Author: Don Kayembe

  • PrĂ©sidentielle en RDC : pas avant novembre 2018, selon la Ceni

    Présidentielle en RDC : pas avant novembre 2018, selon la Ceni

    Bureau de la CENI
    Bureau de la CENI

    -La Commission électorale de la République démocratique du Congo (Ceni) a préconisé samedi la convocation du corps électoral en novembre 2017, renvoyant par ailleurs à une année plus tard la tenue de la présidentielle en RDC. Soit deux ans aprÚs la fin du second mandat du président Joseph Kabila.

    Le verrou du dialogue national, qui se tient depuis le 1er septembre à Kinshasa, peine toujours à se débloquer. Samedi 1er octobre, Corneille Naanga, président de la Ceni, a proposé pour novembre 2017 la convocation du corps électoral pour les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en une seule séquence.

    La Ceni estime par ailleurs que « le fichier Ă©lectoral pourrait ĂȘtre finalisĂ© au plus tard le 31 juillet 2017 » et que « environ 45 millions d’électeurs potentiels devront ĂȘtre enrĂŽlĂ©s Ă  la fin de cette opĂ©ration en cours », peut-on lire dans un communiquĂ© publiĂ© par le bureau du facilitateur Edem Kodjo.

    Selon le mĂȘme texte, se basant sur l’exposĂ© de Corneille Nangaa, Ă  compter du 31 juillet 2017 plusieurs Ă©tapes du processus Ă©lectoral – rĂ©partition des siĂšges par circonscription électorale, inscription des candidatures, commande du matĂ©riel Ă©lectoral et son dĂ©ploiement, formation des agents Ă©lectoraux – devront s’étendre sur 504 jours. Autrement dit, ce n’est qu’à l’issue de l’ensemble de ces opĂ©rations, soit en novembre 2018, que les scrutins auront effectivement lieu.

    Lire le communiqué du bureau du facilitateur Edem Kodjo.

    ManƓuvre dilatoire

    « La CĂ©ni doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu’elle veut », a aussitĂŽt objecté Jean Lucien Bussa, porte-parole de l’opposition au dialogue national. « Nous cherchons Ă  rĂ©soudre la crise, le peuple n’attend pas la prĂ©sidentielle au 25 novembre 2018 », a t-il prĂ©venu, estimant qu’il s’agit lĂ  d’une nouvelle « manƓuvre dilatoire » pour conforter plus longtemps le prĂ©sident Joseph Kabila dans son siĂšge prĂ©sidentiel.

    Évoquant l’expĂ©rience de la Ceni en 2006 et en 2011, Jean Lucien Bussa a Ă©galement rappelĂ© que selon les experts de l’OIF et de l’ONU « il faut Ă  la Ceni six mois maximum aprĂšs le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins ».

    « La publication du calendrier est une compétence exclusive de la Ceni », a répondu fermement Corneille Naanga.

    Un dialogue au point mort

    « On peut tout finir en une annĂ©e et avoir la prĂ©sidentielle dans un court dĂ©lai, c’est franchement exagĂ©rĂ© de faire pareille projection », a confiĂ© Ă  l’AFP l’abbĂ© Nshole, le dĂ©lĂ©guĂ© de l’Église catholique au dialogue.

    L’Église catholique a suspendu sa participation aux travaux du dialogue depuis le 20 septembre en vue de rechercher un consensus plus large, aprĂšs les violences des 19 et 20 septembre lors des manifestations d’opposition qui visaient Ă  demander au prĂ©sident Joseph Kabila de quitter le pouvoir Ă  la fin de son mandat le 20 dĂ©cembre 2016.

    Le Rassemblement de l’opposition, rangĂ© derriĂšre l’opposant historique Étienne Tshisekedi, qui avait Ă©galement dĂ©cidĂ© de boycotter ce dialogue national dĂšs son ouverture le 1er septembre, annonce de son cĂŽtĂ© la tenue le mardi 4 octobre de son conclave Ă  Kinshasa.

    J.A

  • Ce qu’il faut retenir du conclave du « Rassemblement » de l’opposition

    Ce qu’il faut retenir du conclave du « Rassemblement » de l’opposition

    rassemblement-ParallĂšlement au dialogue politique convoquĂ© par le prĂ©sident Joseph Kabila, le “Rassemblement” de l’opposition, regroupement politique rangĂ© derriĂšre Étienne Tshisekedi, a tenu mardi son conclave Ă  Kinshasa. Une grande messe visant Ă  dessiner les lignes de l’aprĂšs Kabila.

    « Toutes les plateformes ont Ă©tĂ© consultĂ©es avant la convocation le mardi 4 octobre du conclave et la rĂ©daction de son rapport final », confie Delly Sesanga, dĂ©putĂ© et leader de  l’Alternance pour la RĂ©publique (AR), l’un des regroupements politiques qui soutient la candidature de MoĂŻse Katumbi Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique.

    Objectif : se mettre d’accord sur les positions communes quant au processus Ă©lectoral en panne. De l’avis de plusieurs experts Ă©lectoraux, il est en effet devenu difficile d’organiser des Ă©lections d’ici fin 2016, avant la fin du second mandat du prĂ©sident Joseph Kabila. Jeune Afrique revient sur les principales rĂ©solutions du conclave.

