Author: Don Kayembe
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Kinshasa bloque l’enquête sur les récentes violences, accuse l’ONU
-L’ONU a dénoncé vendredi les “restrictions” imposées par les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) à son travail d’enquête sur les violences ayant fait des dizaines de morts lors des manifestations de l’opposition en septembre à Kinshasa.Les enquêtes et accès à l’information sur les violences et violations des droits de l’homme perpétrées lors de ces manifestations “ont été entravés par plusieurs restrictions”, dénonce le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en RDC dans son rapport préliminaire publié vendredi.
“Les équipes du BCNUDH se sont notamment vues refuser, sur instruction de hauts fonctionnaires, l’accès à certains centres de détention ainsi qu’à des registres officiels de certaines morgues et hôpitaux publics depuis le 21 septembre 2016”, ajoute le document.
“Le refus d’accès a donc considérablement entravé le travail du BCNUDH” qui a “documenté plus de 422 victimes de violations des droits de l’homme par des agents étatiques”, indique le BCNUDH, soulignant que le nombre de “violations des droits de l’homme pourrait être beaucoup plus important”.
Dans ce rapport, le BCNUDH dénonce en outre “un usage disproportionné et excessif de la force, y compris létale, par les autorités congolaises en réponse aux manifestations organisées par les membres de l’opposition”.
Les autorités congolaises n’étaient pas joignables vendredi pour réagir à ces allégations.
La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de Joseph Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Celle-ci est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser l’élection présidentielle avant la fin de l’année.
Les 19 et 20 septembre, au moins 53 personnes – 49 civils et 4 policiers – ont été tuées, selon l’ONU, lors d’une manifestation à l’appel d’une large coalition d’opposition, le “Rassemblement”, constitué autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi à trois mois de la fin du mandat de M. Kabila pour lui signifier son “préavis” et exiger son départ le 20 décembre.
Les autorités et la coalition d’opposition se renvoient mutuellement la responsabilité de ces violences.
Mardi à Kinshasa, la majorité au pouvoir et une frange minoritaire de l’opposition ont signé un accord reportant à avril 2018 la présidentielle censée avoir lieu cette année. Cet accord a immédiatement été rejeté par le “Rassemblement”.
Avec AFP
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Suspension de deux quotidiens pro-Gbagbo en Côte d’Ivoire
-Deux quotidiens ivoiriens pro-Gbagbo, La Voie Originale et Aujourd’hui, ont été suspendus vendredi pour quinze parutions (du 21 octobre au 7 Novembre 2016) par le Conseil national de la presse (CNP).Cette sanction survient à la veille de l’ouverture samedi de la campagne pour le référendum sur la nouvelle Constitution, voulue par le président Alassane Ouattara.
Le CNP, l’organe de régulation de la presse ivoirienne, “décide de la suspension” du quotidien Aujourd’hui, dont les écrits créent la “confusion dans l’esprit des populations, à travers de fausses informations”, selon un communiqué.
De son côté, La Voie originale a été sanctionnée pour avoir attribué à des personnes, notamment à Aboudramane Sangaré, un “frondeur” du Front populaire ivoirien (FPI – opposition), le titre de “président intérimaire” du FPI.
M. Sangaré dirige une aile du FPI, fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo, en rupture avec Pascal Affi N’Guessan, président officiel (FPI).
Ces deux dirigeants politiques rivaux dans leur parti sont tous deux opposés au projet de nouvelle Constitution et ont appelé au “boycottage du scrutin”.
Jeudi, des membres de cette tendance réunie dans “un front de refus” avec certains dirigeants de l’opposition ont été brièvement interpellés lors d’une manifestation dispersée par la police à Abidjan.
Deux camps s’opposent au sein du FPI, la principale formation d’opposition, plongée dans une crise profonde depuis 2013.
D’un côté, les “gbagbistes”, fidèles de Laurent Gbagbo – jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité -, qui font de sa libération “le coeur de la stratégie de lutte du parti”. De l’autre, les “affistes” – fidèles de Pascal Affi N’Guessan -, qui a été candidat à la présidentielle de 2015 au grand dam de ses rivaux qui ont boycotté le scrutin.
Selon le président Ouattara, le projet de Constitution permettra d’en finir avec le problème de “l’ivoirité”, en clarifiant notamment les conditions d’éligibilité à la présidence de la République.
En outre, il prévoit la création d’un poste de vice-président, élu en même temps que le président, et d’un Sénat, dont un tiers des membres sont nommés par le président. Il prévoit aussi l’institutionnalisation de la chambre des rois et chefs traditionnels et une extension des compétences du Conseil économique et social.
La presse ivoirienne est réputée pour ses partis pris très marqués et son ton souvent virulent.
Avec AFP
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L’église catholique estime “impérieux” que Kabila ne brigue pas un troisième mandat
-L’église catholique de la République démocratique du Congo a estimé vendredi “impérieux” qu’il soit “clairement mentionné” dans un nouvel accord sur l’élection présidentielle à venir que le chef d’Etat congolais Joseph Kabila ne se représentera pas pour un troisième mandat.“Il est impérieux qu’il soit clairement mentionné dans le consensus à trouver que l’actuel président de la République ne se représentera pas pour un troisième mandat, conformément à l’article 220 de la Constitution”, ont écrit dans un communiqué les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), quatre jours après la clôture du “dialogue national” boycotté par la majeure partie de l’opposition.
M. Kabila est au pouvoir depuis 2001.
Le 20 septembre, la Cenco s’était retirée de ces pourparlers qui étaient censés résoudre la crise en RDC, “pour manque d’inclusivité”, selon elle.
Ce forum ouvert le 1er septembre a abouti mardi à la signature d’un accord entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition reportant à avril 2018 la présidentielle censée avoir lieu cette année. Le texte ne mentionne pas que M. Kabila ne sera pas candidat, mais ses signataires ont décidé de mettre en place un gouvernement d’union nationale dont le poste de Premier ministre devra revenir à l’opposition pendant la période transitoire.
