Author: Don Kayembe

  • Des révélations gênantes pour la famille Kabila à la Une d’un journal belge

    Des révélations gênantes pour la famille Kabila à la Une d’un journal belge

    joseph-kabila-RDC-president-Des révélations fracassantes sur la RDC sont à la Une du quotidien belge «Le Soir». Elles sont surtout très gênantes pour la famille de Joseph Kabila. Jean-Jacques Lumumba, un cadre dirigeant de la BGFI (première banque d’Afrique centrale), a claqué la porte de cette banque de Kinshasa, banque proche de la famille du président congolais, après avoir refusé de se rendre complice d’opérations douteuses. Il est allé ensuite livrer de nombreux et très compromettants dossiers au quotidien belge.

    Au cœur de ces révélations, il y a une banque, la BGFI. Elle est dirigée par un ami d’enfance de Kabila, Francis Selemani Mtwale, un très proche qui a grandi avec lui pendant les années d’exil en Tanzanie.

    Un des documents rendus publics par le quotidien belge Le Soir montre par exemple que l’un des comptes de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) du Congo, qui abritait de l’argent destiné à financer des élections en RDC, a été régulièrement ponctionné, et cela dans des conditions très louches.

    Un autre scandale révélé par l’enquête est celui du financement d’une société d’importation alimentaire qui s’appelle Egal, dirigée par Albert Yuma, qui est un autre proche de Kabila, un « presque frère » du président, comme le dit la journaliste belge qui a écrit cet article. Quelque 43 millions de dollars ont atterri sur ses comptes qui sont logés à la BGFI Bank, quatre mois après sa constitution en 2013. C’est la provenance de ces versements qui pose question, car c’est la Banque centrale du Congo qui a versé ces fonds au motif de provisions d’investissements, des fonds qui n’ont jamais été remboursés.

    Enfin, il y a la Gecamines, c’est la plus grosse compagnie d’Etat du Congo, qui est dirigée, elle aussi, par Albert Yuma. Cette société a ouvert une ligne de découvert de 30 millions de dollars, toujours auprès de la BGFI qui revient systématiquement dans cette affaire. Et surprise, les intérêts remboursés par la Gecamines ont été prélevés à deux reprises par la banque.

    Il y a donc toute une série de révélations de ce type.

    Un clin d’oeil à l’histoire congolaise

    Le dossier du Soir est une véritable bombe qui place la famille et des proches du président congolais Joseph Kabila au cœur d’un grand scandale financier.

    Des révélations qui sont le fait d’un homme, un petit neveu de Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance de la République démocratique du Congo, qu’il considère comme son grand-père spirituel.

    « C’est une histoire d’un monsieur qui est employé de très haut niveau, chef du département dans une banque de Kinshasa, qui appartient au frère du chef de l’Etat, explique Colette Braeckman, qui a coécrit l’article. Et ce monsieur Lumumba a vu passer des détournements de sommes que lui ne s’expliquait pas, des affectations, bref de la corruption. Et à un moment donné, il en a eu assez. Il a fait des photocopies de tous ces documents. Il est venu au Soir. Il a déposé ça à la rédaction du journal en disant, voilà moi je ne peux pas cautionner des opérations comme ça parce que c’est l’argent du peuple qui part, en particulier des sommes qui sont détournées à la Céni, la Commission électorale indépendante ».

    « Il est le petit-fils de Patrice Lumumba, poursuit Colette Braeckman. Et lui, c’est un économiste, un banquier, et il n’a aucune allégeance politique. Simplement, il dit : “je me suis rappelé de mon grand-père et je me suis dit, tout de même en mémoire de mon grand-père, je ne peux pas laisser passer des choses pareilles”. Et il a pris sa décision ».

    La journaliste assure que les montants en jeu ne sont pas colossaux. Ils sont de l’ordre de dizaines de millions de dollars, mais ils révèlent surtout combien l’entourage du président congolais Joseph Kabila serait corrompu. Et cela en toute impunité.

    Contactées par RFI, les autorités congolaises n’ont pas souhaité réagir. Le porte-parole du gouvernement évoque ce samedi soir une affaire qui est à première vue « une légende d’un individu qui tente de profiter de la situation pour se faire une notoriété ».

    RFI

  • Des opposants arrêtés après un sit-in devant le siège de l’UA à Kinshasa

    Des opposants arrêtés après un sit-in devant le siège de l’UA à Kinshasa

    arrestaion-a-kin-La police a confirmé qu’une dizaine de militants opposés à la prolongation du mandat du président congolais Joseph Kabila au-delà du 20 décembre ont été interpelés samedi après un sit-in devant le siège de l’Union africaine (UA) à Kinshasa.

    “Il y a eu des interpellations à la gare centrale et au quartier Bon marché”, a déclaré à l’AFP le colonel Ezekiel Mwana Mputu porte-parole de la police, indiquant qu’il attendait encore le rapport complet, “les interpellations ne s’étant pas déroulées sur le lieu de leur manifestation ratée”.