    • Selon le « Rassemblement », c’est Kabila qui bloque le processus Ă©lectoral

    Pour ces forces de l’opposition, rangĂ©es derriĂšre Étienne Tshisekedi et MoĂŻse Katumbi, « le processus Ă©lectoral est bloquĂ© par la seule volontĂ© de M. Joseph Kabila ». Elles reprochent, entre autres, au chef de l’État d’avoir « [confisquer] des ressources publiques Ă  des fins partisanes » et d’instrumentaliser les forces de l’ordre et de sĂ©curitĂ©. Et accusent le Parlement, le gouvernement, la Cour constitutionnelle, les juridictions de l’ordre judiciaire et la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni) d’ĂȘtre devenus des « simples bras sĂ©culiers du pouvoir en place ».

    • Intensifier les actions pacifiques

    Par consĂ©quent, le « Rassemblement » promet d’«[intensifier] les actions pacifiques amorcĂ©es le 19 septembre ». Des manifestations qui avaient dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© en sanglants affrontements entre les militants de l’opposition et les forces de l’ordre. L’opposition demande d’ailleurs l’ouverture d’une enquĂȘte internationale pour Ă©tablir les responsabilitĂ©s de chacun.

    • DĂ©mission des membres de la Ceni et restructuration de la Cour suprĂȘme

    Tirant les consĂ©quences du probable « glissement » du calendrier Ă©lectoral, les alliĂ©s de Tshisekedi appellent aussi Ă  la « dĂ©mission immĂ©diate des membres de la Ceni et du gouvernement pour leur responsabilitĂ© dans l’impasse Ă©lectorale actuelle ».

    Le « Rassemblement » accuse Ă©galement Joseph Kabila de n’avoir pas jouĂ© son rĂŽle de garant de la Constitution pour permettre la tenue des scrutins dans les dĂ©lais.

    S’il demeure au pouvoir aprĂšs le 19 dĂ©cembre, Kabila aura commis un parjure, selon le « Rassemblement ».

    • Vers l’installation d’un « rĂ©gime spĂ©cial » en RDC ?

    Le camp de Tshisekedi estime par ailleurs qu’il est devenu nĂ©cessaire de « dĂ©finir un rĂ©gime spĂ©cial devant assurer la gestion du pays de maniĂšre Ă  organiser sans tarder les Ă©lections dans le respect de la Constitution et des normes dĂ©mocratiques ». Autrement dit, le « Rassemblement » prĂ©conise une pĂ©riode transitoire sans Kabila Ă  la tĂȘte du pays aprĂšs le 19 dĂ©cembre, date de la fin de son second mandat.

    « Si par dĂ©fi, il demeure, nĂ©anmoins, au pouvoir au lendemain de cette date (
), M. Joseph Kabila aura commis un parjure et une violation intentionnelle de la Constitution de la RĂ©publique constitutive de haute transition », selon le « Rassemblement ».

    Dans cette hypothĂšse, ce dernier « appellera le peuple congolais Ă  ne plus reconnaĂźtre l’autoritĂ© (
) de Joseph Kabila et Ă  rĂ©sister pacifiquement au coup d’État ainsi accompli avec la bĂ©nĂ©diction de la Cour constitutionnelle ».

    • PrioritĂ© Ă  la prĂ©sidentielle et aux lĂ©gislatives

    Contrairement au compromis trouvĂ© au dialogue en cours Ă  Kinshasa sur la sĂ©quence des Ă©lections Ă  venir, le conclave de l’opposition estime lui que « la prioritĂ© doit ĂȘtre donnĂ©e Ă  la prĂ©sidentielle couplĂ©e, comme dans le passĂ©, avec les lĂ©gislatives nationales ».

    « Il n’est pas besoin de charger la barque avec trois scrutins simultanĂ©s (prĂ©sidentielle, lĂ©gislatives et provinciales) : ce qui conduit Ă  des dĂ©lais trĂšs longs pour l’organisation de ces Ă©lections », commente Delly Sesanga.

    Il faudra une inclusivité suffisante au nouveau dialogue, estime Delly Sesanga.

    • Le « Rassemblement » plaide pour un « dialogue vĂ©ritable, crĂ©dible et rĂ©ellement inclusif »

    L’opposition congolaise conduite par Étienne Tshisekedi ne ferme pas cependant la porte au dialogue avec le camp Kabila. Celui-ci comprend dĂ©sormais, selon le « Rassemblement », la MajoritĂ© prĂ©sidentielle et tous les autres opposants  qui participent aux pourparlers ouverts le 1er septembre Ă  la CitĂ© de l’OUA, Ă  Kinshasa. Vital Kamerhe y compris.

    « Mais nos prĂ©alables doivent ĂȘtre satisfaits, insiste Delly Sesanga. D’autant que Kabila n’a pas le droit de choisir ceux qui doivent prendre part Ă  ces assises. Antipas Mbusa Nyamwisi et MoĂŻse Katumbi doivent revenir en hommes libres au pays pour participer Ă  ces pourparlers ».

    • Le profil du facilitateur

    Le « Rassemblement » souhaite Ă©galement un nouveau facilitateur « dont la stature internationale confĂšre[rait] une autoritĂ© morale suffisante pour inspirer confiance aux parties prenantes (
) ».

