Author: Don Kayembe

  • Accord politique pour un report de la présidentielle à avril 2018 en RDC

    Accord politique pour un report de la présidentielle à avril 2018 en RDC

    dialogue-Les participants au “dialogue national” en République démocratique du Congo, boycotté par la majeure partie de l’opposition, ont conclu lundi un accord reportant l’élection présidentielle au mois d’avril 2018.

    L’accord, validé lors d’une séance plénière à Kinshasa en l’absence de la majeure partie de l’opposition, prévoit de maintenir dans ses fonctions jusqu’à cette date le président Joseph Kabila, dont le mandat s’achève en décembre et à qui la Constitution interdit de se représenter.

    “La présidentielle aura lieu le 29 avril 2018 et la passation de pouvoirs entre le président entrant et le président sortant le 9 mai”, a déclaré à l’AFP Vital Kamerhe, co-modérateur du “dialogue politique national inclusif” pour le compte de l’opposition.

    “La date des élections c’est en avril 2018”, a déclaré pour sa part Ramazani Shadari, président du groupe parlementaire du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation de M. Kabila.

    L’ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo, facilitateur des négociations, a annoncé que l’accord approuvé lundi serait signé “individuellement” mardi après-midi par chacun des délégués à ces assises.

    L’accord prévoit la constitution rapide d’un nouveau gouvernement dont le poste de Premier ministre devrait revenir à une “personnalité de l’opposition”, a dit M. Kodjo.

    M. Kamerhe, ancien directeur de campagne de M. Kabila lors de la présidentielle de 2006 et chassé de la majorité en 2008 fait figure de favori.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Celle-ci est exacerbée par l’incapacité – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – des autorités à organiser la présidentielle avant la fin de l’année.

    L’accord forgé lundi n’engage que la majorité et une frange de l’opposition, ce qui pose la question de sa capacité à sortir le pays de la crise.

    Réunie dans un “Rassemblement” constitué en juin, la majeure partie de l’opposition a refusé de participer au “dialogue national”, y voyant une manoeuvre du pouvoir pour une présidence à vie de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001.

    Avec AFP

  • Visés par la réquisition du PGR : Des Opposants en train de quitter le pays avant le 19 octobre 2016 !

    Visés par la réquisition du PGR : Des Opposants en train de quitter le pays avant le 19 octobre 2016 !

    Tshisekedi n’a jamais dit ni aux elus de l’opposition ni a ceux de l’UDPS de ne pas sieger au parlement, a dit Honorable Franck Diongo au micro de Don Kayembe-Le 21 septembre 2016, le Procureur Général de la République a émis la réquisition d’information n°6244/D023/42659/PGR/SAK/2016 portant interdiction de sortie du territoire national à Joseph Olenghankoy, Kitenge Yesu, Franck Diongo, Lisanga Bonganga, Ingele Ifoto, Jean-Marc Kabund, Willy Mishiki, Martin Mukonkole, Sama Lukonde Kyenge et Bruno Tshibala. Il y est précisé : «TOUS DE NATIONALITE CONGOLAISE (-) POURSUIVIS POUR MOUVEMENT INSURRECTIONNEL (-) EN CAS DE DECOUVERTE (-) LES APPREHENDER ET LES ACHEMINER SOUS BONNE ESCORTE A L’EGM (-) EXECUTION SANS FAILLE (-)». Dernier cité sur ce document, premier cependant à vouloir quitter le pays par l’aéroport international de N’Djili, Bruno Tshibala a été appréhendé la nuit du mardi 11 au mercredi 12 octobre 2016. Il est écroué à la prison centrale de Makala. Deux autres Opposants visés tentent de sortir pour l’étranger : Franck Diongo (il a écrit le 12 octobre dernier à la DGM) et Willy Mishiki (il s’est exprimé le même jour sur Radio Okapi en qualifiant de « provocation » l’exécution de cette réquisition)…  

                 La question pertinente est de savoir si Bruno Tshibala s’attendait ou non à être appréhendé à l’aéroport international lorsqu’il s’est présenté devant le guichet de la DGM. La réponse est simple : il en était pleinement conscient. On peut alors supposer qu’il a agi par défi. A moins d’avoir obtenu au préalable une dérogation, ce dont on n’est pas sûr.

                Ainsi, la célérité avec laquelle les médias périphériques ont été alertés la nuit du 9 au 10 octobre 2016 convainc l’opinion avisée d’une initiative osée de sa part, certainement avec le soutien de la haute hiérarchie de son parti. Bruno Tshibala s’est présenté à l’aéroport pour «tester» la capacité des autorités judiciaires de réagir.

                Au-delà de toutes les péripéties ayant émaillé ses heures de détention entre les mains de l’organe de la loi, le résultat obtenu est l’exécution du mandat d’arrêt provisoire (Map) émis à son attention et à son intention.

                Comme pour ne pas subir le même sort, Franck Diongo a préféré écrire non pas au PGR, mais au chef de la Dgm avec pour objet «Demande de notification de la réquisition d’information du PGR et dénonciation de la-violation des droits et libertés parlementaires». Il l’introduit en ces termes : «En ma qualité de Député National, Président du Mouvement lumumbiste Progressiste, MLP en sigle, Parti politique de l’Opposition et l’une des victimes des sanglants évènements des 19 et 20 septembre dernier dont le siège a été nuitamment détruit par bombes incendiaires et autres militaires, j’ai, en date du 21 septembre 2016 par voie de plainte, saisi Monsieur le Procureur Général de la République qui, du reste, a ouvert un dossier à son office pour une enquête judiciaire».

    Il a fait constater à la DGM qu’en dépit de sa «qualité de Député national», son nom «figure illégalement sur la réquisition» lui notifiée par le PGR. Il a déploré  l’interdiction qui lui a faite «de sortir du territoire national, et ce, au mépris total» de ses immunités parlementaires et des instruments «instruments juridiques tant nationaux qu’internationaux en la matière». Il a, en plus, évoqué les alinéas 2 et 3 de la Constitution du 18 février 2006 selon lesquels «Aucun parlementaire ne peut, en cours de sessions, être poursuivi et arrêté, sauf en cas de flagrant délit, qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale ou du Bureau du Sénat selon le cas » et qu’«En dehors de session, aucun parlementaire ne peut être arrêté avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale ou du Bureau du Sénat, sauf en cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou condamnations définitives».