    Plus d’une trentaine de manifestants à l’appel du mouvement citoyen “Filimbi” (sifflet en swahili) ont scandé des slogans rappelant la fin du mandat de M. Kabila dans un vacarme des coups de sifflet lors de leur sit-in devant le siège de l’UA, sous une pluie battante, en présence des policiers qui ont arraché leurs deux banderoles.

    “Nous sommes venus rappeler à l’Union africaine qu’elle porte une lourde responsabilité dans le coup d’État constitutionnel décidé par le dialogue avec leur accord”, a déclaré à l’AFP l’un des organisateurs, Carbone Beni Wa Beya avant son interpellation.

    “Le 19 décembre sera la date de la fin du mandat du président Kabila conformément à la Constitution”, a-t-il ajouté.

    Toujours samedi à Kinshasa, une quarantaine de partis politiques et une trentaine d’association de la société civile sous la houlette du Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président de la République Jean Pierre Bemba détenu à la Cour pénale internationale à La Haye, ont lancé “le Front pour le respect de la Constitution”.

    Le MLC, deuxième force de l’opposition à l’Assemblée nationale avait boycotté le “dialogue national”, rejetant “en bloc” toutes les résolutions issues de ces assises, particulièrement celle sur “la prolongation du mandat du président au-delà du 20 décembre”, a déclaré à l’AFP Eve Bazaïba, secrétaire général du parti.

    Le “dialogue national” ouvert le 1er septembre a abouti après six semaines à la signature d’un accord entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition reportant à avril 2018 la présidentielle.

    Avec AFP

  • A 11 jours de l’élection présidentielle, le FBI rouvre l’enquête sur les emails privés de Hillary Clinton

    A 11 jours de l’élection présidentielle, le FBI rouvre l’enquête sur les emails privés de Hillary Clinton

    hillary_clinton-9-Le directeur du FBI James Comey a écrit à des élus vendredi pour les informer que ses équipes allaient de nouveau enquêter sur l’affaire de la messagerie privée d’Hillary Clinton, dans une lettre rendue publique par des élus républicains du Congrès.

    “Le FBI a pris connaissance de l’existence d’emails semblant pertinents pour l’enquête”, écrit James Comey. “Je vous écris pour vous informer que l’équipe enquêtrice m’en a informé hier, et que j’ai donné mon accord pour que le FBI prenne les mesures d’enquête appropriées afin de permettre aux enquêteurs d’examiner ces emails et de déterminer s’ils contiennent des informations classifiées”.

    Pour rappel, Hillary Clinton a envoyé et reçu 62.320 courriels pendant ses 4 ans comme secrétaire d’Etat, de 2009 à 2013, depuis une boîte email privée. Elle a expliqué avoir utilisé ce type de boîte email, plutôt qu’une adresse gouvernementale officielle, par “commodité”. A la demande du département d’Etat, elle avait restitué pour archivage les emails qu’elle considère comme officiels: 30.490, pour être exact.

    Hillary Clinton considère que les 31.830 restants sont des archives personnelles. Elle a indiqué que le serveur de sa messagerie avait été vidé après la fourniture d’une copie papier de ces emails officiels.

    “Je suis convaincue que je n’ai jamais envoyé ou reçu aucune information qui était classifiée au moment de son envoi ou de sa réception”, a déclaré Hillary Clinton le 25 juillet. Les enquêteurs ont trouvé quatre emails qui contenait des informations classifiées. Mardi, l’inspecteur général du renseignement américain, Charles McCullough, a indiqué au Congrès que deux de ces emails contenaient des informations “Top secret”.

    Le FBI peut “corriger une terrible erreur”, selon Donald Trump

    Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump a accueilli avec une joie non dissimulée l’annonce que la police fédérale FBI allait rouvrir le dossier concernant l’utilisation par sa rivale démocrate Hillary Clinton d’un serveur privé de messagerie quand elle était secrétaire d’Etat. “La corruption d’Hillary Clinton atteint une ampleur sans précédent”, a-t-il lancé lors d’un meeting à Manchester (New Hampshire, nord-est), tandis que ses partisans scandaient “Enfermez-la”.

    “J’ai un grand respect pour le fait que le FBI et le ministère de la Justice soient désormais disposés à avoir le courage de corriger la terrible erreur qu’ils ont commise” en refermant leur enquête sans mettre Mme Clinton en accusation, a-t-il ajouté.

    Wall Street tombe dans le rouge

    Jusqu’alors en légère hausse, Wall Street tombait dans le rouge vendredi en deuxième partie de séance, après l’annonce que le FBI allait reprendre son enquête sur l’affaire de la messagerie privée d’Hillary Clinton: le Dow Jones perdait 0,26% et le Nasdaq 0,40%.

