Author: Don Kayembe

  • Bilans contrastés après la journée de mobilisation de l’opposition

    Bilans contrastés après la journée de mobilisation de l’opposition

    MANIF-GOMA-Après la grande journée de mobilisation de l’opposition, l’heure est aux bilans. Pour la Dynamique de l’opposition, qui organisait cette manifestation, une véritable marée humaine de 200 000 personnes a défilé. Du côté de la police, on parle d’à peine 2 000 manifestants. En tout cas, la ville a tourné au ralenti une bonne partie de la journée, circulation timide et magasins fermés. La preuve d’un soutien tacite, selon l’opposition. La peur des troubles occasionnés, rétorque la majorité. La marche de Kinshasa était l’une des rares autorisées, même si le régime d’autorisation préalable n’existe plus en RDC. Les autorités avaient révisé le tracé jusqu’à la dernière minute, l’éloignant un peu plus du centre-ville et de tout lieu symbolique.

    Pour l’opposition congolaise, la journée de mobilisation du jeudi 26 mai contre la décision de la Cour constitutionnelle, rendue le 11 mai dernier, d’autoriser le président Joseph Kabila à rester au pouvoir en cas de glissement du calendrier électoral et pour la tenue du scrutin dans les délais constitutionnels est une réussite. Selon les organisateurs, près de 200 000 manifestants ont marché à Kinshasa.

    Pour Martin Fayulu, président de l’Ecide, le message adressé au chef de l’Etat congolais est très clair. « Nous félicitons ce peuple congolais qui a compris que la peur n’est plus de ce monde, que M. Kabila, comme tout Congolais, doit respecter la Constitution, que la Cour constitutionnelle ne peut pas venir semer la confusion, que nos concitoyens qui sont à Beni sont des Congolais à part entière, que ce ne sont pas des mouches et qu’on ne peut pas les tuer comme on l’entend. M. Kabila, c’est fini, il doit partir et le peuple l’a démontré ! Vous avez vu, et ce n’est qu’un début, a-t-il insisté. Et nous disons à la commission électorale de convoquer l’élection présidentielle au plus tard le 19 septembre, sinon nous allons commencer l’opération “Kabila dégage” ! »

    Cent fois moins de manifestants selon la police

    Du côté des autorités, on tire un tout autre bilan de cette mobilisation. La police évoque à peine 2 000 manifestants. Pour Emmanuel Ramazani Shadari, président du groupe parlementaire du parti présidentiel PPRD à l’Assemblée nationale, cette journée est un échec pour l’opposition. « C’est un échec cuisant. La ville de Kinshasa est peuplée de 12 à 14 millions d’habitants. La marche de l’opposition, tous les partis confondus, ils n’ont pas fait 2 000 personnes. C’était un non-événement », affirme-t-il.

    A noter que l’UDPS a participé massivement à la marche de l’opposition à Kinshasa, a indiqué son service de communication. Seule la jeunesse de l’UDPS avait officiellement appelé à manifester au côté des jeunesses de l’UNC et du MLC. Mais dans cette mise au point, le parti d’Etienne Tshisekedi précise que cette mobilisation était conforme à la volonté de son président.

    Incidents, à qui la faute ?

    Mais les deux parties ne s’opposent pas que sur les chiffres. La manifestation de Kinshasa s’est terminée par des échauffourées, des gaz lacrymogènes et des jets de pierre. Qui est à l’origine de ces incidents ?

    Pour le porte-parole de la police, ce sont les manifestants qui n’ont pas respecté le tracé imposé par le gouverneur de la ville. « Les colonnes se sont scindées : une petite a respecté l’itinéraire, une grande colonne s’est entêtée, explique le colonel Mwanamputu, porte-parole de la police. Malgré ça, nous avions négocié qu’ils s’arrêtent face à la maison Schengen. Malheureusement, quand ils sont arrivés là-bas, ils ont forcé le dispositif de la police pour atteindre coûte que coûte l’hôtel du gouvernement. Nous avons dit : pas question. Alors ils ont commencé à jeter des pierres et donc lorsque nous avons vu que nous étions caillassés, on s’est dit que nous n’étions plus en face de manifestants pacifiques, mais face à des émeutiers, donc on les a dispersés à coup de gaz lacrymogènes. »

    Tirs à balles réelles ?

    De son côté, Me Albert-Fabrice Puela, le modérateur de la Dynamique de l’opposition, qualifie ces accusations de « très mauvaise foi ». Il affirme de plus que la police a tiré à balles réelles, ce qu’elle dément, évoquant de simples tirs de dissuasion à balles à blanc. L’opposition, elle, dénonce le fait que trois de ses leaders ont été blessés, dont deux femmes, la secrétaire générale du MLC et l’ancienne modératrice de la Dynamique de l’opposition.

