Author: Don Kayembe

  • « Opposition » et « Pouvoir » en RD-Congo résultent d’une fausse lecture de l’histoire de la part de l’élite

    « Opposition » et « Pouvoir » en RD-Congo résultent d’une fausse lecture de l’histoire de la part de l’élite

    Mufocol Tshiyoyo
    Mufocol Tshiyoyo

    -Quelle est l’identité de l’adversaire contre lequel l’élite congolaise devrait mobiliser le peuple dans son combat pour l’indépendance et la souveraineté de la RD-Congo ?

    Hier, « nous autres », qui nous nous définissions de l’« opposition », avons « maladroitement » répondu : « Mobutu ». Cette réponse est certes globale, en ce sens qu’elle s’applique à l’élite d’Afrique toute entière. Mais je trouve qu’elle ne justifie, à elle seule, son utilisation par l’élite congolaise.

    Aujourd’hui, notre expérience politique renseigne que Mobutu, ce par notre réponse à la question de l’identité de l’adversaire, n’a jamais été considéré pour ce qu’en réalité il fut C’est-à-dire comme un élément d’un tout. Et les autres diront d’un système. Mais attention, un système dont il ne fut, lui le recru, ni le géniteur, ni l’acteur principal, ou encore « acteur » tout court. Ce serait peut-être lui donner trop d’importance qu’il n’en avait dans ce jeu où se jouaient et se jouent encore aujourd’hui le devenir et l’histoire de « nous » comme peuples.

    Mobutu ne fut qu’un pion, je dirais plutôt un instrument « négligeable » aux yeux de ceux qui semblèrent le placer à la tête de la RD-Congo, et ce, comme « président » alors qu’il n’en fut rien de tout cela. Et si l’on devrait saisir son rôle, on aurait dit qu’il servait de fusible, et à faire sauter, ce à tout moment et surtout quand la situation l’exigeait. Non par le peuple, mais par ceux qui conservaient le contrôle de la magie du circuit électrique. Et le peuple, lui, pouvait se remuer, se révolter même, mais pas assez averti et nourri par une élite qui, elle-même, l’était moins. En combattant Mobutu, ce comme il se déploie encore aujourd’hui, son « opposition » renforçait le mythe d’un Mobutu-puissant. D’un mercenaire « Joseph Kabila, alors que son rôle n’est qu’imaginaire, il est défini par les metteurs en scène en vue de déjouer l’attention et voire de désorienter ceux qui étaient à même de comprendre et du peuple.

    Le type de « Mobutu », qui se perpétue toujours, remplissait la mission de détourner le peuple de sa réalité violée et également de recevoir des coups à la place du « Maître ». Sa présence et son maintien, aussi longtemps que personne ne s’en préoccupait, assurait la protection du maître. L’élite, trompée et lui-même mentait le peuple, plongeait ainsi dans le piège tendu de « l’adversaire identifié ». C’est alors une faute de jugement que de lui attribuer le contrôle d’un système. Et c’est toujours le cas aujourd’hui avec ce que certains congolais nomment déjà par ignorance le système de « Joseph Kabila ». Ce dernier existe à peine. Il est plus une mythologie. Et on l’a vu quand Mobutu s’incline, quand il tombe, quand il est chassé par ses « Maîtres », tout s’écroule, notamment ses nombreux conseillers, ses ministres et les siens à qui on avait attribué un faux pouvoir, tout disparaît alors qu’en Occident, chez les « Maîtres », son système perdure. Ce qui explique que l’ « adversaire identifié » reste debout, même puissant et il réussit même à relancer, et dans les mêmes conditions presque, son système. Même s’il en modifiait quelques personnages.

    Je crois que le temps est venu d’assumer des responsabilités dans l’histoire. La conception et la structuration de la classe politique en RD-Congo en opposition et en pouvoir relève non seulement d’une faute de lecture mais d’un manque de perspicacité dans la réflexion. L’Union Sacrée de l’Opposition radicale et ses composants, notamment partis politiques de l’opposition et autres faisaient le jeu, et malheureusement sans le savoir, de l’ « adversaire identifié » qui lui ne faisait que régner en « maître » de céans. Il a su toujours tirer profit de son système : « diviser pour mieux régner ». C’est décevant aujourd’hui de voir que tout le monde, même les anciens, perpétuent le même système en le reproduisant mot à mot. Le pouvoir comme l’opposition est un mensonge, un leurre.