    Bien plus, il s’est appuyé sur les alinéas 1 et 2 de l’article 94 du Règlement intérieur de l’Assemblée Nationale selon lesquels «Le Député a le droit de circuler sans restriction ni entrave à l’intérieur du territoire national et d’en sortir. Aucune mesure, qu’elle soit du bureau de l’Assemblée Nationale ou de toute autre autorité ne peut avoir pour effet de porter atteinte au droit de libre circulation du Député. Seuls sont admis, à l’occasion du déplacement d’un Député tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, les documents administratifs constatant sa qualité et le voyage à effectuer».

    Ce qu’il s’est abstenu cependant de dire dans sa lettre adressée à une autorité non compétente pour décider à la place de l’autorité judiciaire, c’est qu’il n’est pas, lui, l’objet d’arrestation du moment qu’il ne s’est pas encore présenté à un poste frontalier !

    Il sait davantage, en tant que législateur, que le fait pour lequel il est cité dans la réquisition d’information du PGR est le mouvement insurrectionnel. Ni la Constitution, ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne lui garantissent l’immunité pour ce délit-là !

                Sur ces entrefaites, Willy Mishiki va se faire rappeler au souvenir de l’opinion. Dans une déclaration à www.radiookapi.net, il commence par faire remarquer que l’exécution de la réquisition du PGR «risque de briser le pacte républicain et pousser vers le radicalisme», avant de relever qu’«Il y a des personnalités qui sont sur cette liste mais qui n’ont jamais pris part à cette marche et qui n’ont jamais appelé à la mobilisation mais qui sont innocemment citées». Comme pour affirmer l’existence des personnalités ayant pris part à la marche et ayant appelé à la mobilisation pour une manifestation qui a dérapé !

     Il s’est tu…

     Ainsi, à ce jour, en dehors de Joseph Olenghankoy, Kitenge Yesu, Lisanga Bonganga, Ingele Ifoto, Jean-Marc Kabundu, Martin Mukonkole et Sama Lukonde Kyenge, on constate que trois autres personnalités concernées par la réquisition d’information veulent sortir du pays : Franck Diongo, Willy Mishiki et Bruno Tshibala.

    Cette ruée vers l’extérieur doit interpeller l’opinion. Car, elle survient à une dizaine de jours de la grande manif du 19 octobre 2016 dont les préparatifs exigent, normalement, leur présence dans la capitale.

    En cherchant justement à quitter le pays à cette période précise, c’est finalement à la «rue acquise au Rassemblement» de se sentir interpellée la première. C’est à elle de se demander pourquoi les meneurs semblent prendre la poudre d’escampette au moment d’en découdre véritablement avec la Majorité présidentielle.

    En cherchant vraisemblablement à se mettre à l’abri à l’étranger – car c’est cela l’objectif visé – les chefs des partis membres de «Rassemblement» ne rassurent nullement la base. Preuve, si besoin est, qu’ils sont sur un autre schéma que celui de l’inclusivité du Dialogue.

    Il va de soi que la «rue kinoise» attend la concrétisation, par ses leaders, de la promesse faite de se constituer en prisonniers par solidarité avec Bruno Tshibala. Il reste à s’en rendre compte : jusqu’au moment où cette chronique est mise en ligne, personne n’a encore signalé sa présence à l’office du PGR pour se faire délivrer un mandat d’arrêt provisoire et se constituer prisonnier.

    Au contraire, 48 heures après l’ultimatum retentissant donné sur TV 5 au PGR, Jean-Marc Kabund semble avoir avalé sa langue !

    Il s’est tu…

    Omer Nsongo die Lema

  • L’opposant Étienne Tshisekedi affine sa stratégie

    L’opposant Étienne Tshisekedi affine sa stratégie

    Etienne-Tshisekedi-Wa-Mulumba-20-On le croyait fatigué, malade, mais Étienne Tshisekedi, opposant historique, demeure incontournable au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social. Rentré fin juillet à Kinshasa, il a entamé une refonte du parti.

    Commune de Limete, 11e Rue. Devant le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), un groupe d’hommes, fervents supporters d’Étienne Tshisekedi, palabre à l’ombre des manguiers. Depuis que le « Líder máximo » a fait un retour triomphal à Kinshasa, fin juillet, des jeunes viennent ici en nombre, chaque matin, pour parler politique en petit comité. Ils se font appeler « les parlementaires debouts » (surnom dont ils s’affublaient déjà sous Mobutu).

    Mais, ce jour-là, les nerfs sont à vif. Personne ne sait encore ce qu’a prévu Étienne Tshisekedi pour le 19 décembre : un sit-in ou une manifestation ? Tous attendent le mot d’ordre de l’opposant historique, qui, en dépit de ses 83 ans, demeure incontournable dans le jeu politique congolais.

    Le Rassemblement se renouvelle

    À l’intérieur du siège de l’UDPS, des cadres du Rassemblement (la principale plateforme de l’opposition) affinent leur stratégie de protestation contre le « glissement » du calendrier électoral. Parmi eux : Jean-Marc Kabund-A-Kabund, bombardé secrétaire général du parti un mois plus tôt. À 35 ans, cet homme originaire du Katanga a été choisi par le Vieux pour lui servir de porte-voix.

    Dans cette formation peuplée de caciques en tous genres, la décision de Tshisekedi a pris tout le monde au dépourvu. « L’entourage du chef a été très surpris, confirme Raph Kabengele, l’un de ses proches collaborateurs. Personne n’a été consulté en amont. Il y a quelques mois encore, Tshisekedi était perçu comme un homme très fatigué, malade, manipulé par sa famille et par ses conseillers. Mais il a démontré que c’est lui qui tient encore la baraque ! » Exit donc le doyen Bruno Mavungu, soupçonné en interne de connivence avec le camp du président Kabila, et place à de nouvelles têtes pour redy­namiser un parti qui a parfois l’air d’un club de vieux et indéboulonnables barons.