    Une nouvelle marche doit avoir lieu ce vendredi 27 mai à Kinshasa. Il s’agit cette fois d’une marche pour protester contre le manque d’électricité. Le droit à l’électricité en RDC est garanti par l’article 48 de la Constitution, rappellent les organisateurs, parmi lesquels figure Clement Kanku, député de l’opposition. Une marche qui n’a pas reçu d’objection des autorités provinciales.

    Au moins un mort à Goma

    Si à Kinshasa le rassemblement de l’opposition était autorisé, plusieurs marches ont été durement réprimées dans le reste du pays, où les mobilisations étaient interdites. La journée a donc été marquée par des accrochages parfois violents dans plusieurs villes de province.

    José Maria Aranaz, chef du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, faisait état ce jeudi 26 mai au soir de la mort d’un manifestant et d’un membre de la police à Goma, dans l’est du pays. Une information démentie par les autorités. C’est en tout cas à Goma que la répression a été la plus dure. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes puis ont tiré à balles réelles sur la foule, selon Human Rights Watch, qui dénonce un usage excessif de la force. Selon l’ONG, un civil a été tué, six autres blessés, dont des enfants et une femme de 80 ans.

    « Les forces de sécurité ont utilisé non seulement des gaz lacrymogènes, mais aussi des balles réelles, assure Ida Sawyer, chercheuse senior à Human Rights Watch sur la RDC. Jusque-là, nous avons confirmé qu’il y avait au moins un civil tué par balles à Goma et six autres civils blessés, y compris une fille de six ans, un garçon de douze ans et une femme de 80 ans. Ici, à Goma, il y a eu une dizaine de personnes arrêtées et nous appelons les autorités congolaises à assurer que les responsables soient traduits en justice. »

    Des violences sont également à déplorer à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Un jeune étudiant y a été tué, heurté par un camion alors que la police dispersait la foule.

    Aucun incident par contre à Uvira, Bukavu et Bunia où les marches se sont déroulées dans le calme, tandis qu’à Lubumbashi, la police a quadrillé la ville toute la journée pour empêcher les rassemblements. Selon un membre de la société civile locale, deux journalistes ont été arrêtés alors qu’ils filmaient les forces de l’ordre.

  • Simone Gbagbo : les vingt ans de prison confirmés

    Simone Gbagbo : les vingt ans de prison confirmés

    simone-La Cour suprême de Côte d’Ivoire a rejeté le pourvoi en cassation de Simone Gbagbo, rendant ainsi définitive sa condamnation à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État.

    “La Cour suprême a rejeté ce jeudi notre pourvoi en cassation”, a affirmé à l’AFP Me Rodrigue Dadjé, critiquant une “décision politique” et estimant qu”il y avait assez d’arguments juridiques pour annuler la condamnation”.

    Simone Gbagbo, épouse de l’ancien président Laurent Gbagbo et actuellement incarcérée à Abidjan, a été condamnée le 10 mars 2015 à 20 ans de réclusion pour “attentat à la sûreté de l’Etat”, un verdict lourd car il doublait les réquisitions du parquet général, soit 10 ans de prison.

    Elle était jugée avec 78 co-accusés pour leur rôle dans la crise causée par le refus de l’ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

    Les violences qui ont marqué la crise postélectorale de 2010-2011 ont fait plus de 3.000 morts en cinq mois.

    Michel Gbagbo, fils de l’ex-président issu d’un premier mariage avec une Française, avait lui été condamné à cinq ans d’emprisonnement.

    L’accusation et la défense de l’ex-Première dame ivoirienne s’étaient alors pourvues en cassation contre la condamnation de Simone Gbagbo. Les avocats de Mme Gbagbo ont critiqué une “procédure irrégulière qui doit être frappée de nullité”.

    Par ailleurs Simone Gbagbo dont l’époux Laurent Gbagbo – actuellement jugé à la Haye par la Cour pénale internationale (CPI) – comparaîtra également à partir du 31 mai à Abidjan devant les assises pour crimes contre l’humanité lors de la crise postélectorale.

    “Le procès de Mme Gbagbo va bel et bien s’ouvrir le 31 mai”, a rassuré son avocat.

    Avec AFP

  • Donald Trump décroche l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine

    Donald Trump décroche l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine

    donald-L’homme d’affaires républicain Donald Trump a franchi un cap historique jeudi en atteignant la majorité de délégués requise pour l’investiture automatique du parti à la présidentielle de novembre, succédant à Mitt Romney (2012) et John McCain (2008).

