Author: Don Kayembe

  • Joseph Kabila reçu par le pape François au Vatican

    Joseph Kabila reçu par le pape François au Vatican

    pape-et-joseph-Le pape François a reçu lundi matin au Vatican le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila. Le rendez-vous avait été pris avant les violences meurtrières qui ont secoué son pays il y a une semaine.

    Après une arrivée très protocolaire au Vatican, le président congolais est entré rapidement dans la bibliothèque de la maison pontificale pour s’entretenir avec le pontife argentin, sans que les photographes ne puissent immortaliser leur première poignée de mains dans l’antichambre.

    Le pape est apparu très concentré et peu souriant au début de ses 20 minutes d’entretien avec Joseph Kabila, mais l’ambiance était légèrement plus détendue à la sortie, lorsque les deux hommes ont pris congé en se serrant la main, cette fois devant les photographes.

    Appel au dialogue « respectueux et inclusif »

    Bien que le rendez-vous ait été pris avant les événements de la semaine dernière à Kinshasa, la situation politique de la RDC a tout de même été abordée, selon un communiqué du Vatican publié lundi. Le souverain pontife y explique qu’ « une attention particulière a été prêtée aux sérieux défis posés par la situation politique actuelle et les récents affrontements qui se sont produits dans la capitale », et que « l’importance de la collaboration entre les différents acteurs politiques et les représentants de la société civile ainsi que les communautés religieuses, a été soulignée, pour promouvoir le bien commun, à travers un dialogue respectueux et inclusif pour la stabilité et la paix dans le pays ».

    Enfin, « ont été soulevées les violences persistantes que subit la population de l’est du pays et l’urgence d’une coopération au niveau national et international pour fournir l’assistance nécessaire et rétablir la coexistence civile », conclut le communiqué, qui évoque néanmoins des discussions cordiales. La contribution importante de l’église catholique en RDC, dans les domaines de l’éducation, de la santé et la réduction de la pauvreté, a également été mise en exergue à l’occasion de cette visite, selon le Saint-Siège.

    Le président congolais, accompagné d’une délégation d’une douzaine de personnes, a ensuite été reçu par Mgr Paul Gallagher, le ministre des affaires étrangères du Vatican, en l’absence du secrétaire d’État, Mgr Pietro Parolin, parti assister à la signature de l’accord de paix historique en Colombie.

    Tensions à Kinshasa

    La capitale congolaise Kinshasa a été secouée les 19 et 20 septembre par des violences ayant fait entre une trentaine et une centaine de morts entre les forces de sécurité et l’opposition qui exige le départ de Joseph Kabila, dont le mandat expire fin décembre.

    La Constitution interdit à l’actuel président, au pouvoir depuis 2001, de se présenter de nouveau, mais celui-ci ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

    J.A

  • Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

    Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

    dialogue -Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) congolaise a déclaré que l’élection présidentielle pourrait se tenir 504 jours après le 31 juillet 2016, date du début de l’opération de refonte du fichier électoral.

    Corneille Nangaa a fait une présentation samedi au dialogue national dont les travaux butent sur la nouvelle date de la présidentielle.

    Selon sa présentation, le scrutin présidentiel pourrait avoir lieu 504 jours après le 31 juillet 2016, soit en novembre 2018. La date ne réunit pas l’assentiment de toutes les parties.

    La CENI compte à partir du 31 juillet 2016, date à laquelle elle a lancé l’opération de refonte du fichier électoral commençant par l’enrôlement des électeurs.

    M. Nangaa a justifié cette longueur de temps par l’option prise au dialogue de tenir les élections présidentielle, législatives et locales le même jour.

    “La convocation de l’électorat pour les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales en une seule séquence interviendra en novembre 2017”, a affirmé le président de la CENI, précisant que “cette convocation coïncidera avec l’inscription des candidatures”.

    M. Nangaa a souligné que son institution a besoin d’au moins 504 jours à partir du 31 juillet 2017 pour faire face aux contraintes techniques liées à l’organisation simultanée de ces élections.

    La frange de l’opposition qui prend part au dialogue rejette l’option. Elle exige un délai plus court, refuse de signer le projet d’accord qui leur est proposé, exigeant que le texte comporte une date précise de la présidentielle et stipule clairement que le président Joseph Kabila ne se représentera pas à un troisième mandat comme l’indique la Constitution.

    “La CENI doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu’elle veut”, a réagi notamment Jean Lucien Bussa, porte-parole de l’opposition au “dialogue national”. “Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n’attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018”, a martelé l’opposant.

    L’opposition dans son ensemble estime la CENI doit se baser sur les avis des experts de l’OIF et de l’ONU selon lesquels il faut à la CENI six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins.

    La question fait débat. La majorité présidentielle et le président de la CENI martèlent que “la publication du calendrier est une compétence exclusive” de la centrale électorale.

    Les travaux du dialogue ont repris vendredi 10 jours après les affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui réclamaient la tenue de la présidentielle au 19 décembre 2016 et le départ du président Kabila du pouvoir à cette date comme le prévoit de la Constitution.

