Author: Don Kayembe

  • l’Agence nationale de renseignement demande une enquête sur la juge de Lubumbashi

    l’Agence nationale de renseignement demande une enquête sur la juge de Lubumbashi

    kalev-L’Agence nationale de renseignement (ANR) congolaise a démenti mercredi les accusations de la juge Chantale Ramazani Wazuri qui a déclaré avoir subi des pressions pour faire condamner Moïse Katumbi. L’agence a demandé l’ouverture d’une enquête.

    L’imbroglio judiciaire se poursuit. Quelques heures après la publication d’une lettre de la juge Chantale Ramazani Wazuri dénonçant les pressions qu’elle aurait subies pour faire condamner l’opposant Moïse Katumbi, l’Agence nationale de renseignement (ANR) contre-attaque.

    Dans une « mise au point » datée du 27 juillet reçue par Jeune Afrique, l’agence « demande vivement à la Justice qu’une enquête soit ouverte à ce sujet et que le résultat soit rendu publique ».

    « Obligée » à « condamner Moïse Katumbi »

    Dans sa lettre, Chantale Ramazani Wazuri, présidente du tribunal de Lubumbashi, accusait en effet l’Administrateur général de l’ANR, Kalev Mutond de l’avoir « obligée » à « condamner monsieur Moïse Katumbi Chapwe ». « Cette condamnation avait notamment pour objectif d’obtenir son inéligibilité en cas de présentation de sa candidature à la présidence de la république », avait-elle encore écrit.

    Le 20 juin, Moïse Katumbi avait été condamné en son absence par le Tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo à 36 mois de prison et un million de dollars de dommages et intérêts pour faux et usage de faux, après avoir été attaqué en justice par un citoyen grec, Emmanouïl Alexandros Stoupis, dans une affaire immobilière. Cette condamnation fait peser une incertitude sur son retour annoncé au pays et sur la candidature à la présidentielle qu’il entend présenter.

    Une juge « en fuite » 

    La situation de la juge Ramazani Wazuri est aujourd’hui incertaine. Injoignable, elle se « cacherait » et « chercherait à fuir » depuis l’envoi de son courrier au ministre de la Justice, selon une source qui a été en contact avec elle.

    Dans sa « mise au point », l’ANR affirme que « l’administrateur général n’a jamais eu de contact ni direct, ni indirect avec cette juge qu’il ne connaît même pas » et qu’elle « doute aussi bien de l’authenticité que de la véracité du contenu de cette lettre ». « Cette correspondance, si elle existe, ne peut être, en réalité, que l’œuvre d’une officine spécialisée dans l’achat des consciences », poursuit le texte.

    Mutond, proche collaborateur de Kabila

    L’administrateur général de l’ANR, Kalev Mutond, est l’un des plus proches collaborateurs du président congolais, Joseph Kabila. Il intervient dans l’élaboration de sa stratégie politique et joue parfois le rôle d’émissaire auprès d’autres responsables politiques. Par ailleurs, Kalev Mutond a notamment eu pour avocat Me Ambroise Kamukuny, lequel a plaidé pour Emmanouïl Alexandros Stoupis contre Moïse Katumbi. Interrogé sur cette concordance par Jeune Afrique, Kalev Mutond avait affirmé que cet avocat « était libre » et qu’il « ne pouvait pas l’empêcher de travailler avec quelqu’un d’autre ».

    JA

  • Le retour de Tshisekedi peut-il débloquer la crise politique en RDC ?

    Le retour de Tshisekedi peut-il débloquer la crise politique en RDC ?

    Supporters of Congolese opposition leader Etienne Tshisekedi gather to receive him upon his arrival at the airport in the Democratic Republic of Congo's capital Kinshasa, July 27, 2016, after nearly two-year stay overseas for medical treatment. REUTERS/Kenny Katombe
    Supporters of Congolese opposition leader Etienne Tshisekedi gather to receive him upon his arrival at the airport in the Democratic Republic of Congo’s capital Kinshasa, July 27, 2016, after nearly two-year stay overseas for medical treatment. REUTERS/Kenny Katombe

    -Le retour au pays de l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi, 83 ans, pourrait selon des politiques locaux débloquer le processus de “dialogue national” vers des “élections apaisées”, pour lequel font pression la communauté internationale comme l’église.

    M. Tshisekedi, président du “Rassemblement”, coalition de forces d’opposition nouvellement créée en Belgique, est rentré à Kinshasa mercredi après deux ans d’absence, notamment pour raison médicale, accueilli chaleureusement par plusieurs centaines de milliers de partisans massés de l’aéroport jusqu’à sa résidence située 15 km plus loin.

    “L’espoir de toute la classe politique est que le retour d’Étienne Tshisekedi vienne enlever le doute quant à la participation du Rassemblement” au “dialogue national” proposé par le pouvoir, a déclaré à l’AFP André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle (MP).

    Le “Rassemblement” a pourtant tout récemment récusé le facilitateur désigné par l’Union africaine (UA) Edem Kodjo, pour l’organisation de ce dialogue politique national, l’accusant de jouer le jeu du président congolais.

