Author: Don Kayembe

  • RDC, quatre partis nationaux sur 477 : UDPS, PPRD,	MLC et UNC au-dessus du lot

    RDC, quatre partis nationaux sur 477 : UDPS, PPRD, MLC et UNC au-dessus du lot

    logos-Profitant de la remise officielle à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) de la liste actualisée des partis politiques agréés en République Démocratique du Congo, la Commission Africaine pour la Supervision des Elections (Case) a annoncé hier mercredi 18 mars à la Maison des élections, la publication du rapport sur leur taux d’implantation réelle et leur efficacité sur terrain. Cette enquête, menée par les observateurs à long terme de la « Case », déployés à travers le pays, révèle que sur 477 partis politiques agréés au ministère de l’Intérieur, seulement quatre présentent un taux d’implantation de 75% à travers la république. Il s’agit de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et l’Union pour la Nation Congolaise (UNC).

    Le rapport renseigne aussi que certains partis politiques n’existent que dans la capitale et ne se soucient aucunement de leur implantation en provinces, moins encore dans les communes, territoires, secteurs et chefferies. La « Case » a précisé que certains partis politiques existant à Kinshasa ne parviennent pas à couvrir les différentes communes de la capitale. A ce sujet, ce rapport indique que les partis politiques n’ayant aucune base réelle sur le terrain sont évalués à 461, soit 20% dans l’ensemble de la ville de Kinshasa.
    Par ailleurs, seulement 12 partis politiques ont réussi à implanter leurs structures politiques dans les chefs-lieux des provinces ou dans certains territoires dont sont originaires leurs leaders. Et la plupart de ces formations politiques ne sont pas connues de la population.

    En conclusion, comme il est démontré dans le rapport, 97% des partis politiques régulièrement agréés en RDC, ne sont suffisamment pas implantés et sont peu connus de la population. « Sur 100% des personnes interrogées sur l’organisation, le fonctionnement, l’implantation des partis politiques sur le terrain, 99% affirment n’avoir aucune connaissance desdits partis auxquels ils sont censés appartenir. D’autres par contre n’ont aucune connaissance de la signification de leurs sigles, projets de société ou du rôle qu’ils jouent auprès de la population », a fait remarquer le président de la « Case », Simaro Ngongo.

    D’après lui, cette réalité très interpellatrice mérite d’être connue et prise en compte, afin que le processus électoral se mène dans la vérité, la transparence et la responsabilité. Il a souligné aussi que sa structure n’en veut pas aux formations politiques du pays, mais que son plus grand souci est de mettre à la disposition de la classe politique congolaise des données fiables et vérifiables sur la santé des 477 partis politiques à la base et ce, à la veille de grandes échéances électorales en RDC.

    A l’en croire, le phénomène de création des partis politiques et leur prolifération inexpliquée à travers le pays, suscitent aussi bien des inquiétudes que des interrogations. « Il deviendra difficile au souverain primaire de savoir opérer un choix judicieux pour son engagement dans l’un ou l’autre parti politique tant qu’il en existe plusieurs. En plus, il y aura une confusion quand aux tendances réelles des uns comme des autres, qui ne permettent plus de distinguer les partis de la gauche de ceux de la droite », a-t-il martelé.
    C’est dans ce sens que la « Case » a invité les différentes autorités morales des partis politiques à prendre conscience des enjeux électoraux qui se précisent et qui deviennent de plus en plus incontournables. Elle a appelé ces personnalités à se rattraper par une implantation suffisante de leurs formations politiques sur toute l’étendue du territoire national et d’engager un programme de formation de leurs candidats et témoins, afin de mieux les armer pour les échéances électorales.

    15 avril 2015 : lancement de l’opération de réception et traitement des candidatures électorales
    En réaction à l’exposé ci-dessus, Marie-Desanges Keta Lokondjo, membre de l’assemblée plénière de la Ceni, a profité de cette occasion pour rappeler aux différents partis politiques qu’il est temps de se préparer aux échéances électorales qui se pointent à l’horizon. Car, dit-elle, la Ceni va lancer très bientôt, en date du 15 avril 2015, l’opération de réception et traitement des candidatures sur toute l’étendue du territoire national. Il devient urgent, poursuit-elle, que les formations politiques officiellement reconnues recrutent, dès à présent, leurs candidats et témoins à tous les niveaux des scrutins.

    Il sied de noter que la « Case », dans la stratégie utilisée pour réunir les données conformes à la vie de chaque parti politique, s’est servie d’une méthodologie adaptée tant aux réalités géographiques du pays qu’aux techniques de récolte des opinions, des avis de la population sur terrain, au sondage au travers de ses représentations provinciales, territoriales et sectorielles, dans sa cartographie d’implantation vérifiable sur l’ensemble du territoire national.
    Perside DIAWAKU(Le Phare)

  • les USA ont financé les activistes

    les USA ont financé les activistes

    usa flag-L’ambassade américaine à Kinshasa a confirmé lundi qu’elle a financé un événement qui a réuni de jeunes activistes sénégalais, burkinabè et congolais.

    Un porte-parole de l’ambassade a déclaré que “cet événement, parrainé en partie par le gouvernement américain, est l’une des nombreuses activités que le gouvernement américain encourage. ”

    Les Etats-Unis indiquent que “les activités de Washington concernent les jeunes et la société civile pour les encourager à se faire entendre. ”

    Les forces de sécurité congolaises ont arrêté dimanche un employé de l’agence américaine de développement (USAID).

    Une vingtaine d’activistes et plusieurs journalistes de la presse étrangère ont également été arrêtés.

    Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a déclaré que les jeunes sont toujours en détention et sont soupçonnés “d’insurrection visant à monter les jeunes contre le pouvoir.”

    (BBC)

  • RDC -Burkina Faso: Ouaga monte au créneau

    RDC -Burkina Faso: Ouaga monte au créneau

    arrestationLe gouvernement burkinabé a annoncé avoir contacté les autorités congolaises pour s’enquérir des circonstances de cette arrestation et obtenir sa relaxe de Sibiri OUEDRAOGO Johanni.

    Une sortie prudente par laquelle Ouagadougou dit suivre avec intérêt l’évolution de la situation.

    Cet artiste musicien est membre du balai Citoyen, une des organisations de la société civile a l’origine de la mobilisation populaire qui a conduit à la démission de Blaise Compaoré en octobre 2014.

    Le communique du gouvernement burkinabè confirme également que l’activiste pro démocratie est gardés à l’Agence nationale de renseignements.

    Tout en affirmant être soucieux de la protection de ses ressortissants à l’étranger, le gouvernement du Burkina Faso reste prudent dans sa démarche.