“Malgré la tenue de ce dialogue, nous sommes peinés de constater qu’à deux mois de la fin du mandat” de M. Kabila, “les acteurs politiques ne réussissent pas encore à se mettre d’accord pour trouver des solutions pacifiques et consensuelles à la crise socio-politique qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes et qui risque de plonger notre pays dans le chaos”, regrettent les évêques.
Le 4 octobre, le “Rassemblement” d’opposition constitué autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi qui rejette l’accord issu du dialogue, s’était déclaré ouvert à un dialogue inclusif à l’issue duquel devra être instituée une “période d’intérim” sans M. Kabila, à partir du 20 décembre et dont les modalités de gestion devraient être négociées lors des nouveaux pourparlers.
La Cenco estime que tout doit être mis en oeuvre “afin de réduire la période transitoire pour qu’elle ne dépasse pas l’année 2017”, craignant que le pays ne bascule dans le chaos.
La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Cette crise est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser l’élection présidentielle avant la fin de l’année.
Avec AFP
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Voici l’intégralité de l’Accord signé le mardi 18 octobre à la cité de l’OUA
Préambule
-Nous, Délégués des forces politiques et sociales de la République Démocratique du Congo, représentants de la Majorité Présidentielle, de l’Opposition politique et de la Société Civile, ainsi que de Personnalités congolaises (ci-après Parties), réunis dans le cadre du dialogue politique national et inclusif, pour traiter de la problématique de l’organisation des élections apaisées, crédibles et transparentes, conformément aux principes énoncés dans la Constitution ;Nous fondant sur la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006, telle que modifiée à ce jour, la Résolution 2277 (2016) du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 30 mars 2016et les autres instruments juridiques et normatifs nationaux et internationaux pertinents ;Nous engageant à respecter la Constitution dans son intégralité ;Ayant constaté la nécessité d’un Dialogue Politique National et Inclusif depuis quelques années, et en vue d’améliorer le processus électoral, de régler les contradictions en résultant et de prévenir les crises politiques pouvant en découler ;Engagés à promouvoir le dialogue et la résolution pacifique des différends politiques dans un esprit de compromis, tout en accordant la primauté à l’intérêt national bien compris ;Déterminés à renforcer l’Etat de droit par le respect des valeurs de la démocratie, notamment la tolérance, la solidarité, le compromis, l’égalité, les libertés publiques individuelles et collectives, l’équité, les élections libres et pluralistes, la séparation des pouvoirs, le respect des institutions, le respect de l’Etat de droit, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le respect des décisions de justice, la soumission aux lois et règlements, la redevabilité, la bonne gouvernance et l’alternance démocratique résultant des élections ;
Guidés par le consensus comme mode de prise de décision et par la Feuille de route du Dialogue politique national inclusif adoptée le 23 août 2016, telle qu’amendée par la Plénière du dialogue le 5 septembre 2016 ;Prenant à témoin SEM Edem KODJO, Facilitateur désigné par l’Union Africaine (UA) ;Considérant l’Ordonnance n° 15/084 du 28 novembre 2015 du Président de la République portant convocation du Dialogue Politique National Inclusif ;Conscients de nos responsabilités devant Dieu, la Nation, l’Afrique et le monde, convenons de ce qui suit :Chapitre I : Du Fichier électoralArticle 1er :Dans le souci d’assurer l’inclusivité et la crédibilité du processus électoral, de garantir l’universalité des suffrages et conscients des insuffisances et de l’obsolescence du Fichier de 2011, nonobstant une réforme effectuée en 2015 ; prenant acte des avis techniques de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), complétés parles rapports d’experts notamment de l’ONU, de l’OIF et nationaux, nous convenons de la constitution d’un nouveau fichier électoral et recommandons à la CENI de poursuivre les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs en cours.En vue d’éviter le coût élevé des révisions répétitives du Fichier électoral qui constitue un écueil pour la tenue régulière des scrutins que comprend chaque cycle électoral, nous invitons le Gouvernement, à l’issue de l’élaboration du fichier électoral en cours, à tout mettre en œuvre pour permettre à l’Office National d’Identification de la Population, ONIP en sigle, de constituer un Fichier général permanent de la population de la République Démocratique du Congo d’où procédera, à chaque cycle électoral, le Fichier électoral.Article 2 :Le nouveau Fichier assure l’enrôlement de tous les Congolais vivant sur le territoire national que ceux vivant à l’étranger, conformément à la loi n° 16/007 du 29 juin 2016 modifiant et complétant la loi n° 04/028 du 24 décembre 2004 portant identification et enrôlement des électeurs, qui auront atteint l’âge requis pour voter.Article 3 :Le Fichier électoral est constitué au 31 juillet 2017, entendu que ce délai comprend toutes les étapes nécessaires, y compris celles de l’annonce des appels d’offre, de la signature et de l’exécution des contrats de fourniture des kits électoraux, de l’identification et de l’enrôlement des électeurs, ainsi que de l’affichage des listes électorales.Chapitre II : De la Séquence des électionsArticle 4 :Les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales sont organisées en une seule séquence.Les élections locales, municipales et urbaines sont organisées concomitamment avec les trois premières si les moyens techniques et financiers le permettent.Les Parties prenantes recommandent au Gouvernement de mettre à la disposition de la CENI les moyens financiers et logistiques nécessaires à l’organisation de toutes les élections susvisées conformément au calendrier.Chapitre III : Du Calendrier électoralArticle5 :Tenant compte des délais impératifs pour la constitution du nouveau Fichier électoral, la préparation des différents scrutins combinés et la tenue effective de ceux-ci, les Parties s’accordent sur les éléments du calendrier global ci-après :Constitution du nouveau Fichier électoral au 31 juillet 2017 ;
Convocation des scrutins à partir de la promulgation de la loi sur la répartition des sièges, au30 octobre 2017 ;
Dès la convocation des scrutins, la CENI est chargée de préparer et d’organiser les élections du Président de la République, des Députés nationaux et provinciaux dans un délai de 6 mois. Toutefois, en collaboration avec le Comité de Suivi, la CENI devra procéder à l’évaluation de son calendrier, pour s’assurer de sa mise en œuvre et en tirer toutes les conséquences pour son parachèvement.