    Le « Pouvoir », c’est-à-dire le camp de ceux qui croient être au « pouvoir », hier des Mobutistes et la « Kabilie » aujourd’hui, participe en toute naïveté à l’entretien de quelque chose d’inexistant, du néant. Mais ces gens dans leur ignorance conseillent et soutiennent une absence de réalité du pouvoir. C’est ce qui me révolte quand j’entends des gens dirent aujourd’hui qu’il faille négocier ou dialoguer. Et je me dis quelle cécité. Dialoguer ou négocier avec qui dès lors que le présupposé pouvoir attend lui-même recevoir de l’ordre de ceux qui lui donnent l’impression d’être au pouvoir. Parce qu’il est censé se conformer à leur agenda dont il se montre ignorant. Mobutu et ses conseillers défendaient hier le maintien des Hutu sur le territoire congolais, pour contenter la volonté du « Maître », mais ils ignoraient que la présence souhaitée de Hutus au Congo prétexterait le déclenchement de leur départ d’un pouvoir qu’ils n’ont jamais détenus. C’est le cas de la Kabilie aujourd’hui.

    Certes qu’il y a beaucoup à dire. Mais je voulais juste démontrer que nous étions dans l’erreur du jugement et d’appréciation, Que nous le sommes encore aujourd’hui sinon jamais des gens auraient affirmé que nous avons eu à présenter un tel aux Américains ou aux Anglais. Mais arrêtez ! Mais arrêtez cette ignorance. Les Américains à la tête d’un Occident dominé par les Anglo-Saxons ne décident pas sur le Congo, et ce, en lieu et place de Congolais eux-mêmes comme il se dit souvent. Par contre, ce sont des adversaires qui combattent les Congolais. Face à eux, et en face d’un « adversaire identifié », c’est l’union, l’unité à la fois de l’élite et de son peuple, qui est vivement recommandé et efficace. Le pouvoir et l’opposition sont un leurre, un instrument auquel recourt l’adversaire identifié pour justifier sa cause et régner.

    Il est temps de rassembler le peuple, de lui dire la vérité en face pour que ce peuple soit utile qu’il serve enfin la nation, sa lutte, sa construction, pour qu’il se mette au combat et qu’il se batte pour la RD-Congo et son devenir. Il faut faire rêver notre jeunesse et savoir en payer le véritable prix. Au nom de tous ceux qui sont morts pour que vive à jamais l’âme de cette immense terre dénommée la RD-Congo, je crois et proclame ma foi en ce combat. Et je me montre prêt pour tout.

    Quand je parle d’ « adversaire identifié », je ne dis pas, et à ce stade, « ennemi ».

    Que vive l’Union,
    Que vive l’Unité
    Que vive le peuple de la RD-Congo

    Likambo ya mabele, likambo ya makila

    Mufoncol Tshiyoyo
    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

  • Hilton Worldwide va ouvrir son premier hôtel à Kinshasa, en R D Congo

    Hilton Worldwide va ouvrir son premier hôtel à Kinshasa, en R D Congo

    HiltonHotelsLogo.svg-Hilton Worldwide va ouvrir son premier hôtel à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Les travaux de rénovation sont prévus pour s’achever en 2016.

    La société hôtelière Hilton Worldwide a annoncé, mercredi 4 mars, la signature d’un accord de franchise avec Africa Hospitality Investments pour ouvrir le “DoubleTree by Hilton Kinshasa ­- The Stanley”. L’hôtel, situé dans le quartier de Gombe, dans les anciens locaux de l’ambassade de France, nécessite d’importants travaux de rénovation et ne sera inauguré qu’en 2016. Il proposera quatre-vingt treize chambres, un business center, trois salles de réunion et un centre de remise en forme. Les clients auront également accès à trois centres de restauration : un restaurant servant des repas toute la journée, un café lounge ainsi qu’un restaurant panoramique.