    Il ne faut surtout pas envenimer la situation, a confié une source gouvernementale à la BBC.

    Sibiri OUEDRAOGO a été arrêté dimanche à Kinshasa en compagnie de militants sénégalais et congolais alors qu’il participait à une rencontre destinée à sensibiliser la jeunesse congolaise sur les questions de gouvernance et de démocratie.

    Des journalistes de la presse étrangère avaient aussi été arrêtés, puis relâchés dimanche soir.

    M. Ouédraogo est membre du “Balai citoyen”, une des organisations qui ont ferraillé contre le projet du président burkinabé Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat après 27 ans de règne.

    L’organisation “Balai citoyen” aussi a appelé à la libération “sans condition” de M. Ouédraogo et des militants sénégalais arrêtés avec lui.

    Ces arrestations interviennent en plein débat sur un éventuel troisième mandat du président congolais Joseph Kabila.

    Le climat politique s’est fortement crispé en RDC depuis des manifestations violentes qui ont fait plusieurs morts du 19 au 22 janvier.

    Les contestataires dénonçaient un projet de révision de la loi électorale qui aurait permis au président congolais Joseph Kabila de briguer un nouveau mandat après la fin 2016, alors que la Constitution le lui interdit.

    (BBC)

  • L’armée nigeriane affirme avoir chassé Boko Haram de l’Etat de Yobe

    L’armée nigeriane affirme avoir chassé Boko Haram de l’Etat de Yobe

    NIGER MILITAIRE-L’armée nigériane a affirmé lundi avoir chassé le groupe armé Boko Haram de l’État de Yobe (nord-est), un des États durement frappés par les insurgés islamistes, après avoir repris la ville de Goniri.

    “Nous avons annoncé la reprise de Goniri aujourd’hui”, écrit le porte-parole de l’armée Chris Olukolade sur son compte twitter @GENOlukolade. “C’était le dernier bastion des terroristes dans l’État de Yobe… #YobeEstLibre”, a-t-il poursuivi.

    La semaine dernière, l’armée avait déclaré que les combattants de Boko Haram étaient désormais “chassés” d’un autre État, celui d’Adamawa.

    Dans un second tweet publié en fin de journée lundi, M. Olukolade annonce que l’armée a également délogé le Boko Haram de Bama, deuxième ville de l’État de Borno, à 70km de la capitale Maiduguri.

    “Les troupes nigérianes ont délogé les terroristes de #Bama dans l’État de #Borno. L’opération de nettoyage est en cours”, écrit-il sur son tweet.

    Les insurgés de Boko Haram avait pris Bama, une ville clé, début septembre, en même temps que plusieurs autres villes et villages de trois États au nord-est du pays, Borno, Adamawa et Yobe.

    Dimanche, Boko Haram avait incendié plusieurs habitations à Bama, forçant des centaines d’habitants à fuir vers Maiduguri.

    Lundi, les soldats nigérians sont entrés dans Bama à environ 16H00 heures locales (15H00 GMT) et ont combattu les insurgés qui ont fui dans les villages dans les environs, ont indiqué des habitants en fuite à l’AFP.

    Dans un autre tweet, M. Olukolade avait affirmé auparant qu’”Adamawa est libre, Yobe est libre, Borno sera bientôt libéré par notre armée compétente”.

    Ces trois États du nord-est du Nigeria — Adamawa, Borno et Yobe — constituaient l’épicentre de la rébellion du groupe islamiste armé et de sa répression, qui ont fait 13.000 morts et plus de 1,5 million de déplacés depuis six ans.

    L’état d’urgence avait été décrété dans ces trois États en mai 2013. L’armée et les milices citoyennes ont alors repoussé les insurgés islamistes des centres-villes dans des régions rurales et plus reculées. Le président nigérian Goodluck Jonathan souhaitait renouveler l’état d’urgence pour la troisième fois en novembre dernier mais le parlement a voté contre cette mesure.

    Mais les violence ont continué et se sont même intensifiées quand l’armée a été incapable d’empêcher la prise d’une douzaine de villes et villages par Boko Haram dans ces trois États.

    L’élection présidentielle au Nigeria a été repoussée de six semaines à cause de l’insurrection du groupe armé. Le Nigeria et ses alliés, le Tchad, le Cameroun et le Niger, ont alors lancé fin janvier une vaste opération contre Boko Haram pour sécuriser le nord-est du pays avant les élections le 28 mars.

    Avec la libération de Yobe annoncée lundi, seuls quelques villes et villages de l’État de Borno sont toujours sous le contrôle de Boko Haram. La semaine dernière, le gouvernement nigérian a affirmé que 36 localités des trois États du nord-est du pays avaient été reprises depuis le début de l’offensive régionale.

    Dans un entretien à Voice of America diffusé la semaine dernière, le président Goodluck Jonathan avait promis que les États d’Adamawa et de Yobe seraient libérés d’ici cette semaine, et Borno d’ici deux semaines.

    (AFP)