    Donald Trump a revendiqué avoir “passé la barre” lors d’une conférence de presse à Bismarck, dans le Dakota du Nord (nord), où il devait prononcer un discours sur l’énergie lors d’une conférence sur le pétrole, l’une de ses rares allocutions thématiques.

    “C’est un honneur”, a-t-il déclaré. “J’adore voir Hillary et Bernie se taper dessus”, a-t-il dit, en ironisant sur sa probable rivale démocrate, qui reste embourbée dans des primaires qui n’en finissent pas.

    Symbolisant l’unité recherchée du parti républicain, une quinzaine de membres de la délégation du Dakota du Nord se trouvait aux côtés de Donald Trump –dont plusieurs ex-partisans de Ted Cruz.

    Après une extraordinaire campagne de moins d’un an, le quasi-néophyte de la politique a surmonté la concurrence de pas moins de 16 autres candidats aux primaires, dont une nouvelle génération de républicains comme Ted Cruz et Marco Rubio qui ont mordu la poussière face au milliardaire de 69 ans.

    Sans concurrence depuis trois semaines, Donald Trump était de facto devenu le candidat officieux du parti pour la Maison Blanche, mais il n’avait pas encore atteint techniquement le nombre de délégués lui garantissant la victoire.

    Les chaînes CNN et ABC, ainsi que l’agence de presse Associated Press, avaient affirmé plus tôt que l’affaire était désormais dans le sac. Elles ont chacune publié jeudi un nouveau décompte du nombre de délégués obtenus au fil des primaires, ou s’étant engagés à voter pour lui à la convention d’investiture de Cleveland (Ohio, nord), du 18 au 21 juillet.

    Il a désormais dépassé la barre des 1.237 délégués, une majorité qu’il était de toute façon assuré d’atteindre le 7 juin, lors de la dernière journée de primaires républicaines dans plusieurs Etats dont la Californie.

    Le parti républicain ne centralise pas de façon officielle le nombre de délégués obtenus par les candidats, et les médias américains procèdent à leurs propres estimations, ce qui conduit à de légères différences. Selon AP, Donald Trump pouvait compter sur 1.238 délégués, tandis que CNN lui en attribuait au moins 1.237.

    – Clinton sur la défensive –

    Les derniers rivaux de Donald Trump ont jeté l’éponge à l’issue de la primaire de l’Indiana (nord), après laquelle Donald Trump a été adoubé par un nombre croissant de responsables du parti, à l’exception notable du président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, qui conditionne son soutien à des concessions idéologiques du milliardaire populiste.

    “J’essaie de faire en sorte que l’unité de notre parti soit réelle, et non factice”, a dit le chef républicain à Washington.

    Chez les démocrates, Hillary Clinton ne devrait parvenir à l’investiture que le 7 juin, lors des scrutins démocrates de Californie et de cinq autres Etats.

    Bernie Sanders continue activement sa campagne, et a même demandé un nouveau dépouillement dans le Kentucky, où Hillary Clinton l’avait emporté de justesse –un résultat confirmé jeudi par les autorités locales.

    Donald Trump oriente désormais sa puissance de feu contre sa probable adversaire démocrate, qu’il qualifie inlassablement de “malhonnête”, un terme repris par ses partisans. Citant “Bernie le fou”, il affirme qu’elle a souvent fait preuve d’un “manque de jugement” au cours de sa carrière politique.

    La publication mercredi d’un rapport très critique de l’inspecteur général du département d’Etat sur le recours par Hillary Clinton à un serveur privé de messagerie pour communiquer lorsqu’elle était à la tête de la diplomatie américaine (2009-2013), a apporté de l’eau au moulin de Donald Trump, des républicains et de la majorité d’Américains qui considèrent que la démocrate n’est pas digne de confiance.

    “Ce n’est pas une question qui va affecter ma campagne ou ma présidence”, s’est défendue Hillary Clinton dans un entretien diffusé par CNN jeudi.

    Désireuse d’abréger les primaires et d’être intronisée par le parti démocrate, elle a investi la semaine en Californie, où une défaite le 7 juin face à Bernie Sanders ne remettrait pas en cause sa victoire présumée, mais s’avèrerait coûteuse pour l’image de rassembleuse qu’elle tente de construire.

    Avec AFP

  • Affrontements entre policiers et manifestants d’opposition à Kinshasa

    Affrontements entre policiers et manifestants d’opposition à Kinshasa

    POLICE KIN-Les forces de l’ordre tiraient des grenades lacrymogènes contre la foule d’où fusaient des pierres sur le boulevard du 24-Novembre, une grande artère du nord de la capitale d la République démocratique du Congo.

