Author: Don Kayembe

  • Le 11e Sacre du Real Madrid

    Le 11e Sacre du Real Madrid

    joel-‘‘Zizou’’, l’enfant chéri des Français, met l’Europe à ses pieds footballistiques

    Par Joël Asher Lévy-Cohen

    La finale tant attendue de la prestigieuse Ligue des champions, mettant aux prises deux grandes équipes de football espagnoles, qui plus est madrilènes, Real Madrid et Atletico de Madrid, au stade mythique Giuseppe Meazza (San Siro), à Milan, en Italie, a été, à tous points de vue, un véritable régal. Un vrai récital, toutefois, entrecoupé visiblement de son lot de drames et mélodrames.

    Du côté du Real Madrid : Il y a, d’abord, eu un but sans doute discutable accordé à la quinzième minute de jeu au capitaine, Sergio Ramos Garcia, à vrai dire, légèrement hors-jeu. Ensuite, le Brésilien Carlos Henrique José Francisco Venancio Casimiro, alias ‘‘Casemiro’’, le Gallois Gareth Bale ainsi que le Français Karim Benzema se sont butés contre un gardien slovène de l’Atletico Madrid, Jan Oblak, de grand jour.

    Du côté de l’Atletico Madrid, le Français Antoine Griezman a été vraiment incapable de concrétiser à la quarante-huitième minute un pénalty normalement égalisateur. Incapable, à ce moment crucial, de marquer, – par conséquent –, un but libérateur et salvateur susceptible de relancer son équipe. Une équipe, pourtant, menée à la mi-temps par un but à zéro. S’il avait marqué, ce goal aurait même pu assurer au finish et au final une victoire tant espérée par son club.

    Le percutant latéral droit espagnol Juan Francisco Torres Belén, dit Juanfran, auteur pourtant d’un match parfait, exceptionnel, a été incapable de concrétiser un pénalty à ne pas rater lors de la séance des tirs au but. Ce qui a, définitivement, annihilé tous les espoirs de son équipe battante de monter sur les plus hautes marches du podium et, par voie de conséquence, d’inscrire son nom dans le palmarès d’or européen.

    Comme lors de la mémorable finale de la Ligue des Champions de 2014 arbitrée par l’officiel néerlandais Björn Kuipers à Lisbonne (Estadio da Luz), Portugal, les deux prestigieux clubs de la capitale ibérique, Madrid, ont maintenu en suspens et tenu en haleine les spectateurs aussi bien que les téléspectateurs. Bis repetita, ceux-ci ont effectivement eu droit, comme il y a de cela deux ans, à une prolongation tout autant méritée.

    Autant le match vaillamment disputé en 2014 s’est soldé par une victoire sans appel du fameux Real Madrid sur son rival légendaire : 4 buts à 1. Autant celui du samedi 28 mai 2016 dirigé par le britannique Mark Clattenburg s’est soldé par un match nul : un but partout au marquoir. Ce qui a, certes, eu pour conséquence irréversible de soumettre les deux équipes talentueuses aux cruelles épreuves de pénalty afin de les départager.

    Dans cet exercice sportif au cours duquel l’émotion et la tension sont manifestement au paroxysme, c’est le Real Madrid qui est sorti victorieux. Inscrivant, ainsi, pour la 11e fois son nom dans le prestigieux palmarès du football européen. Ce qui est, en réalité, un record jamais battu ni égalé par aucune autre équipe du Continent.

    Il n’en reste pas moins vrai que cette finale archi-disputée a concrètement démontré sur le terrain la meilleure santé du football espagnol à l’échelle européenne. En effet, le championnat espagnol de football est, à n’en pas douter, au top. Celui-ci ne cesse depuis le début du troisième millénaire de récolter nombre de trophées méritoires sur le plan continental aussi bien qu’au niveau mondial. Cette finale de la Ligue des Champions tombe, d’ailleurs, à pic car elle fait ipso facto du ‘‘pays de Don Quichotte de la Mancha’’, la sélection archi-favorite de l’Euro 2016 (championnat des Nations européennes de football). Ceci à deux semaines du début de cette compétition en France.

    Sur le plan purement sportif, footballistique, cette finale a opposé deux styles de jeu totalement aux antipodes. D’un côté, le prestigieux Real Madrid, d’ailleurs, coaché par le Français Zinedine Zidane, a pratiqué un jeu aéré et généreux s’appuyant sur la maîtrise du ballon rond, alternant très souvent passes longues et courtes, d’ailleurs ventilées par le milieu de terrain brésilien Casemiro. Tandis que l’Atletico de Madrid encadré techniquement par le fougueux Argentin Diego Simeone a joué de manière plus compacte, plus resserrée. Cette équipe a, par voie de conséquence, fourni très peu d’espaces à exploiter à son prestigieux adversaire du jour. Ce club volontariste des ‘‘Colchoneros’’ a, néanmoins, utilisé à fond les flancs droit (l’Espagnol Juanfran) et gauche (le très besogneux Brésilien Filipe Luis Kasmirski), tout en procédant par des contre-attaques ultrarapides.

    Chose certaine, cette finale de la Ligue des Champions a laissé nombre d’amoureux du football sur leur faim. En effet, la pépite d’or portugaise ‘‘Cristiano Ronaldo’’ qui tutoie, indéniablement, le sommet du football mondial depuis plusieurs années et qui, circonstance oblige, devrait normalement être la plus grande attraction de cette compétition sportive, a été, somme toute, transparent sur toute la ligne. Sa soirée a été, heureusement, sauvée par le tout dernier pénalty de la série des tirs au but, qu’il s’est adjugé. ‘‘Opportuniste’’ ou ‘‘Héros’’ ? Ce qui est résolument clair, celui-ci a offert à son équipe, sur un plateau d’or, la onzième couronne européenne.