    ContactĂ© par Jeune Afrique, le porte-parole de la MajoritĂ© prĂ©sidentielle (MP), AndrĂ© Alain Atundu, a dĂ©noncĂ© un « schĂ©ma anti-dĂ©mocratique » des opposants rassemblĂ©s autour de Tshisekedi qu’il accuse de se radicaliser. « En voulant imposer Ă  tout prix Kabila au pouvoir au-delĂ  de son mandat, c’est la MP qui se radicalise », lui a aussitĂŽt rĂ©torquĂ© l’opposant Delly Sessanga.

    J.A

  • Mondiale 2018 : la CĂŽte d’Ivoire et la RDC bien lancĂ©es

    Mondiale 2018 : la CĂŽte d’Ivoire et la RDC bien lancĂ©es

    2018_fifa_wc-svgLa CĂŽte d’Ivoire, vainqueur logique du Mali sur son terrain (3-1), a parfaitement lancĂ© sa campagne de qualification pour le Mondial-2018, tout comme la RD Congo, impeccable face Ă  la Libye (4-0) samedi.

    Dans le terrible Groupe C, l’une des deux poules de la mort de la zone Afrique avec le Groupe B (AlgĂ©rie, Cameroun, NigĂ©ria, Zambie), les ElĂ©phants ont profitĂ© du faux-pas de leurs adversaires pour prendre d’emblĂ©e la tĂȘte et montrer qu’il sera dur de les en dĂ©loger.

    Cueillis Ă  froid par l’ouverture du score de Sambou YatabarĂ© (18e), les champions d’Afrique en titre ont rĂ©tabli la situation en seulement une demi-heure, en marquant coup sur coup trois buts. D’une frappe sans Ă©lan Ă  l’entrĂ©e de la surface, Kodjia a Ă©galisĂ© (26e), avant qu’Aurier, en provoquant un c.s.c de Coulibaly (31e), puis Gervinho, d’une demi-volĂ©e du gauche imparable (34e), ne donnent l’avantage.

    Plus tĂŽt le Gabon, contraint au nul par le Maroc (0-0), avait dĂ©jĂ  perdu des points dans la course Ă  l’unique ticket pour la Russie. Sur la piteuse pelouse du stade de Franceville, l’une des enceintes prĂ©vues pour accueillir la CAN-2017, les deux Ă©quipes ont Ă©tĂ© incapables de poser convenablement leur jeu.

    Les coĂ©quipiers d’Aubameyang auraient toutefois pu empocher les trois points s’ils n’Ă©taient pas tombĂ©s sur un excellent El Kajoui, dans les cages adverses. Le buteur du Borussia Dortmund, parfaitement servi dans la surface par Evouna, a vu sa tĂȘte dĂ©tournĂ©e au dernier moment par le portier marocain (68e).

    Le prochain match contre le Mali en novembre s’annonce dĂ©jĂ  dĂ©cisif pour le Gabon tandis que le Maroc devra bonifier Ă  domicile face Ă  la CĂŽte d’Ivoire son bon point.

    En attendant les entrĂ©es en lice de la Tunisie et de la GuinĂ©e, dimanche (17h00 GMT), la RD Congo a pris les rĂȘnes du Groupe A en Ă©crasant la Libye (4-0), avec notamment un doublĂ© de Dieumerci Mbokani.

    Dans le Groupe D, le Burkina Faso a arrachĂ© le nul in extremis face l’Afrique du Sud (1-1), avant le match du SĂ©nĂ©gal contre le Cap Vert (20h00 GMT).

    Avec AFP

  • Kabila confirme le report des Ă©lections sans donner de date

    Kabila confirme le report des élections sans donner de date

    joseph-k-Le prĂ©sident congolais Joseph Kabila a confirmĂ© mardi, lors d’un voyage en Tanzanie, le report des Ă©lections, initialement prĂ©vues en novembre prochain, a rapportĂ© la tĂ©lĂ©vision France 24, citĂ©e par l’agence de presse associĂ©e (APA). Il n’a toutefois prĂ©cisĂ© aucune nouvelle date pour la tenue des scrutins prĂ©sidentiel et lĂ©gislatifs en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), qui pourraient ĂȘtre reportĂ©es Ă  fin 2018, selon la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante.

    Indiquant qu’il fallait mieux prĂ©parer le pays Ă  ces Ă©chĂ©ances, M. Kabila a soulignĂ© que jusqu’Ă  dix millions d’Ă©lecteurs n’Ă©taient pas inscrits sur les listes et qu’ils pourraient recourir Ă  la violence s’ils ne pouvaient participer au scrutin.

    C’est donc pour mieux prĂ©parer les Ă©lections qu’elles ont Ă©tĂ© repoussĂ©es a dit M. Kabila lors d’une rencontre avec son homologue tanzanien John Magufuli, a prĂ©cisĂ© le site d’informations 7sur7.cd.

    Des dizaines de personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans plusieurs villes du pays, dont la capitale, Kinshasa, lors de manifestations organisĂ©es les 19 et 20 septembre par l’opposition pour exiger le dĂ©part du chef de l’Etat Ă  la fin de son second mandat, le 19 dĂ©cembre prochain.

    L’opposition accuse M. Kabila de manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir.

    la libre

  • Kinshasa prend des mesures rĂ©ciproques pour les visas diplomatiques belges

    Kinshasa prend des mesures réciproques pour les visas diplomatiques belges

    Raymond_tshibanda-La RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) a pris des mesures de restriction de dĂ©livrance de visas accordĂ©s aux officiels belges, a annoncĂ© le ministre congolais des Affaires Ă©trangĂšres, Raymond Tshibanda N’tunga Mulongo, citĂ© samedi par la radio onusienne Okapi.