    Au dialogue, pouvoir et opposition ont décidé d’engager des négociations directes sur cette question, après la présentation de la CENI.

    L’Eglise catholique mais aussi la société civile avaient suspendu leur participation à ces assises, affirmant seul un dialogue incluant le Rassemblement, plate-forme regroupant les ténors et la grande partie de l’opposition, sous la direction d’Etienne Tshisekedi, peut réellement décrisper la tension qui prévaut dans le pays.

    Le Rassemblement se dit aussi ouvert au dialogue mais récuse le facilitateur désigné par l’Union africaine, Edem Kodjo.

    Entre 32 morts, selon la police, et plus 100 ont été enregistrés lors des violences du 19 et 20 septembre dernier.

    La Constitution de la RDC prévoit la convocation de l’électorat en vue de la présidentielle au 19 septembre et la tenue-même du scrutin, avant au plus tard au 18 décembre. La CENI a sollicité le report de la présidentielle, elle soutient que le respect des délais constitutionnels sont impossibles pour des raisons techniques.

    VOA

  • Zoé Kabila, de l’ombre à la lumière ?

    Zoé Kabila, de l’ombre à la lumière ?

    zoe-Business, politique, famille… Discret et objet de tous les fantasmes, Zoé, le frère cadet du président, a ouvert ses portes à Jeune Afrique. Portrait.

    D’un Kabila, l’autre… Il y a eu Laurent-Désiré, le père, maquisard, chef rebelle qui a conquis la République avant d’être assassiné dans son palais. Il y a Joseph, le fils aîné, qui a succédé au Mzee (le « vieux », en swahili, surnom donné au père). Dans le sillage de Joseph, il y a Jaynet, la sœur jumelle, et Zoé, l’un des cadets de cette famille nombreuse dont le point commun est un goût prononcé pour la discrétion. De longs mois ont été nécessaires, par l’entremise de certains de ses proches et via les réseaux sociaux, pour convaincre Zoé Kabila Mwanza Mbala, 37 ans, d’ouvrir ses portes à Jeune Afrique.

    « Pour un échange, pas une interview », s’est-il empressé de préciser en message privé sur Twitter, car il « déteste » l’exercice. Il se méfie de la presse, qui « ne rapporte que des mensonges sur lui », tente de justifier l’un des collaborateurs de celui qui traîne une réputation d’enfant terrible. Peu bavard mais soucieux que personne n’oublie de qui il est le fils, et de qui il est le frère…

    Préparation du dialogue national

    Député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir), l’élu de Manono, dans l’ex-Katanga, province natale du Mzee, n’a jamais pris la parole lors des débats au sein de l’hémicycle, en cinq ans de législature.

    Sous le ciel brumeux de Kinshasa, l’imposant portail de l’avenue Likasi s’ouvre sur le bâtiment qui abrite ses bureaux. Deux agents de sécurité en civil escortent les visiteurs jusqu’au premier étage. Apparaît alors le maître des lieux dans un cadre minimaliste. Tiré à quatre épingles mais décontracté, le regard braqué sur son iPad, celui qui se définit d’abord comme un businessman a des airs de CEO tout droit sorti de la Silicon Valley.

    Le 23 juillet, l’un de ses grands projets a été inauguré à Muanda, dans le Kongo-Central (Ouest). Le président est venu personnellement couper le ruban de La Beviour, un luxueux complexe hôtelier construit sur 7 ha, le long de la rivière Tonde. Un site pressenti pour accueillir le « dialogue national inclusif » préconisé par le chef de l’État. « Dans l’histoire, plusieurs accords de paix ont été conclus dans des stations balnéaires, pourquoi La Beviour ne serait-elle pas le lieu de la réconciliation des Congolais ? » interroge Hippolyte Nyembo, un collaborateur de Zoé.

    Patriote

    Problème : l’opposition boude toujours ces pourparlers, multipliant les conditions de son éventuelle participation au scrutin présidentiel qui aurait dû se tenir en novembre (une nouvelle date doit être définie prochainement).

    Les Kabila ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui

    Elle craint surtout que ces assises ne soient qu’un stratagème de la majorité présidentielle pour maintenir Joseph Kabila au-delà de son second mandat, le dernier, théoriquement, en l’état actuel d’une Constitution qui lui interdit d’en briguer un nouveau. Qu’en pense le frère du président sortant ? Celui qui participe « quelquefois » à des réunions informelles au sommet de l’État soutient, dans un parfait swahili teinté d’un accent anglophone, que son aîné n’a nullement l’intention de s’éterniser à son poste, mais aussi que les Kabila ne sont « pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui ».

    « Notre père a versé son sang pour ce pays, renchérit-il. Lorsque nous étions enfants, il nous répétait que c’était nous qui allions reconstruire la RD Congo. » Si au 19 décembre, date officielle de la fin du mandat de Joseph Kabila, le scrutin présidentiel n’a pas eu lieu, « le président restera en fonction, comme l’a rappelé la Cour constitutionnelle », souligne-t-il d’un ton déterminé.

