Kabila“. “Des soldats, sur le site, forcent les creuseurs à ne vendre leurs minéraux qu’à Acacia et au-dessous des prix du marché“, ajoute Bloomberg, qui cite un rapport financé par la Banque mondiale.

    Une autre compagnie contrôlée par la famille, écrit Bloomberg, Kwango Mines, détient “96 permis miniers“; la rivière Kwango, près de l’Angola, est en pleine zone diamantifère.

    Un ancien employé de De Beers au Congo a expliqué à Bloomberg que les compagnies minières internationales “n’ont eu d’autre choix que de négocier avec les Kabila”.

    Bloomberg souligne qu’en février dernier, Standard and Poor’s a baissé la note du Congo pour les investissements jusqu’à “négatif” en raison des tensions suscitées par le refus de Joseph Kabila de quitter le pouvoir. Et de rappeler que la guerre (1998-2003) avait “diminué la production” de cuivre “de plus de 96 %”.

    La LIBRE

  • Les évêques catholiques discutent avec Tshisekedi et Kabila

    Les évêques catholiques discutent avec Tshisekedi et Kabila

    -Les évêques catholiques, qui assurent la médiation aux discussions directes à Kinshasa, ont discuté la nuit dernière avec Etienne Tshisekedi, leader de l’opposition, et attendent d’être reçus par le président Joseph Kabila.

    L’incertitude planait vendredi à Kinshasa sur les chances de conclusion dans la journée d’un accord politique permettant de trouver une sortie de crise en République démocratique du Congo avant la fin du mandat du président Joseph Kabila le 20 décembre.

    Les négociations qui se sont ouvertes le 8 décembre sous l’égide de la Conférence des évêques catholiques du Congo (Cenco) sont censées s’achever vendredi, selon le calendrier défini par les prélats.

    Le but de ce dialogue est de trouver un compromis sur la mise en place d’une période de transition politique devant mener à la tenue de la présidentielle.

    Cette élection devait avoir lieu cette année mais n’a pas été organisée. Elle doit permettre la désignation d’un successeur à M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.

    Les détracteurs de M. Kabila l’accusent depuis des mois d’avoir orchestré le report de la présidentielle, de chercher à se maintenir au pouvoir par tous les moyens et pour cela d’envisager de changer la Constitution comme l’ont fait plusieurs présidents du voisinage de la RDC.

    Fidèle à sa réputation de taiseux, le chef de l’État, au pouvoir depuis 2001 et âgé de 45 ans, ne dévoile rien de ses projets, si ce n’est, dans son dernier discours public mi-novembre, sa volonté de se maintenir en poste après le 20 décembre jusqu’à l’élection de son successeur.

    Le dialogue arbitré par la Cenco met aux prises deux délégations. La première regroupe des représentants de la majorité et d’une frange minoritaire de l’opposition ayant signé en octobre un accord renvoyant la présidentielle au plus tôt à avril 2018 et prévoyant jusque-là un partage de l’exécutif entre M. Kabila et un Premier ministre issu de l’opposition.

    L’autre délégation regroupe les opposants à cet accord, essentiellement rassemblés autour d’Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition congolaise, âgé de 84 ans.

    Jeudi soir, selon des participants aux négociations, des progrès avaient été enregistrés sur la question de la date et de l’organisation de la présidentielle, mais l’impasse persistait sur celle de l’avenir politique de M. Kabila et de l’étendue des pouvoirs devant être les siens pendant la transition.

    – Dans l’antichambre du président –

    Alors que les deux camps soufflent le chaud et le froid avec des déclarations tantôt maximalistes tantôt conciliantes, l’Église a voulu se montrer encore optimiste vendredi matin.

    “Les évêques ont échangé avec M. Tshisekedi cette nuit”, a déclaré à l’AFP l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco, pour qui ces échanges ont été “positifs”.

    Selon l’abbé Nshole, les prélats “ont sollicité une audience auprès du président Kabila”, ce qui a été confirmé dans l’entourage du chef de l’État.

    Vers 12H30 (11H30 GMT), ils attendaient d’être reçus par le président au Palais de la Nation avant de revenir “présider la grande plénière” devant déboucher sur la signature d’un accord, a ajouté le prélat.

    La RDC n’a connu aucune alternance démocratique depuis son indépendance de la Belgique en 1960. État-continent de quelque 70 millions d’habitants au coeur de l’Afrique, le Congo (ex-Zaïre) a été ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003 et la communauté internationale craint que le pays ne plonge dans une nouvelle spirale de violence faute d’accord politique.

    Depuis 2013, plusieurs centaines de personnes ont été tuées dans des violences à caractère politique à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays.