  • LE DECOUPAGE TERRITORIAL DU KATANGA EN 4 : CONDITIONS DE SA REUSSITE AU DELA D’UN SCEPTICISME AFFICHE

    LE DECOUPAGE TERRITORIAL DU KATANGA EN 4 : CONDITIONS DE SA REUSSITE AU DELA D’UN SCEPTICISME AFFICHE

    Nouvelle carte RDC-I. PRELIMINAIRES
    Comme un fleuve irrigué par de nombreux affluents, voilà plus de neuf ans  que l’on entend des voix s’élever pour ou contre le « découpage territorial », rappelant l’époque de la tour de Babel  avec son cortège de divisions et d’incompréhensions. Cette cacophonie s’est intensifiée depuis la récente  promulgation de la loi de programmation n° 15/004 du 28 février 2015 déterminant les modalités d’installation de nouvelle s provinces.
    En effet, à la faveur de la révision constitutionnelle sanctionnée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011, l’article 226 de la Constitution fut modifié dans le sens de la suppression du délai constitutionnel initial, laissant au législateur le soin d’adopter une loi de programmation déterminant les modalités d’installation de ces nouvelles provinces.
    Ladite loi de programmation – tant attendu – a pour objet la mise en application  de la volonté du peuple congolais. Elle fixe un nouveau calendrier d’installation des provinces qui est conçu en deux phases : la première concerne la Ville de Kinshasa et les quatre provinces actuelles non démembrées ; la seconde, dont la durée ne peut excéder cent vingt jours à dater de la mise en place des commissions, concerne les autres provinces dont le Haut- Lomami, le Haut- Katanga, le Lualaba et le Tanganyika issues de la province du  Katanga.
    Cette loi définit également les actions à entreprendre en vue de la mise en place effective de ces provinces, parmi lesquelles la désignation des membres de la commission, par le décret du Premier Ministre, chargés d’effectuer des tâches spécifiques notamment,  d’établissement de l’actif et du passif des anciennes provinces.
    En optant pour la « décentralisation », la République Démocratique du Congo (RDC) n’innove pas. Plusieurs pays africains l’ont opté à la suite des crises économiques, sociales et/ou politiques qu’ils ont connu. La décentralisation est souvent perçue comme la panacée pour relever toute une série de défis en matière de développement: reconstruire l’État, combattre la corruption, restaurer la confiance dans le gouvernement, promouvoir des formes de gouvernance plus participatives et lutter contre la pauvreté. En pratique, les choses sont loin d’être aussi simples si, pour d’aucuns, la décentralisation est intrinsèquement une bonne chose à laquelle il convient d’avoir recours en toutes circonstances, il existe cependant un courant de scepticisme important et la RDC ne fait pas exception.
    C’est pourquoi il sied de réfléchir sur les conditions de sa réussite !
    II. AU DELA DES PESANTEURS ET SCEPTICISME AFFICHES
    Depuis que la décentralisation fut introduite dans la Constitution, sa matérialisation en RDC n’a cessée de  rencontrer des pesanteurs qui font que l’urgence de l’application de cette politique fut diversement appréciée. Pour nous en convaincre, nous faisons recours à la situation de la province du Katanga. En effet, au terme de l’article 2 de la Constitution, la RDC compte 25 provinces et la ville de Kinshasa, contre 10 provinces et la capitale actuellement. En clair, il sera procédé au découpage territorial. À ce sujet, le Katanga qui éclate en quatre provinces : le Haut- Lomami, le Haut- Katanga, le Lualaba et le Tanganika. Mais l’on a assisté au chapelet des pétitions et des contre-pétitions sur le découpage ou non du Katanga, lettres ouvertes et prises de position confuses. Tous les coups furent permis.  Certains opérateurs politiques soutenant mordicus le processus compte tenu de leur attachement à de sentiments tribaux et/ou ethniques. Par contre ceux qui sont en défaveur de la décision craignent de perdre certains avantages.
    Au-delà de toutes ces positions, contre-positions, peurs et cauchemars sur le découpage territorial au Katanga, il est impérieux que les antagonistes aient présent à l’esprit que la RDC est un « Etat uni et Indivisible» et la décentralisation, d’essence constitutionnelle soit-elle, n’est pas synonyme de fédéralisme, encore moins de confédéralisme. La ligne de démarcation mérite d’être rapidement tracée…
    Ainsi, nous soutenons qu’il ne s’agit plus de décider si le découpage  territorial  est une option, ou de ne pas la voir franchir l’étape du stade initial, mais plutôt de savoir comment le mettre en œuvre dans la pratique pour qu’il puisse réaliser les objectifs qu’il s’est fixés en assurant à la fois la stabilité, l’efficacité de l’Etat ainsi que les libertés démocratiques créatrices d’idées et de progrès. Ainsi, la RDC a pris un tournant décisif dans le mode de gouvernance de ses provinces puisque les principes de l’Etat central fortement décentralisé ont été précisés comme fil conducteur pour le fonctionnement des institutions.
    L’on doit effacer les peurs d’être chassés dans telle ou telle autre contrée ou d’aller obligatoirement résider ou travailler uniquement dans sa province dite d’origine car, tout congolais a le droit de s’établir partout ou il veut et personne ne pourra le lui en priver sans violer la Constitution et les droits fondamentaux. Pour ce faire, ayons tout simplement à l’esprit l’idée que  la décentralisation est juridiquement un mode d’organisation des pouvoirs publics. C’est le transfert de certaines compétences de l’Etat à des collectivités territoriales, autonomes financièrement et juridiquement du pouvoir central. Mais en réalité, elle est aussi l’affaire de chaque citoyen car elle modifie profondément ses relations avec les pouvoirs publics. TOCQUEVILLE affirmait par exemple que la centralisation administrative n’était propre « qu’à énerver les peuples » car elle tendait « à diminuer parmi eux l’esprit de cité ».
    En RDC, les mutations institutionnelles et socio-politiques attendues doivent être comprises comme un élargissement de la démocratie participative pour stimuler la responsabilisation des acteurs à la base. Dans ce sens, la décentralisation offre non seulement des espoirs d’un renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance locale mais aussi des promesses d’une plus grande efficacité et efficience dans l’offre de services adaptés aux besoins locaux et un cadre adapté pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Toutefois, la décentralisation n’apportera une plus grande efficience dans l’offre des services, une meilleure gouvernance locale et ne contribuera à la réduction de la pauvreté et à la consolidation de la paix sociale seulement si certaines conditions sont remplies.
    III. QUELQUES CONDITIONS POUR UN DECOUPAGE TERRITORIAL REUSSI AU KATANGA ET EN RDC
    3.1. Le respect et la compréhension des textes légaux qui organisent le découpage territorial  par le peuple et ses élus
    La culture démocratique veut qu’après la promulgation de la loi de programmation qui détermine, en application de l’article 226 de la Constitution les modalités d’installation de nouvelles Provinces en RDC et pour le cas d’espèces, qui détermine les quatre provinces qui sont issues de la province du Katanga telles que énumérées à l’article 2 de la Constitution, les frondeurs doivent s’incliner et se mettre au pas. Il leur aussi appartient le droit de mener d’autres démarches légales pour que leurs desideratas soient entendus pour un remembrement ou pour un autre démembrement possible. Cela doit cependant se faire dans  le strict respect des normes.
    L’on entend donc par modalités d’installation de nouvelles Provinces, l’ensemble des opérations à effectuer dans chaque Province selon le calendrier d’installation des nouvelles provinces .