Les élections locales, municipales et urbaines sont organisées concomitamment avec les trois premières si les moyens techniques et financiers le permettent. Si cela n’est pas possible, elles sont organisées au plus tard six (6) mois après les trois (3) premières. Ce délai peut être prorogé une fois.Chapitre IV : Des Mesures d’équité et de transparence du processus électoralArticle6 :Dans le but d’assurer l’équité et la transparence du processus électoral pour l’ensemble des citoyens congolais et en renforcement des autres instruments juridiques et normatifs existants, les Parties conviennent de ce qui suit :Garantie d’accès de tous les courants de pensées aux médias publics ;Obligation pour les médias privés de respecter l’exigence de service d’intérêt public qui leur incombe ;Engagement des partis politiques et autres acteurs sociaux à envoyer dans tous les bureaux de vote des témoins et observateurs formés pour participer aux grandes phases du processus électoral et l’obligation de la CENI et d’autres autorités compétentes de faciliter cet exercice ;Application rigoureuse de la loi électorale pour combattre la fraude et toutes sortes de violences liées au processus électoral ;Identification des déplacés internes et de la prise des dispositions idoines pour assurer leur enrôlement et faciliter leur vote, et ce, sans préjudice des mesures nécessaires à prendre pour accélérer leur retour dans leurs lieux de résidence habituelle ;Renforcement du cadre de concertation permanente entre la CENI et les parties prenantes et recherche de consensus avant la prise de toute décision majeure ;Modification de la loi électorale, en vue notamment de tenir compte de la parité et de la personne avec handicap.Article 7 :Les allocations de ressources financières de la CENI font l’objet d’un communiqué public.Chapitre V : De la Sécurisation du processus électoralArticle 8 :Suite à un diagnostic général et approfondi des principaux enjeux et défis à la sécurisation du processus électoral, les Parties préconisent les principales mesures suivantes :Pour le Gouvernement :Mettre à jour le Décret 05/026 du 6 mai 2005 portant Plan opérationnel de sécurisation du processus électoral et doter le Comité de pilotage des moyens conséquents pour mieux remplir sa mission ;
Mettre urgemment en place des mécanismes de contrôle des activités des ONG tant nationales qu’internationales, conformément à la législation en vigueur.
Veiller au caractère apolitique de l’administration publique, de la police nationale et des services de sécurité ;
Rétablir l’état civil en vue d’assurer l’organisation et la régularité du processus électoral.Pour la CENI :Renforcer la sensibilisation de la population sur le processus électoral et les enjeux électoraux avec les Parties prenantes au processus électoral tant au niveau national, provincial que local ;
Sensibiliser les congolais de l’étranger sur le processus électoral ;
Augmenter les effectifs des agents électoraux et les former en veillant à promouvoir la représentativité des femmes et des jeunes ;
Doter les agents impliqués dans la sécurisation des élections des moyens adéquats et suffisants ;
Augmenter le nombre des bureaux d’enrôlement et de vote et les rapprocher au maximum de la population de façon équitable ;
Sécuriser la circulation des bulletins de vote et tout matériel électoral sensible ;
Inciter et aider, dans la mesure du possible, les partis politiques et les candidats indépendants à bien former leurs témoins commis aux les bureaux de vote ;
Veiller à ce que les primes des agents de la CENI leur soient versées à temps et leur faire signer un acte d’engagement ;
Impliquer l’autorité coutumière et les confessions religieuses dans les efforts de sensibilisation des communautés aux opérations d’enrôlement et de vote ;
Impliquer les ambassades et les responsables des communautés congolaises organisées dans les efforts de sensibilisation et les opérations d’identification, d’enrôlement et de vote ;
Prendre en compte les besoins spécifiques des groupes vulnérables, notamment les personnes à mobilité réduite, les non-voyants, les albinos, les personnes de troisième âge et les femmes enceintes, au moment de l’enrôlement et du vote en leur accordant une priorité d’accès ;
Permettre aux non-voyants de se faire accompagner d’un guide de confiance afin de les aider à voter pour les candidats de leur choix.Pour les partis politiques :Former les militants en matière électorale et les sensibiliser sur le civisme ;
Signer et respecter le Code de bonne conduite ;
S’engager à respecter les résultats des urnes et à faire preuve de la courtoisie électorale ;
Veiller à la représentation effective des femmes et des jeunes sur les listes des candidats.Pour l’Autorité coutumière et les confessions religieuses:S’impliquer dans la sensibilisation de la population sur le processus électoral tout en veillant au caractère apolitique et impartial lié à leur statut ;
Appuyer la CENI, le cas échéant, dans l’identification des personnes au moment de l’enrôlement ;
Promouvoir la cohabitation intercommunautaire pacifique.Pour la MONUSCO
Soutenir le Gouvernement dans le renforcement des capacités des éléments formés pour la sécurisation des élections ;
Assister la CENI par les moyens logistiques et techniques pour le bon accomplissement des opérations électorales ;
Veiller à la mise en œuvre des autres dispositions pertinentes de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.Pour le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) :Assurer l’égalité d’accès aux médias publics à toutes les parties prenantes ;
Garantir la liberté d’expression ;
Veiller au respect, par les journalistes, y compris les correspondants de la presse étrangère œuvrant en République Démocratique du Congo, de la déontologie et de l’éthique de leur métier ;
Sanctionner les médias qui incitent à la haine.Pour la Société CivileDemeurer apolitique ;
Soutenir le consensus pour les élections apaisées, crédibles et transparentes ;
Promouvoir l’éducation à la paix et à la non-violence ;
Préparer la population par la conscientisation et la sensibilisation aux enjeux électoraux ;
Vulgariser les textes légaux et le code de bonne conduite ;
Assurer l’observation des élections et en rendre compte avec impartialité ;
Formuler des analyses objectives sur toutes les questions électorales.Chapitre VI : De la Sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du Territoire NationalArticle 9 :Les Parties constatent que plusieurs menaces pèsent sur la sécurité des citoyens à travers le pays et sont à même d’affecter négativement leurs capacités d’exercer leurs droits électoraux. Ces menaces comprennent entre autres :la problématique des groupes armés locaux et étrangers ;