    L’opposition espère désormais que la popularité de son vieux chef de file permettra de mettre la pression pour obtenir des avancées face au président Joseph Kabila, soupçonné de vouloir demeurer au pouvoir au-delà de la fin de son mandat en décembre, au mépris de la Constitution, en commençant par retarder l’élection présidentielle.

    “L’accueil délirant réservé à Tshisekedi est un message adressé au facilitateur Edem Kodjo”, qui doit en tirer les conséquences politiques, souligne ainsi le député Martin Fayulu, président d’un petit parti d’opposition membre du “Rassemblement”.

    “Le soutien populaire à M. Tshisekedi exprime des attentes” des Congolais et devrait pousser le facilitateur à “recentrer” sa perception des forces en présence, renchérit le sénateur d’opposition Jacques Djoli.

    ‘vaincre les réticences ‘

    Côté majorité, le sénateur Léonard She Okitundu juge pour sa part que M. Tshisekedi doit maintenant “vaincre les réticences des anti-dialogue” de son camp.

    Dans le pays comme au sein de la communauté internationale, de nombreuses voix s’élèvent pour que les parties entament vite les discussions, afin d’éviter que le pays ne plonge, à nouveau, dans le chaos, après autant d’efforts consentis pour le sortir de deux guerres de l’est (1996-1997 et 1998-2003).

    Les évêques catholiques ont appelé l’opposition à amorcer le dialogue, tout en pressant la majorité d’accéder aux demandes de celle-ci en libérant davantage de prisonniers politiques et d’opinion.

    L’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne ou encore les USA ont également invité toutes les forces politiques et sociales à aller au “dialogue national”.

    A ce stade, M. Tshisekedi a rallié un maximum des forces de l’opposition qui boudaient le dialogue convoqué par M. Kabila, au nom de la résolution 2277 du Conseil de sécurité exigeant le respect des délais fixés dans la Constitution congolaise pour l’organisation des élections.

    La majorité de la population de Kinshasa, où M. Kabila n’a jamais été populaire, est acquise à la cause de l’alternance. Et au fur et à mesure que la fin du mandat du président approche ce sentiment “se transforme en rêve”, juge le politologue Bwebwa Kalala, de l’Université catholique au Congo.

    Or, si cette foule était “manipulée” par les “faucons de l’opposition”, “il y a risque de reproduire les émeutes de janvier 2015 contre le pouvoir dans un format plus grand”, craint l’enseignant.

    En janvier 2015, la répression de manifestations d’opposition contre une tentative de modification de la loi électorale avait fait plus de 40 morts selon des ONG.

    Soucieux d’éviter le chaos, M. Kodjo, qui a qualifié d’”injustes” les accusations du Rassemblement, a multiplié ces derniers jours les contacts, promettant d’obtenir l’adhésion d’un “maximum de participants” au “dialogue national”.

    M. Tshisekedi, lui, s’adressera à ses partisans dimanche, lors d’un grand meeting avec la quasi-totalité des forces politiques opposées à tout report de la présidentielle et/ou à un troisième mandat du président Kabila.

    Avec AFP

  • Manifestation de la majorité dans une ambiance électoraliste

    Manifestation de la majorité dans une ambiance électoraliste

    PPRD MANIF-Plusieurs milliers de personnes ont pris d’assaut vendredi le stade Tata Raphaël de Kinshasa pour exprimer leur soutien au président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, dans une ambiance électoraliste.

    “Votez, votez, votez Kabila”: plus de 40.000 partisans de la majorité reprenaient ce refrain en boucle dans les gradins, alors que plusieurs centaines d’autres étaient restés à l’extérieur.

    La foule scandait aussi “Kabila wumela” (“Kabila, reste le plus longtemps possible” ) en lingala, la principale langue parlée à Kinshasa, capitale de la RDC, tandis qu’une musique assourdissante sortait de grosses baffles.

    Le peuple debout comme un seul home derrière Joseph Kabila, a posté sur sa page Facebook, le secrétaire général du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), Henri Mova.

    Ce meeting intervient deux jours après le retour à Kinshasa de l’opposant historique Étienne Tshisekedi et deux jours avant la tenue d’une manifestation populaire de l’opposition.

    L’opposition congolaise craint que le président Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de briguer un nouveau mandat, ne reporte le scrutin présidentiel prévu en fin d’année pour s’accrocher au pouvoir.

    Au stade Tata Raphaël, une grande affiche, sur laquelle on pouvait voir un chef de la majorité tenant un micro face à M. Kabila, proclamait : “Le président de la République reste en fonction” selon “l’article 70 de la Constitution”.

    Des motards portant des drapeaux tatoués “Na Raïs 100 sûr” de la campagne de la présidentielle de 2011 occupaient les environs du stade dans un concert assourdissant de klaxons.

    Les couleurs jaunes du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) flottaient à côtés des drapeaux oranges, bleus des autres membres de la majorité.

    “On nous a donné des t-shirts gratuitement”, “peut-être qu’on donnera 2.000 francs (2 dollars) de transport”, expliquait Meta, étudiante en sociologie de l’Université de Kinshasa, démentant la rumeur selon laquelle les participants auraient reçu de l’argent.