    Le chef de la diplomatie congolaise a notamment Ă©voquĂ© le principe de rĂ©ciprocitĂ© pour annoncer, dans un communiquĂ©, que “des mesures de restriction de dĂ©livrance de visas similaires Ă  celle dĂ©crĂ©tĂ©es par la partie belge Ă  l’endroit des autoritĂ©s congolaises vont, Ă  dater de ce jour ĂȘtre appliquĂ©es aux officiels belges”.

    M. Tshibanda a fait cette annonce vendredi, aprĂšs que le ministre belge des Affaires Ă©trangĂšres, Didier Reynders, eut indiquĂ© mercredi que la Belgique avait dĂ©cidĂ© de limiter Ă  six mois la durĂ©e des visas octroyĂ©s aux responsables congolais porteurs de passeports diplomatiques, en raison de l’Ă©volution de la situation politique en RDC, oĂč les Ă©lections prĂ©vues avant la fin de l’annĂ©e seront inĂ©vitablement reportĂ©es, peut-ĂȘtre jusqu’Ă  la fin 2018.

    “Entre partenaires qui se vouent considĂ©ration et respect, le dialogue est certes de mise. Il est cependant censĂ© de se faire par la voie diplomatique et non Ă  travers la presse. Bien plus, si des conseils ou suggestions sont les bienvenues, aucune invective ou injonction de quelque nature que ce soit, n’est acceptable, a soulignĂ© M. Tshibanda.

    LA Libre

  • la dĂ©prĂ©ciation du franc se poursuit

    la dépréciation du franc se poursuit

    Dollar- Franc Congolais-La Banque centrale du Congo a admis une dĂ©valuation de -2,6% de la devise nationale, qui s’Ă©change dĂ©sormais Ă  1 024 francs congolais contre un dollar amĂ©ricain, alors que la baisse avait Ă©tĂ© limitĂ©e au cours des cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Les autoritĂ©s congolaises tentent d’enrayer le phĂ©nomĂšne, continu depuis la fin de l’annĂ©e derniĂšre.

    En RDC, la dĂ©prĂ©ciation du franc congolais se poursuit, comme l’annonce la Banque centrale du Congo (BCC) qui a rĂ©uni son comitĂ© de politique monĂ©taire le 5 septembre dernier.

    Si la BCC parle d’une « stabilitĂ© relative » sur le marchĂ© des changes, elle admet tout de mĂȘme dans un communiquĂ© que le franc congolais s’est dĂ©prĂ©ciĂ© de -2,6% par rapport au dollar et de -1,1% sur le marchĂ© parallĂšle. Le franc congolais poursuit donc sa dĂ©valuation et le taux de change se situe dĂ©sormais à 1 024 francs congolais le dollar amĂ©ricain au marchĂ© interbancaire et Ă  1 078 francs congolais au taux moyen du marchĂ© parallĂšle.

    En avril, le gouvernement avait déjà admis une diminution de -2,4% du cours parallÚle de la monnaie nationale depuis fin 2015, passant de 931,75 à 955 francs congolais pour un dollar, alors que la baisse avait été limitée à -0,008% sur les cinq années précédentes, depuis fin 2010.

    Joseph Kabila, confrontĂ© Ă  la dĂ©prĂ©ciation du franc congolais et Ă  ses corollaires, l’augmentation du coĂ»t de la vie et la baisse du pouvoir d’achat des mĂ©nages, a demandĂ© au dĂ©but de l’annĂ©e Ă  son Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, d’endiguer de toute urgence le phĂ©nomĂšne pour Ă©viter des tensions sociales.

    Fonte des réserves de change

    Ce qui avait notamment conduit au dĂ©clenchement de « l’affaire Biac », du nom de la quatriĂšme banque du pays, finalement renflouĂ©e aprĂšs que le refinancement de la BCC lui avait Ă©tĂ© refusĂ©e dans un premier temps. « Certains opĂ©rateurs Ă©conomiques et spĂ©culateurs projetaient dĂ©jĂ  un taux de change de 1 500 francs congolais pour 1 dollar fin mars », expliquaient alors pour se justifier les services du Premier ministre congolais  dans un communiquĂ©.

    L’économie congolaise est affectĂ©e par le ralentissement de l’économie mondiale et notamment la baisse des ventes de produits miniers Ă  l’étranger, qui a pour effet de faire fondre les rĂ©serves de change.

    Sur le marchĂ© des matiĂšres premiĂšres, si le prix du baril de pĂ©trole se situe dĂ©sormais Ă  47 dollars, le marchĂ© du cuivre, lui, s’est contractĂ© de 5,2% en un mois. Or, la production miniĂšre, dominĂ©e par la filiĂšre cuivre, comptait pour 35% du PIB de la RDC en 2015.

    De mĂȘme, pour enrayer la sortie des dollars, les entreprises actives dans les secteurs congolais des mines et des hydrocarbures doivent depuis mars acquitter le paiement des taxes et des droits de douane en dollars amĂ©ricains plutĂŽt qu’en francs congolais.