    Implantation africaine

    “L’accent que nous avons mis sur le développement de notre portefeuille dans des endroits clés à travers l’Afrique a permis à Hilton Worldwide d’avoir le programme de développement hôtelier le plus rapide du continent. Ce contrat, qui marque notre arrivée en RDC, nous assurera une présence dans cette zone majeure et permettra à Kinshasa de proposer aux touristes une offre hôtelière encore plus intéressante”, a indiqué Patrick Fitzgibbon, le directeur du développement pour l’Europe et l’Afrique de Hilton Worldwide.

    À l’instar du groupe Pullman qui a récemment ouvert son Grand Hôtel à Kinshasa, Hilton – qui gère déjà 37 hôtels en Afrique – étend méthodiquement son empreinte sur le continent.

    (Jeune Afrique)

  • Étienne Tshisekedi, ad vitam aeternam

    Étienne Tshisekedi, ad vitam aeternam

    Tshisekedi-De retour, le vieil opposant congolais semble le seul à pouvoir remettre de l’ordre dans son parti. La situation s’est certes dégradée en son absence… mais peut-être pas autant que son état de santé.

    Sa diction est lente, hésitante… Mais enfin, il parle. Coiffé de son éternelle casquette, se déplaçant d’un pas mal assuré mais sans aide, l’opposant “historique” congolais, Étienne Tshisekedi, est venu à la fête organisée le 21 février à Bruxelles pour le 33e anniversaire de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Malgré son apparente faiblesse, ses partisans lui ont réservé un accueil de rock star. Car son apparition surprise, agrémentée d’une allocution de quelques minutes, est la première, en public, depuis décembre 2013. Et survient alors que des rumeurs alarmistes le disaient paralysé. Son fils Félix refuse de divulguer le mal dont il souffre mais dit garder espoir.”Sa santé s’est beaucoup améliorée ces derniers mois, confie-t-il. Et cela continue.”

    Faire descendre ses partisans dans la rue

    À 82 ans, le complet rétablissement d’Étienne Tshisekedi demeure pour le moins incertain. Pourtant, l’UDPS aurait grandement besoin de lui. Depuis le début de l’exil médical de son président en Belgique, en août 2014, le parti a beaucoup perdu de son influence. Autrefois moteur de l’opposition, capable de faire descendre massivement ses partisans dans la rue, il a été dépassé par les événements lorsque manifestants et émeutiers ont paralysé Kinshasa du 19 au 21 janvier. À preuve, l’appel à manifester le 26 janvier, lancé par son secrétaire général, Bruno Mavungu, n’a pas été suivi.

    Surtout, des fractures internes sont apparues au grand jour. Au Canada et en Belgique, des groupes rivaux se disputent le titre de branche officielle de l’UDPS. “Et ce processus risque de s’amplifier”, soupire un autre membre du parti. En toile de fond, c’est une bataille pour le contrôle de cette formation politique qui est en train de se jouer. D’un côté, la famille biologique d’Étienne Tshisekedi : son épouse, “Maman” Marthe, son fils Félix, et leurs fidèles, dont Bruno Mavungu.

    De l’autre, ses anciens proches conseillers, comme Valentin Mubake et Albert Moleka, qui sont désormais tenus à l’écart du patriarche et accusent la famille d’avoir une emprise sur lui, voire de le manipuler. Marthe et Félix Tshisekedi sont notamment soupçonnés de vouloir infléchir la ligne du parti, traditionnellement intransigeante. Alors que, depuis le scrutin de 2011, où il est arrivé deuxième, ses partisans le considèrent toujours comme le président élu, le patriarche a appelé au “dialogue”. “Il s’agirait, sous l’égide de la communauté internationale, de régler le contentieux des dernières élections pour que les prochaines aient lieu sereinement, précise son fils, Félix. Mais une cohabitation gouvernementale est hors de question.”