    Avec AFP

  • cinq heures de bain de foule pour Etienne Tshisekedi lors de son retour

    cinq heures de bain de foule pour Etienne Tshisekedi lors de son retour

    TSHITSHI-En RDC, Etienne Tshisekedi, l’opposant historique, est de retour à Kinshasa après deux ans d’absence. En août 2014, victime d’un malaise, il avait été évacué de la capitale congolaise par avion médicalisé. Il ne s’est pas exprimé à l’arrivée à son domicile de Limete. Trop fatigué après cinq heures de bain de foule lors de la vingtaine de kilomètres entre l’aéroport et sa maison au cours desquels le vieil opposant a tenu à saluer la population dans chaque quartier par le toit ouvrant de sa voiture.

    On sentait chez les partisans d’Etienne Tshisekedi une impatience au point que, quand l’avion a atterri et que le vieil opposant n’a pas fait immédiatement son apparition, la foule à l’entrée de l’aéroport tapait sur les voitures qui essayaient de sortir en hurlant : « Mais qu’avez-vous fait de notre président ? », « Il est où ? » Finalement, ils ont pu largement en profiter. Escorté par la police, mais aussi par le service d’ordre du parti, son convoi a été assailli par les habitants de ces quartiers populaires que l’on sait favorables au vieil opposant et qui ont démontré une fois de plus la popularité de celui que l’on surnomme le Sphinx après deux années d’absence.

    Etienne Tshisekedi n’a pas boudé son plaisir, sortant régulièrement par le toit ouvrant de sa voiture, créant l’hystérie chez ses partisans. La foule immobilisait chaque fois son convoi, chantant des chants en hommage au président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), mais aussi hostiles au chef de l’Etat, Joseph Kabila : « Kabila doit partir », c’est l’un des mots d’ordre de ce retour. Et pour ses partisans, le retour d’Etienne Tshisekedi ramène dans le pays l’espoir d’une alternance.

    Des bougies pour le Sphinx

    Pendant cinq heures et vingt kilomètres, l’opposant a donc pu profiter de ce bain de foule et a même été accompagné, à un moment où il n’y avait plus d’électricité, par des bougies. « On allume des bougies pour Tshitshi », disaient ses partisans.

    Du côté de la police, on se félicite aujourd’hui que tout se soit bien passé, en accord avec l’UDPS, et que ce retour ait pu se passer dans le calme. « Du début de l’aéroport jusqu’à destination, à la résidence de l’UDPS, nous avons sécurisé le président de l’UDPS avec tous les politiciens qui étaient à ses côtés, ainsi que ses militants. Et les unités de la police ont travaillé en étroite collaboration avec les militants de l’UDPS qui sécurisaient son président. Et jusqu’à destination, il n’y a pas eu d’incident, il n’y a pas eu de mort, il n’y a pas eu de tir. L’ordre a régné. Même s’il y a eu des provocations, nous nous sommes retenus. La police s’est retenue et on a évité de céder aux provocations », estime le général Charles Bisengimana, chef de la police nationale.

    Un retour réussi pour le fils de l’opposant Félix Tshisekedi : « C’est un triomphe. Ça prouve qu’Etienne Tshisekedi est resté le même, toujours très populaire, très adulé par son peuple. C’était vraiment des moments très émouvants parce qu’il est parti pour certains à l’article de la mort, mais nous on savait, on savait qu’il a encore une mission à jouer dans ce pays, pour son pays, pour son peuple, et qu’il allait revenir. Gloire à Dieu, il est là et la lutte continue ».

    Félix Tsishekedi qui rassure aussi sur l’état de son père. « Il n’est plus malade », selon lui. Et malgré son âge, Félix Tsishekedi assure que l’opposant tiendra bien meeting : « Il a l’âge qu’il a certes, il porte bien ses 84 ans bientôt. Et je ne pense pas que ça peut l’empêcher de parler ».

    rfi

  • Dix mois de prison pour l’ex-footballeur congolais pour trafic de migrants

    Dix mois de prison pour l’ex-footballeur congolais pour trafic de migrants

    fabrice Lokembo-Fabrice Lokembo-Lokaso a été condamné à dix mois de prison ferme par un tribunal français pour avoir tenté de faire passer en Angleterre dix migrants dans une camionnette, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

    “M. Lokembo-Lokaso a été condamné à dix mois de prison ferme, avec maintien en détention, ainsi que trois ans d’interdiction d’entrer sur le territoire français”, a indiqué le procureur de Dunkerque, Eric Fouard.

    Dans la nuit du 21 juillet, au terminal de Loon-plage (nord), près de Dunkerque, d’où partent les ferries pour Douvres, les policiers avaient découvert dix migrants dans une camionnette, dont quatre enfants, de nationalité afghane.

    Lors de son procès lundi, Fabrice Lokembo-Lokaso, né en République démocratique du Congo (RDC) et de nationalité belge, 33 ans, a expliqué avoir endossé le rôle de passeur pour éponger des dettes, selon le parquet.

    Il avait fait monter les migrants sur un parking près d’un hôtel de Calais, ville portuaire où est située la “Jungle”, un vaste camp de milliers de clandestins espérant passer en Angleterre (4.500 selon les autorités, 7.000 selon les associations).

    A la barre, “il a dit qu’il toucherait 1.000 euros par migrant. Ce n’est pas la première fois que l’on a ce type de tentative de passage entrepris par un particulier, mais dix migrants transportés, c’est beaucoup” par rapport aux précédents cas jugés par le tribunal de Dunkerque, a indiqué M. Fouard.