    Né en exil, Zoé ne cesse de rappeler son « attachement infaillible à [sa] patrie ». « Enfant, je ne savais même pas que j’étais congolais. C’est mon père qui nous parlait souvent de la RD Congo, de l’amour que nous devions porter chaque jour à l’égard de ce grand pays », poursuit, un brin nostalgique, l’enfant du Mzee. « Avec ses frères et sœurs, il a été élevé dans le respect de la Bible, mais aussi des pères de l’indépendance », raconte l’ambassadeur honoraire Théodore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l’État.

    Zoé est ensuite envoyé en Afrique du Sud pour y poursuivre ses études. « C’est aussi parce que, comme tous les enfants de Laurent-Désiré Kabila, il était recherché par les services secrets zaïrois », croit savoir Mugalu.

    Cette parenthèse scolaire, loin du Zaïre (nom de la RD Congo sous Mobutu, de 1971 à 1997) couronnée par un bachelor en gestion, affirme Zoé, ne lui permet pas d’accompagner son père et son grand frère dans la lutte armée contre le régime de Mobutu. Une fois ce dernier vaincu, en 1997, Zoé rejoint sa famille de temps en temps pendant les vacances. Il ne s’installe définitivement qu’en 2001, au lendemain de l’assassinat de son père.

     

    Homme d’affaires aux multiples facettes

    À ceux qui menacent la fratrie de « sanctions ciblées » (gel des avoirs, interdiction de quitter le territoire), le cadet réplique sans ambages : « Où croient-ils qu’on irait ? Nous n’avons ni comptes ni résidences à l’étranger. L’Europe ? Je n’y vais qu’une fois par an, et encore », dit-il. Avant de balayer du revers de la main les « Panama Papers », ces montages offshore révélés en avril par des médias occidentaux, qui avaient cité « Dada », la grande sœur.

    Dans l’ombre de son frère président, Zoé s’intéresse d’abord au business et fait prospérer ses affaires. « Il a acquis rapidement des actions dans des entreprises minières, de transport, et dans des sociétés financières », rapporte une source diplomatique occidentale à Kinshasa.

    « Il était déjà dans le commerce depuis des années, notamment dans l’immobilier, quand il pose ses valises à Kinshasa », précise Mugalu à ceux qui s’interrogent sur l’origine de sa fortune. Et de poursuivre : « Contrairement aux fils de Mobutu et à ceux des autres dignitaires de l’ancien régime qui ont dilapidé leur argent, les enfants de Kabila ont suivi à la lettre ce que leur père leur recommandait : “Prenez-vous en charge.” »

    Marié et père de deux enfants, un garçon et une fille, Zoé Kabila est également à la tête du complexe sportif Shark Club et du club Shark XI FC. « Mon équipe de football a récemment débauché deux joueurs du TP Mazembe », se félicite-t-il, amusé, tandis que les rapports sont à couteaux tirés entre son frère et Moïse Katumbi, le propriétaire du célèbre club lushois. Ce dernier, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, passé dans l’opposition en septembre 2015 après avoir claqué la porte du PPRD, est même perçu aujourd’hui comme le rival le plus sérieux du camp Kabila. « C’était un frère », reconnaît Zoé Kabila avant de se lancer dans une diatribe contre la classe politique congolaise.

    La plupart de ses acteurs ne seraient animés, selon lui, que par un « esprit opportuniste » et des « intérêts égoïstes ». Des pics adressés surtout à des politiciens de la partie ouest du pays. Lui affirme qu’il ne « partage pas les mêmes valeurs » qu’eux et qu’il n’est « pas évident de leur faire confiance. » Mais « on fait du feu avec le bois qu’on a », tranche finalement le cadet, qui dit s’appuyer sur la jeunesse.

    Des associations des « amis de Zoé Kabila » (Azoka) fleurissent ces derniers mois un peu partout à Kinshasa et dans l’ex-Katanga. Surtout dans le Tanganyika, sa province d’origine, qu’il aimerait un jour diriger. « Il voulait se présenter lors de la dernière élection des gouverneurs dans les nouvelles provinces, mais il n’a pas eu le soutien de son frère », explique un cadre de la MP. Tapi dans l’ombre, Zoé « n’a pas abandonné cette ambition », conclut-il.  Trésor Kibangula, envoyé spécial à Kinshasa.

    JA

  • La procureure de la CPI menace suite aux violences en RDC

    La procureure de la CPI menace suite aux violences en RDC

    Fatou-Fatou Bensouda déclare “surveiller avec une extrême vigilance” la situation à Kinshasa, mettant en garde les protagonistes de la crise en République démocratique du Congo.

    Elle a lancé vendredi un appel au calme.

    Suite “à des actes dont il est allégué qu’ils pourraient constituer des crimes de la compétence de la CPI, je tiens à rappeler à tous et à toutes en RDC que je surveille avec une extrême vigilance la situation sur le terrain”, a-t-elle affirmé dans un communiqué.