    Jamais une formation politique congolaise importante n’a survécu à son leader historique

    Tout en assurant vouer le plus grand respect à leur chef, ses anciens bras droits estiment que le parti doit s’organiser pour fonctionner un jour en son absence. Alors que jamais une formation politique congolaise importante n’a survécu à son leader historique, un tel scénario serait inédit. Aux yeux du clan familial, personne n’a l’envergure pour lui succéder. Malgré son âge et son état de santé, Étienne Tshisekedi semble en effet le seul dénominateur commun entre les différents courants de l’UDPS. Le congrès du parti, en décembre, pourrait donc consacrer à nouveau son leadership, voire son investiture pour la prochaine présidentielle…

    (Jeune Afrique)

  • Obama à Selma : la longue marche contre la discrimination raciale continue

    Obama à Selma : la longue marche contre la discrimination raciale continue

    COUPLE OBAMA-“Notre marche n’est pas encore terminée”: cinquante ans après la répression sanglante à Selma (sud) d’une marche pour les droits civiques entrée dans l’histoire, Barack Obama a appelé à poursuivre la lutte contre la discrimination raciale aux États-Unis.

    Dans un discours prononcé sous un soleil éclatant devant le pont Edmund Pettus sur lequel, il y a un demi-siècle, quelque centaines de manifestants pacifiques furent violemment pris d’assaut par la police, le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis a appelé à la lucidité et la vigilance, évoquant en particulier des reculs sur le droit de vote.

    S’il a souligné les progrès accomplis – “Si vous pensez que rien n’a changé, demandez à quelqu’un qui a vécu à Selma, Chicago ou Los Angeles dans les années 50 !” – M. Obama a aussi appelé à refuser le raisonnement consistant à suggérer que le racisme a disparu.

    “Nous n’avons pas besoin du rapport de Ferguson pour savoir que cela n’est pas vrai”, a-t-il ajouté, en allusion au document accablant du gouvernement publié cette semaine qui pointe les comportements discriminatoires de la police dans cette petite ville du Missouri (centre), théâtre de violentes émeutes après la mort d’un jeune Noir abattu par un policier blanc.

    “Nous savons que cette marche n’est pas encore terminée”

    “Il nous suffit d’ouvrir nos yeux, nos oreilles et nos coeurs pour savoir que l’ombre de l’histoire raciale de ce pays plane toujours sur nous”, a-t-il poursuivi dans cette petite ville de l’Alabama où s’étaient rassemblées plusieurs dizaines de milliers de personnes, 50 ans après un “Bloody Sunday” qui traumatisa l’Amérique. “Nous savons que cette marche n’est pas encore terminée”, a lancé M. Obama, qui a ensuite mené, son prédécesseur George W. Bush à ses côtés, un cortège à pied sur le pont Edmund Pettus, au-dessus du fleuve Alabama.

    Deux semaines après la marche du 7 mars 1965, plusieurs milliers de personnes emmenées par le pasteur Martin Luther King quittaient de nouveau Selma pour rejoindre la capitale de l’Alabama, Montgomery, à près de 90 km de là, où elles arrivèrent en un large cortège après plusieurs journées d’une marche entrée dans l’histoire.

    Le 6 août 1965, le président démocrate Lyndon Johnson signait le Voting Rights Act, garantissant à tous le droit de vote en supprimant un nombre incalculable d’obstacles qui se dressaient sur la route des Afro-américains désireux de s’inscrire sur les listes électorales. “Vous pouviez aller demander votre inscription mais il fallait passer un test sur la Constitution de l’Alabama !”, a raconté à l’AFP Louretta Wimberly, qui participa activement à l’organisation de ces marches.

    “D’autres combats à mener”

    Si la loi de 1965 a changé la donne, le débat n’est cependant pas clos. Les démocrates accusent régulièrement les républicains de brandir la menace de la fraude électorale pour introduire dans certains Etats des contraintes supplémentaires sur l’identification des électeurs dans le but de dissuader les minorités de se rendre aux urnes.