    Déjà connu des services de police en Belgique, notamment pour une affaire de stupéfiants, l’ancien footballeur, passé par Charleroi (1ère division belge), Israël et Chypre, a présenté ses excuses lors de son audience au tribunal, soulignant que c’était la première fois qu’il tentait de faire passer des migrants.

    Avec AFP

  • Affaire ‘‘Koffi Olomide’’:Le Gouvernement de Kinshasa doit s’expliquer

    Affaire ‘‘Koffi Olomide’’:Le Gouvernement de Kinshasa doit s’expliquer

    Koffi-Olomide
    Koffi-Olomide

    -Affaire ‘‘Koffi Olomide’’- De la révélation de la Mafia d’État à la tradition d’impunité

    Le Gouvernement de Kinshasa doit s’expliquer

    ‘‘Ce que les Français détestent, ce ne sont pas les inégalités, ce sont les inégalités autres que celles octroyées par l’État’’ Jean-François Revel

    Par Joël Asher Lévy-Cohen *

    Tout a commencé par un geste banal. La Mégastar congolaise, Koffi Olomide, connue pour ses incartades et exactions, assène un violent coup de pied au ventre d’une de ses danseuses du nom de ‘‘Paméla’’. Ce scandale ahurissant se déroule à la sortie de l’Aéroport Jomo Kenyatta de Nairobi au Kenya où l’Enfant terrible de la Rumba Rock doit se produire devant un public, à vrai dire, conquis d’avance. Il y a lieu de relever que cette scène d’agression physique se déroule devant les forces de sécurité et de défense du Kenya et les autorités aéroportuaires complètement ‘‘médusées’’. Ce qui constitue, incontestablement, indubitablement, réellement, [une suprême insulte] pour le Pays d’accueil.

    Filmé par des chasseurs d’images, cet acte agressif diffusé sur les réseaux sociaux devient en quelques heures un phénomène somme toute viral. Cela est d’autant plus vrai qu’il suscite, avec une célérité vertigineuse, ire foudroyante et vive indignation. Aussi suscite-t-il un concert de protestations, de réprobations à l’échelle planétaire.

    Sentant la patate chaude, Koffi Olomide, en bon félin, décide de monter au créneau. Comme à l’accoutumée, il crie au complot journalistico-médiatique. Il tente par tous les artifices possibles de se faire passer pour une soi-disant victime innocente vouée aux gémonies de l’opinion publique, au lynchage des réseaux sociaux. Pour ce faire, la Mégastar congolaise fait très rapidement monter aux barricades, des soutiens peu crédibles dont sa fameuse protégée ‘‘Cindy le Cœur’’.

    Suprême insulte, Koffi Olomide fait même intervenir, dans un document audiovisuel concocté à la va-vite, la pauvre victime Pamela. D’ailleurs, celle-ci déjà fort intimidée et fort traumatisée par son geste brutal ne peut que participer à une telle opération de Marketing. Cette mise en scène aux allures d’arnaque de l’opinion publique et de mascarade est montée de toutes pièces dans le strict dessein de justifier a posteriori cet odieux acte d’agression physique que nul ne peut, vraiment, tolérer sous quelque motif que ce soit.

    Devant le concert de protestations nationales et internationales provoquées par le geste ‘‘répréhensible’’ de Koffi Olomide, les autorités politiques, administratives et judiciaires kényanes qui ne peuvent pas rester insensibles, décident de sévir. Celles-ci interviennent par voie d’urgence. À ce moment, elles n’ont réellement pas d’autre choix ou d’autre marge de manœuvre puisqu’elles sont pressées par la très influente militante féministe ‘‘Joyce Lay’’ et les organismes de défense des droits des femmes.

    Triste épilogue, la Mégastar congolaise est finalement interpellée, détenue dans les locaux de la police judiciaire puis expulsée manu militari vers Kinshasa, la capitale administrative de la République démocratique du Congo. À cet égard, son passeport trafiqué pour avoir été établi sous un faux nom est, immédiatement, confisqué par l’Office des Migrations du Kenya, selon la version livrée aux médias nationaux par le tonitruant député national Zacharie Bababaswe Wishiya. Il convient de mentionner que ce ‘‘Représentant du Peuple’’ dont les inimitiés avec l’artiste-musicien sont un secret de polichinelle, a relayé à Kinshasa la plainte judiciaire du Gouvernement de Nairobi.

    Cette sale et regrettable Affaire ‘‘Koffi Olomide’’ pose moult questions sur lesquelles le Gouvernement de Kinshasa se doit d’apporter très rapidement des clarifications et, par voie de conséquence, des réponses somme toute satisfaisantes, édifiantes pour la Collectivité publique. Il est un fait établi que, en République démocratique du Congo, la problématique de la ‘‘violence physique et morale’’ faite aux femmes est endémique. Pour ainsi dire, elle est pratiquement enracinée dans les mœurs, dans la vie sociale et culturelle du pays. C’est, par essence, une question de société, un enjeu culturel et social.