    “J’appelle toutes les parties potentiellement impliquées et tous les acteurs congolais au calme et à la retenue, et à s’abstenir de tout acte de violence contre les personnes et les biens”, a-t-elle ajouté.

    Kinshasa a été secouée lundi et mardi par des violences qui ont fait entre une trentaine et une centaine de morts selon les protagonistes.

    Les troubles ont opposé les forces de sécurité à l’opposition qui exige le départ du président Joseph Kabila à la fin de son mandat prévue à la fin de l’année.

    La CPI mène ou a mené plusieurs procès pour des crimes commis en RDC, notamment contre les anciens chefs de milice Thomas Lubanga, Germain Katanga et Bosco Ntaganda.

    Un mandat d’arrêt a été émis en 2012 contre le chef des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) Sylvestre Mudacumura pour des crimes de guerre commis dans les Kivus en 2009 et 2010. Il est le seul suspect encore en fuite dans le cadre de l’enquête de la CPI en RDC.

    “Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité”, a ajouté la procureure.

    La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter, mais le chef de l’Etat ne semble pas vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

    Avec AFP

  • La République Restera Monarchie : l’espoir biffé des Gabonais

    La République Restera Monarchie : l’espoir biffé des Gabonais

    République gabonaise, monarchie tu resteras! Le président sorti par le peuple est ainsi ramené par une Cour constitutionnelle sous les airs émouvants d’une famille dysfonctionnelle. C’est le drame des présidentielles Africaines : la vérité des urnes et la transparence attendront. Immergeons puis émergeons, la magie des urnes nous va mieux à 50,66%. La honte aussi!

    monarchie-confirme-au-gabonMonarchie, tu ne quémanderas point la République

     

     

    Cette ère nouvelle d’instabilité a commencé par des jours de négociations sur le mode d’évaluation à adopter, face à la plainte déposée par le candidat Jean Ping dans des circonstances bien particulières : les votes dans la province du Haut-Ogooué, là où Ali Bongo Ondimba a obtenu 95 % des voix pour 99 % de participation, selon les résultats très discutables de la Commission électorale nationale permanente (Cénap). Recomptage ou validation? La question est là.

     

    Décodées pour le commun des mortels, les données miraculeuses du Haut-Ogooué signifient que seulement 50 capricieux électeurs sur les 71 786 inscrits sur la liste électorale ne sont pas allés voter.En somme, les 95,46 % des voix ainsi attribuées au candidat Ali Bongo lui permettaient de combler son retard accumulé dans les huit autres provinces pour finalement dépasser Jean Ping de quelque 6 000 voix au niveau national. Statistiquement, une telle performancedouteuse de « 95 % des voix pour 99 % de participation et seulement 50 électeurs absents » ne s’était jamais vue au Gabon pas plus que dans la défunte Union soviétique. Personne ne croyait donc à un tel exploit d’Ali Bongo Ondimba dans la province où la zizanie et la dissidence se sont installées depuis bien longtemps.

     

    À la suite d’une singulière messe, en vérité le contrôle de la régularité des procès-verbaux de l’élection du 27 août 2016, la Cour constitutionnelle saisie depuis le jeudi 8 septembre 2016 s’est mise en conclave véritable le jeudi 22 septembre dans l’après-midi, à charge de livrer verdict le lendemain, échéance légale. Vendredi noir : l’armée se déploie, le plus-que-frère d’Ali Bongo qu’est Léon-Paul Ngoulakia neutralisé, le blocus définitif des deux grands pôles urbains  Libreville et Port-Gentil exécuté, Internet maintenu coupé, les nombreux quartiers Akébé et Lalala cernés.

     

    Monarchie, tu ne demanderas point à devenir République

     

    Finalement, la longue marche des Gabonais vers la démocratie et qui n’est rien d’autre que la volonté profonde de mettre fin au règne de la dynastie Bongo sur le Gabon, depuis 1965, va se poursuivre. Une fois de plus, la Cour constitutionnelle n’a pas restitué la force du droit en considérant toutes les évidences de l’invraisemblance contenue dans la victoire orchestrée dans la province du Haut-Ogooué.

     

    La Cour constitutionnelle a même délité le droit à l’espoir chez une population jeune, la première richesse du Gabon, qui a su dépasser les clivages provinciaux ainsi que tous les pièges du vote ethnique depuis que le candidat Jean Ping avait réussi à rassembler les ténors de l’opposition jusqu’à certains membres de la famille présidentielle.

     

    L’évidente anomalie de la victoire du président sorti, Ali Bongo Ondimba, va être confirmée par une Cour constitutionnelle manifestement peu courageuse, pour entrer dans la grande Histoire du Gabon qui s’écrivait sous les yeux du monde entier. Le refuge souverainiste de la Cour n’a pu s’allier à la nécessaire transparence républicaine attendue de l’institution. La fameuse tour de Pise gabonaise est restée penchée du même côté, celui du pouvoir : le recours de Jean Ping a été rejeté et, en pleine nuit, le résultat balancé.