    A ce sujet, l’on doit retenir que l’installation de nouvelles Provinces et de la Ville de Kinshasa se déroule en deux phases dont la première phase concerne les Provinces du Kongo Central, du Maniema, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et la Ville de Kinshasa.  La deuxième phase concerne les Provinces du Bas-Uelé, de l’Equateur, du Haut-Katanga, du Haut-Lomami, du Haut-Uélé, de l’Ituri, du Kasaï, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental, du Kwango, du Kwilu, du Lomami, du Lualaba, de Maï-Ndombe, de la Mongala, du Nord-Ubangi, du Sankuru, du Sud-Ubangi, du Tanganyika, de la Tshopo et de la Tshuapa. [ Article 3]
    L’installation des nouvelles provinces issues du Katanga se fait dans les quinze jours suivant la promulgation loi  et pour les besoins de leurs installations, sur proposition du Ministre ayant l’intérieur  dans ses attributions, un Décret délibéré en Conseil des Ministres met en place une Commission par Province à démembrer, ici le Katanga qui comprendra aussi des sous-commissions en vue d’effectuer les opérations relatives à l’installation.
    Composée d’au plus quinze membres à raison de trois membres par sous-commission, la Commission a pour tâches de  :
    – établir l’état des lieux de la Province ;
    – dresser l’actif et le passif de la Province ;
    – repartir, entre les nouvelles Provinces, le patrimoine ainsi que les ressources humaines et financières.
    Il sied donc d’insister sur le respect par l’exécutif national de mettre en place cette commission et que le travail débute sans oublier  l’audit afin de contrer les dissipations et autres manipulations financières et  dissimulations des deniers par les dirigeants sortant !
    3.2. L’avenir du  découpage territorial quand les députés provinciaux demeurent encore acteurs voire actifs
    Dans les trente jours de sa constitution, la Commission présente son rapport des travaux à l’Assemblée provinciale existante qui en prend acte.
    La présentation du rapport par la Commission et sa prise d’acte par l’Assemblée provinciale existante enclenchent le processus d’éclatement de la Province.
    Il sied de nous poser la question de la légitimité et du sérieux des députes provinciaux qui doivent prendre acte du rapport de la commission afin d’enclencher le processus si l’on sait que la plupart desdits députés sont des godillots comme bien élaboré dans notre livre intitulé « Le parlement provincial pour quoi faire ? » . N’est-ce pas laisser cette charge entre les mains de ceux qui ne partagent pas voire ne portent pas la voix du peuple depuis leurs élections par hasard en 2006 ? Pour le cas du Katanga, comment cette institution – Assemblée provinciale – peut-elle enfin se prendre au sérieux et ne pas demeurer sous le dictat de son « speaker » ennemi du découpage territorial quand ses intérêts sont menacés oubliant que le fédéralisme tant prôné n’est pas loin de ce qui se trouve sur le gâteau ?
    Au regard de la loi de programmation, le quinzième jour suivant la présentation du rapport par la Commission et sa prise d’acte par l’Assemblée provinciale existante, chaque Assemblée provinciale de la nouvelle Province se réunit de plein droit en session extraordinaire en vue de :
    1. l’installation du Bureau provisoire dirigé par le doyen d’âge assisté de deux membres les moins âgés ;
    2. la validation des pouvoirs qui vaut pour le reste du mandat à courir.;
    3. l’élaboration et l’adoption du Règlement intérieur ;
    4. l’élection et l’installation du Bureau définitif ;
    5. l’élection du Gouverneur et du Vice-gouverneur de Province, conformément à l’article 168 de la Loi électorale.
    La séance d’ouverture est présidée par le fonctionnaire ayant le grade le plus élevé dans l’administration publique de la nouvelle Province.
    La session extraordinaire prend fin à l’épuisement de l’ordre du jour.
    Lorsqu’une Assemblée provinciale ne se réunit pas dans le délai sans motif valable, le Ministre ayant l’intérieur dans ses attributions la convoque en session extraordinaire. Dans ce cas, la séance d’ouverture est présidée par un délégué du Ministre de l’Intérieur.
    La durée de l’installation effective des institutions provinciales ne peut excéder cent vingt jours à dater de la mise en place des Commissions. Voilà donc qu’il est urgent que la commission soit nommée et mise en place et que le travail se fasse sans délai pour que les députés provinciaux ne se refugient derrière le défaut de commission alors qu’ils doivent cette fois-ci sortir de leurs carcans et devenir des tambourineurs justifiant leur existence par les deux attributions fondamentales qui fondent la compétence de tout parlement : adopter la loi des hommes, et contrôler l’Administration chargée de l’appliquer. Cette double justification répond à la théorie de la séparation des pouvoirs de MONTESQUIEU.  Pourtant, le Parlement provincial du Katanga a fait montre de l’amateurisme ou carrément ce qu’il convient d’appeler « l’analphabétisme parlementaire », « l’incultisme  démocratique », etc.
    Il est certes vrai qu’avec les élections passées, nous avions dans une certaine mesure salué la victoire de la démocratie. Mais, une question demeure : Avons-nous choisi des bons acteurs ? La réponse est bien connue de tous. De plus en plus, nous déplorons amèrement la crise de légitimité que les Parlements provinciaux, institutions pivots de la démocratie – traversent. Au Katanga, le gouvernement provincial dominant l’agenda; la cohabitation entre les deux institutions politiques provinciales basée sur les intérêts égoïstes et mesquins ont engendré une gouvernance provinciale peu transparente démocratiquement, et les citoyens se demandant a quand le bout du tunnel ? Serait-ce par  l’installation des nouvelles provinces ?
    De ce qui précède, l’on est en droit de se demander dans quelles mesures, l’Assemblée provinciale qui doit être le symbole de l’expression démocratique joue-t-elle encore un rôle dans le processus de décision politique de nos démocraties dans les nouvelles provinces? Ainsi, avec le lancement du processus d’installation des nouvelles provinces, il sied que les députés réfléchissent sur leur rôle. Il est temps que le Parlement provincial cherche d’apparaître de plus en plus comme une institution à même de répondre aux attentes démocratiques profondes. Sans être le lieu unique des décisions importantes, le Parlement en est bien souvent la condition nécessaire. Il ne doit plus être  « la chambre d’enregistrement » ou mieux « la caisse de résonance »  que l’on dénonce, mais un acteur incontournable dans un système global de production de la norme : lieu de négociation de la décision finale, tribune d’affrontement des idées, meilleur moyen d’assurer un débat transparent et équilibré. Par ailleurs, le Parlement devra être de plus en plus, notamment dans sa fonction de contrôle, comme un acteur à même de répondre à l’exigence croissante de compte-rendu, constituant ainsi des garanties démocratiques : les Gouvernements  provinciaux des nouvelles provinces issues du Katanga devront agir désormais sous le contrôle effectif des parlementaires.
    3.3. L’implication active des citoyens dans le processus