    À vrai dire, cette situation fort déplorable est liée à des traditions phallocratiques et rétrogrades. En clair, ces cultures ‘‘passéistes’’ façonnent, modèlent journellement le comportement ‘‘asocial’’ de l’Homo congolensis. Elles l’enferment dans une morale empreinte de violence. Par conséquent, quelles mesures concrètes prennent-elles les autorités politiques, administratives et judiciaires pour endiguer ce phénomène de violence faite à la femme ?

    Il est de notoriété publique que le chef de l’État de la République démocratique du Congo, [Joseph Kabila Kabange], est un batteur attitré de femmes. En effet, il a cette triste réputation d’agresser violemment la première dame ‘‘Olive Lembe di Sita’’ dont il se sert, en fait, de punching-ball. À maintes reprises, cette femme éplorée a été envoyée d’urgence à l’étranger (Belgique et Afrique du Sud) en vue d’y subir des chirurgies réparatrices. Celles-ci ayant pour objet de corriger ses yeux tuméfiés par la violence inouïe des coups reçus de la part d’un individu, sans aucun doute, réputé ‘‘se shooter à l’héroïne’’, à ses heures perdues.

    Pourquoi, dans ce cas extrêmement précis, le procureur général de la République (PGR) ‘‘Flory Kabange Numbi’’ n’ouvre point une information judiciaire à l’encontre des agissements brutaux du président de la République ? Pourtant, ce Magistrat n’a vraiment point hésité à poursuivre devant les instances judiciaires l’artiste-musicien Koffi Olomide sous prétexte de protéger la femme congolaise. Il revient sûrement au Ministre de la Justice et Garde des Sceaux Alexis Thambwe Mwamba d’éclairer les lanternes de l’opinion publique sur les raisons majeures pour lesquelles la Justice traîne, sans doute, la patte dans ce dossier délicat.

    Par ailleurs, le député national Zacharie Bababaswe Wishiya porte à la connaissance du grand public que le ‘‘passeport’’ utilisé par l’artiste-musicien Koffi Olomide pour voyager au Kenya serait, en réalité, un vrai-faux. En effet, la star congolaise aurait emprunté une fausse identité pour pouvoir voyager en raison des restrictions qui pèsent lourdement sur lui. Entendez, certes, par là la menace d’exécution du mandat d’Interpol pour nombre de crimes commis en France (viols sur personnes mineures, séquestration d’individus, maltraitance de ses danseuses et barbarie). Croit-on vraiment rêver ?

    Cette Affaire ‘‘Koffi Olomide’’ n’est pas, réellement, sans rappeler une autre Affaire fort célèbre en France, ‘‘Yves Chalier’’. Il s’agit d’un fonctionnaire de l’État français, qui plus est directeur de cabinet de l’ex-ministre socialiste de la coopération et du développement ‘‘Christian Nucci’’. Le directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) sur instruction du ministre de l’intérieur Charles Pasqua lui délivra, sous le gouvernement Chirac de 1986, un vrai passeport mais établi sous une fausse identité (Yves Navarro) dans le dessein de s’exiler au Brésil et de se soustraire à la justice française. En effet, celle-ci enquêtait sur le scandale de corruption et d’abus de biens sociaux relativement à l’organisation du ‘‘Sommet de la Francophonie’’ à Bujumbura (capitale politique et administrative du Burundi) en 1984. Cette réunion des États et Gouvernements de la planète ayant pour partage la langue française fut, d’ailleurs, tenue sous la présidence socialiste de François Marie Adrien Mitterrand.

    Il est communément établi que ce sont des espions des États ou des Gouvernements qui voyagent sous des identités dissimulées. Toutefois, celles-ci sont couvertes par des passeports ‘‘réguliers’’. Il appartient au Gouvernement de Kinshasa de répondre sans tarder à cette question lancinante de savoir si l’artiste-musicien Koffi Olomide agit à titre d’espion au profit de l’État congolais. S’il n’est pas effectivement espion du Gouvernement ou de l’État, pourquoi alors lui avoir délivré un passeport avec un faux nom ? D’une part.

    D’autre part, la Mégastar congolaise Koffi Olomide est, en vérité, l’objet d’un mandat d’arrêt délivré – en bonne et due forme – par l’Organisme de coopération judiciaire et policière internationale basée à Lyon, et connu sous le nom d’Interpol. Ce mandat fait suite à une plainte judiciaire déposée en France pour des cas avérés de viols, de séquestration d’individus délibérément privés de leurs libertés (mouvements) et de barbarie. D’où la question de savoir si ce fameux vrai-faux passeport dont bénéficie, généreusement, cet artiste-musicien de renommée internationale, est motivé par la volonté de l’État congolais de ne point l’extrader en France. S’il en est vraiment ainsi, cela signifie que la République démocratique du Congo se dérobe à ses obligations internationales.

    Si la réponse est toutefois non, pourquoi cet État couvre-t-il systématiquement et automatiquement des crimes commis par Koffi Olomide et pour lesquels la Mégastar est évidemment recherchée ? Il sied de noter que cet artiste-musicien est, d’ailleurs, réputé louanger dans la plupart de ses chansons les dignitaires du régime de Joseph Kabila ? S’agit-il, en fait, d’une forme déguisée de corruption morale pour bénéficier d’une quelconque immunité judiciaire ? Il appartiendrait donc au Gouvernement de Kinshasa dominé sensiblement par la paire ‘‘Joseph Kabila Kabange’’ et ‘‘Augustin Matata Ponyo Mapon’’ d’apporter, sans tarder, des éclaircissements à cet égard.