    M. Tshisekedi et ses alliés ont menacé d’appeler à des manifestations sur tout le territoire à partir de lundi jusqu’à ce que le chef de l’État quitte le pouvoir. Cet appel à manifester contre M. Kabila est pour l’heure suspendu au résultat des négociations en cours.

    L’opposition ne semble cependant pas avoir mobilisé ses troupes outre mesure en vue de manifestations. Signe néanmoins d’une certaine fébrilité des autorités, le gouvernement a demandé jeudi aux opérateurs internet de filtrer ou couper les réseaux sociaux à compter de 23h59 dimanche.

    “Qu’on ait des garanties (sur la date des élections et le fait que M. Kabila ne cherchera pas à briguer un nouveau mandat) et nous irons parler au peuple parce que de vrais défis commencent après le 19 décembre”, a déclaré à l’AFP Jean-Marc Kabund, secrétaire général du parti de M. Tshisekedi.

  • Colonisation belge au Congo : les fantômes de Léopold II

    Colonisation belge au Congo : les fantômes de Léopold II

    -Le récit colonial de la Belgique au Congo serait-il la chose historique la moins bien partagée à l’école du royaume ?

    C’est en substance pour dénoncer cet état de fait et réformer le système éducatif national sur la question que la députée socialiste Catherine Moureaux, présidente du groupe Parti socialiste au Parlement francophone bruxellois, a mis le feu aux poudres médiatiques à la fin du mois de novembre. Dans un entretien accordé à Sudpresse, la députée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a exprimé la volonté « qu’au terme de ses études, chaque étudiant du secondaire ait au minimum été confronté à l’histoire de la colonisation et de la décolonisation au Congo. Mais aussi à celle d’un autre pays “à la carte”, en fonction du public scolaire ».

    Enseigner le fait colonial

    Face au tollé provoqué par ses propos, la députée a dû préciser sa pensée : « Ma proposition est d’assurer à chaque lycéen un bagage historique de base commun, et que celui-ci comprenne l’histoire du Congo, en tant que fait de colonisation. »

    Aujourd’hui, le fait colonial est enseigné – obligatoirement dans le secondaire – en tant que notion. Si bien que la manière de présenter tel ou tel pan de l’Histoire est tributaire de l’enseignant et de ses choix arbitraires mais aussi du type de filière. Il peut donc arriver que les élèves passent totalement à côté du concept.

    « Le colonialisme et l’impérialisme sont des notions clés des programmes. Je suis un peu fâchée de lire dans les journaux qu’on n’enseigne pas le fait colonial », s’agace Anne Morelli. La professeure d’histoire à l’Université libre de Belgique a formé de nombreux enseignants belges et défend le caractère global du programme de l’Éducation nationale belge.

    « La colonisation est un concept clé qui accompagne l’ensemble des études, qui s’applique de la colonisation grecque à la colonisation congolaise, explique-t‑elle. Les gens qui se plaignent sont soit des personnes âgées, belges et congolaises, qui ont une vision idyllique de la colonisation, soit des gens dont le professeur a fait l’impasse sur le fait colonial belge. »

    Revendication d’afrodescendants

    Le débat est moins vif en Flandre. Non seulement les deux régions qui composent le royaume ne partagent pas la même langue, mais le contenu de leurs livres d’histoire diffère également.

    « La Flandre dispense depuis longtemps un enseignement critique de la colonisation au Congo et de la brutalité de Léopold II, rappelle Vincent Dujardin, professeur d’histoire à l’Université catholique de Louvain. En ce qui concerne les manuels scolaires, l’espace francophone a mis plus de temps à l’intégrer. Mais, aujourd’hui, il y a davantage d’équilibre entre “génie et gêne” du roi », constate-t-il.

    Mais pourquoi ces questions se posent-elles maintenant avec une telle acuité ? Pour l’anthropologue Jacinthe Mazzocchetti, professeure à l’Université catholique de Louvain, c’est en partie dû au poids des afrodescendants dans la société belge contemporaine.

    « Cette logique est propre à la seconde génération d’afrodescendants. L’histoire postcoloniale belge a connu un basculement à partir des années 1990, avec l’émergence d’une génération de citoyens nés en Belgique qui se sentent légitimes à la fois en tant qu’afroeuropéens et que belges. » Et la chercheuse de pointer une absence de discussion comme cause de l’émergence de revendications.

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  • Sport:Suspension du championnat de foot en RDC à l’approche du 19 décembre

    Sport:Suspension du championnat de foot en RDC à l’approche du 19 décembre

    -Le gouvernement congolais a suspendu le championnat de football de première division en République démocratique du Congo craignant des “violences”. Cette décision intervient à moins d’une semaine de la fin du mandat du président Joseph Kabila.