    Tout est allé très vite. Mavungu lui-même n’a pas vu venir son éviction. Mais Tshisekedi préparait son coup depuis quelques jours. Début août, il avait discrètement reçu Kabund dans sa résidence, avenue des Pétunias. « Le président m’a expliqué qu’il avait une mission à me confier, sans me donner plus de détails », se souvient l’intéressé.

    Le 11 août, il est propulsé au poste de numéro deux de l’UDPS. Pour l’instant, il partage un bureau avec Félix Tshisekedi, mais, selon certaines indiscrétions à la présidence du parti, le fils du vieil opposant devrait bientôt être nommé secrétaire général adjoint chargé des questions politiques.

    Depuis, Tshisekedi a engagé une refonte des structures du parti et chargé Kabund de lui proposer une liste de nouveaux dirigeants. « Depuis son retour à Kinshasa, Tshisekedi veut doter l’UDPS d’une équipe de combat, plus adaptée au contexte politique actuel », résume Tharcisse Loseke, un de ses conseillers.

    Un climat politique précaire

    Plus l’échéance du second et dernier mandat constitutionnel de Kabila approche, plus le climat politique se crispe, et les confrontations entre majorité et opposition se multiplient dans les rues de la capitale et des autres grandes villes du pays. « C’est dans cette optique qu’il a fait appel à Kabund, un jeune très engagé », renchérit Loseke. « Kabund incarne le Tshisekedi d’il y a trente ans, poursuit Kabengele. Il porte un discours antisystème, avec lequel nos militants sont en phase. »

    De fait, Kabund défend mordicus la ligne radicale de Tshisekedi et fait montre de la même intransigeance que son mentor. « Pas question d’accorder ne serait-ce qu’une seconde de plus à Kabila après le 19 décembre [date de la fin de son second mandat constitutionnel] », martèle-t‑il, coiffé de ce béret popularisé par Tshisekedi et qui est aujourd’hui perçu en RD Congo comme un signe de ralliement. Combien sont-ils à le suivre ? Il est difficile d’avancer un chiffre. Une certitude : Tshisekedi n’a pas perdu sa capacité de mobilisation d’antan.

    Depuis les manifestations des 19 et 20 septembre, qui ont dégénéré en affrontements entre les militants de l’UDPS et les forces de l’ordre, le vieil opposant se replace même au cœur du dénouement de la crise politique en cours. Le sphinx prend des allures de phénix qui renaît de ses cendres. Évêques et diplomates occidentaux et africains en poste à Kinshasa défilent à Limete pour le rencontrer et tenter de le persuader de rejoindre la table des négociations.

    Impassible, Tshisekedi s’en tient aux préalables qu’il a posés : respect de la Constitution et de la résolution 2277 du Conseil de sécurité [laquelle recommande notamment un dialogue inclusif, nldr], libération des prisonniers politiques, cessation des poursuites contre les opposants, transformation du Groupe international de soutien au facilitateur en un panel de facilitation.

    Et si la présidentielle ne se tient pas dans les délais ? 

    En son absence, le dialogue politique qui s’est officiellement ouvert le 1er septembre s’enlise à la Cité de l’OUA, sur les hauteurs de la capitale. Interpellée par « le sang qui a coulé à Kinshasa pour réclamer le respect de la Constitution », l’Église catholique a suspendu sa participation. Ce qui apporte davantage d’eau au moulin de Tshisekedi et de ses alliés de Genval (du nom de la commune belge où le Rassemblement a vu le jour), qui s’apprêtent à organiser, de leur côté, un conclave.

    Au menu des échanges, une question : si la présidentielle ne se tient pas dans les délais – hypothèse la plus probable –, que va-t‑il se passer à l’issue du mandat du chef de l’État sortant ? « Il faut réfléchir à un mécanisme qui garantirait l’alternance dans une situation de non-organisation de la présidentielle », répond Kabund.

    Le Rassemblement concocte le scénario d’une transition sans Kabila.

    Autrement dit, le Rassemblement concocte le scénario d’une transition sans Kabila. Avec Tshisekedi dans le rôle-titre, celui d’un président de la République chargé de conduire le pays vers des élections apaisées. « Ce serait une belle fin de carrière politique pour un homme qui a consacré sa vie à la lutte pour l’avènement d’un État de droit en RD Congo », se permettait de rêver, le 18 septembre, Moïse Moni Della, cadre du Rassemblement. Le lendemain, il était arrêté pour avoir pris part à la grande manifestation de l’opposition.


    Kabund pas à pas

    Il n’a que 35 ans mais milite depuis deux décennies déjà au sein de l’UDPS. Originaire du Haut-Lomani, province née du démantèlement du Katanga, dans le sud-est du pays, Jean-Marc Kabund-A-Kabund a gravi un à un les échelons du parti : à Kananga d’abord (dans l’ancien Kasaï-Occidental) puis à Kamina (ex-Katanga), où il a dirigé la fédération provinciale du parti pendant huit ans et jusqu’à sa promotion au poste de secrétaire général de l’UDPS.

    L’implanter dans l’un des fiefs ethniques de Kabila, lui qui était étiqueté « parti des Kasaïens », ne fut pas chose facile. Kabund a été plusieurs fois arrêté. Début 2015, il a passé un mois en prison pour avoir appelé à des protestations contre le projet de loi électorale. À Kinshasa, Bruno Mavungu, son prédécesseur, n’avait pas bronché, estimant que le parti n’était « pas concerné » par cette réforme tendant pourtant à conditionner la tenue de la présidentielle à l’organisation d’un recensement…

    J.A

  • Les députés ivoiriens donnent leur feu vert au projet de nouvelle Constitution

    Les députés ivoiriens donnent leur feu vert au projet de nouvelle Constitution

    deputes-ci-L’avant-projet de Constitution ivoirienne pour une IIIe République a été validé par les députés mardi après-midi 11 octobre en séance plénière de l’Assemblée nationale. Ce texte qui consacre la création d’un Sénat, d’un poste de vice-président et qui rend plus souples les règles d’éligibilité pour l’élection présidentielle sera soumis aux électeurs ivoiriens par voie référendaire.

    Pas l’ombre d’un suspense. Le projet de nouvelle Constitution a été adopté en moins d’une heure à partir du moment où les 184 articles ont été passés en revue.