    Aussi reviendrait-il au Ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda Ntunga Mulongo d’apporter toutes précisions utiles en vue d’éclairer l’opinion publique. En effet, celle-ci a naturellement le droit de savoir l’identité de la personne qui a établi le vrai-faux passeport de Koffi Olomide. Elle a le droit de connaître les circonstances, les motivations pour lesquelles cette attribution fantaisiste a été rendue évidente.

    Cette Affaire épouvantable impliquant directement Koffi Olomide n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets préjudiciables à l’État congolais. Elle va de rebondissement en rebondissement que l’on peut qualifier de rocambolesque. Le dernier en date est la visite rendue par la danseuse ‘‘Pamela’’, quoi que sérieusement agressée par Koffi Olomide, à la première dame ‘‘Olive Lembe di Sita’’ afin d’intercéder auprès de son mari ‘‘Joseph Kabila Kabange’’ dans le strict dessein d’accorder une mesure de grâce présidentielle à l’agresseur.

    Il est un fait que la première dame du pays peut ouvrir sa porte spécialement pour des cas relevant essentiellement des activités caritatives, humanitaires ou sociales dans lesquelles elle est directement impliquée ou des projets auxquels elle est certes associée. Force est d’admettre que ces actions font, d’ailleurs, partie intégrante des entreprises de l’épouse du président. Elles sont fortement encouragées par l’État et la Nation pour soigner, par association, l’image du couple présidentiel, par ricochet le prestige de la fonction présidentielle. Y compris l’image du pays.

    Ceci revient à dire que la première dame ‘‘Olive Lembe di Sita’’ qui n’a, à vrai dire, aucune fonction officielle, ne peut en aucun cas être sollicitée afin d’interférer dans l’exercice de la fonction présidentielle.

    Devant cet impair de plus qui démontre, certes, que la République démocratique du Congo fonctionne à l’image d’une république bananière, le procureur général de la République se doit d’interpeller immédiatement ‘‘Pamela’’ pour connaître l’identité de toutes personnes qui l’ont directement poussée à solliciter la première dame afin de s’immiscer dans l’exercice de la fonction présidentielle. Cela est d’autant plus vrai que la grâce est, par essence, une prérogative ‘‘régalienne’’. Il appartient au seul chef de l’État. Il n’a pas à partager cette attribution lui reconnue par la Constitution avec quiconque, fût-elle son épouse légitime voire même putative.

    Pourquoi cette interpellation de la fameuse ‘‘Pamela’’ par le procureur général de la République (PGR) Flory Kabange Numbi ? En effet, il se peut que certaines mesures de grâce présidentielles aient été accordées à des individus sous l’influence directe de la première dame. Or, celle-ci ne fait assurément pas partie de l’appareil politique de l’État ni du cabinet du chef de l’État. ‘‘Être première dame du pays ne signifie pas être conseiller politique ou juridique du président de la République voire patron direct du chef de l’État à qui elle doit intimer des ordres comme bon lui semble’’.

    Il se peut également qu’il s’agisse d’un système bien établi, donc bien huilé. Il se peut qu’il s’agisse d’un système qui échappe complètement au contrôle réel de l’État. Il se peut qu’il s’agisse d’un système vénal impliquant bien des acteurs véreux qui se font rétribuer grassement.

    À ce niveau, le Gouvernement doit inéluctablement s’expliquer devant la Nation. Il se doit, par conséquent, d’éclairer l’opinion publique. Il doit rassurer complètement les Citoyens qu’il y a un véritable État en République démocratique du Congo, lequel fonctionne de manière responsable.

    Devant ce qu’il convient de qualifier de trafic d’influence de type maffieux au cœur de l’État congolais, il revient aux Parlementaires de la République démocratique du Congo de se saisir rapidement de ce dossier brûlant. Il leur revient de diligenter une enquête publique pour déterminer avec exactitude le principal ordonnateur de cette Mafia. Aussi leur revient-il de déterminer toutes ses ramifications souterraines.

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

  • Koffi Olomide devant le juge le 29 juillet

    Koffi Olomide devant le juge le 29 juillet

    koffi olomide-Le chanteur congolais a passé sa première nuit à la prison centrale de Makala de Kinshasa. Il n’est pas encore emprisonné, mais en détention préventive, a précisé, dans une interview à VOA Afrique, le procureur général de Kinshasa, Romuald Pumbwe.

    “Après son audition, Koffi Olomide a été placé sous mandat d’arrêt provisoire. Il est à la prison de Makala parce que chez nous, la maison d’arrêt est annexée à cette prison centrale”, indique le procureur en charge du dossier.

    L’artiste a été entendu et inculpé par le procureur “pour coups et blessures simples” à la suite d’une vidéo qui a provoquée de l’émoi sur la toile, montrant le musicien assener un coup de pieds à une de ses danseuses à l’aéroport de Nairobi, au Kenya, où il était attendu pour une série de productions.