    Vers 18H00 GMT, l’indice vedette Dow Jones Industrial Average cédait 48,04 points à 18.121,64 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 21,07 points à 5.194,90 points. L’indice élargi S&P 500 perdait 9,02 points, soit 0,42 %, à 2.124,02 points.

    Le Dow Jones gagnait quelque 0,5% à la mi-séance, profitant d’un bon chiffre sur la croissance américaine au troisième trimestre, juste avant que des élus républicains divulguent une lettre du directeur du FBI, James Comey, selon laquelle ses équipes allaient de nouveau enquêter sur l’affaire des e-mails de la candidate démocrate à la présidentielle.

    Le New York Times avait révélé en mars 2015 que l’ancienne secrétaire d’Etat avait utilisé exclusivement un compte privé pour communiquer, au lieu d’un compte gouvernemental sécurisé, mais le FBI avait initialement estimé que des poursuites n’étaient pas justifiées

    “C’est un choc et ce n’est pas ce à quoi le marché s’attendait une heure plus tôt”, a reconnu Chris Low, de FTN Financial.

    Depuis plusieurs semaines, les analystes jugent largement favorite Mme Clinton face au candidat républicain Donald Trump, une hypothèse qui a la faveur de beaucoup d’observateurs dans l’optique de la stabilité des marchés.

    A ce titre, “la réaction des marchés reflète l’éventualité d’une victoire de Trump”, a jugé M. Low. “C’est ce qui pousse les investisseurs à passer à la vente car cela provoque beaucoup d’incertitudes.”

    Le marché obligataire avançait, le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculant à 1,838%, contre 1,849% jeudi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,608%, contre 2,611% précédemment.

    Lalibre

  • Les pays des Grands-Lacs appellent au renfort de la mission de l’ONU en RDC

    Les pays des Grands-Lacs appellent au renfort de la mission de l’ONU en RDC

    sassou_-_santos-Les dirigeants des pays des Grands-Lacs réunis à Luanda ont appelé les Etats de la région et d’Afrique australe à “fournir des contingents supplémentaires” aux forces de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC), qui traverse une grave crise politique.
    Les dirigeants ont demandé aux Etats membres “de la Conférence internationale sur la région des Grands-Lacs (CIRGL) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) de fournir des contingents à la brigade d’intervention” de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), selon un communiqué final transmis jeudi.
    L’objectif est de “renforcer les opérations menées contre les forces négatives” en RDC, “en étroite collaboration” avec Kinshasa.
    A la fin officielle du sommet qui s’est tenu mercredi à Luanda, les présidents de l’Angola, Jose Eduardo dos Santos, de la RDC, Joseph Kabila, et du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, se sont réunis à huis clos, a indiqué à l’AFP une source proche de la présidence angolaise.
    Luanda et Brazzaville “se sont engagés à (…) envoyer, avant la fin du mandat de Joseph Kabila (le 20 décembre, NDLR) des militaires supplémentaires” pour renforcer la mission des Casques bleus en RDC, a ajouté cette source.
    La RDC est minée par une crise politique profonde liée au report de la présidentielle qui devait se tenir cette année.
    En octobre, la majorité congolaise et une frange minoritaire de l’opposition ont convenu de reporter ce scrutin à avril 2018.
    L’accord prévoit la constitution rapide d’un nouveau gouvernement dont la tête devrait revenir à une personnalité de l’opposition, mais ne dit pas expressément que M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne sera pas candidat à la fin de son mandat, le 20 décembre.
    La Constitution lui interdit de se représenter.
    La Monusco, dont la mission est essentiellement axée sur la protection des populations civiles, est présente en RDC depuis 1999 et compte près de 20.000 hommes en uniforme.
    Le mandat des Casques bleus a été considérablement renforcé au fil des années. Depuis 2013, ils ont pour mission de neutraliser les différents groupes armés nationaux et étrangers qui écument l’est du pays et sont autorisés à recourir à la force de manière offensive.
    AFP
  • Sommet de Luanda: vives réactions de l’opposition et du gouvernement en RDC

    Sommet de Luanda: vives réactions de l’opposition et du gouvernement en RDC

    luanda_sommet-En République démocratique du Congo (RDC), les réactions ont été nombreuses suite au sommet de Luanda qui a consacré l’accord politique signé entre la majorité et une frange de l’opposition, et félicité Joseph Kabila pour la convocation du dialogue national. Si le gouvernement congolais salue ce soutien, une partie de l’opposition rejette fermement les conclusions des chefs de l’Etat réunis en Angola.

    Alors que le sommet s’est achevé mercredi à Luanda, les réactions ne cessent de se faire entendre à Kinshasa. Et pour cause : les chefs d’Etat africains de la sous-région des Grands Lacs et de la SADC ont apporté leur soutien à l’accord qui entérine le report des élections à 2018 au lieu de 2016 et qui maintient Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son mandat jusqu’au prochain scrutin.