    La constitutionnalisation de l’éducation obligatoire, de l’égalité entre hommes et femmes, la création du Sénat ou du poste de vice-président et l’assouplissement des règles d’éligibilité des candidats à la future présidentielle, tout cela a été adopté sans coup férir.

    Deux amendements ont été tout de même présentés, mais aussitôt retirés par leurs propres auteurs. Dès lors, le vote a pu avoir lieu : bulletin blanc pour le projet, bulletin vert contre le projet et orange pour les abstentionnistes.

    Ce fut plus qu’un plébiscite. Sur 249 suffrages exprimés, 239 députés ont voté pour, deux se sont abstenus et huit ont voté contre. Un vote salué par le président de l’Assemblée nationale qui est encore pour quelque temps le deuxième personnage de l’Etat au regard de l’actuelle Constitution.

    « Vous avez fait œuvre utile en soutenant l’avant-projet », a déclaré Guillaume Soro à l’adresse des députés qui venaient d’entonner l’hymne national, l’Abidjanaise.

    A la sortie de l’Assemblée, les députés de la coalition de la majorité RHDP se félicitent de ce vote rondement mené. « Je suis d’accord que si l’opposition estime qu’elle n’a pas été associée à ce grand projet, l’opposition a le temps maintenant de prendre ce texte, d’aller sur le terrain, de s’organiser pour que le « non » l’emporte et à partir de ce moment on tirera les conséquences », estime le député RDR de Man, Sidiki Konaté.

    L’opposition poitique étant quasiment absente des travées pour avoir boycotté les législatives de 2011 espère prendre sa revanche en mobilisants les Ivoiriens pour le « non » à la Constitution. A présent, la prochaine et dernière étape, c’est donc le référendum le 30 octobre prochain.

    RFI

  • Tshibala, proche de  Tshisekedi, inculpé pour complot des pillages et de dévastation

    Tshibala, proche de Tshisekedi, inculpé pour complot des pillages et de dévastation

    bruno-Bruno Tshibala, secrétaire général adjoint de l’Udps (Union pour la démocratie et le progrès social), parti d’Etienne Tshisekedi, arrêté trois jours plus tôt, a été inculpé et transféré à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dans le nuit de mardi à mercredi, indique son avocat, Me Peter Kazadi à VOA Afrique.

    “Nous venons d’apprendre que les infractions de complot tentant à perpétrer les pillages et la dévastation ont été retenues contre lui. Il s’agit là d’une infraction dont l’auteur en cours la peine de mort”, signale Me Kazadi.

    Aucune date n’a été fixée pour le procès.

    “Une date n’a pas est déterminée mais nous avons que, dans ce pays, on peut prendre quelqu’un comme ça et le garder plusieurs années sans le présenter devant les juges”, se plaint l’avocat pour qui la procédure qui a entouré l’inculpation n’a pas suivi les règles en la matière.

    Tshisekedi et le Rassemblement prêts à se constituer prisonniers

    Selon l’avocat, Etienne Tshisekedi, leader de l’Udps et du Rassemblement, plate-forme d’opposition regroupant les ténors et la majeure partie de l’opposition ainsi que les membres de sa famille politique se disent prêts à se constituer prisonniers si Bruno Tshibala n’est pas libéré.

    “Je crois sans anticiper que dans les deux jours qui suivent, une action sera organisée… L’action consistera pour le leader du Rassemblement ainsi que le peuple congolais d’aller se constituer prisonniers chez le procureur général de la République qui est décidé d’arrêter tout le monde”, affirme Me Kazadi.

    Le Rassemblement avait donné aux autorités congolaises un ultimatum de 48 heures s’expirait mercredi et pourrait mener à des actions pour exiger la libération de son cadre.

    Déjà, M. Tshisekedi a annoncé d’autres manifestations le 19 octobre et le 19 novembre pour exiger le départ du président Joseph Kabila dont le deuxième et dernier mandat se termine le 19 décembre.

    M. Kabila a, quant à lui, demandé dimanche à sa famille politique de parvenir à un accord le plus rapidement possible avec la frange de l’opposition qui participe au dialogue national boycotté par le Rassemblement et ses alliés.

    Plusieurs composantes dont l’église catholique et une partie de la société civile boycottent aussi ces assises et exigent qu’elles soient plus inclusives.

    Entre-temps, le porte-parole de la majorité présidentielle, André Atundu, a indiqué mercredi que sa famille avait accepté de lever l’impasse, en concédant à l’opposition présente au dialogue le poste du Premier ministre pour le gouvernement de transition à mettre en place pour la période transitoire.

    “Nous, du rassemblement, ne sommes pas concerné pas cela”, a déclaré Me Kazadi.

    Entre 39 et plus de 100 personnes ont été tuées les 19 et 20 septembre derniers dans des heurts entre forces de l’ordre et manifestants qui réclamaient le départ du président Kabila qu’ils accusent de ne pas vouloir organiser les élections mais de vouloir s’éterniser au pouvoir.

    La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter à un troisième mandat.

    VOA

  • Dialogue en RDC : vers un accord politique à Kinshasa avant le sommet de Luanda ?

    Dialogue en RDC : vers un accord politique à Kinshasa avant le sommet de Luanda ?

    dialogue-kamerhe-kodjo-thambwe-Alors que le dialogue politique en cours à Kinshasa se heurte à plusieurs blocages, le président Joseph Kabila a réuni dimanche ses lieutenants dans l’est de la capitale congolaise. Objectif : accélérer les pourparlers pour obtenir un accord politique avant le sommet international de Luanda, prévu le 26 octobre.

    « Le principe de donner le poste de Premier ministre à l’opposition a finalement été acté », a confié, le 10 octobre à Jeune Afrique, Adam Chalwe Munkutu, membre de l’équipe de la communication de la Majorité présidentielle (MP). Jusqu’ici, seulement 13 des 17 membres du bureau politique de la MP estimaient qu’il était normal de céder la primature à un opposant.

    Ce blocage levé par le président Joseph Kabila en réunion dimanche 9 octobre avec le bureau politique élargi de la coalition au pouvoir à Kingakati, un compromis politique devait être conclu rapidement. Ce avec la frange de l’opposition congolaise conduite par Vital Kamerhe, qui a accepté de prendre part aux pourparlers en cours à Kinshasa, soutient-on désormais du côté de la MP.