    “Aujourd’hui même, en 2015, 50 ans après Selma, il y a des lois à travers ce pays conçues pour rendre le vote plus difficile”, a lancé M. Obama. “Au moment où nous parlons, d’autres lois de ce type sont proposées”, a-t-il ajouté. “Comment cela est-il possible ?”, s’est-il interrogé avec véhémence.

    Quelques minutes plus tôt, le pasteur Al Sharpton, militant des droits civiques, avait lancé une mise en garde similaire: “Ne pas protéger avec force ce qui a été acquis (sur le droit de vote), c’est manquer de respect envers ceux qui ont fait ces sacrifices”. “Nous avons beaucoup progressé (…) mais l’heure est plutôt à la protestation qu’à la seule célébration”, a de son côté souligné le pasteur Jesse Jackson, appelant aussi à s’attaquer “à la question de la pauvreté, qui est une arme de destruction massive”.

    Selma, source d’inspiration

    Selma, ville de 20.000 habitants (dont 80% de Noirs), connaît un taux de chômage supérieur à 10%, soit le double de la moyenne nationale. Près de 40% des foyers y vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

    Pour Letasha Irby, 36 ans, qui travaille dans une usine de pièces détachées pour l’automobile, “il y a d’autres combats à mener aujourd’hui” en Alabama. “S’ils se sont unis et ont fait front ensemble (il y a 50 ans), cela peut être fait aujourd’hui”, ajoute la jeune femme, qui gagne 12 dollars de l’heure et cite, comme priorité, la lutte pour des “salaires décents”.

    Soulignant l’impact décisif de la marche non-violente de Selma sur le “destin” des Etats-Unis, M. Obama a aussi jugé qu’elle restait une source d’inspiration pour des “millions de personnes” à travers le monde. “Des rues de Tunis à la place Maïdan en Ukraine, une génération de jeunes gens peuvent tirer leur force de ce lieu”, a-t-il lancé, évoquant le mouvement lancé à Selma qui a fait tomber “des barrières politiques, économiques et sociales”.

    (AFP)

  • RDC : les contrats miniers toujours en eaux troubles

    RDC : les contrats miniers toujours en eaux troubles

    mine-MIBA--Un nouveau rapport du Centre Carter dénonce le manque de transparence du secteur minier. Dans les documents analysés, le nom des actionnaires, les investissements et les bénéfices de l’entreprise sont le plus souvent absents.

    Soupçons de corruption

    Le résultat de l’étude est en demi-teinte. Le rapport note des avancées, notamment avec la participation de la RDC à l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) qui a permis « la publication de d’avantage de données sur les taxes du secteur minier ». En clair, on contrôle (un peu) mieux les rentrées d’argent dans les caisses de l’Etat. Pourtant, de nombreux contrats restent encore opaques, notamment sur « les impacts environnementaux, les projets de développement social et communautaire, et les informations de base sur la propriété des principaux projets miniers ». Sur ce dernier point, cela veut dire que les véritables propriétaires des projets miniers étudiés, ne sont pas toujours connus. Un manque de transparence qui alimente les soupçons de corruption.

    Pas de données sur les investissements et les bénéfices

    Sur les 17 projets analysés, « au moins 62 contrats, amendements et annexes n’ont pas été publiés par le Ministère des Mines, en violation avec un décret du gouvernement congolais exigeant leur publication dans les 60 jours suivant la signature ». Si le gouvernement congolais affirme que « tous les contrats sont publiés », le rapport précise « qu’il n’a été possible pour aucun projet couvert par l’étude d’obtenir l’exhaustivité des documents contractuels ». Idem concernant les résultats financiers des entreprises : « ils ne sont pas disponibles ». Impossible d’obtenir les investissements et les bénéfices de ces sociétés, éléments pourtant cruciaux « pour mettre en perspective les recettes fiscales ».

    Une administration défaillante

    Les manquements des services de l’Etat congolais sont également pointés par le document. Dans la plupart des cas, les chercheurs n’ont pas pu identifier les actionnaires des entreprises minières. En cause, les agents du Tribunal de Commerce, qui sollicitaient « soit des paiements illicites, soit des frais de photocopie excessifs avant de fournir l’accès ». Au Journal Officiel, on explique que «photocopier le JO est illégal. C’est préjudiciable aux droits d’auteur (sic) ». Enfin, certains agents ne pouvaient retrouver les documents « à défaut d’un système d’archivage organisé ».