    « Nous sommes satisfaits de ce que les initiatives qui ont été prises par le président Kabila aient été soutenues de manière claire par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et qu’un appel à la raison ait été lancé à tous nos compatriotes, pour qu’ils puissent se joindre aux résolutions que nous avons prises et éviter une gestion plus ou moins chaotique ou violente de cette étape assez délicate, que nous allons connaître entre la fin du mandat du président, de son deuxième mandat, et l’organisation effective des élections à venir », explique Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement de la RDC.

    L’UDPS rejette les conclusions du sommet

    Le principal parti d’opposition, l’UDPS, rejette, en revanche, les conclusions de ce sommet, estimant qu’elles trahissent les aspirations du peuple congolais qui souhaite une alternance pacifique au pouvoir en 2016. « Aujourd’hui, le peuple congolais aspire à la démocratie, à l’alternance. Il faut souligner que c’est la première alternance que les Congolais attendaient il y a de cela 56 ans, depuis son accession à l’Indépendance », explique Jean-Marc Kabund wa Kabund, secrétaire général de l’UDPS.

    Et de poursuivre : « Malheureusement, ce sommet a assassiné la démocratie dans notre pays. Ça ne peut qu’exacerber la tension dans notre pays, dans la mesure où le peuple congolais est déterminé à faire respecter la Constitution, à faire réellement que ce pays puisse vivre son alternance. C’est le peuple congolais qui a son destin en mains et c’est à lui de décider sur son avenir. »

    Le message d’Etienne Tshisekedi

    Pour véhiculer sa position au sein de la population, le parti utilise la structure Le Parlement debout, créée par Etienne Tshisekedi à l’époque du président Mobutu.

    Ainsi, des dizaines de « parlementaires debout » se sont réunis jeudi 27 octobre devant le siège de l’UDPS à Kinshasa. Ils viennent écouter le message que leur transmet leur leader, Etienne Tshisekedi, à travers des cadres du parti. Et quel message ? « Ce qui se passe en Angola, ça ne nous concerne pas. Nous notre problème c’est quoi ? Le 19 décembre 2016, pour nous, le peuple congolais comme un seul homme, Kabila n’est plus président de la République. »

    Les «parlementaires debout» d’Etienne Tshisekedi devant le siège de l’UDPS à Kinshasa, le 27 octobre 2016. © RFI/Sonia Rolley

    « Les médias sont pris en otage »

    Dans le public, les présidents des « Parlements debout » de la capitale qui iront transmettre ce message aux habitants de leur quartier, notamment près des kiosques à journaux, des carrefours ou encore des ronds-points. « Au Congo, les médias sont pris en otage par un seul parti politique qui est le PPRD [parti au pouvoir ; NDLR]. Kabila et ces hommes empêchent les Congolais de s’exprimer », justifie l’un d’eux.

    Du côté de la majorité, cette initiative de « Parlement debout » est plus qu’une opération de communication, c’est de l’intimidation. « A la fin du régime de Mobutu, quand un ‘parlementaire debout’ parlait dans certains quartiers, les autres n’avaient le droit que de se taire », explique un officiel.

    RFI

  • A Luanda, un sommet pour entériner l’accord politique de Kinshasa

    A Luanda, un sommet pour entériner l’accord politique de Kinshasa

    kabila-dos-santos-Le sommet sur la RDC s’est achevé mercredi soir à Luanda. les chefs d’Etat africains de la sous-région des Grands Lacs et de la SADC ont apporté leur soutien à l’accord qui entérine le report des élections à 2018 au lieu de 2016 et qui maintient Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son mandat jusqu’au prochain scrutin. L’opposition radicale en RDC espérait que les chefs d’Etats africains encourageraient Joseph Kabila à aller plus loin dans son dialogue avec l’opposition. Mais, au contraire, c’est un plébiscite que Joseph Kabila a obtenu auprès de ses pairs à Luanda.

    En se rendant à Luanda, le président Joseph Kabila cherchait à décrocher le soutien de ses pairs. Une approbation des chefs d’Etats de la région pour combler le déficit de popularité de son dialogue. Les principales forces de l’opposition l’ont boycotté. Même l’église catholique a fini par quitter la table des négociations faute d’inclusivité.

    Obtenir le soutien de la région est une façon aussi de contrecarrer la pression des Etats-Unis et de l’Union européenne, très critiques de la feuille de route adoptée à Kinshasa. L’UE a appelé à ce que le délai de la transition soit raccourci avec des élections au plus tard en 2017, à plus de clarté aussi sur les intentions de Joseph Kabila après la fin de son mandat le 19 décembre. La menace de sanctions a même été brandie.