    Un « accord politique potable » attendu

    « Nous avons posé des options qui permettront au facilitateur [Edem Kodjo] et à tout le monde, à l’unisson, de remettre au peuple un accord potable », a déclaré Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la MP.

    « Nous allons contribuer à ce que le dialogue prenne fin le plus tôt possible […] », a-t-il ajouté, promettant que les points de divergence entre la MP et l’opposition participant aux pourparlers en cours seraient levés dès ce lundi. « Au plus tard mardi. »

    S’il n’y a pas d’accord avant le 26 octobre, l’UA pourrait retirer sa confiance à Edem Kodjo, s’inquiète Adam Chalwe (MP).

    Ouvert le 1er septembre pour une durée annoncée de 15 jours maximum, le dialogue entre le camp Kabila et les partis d’opposition a semblé s’enliser ces derniers jours. « S’il n’y a pas d’accord avant le sommet de Luanda du 26 octobre [une réunion conjointe de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), l’ONU, la SADC et l’UA, ndlr], nous courrons le risque de voir la communauté internationale nous imposer un autre facilitateur et l’Union africaine retirer sa confiance à Edem Kodjo », alerte Adam Chalwe Munkutu.

    Les « grands principes » de Kamerhe avant de signer l’accord

    Du côté de Vital Kamerhe, co-modérateur de l’opposition dans le cadre du dialogue politique en cours à Kinshasa, la vigilance est de mise. « Pas question de signer un quelconque accord à n’importe quel prix. Nous tenons aux grands principes suivants qui doivent être repris dans l’accord : la date précise des élections et de la passation de pouvoir, les garanties du respect de la constitution et de la non représentation de Joseph Kabila pour un troisième mandat », martèle un cadre de l’Union pour la nation congolaise (UNC).

    La primature n’est pas obsessionnelle pour Vital Kamerhe.

    Quid du poste de Premier ministre qui reviendrait à l’opposition ? « Il faudra tenir compte du poids politique de chaque opposant ayant pris part au dialogue et souscrit à l’accord politique. Pour l’instant, Vital Kamerhe, troisième avec 1,6 millions d’électeurs lors de la présidentielle de 2011, paraît sans conteste le mieux placé », commente un proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale.

    « Mais la primature n’est pas obsessionnelle pour Vial Kamerhe. Ce qui compte pour lui, c’est d’aboutir à un accord pour que l’élection se tienne dans des délais techniquement possibles et politiquement acceptables, dans le seul intérêt du peuple, qui a choisi une passation pacifique du pouvoir au chaos que prêchent d’autres chapelles », poursuit-il.

    Pour lui, « si d’aventure Étienne Tshisekedi [l’opposant historique et deuxième lors de la même présidentielle, ndrl] se joint à nous et ratifie l’accord, Kamerhe ne verra aucun inconvénient à lui laisser le poste ». Toutefois « n’eussent été l’UNC et les autres partis de l’opposition qui ont accepté de prendre part au dialogue, il n’y aurait pas aujourd’hui l’esquisse d’une date pour la prochaine présidentielle ni pour la constitution d’un fichier électoral frais », rappelle quant à lui Molendo Sakombi, l’un des fédéraux du parti de Kamerhe.

    La MP (enfin) prête pour les élections ?

    En attendant, Joseph Kabila a demandé à son camp de s’organiser pour les élections. Une cellule de coordination de la MP a été annoncée.

    « Si nous devons nous organiser maintenant, c’est parce que l’autorité morale a réitéré sa volonté ferme d’organiser les élections dans ce pays et rapidement, par le biais de la commission électorale nationale indépendante (Ceni). Nous nous focalisons maintenant vers les élections », a déclaré Aubin Minaku. Il était temps. Dans la mesure où la date de la présidentielle, initialement prévue le 27 novembre, est plus que jamais incertaine.

    Jeune Afrique

  • L’enrôlement d’électeurs se poursuit

    L’enrôlement d’électeurs se poursuit

    kits_enrolement-En RDC, la préparation des élections est en marche, même si on n’en connaît pas la date. La Céni annonce l’élargissement de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs à sept nouvelles provinces. L’opération avait débuté le 30 juillet dernier, c’était le dans la province du Nord-Ubangui.

    Cette opération a aussi permis de tester les équipements commandés. Corneille Nangaa, le président de la Céni, a dit sa satisfaction : « A ce jour nous avons franchi le seuil de 500 000 enrôlés et l’opération se poursuit normalement. »

    Pour le numéro un de la Céni, les faiblesses détectées dans le fonctionnement du premier lot du matériel électoral ont été corrigées. Une commande ferme a donc été passée : le nouveau lot de 7 500 kits, attendu cette semaine, va permettre de lancer l’opération dans sept nouvelles provinces.

    « Avec ces lots, a expliqué Corneille Nangaa, nous allons couvrir désormais sept nouvelles provinces : le Haut-Katanga, Lualaba et le Haut-Lomani ainsi que le reste de l’ancienne province de l’Equateur, c’est-à-dire le Sud-Ubangui, le Tshuapa, la Mongala et l’Equateur. »

    La Céni promet d’honorer ses engagements : « Si nous arrivons à avoir un appui logistique important, nous pourrions certainement gagner en temps et raccourcir certains délais. Ce qui est certain est que, le 31 juillet, nous aurons les fichiers complets, fiables et prêts à prendre en charge tout le scrutin. »

    Depuis le dernier découpage territorial il y a quelques mois, la RDC compte à ce jour 26 provinces. L’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs sera étendue aux 18 provinces restantes au fur et à mesure que le matériel électoral sera livré à la Céni.

    RFI

  • Arrestation du secrétaire général adjoint de l’UDPS en RDC

    Arrestation du secrétaire général adjoint de l’UDPS en RDC

    tshibala_bruno_-L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), formation historique de l’opposition en République démocratique du Congo, a annoncé dimanche soir l’arrestation d’un de ses dirigeants à Kinshasa.

    “A 19h00 (18h00 GMT), le secrétaire général adjoint de l’UDPS, Bruno Tshibala, a été interpellé à l’aéroport (international) de Ndjili”, a déclaré à l’AFP Augustin Kabuya, secrétaire national du parti chargé de la communication.