    N’eût été, absolument, ce but vainqueur, il y a lieu de reconnaître que cette mégastar du ballon rond a été complètement inexistante. Celle-ci n’a pas littéralement brillé à l’image d’une étoile céleste qui explose ‘‘lourdement’’ en plusieurs éclats et dont les débris épars traversent majestueusement toute la galaxie. Ce qui, à vrai dire, n’est forcément pas de bonne augure pour un joueur de son calibre, un professionnel de son talent, d’ailleurs très attendu à l’imminent championnat européen des Nations à Paris. Ce qui constitue, à n’en point douter, une nouvelle inquiétante pour son pays, le Portugal, qualifié à l’Euro 2016.

    Par ailleurs, cette finale de la Ligue des Champions jouée de manière stratégique et tactique au Stade mythique Giuseppe Meazza, plus connu sous le nom de San Siro (Milan, Italie), n’a pas du tout manqué de couronner un autre grand du football. Il s’agit, bien entendu, du Français Zinedine Zidane, dit ”Zizou”. Elle a, réellement, fait de cet ancien champion du monde 1998 et champion européen 2000, la septième personne de l’histoire à l’avoir effectivement remportée en tant qu’entraîneur aussi bien qu’en qualité de joueur. Ce qui renforce, par voie de conséquence, son mythe footballistique de joueur et sa renommée d’entraîneur.

    Cela dit, au-delà de la victoire réelle remportée brillamment par Zinedine Zidane, il y a, sans aucun doute, une victoire symbolique qui colle, dorénavant, à la peau de cet ‘‘Algérien’’ d’origine. En effet, ”Zizou” devient, assurément, le symbole attitré d’une ‘‘intégration’’ réussie en France et en Europe. Il importe de souligner que ces deux espaces occidentaux sont, d’ailleurs, confrontés de nos jours à la rébellion farouche de la jeunesse musulmane désarticulée, désunie et désorientée, prêtant aisément le flanc aux sirènes islamistes et terroristes. Donc, ”Zizou”, éminemment connu pour son humilité et sa retenue, devient ipso facto une source d’inspiration ‘‘patentée’’. Il devient, certes, une étoile brillante au firmament, laquelle est susceptible d’éclairer les nuits sombres et agitées de cette jouvence totalement en jachères, en complète déshérence.

    Par son parcours étincelant et son couronnement oh ! Combien mérité, la présence de cette grande personnalité sportive et footballistique est bien là pour rappeler aux jeunes désœuvrés et déshérités que ‘‘tout est possible’’. Elle est là pour rappeler qu’il n’y a forcément pas lieu de céder facilement aux tentations du radicalisme suicidaire et au discours du fatalisme et de la sinistrose.

    En effet, cette posture ne rime vraiment à rien. Elle relève purement et simplement de la mythomanie évidemment véhiculée par des barbus intégristes, ‘‘légionnaires de la foi aveugle’’, ‘‘pourfendeurs de l’Occident judéo-gréco-chrétien’’ et ‘‘pyromanes des conflits interconfessionnels et intercommunautaires’’. Leur obsession victimaire est, en fait, l’expansion de la ‘‘Mort’’. Elle s’avère, en principe, la négation pure et simple de la ‘‘Vie’’.

    Pourtant, tout ce que vient de prouver, évidemment, Zinedine Zidane, est bel et bien l’accomplissement des Miracles de la vie. En effet, celui-ci est, pratiquement, parti de rien, de nulle part, pour atteindre le sommet de la montagne. Tout le monde peut y arriver en travaillant dur son talent, en s’appliquant, en peaufinant son art, donc en se disciplinant. Certes, à condition de croire en son étoile et en sa force intérieure !

    Bravo et Félicitations Zizou…

    Joël Asher Lévy-Cohen
    Journaliste indépendant

  • L’affaire Katumbi ne constitue pas un cas de restriction de liberté, selon le gouvernement congolais

    L’affaire Katumbi ne constitue pas un cas de restriction de liberté, selon le gouvernement congolais

    katumbi-Le gouvernement de la RDC s’est indigné, dans un document du ministère des affaires étrangères, des menaces des sanctions ciblées contre les autorités congolaises en rapport avec les violations des libertés des citoyens de leurs pays.

    Evoquant le cas de Moïse Katumbi, l’ex-gouverneur du Katanga, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle inculpé pour recrutement de mercenaires, le document se refuse de parler d’un cas des restrictions des espaces des libertés publiques.

    Le document transmis à VOA Afrique par le bureau du porte-parole du gouvernement et portant les initiaux J.N., dénonce plutôt M. Katumbi d’avoir violé le principe du secret de l’instruction en ameutant les supporters de T.P. Mazembe, club dont il est le président, et dont il se faisait accompagner à chaque séance d’audition au parquet.

    “Il ne s’agissait pas d’une manifestation publique qui, d’ailleurs, requiert des autorisations d’usage afin de permettre la préservation de l’ordre public. En dispersant les sympathisants du chairman du TP Mazembe, la police de Lubumbashi ne faisait qu’appliquer la loi et mettre un terme à des troubles de l’ordre public prémédités par un faisant l’objet d’une instruction judiciaire. Parler de restriction des espaces de liberté dans ces conditions, résulte d’un renversement des paramètres d’appréciation des faits qui rend la légalité illégale “, indique le document.