    Soutien sans faille

    Au final Joseph Kabila a obtenu à Luanda le soutien sans faille qu’il attendait : félicité pour avoir organisé un dialogue avec l’opposition, satisfecit aussi sur la signature d’un accord politique et sur les mesures prises par le pouvoir pour restaurer la confiance avec l’opposition. L’unique demande qui était faite au pouvoir, celle de prendre de nouvelles mesures pour que le dialogue soit plus inclusif, a même été retirée du communiqué final. Une exigence martelée par la communauté internationale mais aussi l’Eglise catholique. Elle a donc disparu de la déclaration finale.

    Reste la condamnation des violences du 19 et 20 septembre comme seule critique formulée. Mais le président angolais José Eduardo dos Santos, qui accueillait le sommet, avait donné le ton : « Les négociations ont culminé avec succès ». « Et dans l’interêt de tous » avait-il dit dans son discours inaugural, insistant sur l’importance du dialogue comme seul moyen valable de surmonter les crises.

    Appel à la patience

    C’est l’opposition que le président angolais Jose Eduardo dos Santos a sermonné en les appelant à la patience « Il vaut mieux attendre quelques mois de plus pour faire des élections dans de bonnes conditions » (…) « plutôt que de se lancer sur les chemins incertains de la violence ».

    Pas de critique sur le report d’un an et demi des élections, ni le fait que Joseph Kabila reste au pouvoir jusqu’à la prochaine élection. Deux éléments mentionnés dans son discours. On est donc loin de la position de l’Union européenne. Bien loin aussi des demandes des poids lourds de l’opposition congolaise d’ouvrir un nouveau dialogue et d’une transition sans Joseph Kabila.

    RFI

  • Dos Santos appelle l’opposition congolaise à la patience

    Dos Santos appelle l’opposition congolaise à la patience

    Kabila et Dos Santos
    Kabila et Dos Santos

    -Le président angolais a, dans un un discours prononcé lors d’une réunion des dirigeants des pays des Grands lacs à Luanda, appelé l’opposition de République démocratique du Congo (RDC) à faire preuve de patience jusqu’à la présidentielle reportée en 2018.

    “Pour ceux qui veulent arriver au pouvoir, il est important de savoir qu’ils peuvent le faire démocratiquement, en respectant la loi et la volonté souveraine des électeurs”, a déclaré Eduardo dos Santos.

    “Il vaut mieux attendre quelques mois de plus pour le faire dans de bonnes conditions de sécurité et de tranquillité plutôt que de se lancer sur les chemins incertains de la violence”, a-t-il ajouté.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée du président Joseph Kabila en 2011, à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives.

    Le mandat de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, se termine le 20 décembre. La Constitution lui interdit de se représenter mais le chef de l’Etat ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste.

    Le “dialogue national” en RDC a conclu mi-octobre un accord reportant la présidentielle au mois d’avril 2018, un résultat dénoncé par la majeure partie de l’opposition au président Kabila, qui avait boycotté ce forum.

    Ce document prévoit le maintien de l’actuel chef de l’Etat jusqu’à la tenue de ce scrutin.

    Dans son discours, M. dos Santos a souhaité “la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale” afin de “mettre fin au climat de contestation et de déstabilisation” actuel.

    “Il est préférable et plus facile d’arriver au pouvoir dans la paix et dans l’ordre plutôt que de prendre en charge un pays dévasté”, a insisté le chef de l’Etat angolais, traditionnel soutien de M. Kabila.

    Seuls quatre des treize présidents des pays de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont fait le déplacement à Luanda, dont M. Kabila.

    Avec AFP

    (Extraits discours du président angolais ci-dessous)
     
    dd1
    d1
     d2
  • selon un sondage, une majorité de Congolais contre un troisième mandat

    selon un sondage, une majorité de Congolais contre un troisième mandat

    Joseph inquiet-C’est un sondage inédit en République démocratique du Congo que viennent de réaliser le Bureau d’études, de recherches et consulting international (Berci) et le Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York. Les deux organismes ont interrogé, entre mai et septembre 2016, un échantillon de 7 545 personnes à travers toutes les provinces du pays. Chacune a répondu à pas moins de 150 questions sur le pays, la politique, la société ou encore les institutions. Que pensent les personnes sondées de la crise politique actuelle ? RFI fait le point.

    ■ Quels sont les résultats du sondage ?

    Le rapport (à lire ici) évoque d’abord l’épineuse question du troisième mandat. Précisément 81,4% des personnes sondées refusent toute modification de la Constitution de nature à lever cette limitation. Les trois quarts des Congolais interrogés estiment même que le président Kabila devrait quitter le pouvoir le 19 décembre, à la date initialement prévue par la Constitution.

    Le sondage s’est déroulé avant la conclusion du dialogue national et de l’accord politique qui repousse la présidentielle au plus tôt en avril 2018, mais les auteurs de ce rapport ont interrogé les quelque 7 500 personnes sondées sur leur vote en cas d’élection présidentielle cette année.