la prolifération et la circulation incontrôlée des armes à feu ;
la persistance de la criminalité et du grand banditisme urbain ;
les agissements des certains éléments incontrôlés des forces de sécurité nationales ;
la problématique des jeunes désœuvrés et délinquants ;
les conflits liés aux limites des parcs et réserves naturelles entre l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et les populations riveraines ;
la problématique des questions humanitaires, notamment la question de gestion des déplacés internes ;
la criminalité économique, y compris l’exploitation illicite des ressources naturelles et le blanchiment d’argent, favorisée par le trafic d’armes dans les zones concernées ;
le déficit de l’autorité de l’Etat ;
la porosité des frontières ;
la mauvaise gestion de la question migratoire ;
la méfiance intercommunautaire, avec pour corollaire des conflits intercommunautaires dans plusieurs provinces du pays.Article 10 :Pour remédier à ces problèmes et assurer la sécurité des citoyens, les Parties encouragent la prise des mesures idoines suivantes :Neutraliser les groupes armés tant nationaux qu’étrangers qui sévissent en RDC ;
Récupérer les armes détenues par des personnes non-habilitées ;
Mettre en place des numéros verts et des centres d’alerte pour dénoncer l’insécurité pendant le processus électoral ;
Veiller à ce que les frontières du pays soient davantage sécurisées au moment des élections ;
Redynamiser et accélérer les programmes DDR ;
Recruter de nouveaux policiers pour renforcer les effectifs existants et assurer une bonne sécurisation des bureaux de vote ;
Assurer la présence effective de l’administration publique sur toute l’étendue du territoire national ;
Prendre les mesures appropriées pour assurer la non politisation des agents de l’administration publique ;
Prendre les dispositions nécessaires pour la sécurisation des candidats durant toute la période du processus électoral ;
Identifier les déplacés internes et les retourner dans leurs lieux d’origine préalablement sécurisés ;
Créer des emplois pour les jeunes afin de les soustraire de l’enrôlement des groupes armés et de l’instrumentalisation par certains responsables politiques ;
Accorder une attention particulière aux filles, aux femmes victimes et aux enfants victimes des violences, y compris les violences sexuelles, et prendre les mesures préventives et punitives nécessaires à cet égard ;
Renforcer la collaboration entre la MONUSCO et les Forces de Sécurité nationale en vue d’assurer la sécurité et la protection des personnes ;
Déplacer les camps des réfugiés à plus de 150 kilomètres des frontières ;
Améliorer les conditions socioprofessionnelles du personnel des services de Sécurité et de Défense ;
Elaborer un plan spécial de sécurisation de l’Est et du Nord du pays particulièrement là où les populations sont victimes d’enlèvements et des tueries à répétitions ;
Identifier les étrangers en situation irrégulière se trouvant sur le sol congolais et prendre des mesures urgentes pour empêcher leur influence sur la sécurité des personnes et des biens en général et du processus électoral en particulier.Chapitre VII : Du Budget et du financement des électionsArticle 11 :Les Parties prenantes recommandent à la CENI de produire un budget rationnel pour l’ensemble des opérations électorales conformément à l’option levée et assorti d’un plan de mise en œuvre opérationnel crédible et réaliste.Article 12 :Les Parties prenantes recommandent au Gouvernement :
de mobiliser les ressources nécessaires pour les budgets des élections et à respecter scrupuleusement le Plan de décaissement convenu avec la CENI, conformément au Plan de mise en œuvre opérationnel ;
de constituer une provision trimestrielle au profit de la CENI conformément à son plan de décaissement pour financer l’ensemble du processus électoral, en ce compris la sécurisation du processus ;
de fournir la totalité des ressources nécessaires pour financer les élections ;
d’explorer les voies et moyens de rationalisation du système électoral pour réduire les coûts excessifs des élections.Article 13 :Les Parties prenantes recommandent au Parlement d’exercer trimestriellement le contrôle sur l’utilisation des ressources budgétaires mises à la disposition de la CENI.Article 14 :Dans les vingt (20) jours qui suivent la signature du présent Accord, la CENI prépare un budget détaillé pour l’ensemble du processus électoral et le soumet au Gouvernement.Chapitre VIII : Du Code de bonne conduite lors des électionsArticle 15 :En vue d’assurer la sérénité du processus électoral, la CENI élabore un « Code de bonne conduite » en concertation avec les Parties prenantes au processus électoral immédiatement après la constitution des listes définitives des candidatures pour l’élection du Président de la République, des Députés nationaux et provinciaux, tout comme après la constitution des listes définitives des candidatures pour les élections locales, municipales et urbaines.Le Code de bonne conduite énonce les principes, engagements et sanctions à même d’assurer un déroulement apaisé et responsable du processus électoral à tous les niveaux.Article 16 :Les parties prenantes aux différentes échéances électorales s’engagent à signer le Code élaboré et à s’y conformer.Chapitre IX : Des Institutions de la RépubliqueArticle 17 :Après le constat du défaut de l’organisation des élections dans les délais constitutionnels et en vue de faire aboutir le processus électoral, les Parties prenantes s’accordent sur les dispositions suivantes relatives aux institutions :Conformément à la Constitution, le Président de la République en exercice reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ;
Les Députés nationaux et provinciaux, les Sénateurs, les Gouverneurs et Vice-gouverneurs de Province restent en fonction jusqu’à l’installation effective de leurs successeurs élus conformément à la Constitution ;
Il sera procédé, dans les 21 jours de la signature du présent Accord, à la formation d’un nouveau Gouvernement d’union nationale. Sans préjudice des dispositions constitutionnelles et législatives nationales en vigueur, le Premier Ministre est issu de l’opposition politique signataire du présent Accord.Chapitre X : Des Mesures de confianceArticle 18 :Les Parties prennent acte des mesures de décrispation et de renforcement de confiance prises par le Gouvernement.Elles encouragent le Gouvernement à poursuivre les efforts de décrispation en vue de promouvoir la concorde et la réconciliation nationale.Article 19 :Pour renforcer la confiance entre les Parties prenantes, Celles-ci s’engagent à :