    Le texte s’en prend aux représentants de la communauté internationale, particulièrement ceux d’Europe Occidentale et des Etats-Unis qui “ont pris l’habitude de se comporter comme des proconsuls en pays conquis”. Le gouvernement s’indigne, dans le document, de ce qu’en moins de 48 heures, la semaine dernière, une Envoyée spéciale de la Grande Bretagne dans la région des Grands Lacs et le porte-parole du Département d’Etat américain se soient permis de menacer les autorités en place à Kinshasa qui les accueillaient de ” sanctions ciblées ” si celles-ci attentaient aux libertés des citoyens… congolais.

    Le gouvernement accuse Moïse Katumbi d’avoir voulu plutôt gêner l’instruction judiciaire en se précipitant de se proclamer candidat à la prochaine élection présidentielle quelques heures après qu’Alexis Thambwe Mwamba, le Ministre de la Justice du gouvernement de Joseph Kabila a annoncé avoir donné injonction au Procureur général de la République d’ouvrir une enquête sur des mercenaires dont l’un, aux arrêts, aurait fait des aveux.

    Au sujet du harcèlement dénoncé contre les opposants, le document se rapporte au cas du député Martin Fayulu, également candidat déclaré à la prochaine présidentielle et dont l’hôtel a été scellé. Le gouvernement soutient que M. Fayulu devrait plutôt à remplir ses obligations fiscales vis-à-vis de l’Etat et affirme que le député n’est pas le seul opérateur économique qui a des problèmes avec le fisc, qui touche aussi des proches de la Majorité.

    Pour ce qui est du calendrier électoral, le texte cite le Ministre de la Justice Thambwe Mwamba selon qui “il faudrait attendre la tenue du dialogue pour que ce dossier de calendrier électoral et des contraintes financières liées à l’organisation des élections soit vidé”.

    VOA

  • L’offshore secrète de Moïse Katumbi, il y cachait 60 millions de dollars amassés en seulement 18 mois

    L’offshore secrète de Moïse Katumbi, il y cachait 60 millions de dollars amassés en seulement 18 mois

    Moise-K-Révélations. En 2014, le journal Marianne Belgique révélait que l’ancien gouverneur du Katanga était à la tête d’une discrète société panaméenne créée fin 2006. Moïse Katumbi y avait abrité, dans ce véhicule occulte au nom évocateur, les 60 millions de dollars amassés en seulement 18 mois grâce à un deal minier pour le moins suspect.

    Note: l’article a été publié en 2014 alors que Moïse Katumbi était encore gouverneur du Katanga.

    «Un personnage complexe, un équilibriste même…» Après lui avoir consacré deux documentaires, le cinéaste Thierry Michel résume ainsi la personnalité de Moïse Katumbi, l’actuel gouverneur du Katanga en République démocratique du Congo. A 49 ans, ce métis né d’une mère congolaise et d’un père juif séfarade, règne sur cette riche et instable province minière depuis son élection – triomphale – en janvier 2007.

    Quelques mois plus tôt, en juillet 2006, Katumbi était devenu le champion national des voix de préférence. Au scrutin législatif, cette fois, en tant que candidat du PPRD, le parti du président Joseph Kabila. Lors de ses campagnes «à l’américaine», financées sur fonds propres, Katumbi a toujours affiché un soutien indéfectible au président. Il est vrai qu’il lui doit son retour au pays, en juillet 2003, après son exil précipité par la chute de Mobutu en 1997 (lire «L’“étoile filante” du Katanga», ci-dessous). Mais Katumbi lui doit aussi, d’une certaine manière, une partie de sa fortune.

    Exécutions extrajudiciaires

    Car quand il rentre au Katanga, Moïse Katumbi se relance dans les affaires minières via sa société Mining Company Katanga (MCK). En novembre 2004, MCK signe un deal avec Anvil Mining, une société canadienne qui vient d’être mêlée à une sale histoire. Quelques semaines plus tôt, en octobre, l’armée congolaise (FARDC) a maté dans le sang une révolte à Kilwa, ville portuaire stratégique pour les opérations d’Anvil. «Après avoir bombardé la ville, les soldats congolais ont procédé à des exécutions extrajudiciaires, des détentions illégales, des viols, la torture, et le pillage. Ils ont tué plus de 70 personnes, selon les Nations Unies, raconte le Centre canadien pour la justice internationale (CCJI), un organisme financé par l’ONU qui travaille avec des victimes et cherche à traduire en justice les auteurs de crimes impunis. Anvil, dont la mine Dikulushi était située à 50 km de la contre-offensive, a admis avoir fourni un soutien logistique aux FARDC, sous la forme de véhicules et de transport aérien.»

    Cette complicité avérée d’Anvil à des exécutions sommaires ne semble guère émouvoir Katumbi. Les affaires, c’est les affaires. Mais quel est donc ce deal signé avec la sulfureuse Anvil? Grâce, semble-t-il, à ses relations au sein de la Gécamines (la société d’Etat qui gère et exploite une grande partie des ressources minières du Katanga), Katumbi a obtenu – pour une bouchée de pain – les droits d’exploitation pour 25 ans de trois importants gisements de cuivre et de cobalt (Kinsevere, Tshifufia et Nambulwa) au nord-est de Lubumbashi. Une bouchée de pain d’un million de dollars, certes, mais qui va lui permettre de toucher un fameux jackpot.

    60 fois sa mise

    En juillet 2007, le projet minier de Kinsevere était valorisé à 683 millions de dollars australiens (435 millions d’euros) par les analystes du bureau d’études australien Euroz Securities. Incapable d’exploiter seul ce gisement, Katumbi va revendre ses droits à Anvil. Entre novembre 2005 et mars 2007, sa société MCK cède 95% de ces droits d’exploitation au cours de trois transactions (voir les communiqués de presse d’Anvil Mining ici). L’opération est donc bouclée en mars 2007, au moment précis où Katumbi prend la tête du Katanga. Elle lui a rapporté 61,3 millions de dollars. Soit soixante fois sa mise. En un an et demi seulement. Coup de maître.