    Mauvaises pratiques des entreprises

    A la lecture de cette étude, on remarque que les quelques progrès réalisés en matière de transparence reste cosmétiques. Après avoir été sortie de l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives en 2013, la RDC a finalement réintégré le processus en juillet 2014. Avec des améliorations notables au niveau de la perception des taxes. Mais l’ITIE apparaît clairement insuffisante pour garantir un commerce des minerais sein et équitable. Pour les populations locales, les mauvaises pratiques des géants miniers restent une réalité. En juin 2014, une ONG suisse, « Bred for all » dénonçait « le travail des enfants, les pratiques fiscales agressives et la pollution de l’environnement » du groupe Glencore. Si en 2012, Glencore déclarait avoir réglé la pollution des eaux provoquée par son usine de Luilu, « Bred for all » et d’autres ONG, ont démontré récemment que les concentrations de cuivre et de cobalt dans le cours d’eau dépassaient les limites recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) : « 6 fois pour le cuivre et 53 fois pour le cobalt ! »

    Bons et mauvais élèves

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    Les différents projets miniers ont été analysés suivant une grille de lecture précise : identité de l’entreprise, actionnaires, production, montant investi, impôts et taxes, réalisations sociales, impacts environnementaux… Parmi, les projets les mieux notés : Tenke Fungurume Mining – TFM, (6,8/10) et Ashanti Gold Kilo – AGK, (6,6/10)… les derniers du classement étant Mining and Processing Congo – MPC (4,1/10) et Société Moku-Beverendi – SMB (4/10). Les deux thématiques les plus mal notées étant (sans surprise)les impacts environnementaux et sociaux des projets miniers.

    Un secteur clé de l’économie

    Le rapport du Centre Carter, ironiquement intitulé « qui cherche ne trouve pas », préconise un renforcement du code minier congolais « pour qu’il exige clairement la publication des contrats miniers ». L’ONG demande également la publication des 62 contrats de l’étude et la distribution des résumés des études d’impact environnemental sur son site web en langue française. Des recommandations à prendre au sérieux par les autorités congolaises, qui cherchent actuellement à développer les investissements extérieurs dans le secteur minier. L’émergence de la RDC repose notamment sur ce secteur clé de l’économie congolaise, qui pèse plusieurs centaines de millions de dollars.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • RDC : timide restauration de l’autorité de l’Etat à l’Est

    RDC : timide restauration de l’autorité de l’Etat à l’Est

    ITALY-IMMIGRATION-LABOUR-VIOLENCE-Si les autorités congolaises renforcent leur contrôle dans l’Est du pays depuis la fin du M23, les populations vivent toujours en insécurité, affirme une étude d’Oxfam. Au banc des accusés : les groupes armés, mais aussi l’armée congolaise (FARDC) et la police.

    Des zones « sécurisées » toujours insécures

    Groupes armés septembre 2014

    Mais l’étude d’Oxfam va plus loin que le simple recensement des groupes armés de la région. La conclusion de l »ONG bat en brèche les informations gouvernementales sur la « sécurisation » de certaines zones par l’armée et la police congolaise. « L’État estime que la sécurité de ces zones est assurée, note Oxfam,mais en réalité, les communautés vivent toujours dans l’insécurité« . Au banc des accusés : les groupes armés, mais aussi les « forces étatiques« . L’ONG a mené son

    enquête en août et septembre 2014 dans les territoires de Masisi et Rutshuru dans le Nord-Kivu, et Kalehe et Uvira dans le Sud-Kivu.

    Conflits locaux

    L’étude note tout d’abord la persistance des conflits locaux dans cette région instable du pays. Les conflits fonciers liés à la terre sont récurrents : « beaucoup d’anciens réfugiés et de personnes déplacées ont indiqué à Oxfam qu’ils avaient constaté à leur retour que leur terrain était occupé ou avait été vendu« . Le rapport explique ensuite que ces conflits intercommunautaires sont souvent à l’origine de la création de groupes d’autodéfense, qui se transforment souvent par la suite… en groupes armés.