Procéder au réaménagement à la CENI, en ce qui concerne les membres désignés par l’opposition politique, dans le respect des procédures légales y afférentes ;
Renforcer le Comité de liaison entre la CENI et les Partis politiques et les cadres de concertations entre la CENI et la Société Civile et autres partenaires non-étatiques ;
Améliorer les moyens technologiques de la CENI pour la collecte et la transmission à temps des résultats des élections ;
Tenir compte de la participation équitable des femmes dans les différentes Institutions et structures de l’Etat et des formations politiques, conformément aux instruments juridiques et normatifs nationaux et internationaux pertinents, particulièrement l’article 14 de la Constitution, la Résolution 1325 (2000) du Conseil de Sécurité des Nations-Unies et le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples relatifs aux Droits de Femmes en Afrique (2003) ;
Renforcer la représentation de la jeunesse dans toutes les structures de prise de décision ;
Garantir le droit pour tous les Congolais d’organiser et/ou de participer à des réunions et manifestations politiques dans le respect des lois, de l’ordre public et des bonnes mœurs ;
Garantir le droit de dénoncer, par les médias, toute forme de harcèlement, d’intimidation, d’obstacle, de menace ou d‘agression physique liés au processus électoral, conformément à la loi ;
Respecter et protéger les journalistes et autres professionnels des médias lors des différentes manifestations politiques ;
Veiller au caractère apolitique de l’administration publique, des forces de l’ordre, des services de renseignements et de la justice ;
Veiller à l’indépendance des membres de la CENI ;
Respecter strictement le principe de séparation des pouvoirs;
S’engager à cesser de manipuler la jeunesse à des fins politiciennes, mais à lui offrir des espaces autonomes d’apprentissage et de consolidation de son opinion ;
Organiser la formation des juges électoraux ;
Encourager les acteurs politiques et sociaux à adopter une attitude responsable et conciliante devant les médias et la population ;
Encourager le Gouvernement à accélérer la gratuité de l’enseignement primaire sur toute l’étendue du territoire ;
Encourager le Gouvernement à payer la dette intérieure ;
Encourager le Gouvernement à prendre des mesures visant l’augmentation du traitement des fonctionnaires.Chapitre XI : De la Mise en œuvre de l’Accord et de son suiviArticle 20 :Pour assurer la mise en œuvre effective des dispositions du présent Accord, les Parties conviennent de l’établissement d’un « Comité de suivi de mise en œuvre des recommandations du Dialogue », CSD en sigle.Article 21 :Le Comité de suivi du Dialogue CSD est composé comme suit :
Majorité Présidentielle : 7 représentants ;
Opposition politique : 7 représentants ;
Société civile : 4 représentants.
La représentation des entités est nominative.Les Personnalités congolaises, Parties prenantes au Dialogue, émargent de leurs composantes d’origine.Le CSD tient sa séance de travail inaugurale un mois après la signature du présent Accord et adopte un règlement intérieur et un programme de travail couvrant toute la période jusqu’à la fin du cycle électoral qui fait l’objet du présent Accord.Article 22 :Le CSD s’acquitte des tâches suivantes :Assurer le suivi du chronogramme de mise en œuvre de l’Accord ;
Communiquer régulièrement sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord ;
Assurer l’interprétation des dispositions pertinentes de l’Accord en cas de divergences entre les Parties et concilier leurs points de vue à cet égard.
Réaliser des évaluations régulières avec la CENI et le Gouvernement sur le processus électoral.Article 23 :Les organisations des membres du Groupe de soutien apportent au CSD le soutien et l’appui dont il a besoin dans l’accomplissement de ses missions.L’Union Africaine, la SADC, la CIRGL, la CEAC et d’autres organisations régionales peuvent organiser des missions d’évaluation auprès du CSD et du Gouvernement.Chapitre XII : Des Dispositions finalesArticle 24 :Le présent Accord est ouvert à la signature d’autres partis politiques et regroupements politiques ainsi qu’aux autres organisations de la société civile qui s’engagent à respecter toutes ses dispositions.Article 25 :Le présent Accord entre en vigueur dès sa signature par les Parties prenantes au Dialogue Politique National Inclusif.Fait à Kinshasa, le18 Octobre 2016 -

Fin du dialogue politique en RDC: journée ville morte bien suivie à Kinshasa
-Au lendemain de la signature de l’accord politique entre la majorité et une frange de l’opposition, les autres formations de l’opposition ont appelé les Congolais à rester chez eux ce mercredi 19 octobre pour donner un avertissement, un carton jaune à Joseph Kabila. Une journée ville morte globalement bien suivie à Kinshasa, même si, dans certains quartiers, l’activité commence à reprendre.Ce mercredi matin, les rues étaient désertes, boutiques fermées, pas d’écoliers sur le bas-côté ni d’embouteillages. Une situation très inhabituelle. Des bus du gouvernement stationnaient un peu partout, attendant notamment les fonctionnaires. Ainsi que des minibus privés qu’ici, on appelle « esprit de mort ». Mais ils peinaient à faire le plein. « C’est le service minimum pour amener les malades, par exemple », se justifie un chauffeur.
Quelques motos taxis, quelques vendeurs de rue. « Ventre affamée n’a pas d’oreilles », commente une commerçante qui a décidé d’ouvrir son « petit maquis », son restaurant. Tous ceux qui ont décidé de reprendre le travail et ont accepté de parler disent l’avoir fait pour trouver de quoi manger aujourd’hui. « La vie au taux du jour » comme on dit à Kinshasa.
Un homme montre son pantalon jaune et crie : « c’est le carton jaune de Kabila Kabange ». Autour de lui, les gens se rassemblent et expliquent : « il devrait discuter avec les vraies opposants, si la ville est comme ça, c’est qu’il y a un malaise ».
« Kabila doit partir »
Dans un quartier populaire, des jeunes avec des bouts de papier jaune ont manifesté, en martelant « Kabila doit partir ». Plus loin, une odeur de gaz lacrymogène. Quelques jeunes interpellés. Le porte-parole de la police explique qu’il y a eu par endroits des incidents, avec des jets de pierre sur des véhicules. Mais que la situation reste globalement calme.