    Cette opération a-t-elle des ramifications au Panama? Marianne est en mesure de révéler que Moïse Katumbi a créé dans ce paradis fiscal sud-américain, le 13 novembre 2006, une société offshore dénommée GKMIC S.A., dont il est également le président (voir les statuts de GKMIC ici). Le nom de cette offshore rappelle furieusement la Gécamines, voire la contraction phonétique de Gécamines et MCK. Cette offshore est toujours «vigente» (en vie) aujourd’hui, d’après le registre des sociétés panaméen. Le jackpot minier de Katumbi y serait-il logé

    Identité «secondaire»

    L’identité qu’a fournie Katumbi aux intermédiaires chargés de créer GKMIC n’est pas exactement celle qu’il utilise d’habitude, à savoir Moïse Katumbi Chapwe. Au Panama, il s’est enregistré sous le nom de Moïse Katumbi d’Agnano, une identité «secondaire» qu’il utilise dans certains contextes. Pour brouiller les pistes? C’est sous ce nom qu’il apparaît, en décembre 2006, sur un documentd’Euroz Securities recensant les vingt premiers actionnaires d’Anvil Mining (une partie de ses droits miniers lui a été payée par Anvil sous forme d’actions). Il en est alors le huitième actionnaire avec 1,1% des titres.

    Son rival Jean-Claude Muyambo, ancien bâtonnier de Lubumbashi et ex-ministre, avait par ailleursaffirmé, en septembre 2013, que Moïse Katumbi avait ouvert un compte sous cette même identité alternative en 2003, à la banque Belgolaise, ancienne filiale de BNP Paribas Fortis aujourd’hui fermée. Mais l’adresse fournie par Katumbi dans les statuts de GKMIC – 8 avenue Mahenge à Lubumbashi – confirme définitivement, si besoin était, que la panaméenne lui appartient bien: il s’agit de l’adresse à laquelle sa société de transports Hakuna Matata est domiciliée

    Les deux autres administrateurs de GKMIC – Ultra Mega Development S.A. et Fairfax Invest Corp. S.A. – sont de discrètes et sulfureuses offshores basées aux îles Vierges britanniques, autre havre d’opacité et de clémence fiscale. Sulfureuses, car ces deux «sociétés de paille» ont été citées en lien avec un homme d’affaires colombien arrêté à Panama en 2008, puis extradé à New York en 2010 pour blanchiment d’argent de la drogue. Il a plaidé coupable.

    Le silence du Gouverneur

    Résumons. Recours à un paradis fiscal opaque, identité «alternative», prête-noms douteux: la recherche de discrétion par Moïse Katumbi est manifeste. A-t-il créé cette offshore pour mettre fiscalement à l’abri tout ou partie des 61,3 millions de dollars amassés lors de la vente de ses droits d’exploitation miniers? S’agirait-il d’un montage visant à réceptionner discrètement un éventuel «cadeau» de Joseph Kabila, en échange du soutien de Katumbi pour l’ensemble de sa campagne présidentielle en 2006? Ou s’agit-il tout simplement de l’utilisation légale d’un véhicule offshore, déclaré au fisc congolais, dans le cadre de ses affaires?

    Ces questions, Marianne aurait souhaité les poser au Gouverneur du Katanga, qui n’a pas donné suite à nos multiples sollicitations.

    David Leloup (avec Q.N.)

  • Afrophobie à l’indienne: les diplomates africains montent au créneau

    Afrophobie à l’indienne: les diplomates africains montent au créneau

    africains-Les diplomates africains à New Delhi se sont réunis suite à un énième crime raciste perpétré contre un étudiant noir. Ils ont interpellé le gouvernement indien et menacent de recommander à leurs pays de ne pas envoyer de nouveaux étudiants en Inde tant que leur sécurité ne sera pas garantie.

    Les diplomates africains en Inde avaient menacé de ne pas participer ce jeudi 26 mai, aux célébrations de l’Africa Day qui sont organisées par le conseil indien pour les relations culturelles. Finalement, ils ont maintenu leur participation. « Une participation somme toute représentative pour ne pas embarrasser le gouvernement indien », selon Aziz Loum, conseiller politique à l’ambassade du Sénégal.

    L’explication de ce boycott évité de justesse se trouve dans le communiqué publié par le collectif des ambassadeurs africains en poste à New Delhi : « C’est parce que nous sommes encore endeuillés par le meurtre tragique du jeune ressortissant congolais dans les rues de New Delhi la semaine dernière ». « Nous avions d’ailleurs demandé au gouvernement indien de reporter les festivités de la journée africaine », ajoute Alem Tsehage Wodemariam, ambassadeur de l’Erythrée et doyen des chefs de missions africains en poste dans la capitale indienne.

    Que New Delhi ait choisi de ne pas accéder à la demande des diplomates témoigne moins de l’insensibilité que de l’embarras grandissant du gouvernement indien confronté à la multiplication des violences racistes dans les grandes métropoles du pays.

    Le meurtre du jeune Congolais Olivier Masundo Kitanda survenu dans la nuit du vendredi 20 mai, est le dernier d’une série d’agressions contre les ressortissants africains en Inde depuis plusieurs mois. Agé de 29 ans, le jeune homme, originaire de la République démocratique du Congo (RDC), enseignait le français dans une école de langues à New Delhi, tout en poursuivant des études en informatique.