    Presque tous les débats voire « ébats et émois » sur le découpage en RDC sont faits en l’absence du peuple, le souverain et bénéficiaire primaire. Il est donc important que les citoyens soient au centre du processus par implication active dans le processus. En effet, pour que réussisse la décentralisation, le processus doit être inspiré par l’exigence de la population d’une redéfinition des rapports entre l’État et ses citoyens et non être l’œuvre des calculs politiciens. La population locale doit s’approprier la réforme pour veiller à ce que l’esprit de la décentralisation soit respecté, que les dispositions juridiques formelles reflètent ses préoccupations et les réalités dans lesquelles elle vit et que ces dernières soient appliquées. Pour y parvenir de façon efficace, la population doit acquérir un certain nombre de compétences et d’aptitudes, en particulier une bonne compréhension des textes relatifs à la décentralisation. Les citoyens doivent avoir une meilleure compréhension des enjeux et de la manière dont ils peuvent participer et intervenir efficacement au niveau local dans les processus de prise de décisions qui affectent leur vie et leurs moyens d’existence. Fondamentalement, la population locale doit avoir foi dans les réformes et les opportunités qu’elles offrent, être convaincue qu’elle est capable de jouer un rôle important et demander aux collectivités de lui rendre compte de la gestion des affaires locales.
    Reconnaissons cependant que la réalisation de cette condition est un défi majeur en RDC car le chapelet de la pauvreté et l’analphabétisme, freine la participation active et informée des populations locales. Là où l’information existe, elle apparaît souvent tintée des discours partisanes et de division pour faire échec à la décentralisation.
    3.4. Rendre des entités décentralisées et leurs animateurs capables et compétitifs
    Fort de l’arsenal juridique sur la décentralisation, les collectivités locales doivent assurer des services sociaux et économiques (santé, alimentation en eau, éducation, etc.) sur la base de plans de développement locaux. Elles sont censées s’acquitter de ces services dans la concertation et l’équité, en veillant à la pleine participation des communautés qui relèvent de leur autorité. L’une des raisons principales de la décentralisation est d’accroître l’efficience et l’efficacité générales en permettant aux collectivités locales de renforcer leur sensibilité, leur responsabilité à l’égard des citoyens et l’efficacité de la production et de la fourniture de services. Ainsi, le processus de décentralisation est essentiel pour que les instances locales puissent jouer un rôle actif et important en termes de gouvernance locale.
    À court terme, le succès de la décentralisation dépend largement de la mesure dans laquelle la population locale constate qu’elle apporte des avantages tangibles. Étant donnés les niveaux de pauvreté actuels, cette population, qui perçoit les principes de la gouvernance démocratique comme essentiels à l’expression de ses initiatives, veut aussi voir mises en œuvre des mesures concrètes susceptibles de résoudre ses problèmes quotidiens : Installations sanitaires et éducatives inadaptées, alimentation en eau insuffisante, manque d’opportunités en matière d’emploi, de débouchés commerciaux et d’investissement, routes impraticables voire inexistantes, etc. Si les collectivités locales ne peuvent répondre à ces questions, cela compromettra gravement leur légitimité et la possibilité d’opérer des changements structurels dans le mode de gestion des affaires locales.
    Il sera aussi essentiel de renforcer les capacités des autorités locales pour répondre aux défis de la « décentralisation- découpage » et leur permettre d’agir en adoptant une démarche participative, transparente et durable pour réussir à gagner la confiance et la reconnaissance de la population locale, et, à terme, développer et renforcer leur autonomie financière. Reconnaissons cependant, que cela ne sera pas que facile.
    3.5. Fournir un cadre institutionnel favorable qui donne l’autorité et les pouvoirs de décision au niveau local.
    Les textes légaux sur la décentralisation permettent la création des entités territoriales légalement reconnues, dotées d’un budget et d’un personnel propre, ainsi que des pouvoirs de décision sur un éventail de domaines relevant directement de leur compétence. Le principe de subsidiarité et la nécessité de faire en sorte que le transfert de responsabilités s’accompagne d’un transfert simultané de ressources sont reconnus. Toutefois, dans la pratique, cet engagement politique en faveur d’un transfert de compétences connaît des embûches en RDC qu’il faille élaguer au plus tôt. De surcroît, l’absence d’un pouvoir effectif des collectivités locales sur le contrôle de leurs ressources financières compromettra leur viabilité économique et nuira à la légitimité du processus de décentralisation aux yeux de la population locale. Il appert donc nécessaire que tous les boulons d’étranglement du processus de décentralisation soient réellement supprimés afin que renaisse la RDC de ses cendres comme le phénix. Ce n’est donc pas un problème de moyens mais de volonté et vision managériale. Quelles garanties avons-nous qu’en réduisant les provinces de onze a une, la RDC serait nantie en infrastructures et que la misère cesserait ? Aucune et l’on fausserait les prémisses !
    IV. En guise de conclusion !
    Que conclure, sauf affirmer qu’au delà des inquiétudes politiciennes plutôt que citoyennes, il ne nous reste qu’à affirmer que découpage territorial du Katanga – en quatre nouvelles provinces – réussi constituera une réforme politique mettant les élus locaux au défi de répondre aux demandes des populations.
    Il permettra de mettre en relation directe le besoin social tel qu’il est vécu par le citoyen et la décision politique qui lui répond. Il autorisera alors non seulement une réforme de l’Etat par la déconcentration de ses moyens et la réduction de son périmètre d’intervention. Un véritable processus de reconstruction de l’Etat pourrait ainsi être amorcé en s’appuyant sur les communautés de base et les entités décentralisées. Cela est d’autant vrai car, l’espace local constitue, en effet, le lieu d’ancrage de la citoyenneté, le maillon initial des liens sociaux et la base du « vouloir vivre collectif ». Pour cette raison, il est impérieux de favoriser l’émergence d’entités fortes au plus près des préoccupations des citoyens. Mais une gouvernance locale ne peut être efficace que si les relations avec les autres niveaux de pouvoir sont prises en compte, donnant lieu à des échanges, à des négociations et à des actions de coopération. Comme qui dirait l’unité dans la diversité et non dans l’adversité !
    D’ou l’importance des actions à entreprendre pour un découpage territorial réussi et la loi sous examen est explicite quand elle affirme  à son article 10 : «  …dès l’installation de nouvelles Provinces, le Gouvernement de la République initie, en concertation avec les autorités provinciales, un programme d’équipement, de réhabilitation et de construction des infrastructures nécessaires au fonctionnement de nouvelles provinces. Il prévoit, sur une période de cinq ans, un budget pluriannuel d’investissement destiné au financement des travaux prioritaires de nouvelles Provinces. Il procède annuellement à une évaluation des travaux réalisés dans le cadre du programme …. Le rapport d’évaluation de ces travaux est présenté, à chaque session budgétaire, à l’Assemblée Nationale et au Sénat… ».
    Toutefois, pour prévenir les risques d’iniquité territoriale, de dilution des responsabilités et des compétences, l’instauration d’une démocratie locale doit être assortie de politiques complémentaires (renforcement des capacités, déconcentration des services de l’Etat, aménagement du territoire…) auxquelles tous les Congolais devront contribuer.
    Au finish, retenons qu’ « il n’y a rien de plus puissant qu’une idée dont le temps est venu ». Cette observation de Victor Hugo semble pouvoir avec modestie être appliquée à cette contribution pour une découpage territorial réussi au Katanga et partant en RDC.

     

    Dr. Joseph Yav
    ———————-
    – Avocat / Attorney at Law
    – Consultant
    – Professor (University of Lubumbashi:DRC)
  • CALENDRIER ÉLECTORAL : MINAKU POUR UN DIALOGUE DANS LE RESPECT DE LA CENI

    CALENDRIER ÉLECTORAL : MINAKU POUR UN DIALOGUE DANS LE RESPECT DE LA CENI

    rdc-palais-du-peuple– Le président de l’Assemblée nationale qui tient à l’indépendance de la Centrale électorale, s’est ainsi prononcé hier à l’ouverture de la session ordinaire de mars.

    La session ordinaire de mars 2015 a ouvert ses portes hier lundi 16 mars à l’Assemblée nationale. C’était en présence de nombreux invités dont le président du Sénat, le Premier ministre et les chefs des missions diplomatiques en poste à Kinshasa. Dans son mot d’ouverture, le président de la Chambre, Aubin Minaku, a clairement souligné que cette session se tient dans un contexte particulier, celui de la poursuite du processus électoral et de la consolidation de la paix à l’Est de la République.

    Pour ce qui est des élections, le speaker de la Chambre a rappelé aux députés que les périodes pré-électorale, électorale et post électorale ne doivent pas devenir des moments de s’envoyer des invectives entre acteurs politiques, de travailler pour le déchirement de l’unité nationale en opposant une partie du peuple contre une autre. Pour lui, ce n’est même pas le moment d’appeler au boycott des élections pour des raisons avouées ou inavouées étant donné qu’organiser les élections est le signe éloquent de la vivacité démocratique dans un pays.
    En dépit de plusieurs voix discordantes émises ici et là au sujet du calendrier global publié par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Aubin Minaku a rappelé à l’auguste assemblée quelques dispositifs constitutionnels. ” La Constitution de notre pays, en son article 211, alinéa 3, donne à la Ceni d’assurer la régularité du processus électoral et référendaire. Ce principe est réaffirmé de manière non équivoque par l’article 3 de la loi portant organisation et fonctionnement de la Ceni qui dit que la Ceni est chargée de l’organisation de tout processus électoral et référendaire. Elle en assure la régularité “, a souligné le président de l’Assemblée nationale. Pour ce faire, il a invité le Gouvernement à mobiliser les moyens financiers sollicités par la Centrale électorale afin de lui permettre de s’acquitter de sa tâche républicaine.

    UN DIALOGUE QUI RESPECTE LES PREROGATIVES DES INSTITUTIONS
    Concernant singulièrement le processus électoral, le président de l’Assemblée nationale a fait savoir qu’il est impérieux de respecter l’indépendance de la Ceni. Aussi, a-t-il souligné, chaque député a le pouvoir de s’interroger et d’interroger le Gouvernement quant à une mise en œuvre réaliste et sûre du calendrier électoral. ” S’il échet, je ne m’empêcherai d’autoriser un dialogue à cet effet, mais bien entendu dans le respect de nos prérogatives et celles d’autres institutions dont la Ceni. Il va sans dire que l’Assemblée nationale n’a pas le pouvoir de décréter un calendrier électoral, nonobstant le fait qu’elle peut débattre de toute question sans tabou et formuler des recommandations. Ma conviction est que si chacun de nous, représentant une portion du peuple, prend toute la mesure de la gravité des charges qui sont les nôtres, si chaque député assume pleinement son statut de représentant du peuple dans un élan républicain et un esprit de responsabilité partagé, les scènes de confusion et leurs conséquences parfois désastreuses, comme celles vécues en janvier dernier, vont certainement et sans nul doute s’éloigner de notre vie publique, garantissant ainsi l’ancrage d’une culture démocratique beaucoup plus apaisée et assumée “, a indiqué le président de l’Assemblée nationale.

    MATIERES DE LA SESSION
    La session ordinaire de mars 2015 a plusieurs matières à traiter. Il s’agit de nouvelles matières, des arriérés législatifs et des textes ayant été renvoyés par le Président de la République pour une nouvelle délibération. Pour ce qui est de nouvelles matières, le président de l’Assemblée nationale a informé les députés du dépôt par le Gouvernement des deux textes de lois. Il s’agit des projets de loi portant Code minier et celui instituant un nouveau tarif des droits et taxes à l’importation.
    Quant aux arriérés législatifs, a-t-il souligné, la priorité sera accordée aux textes de lois destinés à concourir notamment à la bonne organisation des échéances électorales à venir, au parachèvement des réformes des secteurs de la sécurité et de la justice ainsi que du processus de la décentralisation. La priorité sera également accordée à l’accélération des réformes à caractère économique et social. Au nombre desdits textes de loi, Aubin Minaku a cité notamment le projet de loi déterminant les principes fondamentaux relatifs à la mutualité, la proposition de loi organique portant institution, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale de lutte contre la corruption et le projet de loi modifiant et complétant le Code de la famille. Sur la liste des arriérés législatifs, il faut encore ajouter le projet de loi portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat, le projet de loi portant statut des Notaires et le projet de loi organique portant organisation et fonctionnement de la Caisse nationale de péréquation.
    Quant aux textes de loi renvoyés par le Président de la République pour une nouvelle délibération, il a évoqué les projets de loi sur les statuts des magistrats et celui portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité.

    LES TELECOMMUNICATIONS ET NOUVELLES TECHNOLOGIES CIBLES DU CONTROLE PARLEMENTAIRE

    Selon le président de l’Assemblée nationale, le contrôle parlementaire sera accentué et rigoureux. Au cours de cette session ordinaire de mars 2015, le speaker de la Chambre a proposé trois secteurs qui doivent faire l’objet d’un contrôle parlementaire avant le 15 juin prochain, c’est-à-dire avant la clôture de ladite session. Il s’agit des télécommunications et nouvelles technologies, de l’évaluation de la bancarisation de la Fonction publique et du commerce triangulaire des denrées de base.
    Le choix discrétionnaire du bureau de l’Assemblée nationale est assis sur de nombreuses requêtes et dénonciations reçues par les membres du bureau pendant les vacances parlementaires. ” C’est une manière pour la Chambre de se faire une idée exacte de toutes ces questions, de formuler des recommandations idoines aux différentes institutions concernées et prendre des sanctions, s’il échet “, a précisé le président Aubin Minaku. Les députés ont été invités à l’assiduité et à la régularité lors des travaux.

    (Forum des Us) Dorian KISIMBA

  • Un Congolais brûlé vif à Durban-Afrique du Sud

    Un Congolais brûlé vif à Durban-Afrique du Sud

    feu-En Afrique du Sud, la communauté congolaise s’inquiète pour la sécurité de ses ressortissants dans le pays. Tôt ce lundi matin, un homme originaire de la République démocratique du Congo a été brûlé vif dans la ville de Durban. Les causes ne sont pas encore connues, mais la montée de la xénophobie est significative dans le pays.

    L’homme travaillait dans une boîte de nuit où il assurait la sécurité. Selon des témoins, un groupe d’environ quatre personnes l’aurait aspergé d’essence, puis aurait mis le feu. La victime est décédée quelques heures plus tard à l’hôpital. Les causes de l’agression ne sont pas encore connues, mais les associations de protection des ressortissants africains craignent une attaque xénophobe.

    Le pays a connu une vague de violence contre les étrangers en 2009 durant laquelle près de 70 personnes ont été tuées. Et depuis le début de l’année, les attaques contre les commerçants étrangers sont en augmentation. En janvier, plusieurs centaines de commerçants, notamment somaliens, ont dû quitter le township de Soweto, après que leurs magasins ont été attaquéq et pillés.

    Depuis les incidents sont récurrents. Les autorités se refusent toujours à parler de xénophobie, mais plutôt de criminalité. Pourtant, la xénophobie existe en Afrique du Sud. Elle est entretenue par la pauvreté et les inégalités. L’année dernière, par exemple, 70 commerçants somaliens sont décédés dans l’attaque de leurs boutiques.

    (RFI)

  • Syrie : Washington devra parler à Assad pour mettre fin au conflit, dit Kerry

    Syrie : Washington devra parler à Assad pour mettre fin au conflit, dit Kerry

    U.S. Secretary of State John Kerry speaks during news conference in Kinshasa-Le secrétaire d’État américain John Kerry a admis que Washington devra négocier avec le président syrien Bachar al-Assad pour mettre fin au conflit qui a fait plus de 215.000 morts et entre dimanche dans sa cinquième année.

    “Au final, il faudra négocier. Nous avons toujours été pour les négociations dans le cadre du processus (de paix) de Genève I”, a déclaré M. Kerry dans une interview diffusée sur la chaîne CBS dimanche. Washington travaille à “relancer” les efforts visant à trouver une solution politique au conflit, a dit le chef de la diplomatie américaine.

    Mais Marie Harf, une porte-parole du département d’État, s’est empressée de préciser sur Twitter que John Kerry avait “réitéré la ligne que nous suivons depuis longtemps. Nous avons besoin d’un processus de négociations avec la participation du régime. Il n’a pas parlé de négociations directes avec Assad”.

    Lors de l’interview sur CBS, M. Kerry a d’ailleurs reconnu qu’il n’entendait pas relâcher la pression sur le président syrien “pour bien lui faire comprendre que tout le monde est déterminé à trouver une issue politique”.

    Jusqu’ici pourtant, l’administration Obama se montrait plus préoccupée par la lutte contre le groupe État islamique, qui contrôle des régions entières d’Irak et de Syrie. Elle appelait aussi de façon constante au départ de M. Assad. Reste à s’entendre sur les modalités de négociations avec Damas.

    Les États-Unis ont participé à l’organisation de pourparlers entre l’opposition syrienne et des émissaires de Damas à Genève au début de l’année dernière. Mais les deux cycles de négociations n’avaient produit aucun résultat. “Assad ne voulait pas négocier”, a asséné John Kerry. “S’il est prêt à engager des négociations sérieuses sur la façon d’appliquer Genève I, bien sûr”, a répondu M. Kerry lorsque la journaliste de CBS lui a demandé s’il était disposé à parler au président syrien. “Nous l’encourageons à le faire”.

    Diplomatie au point mort 

    En Syrie la catastrophe humanitaire se poursuit. Des ONG ont condamné cette semaine l’”échec” des gouvernements du monde à trouver une issue à la guerre qui a coûté la vie à plus de 215.000 personnes et poussé la moitié des habitants à fuir leur domicile.

    La diplomatie est au point mort, après deux séries de négociations entre régime et opposition qui se sont soldées par un fiasco. Deux émissaires spéciaux ont jeté l’éponge et un troisième tente en vain de faire appliquer un gel des combats à Alep (nord). L’incapacité de la communauté internationale à mettre fin au bain de sang alimente le sentiment d’amertume et d’abandon des Syriens, qui traversent selon l’ONU “la plus importante situation d’urgence humanitaire de notre ère”.

    Des ONG de défense de droits de l’homme ont enquêté sur les terribles exactions du régime: près de 13.000 Syriens sont morts sous la torture dans ses geôles depuis le début du soulèvement.

    Bachar al-Assad reste accroché au pouvoir et ses forces consolident leur contrôle sur la périphérie de Damas et d’Alep, où s’effrite la présence de la rébellion. Celle-ci, plus éclatée que jamais dans le nord, le centre et le sud du pays est affaiblie par la supériorité militaire de l’armée qui la bombarde de barils d’explosifs et s’appuie sur des alliés étrangers comme le Hezbollah libanais.

    Dimanche, au moins 18 civils ont été tués et 100 blessés, dont des femmes et des enfants, dans des raids aériens du régime sur une ville rebelle près de Damas.

    Peu d’espoir de paix 

    Depuis mi-2014, les États-Unis dirigent une coalition internationale pour combattre l’EI en Irak et en Syrie, où les jihadistes ont proclamé un “califat” islamique sur les territoires qu’ils contrôlent. Mais l’EI reste puissant. Le groupe attire des milliers de combattants étrangers, dont de nombreux Occidentaux, laissant craindre que des jihadistes ne cherchent à mener des attaques une fois de retour chez eux.

    L’espoir de paix en Syrie reste maigre. De nouveaux pourparlers sont prévus en avril à Moscou, allié indéfectible de M. Assad, mais la participation de l’opposition est à ce stade incertaine.

    “Il y a plus de 215.000 morts alors que la communauté internationale est silencieuse et qu’aucun crime n’est puni par des tribunaux internationaux”, affirme à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, qui comptabilise les morts depuis le début de la guerre.

     (Jeune Afrique)

  • Pourquoi les Blancs sont-ils appelés “expats” et les Noirs “immigrés” ?

    Pourquoi les Blancs sont-ils appelés “expats” et les Noirs “immigrés” ?

    Expat-Dans une tribune publiée dans “The Guardian” le 13 mars, Mawuna Remarque Koutonin, rédacteur en chef de siliconafrica.com, dénonce l’emploi racialisé des termes “expatrié” et “immigré”.