    “Je suis sûr que vendredi il sera présenté en chambre de Conseil devant les juges du tribunal de paix pour que ceux-ci nous accordent 15 jours de détention préventive”, affirme le procureur, expliquant que le prévenu pourrait encore rester 30 jours supplémentaires en détention, sur demande du parquet, au cas où l’enquête ne serait pas terminée.

    Pour l’heure, l’affaire n’est qu’au stade de l’enquête pré-juridictionnelle donc loin du procès proprement dit, affirme-t-il.

    Apres l’instruction, il reviendra au juge de fixer la date du début du procès. Mais à en croire le procureur, l’infraction dont le chanteur est accusé ne l’expose pas à une peine dépassant cinq mois de détention.

    Antoine Agbepa Mumba, de son vrai nom, Koffi Olomide, avait été expulsé du Kenya après avoir été filmé, la veille, à l’aéroport de Nairobi en train de donner un violent coup de pied à l’une de ses danseuses. Dans la foulée, les autorités zambiennes ont annulé un concert qu’il devait donner à Lusaka.

    En août 2012, Koffi Olomide, auteur de 26 albums, avait été condamné à Kinshasa à trois mois de prison avec sursis pour “coups et blessures volontaires” contre son producteur.

    voa

  • Une juge dit avoir été obligée de condamner Katumbi pour l’écarter de la présidentielle

    Une juge dit avoir été obligée de condamner Katumbi pour l’écarter de la présidentielle

    Moise-K-La présidente du tribunal ayant condamné Moïse Katumbi à trois ans de prison a dénoncé des pressions exercées sur elle par des autorités de la RDC.

    Ex-allié de poids devenu opposant du président Joseph Kabila et candidat à la présidentielle, M. Katumbi avait été condamné en juin à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, une condamnation qui le rend inéligible aux élections selon le gouvernement.

    “J’ai été obligée (…) de condamner monsieur Moïse Katumbi” en vue “d’obtenir son inéligibilité”, écrit Mme Ramazani Wazuri Chantale, présidente du tribunal de paix de Kamalondo à Lubumbashi (sud-est) dans une lettre adressée aux autorités politiques et judiciaires de Kinshasa, à l’Union européenne, à l’Union africaine et au chef de la mission de l’ONU en RDC (Monusco).

    La juge dénonce des “contraintes physiques et morales”, “avant l’audience et pendant” les délibérations, pour que sa “signature (soit) apposée sur le jugement”.

    La juge accuse le chef des renseignements congolais Kalev Mutond, la présidence de la République, les autorités judiciaires de Lubumbashi, d’être les auteurs de ces pressions qui l’ont obligée à “passer outre” la loi et les procédures.

    “Depuis lundi, Mme Ramazani n’a plus été vue au bureau”, a déclaré à l’AFP, l’un de ses collègues à Lubumbashi, fief de M. Katumbi.

    “Elle a signé cette lettre à partir de Bruxelles où elle compte s’adjuger le statut de réfugiée”, a réagi le ministre de la Communication Lambert Mende, disant trouver “suspect” que cette correspondance soit adressée au ministre de la Justice alors que “les juges des tribunaux relèvent du Conseil supérieur de la magistrature”.

    “Cette manoeuvre n’aura aucun effet sur le jugement rendu contre M. Katumbi”, a-t-il prévenu.

    Actuellement à l’étranger pour des soins médicaux, Moïse Katumbi est aussi sous la menace d’un autre procès pour atteinte à la sûreté de l’État dans une affaire le liant à un réseau de “recrutement de mercenaires” américains pour déstabiliser le pays à l’approche de la présidentielle prévue fin novembre.

    L’opposition craint toutefois que le président Kabila ne reporte ce scrutin pour s’accrocher au pouvoir.

    Avec AFP

  • Tshisekedi atterrit à Kinshasa

    Tshisekedi atterrit à Kinshasa

    tshisekedi kin-L’avion transportant l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi a atterri mercredi à l’aéroport de Ndjili, dans l’est de Kinshasa, où l’attendaient plusieurs milliers de ses partisans, dans un climat politique tendu lié aux incertitudes entourant la prochaine présidentielle.

    Le jet privé, en provenance de Belgique, a atterri peu après 14h00 locales (13H00 GMT), ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Une dizaine de cadres de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et des responsables du “Rassemblement”, la plateforme d’opposition nouvellement créée en Belgique, attendaient au bas de la passerelle, selon ces journalistes.

    M. Tshisekedi “vient prendre la commande des opérations afin de nous amener à l’alternance qu’attendent les Congolais depuis des décennies”, a lancé Bruno Tshibala, secrétaire général de l’UDPS, quelques instants avant l’atterrissage de l’avion de l’opposant.

    Sur VOA Afrique, le professeur Jean-Claude Willame à l’Université Catholique de Louvain en Belgique et chercheur sur la RDC, parle d’un homme qui a “l’air très diminué” mais que son entourage considère pour le “future président”. “C’est de l’histoire ancienne Tshisekedi”, a souligné M. Willame.

    Agé de 83 ans, M. Tshisekedi est encore très populaire à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Son retour, maintes fois annoncé, avait jusqu’à présent toujours été reporté.