    “Son passeport a été confisqué et (on l’a) emmené vers une destination inconnue”, a ajouté M. Kabuya.

    Selon lui, M. Tshibala a été appréhendé alors qu’il était en partance pour Bruxelles.

    Outre ses fonctions au sein de l’UDPS, M. Tshibala est porte-parole du “Rassemblement” d’opposants au président Joseph Kabila constitué en juin autour de la figure du fondateur de l’UDPS, Étienne Tshisekedi.

    Selon une source au sein de la magistrature, son nom figure sur une liste d’une dizaine de dirigeants du “Rassemblement” transmise par le procureur général de la République aux services aux frontières avec ordre d’arrêter ces personnes dans le cas où elles chercheraient à quitter le territoire.

    Les 19 et 20 septembre, Kinshasa a été le théâtre de violences ayant coûté la vie à 53 personnes au moins (49 civils et quatre policiers), selon l’ONU.

    Les troubles avaient commencé à l’occasion d’une manifestation du “Rassemblement” à trois mois de la fin du mandat de M. Kabila (au pouvoir depuis 2001), pour exiger la tenue de la présidentielle dans les temps et le départ du président de son poste le 20 décembre.

    “Rassemblement” et autorités se sont mutuellement renvoyé la responsabilité de ces violences qui ont rapidement dégénéré en émeutes. L’exécutif a accusé le “Rassemblement” d’avoir tenté une “insurrection”.

    M. Tshibala avait pour sa part accusé les forces de l’ordre d’avoir ouvert le feu sur les manifestants dès le début de la marche et avait qualifié le gouvernement de “pouvoir sanguinaire”.

    La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin entaché par des fraudes massives.

    Les négociations politiques pour tenter de trouver une sortie passant par l’organisation d’une élection présidentielle crédible mais retardée piétinent depuis plusieurs semaines.

    Avec AFP

  • Etats-Unis : Obama, quel bilan ?

    Etats-Unis : Obama, quel bilan ?

    obama-Le 8 novembre, les Américains éliront le successeur de Barack Obama à la Maison Blanche. Après huit années au pouvoir, quel bilan peut-on dresser des deux mandats du président sortant des Etats-Unis ?

    « Ensemble, nous changerons ce pays et nous changerons le monde. » Par ces mots prononcés lors de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama, candidat du Parti Démocrate, promet à ses concitoyens un nouvel espoir. Le 4 novembre, il est élu 44e président des Etats-Unis avec 53% des suffrages. Celui qui est aussi et surtout le premier président afro-américain hérite d’un pays en pleine crise économique et financière, la pire depuis le krach boursier de 1929.

    Barack Obama passera huit ans à la tête de la première puissance mondiale. Selon un sondage Washington Post-ABC News de juin 2016, il s’apprête à quitter la Maison Blanche – un président des Etats-Unis ne peut être candidat à un troisième mandat – plus populaire que jamais, avec 56% d’opinions favorables.

    Résultats socio-économiques

    Tout juste investit, début 2009, Barack Obama s’attaque à la réforme du système de santé. Il veut subventionner l’assurance maladie pour les plus pauvres afin de permettre à tous les Américains de bénéficier d’une protection sociale. Cette mesure est sa promesse de campagne la plus ambitieuse puisque plusieurs présidents, dont le dernier en date Bill Clinton, ont échoué à la mettre en place.

    Le Patient Protection and Affordable Care Act, l’”Obamacare”, est adoptée par le Congrès en mars 2010, après des mois de débats et de contestations au sein de la société civile et de la classe politique. Aujourd’hui, environ 20 millions de personnes ont pu souscrire à une couverture médicale grâce à cette loi. En revanche, l’”Obamacare” a entraîné l’augmentation du prix des assurances privées ce qui pénalise les foyers modestes. En 2015, selon le U.S. Census Bureau, le bureau des recensements américain, 9,1% de la population américaine n’a toujours pas d’assurance maladie.

    Le 23 mars 2010, Barack Obama signe la loi sur l'assurance maladie à la Maison Blanche à Washington.

    Le 23 mars 2010, Barack Obama signe la loi sur l’assurance maladie à la Maison Blanche à Washington.
    ©AP Photo/J. Scott Applewhite

    Avec un plan de relance de l’économie drastique de 790 milliards de dollars mis en place en 2009, sans le soutien des Républicains, Barack Obama réussit à faire passer le taux de chômage sous la barre des 5% (4,9% en août 2016). Il quitte le pouvoir en ayant ramené la croissance des Etats-Unis à un taux positif de 2,4% en 2015. En 2009, 10% de la population active était au chômage et le pays connaissait la pire récession de son histoire (-2,8%).

    Malgré ces mesures, les inégalités de richesse ont peu reculé. En 2015, sur une population totale de 321,4 millions d’habitants, quelque 43 millions d’Américains vivent encore sous le seuil de pauvreté selon le Census. Cela représente 3,5 millions de personnes de moins qu’en 2014, soit la meilleure amélioration depuis 1999. D’après l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), les Etats-Unis demeurent l’un des pays où l’écart entre riches et pauvres est le plus important.

    Une violence omniprésente

    Fin 2012, alors qu’il vient d’être réélu, Barack Obama doit faire face à la tuerie de Newton dans laquelle vingt enfants et sept adultes sont abattus par arme à feu dans le Connecticut. Cette tragédie le conduit à ouvrir le débat ultra-sensible sur le port d’armes, par ailleurs garanti par le deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis. Pour rappel, plus de 30.000 personnes meurent sous les balles chaque année aux Etats-Unis.

    Le président espère renforcer les contrôles d’accès aux armes à feu mais le Congrès, désormais à majorité républicaine et appuyé par la National Rifle Association (NRA) et la Gun Owners of America (GOA), les puissants lobbies des armes à feu, rejette le texte de loi du Sénateur Joe Manchin le 17 avril 2013. « Une journée déplorable pour Washington », regrette amèrement Barack Obama. C’est donc en signant plusieurs décrets en janvier 2013 et 2016 qu’il décide d’encadrer la vente d’armes à feu. Cependant, ces décisions risquent d’être annulées à tout moment par son successeur.

    Le 11 août 2014, la police de Ferguson, Missouri, s'approche d'un manifestant. 