    Des heurts ont éclaté entre des policiers et plusieurs milliers de manifestants qui protestaient contre l’arrêt de la cour Constitutionnelle autorisant le président Joseph Kabila de rester au-delà des limites de la Constitution si l’élection présidentielle ne se tient pas avant la fin 2016.

    Les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser la foule qui répondait avec des jets pierres, rapportent les journalistes de Radio Top, partenaire de VOA Afrique à Kinshasa.

    L’opposition qui a appelé à la marche, a reçu la veille l’autorisation du gouverneur de la ville de Kinshasa. Pour elle, l’itinéraire convenu a été respecté et l’intervention musclée des forces de l’ordre ne se justifie pas.

    voa

  • Dr Joseph et Mister K

    Dr Joseph et Mister K

    KABILA-Pour les diplomates occidentaux en poste à Kinshasa et les agents des services spéciaux étrangers, pour les chefs d’État de la région, le secrétaire général de l’ONU et tous ceux qu’intéresse au plus haut point l’avenir immédiat de cette nation majeure qu’est la RD Congo, prévoir de quoi demain sera fait est un exercice impossible.

    Motif principal de cette navigation à vue, à laquelle se résument en cette année cruciale les rapports des experts en congologie : nul ne détient les clés du logiciel mental de Joseph Kabila Kabange, et personne ne sait comment ce président, âgé d’à peine 45 ans, compte modeler son propre destin. À leur décharge, aussi bien les opposants que les proches de celui que ses partisans appellent le raïs sont plongés dans la même expectative. À preuve, chaque fois qu’il m’arrive de croiser un ministre ou un conseiller de Joseph Kabila, la question qui m’est posée est la même que celle formulée par ses adversaires : « Vous, vous devez bien le savoir : qu’y a-t-il dans sa tête ? »

    Sa personnalité relève d’une « énigme enveloppée d’un mystère »

    Soyons honnêtes : si j’ai rencontré à cinq ou six reprises le fils du Mzee depuis son accession au pouvoir – la dernière fois, en 2015 – ce qui fait de moi, avec ma consœur Colette Braeckman, du Soir, une quasi-exception dans le domaine médiatique, j’ignore toujours ce qu’il y a « dans sa tête ».

    Certes, comme tous ceux qui l’ont fréquenté et suivi depuis quinze ans, j’ai remarqué la transformation de l’apprenti timide et imprévisible en chef d’État sûr de lui, à la voix adolescente à la fois douce et métallique. Mais sa personnalité, de plus en plus indéchiffrable, relève plus que jamais de cette « énigme enveloppée d’un mystère » qui intriguait déjà un certain Jacques Chirac.

    À l’époque où il se « lâchait » encore et où il accordait des interviews, Joseph Kabila confiait à J.A. qu’il avait, en une décennie à la tête du Congo, « accumulé autant de travail, de stress et d’expérience qu’un homme ordinaire en trente années d’existence ». Avant d’ajouter : « Le pouvoir use, il faut savoir s’arrêter. »

    S’arrêter oui, mais quand et pour faire quoi ? Alors que tout semble indiquer l’inéluctabilité d’un « glissement » au-delà de 2016 du calendrier électoral, rendu inévitable par l’impréparation d’un scrutin à un milliard de dollars, donc le risque, sauf dialogue miracle, d’un bras de fer dans la rue, tenter de cerner la psychologie quasi jésuitique de ce fidèle de l’Église du Christ au Congo peut être d’une certaine utilité.

    À cet égard, un mot s’impose : celui de précarité. Précarité de la naissance dans le maquis de Fizi-Baraka, de la jeunesse à l’ombre d’un père au comportement éruptif et souvent erratique, qui mourra assassiné, précarité d’une filiation contestée par des rumeurs aussi infondées que tenaces, précarité de la guerre, précarité de l’arrivée au pouvoir comme une balle de ping-pong sur un jet d’eau, sous la houlette des tontons abusifs du « clan des Katangais », précarité de l’exercice du pouvoir face aux complots et aux trahisons des proches.

    D’où la méfiance, développée comme une coquille autoprotectrice, le mutisme médiatique, la tendance à l’illisibilité et l’usage en politique des stratégies combinatoires d’un joueur de go, où il est question d’encercler l’ennemi pour mieux l’étouffer, plutôt que de l’écraser. Joseph Kabila ne tient pas la classe politique congolaise en haute estime, n’accorde de crédit (réversible) qu’à la poignée de fidèles qui ne l’ont pas déçu, se méfie de ses pairs et encore plus de ces Occidentaux hypocrites dont les discours hostiles vont de pair avec la convoitise pour les richesses de son pays.