    Le jet transportant l’opposant historique congolais et leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) Etienne Tshisekedi a atterri à l’aéroport international de N’Djili à son retour d’une longue convalescence l’étranger, à Kinshasa, RDC

    Le jet transportant l’opposant historique congolais et leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) Etienne Tshisekedi a atterri à l’aéroport international de N’Djili à son retour d’une longue convalescence l’étranger, à Kinshasa, RDC

    Il intervient dans un climat politique très tendu en RDC, l’opposition soupçonnant le président Joseph Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir au delà du 20 décembre, date de la fin de son mandat.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, et la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat. Mais un arrêt récent de la Cour constitutionnelle l’a autorisé à rester en fonction si la présidentielle censée avoir lieu cette année n’était pas organisée.

    M. Tshisekedi avait été évacué de Kinshasa par avion médicalisé le 16 août 2014. Il a passé deux ans en convalescence en Belgique, l’ancienne puissance coloniale.

    A la mi-journée mercredi, des colonnes de ses partisans, arborant les couleurs de son parti avaient convergé vers l’aéroport international de Ndjili, où plusieurs milliers d’autres étaient déjà massés face aux installations aéroportuaires, sous la surveillance de nombreux policiers.

    Mercredi matin, l’un des porte-parole de l’UDPS, Augustin Kabuya, avait dénoncé auprès de l’AFP “l’ordre donné par le commandant de l’aéroport” à l’équipage “pour que l’avion du président Tshisekedi arrive à 17h00 (16h00 GMT) au lieu de 13h00 (12h00 GMT) afin d’empêcher un accueil délirant” de ses partisans.

    Refusant de commenter ces accusations, Georges Tabora, le commandant de l’aéroport de Ndjili, avait seulement indiqué à l’AFP que “l’heure d’atterrissage” qui lui avait été “communiquée (était) 14h00 (13h00 GMT)”.

    Pas de front d’opposition uni

    Ce retour de l’opposant intervient alors qu’un grand meeting politique de la majorité est prévu vendredi à Kinshasa. Un meeting de l’opposition, qui serait présidé par Étienne Tshisekedi, est également programmé dimanche dans la capitale. M. Tshisekedi ne s’est pour le moment pas déclaré candidat au prochain scrutin présidentiel.

    Jusqu’ici, l’opposition congolaise n’a jamais réussi à former un front uni contre le régime de M. Kabila.

    Fin novembre, le président Kabila avait annoncé son intention de convoquer un “dialogue national inclusif” en vue d’”élections apaisées” en RDC.

    Or le retour de M. Tshisekedi a lieu à quelques jours seulement du lancement des travaux préparatoires de ce “dialogue national” en RDC, selon le calendrier publié par le facilitateur de l’Union africaine, l’ex-Premier ministre togolais, Edem Kodjo.

    Mais, dans un communiqué publié dimanche à Bruxelles et signé par M. Tshisekedi, le “Rassemblement” d’opposition congolaise avait récusé M. Kodjo, estimant trop rapide le début des travaux.

    Opposant sous la dictature de Mobutu Sese Seko (1965-1997), et sous le régime de son successeur Laurent-Désiré Kabila, le père de l’actuel chef de l’État congolais, M. Tshisekedi était arrivé deuxième de la présidentielle de 2011, dont il avait rejeté les résultats.

    Son parti est miné par des divisions, mais reste une importante force de l’opposition disposée à discuter avec le pouvoir en vue de sortir de la crise.

    Les partisans de M. Tshisekedi ont toutefois conditionné leur participation au “dialogue national” par la libération de davantage des prisonniers politiques et d’opinion.

    voa

  • Inga -Barrage géant en RDC: la Banque mondiale suspend ses financements

    Inga -Barrage géant en RDC: la Banque mondiale suspend ses financements

    Barrage d'Inga-La Banque mondiale a suspendu sa contribution financière au projet de barrage hydroélectrique Inga III en République démocratique du Congo (RDC), qui a pour ambition de fournir du courant à l’Afrique tout entière.

    “Cette suspension fait suite à la décision du gouvernement de la RDC de donner au projet une orientation stratégique différente de celle qui avait été convenue en 2014 entre le gouvernement et la Banque mondiale”, indique l’institution dans un communiqué, sans donner plus de précisions.

    Contacté par l’AFP, un porte-parole de la BM s’est refusé à tout commentaire.

    En mars 2014, la Banque mondiale avait approuvé un don de 73,1 millions de dollars, dont plus de la moitié (47,5 millions) était destinée directement à ce projet implanté sur le site des chutes d’Inga, à environ 250 km au sud de Kinshasa, où existent déjà actuellement deux barrages.

    Environ 6% du montant de cette contribution a été déboursé à ce jour, précise la BM.

    S’il venait à être réalisé, le site d’Inga aurait une capacité de production de 40.000 MW, soit l’équivalent de plus de 24 réacteurs nucléaires de troisième génération, qui seraient exportés jusqu’en Afrique du Sud, mais aussi vers l’Afrique de l’Ouest voire plus au nord.

    En octobre dernier, la RDC et l’Afrique du Sud avaient fait part de leur volonté d’accélérer la construction de ce barrage, dont le coût total est estimé à 12 milliards de dollars et qui est en gestation depuis de nombreuses années.

    Malgré la suspension de son aide, la Banque mondiale affirme, dans son communiqué, être “déterminée” à aider la RDC à fournir une “énergie abordable et fiable” à sa population.

    Avec AFP