    Intentions de vote : Katumbi et Tshisekedi en tête

    Résultat : deux opposants seraient en tête, Moïse Katumbi et Étienne Tshisekedi. Les auteurs de ce rapport soulignent qu’en moyenne, une personne sondée sur deux dit vouloir voter pour une personnalité qui n’a pas participé au dialogue national. Les sondeurs précisent cependant que le sondage a été effectué sur cinq mois riches en évènements qui auraient pu attirer l’attention sur l’un ou l’autre.

    Si le président Kabila pouvait être candidat pour un troisième mandat en 2016, il serait de loin, dans son camp, au sein de l’actuelle majorité, le candidat le plus populaire.

    En cas de report de l’élection présidentielle, deux personnes interrogées sur trois estiment que la présidentielle devrait avoir lieu au plus tard en 2017. Un peu moins de 14% serait d’accord pour la configuration actuelle, c’est-à-dire en 2018. Mais une très large majorité souhaite aller aux urnes même si plus de la moitié des personnes interrogées disent ne pas faire confiance en la Céni actuelle.

    Une femme présidente de la République ? « Pourquoi pas », répondent plus 60% des personnes sondées. Ce chiffre augmente si l’on évoque la parité dans les candidatures à des postes politiques : huit Congolais interrogés sur 10 estiment que les femmes doivent se porter candidates.

    Qu’on pose des questions par rapport à l’armée, par rapport à la police, par rapport aux tribunaux, par rapport à l’Etat, il y a une grande majorité de la population qui est insatisfaite.

    ■ Quelle méthodologie a-t-elle été utilisée ?

    Il s’agit bien d’un sondage, c’est-à-dire d’une photographie de l’opinion à un instant T. En l’occurrence, le sondage a été effectué sur cinq mois vu la complexité de la tâche dans un pays aussi grand que la République démocratique du Congo.

    Les chercheurs ont fait 7 545 entretiens individuels avec des personnes de plus de 18 ans qu’ils ont rencontrées à leur domicile. Les lieux ont été choisis au hasard dans chaque province.

    En revanche, pour choisir l’échantillon, c’est plus compliqué en RDC qu’ailleurs puisqu’il n’y a pas eu de recensement depuis 1984. Ainsi, pour la composition (hommes, femmes, jeunes, vieux, le nombre de personnes sondées par province), le Groupe d’études sur le Congo et le Berci disent s’être appuyés, comme l’institut national de sondages, sur une projection faite en 2012 du nombre d’habitants et de la composition de la population. Ces derniers ont revérifié leur échantillon en comparant avec une autre étude, Les enquêtes démographiques et de santé de 2010. Plus précisément : ils ont regardé si leur échantillon avait bien les mêmes caractéristiques que celles trouvées à cette époque en termes de religion par exemple, de distance au point d’eau, d’accès à l’électricité…

    Les chercheurs notent également une proportion plus importante d’hommes que dans la population congolaise : 55% des personnes sondées. Et pour cause : les hommes étaient plus souvent à la maison, ou volontaires pour parler, notent les auteurs de ce rapport.

    Pourquoi avoir réalisé ce sondage ?

    Pour Jason Stearns, directeur du Groupe d’étude sur le Congo, l’intérêt de ce sondage est clair : « Il y a un grand débat politique en RDC actuellement par rapport à l’avenir de la démocratie. Ce sont des discussions qui souvent se tiennent entre les ligues politiques avec les bailleurs de fonds, mais dans lesquelles la population congolaise n’a presque aucune influence. On ne demande presque jamais l’opinion. »

    Autre raison, selon l’institut : mettre à disposition un sondage « représentatif ». « Nos chercheurs sont descendus dans les villages les plus reculés parce qu’on voulait faire un sondage statistiquement représentatif au niveau, à l’échelle nationale », poursuit le directeur.

    Et de conclure : « Il est très rare de faire ce genre de choses, mais aussi très important, vu l’importance de la discussion au niveau national actuellement, de savoir ce que les gens pensent. Et ça donne l’impression d’un électorat, d’un Congo beaucoup plus nuancé, beaucoup plus aussi connaisseur de la politique congolaise qu’on ne le pensait. »

    Quelle est la réaction côté gouvernement ?

    « Les sondages dans l’Europe ou aux Etats-Unis sont toujours sujets à caution. Ceci dit, il est vrai que le besoin de changement, besoin d’alternance, est un besoin qui est partagé par le monde. De ce point de vue je peux comprendre une certaine opinion qui s’exprimerait dans ce sens-là au Congo. Encore faut-il organiser ce changement. Il faut organiser cette alternance pour éviter le chaos qui est le péril suprême pour nos Etats », affirme le ministre des Relations avec le Parlement, Tryphon Kin-Kiey Mulumba.

    Selon le fondateur du mouvement « Kabila-désir » qui milite pour un troisième mandat du président Kabila, la RDC n’avait pas d’autre choix que de décaler la présidentielle à 2018. « Je pense qu’il faut que la population le sache et on connaît ce qui se passe dans certains pays, lorsque le changement qui est désiré intervient sans qu’il n’ait pu être organisé. C’est le chaos. Et je ne veux pas vous citer de nom », conclut le ministre.