La police était ce matin largement déployée, notamment autour de l’Assemblée nationale. Des habitants ont également indiqué avoir hésité à sortir pour éviter d’éventuels troubles ou d’être mal vu par leurs voisins. Mais à la mi-journée, dans certains quartiers et sur certains axes, l’activité semble reprendre. Des boutiques ont ouvert ça et là et notamment des terrasses. Sur les marchés, certains produits ont fait leur apparition. La circulation reste cependant timide et la pluie qui commence à s’abattre sur la ville pourrait inciter ces commerçants à plier bagages.
Quoique bien suivie à Kinshasa, cette journée ville morte est plus diversement respectée dans le reste du pays. A Bukavu et Lubumbashi notamment, l’activité reste normale.
RFI
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L’appel à des “villes mortes” contre Kabila diversement suivi en RD Congo
-L’appel de l’opposition congolaise à une journée “villes mortes” pour exiger le départ du président Joseph Kabila en décembre était diversement suivi mercredi matin en République démocratique du Congo.Le mot d’ordre de “carton jaune” au chef de l’État lancé par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement était largement suivi à Kinshasa, mais ignoré à Lubumbashi, la deuxième ville du pays.
A Kinshasa, les rues sont restées désertes toute la matinée. Les transports en commun publics ont circulé à vide alors que les minibus privés “207” étaient invisibles et la circulation pratiquement inexistante.
▶La quasi-totalité des boutiques étaient fermées et la seule activité visible était celle des “mama ya mapa”, vendeuses qui arpentent les rues avec une bassine chargée de pains sur la tête, et des stations-services, ouvertes, mais sans clients.
La mégapole de quelque dix millions d’habitants normalement grouillante et bruyante est apparue comme frappée de torpeur.
“Ce n’est qu’un avertissement ; le 19 décembre, tout est fini pour Kabila”, a déclaré à l’AFP Mike Mukendi, chômeur de 30 ans.
La police et l’armée ont été déployées en force autour du Palais du peuple (Parlement) et dans plusieurs “quartiers chauds”.
La police a déploré quelques “caillassages” de voiture et tentatives d’incendier des pneus sur la chaussée, mais la situation est restée globalement calme.
Lors de la dernière mobilisation du Rassemblement contre le pouvoir, 49 civils et 4 policiers avaient été tués, selon l’ONU, les 19 et 20 septembre à Kinshasa dans des violences dont les autorités et la coalition d’opposition se renvoient mutuellement la responsabilité.
A Lubumbashi, fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi – une des têtes du Rassemblement – dans le sud-est du pays, l’activité était normale.
‘Tu dois partir !’
Lundi et mardi, les autorités avaient exhorté sur les médias publics locaux “la population à vaquer normalement à ses occupations”, avertissant que les fonctionnaires qui ne viendraient pas travailler mercredi seraient sanctionnés.
“La politique de villes mortes au Congo ne peut pas marcher car nous vivons au jour le jour”, a déclaré à l’AFP Kyungu Kabulo, cambiste indépendant, en rappelant le lot quotidien d’une population largement sans ressources dans un des pays les moins développés de la planète.
“Je suis d’accord avec les opposants”, mais “j’ai une famille nombreuse à nourrir”, a-t-il ajouté, “les dirigeants du Rassemblement qui nous demandent de rester à la maison, eux ils ont de l’argent, de quoi manger et leurs enfants sont en Europe”.
Large coalition politique, le Rassemblement s’est constitué en juin autour de la figure de l’opposant Étienne Tshisekedi, président fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Le mandat du chef de l’État, au pouvoir depuis 2001, expire le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter.
Mardi, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition ont signé un accord à l’issue de pourparlers qualifiés de “dialogue national” renvoyant l’élection présidentielle à avril 2018 et assurant le maintien de M. Kabila à son poste jusqu’à la prise de fonctions de son successeur.
L’UDPS a rejeté cet accord qui, selon elle “impose unilatéralement (à la tête de l’État) M. Kabila en violation flagrante de la Constitution” et a appelé à un “dialogue réellement inclusif” pour sortir le pays de la crise politique qu’elle traverse depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 lors d’un scrutin marqué par des fraudes massives.
Dans l’est du pays, la ville de Bukavu, sur la rive sud du lac Kivu, a totalement ignoré l’appel du Rassemblement, selon le correspondant local de l’AFP.
Bukavu est le fief de Vital Kamerhe, un des dirigeants d’opposition ayant participé au “dialogue national” et qui fait figure de favori pour prendre la tête du gouvernement dans les prochaines semaines.
A Goma, ville jumelle de Bukavu sur la rive nord du lac, le mot d’ordre de “ville morte” a été diversement suivi, selon deux journalistes de l’AFP sur place. La circulation a été normale mais la majorité des boutiques est restée fermée.
En fin de matinée, 200 personnes ont manifesté sans incident majeur, carton jaune à la main, aux cris de “Le mandat est terminé ! Tu dois partir !”
La majeure partie de l’opposition, elle, continue à appeler à la résistance :
Avec AFP
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Clôture du dialogue national après un accord rejeté par les ténors de l’opposition
-Edem Kodjo, facilitateur désigné par l’Union africaine, a clôturé mardi les travaux du dialogue national en RDC après la cérémonie de la signature de l’accord trouvé entre la majorité présidentielle et une frange d’opposants, mais rejeté par la grande partie de l’opposition.M. Kojo a reconnu que l’accord n’était pas parfait. Selon le facilitateur récusé par la majeure partie de l’opposition, cet accord valait néanmoins la peine d’être trouvé pour résoudre la crise causée par la non-tenue de l’élection présidentielle avant le 19 décembre 2016, date constitutionnelle pour la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kaibla.
“Vaut mieux un accord imparfait (…) que pas d’accord du tout “, a affirmé le facilitateur.
Pendant ce temps, les ténors et la majeure partie de l’opposition qui ont boycotté le dialogue, ont affirmé qu’ils ne sentaient pas lié à cet accord et continuent d’exiger le respect strict de la Constitution.