    À Kinshasa, sa côte de popularité est équivalente à celle de François Hollande en France

    Difficile d’obtenir d’un homme – qui a puisé une bonne part de ses ressources dans le fait d’avoir été longtemps sous-estimé – qu’il aille jouer les gentlemen farmer en son ranch de Kingakati sans autres garanties que les assurances d’anciens consorts mués en détracteurs, sous la menace d’adversaires qui lui promettent le tribunal et sans que les uns ni les autres aient le moindre désir de faire justice d’un bilan qui, en matière de reconstruction et de performances macroéconomiques, est le meilleur (ou le moins déficitaire) depuis la fin des années 1970.

    Qu’on le veuille ou non et même si, à en croire ses opposants, sa côte de popularité – tout au moins à Kinshasa – est équivalente à celle de François Hollande en France, cet admirateur de Sankara et de Che Guevara possède encore quelques atouts déterminants.

    L’armée, la police, l’ANR (services de renseignements), l’administration, un parti puissant, l’accès aux ressources financières, le levier du nationalisme au pays de Lumumba, ce n’est pas rien. Autant dire que, sauf à privilégier le rapport de force et à souhaiter le pire pour ce peuple qui a déjà tant souffert et continue de saigner sur son flanc oriental, rien ne se fera contre Kabila, si ce n’est avec Kabila.

    Il faut donc que quelqu’un le rassure, ce que ni Moïse Katumbi – avec qui les ponts sont désormais rompus -, ni Vital Kamerhe (idem), ni Étienne Tshisekedi, qui n’a jamais reconnu sa légitimité, ne peuvent, ou ne souhaitent faire. C’est pourtant une nécessité raisonnable. Et c’est pour dénouer ce type de situation que la Grèce antique a inventé le dialogue.

    JA

  • L’opposant Étienne Tshisekedi tacle le facilitateur Edem Kodjo

    L’opposant Étienne Tshisekedi tacle le facilitateur Edem Kodjo

    tshisekedi-Kodjo-Pointé du doigt comme celui qui bloque la mise en place du comité préparatoire du dialogue politique en RDC, Étienne Tshisekedi a répondu mardi à Edem Kodjo, reprochant à la médiation menée par l’ancien Premier ministre togolais de n’avoir pas toujours satisfait à ses préalables.

    Qu’il lève la main celui qui prétend savoir si Étienne Tshisekedi participera, ou non, au dialogue politique annoncé en RD Congo ! Alors que la médiation attend la liste des opposants participants au forum, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a publié, le 24 mai au soir, un communiqué cinglant contre le facilitateur, Edem Kodjo, et les autorités du pays.

    Pour Étienne Tshisekedi, le blocage du processus de dialogue politique en RD Congo incombe au facilitateur qui n’a pas toujours répondu aux préalables posés par l’UDPS.

    Quiproquo entre Tshisekedi et Kodjo

    L’opposant historique congolais, convalescent à Bruxelles, rappelle que sa formation politique et lui-même veulent avant tout « s’assurer de la concordance des vues entre la perception du dialogue politique par le facilitateur et la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies » qui souligne, entre autres, la nécessité d’organiser les élections dans les délais.

    Étienne Tshisekedi attend également une réponse claire d’Edem Kodjo sur sa requête relative à « l’implication des autres membres de la communauté internationale », notamment l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Concrètement, l’UDPS sollicite la mise en place d’un panel de facilitateurs, Edem Kodjo ayant été « désigné sans avis préalable de différentes parties congolaises ».

    Autre grief : le leader de l’UDPS dit n’avoir toujours pas réuni les garanties quant à « l’inclusivité du dialogue et la libération des détenus politiques ».

    Tshisekedi s’en prend aussi à Kabila

    Dans son communiqué, Tshisekedi s’attaque enfin au président Joseph Kabila qui « étale, selon lui, le vrai visage de son paradigme politique, en multipliant des actes de provocation, d’intimidation et de terrorisme d’État alors que le peuple congolais attendait [de lui] des signaux forts de détente et de décrispation ».

    Et de dénoncer « le procédé anti-démocratique et le traitement ignoble dont Moïse Katumbi, Christopher Ngoyi, Eugène Diomi Ndongala et d’autres acteurs politiques ou de la société civile sont victimes de la part d’un pouvoir qui, dans le même temps, se complaît à claironner sans convaincre qu’il veut aller à un dialogue politique inclusif ».

    Les conditions des pourparlers sereins en RD Congo sont encore loin d’être réunies…

    JA

  • Moïse Katumbi, que va-t-il faire maintenant ?

    Moïse Katumbi, que va-t-il faire maintenant ?