    Un officiel congolais estime par ailleurs que cet échantillonnage n’est pas représentatif de la population congolaise. Il rappelle que l’un des auteurs de ce rapport, Jason Stearns, avait été déclaré persona non grata en RDC après la publication d’un rapport sur les massacres de Beni, accusant certains officiers FARDC d’y avoir participé ou laissé faire certaines tueries.

    RFI

  • La Banque centrale de la RDC place une institution de micro-finance sous sa “gestion provisoire”

    La Banque centrale de la RDC place une institution de micro-finance sous sa “gestion provisoire”

    bcc-La BCC justifie sa décision par le souci de préserver l’épargne de ses clients dans un contexte financier difficile.

    Le gouverneur de la BCC, Déogratias Mutombo, a annoncé, dans une correspondance, avoir placé sous la gestion “provisoire” de la banque centrale un réseau des coopératives d’épargne et de crédit en difficulté.

    “Dans le cadre de la résolution de la crise sévissant au sein de ce réseau, la Banque centrale du Congo a décidé de la désignation d’un comité d’administration provisoire auprès de Mecreco en difficultés”, écrit le gouverneur de la BCC, Déogratias Mutombo, dans une lettre datée du 17 octobre, adressée au ministre congolais de l’Intérieur.

    Pour M. Mutombo, la “situation très critique” de Mecreco peut “incessamment déboucher sur sa cessation d’activités ou sa faillite”.

    La Mutuelle d’épargne et de crédit du Congo (Mecreco) est un réseau regroupant 21 coopératives agréées par la BCC qui récoltent dans six provinces de la RDC de petites épargnes et octroient des microcrédits à des individus à Kinshasa ainsi que dans plusieurs provinces de l’Est, notamment le Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

    En 2012, la Mecreco avait compté 92.000 membres pour un volume total d’épargne de 30 millions de dollars et un encours crédit de 22 millions de dollars.

    En vue de “juguler dans le meilleur délai”, la “crise de liquidité conjoncturelle” à laquelle font face toutes les coopératives du réseau, la direction provisoire, constituée des agents de la BCC, s’est substituée “à la fois au conseil d’administration et à la gérance des structures concernées”, a décidé la BCC.

    Les difficultés financières de Mecreco interviennent trois mois après que la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC), troisième banque de RDC, a été mise sous tutelle de la BCC par l’autorité monétaire.

    Ces difficultés surviennent alors que les finances publiques de la RDC sont mises à rude épreuve par la chute des cours des matières premières, limitant les marges d’intervention budgétaire de l’État.

    Avec AFP

  • Une Imposture de Trop au Togo

    Une Imposture de Trop au Togo

    togo-flag-Parce que toute action politique doit s’inspirer de l’éthique et s’y fonder en favorisant la responsabilité et la transparence, parce qu’aucune institution togolaise n’est en mesure de donner les coûts réels du Sommet sur la Sécurité maritime ayant conduit à la très embryonnaire Charte de Lomé, parce que des millions de dollars ont été déjà versés pour des services externes dont toutes les expertises existent localement ou dans les pays voisins alors que de simples chauffeurs peinent à se faire payer leurs prestations, parce que tous ces écarts sont insultants que la lutte intelligente pour la République se doit de continuer au Togo et dans sa Diaspora.

    Une fois de plus, c’est dans les réformes politiques profondes et globales qu’il faut croire, et non dans les institutions actuelles qui ne se sentent redevables devant les citoyens togolais. Toutes les tentatives d’amalgame et de clientélisme des Adowuinon ont vainement essayé de faire croire, jusque dans la diaspora togolaise, que la tenue de la conférence sur la Sécurité maritime, au Togo, serait d’un bénéfice structurant pour le pays.

    Peine perdue! Si le pouvoir présidentiel, ses conseillers autant que Faure Gnassingbé lui-même étaient capables d’une saine perspective en politique de développement, il y a bien longtemps que les Togolaises et les Togolais l’auraient remarquée. Manifestement, les soucis et objectifs de la nomenklatura togolaise sont ailleurs.

    Dans un contexte de « mandat social », rien n’aurait justifié une ponction budgétaire aussi scandaleuse devant le désastre socio-économique de la gouvernance actuelle au Togo. Les dégâts de toutes ces années d’apprentissage et de gestion approximative auraient appelé à la retenue, au discernement ou encore à la nécessité des réformes ainsi qu’à la redéfinition des priorités, salutaires à l’ensemble des populations togolaises.

    À l’évidence, les gouvernants togolais n’en sont qu’à la désinvolture traditionnelle et à l’amateurisme coutumier : le Togo n’est pas sorti des grandes allées de l’imposture et de l’invouloir. Et ce n’est pas une quelconque complaisance devant une si grande défaillance de la classe dirigeante qui pourrait constituer la solution, après plus d’une décennie d’errance et de déperdition déconcertantes.