Le Rassemblement, plate-forme constitué de partis d’opposition dont l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi “rejette cet accord qui impose unilatéralement [à la tête de l’État] M.Kabila en violation flagrante de la Constitution qui détermine la fin de son mandat le 20 décembre”, estime Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de ce parti.
“La signature de cet accord est un non-évènement (…) Ce passage en force ne fait que se résumer pour donner un bonus à M. Kabila”, a déclaré à VOA Afrique M. Kabund, tout en rappelant que le Rassemblement a appelé les Congolais à observer une journée “villes mortes” le 19 octobre en guise de “carton jaune” à Joseph Kabila.
Vital Kamerhe, à la tête des opposants présents au dialogue, estime pour sa part que les desiderata de toute l’opposition sont pris en compte.
“Au cours du dialogue, nous avions la même feuille de route que nos amis qui sont à l’extérieur et l’accord indique que la Constitution sera scrupuleusement respectée. Nous aurons des élections en avril 2018, dans un délai plus court (que celui donné par la CENI ndlr), et par la suite pour la première fois une passation civilisée du pouvoir entre le président de la République sortant et un président entrant”, détaile Vital Kamerhe, rejetant toute idée d’un nouveau dialogue tel qu’exigé par le camp d’Etienne Tshisekedi.
“C’est une solution entre Congolais et le toit de l’accord reste ouvert pour nos frères qui ne sont pas venus au dialogue”, soutient de son côté le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.
Le “Rassemblement” réuni autour du fondateur de l’UDPS, M. Tshisekedi, avait refusé de participer au “dialogue national”, qui s’est ouvert le 1er septembre à Kinshasa avec le but affiché de mener le pays vers des élections “apaisées” mais retardées.
L’accord conclu lundi entre les délégués de ce forum prévoit le maintien à son poste de M. Kabila au-delà du 20 décembre et l’organisation de la présidentielle en avril 2018, selon les chefs de file des deux camps politiques l’ayant négocié.
Les 19 et 20 septembre, une cinquantaine de personnes ont été tuées lors de violences à Kinshasa en marge d’une manifestation organisée par le Rassemblement pour signifier à M. Kabila son “préavis de trois mois” avant la fin de son mandat.
Après ces violences, le Rassemblement a appelé les Congolais à observer mercredi 19 octobre une journée “villes mortes” sur toute l’étendue du territoire, en guise de “carton jaune” au chef de l’État, au pouvoir depuis 2001.
La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des irrégularités selon l’Union Euroepéenne et des observateurs indépendants. La crise est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser la présidentielle avant la fin de l’année.
VOA
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Musique:Bilan de l’album, une année après sa sortie. « 13ème Apôtre » : Koffi Olomide se défend mais sans convaincre !
-Une des légendes vivantes de la scène musicale africaine, Koffi Olomidé s’est confié au journal La Prospérité et au magazine « Grâce Monde », au cours d’un entretien à bâtons rompus, dans sa résidence à Mont Fleury, à Kinshasa. Le bilan de l’album « 13ème Apôtre », un an après son lancement fracassant sur le marché et le projet artistique du label « Koffi Central ». Tel est le menu de cet échange riche avec le patron de Quartier Latin, quatre mois après sa libération de l’ex-prison de Makala. Suivez-le.13 octobre 2015-13 octobre 2016, votre album «13ème Apôtre » totalise une année depuis sa sortie officielle. Quel bilan faites-vous de cette œuvre sur le plan international ?
KOFFI OLOMIDE : J’avais dit qu’il faut donner, au moins, 13 ans à cet album car chacune des chansons va se muer en une institution. Aujourd’hui, tout le monde écoute « Symposium », « Cobetox », « Chérie ya moto », « Loyenge »… et ça va continuer. C’est un répertoire de 40 chansons, j’ai le temps. Il faut signaler que l’album a totalisé 9 millions des vues en moins d’un an, c’est du record battu. Et c’est du nouveau au Congo. Ce qui est évident, bon nombre de ceux qui ont atteint 10 millions, ce n’était pas en moins d’un an, il y a Fally Ipupa qui a fait 7 millions en un an.
Est-ce vraiment le grand succès attendu de « 13ème Apôtre » ?
KO : Je ne sais pas si je peux appeler ça succès, parce que moi mes albums ne font pas du succès comme la saison sèche, qui passe, ils demeurent bon et présent à n’importe quelle époque. Jusqu’à ce jour si quelqu’un écoute « Diva », « Loyenge », il est toujours content, et ce sera pareil jusqu’en 2030. Aujourd’hui, j’ai entendu certaines personnes dire que dans cet opus, je n’adore que deux ou trois chansons. Je vous dis un peu de patience, dans 13 ans, vous finirez par aimer le tout. Chacune des chansons constitue tout un programme pour chacun.
Pourquoi avoir laissé à Cindy beaucoup plus d’espace de s’exprimer dans cet album, alors que c’est vous qui en êtes l’auteur ?
K.O. : Cindy, c’est Koffi au féminin. Lorsque je vais arrêter ma carrière musicale, c’est elle qui deviendra Koffi au féminin. Et je pense que c’est la plus belle voix que le Congo a eu depuis plus de 50 ans, après des gens comme Carlito Lassa. Je l’ai personnellement entendue interpréter quelques tubes de Céline Dion lors d’un concert au Salon Congo. Vraiment, je n’avais jamais vu une réaction pareille d’un public frénétiquement débout avec tonnerre d’applaudissements. Dans notre pays, les gens ont l’habitude de murmurer si c’est Koffi qui émet son avis. Mais, la preuve en est que toutes celles qui ont commencé avec elles ont disparu. Donc, il n’y a pas photo. Il faut aussi dire qu’elle a la chance de chanter les chansons de Koffi. Vraiment une chanteuse multidimensionnelle !
13ème Apôtre reste-t-il, comme annoncé, le dernier album de votre carrière musicale ?
