–Au Congo-Kinshasa, une habitude sâinstalle de voir tout le monde sâaffairer chaque fois que le systĂšme qui domine le pays, et qui a prĂ©vu en son sein un semblant de rotation, arrive Ă une « Ă©chĂ©ance » donnĂ©e. Câest le cas aujourdâhui oĂč le microscope « politique » congolais sâagite, il se montre inquiet Ă lâapproche de ce qui se raconte autour de la fin de lâannĂ©e 2016. Et le refrain de la musique entonnĂ©e se rĂ©sume en deux expressions : « Yebela » et « Wumela ». Cela nous renvoie un peu Ă un certain 5 dĂ©cembre 1990. Lâexpiration de ce que fut considĂ©rĂ© comme un « mandat » constitutionnel du rĂ©gime de Mobutu. Car lâUnion SacrĂ©e de lâĂ©poque, USORAL, avait annoncĂ© et prĂ©vue des manifestations. Elle avait demandĂ© au peuple de faire du bruit, qui avec son sifflet, qui avec sa marmite, qui avec son tambour, qui avec son klaxon de voiture, qui avec sa voix, etc.
Le peuple devrait et a sifflĂ© pour marquer le dĂ©part de Mobutu. Nous Ă©tions le 5 dĂ©cembre 1990. Mais le matin du 6 dĂ©cembre 1990, nonobstant le bruit des casseroles et dâautres sifflets, Mobutu Ă©tait toujours lĂ . Il y est mĂȘme restĂ© jusquâĂ lâentrĂ©e de lâAFDL (Ă savoir le Rwanda, les Kadogo, Laurent DĂ©sirĂ© Kabila et autres) en 1997. Rappeler lâhistoire et interroger le passĂ©, et ce dans un sens comme dans un autre, invite plus les consciences Ă se poser des questions utiles dont les rĂ©ponses serviront Ă la jeunesse du Congo-Kinshasa afin qu’elle dĂ©cide librement de la nature de lâaction Ă entreprendre.
1990- 2016, 20 annĂ©es plus tard, et Mobutu nâest plus lĂ , nous nous retrouvons encore Ă un autre mois de dĂ©cembre, et bien que comparaison ne soit pas raison, le mĂȘme monde tient Ă savoir si oui ou non, il y aura, Ă lâintĂ©rieur dâun systĂšme dont les fissures se comptent en nombre croissant, jeu des chaises musicales. Et Ă ce sujet, chacun y va de son ton sauf que personne ne remarque le silence calculĂ© de Paul KagamĂ© du Rwanda, Ă qui les Anglo-Saxons ont pourtant confiĂ© la gestion des Grands-Lacs. MĂȘme fonction presque que celle assumĂ©e en son temps par Mobutu. Des congolais qui sâintĂ©ressent au phĂ©nomĂšne « aprĂšs 2016 » racontent Ă qui voudrait les entendre que cette -fois « les AmĂ©ricains ont dĂ©cidĂ© ». Il paraĂźtrait mĂȘme que « les Anglais en auraient marre ». Et les Belges, chez qui ce beau monde court, auraient choisi leur homme.
Quid du silence de Paul KagamĂ© sur la mĂȘme question ? Comment le comprendre ? Comment lâinclure Ă une analyse objective et qui pourrait servir Ă moyen et Ă long terme ? Paul KagamĂ© ira-t-il jusquâĂ se faire hara-kiri, Ă sacrifier son cheval de Troie alors que lâhomme, dĂšs lâentrĂ©e de lâAFDL Ă sa prise de contrĂŽle de Kinshasa, lui a rendu des loyaux services ? Il lui est reste fidĂšle. Et câest dâabord pour KagamĂ© que cet homme est placĂ© Ă Kinshasa. En outre, il nous semble que ce peuple se trahit rarement. Nous les avons vus Ă lâĆuvre aprĂšs Kisangani. Museveni et Paul KagamĂ©, qui sont conscients dâĂȘtre instrumentalisĂ©s, ont refusĂ© dâĂ©taler leur faiblesse, leur division devant lâhomme anglo-saxon. Et ce nâest pas aujourdâhui quâils le feront, quâils vont chercher Ă sâaffaiblir. Câest pourquoi, ils tentent de gagner du temps au Congo-Kinshasa.