    « Les FDLR exigent 10% des cultures »”

    Malgré la fin du M23 et une présence renforcée de l’armée congolaise, les groupes armés restent encore très actifs dans l’Est. Insécurité, violences physiques, homicides, viols… sont le lot commun des populations du Kivu. L’économie locale est également fortement impactée par la présence de groupes armés. Les Congolais interrogés par Oxfam racontent « devoir céder une partie de leurs récoltes à chaque étape du processus de production« . Les rebelles rwandais des FDLR, que trauqe actuellement l’armée congolaise, exigent 10% des cultures « avant même qu’elles aient été récoltées« .

    Les exactions des autorités

    Mais l’élément le plus choquant de l’étude d’Oxfam reste les exactions commises par les « agents de l’Etat« , armée, police… Si ces pratiques ne sont pas nouvelles, elles démontrent que la prise de contrôle de certaines zones par les autorités congolaises n’est pas forcement synonyme de sécurité pour les civils. Un constat accablant pour Kinshasa qui vante pourtant la reconquête par les services de l’Etat des territoires de l’Est. Le rapport d’Oxfam dénonce les agents de l’Etat qui commettent « des atteintes aux droits fondamentaux similaires aux exactions des groupes armés : extorsions à des barrières routières, obligation de travaux forcés, application de taxes illégales, arrestations arbitraires… « .  Un responsable local a indiqué à l’ONG que « les policiers et les militaires avaient continué les pratiques illégales de barrières routières mises en place par les FDLR« .

    « Payer les agents »

    La restauration de l’autorité de l’Etat paraît donc très « fragmentaire » analyse Oxfam, qui s’étonne même que dans certains territoires : « l’État partage parfois l’autorité avec des groupes armés« . Quelles solutions pour consolider l’Etat dans ces zones ?  « Payer les agents » affirme d’abord l’ONG. Cela paraît une évidence, mais visiblement, Kinshasa peine à verser les salaires régulièrement. Oxfam recommande aussi « d’allouer le budget nécessaire pour la réforme des services de sécurité« . Enfin, le programme le plus récent de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), est toujours au point mort, et surtout … n’a pas encore été financé. De quoi rester globalement pessimiste sur un retour rapide de la sécurité dans les deux Kivus.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Albert Moleka conjugue Tshisekedi au passé

    Albert Moleka conjugue Tshisekedi au passé

    tshisekedi-et-moleka-De passage à Paris en France à son retour de Washington, l’ancien directeur de cabinet du président de l’Udps, Albert Moleka a indiqué au cours d’une interview sur France 24 qu’Etienne Tshisekedi devait renoncer à postuler en 2016. Il avait promis de raccrocher les crampons. L’Udps doit logiquement tourner certaines pages historiques, a-t-il ajouté. M. TShisekedi en 2010 avant de rentrer au pays, précise Moleka, avait assuré que les élections de 2011 constituaient son dernier combat- un combat de toute une vie. Le dircab contesté pense

    qu’Etienne Tshisekedi a encore un rôle à jouer mais seulement comme patriarche politique. Il déconseille vivement à ceux qui veulent l’obliger à faire un combat de trop. Moleka propose la mise en place d’un directoire avec six cadres dont trois venant de l’intérieur et trois autres de l’extérieur du pays. Le nouveau directoire jouera un rôle clé dans cette période pré-électorale parce que, selon lui, le parti doit se lancer dans la bataille électorale.

    Le cadre Udps estime qu’il est grand temps pour que l’Udps se détermine. Le 13 mars 2014, Moleka rappelle qu’Etienne Tshisekedi lui avait déjà donné six noms pour constituer la nouvelle direction politique. ‘‘Parmi les trois noms du pays figurait mon nom et dans les trois de l’étranger, il y avait aussi le nom de Félix Tshisekedi’’, affirme Moleka qui ajoute que lui-même Tshisekedi voulait déjà passer la main, passer le bâton de commandement. Malheureusement, un incident de caractère familial avait interrompu notre séance de travail, déplore-t-il. A la question de savoir qui doit succéder à Tshisekedi, Moleka s’est refusé d’avancer un quelconque nom mais néanmoins, il a tracé un portrait-robot. Le successeur du leader maximo doit être rassembleur, un connaisseur de l’Udps et surtout il doit être au-dessus de clivages, a insisté Albert Moleka.