    Vendredi soir, vers minuit, suite à une dispute qui l’a opposé à trois Indiens qui voulaient monter dans la moto-taxi qu’il venait d’héler pour rentrer chez lui dans le quartier sud de la capitale, Olivier Kitanda a été tué à coups de pierres et de briques. Les vidéos de surveillance ont filmé l’agression et ont, depuis, permis d’arrêter deux des trois agresseurs aux casiers judiciaires, semble-t-il, particulièrement chargés.

    Racisme anti-africain

    Etait-ce une agression raciste ? Pour les policiers qui mènent l’enquête, le meurtre du Congolais n’aurait aucune connotation raciale. Toutefois les attaques contre les ressortissants africains sont fréquentes en Inde. Ils subissent régulièrement des insultes ouvertement racistes qui dégénèrent rapidement en violences physiques. En janvier dernier, à Bangalore – la « Silicon Valley » de l’Inde – une étudiante tanzanienne de 21 ans a été extirpée de sa voiture en même temps que ses trois compagnons, par une foule en colère suite à un accident mortel impliquant un conducteur soudanais. La voiture de la jeune fille a été incendiée et celle-ci et ses amis ont été passés à tabac. Les malheureux ont eu la vie sauve grâce à l’arrivée de la police.

    L’agression de trois étudiants africains dans une station du métro de New Delhi. La foule en colère avait pris d’assaut l’abri de police où les étudiants pourchassés s’étaient réfugiés.

    En 2014, trois jeunes étudiants gabonais et burkinabè ont failli être lynchés dans une station de métro de New Delhi. Quelques mois avant, un ministre du gouvernement local a personnellement mené une équipe de policiers en pleine nuit dans un quartier populaire de la capitale pour arrêter des Ougandaises dénoncées par leurs voisins comme étant des prostituées et des droguées.

    En 2013, la télévision indienne a rapporté l’histoire tragique de l’étudiant burundais Yannick Nihangaza, venu se perfectionner en informatique dans une université du Punjab, au nord de l’Inde. Le jeune homme a passé neuf mois dans le coma après s’être fait fracasser la tête par une bande de voyous. Selon le rapport de la police que le père de la victime a pu consulter, l’attaque était de nature raciste. Le jeune homme est depuis sorti du coma mais ne pourra plus jamais mener une vie normale.

    « Cette fois, la coupe est pleine, s’exclame Kasongo Musenga, conseiller à l’ambassade de la RDC en Inde. Ce pays est une destination prisée de nos étudiants. Or depuis quelques mois, pas une semaine ne passe sans qu’on reçoive des demandes d’aide de la part de nos jeunes, se plaignant d’harcèlements et de violences qu’ils subissent quotidiennement. Souvent, ils ont besoin d’aide pour trouver des logements parce que les propriétaires refusent de leur louer des chambres. Mon ambassade pouvait difficilement laisser passer le meurtre d’Olivier sans réagir

    En effet, exaspéré par le peu d’empressement témoigné par les autorités indiennes pour engager des poursuites judiciaires sérieuses contre les auteurs d’agressions racistes, le collectif des chefs de missions africains s’est réuni après le meurtre de l’étudiant congolais pour réfléchir à un mode de protestation adapté. D’après leur communiqué de presse, les ambassadeurs africains envisagent de demander à leurs gouvernements de ne pas envoyer de nouveaux étudiants en Inde tant que leur sécurité ne sera pas garantie. « Nos diplomates ont également demandé à rencontrer la ministre des Affaires étrangères pour lui rappeler la nécessité de mettre au point rapidement des programmes éducatifs pour lutter contre les stéréotypes et le racisme qui brouillent la vision qu’a le grand public indien de l’Afrique », a confié Kasungo Musenga.

    Alem Tsehage Woldemariam est l’ambassadeur d’Erythrée en Inde et doyen des ambassadeurs africians en poste à New Delhi. © DR

    Ces interpellations par les diplomates africains gênent les autorités indiennes dont l’embarras n’a d’égal que l’ampleur de leurs ambitions économiques africaines. Les enjeux sont en effet considérables pour l’Inde qui a réuni en octobre dernier, à New Delhi, les chefs d’Etat et de gouvernement des 54 Etats africains dans le cadre du troisième sommet Inde-Afrique. L’objectif était de donner une nouvelle impulsion à leur coopération économique et commerciale. Economie émergente, l’Inde a besoin de l’Afrique pour assurer les besoins de son industrie en ressources naturelles et en énergie.

    Les entreprises indiennes convoitent aussi les marchés africains en pleine expansion, où elles sont en compétition avec leurs homologues chinois et occidentaux implantés sur le continent depuis plus longtemps. Pour rattraper son retard, l’Inde a proposé aux pays africains un partenariat « gagnant-gagnant » basé sur les transferts de technologies et de savoir-faire. New Delhi a aussi annoncé à l’occasion du sommet d’octobre dernier le doublement des bourses accordées aux étudiants africains désireux de venir étudier en Inde.

    Rappelons que les universités indiennes ont une longue tradition d’accueil d’étudiants africains. L’université Barakhatulla dans l’Etat indien du Madhya Pradesh a attribué l’année dernière un doctorat honoris causa au président somalien Hassan Sheikh Mohamund dans le cadre d’une cérémonie émouvante pendant laquelle le Somalien est revenu sur ses années d’études en Inde, il y a presque trois décennies.