    Les rĂ©serves de change du pays ont « atteint un niveau faible de 1,2 milliard de dollars le 31 dĂ©cembre 2015, ce qui correspond Ă  environ un mois de paiements courants », Ă©crivaient les analystes de l’agence amĂ©ricaine Standard & Poor’s en fĂ©vrier.

    J.A

  • Joseph Kabila reçu par le pape François au Vatican

    Joseph Kabila reçu par le pape François au Vatican

    pape-et-joseph-Le pape François a reçu lundi matin au Vatican le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila. Le rendez-vous avait été pris avant les violences meurtriÚres qui ont secoué son pays il y a une semaine.

    AprĂšs une arrivĂ©e trĂšs protocolaire au Vatican, le prĂ©sident congolais est entrĂ© rapidement dans la bibliothĂšque de la maison pontificale pour s’entretenir avec le pontife argentin, sans que les photographes ne puissent immortaliser leur premiĂšre poignĂ©e de mains dans l’antichambre.

    Le pape est apparu trĂšs concentrĂ© et peu souriant au dĂ©but de ses 20 minutes d’entretien avec Joseph Kabila, mais l’ambiance Ă©tait lĂ©gĂšrement plus dĂ©tendue Ă  la sortie, lorsque les deux hommes ont pris congĂ© en se serrant la main, cette fois devant les photographes.

    Appel au dialogue « respectueux et inclusif »

    Bien que le rendez-vous ait Ă©tĂ© pris avant les Ă©vĂ©nements de la semaine derniĂšre Ă  Kinshasa, la situation politique de la RDC a tout de mĂȘme Ă©tĂ© abordĂ©e, selon un communiquĂ© du Vatican publiĂ© lundi. Le souverain pontife y explique qu’ « une attention particuliĂšre a Ă©tĂ© prĂȘtĂ©e aux sĂ©rieux dĂ©fis posĂ©s par la situation politique actuelle et les rĂ©cents affrontements qui se sont produits dans la capitale », et que « l’importance de la collaboration entre les diffĂ©rents acteurs politiques et les reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile ainsi que les communautĂ©s religieuses, a Ă©tĂ© soulignĂ©e, pour promouvoir le bien commun, Ă  travers un dialogue respectueux et inclusif pour la stabilitĂ© et la paix dans le pays ».

    Enfin, « ont Ă©tĂ© soulevĂ©es les violences persistantes que subit la population de l’est du pays et l’urgence d’une coopĂ©ration au niveau national et international pour fournir l’assistance nĂ©cessaire et rĂ©tablir la coexistence civile », conclut le communiquĂ©, qui Ă©voque nĂ©anmoins des discussions cordiales. La contribution importante de l’église catholique en RDC, dans les domaines de l’éducation, de la santĂ© et la rĂ©duction de la pauvretĂ©, a Ă©galement Ă©tĂ© mise en exergue Ă  l’occasion de cette visite, selon le Saint-SiĂšge.

    Le prĂ©sident congolais, accompagnĂ© d’une dĂ©lĂ©gation d’une douzaine de personnes, a ensuite Ă©tĂ© reçu par Mgr Paul Gallagher, le ministre des affaires Ă©trangĂšres du Vatican, en l’absence du secrĂ©taire d’État, Mgr Pietro Parolin, parti assister Ă  la signature de l’accord de paix historique en Colombie.

    Tensions Ă  Kinshasa

    La capitale congolaise Kinshasa a Ă©tĂ© secouĂ©e les 19 et 20 septembre par des violences ayant fait entre une trentaine et une centaine de morts entre les forces de sĂ©curitĂ© et l’opposition qui exige le dĂ©part de Joseph Kabila, dont le mandat expire fin dĂ©cembre.

    La Constitution interdit Ă  l’actuel prĂ©sident, au pouvoir depuis 2001, de se prĂ©senter de nouveau, mais celui-ci ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste alors que le scrutin prĂ©sidentiel apparaĂźt dĂ©sormais impossible Ă  organiser dans les temps.

    J.A

  • Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

    Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

    dialogue -Le prĂ©sident de la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (CENI) congolaise a dĂ©clarĂ© que l’élection prĂ©sidentielle pourrait se tenir 504 jours aprĂšs le 31 juillet 2016, date du dĂ©but de l’opĂ©ration de refonte du fichier Ă©lectoral.

    Corneille Nangaa a fait une présentation samedi au dialogue national dont les travaux butent sur la nouvelle date de la présidentielle.

    Selon sa prĂ©sentation, le scrutin prĂ©sidentiel pourrait avoir lieu 504 jours aprĂšs le 31 juillet 2016, soit en novembre 2018. La date ne rĂ©unit pas l’assentiment de toutes les parties.

    La CENI compte Ă  partir du 31 juillet 2016, date Ă  laquelle elle a lancĂ© l’opĂ©ration de refonte du fichier Ă©lectoral commençant par l’enrĂŽlement des Ă©lecteurs.

    M. Nangaa a justifiĂ© cette longueur de temps par l’option prise au dialogue de tenir les Ă©lections prĂ©sidentielle, lĂ©gislatives et locales le mĂȘme jour.

    “La convocation de l’Ă©lectorat pour les Ă©lections prĂ©sidentielles, lĂ©gislatives nationales et provinciales en une seule sĂ©quence interviendra en novembre 2017”, a affirmĂ© le prĂ©sident de la CENI, prĂ©cisant que “cette convocation coĂŻncidera avec l’inscription des candidatures”.