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  • RDC: les atteintes aux droits de l’Homme, “monnaie courante” dans l’est (Oxfam)

    RDC: les atteintes aux droits de l’Homme, “monnaie courante” dans l’est (Oxfam)

    Zambia Police-Les atteintes aux droits de l’Homme restent “monnaie courante” dans l’est de la République démocratique du Congo du fait d’exactions commises contre les civils par des groupes armés et des membres des forces de l’ordre, a dénoncé vendredi l’ONG Oxfam.

    Le rapport “L’insécurité sécurisée” fait le point sur la situation dans l’est congolais depuis la signature en février 2013 de l’accord d’Addis-Abeba, par lequel la RDC s’engageait à une réforme du secteur de la sécurité, tandis que ses voisins promettaient de ne soutenir aucune rébellion sur le sol congolais.

    “Deux ans après la signature de l’accord-cadre, les conflits et les violences envers les civils sont toujours monnaie courante dans beaucoup de zones de l’est de la RDC”, souligne Oxfam dans son rapport présenté vendredi à Kinshasa.

    “La police et d’autres acteurs étatiques ont renforcé leur contrôle” dans certaines régions de l’Est, instable depuis 20 ans, et “l’État estime que la sécurité de ces zones est assurée, mais en réalité, les communautés vivent toujours dans l’insécurité”, poursuit le document.

    Entre août et septembre 2014, l’ONG a enquêté dans 16 villages des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, riches en minerais et où sévissent plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers, qui commettent des exactions contre les civils et s’affrontent pour des raisons ethniques, foncières ou économiques.

    “Dans l’ensemble, les recherches ont mis en avant le peu de progrès réalisé en matière de consolidation d’une autorité tangible et légitime de l’État dans de nombreuses parties de l’est de la RDC, ce qui est préoccupant”, indique le rapport.

    Pire, “dans certaines localités, des représentants de l’État et des groupes armés se partagent l’autorité”. En outre, “souvent, la présence de représentants de l’État ne garantit pas la protection des civils contre les violences et les atteintes à leurs droits”.

    Au contraire même, “les personnes interrogées ont expliqué (…) que les représentants de l’État, en particulier les services de sécurité, l’armée (FARDC) et la police (PNC)”, sous-payés, “commettaient des atteintes aux droits humains”: violences physiques, taxes illégales, vols…

    Les interviewés ont aussi confié qu’ils devaient “payer pour obtenir la protection que tout citoyen est en droit d’exiger de l’État”, alors que les forces régulières ne peuvent pas se rendre dans certaines zones compte tenu de l’insécurité.

    AFP
  • La RD Congo a enregistré une croissance économique de 9,5% en 2014

    La RD Congo a enregistré une croissance économique de 9,5% en 2014

    Kinshasa-En 2014, la République démocratique du Congo a enregistré une croissance économique de 9,5%, soit l’une des meilleures performances réalisées depuis l’indépendance du pays en 1960, a annoncé le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo , le 3 mars.

    «Selon le Programme des Nations unies pour le développement, si nous maintenons ce rythme de création de richesses, la RD Congo pourrait devenir un pays émergent en 13 ans», a-t-il déclaré.
    Les prévisions du gouvernement congolais sont légèrement plus optimistes que celles du Fonds monétaire international (FMI), qui a estimé en décembre dernier que la RD Congo devrait enregistrer une croissance économique de 9% en 2014 et de 9,1% en 2015, grâce notamment à la hausse de la production minière.
    La RD Congo se dispute la place de premier producteur de cuivre en Afrique avec la Zambie. Le pays dispose aussi de grandes réserves d’or, de diamants et de cobalt.

    (Financial Afrik)