    Plus de bourses, mais aussi le coût peu onéreux des études dans les institutions supérieures indiennes, privées ou publiques, attirent aujourd’hui de plus en plus de jeunes africains dans les campus universitaires à travers le sous-continent. Certains avancent qu’ils seraient au nombre de 30 000, alors qu’ils n’étaient qu’une petite poignée dans les années 1990. Or avec le grand public indien nourri de stéréotypes coloniaux sur l’Afrique et les Africains, la cohabitation Africains-Indiens s’est révélée conflictuelle, conduisant à des agressions racistes qui font désormais la Une de la presse internationale.

    Opération de com’

    L’indignation suscitée dans le milieu diplomatique par le meurtre de l’étudiant congolais de New Delhi a poussé cette fois les autorités indiennes à réagir. Craignant que ces violences ne compromettent la bonne image de partenaire économique viable dont jouit l’Inde sur le continent africain, le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères a condamné le meurtre, sans pour autant le qualifier de « raciste ».

    La ministre Sushma Swaraj elle-même a expédié un tweet annonçant le lancement d’un programme de sensibilisation pour rappeler aux Indiens que ces agressions contre les étrangers « embarrassent » le pays. Ces timides prises de position suffiront-elles pour mettre fin aux violences ? On peut en douter car, comme l’a écrit la presse indienne, les propos de la ministre sonnent plus comme une banale opération de communication plutôt que comme une véritable condamnation de la montée du racisme anti-africain, alors que la situation exige un geste exceptionnel de la part des responsables au sommet de l’Etat.

    « J’aimerais voir le Premier ministre en personne prendre la parole à la télé, écrivait un éditorialiste respecté de Bangalore au lendemain de l’attaque raciste perpétrée contre la Tanzanienne en février dernier, et exprimer en sa qualité de haut représentant de l’Etat sa repentance pour cette agression raciste. Il devrait inviter la jeune femme à New Delhi pour se faire photographier avec elle, en train de lui offrir de vive voix la repentance de la nation tout entière. »

    Et Tunku Varadarajan d’ajouter : « Il enverra ainsi un message clair à l’Afrique et aux Africains – et par là même à tous les Indiens – qu’un grand pays comme le nôtre ne peut tolérer le racisme. » Pour calmer l’inquiétude des diplomates africains en colère, c’est sans doute ce qu’il conviendrait de faire lorsque les parents du jeune Congolais assassiné seront prochainement à New Delhi pour ramener chez eux le corps de leur fils disparu.

    rfi

  • Bilans contrastés après la journée de mobilisation de l’opposition

    Bilans contrastés après la journée de mobilisation de l’opposition

    MANIF-GOMA-Après la grande journée de mobilisation de l’opposition, l’heure est aux bilans. Pour la Dynamique de l’opposition, qui organisait cette manifestation, une véritable marée humaine de 200 000 personnes a défilé. Du côté de la police, on parle d’à peine 2 000 manifestants. En tout cas, la ville a tourné au ralenti une bonne partie de la journée, circulation timide et magasins fermés. La preuve d’un soutien tacite, selon l’opposition. La peur des troubles occasionnés, rétorque la majorité. La marche de Kinshasa était l’une des rares autorisées, même si le régime d’autorisation préalable n’existe plus en RDC. Les autorités avaient révisé le tracé jusqu’à la dernière minute, l’éloignant un peu plus du centre-ville et de tout lieu symbolique.

    Pour l’opposition congolaise, la journée de mobilisation du jeudi 26 mai contre la décision de la Cour constitutionnelle, rendue le 11 mai dernier, d’autoriser le président Joseph Kabila à rester au pouvoir en cas de glissement du calendrier électoral et pour la tenue du scrutin dans les délais constitutionnels est une réussite. Selon les organisateurs, près de 200 000 manifestants ont marché à Kinshasa.

    Pour Martin Fayulu, président de l’Ecide, le message adressé au chef de l’Etat congolais est très clair. « Nous félicitons ce peuple congolais qui a compris que la peur n’est plus de ce monde, que M. Kabila, comme tout Congolais, doit respecter la Constitution, que la Cour constitutionnelle ne peut pas venir semer la confusion, que nos concitoyens qui sont à Beni sont des Congolais à part entière, que ce ne sont pas des mouches et qu’on ne peut pas les tuer comme on l’entend. M. Kabila, c’est fini, il doit partir et le peuple l’a démontré ! Vous avez vu, et ce n’est qu’un début, a-t-il insisté. Et nous disons à la commission électorale de convoquer l’élection présidentielle au plus tard le 19 septembre, sinon nous allons commencer l’opération “Kabila dégage” ! »

    Cent fois moins de manifestants selon la police

    Du côté des autorités, on tire un tout autre bilan de cette mobilisation. La police évoque à peine 2 000 manifestants. Pour Emmanuel Ramazani Shadari, président du groupe parlementaire du parti présidentiel PPRD à l’Assemblée nationale, cette journée est un échec pour l’opposition. « C’est un échec cuisant. La ville de Kinshasa est peuplée de 12 à 14 millions d’habitants. La marche de l’opposition, tous les partis confondus, ils n’ont pas fait 2 000 personnes. C’était un non-événement », affirme-t-il.

    A noter que l’UDPS a participé massivement à la marche de l’opposition à Kinshasa, a indiqué son service de communication. Seule la jeunesse de l’UDPS avait officiellement appelé à manifester au côté des jeunesses de l’UNC et du MLC. Mais dans cette mise au point, le parti d’Etienne Tshisekedi précise que cette mobilisation était conforme à la volonté de son président.

    Incidents, à qui la faute ?

    Mais les deux parties ne s’opposent pas que sur les chiffres. La manifestation de Kinshasa s’est terminée par des échauffourées, des gaz lacrymogènes et des jets de pierre. Qui est à l’origine de ces incidents ?