    “Cette mesure de suspension du championnat national de football du 15 décembre au 14 janvier” se justifie par des craintes de “violences et provocations” pendant les matchs, a déclaré à VOA Afrique le ministre de la Jeunesse et des Sports, Denis Kambayi.

    Ce dernier dément que cette mesure ait été prise en raison du contexte politique tendu à l’approche du 19 décembre en RDC. ” Il ne faut pas tout mélanger. La violence est devenue une violence à répétition.”

    Pourtant, depuis plusieurs mois, le public de Kinshasa profite des matchs des équipes de la Linafoot ou des Léopards pour entonner le chant “Yebela !” (“Fais gaffe !) ou lancer des “mandat esili” (“Le mandat est terminé”) ou autres slogans hostiles à M. Kabila.

    Selon Denis Kayambi, “quand nous avons donné l’autorisation pour cette compétition, nous avons demandé à la Linafoot d’assurer l’encadrement des supporters et la sécurisation des compétitions. Depuis 2015, malgré la campagne de civisme sportif, nous constatons que la violence perdure et la Linafoot est incompétente pour gérer cette violence”

    Sur VOA Afrique, le ministre congolais affirme que cette suspension pourrait être étendue au-delà de mi-janvier 2017 si la Linafoot ne rétablit pas l’ordre dans les stades congolais.

    En mai 2014, 15 personnes au moins avaient été tués dans la capitale dans des violences ayant éclaté à l’issue du dernier match de la Linafoot.

    La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, dont le mandat arrive à terme le 20 décembre et à qui la Constitution interdit de se représenter.

    voa

  • Huit ans de prison requis contre Bemba pour subornation de témoins à la CPI

    Huit ans de prison requis contre Bemba pour subornation de témoins à la CPI

    -Le procureur a requis huit ans de prison à l’encontre de l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, reconnu coupable par la Cour pénale internationale (CPI) de subornation de témoins afin d’obtenir son acquittement dans son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    “L’accusation recommande que Bemba soit condamné à une peine totale de huit ans d’emprisonnement”, a déclaré le procureur, dans un document publié dans la nuit de lundi à mardi, “à purger consécutivement à sa peine dans l’affaire principale”.

    Jean-Pierre Bemba a été jugé coupable à la mi-octobre pour avoir influencé “de manière corrompue” quatorze témoins, présenté de fausses preuves et sollicité la déclaration de faux témoignages.

    L’ancien chef de guerre, ses avocats Aimé Kilolo et Jean-Jacques Mangenda, ainsi que Fidèle Babala, un député du parti Mouvement de Libération du Congo (MLC), et un témoin de la défense, Narcisse Arido, avaient versé de l’argent et donné des cadeaux à des témoins ou leur avaient promis une réinstallation et une sécurité en échange d’un faux témoignage devant la CPI.

    Le bureau du procureur a par ailleurs requis la peine totale de huit ans d’emprisonnement à l’encontre de M. Kilolo, de sept ans contre M. Mangenda, trois ans contre M. Babala et cinq ans contre M. Arido, demandant également que chacun des cinq accusés soit condamné à une amende.

    Ancien riche homme d’affaires de 53 ans, M. Bemba a été condamné en juin à 18 ans de prison pour la vague de meurtres et de viols commis par sa milice, le MLC, en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003. Celui qui est surnommé le “Mobutu miniature” a interjeté appel de sa condamnation fin septembre, dénonçant des “vices de forme” et évoquant notamment l’arrestation de son avocat durant le procès.

    Le procès connexe à cette affaire principale constitue le premier pour subornation de témoins de l’histoire de la CPI, lancé après que le bureau de la procureure a reçu une information de la part d’une source anonyme.

    L’ancien chef de guerre et ses deux avocats “ont mis sur pied un plan commun pour duper la chambre”, avait souligné le juge Bertram Schmitt à la lecture du verdict en octobre.

    Aimé Kilolo était chargé de leur donner les instructions (“Voici ce que tu diras”) et a effectué ou facilité le transfert d’argent, notamment, aux témoins.

    Ainsi, les juges de la chambre chargée du procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité “ont pu ne pas avoir suivi les dépositions de ces témoins mais bien la conception de déposition de M. Kilolo”, avait constaté M. Schmitt.

    L’accusation a réclamé que M. Kilolo soit retiré de “la liste d’avocats de la défense de la CPI”.

    Fidèle Babala a pour sa part encouragé M. Bemba à assurer “le service après-vente”: “Il est bon de donner du sucre aux gens”, lui avait conseillé le député du MLC, faisant référence aux pots-de-vin.

    Témoin agissant comme “intermédiaire”, Narcisse Arido a recruté quatre des témoins corrompus, leur promettant 10 millions de francs CFA (environ 15.200 euros) et un déménagement en Europe.

    Avec AFP