Dans tout cela, la question nâa jamais Ă©tĂ© Paul KagamĂ©, mais celle de savoir comment nous jouons quand nous savons que ceux qui sâaffichent comme des « Pharisiens » bottent en touche, disent Ă peine un mot quand il sâagit de Paul KagamĂ©. Ils parlent tous de tout, mais sauf de lui.
DĂ©jĂ , nous entendons des voix qui sâĂ©lĂšvent pour dire que Paul KagamĂ© aurait raison de se taire. Que cette question ne le concernerait pas au motif que lâhomme nâest pas congolais. Et le juridisme congolais polluera le dĂ©bat avec son dada : le respect de la constitution. Mais de quelle constitution parle-t-on lorsquâon sait quâelle nâa pas su empĂȘcher lâassassinat de Laurent DĂ©sirĂ© Kabila en 2001, ni stopper lâaccession de « Joseph Kabila » comme « Cheval de Troie de Paul KagamĂ© Ă Kinshasa. ? Sassou en sait quelque chose. Il lâa dit Ă Pierre PĂ©an et ce dernier lâa repris dans son livre « Carnages, Les guerres secrĂštes des grandes puissances en Afrique » (2010, Fayard, p. 531).
Câest anormal que Paul KagamĂ© puisse se taire sur une question dâune importance aussi capitale que celle de « lâaprĂšs 2016 » au Congo-Kinshasa, alors que, par le passĂ© le plus rĂ©cent, le mercenaire Paul KagamĂ© sâest toujours montrĂ© bavard sur la question du Congo-Kinshasa. Le Rwanda, voisin du Congo-Kinshasa, ne pourrait survivre comme entitĂ© Ă©tatique et Ă©conomique, sans que son mercenariat au Congo-Kinshasa ne soit nourri par la domination et la mise sous tutelle de ce pays. Ses lendemains sâobscurcissent sans lâomniprĂ©sence Ă la tĂȘte du Congo-Kinshasa dâun cheval de Troie sous les ordres de Paul KagamĂ© et Ă ses goĂ»ts. Penser le contraire serait une ignorance manifeste des enjeux dans la rĂ©gion des Grands Lacs. On se tromperait de lecture en manquant de questionner la nature de lâadversitĂ© et de lâidentitĂ© du vĂ©ritable adversaire dans les marigots congolais.
La question politique dans les Grands Lacs est ethnicisĂ©e Ă fond pour rĂ©pondre Ă un besoin de stratĂ©gie idĂ©ologique consistant Ă faire croire que « dans ce monde nouveau, les conflits les plus Ă©tendus, les plus importants et les plus dangereux nâauront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, [mais] entre peuples appartenant Ă des diffĂ©rentes entitĂ©s culturelles. Les guerres tribales et les conflits ethniques feront rage Ă lâintĂ©rieur mĂȘme de ces civilisations » (Huntington : 1997, 23). Peu de congolais le comprennent.
« J’ai commencĂ© Ă comprendre les Anglais, [a dĂ©clarĂ© lâactrice et chanteuse Marianne Faithfull en 1946], le jour oĂč j’ai enfin rĂ©alisĂ© qu’ils disent exactement le contraire de ce qu’ils pensent ». Si le peuple du Congo-Kinshasa ne choisit pas seul sa voie, rien ne se construira aprĂšs 2016.
Jeunesse du Congo-Kinshasa, la nation a besoin de nous.
Likamboyamabele, likamboyamakila.
Mufoncol Tshiyoyo Â
Le PrĂ©sident National du Rassemblement pour lâAlternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
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