    Pour le porte-parole de la police, ce sont les manifestants qui n’ont pas respecté le tracé imposé par le gouverneur de la ville. « Les colonnes se sont scindées : une petite a respecté l’itinéraire, une grande colonne s’est entêtée, explique le colonel Mwanamputu, porte-parole de la police. Malgré ça, nous avions négocié qu’ils s’arrêtent face à la maison Schengen. Malheureusement, quand ils sont arrivés là-bas, ils ont forcé le dispositif de la police pour atteindre coûte que coûte l’hôtel du gouvernement. Nous avons dit : pas question. Alors ils ont commencé à jeter des pierres et donc lorsque nous avons vu que nous étions caillassés, on s’est dit que nous n’étions plus en face de manifestants pacifiques, mais face à des émeutiers, donc on les a dispersés à coup de gaz lacrymogènes. »

    Tirs à balles réelles ?

    De son côté, Me Albert-Fabrice Puela, le modérateur de la Dynamique de l’opposition, qualifie ces accusations de « très mauvaise foi ». Il affirme de plus que la police a tiré à balles réelles, ce qu’elle dément, évoquant de simples tirs de dissuasion à balles à blanc. L’opposition, elle, dénonce le fait que trois de ses leaders ont été blessés, dont deux femmes, la secrétaire générale du MLC et l’ancienne modératrice de la Dynamique de l’opposition.

    Une nouvelle marche doit avoir lieu ce vendredi 27 mai à Kinshasa. Il s’agit cette fois d’une marche pour protester contre le manque d’électricité. Le droit à l’électricité en RDC est garanti par l’article 48 de la Constitution, rappellent les organisateurs, parmi lesquels figure Clement Kanku, député de l’opposition. Une marche qui n’a pas reçu d’objection des autorités provinciales.

    Au moins un mort à Goma

    Si à Kinshasa le rassemblement de l’opposition était autorisé, plusieurs marches ont été durement réprimées dans le reste du pays, où les mobilisations étaient interdites. La journée a donc été marquée par des accrochages parfois violents dans plusieurs villes de province.

    José Maria Aranaz, chef du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, faisait état ce jeudi 26 mai au soir de la mort d’un manifestant et d’un membre de la police à Goma, dans l’est du pays. Une information démentie par les autorités. C’est en tout cas à Goma que la répression a été la plus dure. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes puis ont tiré à balles réelles sur la foule, selon Human Rights Watch, qui dénonce un usage excessif de la force. Selon l’ONG, un civil a été tué, six autres blessés, dont des enfants et une femme de 80 ans.

    « Les forces de sécurité ont utilisé non seulement des gaz lacrymogènes, mais aussi des balles réelles, assure Ida Sawyer, chercheuse senior à Human Rights Watch sur la RDC. Jusque-là, nous avons confirmé qu’il y avait au moins un civil tué par balles à Goma et six autres civils blessés, y compris une fille de six ans, un garçon de douze ans et une femme de 80 ans. Ici, à Goma, il y a eu une dizaine de personnes arrêtées et nous appelons les autorités congolaises à assurer que les responsables soient traduits en justice. »

    Des violences sont également à déplorer à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Un jeune étudiant y a été tué, heurté par un camion alors que la police dispersait la foule.

    Aucun incident par contre à Uvira, Bukavu et Bunia où les marches se sont déroulées dans le calme, tandis qu’à Lubumbashi, la police a quadrillé la ville toute la journée pour empêcher les rassemblements. Selon un membre de la société civile locale, deux journalistes ont été arrêtés alors qu’ils filmaient les forces de l’ordre.

  • Simone Gbagbo : les vingt ans de prison confirmés

    Simone Gbagbo : les vingt ans de prison confirmés

    simone-La Cour suprême de Côte d’Ivoire a rejeté le pourvoi en cassation de Simone Gbagbo, rendant ainsi définitive sa condamnation à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État.

    “La Cour suprême a rejeté ce jeudi notre pourvoi en cassation”, a affirmé à l’AFP Me Rodrigue Dadjé, critiquant une “décision politique” et estimant qu”il y avait assez d’arguments juridiques pour annuler la condamnation”.

    Simone Gbagbo, épouse de l’ancien président Laurent Gbagbo et actuellement incarcérée à Abidjan, a été condamnée le 10 mars 2015 à 20 ans de réclusion pour “attentat à la sûreté de l’Etat”, un verdict lourd car il doublait les réquisitions du parquet général, soit 10 ans de prison.

    Elle était jugée avec 78 co-accusés pour leur rôle dans la crise causée par le refus de l’ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

    Les violences qui ont marqué la crise postélectorale de 2010-2011 ont fait plus de 3.000 morts en cinq mois.

    Michel Gbagbo, fils de l’ex-président issu d’un premier mariage avec une Française, avait lui été condamné à cinq ans d’emprisonnement.

    L’accusation et la défense de l’ex-Première dame ivoirienne s’étaient alors pourvues en cassation contre la condamnation de Simone Gbagbo. Les avocats de Mme Gbagbo ont critiqué une “procédure irrégulière qui doit être frappée de nullité”.

    Par ailleurs Simone Gbagbo dont l’époux Laurent Gbagbo – actuellement jugé à la Haye par la Cour pénale internationale (CPI) – comparaîtra également à partir du 31 mai à Abidjan devant les assises pour crimes contre l’humanité lors de la crise postélectorale.

    “Le procès de Mme Gbagbo va bel et bien s’ouvrir le 31 mai”, a rassuré son avocat.