    D’ailleurs, sur les réseaux sociaux, circulent allègrement des images et messages qui résument le désarroi général; des analogies comme « où sont nos salaires après votre sommet », « tout ça pour si peu » et autres amabilités de même nature.

    En somme, l’épisode du fameux Sommet de Lomé est davantage le reflet d’une quête de légitimité à l’extérieur des frontières togolaises, un racolage diplomatique à l’extérieur jusque dans les chancelleries occidentales, une dégradation orchestrée de l’indifférence culturelle, sociale, économique, intellectuelle et citoyenne au Togo, un réflexe constant d’une carence assumée, une exaltation assidue de la violence d’un État Patapa institutionnalisé, et surtout un goût de la notoriété gonflée à l’insuffisance, au point de forcer une Charte de Lomé minimaliste.

    Une Charte de Lomé tellement frileuse, peu avant-gardiste, que la référence est uniquement faite aux seules eaux territoriales des États africains. Une Charte de Lomé minimaliste qu’elle se retrouve en conflit avec les avancées antérieures des ententes internationales, à l’exemple de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Toutes ces choses qu’il faudra corriger, littéralement réécrire, gomme et crayon à la main…

    La Charte de Lomé : un cache sexe politico-affairiste

    Au grand désespoir des citoyens du Togo, tous leurs efforts financiers n’ont servi qu’à enrichir certaines personnes, les mêmes, et réinventer le bouton à quatre trous, c’est-à-dire redire l’évidence et la banalité : vous ne pouvez pas jouer dans mon salon, mais vous pouvez jouer dans ma cour et faire tout ce que vous voulez devant mon portail, y compris ce qui est illégal; je regarderai toujours ailleurs tant que vous n’êtes pas dans mon salon. Les Togolaises et les Togolais ont-ils besoin de se saigner pour si peu de résultats?

    C’est à croire qu’il fallait la Charte de Lomé, à tout prix, quel que soit son contenu. On comprend même pourquoi certains États, présents à Lomé, n’avaient pas cru nécessaire de signer la presque inutile Charte de Lomé.

    La meilleure de l’histoire est que les autorités togolaises, ces hommes et ses femmes qui n’ont jamais respecté un seul accord dans leur propre pays, vont veiller à  la survie de celui-ci qu’ils ont voulu coûte que coûte, la Charte de Lomé, en intégrant les réserves des uns et des autres. Au Togo, la sagesse populaire avait déjà tranché cette contradiction : savoir bien se coiffer s’apprend depuis chez soi et ne s’improvise guère sous le regard du monde entier. Un tel habitus, sagement construit devant son miroir, chez soi, est aussi de l’indispensable éthique politique utile aux dirigeants togolais.

    La Charte africaine sur la sûreté, la sécurité maritime et le développement en Afrique, dite la Charte de Lomé, à laquelle il a fallu greffer le mot « développement », est un catalogue de définitions et de vœux pieusement alignés en cinquante-six articles. Certains États africains, présents, n’ont même pas daigné signer la Charte de Lomé, qui a davantage l’allure d’un accord au forceps destiné à la communication politique : nourrir et flatter certains ego, c’est selon.

    Affublé de tous les noms pompeux, du « Sommet des Océans » au « Sommet de la lutte contre la piraterie maritime et la pêche illégale », en passant par le « Sommet de promotion de l’économie bleue », cet exercice de relation publique qui a abouti à la Charte de Lomé , n’aura été qu’un cache sexe à la fois réactionnaire et politico-affairiste du pouvoir présidentiel togolais. Au Togo, il y a du refus persistant de conquérir le Togo d’aujourd’hui : jeune et fou de la démocratie comme partout ailleurs. À la place, l’on cherche légitimité ailleurs en organisant conférence coûteuse et saignante de la misère des populations. L’écho et la fragrance du Togo actuel restent toujours insupportables à la dignité humaine : une évidente imposture.

    C’est connu, « Si Rome eut gardé ses rois, elle n’eut pas été Rome ». Autant, si le Togo avait uniquement eu un noble Sommet, le Togo n’aurait pas été le Togo des anomalies. En exhibant une générosité aussi encombrante que dérangeante et violente pour le commun des citoyens, tout ceci n’est qu’une introduction à l’ambition des autorités togolaises d’accueillir le Sommet de la Francophonie dans un proche avenir… Accueillir le Sommet de la Francophonie envers et contre tous les besoins urgents de santé, d’éducation, de bien-être, de démocratie et de dignité des Togolaises et des Togolais.

    À chacun ses responsabilités désormais, face à une désinvolture politique aussi inqualifiable qui perdure sur la Terre de nos aïeux.

    • 20 octobre 2016●

    Pierre S. Adjété

    Québec, Canada