     

    République, levez-vous! Monarchie vous êtes, monarchie vous resterez! La fébrilité de l’attente s’est transformée en désespoir, en consternation, en colère, en brusquerie et en inhumanité. Trois familles de choix essentiels étaient possibles face au litige électoral dans toute sa gravité : l’annulation, la confirmation et l’inversion des résultats électoraux. La pire de toutes les options a été choisie : l’incertitude de l’iniquité par la reconduction du statu quo.

     

    La présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, n’est ni Salomon encore moins Aristote pour exemplifier, devant tout le monde, la médiété recommandable dans tous les cas aussi extrêmes. Déjà, dans la session plénière de la messe plénière du jeudi 22 septembre, après avoir entendu les dernières représentations des avocats des deux parties, Marie-Madeleine Mborantsuo n’a pas su jouer la transparence même sur la date et l’heure de communication de la décision capitale attendue depuis si longtemps. À sa guise, tout devrait venir plus tard, selon sa manière et sur sa convocation.

     

    Deux semaines durant, la Cour constitutionnelle gabonaise ne s’était imposé aucun calendrier rigoureux. En pareille circonstance d’urgence républicaine, l’imprécision est la marque de l’irrésolution. C’est la lecture faite par les Gabonais. Et la désolation, l’inquiétude, a gagné les cœurs et les esprits, à l’intérieur comme à l’extérieur du Gabon.

     

    Les rues, les quartiers et les matiti de Libreville et Port-Gentil, surtout, sont mis sous surveillance. Une fois de plus, les lieux de rencontre de l’état-major du candidat Jean Ping sont pris en étaux par les forces de sécurité. Les appels et les communications toujours sous un contrôle serré. La démocratie vite immolée, la monarchie Bongo est réinstallée. Ali Bongo Ondimba se précipite encore pour appeler à un dialogue avec Jean Ping. Le jeu!

     

    Comme pour faire un poing levé, les cinq doigts du désespoir, de la consternation, de la colère, de la brusquerie et de l’inhumanité se sont refermés chez la majorité des Gabonaises et des Gabonais. L’innocent Gabon vert-jaune-bleu, désormais souillé du rouge sang, ne serait plus le même après tant de déchirures. Ici et là, des larmes de blessure pour mieux  le dire… Continuez, fils à papa; la honte vous va si bien. Mais, la démocratie aura le dernier mot sur vous!