    Avec AFP

  • Donald Trump décroche l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine

    Donald Trump décroche l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine

    donald-L’homme d’affaires républicain Donald Trump a franchi un cap historique jeudi en atteignant la majorité de délégués requise pour l’investiture automatique du parti à la présidentielle de novembre, succédant à Mitt Romney (2012) et John McCain (2008).

    Donald Trump a revendiqué avoir “passé la barre” lors d’une conférence de presse à Bismarck, dans le Dakota du Nord (nord), où il devait prononcer un discours sur l’énergie lors d’une conférence sur le pétrole, l’une de ses rares allocutions thématiques.

    “C’est un honneur”, a-t-il déclaré. “J’adore voir Hillary et Bernie se taper dessus”, a-t-il dit, en ironisant sur sa probable rivale démocrate, qui reste embourbée dans des primaires qui n’en finissent pas.

    Symbolisant l’unité recherchée du parti républicain, une quinzaine de membres de la délégation du Dakota du Nord se trouvait aux côtés de Donald Trump –dont plusieurs ex-partisans de Ted Cruz.

    Après une extraordinaire campagne de moins d’un an, le quasi-néophyte de la politique a surmonté la concurrence de pas moins de 16 autres candidats aux primaires, dont une nouvelle génération de républicains comme Ted Cruz et Marco Rubio qui ont mordu la poussière face au milliardaire de 69 ans.

    Sans concurrence depuis trois semaines, Donald Trump était de facto devenu le candidat officieux du parti pour la Maison Blanche, mais il n’avait pas encore atteint techniquement le nombre de délégués lui garantissant la victoire.

    Les chaînes CNN et ABC, ainsi que l’agence de presse Associated Press, avaient affirmé plus tôt que l’affaire était désormais dans le sac. Elles ont chacune publié jeudi un nouveau décompte du nombre de délégués obtenus au fil des primaires, ou s’étant engagés à voter pour lui à la convention d’investiture de Cleveland (Ohio, nord), du 18 au 21 juillet.

    Il a désormais dépassé la barre des 1.237 délégués, une majorité qu’il était de toute façon assuré d’atteindre le 7 juin, lors de la dernière journée de primaires républicaines dans plusieurs Etats dont la Californie.

    Le parti républicain ne centralise pas de façon officielle le nombre de délégués obtenus par les candidats, et les médias américains procèdent à leurs propres estimations, ce qui conduit à de légères différences. Selon AP, Donald Trump pouvait compter sur 1.238 délégués, tandis que CNN lui en attribuait au moins 1.237.

    – Clinton sur la défensive –

    Les derniers rivaux de Donald Trump ont jeté l’éponge à l’issue de la primaire de l’Indiana (nord), après laquelle Donald Trump a été adoubé par un nombre croissant de responsables du parti, à l’exception notable du président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, qui conditionne son soutien à des concessions idéologiques du milliardaire populiste.

    “J’essaie de faire en sorte que l’unité de notre parti soit réelle, et non factice”, a dit le chef républicain à Washington.

    Chez les démocrates, Hillary Clinton ne devrait parvenir à l’investiture que le 7 juin, lors des scrutins démocrates de Californie et de cinq autres Etats.

    Bernie Sanders continue activement sa campagne, et a même demandé un nouveau dépouillement dans le Kentucky, où Hillary Clinton l’avait emporté de justesse –un résultat confirmé jeudi par les autorités locales.

    Donald Trump oriente désormais sa puissance de feu contre sa probable adversaire démocrate, qu’il qualifie inlassablement de “malhonnête”, un terme repris par ses partisans. Citant “Bernie le fou”, il affirme qu’elle a souvent fait preuve d’un “manque de jugement” au cours de sa carrière politique.

    La publication mercredi d’un rapport très critique de l’inspecteur général du département d’Etat sur le recours par Hillary Clinton à un serveur privé de messagerie pour communiquer lorsqu’elle était à la tête de la diplomatie américaine (2009-2013), a apporté de l’eau au moulin de Donald Trump, des républicains et de la majorité d’Américains qui considèrent que la démocrate n’est pas digne de confiance.

    “Ce n’est pas une question qui va affecter ma campagne ou ma présidence”, s’est défendue Hillary Clinton dans un entretien diffusé par CNN jeudi.

    Désireuse d’abréger les primaires et d’être intronisée par le parti démocrate, elle a investi la semaine en Californie, où une défaite le 7 juin face à Bernie Sanders ne remettrait pas en cause sa victoire présumée, mais s’avèrerait coûteuse pour l’image de rassembleuse qu’elle tente de construire.

    Avec AFP

  • Affrontements entre policiers et manifestants d’opposition à Kinshasa

    Affrontements entre policiers et manifestants d’opposition à Kinshasa

    POLICE KIN-Les forces de l’ordre tiraient des grenades lacrymogènes contre la foule d’où fusaient des pierres sur le boulevard du 24-Novembre, une grande artère du nord de la capitale d la République démocratique du Congo.

    Des heurts ont éclaté entre des policiers et plusieurs milliers de manifestants qui protestaient contre l’arrêt de la cour Constitutionnelle autorisant le président Joseph Kabila de rester au-delà des limites de la Constitution si l’élection présidentielle ne se tient pas avant la fin 2016.

    Les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser la foule qui répondait avec des jets pierres, rapportent les journalistes de Radio Top, partenaire de VOA Afrique à Kinshasa.

    L’opposition qui a appelé à la marche, a reçu la veille l’autorisation du gouverneur de la ville de Kinshasa. Pour elle, l’itinéraire convenu a été respecté et l’intervention musclée des forces de l’ordre ne se justifie pas.

    voa