    Le 11 août 2014, la police de Ferguson, Missouri, s’approche d’un manifestant.
    ©AP Photo/Jeff Roberson

    Le second mandat de Barack Obama est également ponctué par plusieurs meurtres racistes commis par des policiers ou des déséquilibrés. Trayvon Martin, Michael Brown, fusillade de Charleston… Ces affaires cristallisent les tensions raciales. L’Amérique s’embrase. De violents affrontements éclatent forces de l’ordre et manifestants, comme à Ferguson (Missouri) et à Baltimore (Maryland), entraînant bon nombre de bavures policières.

    Le président se veut néanmoins optimiste quant à la place des Noirs dans la société américaine. A Norma Percy, dans son documentaire Les Années Obama, il affirme : « Le fait que l’attention soit focalisée sur la façon dont les Noirs sont traités par la police peut donner l’impression aux gens que les relations interraciales se sont dégradées. En réalité, ces problèmes entre le système judiciaire et les Afro-Américains remontent à l’esclavage. Ceux qui pensent que la situation est pire que dans les années 50, 60 ou 70 n’ont pas vécu en tant qu’Afro-Américain dans ces années-là. »

    L’épine Guantánamo

    Barack Obama veut fermer le camp de détention militaire de Guantánamo. Il s’y attèle avec fermeté dès son arrivée à la Maison Blanche en 2009. A l’époque, 240 prisonniers de la « guerre contre le terrorisme » – entamée par George W. Bush en 2002 suite au 11-Septembre – y sont incarcérés et torturés dans le but d’obtenir des aveux. Une fois de plus, il se heurte au Congrès qui juge dangereux le transfèrement des détenus.

    Manifestation contre la prison de Guantánamo à Washington le 11 janvier 2015.

    Manifestation contre la prison de Guantánamo à Washington le 11 janvier 2015.
    ©AP Photo/Manuel Balce Ceneta

    Lors de la campagne de 2012, Barack Obama réitère. Il promet à nouveau la fermeture de la prison de Guantánamo, régulièrement critiquée par la communauté internationale pour non-respect des droits de l’Homme. Une soixantaine d’individus y sont encore enfermés selon le Pentagone. « Je ne suis pas prêt à renoncer », déclare-t-il le 8 septembre 2016. A quatre mois de la fin de son mandat, parviendra-t-il à tenir son engagement ?

    Moyen-Orient : le chaos

    Le 10 décembre 2009, Barack Obama reçoit le Prix Nobel de la Paix à Oslo. Mais celui qui veut extraire son armée des guerres en Irak et en Afghanistan doit composer avec le Printemps arabe à partir de 2011. Contrairement à ses voisins, le dictateur syrien Bachar al-Assad refuse de quitter le pouvoir. L’opposition s’organise. L’ordre relatif du Moyen-Orient est troublé. Les Etats-Unis, qui soutiennent la rébellion, tentent de résoudre le conflit par voie diplomatique, en vain.

    Il faut attendre septembre 2014 et l’ascension fulgurante du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie pour que les forces aériennes américaines commencent à bombarder les bastions djihadistes, notamment la ville syrienne de Raqqa. Deux ans plus tard, la guerre en Syrie s’enlise et ne trouve pas d’issue. Plus de 84.000 civils, dont 14.711 enfants, sont morts depuis le début du conflit.

    Joe Biden, vice-président, Barack Obama, Hillary Clinton, Secrétaire d'Etat, et les membres du bureau de la Sécurité nationale suivent la traque d'Oussama Ben Laden depuis la Maison Blanche à Washigton le 1er mai 2011.

    Joe Biden, vice-président, Barack Obama, Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat, et les membres du bureau de la Sécurité nationale suivent la traque d’Oussama Ben Laden depuis la Maison Blanche à Washigton le 1er mai 2011.
    ©Pete Souza/The White House via AP

    Le succès le plus emblématique de l’administration Obama au Moyen-Orient est l’exécution de l’ennemi public numéro : Oussama Ben Laden, chef du groupe djihadiste d’Al-Qaïda et instigateur des attentats du 11-Septembre. Le 1er mai 2011, le président annonce lors d’une allocution télévisée que le terroriste vient d’être tué lors d’une opération américaine au Pakistan. Des scènes de liesses éclatent. Les Américains jubilent.

    Alors que les troupes américaines se sont retirées d’Irak en décembre 2011, elles sont toujours en place en Afghanistan. Barack Obama ne peut tenir parole. Il juge la situation actuelle du pays trop instable pour amorcer un retrait définitif à court terme.

    Rapprochements diplomatiques

    Quelques jours avant Noël 2014, Barack Obama et Raul Castro annoncent simultanément la normalisation des relations entre Washington et La Havane. Après des mois de négociations secrètes, les deux pays mettent ainsi fin à un embargo datant de 1961. Le 20 mars 2016, la famille Obama concrétise cette annonce et se rend à Cuba. Il s’agit du premier voyage officiel d’un président américain en exercice depuis 88 ans. Le 31 août, la page de 55 années de querelles est définitivement tournée avec le décollage du premier vol commercial reliant la Floride à l’île caribéenne.

    Poignée de main historique entre les présidents américain et cubain, Barack Obama et Raul Castro, le 21 mars 2016 à La Havane.

    Poignée de main historique entre les présidents américain et cubain, Barack Obama et Raul Castro, le 21 mars 2016 à La Havane.
    ©AP Photo/Ramon Espinosa

    Le 14 juillet 2015, un accord historique sur le nucléaire civil est signé entre l’Iran d’une part, et les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie et la Chine d’autre part. Après douze années de négociations Téhéran a finalement réussi à obtenir une levée des sanctions à son encontre. L’Amérique d’Obama se félicite. Son ami Israël maugrée.

    La diplomatie américaine reprend son souffle, ses succès pendant l’exercice du pouvoir d’Obama sont parcimonieux.

    Echec sur la réforme de l’immigration

    Pour ses dernières semaines à la Maison Blanche, Barack Obama essuie un sérieux revers. Le 3 octobre 2016, la Cour Suprême confirme le blocage de ses décrets annoncés fin 2014, suite au blocage systématique de sa réforme de l’immigration par les Républicains du Congrès. Ceux-ci concernent la régularisation de cinq millions de clandestins, majoritairement hispaniques, en leur octroyant un permis de travail. En ce moment, 11 millions de sans-papiers vivent illégalement sur le territoire américain.