K.O. : Non. Je n’ai jamais dit fin de ma carrière. Par contre, c’est mon dernier album de chansons inédites. C’est-à-dire, je peux faire un single ; pourquoi ne pas participer dans un album de quelqu’un d’autre ? Je peux aussi composer et arranger toute une compilation de chansons pour quelqu’un d’autres. Par exemple, Cindy-le-cœur. Attendez calmement et patiemment « Nyataquance », qui s’annonce comme un nouveau maxi-single, dans lequel je dédie une très belle mélopée à l’apôtre William Ntindua, le boss.
Pouvez-vous nous donner déjà le titre de la chanson dédiée au boss William ?
K.O. : Je n’ai pas encore donné un titre à la chanson, mais je vais trouver un titre qui sort des sentiers battus. La chanson parle du boss William. On le sublime, on le met au-dessous et puis je lui dis mon amour, mon affection, mon amitié sincère. Je vais me faire passer pour une femme, c’est-à-dire, une femme va parler à travers ma bouche.
Qui est cette femme ? Est-ce Cindy ?
K.O. : Cindy n’est pas une femme, c’est ma femme. Ça peut être sa femme et c’est même mieux. Ça c’est le secret de la cuisine interne de Koffi Olomidé.
Quel type de relations entretenez-vous avec l’apôtre William Ntindwa ?
K.O. : C’est un frère ! Il n’y a pas un autre mot. Tu sais, ma mère disais : « Il y a ceux qu’on appelle frère de terre », qui est un des titres de maxi single ». C’est-à-dire, les gens avec qui vous allez vous rencontrer sur terre quelque part dans le monde. Des gens avec qui vous allez réussir d’autres choses que vous n’avez pas réussies avec votre frère de même mère. Et avec l’apôtre Ntindwa nous allons réaliser beaucoup de projets. Heureusement que nous sommes encore au début.
Avec quel support va-t-on retrouver ce maxi single : YouTube ou CD ?
K.O. : Sur les deux ! CD et YouTube. Parce qu’il y a encore des gens qui utilisent le CD. Surtout que nous avons notre propre studio maintenant qui est ouvert à tout le monde. Que tout celui qui veut enregistrer, travailler son disque, peut passer au studio Koffi Central. Ce n’est pas une structure propre qu’à Koffi Olomidé. Je l’ai fait parce que j’aime la musique. Et la musique m’a tout donné. Ainsi, l’heure est venue aussi pour moi de lui rendre l’ascenseur, en soutenant, en donnant un coup de pouce aux jeunes qui aiment et veulent faire la musique. C’est ma manière aussi de contribuer pour l’avancement et la promotion de notre musique.
Qu’en est-il alors de l’album de musiciens de Quartier Latin ?
K.O. : Cela me tient beaucoup à cœur. Je me prépare déjà pour le faire sortir après mon maxi single. J’informe également au public que mon agenda étant chargé pour cette période de fin d’année, le programme de productions sera clôturé à la fin de la semaine prochaine, afin de me permettre de peaufiner les travaux du maxi-single « NYATA QUANCE », précieux cadeau que j’offrirai aux amoureux de la bonne musique pour la période des festivités dans lequel vous allez retrouver la danse « YA BA BOSS » et « KALEMBE LEMBE ». Pour ceux qui veulent des dédicaces, ils peuvent se manifester déjà. Car, les travaux du single seront bouclés fin novembre.
« YA BA BOSS », la danse fétiche de votre maxi single ne serait-elle pas confondue à la « Danse du Président » de Barbara Kanam ?
KOFFI OLOMIDE : Non, pour nous c’est la danse « Ya Ba Boss », « libumu ya ba boss », « munene ya kwanga te », « munene ya lipa te », « munene ya chawarma », « munene ya spaghetti ». Pour elle, c’est « La danse du Président ». Qui est ce président et pour combien de mandat ? Pour nous c’est la danse des boss et tout boss n’est pas président. Les gens comme Ntindwa, il n’est pas président, mais c’est un grand boss.
Jordache Diala
La Prosperité -

Dialogue en RDC : adopté en plénière, l’accord politique renvoie la présidentielle en avril 2018
-Les délégués de la Majorité présidentielle (MP) et d’une certaine frange de l’opposition congolaise conduite par Vital Kamerhe ont adopté lundi, en l’absence du Rassemblement, l’accord politique pour une gestion consensuelle du pays. Le texte fixe également la présidentielle en avril 2018.Sans surprise, les délégués au dialogue politique en cours à Kinshasa ont convenu, lundi 17 octobre, du report de la présidentielle en RDC. Initialement prévu le 27 novembre, le scrutin n’aura plus lieu en 2016. L’accord politique qui a été adopté en plénière de ces pourparlers le renvoie en effet en avril 2018. Soit au-delà du 19 décembre, date de la fin du second et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila.
Contrairement au Rassemblement de l’opposition qui a boycotté ce dialogue et qui préconise un « régime spécial » sans Kabila après le 19 décembre, le texte adopté entre la Majorité présidentielle (MP), une partie de l’opposition congolaise et de la société civile prévoit le maintien du chef de l’État sortant jusqu’à l’élection de son successeur.
Nouveau gouvernement
Il est également prévu la mise en place rapide – dans les 21 jours qui suivent la signature de l’accord prévue le 18 octobre – d’un nouveau gouvernement dirigé par un opposant ayant pris part au dialogue. Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale, se présente comme le favori à ce poste.
L’accord prévoit enfin l’installation d’un comité de suivi qui siégera tous les mois afin de mener une évaluation du processus électoral.
L’UE soutient la tenue de la présidentielle en 2017
Plus tôt dans la journée, le Conseil de l’Union européenne avait lui estimé que « la crise politique de la RDC ne peut être résolue qu’à travers un engagement public et explicite de tous les acteurs à respecter la Constitution actuelle, en particulier en ce qui concerne la limitation des mandats présidentiels ainsi que par un dialogue politique substantiel, inclusif, impartial et transparent. »
Appelant à l’ouverture d’une « nouvelle phase d’un processus politique plus inclusif au cours des semaines à venir », l’UE a également souligné que le processus de dialogue en RDC « doit déboucher, en ligne avec l’esprit de la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies, sur l’organisation des élections présidentielle et législatives dans le délai le plus court possible au cours de l’année 2017 ».
Jeune Afrique