    Pierre S. Adjété – Québec, Canada

    • 24 septembre 2016●
  • Des crapules au pouvoir en Afrique francophone

    Des crapules au pouvoir en Afrique francophone

    francophonie_dakar-Ne laissons pas ces vaincus de l’Histoire, porter atteinte à l’audace du nécessaire changement en Afrique
    francophone! Les récents évènements en République démocratique du Congo (RDC) prouvent à suffisance
    comment certains pouvoirs africains sont de véritables bandes organisées, sans scrupules, d’une période que
    l’on croyait révolue. Un gouvernement qui organise une expédition punitive, avec des corps habillés munis
    d’accélérant incendiaire et de fusils mitrailleurs, avec pour mission de mettre le feu au siège du principal parti
    politique adverse, c’est encore et toujours du ressort de l’inimaginable dans le monde imparfait d’aujourd’hui.
    Voyons voir! Le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti d’opposition
    congolais, incendié à Kinshasa au petit matin avec plusieurs morts à la clé et les mêmes destructions au siège de
    deux autres partis politiques : les Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus) et le Mouvement lumumbiste
    progressiste (MLP). Le choc vaut bien l’arrêt de tout effort de dialogue politique au Congo. C’est à croire que l’ombre
    et les pratiques des anciens dictateurs planent toujours sur certains pays africains francophones.
    Le quartier général du candidat Jean Ping à Libreville bombardé en pleine nuit et pris d’assaut par des hommes
    cagoulés y faisant un indescriptible bain de sang comme jamais le Gabon n’en a connu. Le grand marché de Lomé
    incendié et les coupables identifiés comme responsable –seulement quelques heures après, et tous des adversaires
    de l’opposition au pouvoir togolais, le tout générant des vies brisées, des familles dévastées, des accusations
    fantaisistes, et toujours une impunité récurrente machiavélique. C’est du n’importe quoi politique qui perdure en
    un véritable « concentré électrisant de l’histoire et de la tragédie africaines » comme le dit le Vieux, GodwinTété.
    Tout cela n’honore pas ces gouvernants qui ne veulent pas de l’alternance politique en Afrique, et jouent la brutalité
    inconcevable pour confisquer les pouvoirs. Comme dans une Francophonie africaine, clairement « Il s’est produit
    des violences en République démocratique du Congo qui sont inadmissibles, insupportables » rend compte et en
    témoigne, sans détour, le président François Hollande au pied des Nations unies, à New York, ce 20 septembre
    2016.
    Ce jour-là n’est pas seulement historique parce que le premier président de race noire des États-Unis d’Amérique,
    Barack Obama, prononce son dernier discours à la tribune de l’ONU alors que le jeune Premier ministre canadien,
    Justin Trudeau, y livre sa toute première allocution. Ce jour du 20 septembre 2016 est mémorable parce que
    l’enivrement par le pouvoir ainsi que la démesure et l’insatiabilité de deux mandats présidentiels ont fait perdre
    pied à Joseph Kabila, présent lui-même à New York à l’Assemblée générale de l’ONU, et ses hommes de main restés
    à Kinshasa pour veiller au grain et accomplir les basses besognes autant que toutes les vilenies et obscénités
    politiques.
    #OnDitQuoi : Rien qu’un chef d’oeuvre de la bêtise humaine
    Aucune malédiction ne pèse sur la race noire. Insupportables et incapables sont devenus certains individus qui, par
    le pur des hasards, se sont retrouvés à la tête de certains États en Afrique francophone pour mieux servir des
    intérêts aussi obscurs que personne ne s’en réclame avec fierté .
    Vestiges de ce qui est connu sous le nom de « Françafrique » et que l’essayiste camerounais Paul Heutching raffine
    encore par le vocable « Françafricophonie », dans sa « Françafricophonie : la décolonisation par la recolonisation
    perpétuelle », les agissements de ces chefs d’État africain « n’ont absolument rien à voir ni avec les gènes ou la
    mélanine ni avec le ciel (les balivernes bibliques imbéciles écrites d’une diabolique main quelque part il y a des
    milliers d’années –naissance de la Bible ou de ce qui est devenu la Bible- dans la région qui est devenue le Proche-
    Orient). »
    Avec de tels présidents africains, il est donc difficile de ne pas admettre que « l’interminable drame africain a
    fonctionné et fonctionne comme un cancer [dont il faut se débarrasser]. Un chef d’oeuvre de la bêtise, de la
    méchanceté et de la bestialité humaines sur lesquelles même le temps ne produit aucun effet correctif ».
    Le défi est grand, dans tous ces cas particuliers. Il est bien africain, largement. Le défi est surtout celui de la
    Francophonie, elle-même est devenue un vivier propice à toutes les monstruosités. Les photos que ces présidents
    africains, francophones et bourreaux de leur peuple aiment afficher avec les chefs d’État et de gouvernement de la
    Belgique, du Canada, de la France de la Suisse et autres, et même les douteux contrats et opportunités d’affaires
    dont bénéficient certains malfrats de tous poils ont prouvé dorénavant l’insuffisance des seules images largement
    diffusées des salutations protocolaires, à Montréal, New York, Paris ou ailleurs.
    #EnFinirPourDeBon avec les trompeuses apparences
    La Francophonie ne peut plus se contenter des apparences. Invariablement, les apparences sont toujours
    trompeuses; et nous savons tous qu’elles ne révèlent pas la profondeur des crimes qui sont perpétrés pour
    confisquer les pouvoirs au seul nom de la stabilité des relations ou encore sous le couvert de la sécurité en mers et
    aux frontières.
    Faute de démocratie, faute de gouvernants élus par les peuples et pour les peuples, les pays africains francophones
    ne pourront qu’être des partenaires fragiles minant dangereusement leur rôle bilatéral et multilatéral à l’échelle
    du monde, et partout sur le passage des dirigeants qui ne possèdent aucune légitimité. Que vaut un contrat ou un
    accord signé avec un dictateur ou un président non élu par son peuple? Pas grand-chose! Il faut donc en finir avec
    la complaisance entourant la non-démocratie institutionnalisée dans certains pays.
    Aussi, dans la Francophonie d’ailleurs, l’Histoire joue en faveur de la démocratie; et la démocratie y aura le dernier
    mot, pour en finir avec l’imposture qui semble s’éterniser au point de confisquer le bon sens et décrédibiliser les
    autres dirigeants qui s’associent à l’indignité de la non-démocratie.
    Comment alors ne pas convenir avec Kwame Nkrumah que : « Aucune race, aucun peuple, aucune nation ne peut
    vivre et se faire respecter chez lui et à l’extérieur, sans la liberté politique. » C’est bien ce que les peuples
    francophones africains attendent aussi de leur dirigeant et de leurs amis et partenaires. C’est bien pourquoi les
    peuples africains francophones sont en éveil pour recouvrer leur dignité et en finir pour de bon, là où « les pratiques
    politiques dans cette région sont des plus archaïques et parmi les plus dictatoriales de l’histoire du Continent noir »
    selon les termes d’Alain Mabanckou.
    On comprend bien pourquoi, sur les réseaux sociaux les mots-clics #BolloréAmiDesDictateurs #FreeGabon
    #FreeKongo #FreeTogo sont devenus les cris de ralliement de toute une génération de révoltés et d’indignés
    africains, désireux d’autre chose que la non-démocratie persistante. L’avenir de l’Afrique ne peut tout de même
    pas être défini par de jeunes apprentis dictateurs, fils de leurs pères déjà rompus à la tâche de la diversion et de
    l’invouloir. Ne laissons donc pas ces conservateurs, des vaincus de l’Histoire, porter atteinte à l’audace du
    nécessaire changement au Togo, au Gabon, au Congo et partout ailleurs où besoin urgent de dignité nous attend
    comme devoir commun de solidarité.
    ●22 septembre 2016●
    Mots clé : Francophonie, Démocratie, Afrique
    Pays : R. D. Congo, Gabon, Togo,

    Pierre S. Adjété
    Québec, Canada

     

     

  • Joseph Kabila, l’homme qui gagne du temps

    Joseph Kabila, l’homme qui gagne du temps

    joseph-kabila-L’impénétrable président de la république démocratique du Congo s’accroche à son poste. Lundi, une marche d’opposants contestant son maintien au pouvoir a été réprimée dans le sang à Kinshasa.