    -Après son inculpation pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en RD Congo, a été autorisé à quitter le territoire national pour suivre des soins médicaux appropriés en Afrique du Sud. Comment compte-t-il rebondir ?

    « Pour l’instant, Moïse Katumbi est toujours sous observation médicale à Johannesburg », affirme un proche de l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga. À l’en croire, après des examens de santé et une fois rétabli, rien n’empêchera au candidat déclaré à la présidentielle congolaise de quitter l’Afrique du Sud.

    Que fera-t-il ? Regagnera-t-il immédiatement la RD Congo où le parquet l’a inculpé, jeudi 19 mai, d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État ou s’envolera-t-il vers d’autres cieux ?

    Katumbi déjà hors course ?

    « Peu importe sa décision, le scénario voulu par Kinshasa paraît irréversible : disqualifier de la course à la présidentielle un candidat populaire devenu le principal rival du camp présidentiel », confie à Jeune Afrique un magistrat de la capitale congolaise, qui dit avoir déjà traité des « dossiers similaires et sensibles ».

    À l’en croire, il en a été ainsi de plusieurs autres opposants qui se sont retrouvés, avant Moïse Katumbi, dans le collimateur du pouvoir. « En exécutant des instructions venues d’en-haut sans réfléchir, des juges avaient récemment condamné l’ancien député Vano Kiboko, passé à l’opposition, à trois ans de prison alors que les faits infractionnels qui lui étaient reprochés ne pouvaient être punis d’une peine de plus de deux ans », rappelle-t-il.

    Ce n’est pas évident de mettre Moïse Katumbi en taule, admet un cadre de la Majorité présidentielle

    Dans le cas Katumbi, les choses se sont précipitées. « L’audition a été suspendue le jour où notre client a été agressé par les forces de l’ordre. Le parquet a promis de la reprendre dès qu’il serait rétabli. Nous n’avons donc pas compris pourquoi le même parquet a finalement choisi de l’inculper sans l’entendre de nouveau », explique un avocat de la défense. Puis, au lendemain de son inculpation, l’opposant, soupçonné d’avoir recruté de supposés mercenaires étrangers, a été autorisé à quitter la RD Congo pour aller en Afrique du Sud recevoir des soins médicaux appropriés…

    « Visiblement, ce n’est pas évident de mettre Moïse Katumbi en taule », admet un cadre de la Majorité présidentielle (MP, la coalition au pouvoir). « Le dossier est complexe et divise au sein même de l’entourage du chef de l’État : d’un côté le camp des durs qui veut poursuivre cette affaire jusqu’au bout – position défendue notamment par des responsables de l’Agence nationale de renseignement (ANR) et certains faucons de la MP -, et de l’autre, un camp plus modéré qui considère qu’il est trop risqué d’avoir les États-Unis à dos en cette période préélectorale déjà tendue », explique-t-il.

    L’Américain Darryl Lewis enfin devant le parquet

    Arrêtés le 24 avril à Lubumbashi lors du meeting de Katumbi dispersé à coups de gaz lacrymogène et transférés dès le lendemain à Kinshasa, l’Américain Darryl Lewis et trois Congolais (Idi Sefu, Yannick Kabinda et Franck Mwashila) proches de l’opposant sont considérés par les autorités congolaises comme des « mercenaires » au service de l’ancien gouverneur.

    Détenus au secret depuis presqu’un mois, « tous les quatre ont été transférés aujourd’hui [24 mai] devant le parquet général de la République où une audition est prévue devant le même magistrat qui a entendu M. Katumbi », a indiqué Me Azarias Ruberwa, l’un des avocats du collectif de la défense. Une « bonne nouvelle, selon cet ancien vice-président de la République, car leur détention était très irrégulière ».

    Hormis le citoyen américain, les trois suspects congolais n’ont jamais reçu de visite ni de leurs familles ni de leur conseil. Ce qui fait craindre une « extorsion de faux témoignages pour fabriquer des preuves contre Katumbi », relève un autre avocat du collectif.

    Katumbi-Tshisekedi de nouveau à l’ordre du jour

    Concernant le dossier principal, des avocats affirment toutefois continuer à travailler pour que l’inculpation de Moïse Katumbi soit retirée. « Contrairement à ce que le porte-parole du gouvernement a indiqué, l’affaire n’est pas passée en phase juridictionnelle, nous continuons à discuter avec le parquet parce que ce dernier n’a pas entendu notre client comme il était prévu », explique Me George Kapimba.

    En attendant, Moïse Katumbi est « annoncé dans le courant de la semaine à Bruxelles », selon certaines indiscrétions au sein de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Une « rencontre autour d’Étienne Tshisekedi [leader historique de l’UDPS] » est en effet en gestation dans la capitale belge. Elle connaîtrait la participation de Katumbi, ou du moins du G7, regroupement politique qui soutient la candidature de Katumbi à la présidentielle. « Les lignes bougent… », souffle un membre de la coalition.