    En décembre 2010, le projet de loi DREAM Act, portant sur le développement, le secours et l’éducation pour les mineurs étrangers, est aussi rejeté par le Congrès. Dès sa première course à la Maison Blanche en 2008, Barack Obama fait pourtant de l’immigration son cheval de bataille. C’est ainsi qu’il obtient le soutien de la communauté latino, électorat incontournable pour remporter une élection aux Etats-Unis.

    Manifestation pro-immigration devant la Cour Suprême le 15 janvier 2016.<br /> "Do you want my vote ? Say no to deportations !" (Vous voulez mon vote ? Dites non aux expulsions !)

    Manifestation pro-immigration devant la Cour Suprême le 15 janvier 2016.
    “Do you want my vote ? Say no to deportations !” (Vous voulez mon vote ? Dites non aux expulsions !)
    ©AP Photo/Susan Walsh

    L’immigration reste donc un sujet inéluctable de la campagne présidentielle de 2016. Et les positions des partis Républicain et Démocrate sont aux antipodes. Le conservateur Donald Trump construira un mur entre les Etats-Unis et le Mexique et promet un « filtrage extrêmement poussé des migrants » s’il est élu. Hillary Clinton, elle, encourage l’obtention de la citoyenneté et se positionne en faveur du regroupement familial.

    Dans Les Années Obama, Barack Obama confie à Norma Percy sa frustration sur l’échec de sa réforme sur l’immigration. Il semble néanmoins satisfait de ses huit années passées à la tête de l’exécutif américain : « Tous ces éléments sont autant de pavé sur la route qui mène à une union plus parfaite. Le chemin est encore long. Mais je suis convaincu que sur le plan de la justice et de l’égalité on est mieux lotis aujourd’hui qu’à mon arrivée. »

    tv5

  • Trump en très mauvaise posture avant le deuxième débat avec Clinton

    Trump en très mauvaise posture avant le deuxième débat avec Clinton

    Hillary-Trump-Le candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, aborde dimanche en très mauvaise posture un débat télévisé pourtant crucial contre sa rivale démocrate Hillary Clinton, au terme d’un week-end catastrophique pour lui.

    A 20H00 (01H00 GMT lundi) à l’université Washington de St. Louis (Missouri), le milliardaire et l’ancienne secrétaire d’Etat se retrouveront face à deux modérateurs et un panel d’électeurs indécis, en direct sur les grandes chaînes des Etats-Unis.

    Mais là où Mme Clinton tentera de convaincre davantage de sa stature présidentielle, M. Trump pourrait en être réduit à faire de la gestion de crise.

    La faute à la révélation vendredi de propos que le magnat de l’immobilier a tenus en 2005, tellement machistes et vulgaires qu’ils ont déclenché une tempête.

    Résultat, le candidat a vu fondre ses soutiens ces dernières 48 heures, y compris parmi les ténors républicains.

    – “Tu peux tout faire” –

    Dans cette vidéo filmée par NBC il y a 11 ans, Donald Trump se vante de sa façon de conquérir les femmes qui l’attirent, avec des techniques proches du harcèlement sexuel.

    “Quand t’es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire”, affirme-t-il, en utilisant un mot très cru pour le sexe féminin.

    Les médias ont aussi ressorti une interview de 2002 où il affirme quitter les femmes quand elles ne sont plus de la première jeunesse. “Que faut-il faire quand elles ont 35 ans? Il est temps de prendre la porte!” plaisante le milliardaire.

    Des déclarations embarrassantes au moment même où le trublion républicain, familier des outrances, a un besoin criant de rallier une partie de l’électorat féminin et modéré.

    Il risque désormais au contraire de s’aliéner ces voix cruciales, à moins d’un mois du scrutin du 8 novembre.

    Le débat s’annonce donc houleux, d’autant que le milliardaire avait été donné perdant après sa première confrontation avec la candidate démocrate.

    Quelle stratégie adoptera donc le magnat républicain sur la défensive, pour remonter une pente d’autant plus raide qu’il se retrouve isolé et critiqué jusque dans son cercle rapproché?

    Ses déclarations vendredi soir et samedi permettent d’avoir une idée sur la question: Donald Trump devrait doser humilité –en répétant ses excuses et affirmant avoir changé– et attaques contre Hillary Clinton, en ciblant son mari Bill, coupable d’aventures extraconjugales.

    Samedi, M. Trump a retweeté un message d’une femme qui avait soutenu en 1999 avoir été violée en 1978 par le président Clinton.

    Il devrait également répéter sa volonté inflexible de mener sa campagne jusqu’au bout, au nom de la fidélité à ses partisans et en dépit des appels d’élus républicains qui lui demandent de jeter l’éponge.

    – Les élus quittent le navire Trump –

    Donald Trump devra expliquer aussi comment il entend rassembler largement les Américains, alors que jusque dans son propre parti des grands noms ont annoncé samedi qu’ils ne voteraient plus pour lui.

    Parmi eux figurent John McCain et Mitt Romney, deux anciens candidats à la Maison Blanche, Arnold Schwarzenegger, ancien acteur et ex-gouverneur de Californie, ou encore l’ancienne secrétaire d’Etat Condoleezza Rice.

    Le président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan s’est, lui, dit “écoeuré” par les propos de M. Trump.

    Même son colistier, Mike Pence, a pris ses distances.

    “Je ne peux pas défendre” les déclarations du candidat investi par le parti, a affirmé M. Pence, en saluant toutefois le fait que M. Trump ait présenté des excuses.

    Melania Trump, l’épouse du milliardaire, a elle demandé aux Américains d’excuser son mari pour ses propos qui, selon elle, ne représentent pas qui est réellement Donald Trump.

    La vidéo de 2005 “est un couteau planté dans le coeur de Trump, au débat il est certain qu’on va lui poser la question”, prédit Larry Sabato, politologue de l’Université de Virginie.

    “Trump ne perdra aucune voix au sein de sa base électorale, ils s’en fichent”, dit cet expert. “Mais Trump ne parviendra pas à élargir sa base de soutien”.

    TV5 Monde