    A 29 ans, il était le plus jeune chef d’Etat au monde quand il a été catapulté à la tête de la république démocratique du Congo, après l’assassinat de son père, en 2001. Quinze ans plus tard, Joseph Kabila a utilisé l’ensemble des moyens à sa disposition pour garder sa place. C’est-à-dire toutes les manettes possibles de cet Etat immense et ruiné. L’essentiel de son temps et de son activité a été consacré à ce seul objectif : durer. L’espoir d’une révolution générationnelle s’est vite fracassé sur la réalité des deux mandats (presque trois puisque de 2001 à 2006, il a gouverné sans être élu) de ce président qui aura mis fin à la «première guerre mondiale africaine» sans pour autant relever son pays. Lundi, une marche d’opposants contestant son maintien au pouvoir après l’expiration de son second mandat, en décembre, a été réprimée dans le sang à Kinshasa.

    Officier sans éclat

    Joseph Kabila est surtout resté une énigme, un personnage illisible. A la différence de son volubile paternel, Laurent-Désiré Kabila, Joseph est un taiseux. «Personne ne sait ce qu’il pense, décrit Christophe Rigaud, responsable d’Afrikarabia, un site d’information consacré à la RDC. Sa parole est distillée au compte-gouttes. C’est sa stratégie : il attend le plus possible avant de prendre une décision, pour pouvoir s’adapter, naviguer à vue.» Dans un entretien accordé au Soir, en 2006, sa mère le décrivait déjà ainsi : «Il réfléchit avant d’agir et n’a jamais été un enfant turbulent. Calme, il ne parlait pas beaucoup ; s’il était fâché, il ne le montrait pas.» Car, paradoxalement pour un chef d’Etat de cet âge, bombardé à la présidence alors qu’il était un officier sans éclat de l’armée de son père, l’arme la plus redoutable de Joseph Kabila est la patience. «En réalité, il joue la montre depuis quinze ans, poursuit le journaliste. Et le pire, c’est que ça lui réussit. C’est le roi du pourrissement.»

    Les incessantes rébellions dans l’Est, en particulier, l’ont aidé à s’imposer. En se présentant comme le seul rempart contre le chaos dans un pays qui l’a trop connu, Kabila a sans cesse gagné du temps. De fait, il a mis fin à plusieurs conflits armés (en intégrant systématiquement les milices et leurs chefs dans la fragile armée nationale) et a longtemps capitalisé sur cette image d’«artisan de la paix», notamment dans l’est du pays.

    «La récréation est finie»

    Le premier président démocratiquement élu du Congo depuis Joseph Kasa-Vubu, en 1960, année de l’indépendance, était considéré à ses débuts comme «le candidat du monde occidental», rappelle David Van Reybrouck dans Congo, une histoire (1) : «Avec sa voix timide et sa jeunesse, il donnait l’impression d’être un personnage falot. Les Congolais le connaissaient peu, l’Occident le considérait comme une marionnette.» Ses adversaires, notamment son principal rival aux élections de 2006, l’ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba (2), l’ont souvent attaqué sur son prétendu manque de «congolité» – une rumeur infondée lui prêtant une origine rwandaise (tutsie) par sa mère. «En sa qualité de président, Kabila essayait de dominer le tumulte, en déclarant “celui qui porte les œufs ne se dispute pas” – une expression qui allait le poursuivre pendant des mois, écrit l’historien belge. Elle renvoyait aux enfants des rues qui allaient d’un bar à l’autre en portant sur la tête un carton d’œufs durs. Tout Kinshasa trouvait à l’époque [en 2006] que le Président n’était qu’un va-nu-pieds.»

    Né dans le maquis, Joseph Kabila le mutique, qu’on prenait pour un pantin, va pourtant se révéler un impitoyable stratège. En quelques années, il va parvenir à éliminer un à un tous les vieux caciques du régime de son père qui pensaient, eux aussi, le manipuler. «La récréation est finie», avait-il prévenu lors de son discours d’investiture, en 2006. A l’époque, il avait fait de ses «cinq chantiers» nationaux (infrastructures, eau, électricité, enseignement, travail, santé) un emblème de la renaissance du Congo. Ils n’auront quasiment pas avancé depuis sa première élection. En revanche, Joseph Kabila va s’illustrer dans un domaine : la répression brutale de toute voix dissidente. Sous sa présidence, des centaines d’opposants ont été tués par sa zélée garde républicaine, une sorte d’armée d’élite personnelle entièrement dévouée composée de 15 000 hommes.