    Moïse Katumbi veut toujours rassembler l’opposition

    Dans l’entourage de Katumbi, l’on ne confirme pas un imminent tête-à-tête entre ce dernier et Tshisekedi. Ses proches se contentent d’affirmer que des « négociations » sont en cours avec l’UDPS et le G7 pour « harmoniser les vues ». « Mais Moïse Katumbi demeure dans sa droite ligne, celle de rassembler toute l’opposition. Il avait déjà rencontré Étienne Tshisekedi  et d’autres opposants dans cette optique. Naturellement, le G7, allié de Katumbi, s’inscrit aujourd’hui sur la même ligne », explique l’un d’eux.

    Pourrait-on envisager de voir Katumbi sur la liste des opposants participant au dialogue politique, convoqué par le président Kabila, que Tshisekedi s’apprête à envoyer au facilitateur Edem Kodjo ? « Ce serait réducteur de résumer les tractations entre l’UDPS et G7 à une histoire de liste alors que les deux parties, malgré leurs différences d’approche, travaillent sur le respect de la Constitution et celui des délais qu’elle impose pour l’organisation des élections, l’alternance démocratique et la nécessité d’avoir une candidature commune de l’opposition », avance-t-on dans l’entourage de Katumbi.

    JA

  • Les marches de protestation auront bien lieu. Interdiction au Nord-Kivu

    Les marches de protestation auront bien lieu. Interdiction au Nord-Kivu

    manif-« Ce jeudi 26 mai 2016, seront organisées sur toute l’étendue du territoire congolais, des marches de protestation contre l’arrêt en interprétation de l’article 70 de la Constitution par la Cour Constitutionnelle, véritable tentative de coup d’Etat constitutionnel par laquelle le pouvoir judiciaire, sous les ordres du pouvoir politique, a honteusement violé la loi mais aussi la dignité de tous les citoyens congolais », dit le Front Citoyen 2016 dans un communiqué parvenu mardi  à la rédaction de VOA Afrique.

    Cet arrêt permet une éventuelle prolongation du mandat du président Joseph Kabila. La Cour a récemment déterminé qu’en cas de report des élections prévues fin 2016, M. Kabila resterait en fonction jusqu’à l’installation d’un nouveau chef d’Etat.

    Manifestations interdites jeudi au Nord-Kivu

    Le gouverneur du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a annoncé mardi l’interdiction de toutes les manifestations auxquelles une coalition d’opposants au président Joseph Kabila a appelé à une participation massive jeudi.

    Julien Paluku a annoncé “cette interdiction sur l’ensemble de la province du Nord-Kivu” lors d’un point de presse retransmis en ligne.

    Il a justifié cette décision par le fait que, selon lui, les trois plateformes d’opposition ayant appelé la population à manifester jeudi sur l’ensemble du territoire national “n’existent pas légalement”.

    De plus, a-t-il dit, en faisant référence à la violence des groupes armés qui déchire la province depuis plus de vingt ans, “le Nord-Kivu est en deuil”, et “dans la tradition du Nord-Kivu, on ne pleure pas les gens dans la rue, on ne pleure pas les gens en manifestant”.

    Trois plateformes d’opposition congolaise, la Dynamique de l’opposition, le G7 et le Front citoyen, ont appelé à manifester jeudi partout en RDC pour dénoncer l’arrêt rendu le 11 mai par la Cour constitutionnelle et autorisant M. Kabila à rester au pouvoir au-delà du terme de son mandat, alors que tout indique que la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année ne sera pas organisée dans les temps.

    A Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans le sud-est de la RDC, le maire, Jean-Oscar Sanguza, a déclaré lui aussi avoir interdit la marche de l’opposition prévue pour le 26 mai.

    “La décision de la Cour constitutionnelle est inattaquable”, a-t-il déclaré à l’AFP, “je ne peux pas autoriser une marche” contre cet arrêt.

    La manifestation devrait en revanche avoir lieu à Kinshasa, où le parti présidentiel pourrait également défiler.

    M. Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père qui avait renversé en 1997 le vieux dictateur Mobutu Sese Seko. Il a été élu président en 2006 avant d’être réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives, au résultat contesté, et à l’origine de la crise politique que traverse le pays.

    Son mandat expire en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais ses détracteurs l’accusent depuis des mois de chercher à se maintenir au pouvoir par tous les moyens.

    Avec AFP

  • En Afrique du Sud, Katumbi est-il hors jeu ?