    M. Nangaa a soulignĂ© que son institution a besoin d’au moins 504 jours Ă  partir du 31 juillet 2017 pour faire face aux contraintes techniques liĂ©es Ă  l’organisation simultanĂ©e de ces Ă©lections.

    La frange de l’opposition qui prend part au dialogue rejette l’option. Elle exige un dĂ©lai plus court, refuse de signer le projet d’accord qui leur est proposĂ©, exigeant que le texte comporte une date prĂ©cise de la prĂ©sidentielle et stipule clairement que le prĂ©sident Joseph Kabila ne se reprĂ©sentera pas Ă  un troisiĂšme mandat comme l’indique la Constitution.

    “La CENI doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu’elle veut”, a rĂ©agi notamment Jean Lucien Bussa, porte-parole de l’opposition au “dialogue national”. “Nous cherchons Ă  rĂ©soudre la crise, le peuple n’attend pas la prĂ©sidentielle au 25 novembre 2018”, a martelĂ© l’opposant.

    L’opposition dans son ensemble estime la CENI doit se baser sur les avis des experts de l’OIF et de l’ONU selon lesquels il faut Ă  la CENI six mois maximum aprĂšs le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins.

    La question fait dĂ©bat. La majoritĂ© prĂ©sidentielle et le prĂ©sident de la CENI martĂšlent que “la publication du calendrier est une compĂ©tence exclusive” de la centrale Ă©lectorale.

    Les travaux du dialogue ont repris vendredi 10 jours aprĂšs les affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui rĂ©clamaient la tenue de la prĂ©sidentielle au 19 dĂ©cembre 2016 et le dĂ©part du prĂ©sident Kabila du pouvoir Ă  cette date comme le prĂ©voit de la Constitution.

    Au dialogue, pouvoir et opposition ont dĂ©cidĂ© d’engager des nĂ©gociations directes sur cette question, aprĂšs la prĂ©sentation de la CENI.

    L’Eglise catholique mais aussi la sociĂ©tĂ© civile avaient suspendu leur participation Ă  ces assises, affirmant seul un dialogue incluant le Rassemblement, plate-forme regroupant les tĂ©nors et la grande partie de l’opposition, sous la direction d’Etienne Tshisekedi, peut rĂ©ellement dĂ©crisper la tension qui prĂ©vaut dans le pays.

    Le Rassemblement se dit aussi ouvert au dialogue mais rĂ©cuse le facilitateur dĂ©signĂ© par l’Union africaine, Edem Kodjo.

    Entre 32 morts, selon la police, et plus 100 ont été enregistrés lors des violences du 19 et 20 septembre dernier.

    La Constitution de la RDC prĂ©voit la convocation de l’électorat en vue de la prĂ©sidentielle au 19 septembre et la tenue-mĂȘme du scrutin, avant au plus tard au 18 dĂ©cembre. La CENI a sollicitĂ© le report de la prĂ©sidentielle, elle soutient que le respect des dĂ©lais constitutionnels sont impossibles pour des raisons techniques.

    VOA

  • ZoĂ© Kabila, de l’ombre Ă  la lumiĂšre ?

    ZoĂ© Kabila, de l’ombre Ă  la lumiĂšre ?

    zoe-Business, politique, famille
 Discret et objet de tous les fantasmes, Zoé, le frÚre cadet du président, a ouvert ses portes à Jeune Afrique. Portrait.

    D’un Kabila, l’autre
 Il y a eu Laurent-DĂ©sirĂ©, le pĂšre, maquisard, chef rebelle qui a conquis la RĂ©publique avant d’ĂȘtre assassinĂ© dans son palais. Il y a Joseph, le fils aĂźnĂ©, qui a succĂ©dĂ© au Mzee (le « vieux », en swahili, surnom donnĂ© au pĂšre). Dans le sillage de Joseph, il y a Jaynet, la sƓur jumelle, et ZoĂ©, l’un des cadets de cette famille nombreuse dont le point commun est un goĂ»t prononcĂ© pour la discrĂ©tion. De longs mois ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires, par l’entremise de certains de ses proches et via les rĂ©seaux sociaux, pour convaincre ZoĂ© Kabila Mwanza Mbala, 37 ans, d’ouvrir ses portes Ă  Jeune Afrique.

    « Pour un Ă©change, pas une interview », s’est-il empressĂ© de prĂ©ciser en message privĂ© sur Twitter, car il « dĂ©teste » l’exercice. Il se mĂ©fie de la presse, qui « ne rapporte que des mensonges sur lui », tente de justifier l’un des collaborateurs de celui qui traĂźne une rĂ©putation d’enfant terrible. Peu bavard mais soucieux que personne n’oublie de qui il est le fils, et de qui il est le frĂšre


    Préparation du dialogue national

    DĂ©putĂ© du Parti du peuple pour la reconstruction et la dĂ©mocratie (PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir), l’élu de Manono, dans l’ex-Katanga, province natale du Mzee, n’a jamais pris la parole lors des dĂ©bats au sein de l’hĂ©micycle, en cinq ans de lĂ©gislature.

    Sous le ciel brumeux de Kinshasa, l’imposant portail de l’avenue Likasi s’ouvre sur le bĂątiment qui abrite ses bureaux. Deux agents de sĂ©curitĂ© en civil escortent les visiteurs jusqu’au premier Ă©tage. ApparaĂźt alors le maĂźtre des lieux dans un cadre minimaliste. TirĂ© Ă  quatre Ă©pingles mais dĂ©contractĂ©, le regard braquĂ© sur son iPad, celui qui se dĂ©finit d’abord comme un businessman a des airs de CEO tout droit sorti de la Silicon Valley.

    Le 23 juillet, l’un de ses grands projets a Ă©tĂ© inaugurĂ© Ă  Muanda, dans le Kongo-Central (Ouest). Le prĂ©sident est venu personnellement couper le ruban de La Beviour, un luxueux complexe hĂŽtelier construit sur 7 ha, le long de la riviĂšre Tonde. Un site pressenti pour accueillir le « dialogue national inclusif » prĂ©conisĂ© par le chef de l’État. « Dans l’histoire, plusieurs accords de paix ont Ă©tĂ© conclus dans des stations balnĂ©aires, pourquoi La Beviour ne serait-elle pas le lieu de la rĂ©conciliation des Congolais ? » interroge Hippolyte Nyembo, un collaborateur de ZoĂ©.

    Patriote

    ProblĂšme : l’opposition boude toujours ces pourparlers, multipliant les conditions de son Ă©ventuelle participation au scrutin prĂ©sidentiel qui aurait dĂ» se tenir en novembre (une nouvelle date doit ĂȘtre dĂ©finie prochainement).

    Les Kabila ne sont pas prĂȘts Ă  abandonner le pouvoir Ă  n’importe qui

    Elle craint surtout que ces assises ne soient qu’un stratagĂšme de la majoritĂ© prĂ©sidentielle pour maintenir Joseph Kabila au-delĂ  de son second mandat, le dernier, thĂ©oriquement, en l’état actuel d’une Constitution qui lui interdit d’en briguer un nouveau. Qu’en pense le frĂšre du prĂ©sident sortant ? Celui qui participe « quelquefois » Ă  des rĂ©unions informelles au sommet de l’État soutient, dans un parfait swahili teintĂ© d’un accent anglophone, que son aĂźnĂ© n’a nullement l’intention de s’éterniser Ă  son poste, mais aussi que les Kabila ne sont « pas prĂȘts Ă  abandonner le pouvoir Ă  n’importe qui ».

    « Notre pĂšre a versĂ© son sang pour ce pays, renchĂ©rit-il. Lorsque nous Ă©tions enfants, il nous rĂ©pĂ©tait que c’était nous qui allions reconstruire la RD Congo. » Si au 19 dĂ©cembre, date officielle de la fin du mandat de Joseph Kabila, le scrutin prĂ©sidentiel n’a pas eu lieu, « le prĂ©sident restera en fonction, comme l’a rappelĂ© la Cour constitutionnelle », souligne-t-il d’un ton dĂ©terminĂ©.

    NĂ© en exil, ZoĂ© ne cesse de rappeler son « attachement infaillible Ă  [sa] patrie ». « Enfant, je ne savais mĂȘme pas que j’étais congolais. C’est mon pĂšre qui nous parlait souvent de la RD Congo, de l’amour que nous devions porter chaque jour Ă  l’égard de ce grand pays », poursuit, un brin nostalgique, l’enfant du Mzee. « Avec ses frĂšres et sƓurs, il a Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans le respect de la Bible, mais aussi des pĂšres de l’indĂ©pendance », raconte l’ambassadeur honoraire ThĂ©odore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l’État.

    ZoĂ© est ensuite envoyĂ© en Afrique du Sud pour y poursuivre ses Ă©tudes. « C’est aussi parce que, comme tous les enfants de Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila, il Ă©tait recherchĂ© par les services secrets zaĂŻrois », croit savoir Mugalu.

    Cette parenthĂšse scolaire, loin du ZaĂŻre (nom de la RD Congo sous Mobutu, de 1971 Ă  1997) couronnĂ©e par un bachelor en gestion, affirme ZoĂ©, ne lui permet pas d’accompagner son pĂšre et son grand frĂšre dans la lutte armĂ©e contre le rĂ©gime de Mobutu. Une fois ce dernier vaincu, en 1997, ZoĂ© rejoint sa famille de temps en temps pendant les vacances. Il ne s’installe dĂ©finitivement qu’en 2001, au lendemain de l’assassinat de son pĂšre.

     

    Homme d’affaires aux multiples facettes

    À ceux qui menacent la fratrie de « sanctions ciblĂ©es » (gel des avoirs, interdiction de quitter le territoire), le cadet rĂ©plique sans ambages : « OĂč croient-ils qu’on irait ? Nous n’avons ni comptes ni rĂ©sidences Ă  l’étranger. L’Europe ? Je n’y vais qu’une fois par an, et encore », dit-il. Avant de balayer du revers de la main les « Panama Papers », ces montages offshore rĂ©vĂ©lĂ©s en avril par des mĂ©dias occidentaux, qui avaient citĂ© « Dada », la grande sƓur.

    Dans l’ombre de son frĂšre prĂ©sident, ZoĂ© s’intĂ©resse d’abord au business et fait prospĂ©rer ses affaires. « Il a acquis rapidement des actions dans des entreprises miniĂšres, de transport, et dans des sociĂ©tĂ©s financiĂšres », rapporte une source diplomatique occidentale Ă  Kinshasa.

    « Il Ă©tait dĂ©jĂ  dans le commerce depuis des annĂ©es, notamment dans l’immobilier, quand il pose ses valises Ă  Kinshasa », prĂ©cise Mugalu Ă  ceux qui s’interrogent sur l’origine de sa fortune. Et de poursuivre : « Contrairement aux fils de Mobutu et Ă  ceux des autres dignitaires de l’ancien rĂ©gime qui ont dilapidĂ© leur argent, les enfants de Kabila ont suivi Ă  la lettre ce que leur pĂšre leur recommandait : “Prenez-vous en charge.” »

    MariĂ© et pĂšre de deux enfants, un garçon et une fille, ZoĂ© Kabila est Ă©galement Ă  la tĂȘte du complexe sportif Shark Club et du club Shark XI FC. « Mon Ă©quipe de football a rĂ©cemment dĂ©bauchĂ© deux joueurs du TP Mazembe », se fĂ©licite-t-il, amusĂ©, tandis que les rapports sont Ă  couteaux tirĂ©s entre son frĂšre et MoĂŻse Katumbi, le propriĂ©taire du cĂ©lĂšbre club lushois. Ce dernier, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, passĂ© dans l’opposition en septembre 2015 aprĂšs avoir claquĂ© la porte du PPRD, est mĂȘme perçu aujourd’hui comme le rival le plus sĂ©rieux du camp Kabila. « C’était un frĂšre », reconnaĂźt ZoĂ© Kabila avant de se lancer dans une diatribe contre la classe politique congolaise.

    La plupart de ses acteurs ne seraient animĂ©s, selon lui, que par un « esprit opportuniste » et des « intĂ©rĂȘts Ă©goĂŻstes ». Des pics adressĂ©s surtout Ă  des politiciens de la partie ouest du pays. Lui affirme qu’il ne « partage pas les mĂȘmes valeurs » qu’eux et qu’il n’est « pas Ă©vident de leur faire confiance. » Mais « on fait du feu avec le bois qu’on a », tranche finalement le cadet, qui dit s’appuyer sur la jeunesse.

    Des associations des « amis de ZoĂ© Kabila » (Azoka) fleurissent ces derniers mois un peu partout Ă  Kinshasa et dans l’ex-Katanga. Surtout dans le Tanganyika, sa province d’origine, qu’il aimerait un jour diriger. « Il voulait se prĂ©senter lors de la derniĂšre Ă©lection des gouverneurs dans les nouvelles provinces, mais il n’a pas eu le soutien de son frĂšre », explique un cadre de la MP. Tapi dans l’ombre, ZoĂ© « n’a pas abandonnĂ© cette ambition », conclut-il.  TrĂ©sor Kibangula, envoyĂ© spĂ©cial Ă  Kinshasa.

    JA

  • La procureure de la CPI menace suite aux violences en RDC

    La procureure de la CPI menace suite aux violences en RDC

    Fatou-Fatou Bensouda dĂ©clare “surveiller avec une extrĂȘme vigilance” la situation Ă  Kinshasa, mettant en garde les protagonistes de la crise en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo.

    Elle a lancé vendredi un appel au calme.

    Suite “Ă  des actes dont il est allĂ©guĂ© qu’ils pourraient constituer des crimes de la compĂ©tence de la CPI, je tiens Ă  rappeler Ă  tous et Ă  toutes en RDC que je surveille avec une extrĂȘme vigilance la situation sur le terrain”, a-t-elle affirmĂ© dans un communiquĂ©.

    “J’appelle toutes les parties potentiellement impliquĂ©es et tous les acteurs congolais au calme et Ă  la retenue, et Ă  s’abstenir de tout acte de violence contre les personnes et les biens”, a-t-elle ajoutĂ©.

    Kinshasa a été secouée lundi et mardi par des violences qui ont fait entre une trentaine et une centaine de morts selon les protagonistes.

    Les troubles ont opposĂ© les forces de sĂ©curitĂ© Ă  l’opposition qui exige le dĂ©part du prĂ©sident Joseph Kabila Ă  la fin de son mandat prĂ©vue Ă  la fin de l’annĂ©e.

    La CPI mÚne ou a mené plusieurs procÚs pour des crimes commis en RDC, notamment contre les anciens chefs de milice Thomas Lubanga, Germain Katanga et Bosco Ntaganda.

    Un mandat d’arrĂȘt a Ă©tĂ© Ă©mis en 2012 contre le chef des rebelles des Forces dĂ©mocratiques de libĂ©ration du Rwanda (FDLR) Sylvestre Mudacumura pour des crimes de guerre commis dans les Kivus en 2009 et 2010. Il est le seul suspect encore en fuite dans le cadre de l’enquĂȘte de la CPI en RDC.

    “Je n’hĂ©siterai pas Ă  agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compĂ©tence de la Cour sont commis et Ă  prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformitĂ© avec le principe de complĂ©mentaritĂ©”, a ajoutĂ© la procureure.

    La Constitution interdit Ă  M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se reprĂ©senter, mais le chef de l’Etat ne semble pas vouloir quitter son poste alors que le scrutin prĂ©sidentiel apparaĂźt dĂ©sormais impossible Ă  organiser dans les temps.

    Avec AFP