    Gilet pare-balles sous la veste

    Impopulaire depuis toujours à Kinshasa, Kabila, qui s’exprime avec difficulté en lingala, la langue de la capitale, a développé une «paranoïa» du coup d’Etat, note Christophe Rigaud : «Pendant un moment, il portait un gilet pare-balles sous sa veste en permanence, tout le monde trouvait qu’il avait beaucoup grossi.» Le meurtre de son père lui a aussi appris à se méfier de son entourage. Si sa sœur jumelle, Jaynet, conserve toute sa confiance, rares sont les proches qu’il a gardés auprès de lui tout au long de sa présidence. Mais, selon les observateurs, ceux-là se sont considérablement enrichis depuis son arrivée au pouvoir (les Panama Papers ont récemment révélé l’existence d’une lucrative société offshore enregistrée au nom de Jaynet).

    «Sur ce plan, il n’y a aucune rupture. Tout comme Mobutu avant lui, Joseph Kabila ne fait pas de différence entre les coffres de l’Etat et ses propres poches, poursuit le journaliste. Sa province d’origine [le riche Katanga] est un tiroir-caisse dans lequel il puise allègrement.» Le budget du Congo, plus vaste pays d’Afrique noire, est de 7 milliards d’euros, l’équivalent de celui de la ville de Paris. En 2016, il pointe au 184e rang (sur 189) dans le classement Doing Business de la Banque mondiale. L’espérance de vie y est de 49 ans, l’une des trois plus basses de la planète.

    LA Libre

  • Violences en RDC: les évêques suspendent leur participation au dialogue national

    Violences en RDC: les évêques suspendent leur participation au dialogue national

    eveques-De nouveaux affrontements ont éclaté ce mardi 20 septembre en RDC, des bâtiments ont été attaqués et un imposant dispositif sécuritaire a été mis en place. On décompte encore plusieurs morts et blessés. Conséquence des violences de ces deux derniers jours, l’Eglise catholique suspend sa participation au dialogue national.

    Le retrait de l’Eglise catholique est un coup dur pour le dialogue, car cela réduit encore le champ d’ouverture de ce processus toujours boycotté par deux des principales forces de l’opposition.

    Interrogé par RFI, l’abbé Donatien Nshole, le délégué de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) au dialogue national, explique que les évêques ont été « interpellés par le sang de nos frères et soeurs qui a été versé pour le respect de la Constitution ». « Les évêques ont jugé bon de suspendre leur participation au dialogue pour faire le deuil, mais aussi pour chercher un consensus plus large », indique-t-il.

    Pour lui, les événements de ces derniers jours constituent « un message fort pour dire qu’une bonne partie de la population ne se sent pas concernée par le dialogue actuel. Cela amène les évêques à se mettre de nouveau en route et de prendre leur bâton de pèlerin pour pouvoir inviter les autres à se mettre autour d’une même table ».

    Et l’abbé Donatien Nshole de conclure : « Ils ne sont pas ennemis, mais des frères, des compatriotes d’un Etat qu’ils doivent construire ensemble et non pas détruire ».

    Cette décision intervient alors que la RDC a été marquée ce mardi par une nouvelle journée de violence. Si le rassemblement appelé par l’opposition n’a finalement pas eu lieu, des affrontements ont éclaté dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale de Kinshasa. A Ndjili, un tribunal et des voitures ont été brûlés. Les policiers de faction n’ont rien pu faire et ont dû appeler des renforts.

    Dans l’après-midi, Kinshasa avait encore des allures de ville morte. Les artères habituellement embouteillées par les voitures étaient quasi désertes. On pouvait voir ça et là des barricades en feu et des colonnes de policiers aux visages peints en noir. La police militaire, mais aussi – fait rare – la garde républicaine dans les quartiers les plus sensibles.

  • L’ONU exige une enquête sur les violence en RDC

    L’ONU exige une enquête sur les violence en RDC

    siege-de-ludps-Le HCDCH exige “une enquête crédible et impartiale”, a indiqué le porte-parole du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Rupert Colville, lors d’un point presse à Genève.

    Pour l’ONU, cette enquête permettra que les responsables de violations des droits de l’homme et d’actes criminels soient traduits en justice.

    “Nous sommes prêts à soutenir une telle enquête”, a souligné M. Colville.

     Selon lui, les violences qui ont présentement lieu dans le pays, mettent en évidence le besoin urgent d’un dialogue constructif et inclusif sur le processus électoral. “Nous continueront de suivre et documenter de près la situatio”, a-t-il affirmé.

    De violents affrontements entre manifestants et forces de police ont eu lieu lundi à Kinshasa, la capitale de la RDC.

    Selon les chiffres du gouvernement, 17 personnes, dont trois policiers, ont été tués et un nombre inconnu de personnes ont été blessées. D’autres sources signalent des chiffres beaucoup plus élevés, qui sont encore en cours de vérification. Près de 200 personnes auraient été arrêtées.

    voa