    En Afrique du Sud, Katumbi est-il hors jeu ?

    Katuùbi-manifestation-avril-2016-Accusé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat » et menacé d’arrestation, l’opposant Moïse Katumbi a décidé de quitter la RDC pour se faire soigner en Afrique du Sud après des violences policières. Un départ risqué pour le candidat à la prochaine présidentielle, qui pourrait se transformer en exil politique de longue durée.

    Si le président congolais Joseph Kabila comptait se débarrasser de Moïse Katumbi, c’est désormais chose faite. Du moins provisoirement. L’ancien gouverneur du Katanga s’est envolé vendredi 20 mai pour l’Afrique du Sud, où le candidat à la prochaine présidentielle congolaise se fera soigner à Johannesburg après avoir été victime de violences policières. 15 jours après s’être déclaré candidat pour la course à la magistrature suprême, le très populaire président du TP Mazembe, le premier club de football congolais, se retrouve dans une situation des plus délicates . En moins de deux semaines, les foudres de la justice congolaises se sont abattues sur ce rival sérieux au président Kabila. Katumbi s’est retrouvé accusé d’avoir recruté des mercenaires étrangers et placé sous le coup d’un mandat d’arrêt… avec seul nul doute un procès à la clé. L’ancien allié de Joseph Kabila, qui a rompu les amarres avec la majorité présidentielle en septembre 2015, risque gros dans cette affaire de mercenaires. Accusé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat », l’ex-gouverneur pourrait être condamné à la peine capitale (qui n’est pas appliquée en RDC). Même si la justice pourrait ne pas aller jusqu’à cette peine maximale, une simple condamnation rendrait le candidat Katumbi inéligible pour de longues années.

    Katumbi autorisé à se faire soigner à l’étranger

    Mercredi 18 mai, Moïse Katumbi et ses nombreux supporters qui l’accompagnaient au Palais de justice de Lubumbashi, sont violemment dispersés par la police. Les proches de l’opposant dénoncent « des coups et des gaz lacrymogènes ». Le candidat lui-même est blessé et hospitalisé dans la capitale de l’ex-Katanga. Entre temps, l’étau de la justice se resserre : un mandat d’arrêt est émis par le Procureur, signifiant une arrestation imminente de Katumbi en vue d’un prochain procès. Les avocats de l’homme d’affaire demandent alors à la justice l’autorisation que leur client puisse se faire soigner à l’étranger. Une autorisation sitôt acceptée. Cette décision des plus étonnantes, lorsque l’on connait le degré répression et d’intimidation qui pèse sur les opposants au camp présidentiel, étonne les observateurs de la politique congolaise : « On accuse Katumbi d’atteinte à la sûreté de l’Etat et on le laisse partir en Afrique du Sud ? Plutôt étrange ». Pour certains, le départ de l’opposant pour l’Afrique du Sud a été négocié « parce que cela arrange tout le monde » : la majorité présidentielle se débarrasse d’un candidat encombrant et Katumbi évite la prison.

    Hors course ?

    Mais depuis son départ pour l’Afrique du Sud, le candidat Katumbi se retrouve dans une situation des plus inconfortables pour réaliser son dessein politique. Loin du Congo et de son fief de Lubumbashi, le candidat à la présidentielle est transformé en simple spectateur de la crise politique qui se joue à Kinshasa. Hors du pays, Katumbi se retrouve de facto hors course pour la suite du feuilleton politique. Le patron du TP Mazembe devra donc décidé rapidement de son sort : rester en Afrique du Sud le temps des soins et rentrer au Congo avec le risque de se faire arrêter à sa descente d’avion, ou rester en Afrique du Sud et perdre le contact avec ses soutiens en RDC. Pour ne pas perdre le crédit et la popularité qu’il vient d’acquérir ces dernières semaines dans la peau de « l’opposant n°1 au président Kabila », Katumbi ne doit pas s’éterniser en Afrique du Sud. Cette « pause » sud-africaine doit lui permettre de prendre le temps de peaufiner sa défense et d’établir sa stratégie de retour. Sans cela, l’épisode sud-africain pourrait se transformer en exil politique de longue durée, qui handicaperait fortement le candidat Katumbi pour la prochaine présidentielle. Un élément pourrait peut-être changer la donne sur « l’affaire Katumbi » : la mobilisation populaire. Une journée de protestation est prévue jeudi 26 mais dans tout le pays pour protester contre l’arrêt de la Cour constitutionnel qui autorise le président Kabila à se maintenir au pouvoir au-delà des limites de son mandat. La mobilisation de Lubumbashi, base arrière de Katumbi, constituera un excellent test pour estimer le poids de ses soutiens.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia