Author: Don Kayembe

  • RDC : l’envoyé de l’ONU appelle les autorités à rétablir la coopération avec l’Organisation

    RDC : l’envoyé de l’ONU appelle les autorités à rétablir la coopération avec l’Organisation

    Kobler-19 mars 2015 – A l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), le Représentant spécial du Secrétaire général dans ce pays, Martin Kobler, a regretté la suspension de la participation des Casques bleus aux opérations conjointes avec l’armée congolaise contre les rebelles des FDLR et appelé les autorités congolaises à rétablir la coopération avec l’ONU.

    « Nous avons travaillé pendant des mois avec des généraux dans un esprit excellent et constructif de partenariat. Toutefois, ils ont été remplacés par des officiers qui ont commandé par le passé des unités ayant un passé crédible de violations des droits de l’homme », a déclaré M. Kobler devant les membres du Conseil de sécurité.

    « Nous avons donc été obligés de suspendre notre participation et notre soutien aux opérations sous leur commandement » contre les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) dans l’est de la RDC, a-t-il ajouté.

    Le Représentant spécial s’est dit persuadé que « le gouvernement prendra la mesure appropriée pour remédier à cette situation malencontreuse ». « Notre soutien reprendra alors rapidement », a-t-il ajouté.

    « Pour mieux coopérer, il faut créer une atmosphère de confiance », a-t-il encore dit. « Je propose donc au gouvernement de réenclencher la coopération sur la base d’une confiance mutuelle ».

    Le Représentant spécial a noté que la présence des groupes armés était limitée aux provinces de l’est du pays. Toutefois, « la situation sécuritaire en général n’est pas encore stable, encore moins irréversible », a-t-il ajouté. « Beaucoup de gens vivent encore dans la peur d’être violés, la peur d’être attaqués, la peur d’être dépouillés de leurs maigres biens ».

    Selon lui, il faut faire plus pour réduire la menace des groupes armés et la violence contre les civils « à un niveau qui puisse être géré de manière efficace par les institutions congolaises ». Aussi, même si la Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO) ne va pas rester éternellement en RDC, son retrait « devra être graduel et progressif et lié à des objectifs établis conjointement par le gouvernement et la MONUSCO », a-t-il ajouté.

    Selon lui, « le départ de la MONUSCO doit être lié aux résultats obtenus et à l’amélioration concrète de la situation sur le terrain ».

    S’agissant des élections à venir, M. Kobler a salué la publication d’un calendrier électoral le 12 février 2015 prévoyant des élections législatives et présidentielle en novembre 2016.

    « La MONUSCO est prête à apporter son aide pour ses élections, si celle-ci est requise, une aide logistique, technique et ses bons offices », a-t-il déclaré. Il s’est toutefois déclaré préoccupé par l’arrestation de plus de 40 acteurs de la société civile il y a quelques jours. « L’espace politique pour la société civile est un prérequis à des élections crédibles », a-t-il estimé.

    (ONU)

  • RDC: passe d’armes au Conseil de sécurité sur l’avenir de la Monusco

    RDC: passe d’armes au Conseil de sécurité sur l’avenir de la Monusco

    Raymond_tshibanda_et_Martin_kobler-L’ONU et la République démocratique du Congo (RDC) se sont livrés à une passe d’armes au Conseil de sécurité jeudi, le chef de la diplomatie congolaise réclamant un départ rapide des Casques bleus alors que le patron de la mission de l’ONU plaidait pour un “retrait progressif”.

    Pour le ministre congolais des Affaires étrangères Raymond Tshibanda, “le moment est venu (pour la RDC) d’assumer pleinement ses responsabilités quant à sa sécurité”. Il a demandé fermement au Conseil de “respecter cette aspiration légitime”.

    Le ministre a fait valoir des progrès politiques et économiques accomplis par son gouvernement et des “avancées importantes” des forces gouvernementales contre les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’est du pays. Il a évoqué un “Etat qui fonctionne et dont l’autorité s’exerce effectivement sur la quasi-totalité du territoire national”.

    Tout au plus, a-t-il reconnu, “il reste encore quelques poches d’insécurité entretenues par des terroristes ougandais dans et autour de Beni (Nord-Kivu) et par les FDLR à certains endroits bien localisés du Nord et du Sud Kivu”. “Partout ailleurs, sur le territoire national, la paix et la sécurité règnent”, a-t-il ajouté.

    Des affirmations battues en brèche par le chef de la Monusco, Martin Kobler, qui a souligné que “la situation générale de sécurité reste instable” et que “beaucoup vivent toujours dans la peur” dans l’est du pays.

    “La Monusco ne restera pas éternellement en RDC, a-t-il expliqué, mais il y a encore des efforts à faire pour ramener la menace des groupes armés et les violences contre les civils à un niveau gérable” par l’Etat congolais.

    “Le départ de la Monusco doit être lié aux résultats obtenus et à l’amélioration concrète de la situation sur le terrain”, a-t-il martelé.

    Selon des diplomates, le Conseil envisage de réduire de 2.000 les effectifs de la Monusco (près de 20.000 hommes) alors que Kinshasa réclame le retrait de 6.000 Casques bleus.

    M. Kobler a aussi critiqué “l’arrestation il y a quelques jours de plus de 40 acteurs de la société civile”. “Laisser un espace politique à la société civile est une condition préalable pour des élections crédibles”, a-t-il souligné.

    Les deux hommes sont revenus sur la nomination par Kinshasa de deux généraux coupables d’abus selon l’ONU, qui a amené la Monusco à se retirer de l’offensive contre les FDLR.

    “Nous ne voulons pas devoir choisir entre combattre les FDLR et soutenir les droits de l’homme”, a lancé M. Kobler. M. Tshibanda a affirmé que Kinshasa n’avait pas été averti à l’avance des soupçons contre les deux officiers qui avaient déjà travaillé avec l’ONU.

    De plus, a-t-il rétorqué, la RDC “tient à garder une totale autonomie sur le plan de la nomination de ses cadres civils et militaires”.

    M. Kobler a cependant offert à M. Tshibanda de “réenclencher la coopération” tandis que le ministre se disait “prêt à engager un dialogue stratégique” pour sortir de l’impasse.

    AFP
  • AURÉLIE FONTAINE (RTBF) RACONTE LES BRUTALITÉS DE LA POLICE KINOISE

    AURÉLIE FONTAINE (RTBF) RACONTE LES BRUTALITÉS DE LA POLICE KINOISE

    Aurélie-FONTAINE--Plusieurs membres de mouvements citoyens ainsi que des journalistes et un diplomate américain ont donc été arrêtés dimanche lors d’une réunion sur «l’engagement citoyen» à Kinshasa. Ils ont été détenus pendant plusieurs heures au siège de l’Agence Nationale du Renseignement (ANR). Aurélie FONTAINE, correspondante notamment pour la RTBF en RDC a été remise en liberté vers 20h00 locales. Voici son récit.

    «À la fin de la conférence de presse, des hommes en civil sont entrés et ont arrêté environ 30 personnes», a raconté lundi Aurélie FONTAINE, journaliste présente à Kinshasa depuis cinq mois. «Ils nous ont fait monter dans trois pick-up blancs. J’ai vu une dizaine de personnes entassées à l’arrière d’une camionnette. Certaines d’entre elles pouvaient à peine respirer», a-t-elle expliqué.

    Arrivées au siège de l’ANR, les personnes interpellées ont été disposées dans la cour, au soleil, raconte la journaliste belge. «Des policiers armés avaient pris une bâche annonçant le concert qui devait avoir lieu le soir même. Ils l’ont déposée sur les personnes arrêtées dans la cour et les ont prises en photo».
    «Les policiers les prenaient par la ceinture. Je les ai également vu brutaliser certains leaders sénégalais et burkinabés en les jetant contre une voiture», a poursuivi la journaliste.

    Les personnes arrêtées ont ensuite été séparées et interrogées. Aurélie FONTAINE ainsi que les autres journalistes (à l’exception du journaliste congolais) et le diplomate américain ont été relâchés vers 20h00, tandis que les autres protagonistes (une vingtaine) sont toujours privés de liberté.

    «Ils continuent à être entendus par la voie judiciaire» concernant leur «entreprise de déstabilisation» de la RDC, a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement, Lambert Vuvuzela MENDE. «On parle de préparation d’actes de violence», a-t-il ajouté, soulignant que la justice déciderait s’ils devaient être jugés ou expulsés.

    «J’ai pu récupérer mes papiers ce matin, mais je n’ai pu reprendre ni mon appareil photo ni mon téléphone», note encore Aurélie FONTAINE.

    Samedi et dimanche, des militants du mouvement sénégalais «Y’en a marre», burkinabè «Balai citoyen» et ou encore congolais « Filimbi » et «Lutte pour le changement» (Lucha) participaient à une réunion d’échange sur l’engagement citoyen.\

    (RTBF)

  • Sénégal: retour au bercail pour les militants de Y en a marre

    Sénégal: retour au bercail pour les militants de Y en a marre

    y en a marre-Déclarés persona non grata en République démocratique du Congo, ils sont enfin libres et chez eux. Les trois activistes du mouvement «Y en a marre» sont rentrés jeudi en fin d’après-midi à Dakar. Un petit comité d’accueil les attendait à l’aéroport.

    Ils sont arrivés en héros. Exténués, mais plus déterminés que jamais. Malal Talla alias Fou Malade, Fadel Barro, et Aliou Sané ont été accueillis par leurs familles. A l’instar de Fatima, la grande sœur de Fou Malade. « Dieu merci ! On était très inquiet », lâche-t-elle.

    Leurs amis « Y en a marristes » étaient là aussi. Notamment les rappeurs Simon et Thiat visiblement soulagés de les voir revenir au bercail.

    Aliou Sané a prononcé ces quelques mots : « On était à des milliers de kilomètres de Dakar, mais on a senti que le peuple était là. On a senti le Sénégal avec nous. Nous remercions le peuple sénégalais. Un peuple à la tête duquel le président Macky Sall a pris toutes les dispositions pour entrer en contact avec l’Etat congolais pour aboutir à cette issue aujourd’hui. »

    L’activiste en a profité pour remercier également « toutes les associations et toutes les dynamiques qui ce sont créées pour soutenir Y’en a marre, pour crier très fort afin que cette injustice soit levée ».

    « Mais comme vous le voyez aujourd’hui, il y a de l’amertume parce qu’il y a des frères qui sont restés là-bas, au Congo, et qui sont en prison. Ce n’est pas la joie aujourd’hui », a-t-il conclu.

    (RFI)

  • RDC, quatre partis nationaux sur 477 : UDPS, PPRD,	MLC et UNC au-dessus du lot

    RDC, quatre partis nationaux sur 477 : UDPS, PPRD, MLC et UNC au-dessus du lot

    logos-Profitant de la remise officielle à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) de la liste actualisée des partis politiques agréés en République Démocratique du Congo, la Commission Africaine pour la Supervision des Elections (Case) a annoncé hier mercredi 18 mars à la Maison des élections, la publication du rapport sur leur taux d’implantation réelle et leur efficacité sur terrain. Cette enquête, menée par les observateurs à long terme de la « Case », déployés à travers le pays, révèle que sur 477 partis politiques agréés au ministère de l’Intérieur, seulement quatre présentent un taux d’implantation de 75% à travers la république. Il s’agit de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et l’Union pour la Nation Congolaise (UNC).

    Le rapport renseigne aussi que certains partis politiques n’existent que dans la capitale et ne se soucient aucunement de leur implantation en provinces, moins encore dans les communes, territoires, secteurs et chefferies. La « Case » a précisé que certains partis politiques existant à Kinshasa ne parviennent pas à couvrir les différentes communes de la capitale. A ce sujet, ce rapport indique que les partis politiques n’ayant aucune base réelle sur le terrain sont évalués à 461, soit 20% dans l’ensemble de la ville de Kinshasa.
    Par ailleurs, seulement 12 partis politiques ont réussi à implanter leurs structures politiques dans les chefs-lieux des provinces ou dans certains territoires dont sont originaires leurs leaders. Et la plupart de ces formations politiques ne sont pas connues de la population.

    En conclusion, comme il est démontré dans le rapport, 97% des partis politiques régulièrement agréés en RDC, ne sont suffisamment pas implantés et sont peu connus de la population. « Sur 100% des personnes interrogées sur l’organisation, le fonctionnement, l’implantation des partis politiques sur le terrain, 99% affirment n’avoir aucune connaissance desdits partis auxquels ils sont censés appartenir. D’autres par contre n’ont aucune connaissance de la signification de leurs sigles, projets de société ou du rôle qu’ils jouent auprès de la population », a fait remarquer le président de la « Case », Simaro Ngongo.

    D’après lui, cette réalité très interpellatrice mérite d’être connue et prise en compte, afin que le processus électoral se mène dans la vérité, la transparence et la responsabilité. Il a souligné aussi que sa structure n’en veut pas aux formations politiques du pays, mais que son plus grand souci est de mettre à la disposition de la classe politique congolaise des données fiables et vérifiables sur la santé des 477 partis politiques à la base et ce, à la veille de grandes échéances électorales en RDC.

    A l’en croire, le phénomène de création des partis politiques et leur prolifération inexpliquée à travers le pays, suscitent aussi bien des inquiétudes que des interrogations. « Il deviendra difficile au souverain primaire de savoir opérer un choix judicieux pour son engagement dans l’un ou l’autre parti politique tant qu’il en existe plusieurs. En plus, il y aura une confusion quand aux tendances réelles des uns comme des autres, qui ne permettent plus de distinguer les partis de la gauche de ceux de la droite », a-t-il martelé.
    C’est dans ce sens que la « Case » a invité les différentes autorités morales des partis politiques à prendre conscience des enjeux électoraux qui se précisent et qui deviennent de plus en plus incontournables. Elle a appelé ces personnalités à se rattraper par une implantation suffisante de leurs formations politiques sur toute l’étendue du territoire national et d’engager un programme de formation de leurs candidats et témoins, afin de mieux les armer pour les échéances électorales.

    15 avril 2015 : lancement de l’opération de réception et traitement des candidatures électorales
    En réaction à l’exposé ci-dessus, Marie-Desanges Keta Lokondjo, membre de l’assemblée plénière de la Ceni, a profité de cette occasion pour rappeler aux différents partis politiques qu’il est temps de se préparer aux échéances électorales qui se pointent à l’horizon. Car, dit-elle, la Ceni va lancer très bientôt, en date du 15 avril 2015, l’opération de réception et traitement des candidatures sur toute l’étendue du territoire national. Il devient urgent, poursuit-elle, que les formations politiques officiellement reconnues recrutent, dès à présent, leurs candidats et témoins à tous les niveaux des scrutins.

    Il sied de noter que la « Case », dans la stratégie utilisée pour réunir les données conformes à la vie de chaque parti politique, s’est servie d’une méthodologie adaptée tant aux réalités géographiques du pays qu’aux techniques de récolte des opinions, des avis de la population sur terrain, au sondage au travers de ses représentations provinciales, territoriales et sectorielles, dans sa cartographie d’implantation vérifiable sur l’ensemble du territoire national.
    Perside DIAWAKU(Le Phare)

  • les USA ont financé les activistes

    les USA ont financé les activistes

    usa flag-L’ambassade américaine à Kinshasa a confirmé lundi qu’elle a financé un événement qui a réuni de jeunes activistes sénégalais, burkinabè et congolais.

    Un porte-parole de l’ambassade a déclaré que “cet événement, parrainé en partie par le gouvernement américain, est l’une des nombreuses activités que le gouvernement américain encourage. ”

    Les Etats-Unis indiquent que “les activités de Washington concernent les jeunes et la société civile pour les encourager à se faire entendre. ”

    Les forces de sécurité congolaises ont arrêté dimanche un employé de l’agence américaine de développement (USAID).

    Une vingtaine d’activistes et plusieurs journalistes de la presse étrangère ont également été arrêtés.

    Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a déclaré que les jeunes sont toujours en détention et sont soupçonnés “d’insurrection visant à monter les jeunes contre le pouvoir.”

    (BBC)

  • RDC -Burkina Faso: Ouaga monte au créneau

    RDC -Burkina Faso: Ouaga monte au créneau

    arrestationLe gouvernement burkinabé a annoncé avoir contacté les autorités congolaises pour s’enquérir des circonstances de cette arrestation et obtenir sa relaxe de Sibiri OUEDRAOGO Johanni.

    Une sortie prudente par laquelle Ouagadougou dit suivre avec intérêt l’évolution de la situation.

    Cet artiste musicien est membre du balai Citoyen, une des organisations de la société civile a l’origine de la mobilisation populaire qui a conduit à la démission de Blaise Compaoré en octobre 2014.

    Le communique du gouvernement burkinabè confirme également que l’activiste pro démocratie est gardés à l’Agence nationale de renseignements.

    Tout en affirmant être soucieux de la protection de ses ressortissants à l’étranger, le gouvernement du Burkina Faso reste prudent dans sa démarche.

    Il ne faut surtout pas envenimer la situation, a confié une source gouvernementale à la BBC.

    Sibiri OUEDRAOGO a été arrêté dimanche à Kinshasa en compagnie de militants sénégalais et congolais alors qu’il participait à une rencontre destinée à sensibiliser la jeunesse congolaise sur les questions de gouvernance et de démocratie.

    Des journalistes de la presse étrangère avaient aussi été arrêtés, puis relâchés dimanche soir.

    M. Ouédraogo est membre du “Balai citoyen”, une des organisations qui ont ferraillé contre le projet du président burkinabé Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat après 27 ans de règne.

    L’organisation “Balai citoyen” aussi a appelé à la libération “sans condition” de M. Ouédraogo et des militants sénégalais arrêtés avec lui.

    Ces arrestations interviennent en plein débat sur un éventuel troisième mandat du président congolais Joseph Kabila.

    Le climat politique s’est fortement crispé en RDC depuis des manifestations violentes qui ont fait plusieurs morts du 19 au 22 janvier.

    Les contestataires dénonçaient un projet de révision de la loi électorale qui aurait permis au président congolais Joseph Kabila de briguer un nouveau mandat après la fin 2016, alors que la Constitution le lui interdit.

    (BBC)

  • L’armée nigeriane affirme avoir chassé Boko Haram de l’Etat de Yobe

    L’armée nigeriane affirme avoir chassé Boko Haram de l’Etat de Yobe

    NIGER MILITAIRE-L’armée nigériane a affirmé lundi avoir chassé le groupe armé Boko Haram de l’État de Yobe (nord-est), un des États durement frappés par les insurgés islamistes, après avoir repris la ville de Goniri.

    “Nous avons annoncé la reprise de Goniri aujourd’hui”, écrit le porte-parole de l’armée Chris Olukolade sur son compte twitter @GENOlukolade. “C’était le dernier bastion des terroristes dans l’État de Yobe… #YobeEstLibre”, a-t-il poursuivi.

    La semaine dernière, l’armée avait déclaré que les combattants de Boko Haram étaient désormais “chassés” d’un autre État, celui d’Adamawa.

    Dans un second tweet publié en fin de journée lundi, M. Olukolade annonce que l’armée a également délogé le Boko Haram de Bama, deuxième ville de l’État de Borno, à 70km de la capitale Maiduguri.

    “Les troupes nigérianes ont délogé les terroristes de #Bama dans l’État de #Borno. L’opération de nettoyage est en cours”, écrit-il sur son tweet.

    Les insurgés de Boko Haram avait pris Bama, une ville clé, début septembre, en même temps que plusieurs autres villes et villages de trois États au nord-est du pays, Borno, Adamawa et Yobe.

    Dimanche, Boko Haram avait incendié plusieurs habitations à Bama, forçant des centaines d’habitants à fuir vers Maiduguri.

    Lundi, les soldats nigérians sont entrés dans Bama à environ 16H00 heures locales (15H00 GMT) et ont combattu les insurgés qui ont fui dans les villages dans les environs, ont indiqué des habitants en fuite à l’AFP.

    Dans un autre tweet, M. Olukolade avait affirmé auparant qu’”Adamawa est libre, Yobe est libre, Borno sera bientôt libéré par notre armée compétente”.

    Ces trois États du nord-est du Nigeria — Adamawa, Borno et Yobe — constituaient l’épicentre de la rébellion du groupe islamiste armé et de sa répression, qui ont fait 13.000 morts et plus de 1,5 million de déplacés depuis six ans.

    L’état d’urgence avait été décrété dans ces trois États en mai 2013. L’armée et les milices citoyennes ont alors repoussé les insurgés islamistes des centres-villes dans des régions rurales et plus reculées. Le président nigérian Goodluck Jonathan souhaitait renouveler l’état d’urgence pour la troisième fois en novembre dernier mais le parlement a voté contre cette mesure.

    Mais les violence ont continué et se sont même intensifiées quand l’armée a été incapable d’empêcher la prise d’une douzaine de villes et villages par Boko Haram dans ces trois États.

    L’élection présidentielle au Nigeria a été repoussée de six semaines à cause de l’insurrection du groupe armé. Le Nigeria et ses alliés, le Tchad, le Cameroun et le Niger, ont alors lancé fin janvier une vaste opération contre Boko Haram pour sécuriser le nord-est du pays avant les élections le 28 mars.

    Avec la libération de Yobe annoncée lundi, seuls quelques villes et villages de l’État de Borno sont toujours sous le contrôle de Boko Haram. La semaine dernière, le gouvernement nigérian a affirmé que 36 localités des trois États du nord-est du pays avaient été reprises depuis le début de l’offensive régionale.

    Dans un entretien à Voice of America diffusé la semaine dernière, le président Goodluck Jonathan avait promis que les États d’Adamawa et de Yobe seraient libérés d’ici cette semaine, et Borno d’ici deux semaines.

    (AFP)

  • LE DECOUPAGE TERRITORIAL DU KATANGA EN 4 : CONDITIONS DE SA REUSSITE AU DELA D’UN SCEPTICISME AFFICHE

    LE DECOUPAGE TERRITORIAL DU KATANGA EN 4 : CONDITIONS DE SA REUSSITE AU DELA D’UN SCEPTICISME AFFICHE

    Nouvelle carte RDC-I. PRELIMINAIRES
    Comme un fleuve irrigué par de nombreux affluents, voilà plus de neuf ans  que l’on entend des voix s’élever pour ou contre le « découpage territorial », rappelant l’époque de la tour de Babel  avec son cortège de divisions et d’incompréhensions. Cette cacophonie s’est intensifiée depuis la récente  promulgation de la loi de programmation n° 15/004 du 28 février 2015 déterminant les modalités d’installation de nouvelle s provinces.
    En effet, à la faveur de la révision constitutionnelle sanctionnée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011, l’article 226 de la Constitution fut modifié dans le sens de la suppression du délai constitutionnel initial, laissant au législateur le soin d’adopter une loi de programmation déterminant les modalités d’installation de ces nouvelles provinces.
    Ladite loi de programmation – tant attendu – a pour objet la mise en application  de la volonté du peuple congolais. Elle fixe un nouveau calendrier d’installation des provinces qui est conçu en deux phases : la première concerne la Ville de Kinshasa et les quatre provinces actuelles non démembrées ; la seconde, dont la durée ne peut excéder cent vingt jours à dater de la mise en place des commissions, concerne les autres provinces dont le Haut- Lomami, le Haut- Katanga, le Lualaba et le Tanganyika issues de la province du  Katanga.
    Cette loi définit également les actions à entreprendre en vue de la mise en place effective de ces provinces, parmi lesquelles la désignation des membres de la commission, par le décret du Premier Ministre, chargés d’effectuer des tâches spécifiques notamment,  d’établissement de l’actif et du passif des anciennes provinces.
    En optant pour la « décentralisation », la République Démocratique du Congo (RDC) n’innove pas. Plusieurs pays africains l’ont opté à la suite des crises économiques, sociales et/ou politiques qu’ils ont connu. La décentralisation est souvent perçue comme la panacée pour relever toute une série de défis en matière de développement: reconstruire l’État, combattre la corruption, restaurer la confiance dans le gouvernement, promouvoir des formes de gouvernance plus participatives et lutter contre la pauvreté. En pratique, les choses sont loin d’être aussi simples si, pour d’aucuns, la décentralisation est intrinsèquement une bonne chose à laquelle il convient d’avoir recours en toutes circonstances, il existe cependant un courant de scepticisme important et la RDC ne fait pas exception.
    C’est pourquoi il sied de réfléchir sur les conditions de sa réussite !
    II. AU DELA DES PESANTEURS ET SCEPTICISME AFFICHES
    Depuis que la décentralisation fut introduite dans la Constitution, sa matérialisation en RDC n’a cessée de  rencontrer des pesanteurs qui font que l’urgence de l’application de cette politique fut diversement appréciée. Pour nous en convaincre, nous faisons recours à la situation de la province du Katanga. En effet, au terme de l’article 2 de la Constitution, la RDC compte 25 provinces et la ville de Kinshasa, contre 10 provinces et la capitale actuellement. En clair, il sera procédé au découpage territorial. À ce sujet, le Katanga qui éclate en quatre provinces : le Haut- Lomami, le Haut- Katanga, le Lualaba et le Tanganika. Mais l’on a assisté au chapelet des pétitions et des contre-pétitions sur le découpage ou non du Katanga, lettres ouvertes et prises de position confuses. Tous les coups furent permis.  Certains opérateurs politiques soutenant mordicus le processus compte tenu de leur attachement à de sentiments tribaux et/ou ethniques. Par contre ceux qui sont en défaveur de la décision craignent de perdre certains avantages.
    Au-delà de toutes ces positions, contre-positions, peurs et cauchemars sur le découpage territorial au Katanga, il est impérieux que les antagonistes aient présent à l’esprit que la RDC est un « Etat uni et Indivisible» et la décentralisation, d’essence constitutionnelle soit-elle, n’est pas synonyme de fédéralisme, encore moins de confédéralisme. La ligne de démarcation mérite d’être rapidement tracée…
    Ainsi, nous soutenons qu’il ne s’agit plus de décider si le découpage  territorial  est une option, ou de ne pas la voir franchir l’étape du stade initial, mais plutôt de savoir comment le mettre en œuvre dans la pratique pour qu’il puisse réaliser les objectifs qu’il s’est fixés en assurant à la fois la stabilité, l’efficacité de l’Etat ainsi que les libertés démocratiques créatrices d’idées et de progrès. Ainsi, la RDC a pris un tournant décisif dans le mode de gouvernance de ses provinces puisque les principes de l’Etat central fortement décentralisé ont été précisés comme fil conducteur pour le fonctionnement des institutions.
    L’on doit effacer les peurs d’être chassés dans telle ou telle autre contrée ou d’aller obligatoirement résider ou travailler uniquement dans sa province dite d’origine car, tout congolais a le droit de s’établir partout ou il veut et personne ne pourra le lui en priver sans violer la Constitution et les droits fondamentaux. Pour ce faire, ayons tout simplement à l’esprit l’idée que  la décentralisation est juridiquement un mode d’organisation des pouvoirs publics. C’est le transfert de certaines compétences de l’Etat à des collectivités territoriales, autonomes financièrement et juridiquement du pouvoir central. Mais en réalité, elle est aussi l’affaire de chaque citoyen car elle modifie profondément ses relations avec les pouvoirs publics. TOCQUEVILLE affirmait par exemple que la centralisation administrative n’était propre « qu’à énerver les peuples » car elle tendait « à diminuer parmi eux l’esprit de cité ».
    En RDC, les mutations institutionnelles et socio-politiques attendues doivent être comprises comme un élargissement de la démocratie participative pour stimuler la responsabilisation des acteurs à la base. Dans ce sens, la décentralisation offre non seulement des espoirs d’un renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance locale mais aussi des promesses d’une plus grande efficacité et efficience dans l’offre de services adaptés aux besoins locaux et un cadre adapté pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Toutefois, la décentralisation n’apportera une plus grande efficience dans l’offre des services, une meilleure gouvernance locale et ne contribuera à la réduction de la pauvreté et à la consolidation de la paix sociale seulement si certaines conditions sont remplies.
    III. QUELQUES CONDITIONS POUR UN DECOUPAGE TERRITORIAL REUSSI AU KATANGA ET EN RDC
    3.1. Le respect et la compréhension des textes légaux qui organisent le découpage territorial  par le peuple et ses élus
    La culture démocratique veut qu’après la promulgation de la loi de programmation qui détermine, en application de l’article 226 de la Constitution les modalités d’installation de nouvelles Provinces en RDC et pour le cas d’espèces, qui détermine les quatre provinces qui sont issues de la province du Katanga telles que énumérées à l’article 2 de la Constitution, les frondeurs doivent s’incliner et se mettre au pas. Il leur aussi appartient le droit de mener d’autres démarches légales pour que leurs desideratas soient entendus pour un remembrement ou pour un autre démembrement possible. Cela doit cependant se faire dans  le strict respect des normes.
    L’on entend donc par modalités d’installation de nouvelles Provinces, l’ensemble des opérations à effectuer dans chaque Province selon le calendrier d’installation des nouvelles provinces .
    A ce sujet, l’on doit retenir que l’installation de nouvelles Provinces et de la Ville de Kinshasa se déroule en deux phases dont la première phase concerne les Provinces du Kongo Central, du Maniema, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et la Ville de Kinshasa.  La deuxième phase concerne les Provinces du Bas-Uelé, de l’Equateur, du Haut-Katanga, du Haut-Lomami, du Haut-Uélé, de l’Ituri, du Kasaï, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental, du Kwango, du Kwilu, du Lomami, du Lualaba, de Maï-Ndombe, de la Mongala, du Nord-Ubangi, du Sankuru, du Sud-Ubangi, du Tanganyika, de la Tshopo et de la Tshuapa. [ Article 3]
    L’installation des nouvelles provinces issues du Katanga se fait dans les quinze jours suivant la promulgation loi  et pour les besoins de leurs installations, sur proposition du Ministre ayant l’intérieur  dans ses attributions, un Décret délibéré en Conseil des Ministres met en place une Commission par Province à démembrer, ici le Katanga qui comprendra aussi des sous-commissions en vue d’effectuer les opérations relatives à l’installation.
    Composée d’au plus quinze membres à raison de trois membres par sous-commission, la Commission a pour tâches de  :
    – établir l’état des lieux de la Province ;
    – dresser l’actif et le passif de la Province ;
    – repartir, entre les nouvelles Provinces, le patrimoine ainsi que les ressources humaines et financières.
    Il sied donc d’insister sur le respect par l’exécutif national de mettre en place cette commission et que le travail débute sans oublier  l’audit afin de contrer les dissipations et autres manipulations financières et  dissimulations des deniers par les dirigeants sortant !
    3.2. L’avenir du  découpage territorial quand les députés provinciaux demeurent encore acteurs voire actifs
    Dans les trente jours de sa constitution, la Commission présente son rapport des travaux à l’Assemblée provinciale existante qui en prend acte.
    La présentation du rapport par la Commission et sa prise d’acte par l’Assemblée provinciale existante enclenchent le processus d’éclatement de la Province.
    Il sied de nous poser la question de la légitimité et du sérieux des députes provinciaux qui doivent prendre acte du rapport de la commission afin d’enclencher le processus si l’on sait que la plupart desdits députés sont des godillots comme bien élaboré dans notre livre intitulé « Le parlement provincial pour quoi faire ? » . N’est-ce pas laisser cette charge entre les mains de ceux qui ne partagent pas voire ne portent pas la voix du peuple depuis leurs élections par hasard en 2006 ? Pour le cas du Katanga, comment cette institution – Assemblée provinciale – peut-elle enfin se prendre au sérieux et ne pas demeurer sous le dictat de son « speaker » ennemi du découpage territorial quand ses intérêts sont menacés oubliant que le fédéralisme tant prôné n’est pas loin de ce qui se trouve sur le gâteau ?
    Au regard de la loi de programmation, le quinzième jour suivant la présentation du rapport par la Commission et sa prise d’acte par l’Assemblée provinciale existante, chaque Assemblée provinciale de la nouvelle Province se réunit de plein droit en session extraordinaire en vue de :
    1. l’installation du Bureau provisoire dirigé par le doyen d’âge assisté de deux membres les moins âgés ;
    2. la validation des pouvoirs qui vaut pour le reste du mandat à courir.;
    3. l’élaboration et l’adoption du Règlement intérieur ;
    4. l’élection et l’installation du Bureau définitif ;
    5. l’élection du Gouverneur et du Vice-gouverneur de Province, conformément à l’article 168 de la Loi électorale.
    La séance d’ouverture est présidée par le fonctionnaire ayant le grade le plus élevé dans l’administration publique de la nouvelle Province.
    La session extraordinaire prend fin à l’épuisement de l’ordre du jour.
    Lorsqu’une Assemblée provinciale ne se réunit pas dans le délai sans motif valable, le Ministre ayant l’intérieur dans ses attributions la convoque en session extraordinaire. Dans ce cas, la séance d’ouverture est présidée par un délégué du Ministre de l’Intérieur.
    La durée de l’installation effective des institutions provinciales ne peut excéder cent vingt jours à dater de la mise en place des Commissions. Voilà donc qu’il est urgent que la commission soit nommée et mise en place et que le travail se fasse sans délai pour que les députés provinciaux ne se refugient derrière le défaut de commission alors qu’ils doivent cette fois-ci sortir de leurs carcans et devenir des tambourineurs justifiant leur existence par les deux attributions fondamentales qui fondent la compétence de tout parlement : adopter la loi des hommes, et contrôler l’Administration chargée de l’appliquer. Cette double justification répond à la théorie de la séparation des pouvoirs de MONTESQUIEU.  Pourtant, le Parlement provincial du Katanga a fait montre de l’amateurisme ou carrément ce qu’il convient d’appeler « l’analphabétisme parlementaire », « l’incultisme  démocratique », etc.
    Il est certes vrai qu’avec les élections passées, nous avions dans une certaine mesure salué la victoire de la démocratie. Mais, une question demeure : Avons-nous choisi des bons acteurs ? La réponse est bien connue de tous. De plus en plus, nous déplorons amèrement la crise de légitimité que les Parlements provinciaux, institutions pivots de la démocratie – traversent. Au Katanga, le gouvernement provincial dominant l’agenda; la cohabitation entre les deux institutions politiques provinciales basée sur les intérêts égoïstes et mesquins ont engendré une gouvernance provinciale peu transparente démocratiquement, et les citoyens se demandant a quand le bout du tunnel ? Serait-ce par  l’installation des nouvelles provinces ?
    De ce qui précède, l’on est en droit de se demander dans quelles mesures, l’Assemblée provinciale qui doit être le symbole de l’expression démocratique joue-t-elle encore un rôle dans le processus de décision politique de nos démocraties dans les nouvelles provinces? Ainsi, avec le lancement du processus d’installation des nouvelles provinces, il sied que les députés réfléchissent sur leur rôle. Il est temps que le Parlement provincial cherche d’apparaître de plus en plus comme une institution à même de répondre aux attentes démocratiques profondes. Sans être le lieu unique des décisions importantes, le Parlement en est bien souvent la condition nécessaire. Il ne doit plus être  « la chambre d’enregistrement » ou mieux « la caisse de résonance »  que l’on dénonce, mais un acteur incontournable dans un système global de production de la norme : lieu de négociation de la décision finale, tribune d’affrontement des idées, meilleur moyen d’assurer un débat transparent et équilibré. Par ailleurs, le Parlement devra être de plus en plus, notamment dans sa fonction de contrôle, comme un acteur à même de répondre à l’exigence croissante de compte-rendu, constituant ainsi des garanties démocratiques : les Gouvernements  provinciaux des nouvelles provinces issues du Katanga devront agir désormais sous le contrôle effectif des parlementaires.
    3.3. L’implication active des citoyens dans le processus
    Presque tous les débats voire « ébats et émois » sur le découpage en RDC sont faits en l’absence du peuple, le souverain et bénéficiaire primaire. Il est donc important que les citoyens soient au centre du processus par implication active dans le processus. En effet, pour que réussisse la décentralisation, le processus doit être inspiré par l’exigence de la population d’une redéfinition des rapports entre l’État et ses citoyens et non être l’œuvre des calculs politiciens. La population locale doit s’approprier la réforme pour veiller à ce que l’esprit de la décentralisation soit respecté, que les dispositions juridiques formelles reflètent ses préoccupations et les réalités dans lesquelles elle vit et que ces dernières soient appliquées. Pour y parvenir de façon efficace, la population doit acquérir un certain nombre de compétences et d’aptitudes, en particulier une bonne compréhension des textes relatifs à la décentralisation. Les citoyens doivent avoir une meilleure compréhension des enjeux et de la manière dont ils peuvent participer et intervenir efficacement au niveau local dans les processus de prise de décisions qui affectent leur vie et leurs moyens d’existence. Fondamentalement, la population locale doit avoir foi dans les réformes et les opportunités qu’elles offrent, être convaincue qu’elle est capable de jouer un rôle important et demander aux collectivités de lui rendre compte de la gestion des affaires locales.
    Reconnaissons cependant que la réalisation de cette condition est un défi majeur en RDC car le chapelet de la pauvreté et l’analphabétisme, freine la participation active et informée des populations locales. Là où l’information existe, elle apparaît souvent tintée des discours partisanes et de division pour faire échec à la décentralisation.
    3.4. Rendre des entités décentralisées et leurs animateurs capables et compétitifs
    Fort de l’arsenal juridique sur la décentralisation, les collectivités locales doivent assurer des services sociaux et économiques (santé, alimentation en eau, éducation, etc.) sur la base de plans de développement locaux. Elles sont censées s’acquitter de ces services dans la concertation et l’équité, en veillant à la pleine participation des communautés qui relèvent de leur autorité. L’une des raisons principales de la décentralisation est d’accroître l’efficience et l’efficacité générales en permettant aux collectivités locales de renforcer leur sensibilité, leur responsabilité à l’égard des citoyens et l’efficacité de la production et de la fourniture de services. Ainsi, le processus de décentralisation est essentiel pour que les instances locales puissent jouer un rôle actif et important en termes de gouvernance locale.
    À court terme, le succès de la décentralisation dépend largement de la mesure dans laquelle la population locale constate qu’elle apporte des avantages tangibles. Étant donnés les niveaux de pauvreté actuels, cette population, qui perçoit les principes de la gouvernance démocratique comme essentiels à l’expression de ses initiatives, veut aussi voir mises en œuvre des mesures concrètes susceptibles de résoudre ses problèmes quotidiens : Installations sanitaires et éducatives inadaptées, alimentation en eau insuffisante, manque d’opportunités en matière d’emploi, de débouchés commerciaux et d’investissement, routes impraticables voire inexistantes, etc. Si les collectivités locales ne peuvent répondre à ces questions, cela compromettra gravement leur légitimité et la possibilité d’opérer des changements structurels dans le mode de gestion des affaires locales.
    Il sera aussi essentiel de renforcer les capacités des autorités locales pour répondre aux défis de la « décentralisation- découpage » et leur permettre d’agir en adoptant une démarche participative, transparente et durable pour réussir à gagner la confiance et la reconnaissance de la population locale, et, à terme, développer et renforcer leur autonomie financière. Reconnaissons cependant, que cela ne sera pas que facile.
    3.5. Fournir un cadre institutionnel favorable qui donne l’autorité et les pouvoirs de décision au niveau local.
    Les textes légaux sur la décentralisation permettent la création des entités territoriales légalement reconnues, dotées d’un budget et d’un personnel propre, ainsi que des pouvoirs de décision sur un éventail de domaines relevant directement de leur compétence. Le principe de subsidiarité et la nécessité de faire en sorte que le transfert de responsabilités s’accompagne d’un transfert simultané de ressources sont reconnus. Toutefois, dans la pratique, cet engagement politique en faveur d’un transfert de compétences connaît des embûches en RDC qu’il faille élaguer au plus tôt. De surcroît, l’absence d’un pouvoir effectif des collectivités locales sur le contrôle de leurs ressources financières compromettra leur viabilité économique et nuira à la légitimité du processus de décentralisation aux yeux de la population locale. Il appert donc nécessaire que tous les boulons d’étranglement du processus de décentralisation soient réellement supprimés afin que renaisse la RDC de ses cendres comme le phénix. Ce n’est donc pas un problème de moyens mais de volonté et vision managériale. Quelles garanties avons-nous qu’en réduisant les provinces de onze a une, la RDC serait nantie en infrastructures et que la misère cesserait ? Aucune et l’on fausserait les prémisses !
    IV. En guise de conclusion !
    Que conclure, sauf affirmer qu’au delà des inquiétudes politiciennes plutôt que citoyennes, il ne nous reste qu’à affirmer que découpage territorial du Katanga – en quatre nouvelles provinces – réussi constituera une réforme politique mettant les élus locaux au défi de répondre aux demandes des populations.
    Il permettra de mettre en relation directe le besoin social tel qu’il est vécu par le citoyen et la décision politique qui lui répond. Il autorisera alors non seulement une réforme de l’Etat par la déconcentration de ses moyens et la réduction de son périmètre d’intervention. Un véritable processus de reconstruction de l’Etat pourrait ainsi être amorcé en s’appuyant sur les communautés de base et les entités décentralisées. Cela est d’autant vrai car, l’espace local constitue, en effet, le lieu d’ancrage de la citoyenneté, le maillon initial des liens sociaux et la base du « vouloir vivre collectif ». Pour cette raison, il est impérieux de favoriser l’émergence d’entités fortes au plus près des préoccupations des citoyens. Mais une gouvernance locale ne peut être efficace que si les relations avec les autres niveaux de pouvoir sont prises en compte, donnant lieu à des échanges, à des négociations et à des actions de coopération. Comme qui dirait l’unité dans la diversité et non dans l’adversité !
    D’ou l’importance des actions à entreprendre pour un découpage territorial réussi et la loi sous examen est explicite quand elle affirme  à son article 10 : «  …dès l’installation de nouvelles Provinces, le Gouvernement de la République initie, en concertation avec les autorités provinciales, un programme d’équipement, de réhabilitation et de construction des infrastructures nécessaires au fonctionnement de nouvelles provinces. Il prévoit, sur une période de cinq ans, un budget pluriannuel d’investissement destiné au financement des travaux prioritaires de nouvelles Provinces. Il procède annuellement à une évaluation des travaux réalisés dans le cadre du programme …. Le rapport d’évaluation de ces travaux est présenté, à chaque session budgétaire, à l’Assemblée Nationale et au Sénat… ».
    Toutefois, pour prévenir les risques d’iniquité territoriale, de dilution des responsabilités et des compétences, l’instauration d’une démocratie locale doit être assortie de politiques complémentaires (renforcement des capacités, déconcentration des services de l’Etat, aménagement du territoire…) auxquelles tous les Congolais devront contribuer.
    Au finish, retenons qu’ « il n’y a rien de plus puissant qu’une idée dont le temps est venu ». Cette observation de Victor Hugo semble pouvoir avec modestie être appliquée à cette contribution pour une découpage territorial réussi au Katanga et partant en RDC.

     

    Dr. Joseph Yav
    ———————-
    – Avocat / Attorney at Law
    – Consultant
    – Professor (University of Lubumbashi:DRC)
  • CALENDRIER ÉLECTORAL : MINAKU POUR UN DIALOGUE DANS LE RESPECT DE LA CENI

    CALENDRIER ÉLECTORAL : MINAKU POUR UN DIALOGUE DANS LE RESPECT DE LA CENI

    rdc-palais-du-peuple– Le président de l’Assemblée nationale qui tient à l’indépendance de la Centrale électorale, s’est ainsi prononcé hier à l’ouverture de la session ordinaire de mars.

    La session ordinaire de mars 2015 a ouvert ses portes hier lundi 16 mars à l’Assemblée nationale. C’était en présence de nombreux invités dont le président du Sénat, le Premier ministre et les chefs des missions diplomatiques en poste à Kinshasa. Dans son mot d’ouverture, le président de la Chambre, Aubin Minaku, a clairement souligné que cette session se tient dans un contexte particulier, celui de la poursuite du processus électoral et de la consolidation de la paix à l’Est de la République.

    Pour ce qui est des élections, le speaker de la Chambre a rappelé aux députés que les périodes pré-électorale, électorale et post électorale ne doivent pas devenir des moments de s’envoyer des invectives entre acteurs politiques, de travailler pour le déchirement de l’unité nationale en opposant une partie du peuple contre une autre. Pour lui, ce n’est même pas le moment d’appeler au boycott des élections pour des raisons avouées ou inavouées étant donné qu’organiser les élections est le signe éloquent de la vivacité démocratique dans un pays.
    En dépit de plusieurs voix discordantes émises ici et là au sujet du calendrier global publié par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Aubin Minaku a rappelé à l’auguste assemblée quelques dispositifs constitutionnels. ” La Constitution de notre pays, en son article 211, alinéa 3, donne à la Ceni d’assurer la régularité du processus électoral et référendaire. Ce principe est réaffirmé de manière non équivoque par l’article 3 de la loi portant organisation et fonctionnement de la Ceni qui dit que la Ceni est chargée de l’organisation de tout processus électoral et référendaire. Elle en assure la régularité “, a souligné le président de l’Assemblée nationale. Pour ce faire, il a invité le Gouvernement à mobiliser les moyens financiers sollicités par la Centrale électorale afin de lui permettre de s’acquitter de sa tâche républicaine.

    UN DIALOGUE QUI RESPECTE LES PREROGATIVES DES INSTITUTIONS
    Concernant singulièrement le processus électoral, le président de l’Assemblée nationale a fait savoir qu’il est impérieux de respecter l’indépendance de la Ceni. Aussi, a-t-il souligné, chaque député a le pouvoir de s’interroger et d’interroger le Gouvernement quant à une mise en œuvre réaliste et sûre du calendrier électoral. ” S’il échet, je ne m’empêcherai d’autoriser un dialogue à cet effet, mais bien entendu dans le respect de nos prérogatives et celles d’autres institutions dont la Ceni. Il va sans dire que l’Assemblée nationale n’a pas le pouvoir de décréter un calendrier électoral, nonobstant le fait qu’elle peut débattre de toute question sans tabou et formuler des recommandations. Ma conviction est que si chacun de nous, représentant une portion du peuple, prend toute la mesure de la gravité des charges qui sont les nôtres, si chaque député assume pleinement son statut de représentant du peuple dans un élan républicain et un esprit de responsabilité partagé, les scènes de confusion et leurs conséquences parfois désastreuses, comme celles vécues en janvier dernier, vont certainement et sans nul doute s’éloigner de notre vie publique, garantissant ainsi l’ancrage d’une culture démocratique beaucoup plus apaisée et assumée “, a indiqué le président de l’Assemblée nationale.

    MATIERES DE LA SESSION
    La session ordinaire de mars 2015 a plusieurs matières à traiter. Il s’agit de nouvelles matières, des arriérés législatifs et des textes ayant été renvoyés par le Président de la République pour une nouvelle délibération. Pour ce qui est de nouvelles matières, le président de l’Assemblée nationale a informé les députés du dépôt par le Gouvernement des deux textes de lois. Il s’agit des projets de loi portant Code minier et celui instituant un nouveau tarif des droits et taxes à l’importation.
    Quant aux arriérés législatifs, a-t-il souligné, la priorité sera accordée aux textes de lois destinés à concourir notamment à la bonne organisation des échéances électorales à venir, au parachèvement des réformes des secteurs de la sécurité et de la justice ainsi que du processus de la décentralisation. La priorité sera également accordée à l’accélération des réformes à caractère économique et social. Au nombre desdits textes de loi, Aubin Minaku a cité notamment le projet de loi déterminant les principes fondamentaux relatifs à la mutualité, la proposition de loi organique portant institution, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale de lutte contre la corruption et le projet de loi modifiant et complétant le Code de la famille. Sur la liste des arriérés législatifs, il faut encore ajouter le projet de loi portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat, le projet de loi portant statut des Notaires et le projet de loi organique portant organisation et fonctionnement de la Caisse nationale de péréquation.
    Quant aux textes de loi renvoyés par le Président de la République pour une nouvelle délibération, il a évoqué les projets de loi sur les statuts des magistrats et celui portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité.

    LES TELECOMMUNICATIONS ET NOUVELLES TECHNOLOGIES CIBLES DU CONTROLE PARLEMENTAIRE

    Selon le président de l’Assemblée nationale, le contrôle parlementaire sera accentué et rigoureux. Au cours de cette session ordinaire de mars 2015, le speaker de la Chambre a proposé trois secteurs qui doivent faire l’objet d’un contrôle parlementaire avant le 15 juin prochain, c’est-à-dire avant la clôture de ladite session. Il s’agit des télécommunications et nouvelles technologies, de l’évaluation de la bancarisation de la Fonction publique et du commerce triangulaire des denrées de base.
    Le choix discrétionnaire du bureau de l’Assemblée nationale est assis sur de nombreuses requêtes et dénonciations reçues par les membres du bureau pendant les vacances parlementaires. ” C’est une manière pour la Chambre de se faire une idée exacte de toutes ces questions, de formuler des recommandations idoines aux différentes institutions concernées et prendre des sanctions, s’il échet “, a précisé le président Aubin Minaku. Les députés ont été invités à l’assiduité et à la régularité lors des travaux.

    (Forum des Us) Dorian KISIMBA