    Pourquoi le teme “expat” s’applique t-il exclusivement aux Blancs ? Pourquoi les Noirs qui travaillent et vivent en dehors de leur pays restent toujours des “immigrés” ? Pour Mawuna Remarque Koutonin militant en faveur du concept de “renaissance africaine” qui pose la question dans une tribune retentissante publiée sur son blog Silicon Africa, puis par The Guardian vendredi 13 mars, l’utilisation de ces termes est révélatrice d’une “hiérarchie des mots créée dans le but de placer les Blancs au-dessus des autres”.

    Pourtant, les choses sont claires. Un “expatrié”, mot qui vient du latin “ex” (“hors de”) et “patria” (“pays, patrie”), qualifie une personne résidant temporairement ou définitivement dans un pays autre que celui dont elle a la nationalité.

    Les Africains sont des immigrés. Les Asiatiques sont des immigrés. Pourtant, les Européens sont des expats (…) Immigrés est une façon de dire ‘races inférieures’, dit Mawuna Remarque Koutonin.

    Selon cette définition, il faudrait s’attendre à ce que toute personne travaillant à l’extérieur de son pays soit appelée “expatrié”, quelle que soit sa patrie d’origine ou sa couleur de peau. Mais ce n’est pas le cas, note Mawuna Remarque Koutonin. “Expatrié est un terme réservé exclusivement aux Blancs occidentaux allant travailler à l’étranger.”

    “Travailleurs qualifiés” vs “expats”

    “Les travailleurs africains qualifiés qui vont travailler en Europe ne sont pas considérés comme des expatriés. Ce sont des immigrants. Point barre, s’insurge-t-il. Il cite l’un d’entre eux : “Je travaille pour des organisations multinationales à la fois dans le secteur privé et dans le public. Et être noir ou ‘de couleur’ ne me donne pas le droit d’être qualifié d’”expat”. Je suis un immigrant hautement qualifié, comme ils disent pour être politiquement correct.”

    “Les Africains sont des immigrés. Les Asiatiques sont des immigrés. Pourtant, les Européens sont des expats (…) Immigrés est une façon de dire ‘races inférieures’”, ajoute Mawuna Remarque Koutonin. “Si vous voyez des Blancs dans votre pays, appelez-les immigrés (…)”, conclut Koutonin non sans ironie. “La déconstruction politique de cette vision du monde dépassée doit se poursuivre.”

    Page Wikipédia modifiée

    Comme l’avait noté le site slate.fr après la publication de la tribune de Koutonin, une distinction révélatrice était d’ailleurs opérée sur la fiche Wikipédia (en français) du terme “expatrié” : “En France, on le préfère au mot ‘émigré’ lorsqu’il s’agit de qualifier des Français établis hors des frontières nationales françaises pour des raisons professionnelles.”

    Mais depuis la publication de l’article de Slate, cette phrase a été supprimée. Un utilisateur de l’encyclopédie collaborative l’a remplacée par celle-ci : “Contrairement à l’émigré, l’expatrié n’a typiquement pas l’intention de s’installer à long terme dans le pays de résidence (mais peut toutefois en obtenir la citoyenneté) et provient d’un pays ayant un niveau de développement économique égal ou supérieur à celui du pays de résidence.” Et si la première partie de la définition est acceptable, la seconde l’est quant à elle beaucoup moins…

    (Jeune Afrique)

  • Le Congo de papa ?

    Le Congo de papa ?

    de croo-Tonton Alexander De Croo est un Belge flamand né en 1975. Depuis novembre 2014, il est vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement. Et puis, ce tonton a un humour caustique hérité de son père, l’oncle Hermann De Croo, pince-sans-rire devant les hommes, député depuis 1968. Pour les non-initiés, les Belges, anciens colonisateurs, sont les tontons des Congolais.

    Tonton Alexander De Croo était à Kinshasa fin février. À la presse médusée, il a tenu ces propos, en flamand : “La situation dans laquelle nous nous trouvons, avec son lot d’arrestations, de justice arbitraire et d’interruption de l’internet mobile et du trafic des SMS, n’est pas tolérable. Nous ne pouvons accepter le statu quo des dernières semaines en République démocratique du Congo.”

    Tonton De Croo n’a fait que de l’humour, cet humour dont nos tontons et tantines belges ont seuls le secret. Mais cela n’a pas plu, et je le comprends, à messire Lambert Mende Omalanga, ministre congolais de la Communication et des Médias. Il a vu rouge et enfourché sa belle plume pour rabattre le caquet au téméraire tonton. Je cite : “Votre discours […] témoigne en effet d’une méconnaissance du fait que le monde a changé depuis l’indépendance de notre pays, en 1960, et que les fictions infantiles de Tintin au Congo sont passablement dépassées, comme grille de lecture des faits et des idées.” L’incorrigible tonton De Croo n’a pas tenu compte de l’ire de messire Mende, qui lui reprochait son manque de “diplomatie”. À Bruxelles, il a dit à la presse : “Je ne suis pas diplomate, je suis ministre”, CQFD.

    Cette histoire me rappelle tonton Karel De Gucht, ex-ministre belge des Affaires étrangères, puis commissaire européen chargé de l’aide au développement et de l’action humanitaire. En avril 2008, à Kinshasa, il avait dit à Joseph Kabila : “Il y a beaucoup de corrompus autour de vous.” En décembre 2009, devant le Parlement européen, il ne voyait pas pourquoi l’Union européenne devait continuer à verser une aide humanitaire importante à la RD Congo, pays où “vous n’avez pas en face de vous des interlocuteurs politiques appropriés”. Pour lui, la RD Congo n’était qu’un “énorme gâchis, un pays où presque tout est à refaire, à commencer par la reconstruction de l’État, dont l’absence est au coeur du problème”. Début 2010, tonton De Gucht fut déclaré persona non grata en RD Congo.

    Ce qui m’embête, c’est que priver d’internet des millions de Congolais est, effectivement, une atteinte aux libertés individuelles.

    Tonton De Croo, pour revenir à lui, est-il un Tintin au Congo qui se serait trompé de siècle ? Je n’en suis pas convaincu. En 2010, Jeannette Kavira Mapera, ministre de la Culture, justifiait ainsi la bande dessinée d’Hergé : “À cette époque-là, décrite dans l’ouvrage, effectivement, pour remettre le Congolais au travail […], il fallait utiliser le bâton. Aujourd’hui encore, dans certains milieux, il faut y aller par des méthodes fortes.”

    Le Congo a-t-il changé depuis l’indépendance ? En 1960, il y avait déjà les Casques bleus de l’ONU comme aujourd’hui. Et la Belgique continue à aider, à financer des projets de développement. La souveraineté du Congo est en miettes depuis longtemps. Quand on est assisté, nul besoin de faire le malin ou le matamore.

    (Jeune Afrique)