Author: Don Kayembe

  • Ce que l’on sait du crash de l’A320

    Ce que l’on sait du crash de l’A320

    FRANCE-CRASH-Un Airbus 320 s’est écrasé dans les Alpes-de-Hautes-Provences, aux environs de Barcelonnette, faisant 150 morts. L’avion de la compagnie la low-cost Germanwings, filiale de Lufthansa, effectuait la liaison entre Barcelone et Düsseldorf. Le président François Hollande a précisé que le drame s’est produit dans une zone difficile d’accès, enneigée, dans un massif de moyenne montagne.

    En attendant le décryptage de la boîte noire retrouvée, les enquêteurs en sont réduits à éliminer des hypothèses. Parmi celles-ci, les mauvaises conditions météo ou une collision avec un autre avion, hautement improbables.

    Selon le patron de la compagnie Germanwings, l’Airbus A320 aurait commencé à perdre de l’altitude vers 10h35 ce matin et il aurait chuté durant huit minutes avant de s’écraser. Cette durée suggère une descente rapide, mais pas une chute libre, aux yeux de plusieurs experts en aéronautique. Après avoir cru dans un premier temps que l’appareil avait envoyé un signal de détresse, on a appris que c’est en fait la Direction générale de l’aviation civile qui a émis ce signal après avoir constaté que l’appareil avait disparu des radars, et qu’il n’y avait plus de contact avec l’équipage.

    Un appareil réputé fiable

    Parmi les possibilités, des problèmes techniques : explosion du moteur, ou une rupture dans la structure de l’avion entraînant une dépressurisation… Des accidents qui pourraient justifier la descente rapide, mais qui sont rarissimes.

    Par ailleurs, bien que l’A320 soit un appareil ancien, il jouit d’une grande réputation de fiabilité. L’avion de la Germanwings qui s’est écrasé ce mardi était âgé de 24 ans. Un âge courant pour un appareil de ce type. Et il était bien entretenu. Il avait été révisé à l’été 2013 et ne présentait aucune anomalie. L’équipage, quant à lui, semblait suffisamment expérimenté. D’après la compagnie Germanwings, le pilote avait plus de dix ans d’expérience et plus de 6 000 heures de vol.

    « Aucune piste ne peut être écartée »

    Reste des hypothèses impossibles à vérifier pour le moment, comme celle d’un déroutement de l’avion qui se serait terminée par un crash, ou encore la réaction inadéquate de l’équipage à une situation difficile, en l’occurrence des sondes bloquées, envoyant de mauvaises information comme ce fut le cas lors de l’accident du Rio Paris en 2009. Seuls l’analyse des enregistreurs de vol et un travail d’enquête minutieux sur les débris et les corps permettront d’avancer dans l’élaboration de cet accident.

    « Tout est fait pour comprendre ce qui s’est passé », a déclaré cet après-midi le Premier ministre Manuel Valls. Mais pour l’heure, « aucune piste ne peut être écartée » pour expliquer le drame, a-t-il ajouté. Le parquet de Marseille s’est saisi de l’enquête. Airbus envoie ses experts techniques pour aider à l’enquête. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a également annoncé l’ouverture d’une enquête.

    L’appareil s’est écrasé dans une zone de moyenne montagne située près de Barcelonnette, à un peu plus de 200 kilomètres au nord de Marseille. Il s’agit d’une zone escarpée et enneigée à laquelle il est très difficile d’accéder. Des hélicoptères de la gendarmerie ont pu survoler les lieux du drame et visualiser les débris de l’avion. La gendarmerie estime que le site est tellement escarpé qu’il sera impossible aux hélicoptères de s’y poser et qu’il faudra plusieurs jours pour dégager les corps des victimes.

    Germanwings, une jeune compagnie à l’image longtemps médiocre

    Germanwings est une jeune compagnie allemande créée en 2002. Sa flotte est essentiellement composée d’Airbus A319 et A320. En tout, 80 appareils, âgés de moins de 15 ans, à l’exception de certains appareils appartenant initialement à Lufthansa. Celui qui s’est écrasé ce matin aurait été livré en février 1991, il y a 24 ans. Germanwings reprend l’essentiel des lignes court-courrier de Lufthansa en Europe. La compagnie a pour base principale l’aéroport de Cologne-Bonn, mais dessert également cinq autres villes en Allemagne. Contrairement à ses concurrents Easy Jet et Ryanair, qui disposent de bases chez eux et un peu partout en Europe, Germanwings, elle, n’est présente qu’en Allemagne.

    En juillet 2013, soit plus de dix ans après sa création, la compagnie a été relancée par la Lufthansa qui espérait ainsi gagner des parts de marchés et réduire ses coûts avec, pour objectif pour la Germanwings, un retour aux bénéfices en 2015. Celle-ci a longtemps souffert d’une image de marque médiocre, attachée à une qualité de services aussi faible que ses coûts. A tel point que Lufthansa a fait peindre sur le fuselage des appareils de Germanwings « Lufthansa group » pour donner par procuration à sa filiale une image de qualité et de fiabilité.

    RFI

  • Trente éléphants tués en quinze jours par des braconniers dans le parc de la Garamba

    Trente éléphants tués en quinze jours par des braconniers dans le parc de la Garamba

    Elephant-Trente éléphants ont été abattus en deux semaines dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la RDC. Les responsables du parc accusent un groupe de braconniers soudanais d’avoir commis ce massacre.

    Selon Jean-Marc Froment, directeur chargé de la Conservation d’African Parks, ONG qui cogère le Parc de la Garamba avec l’Institut congolais pour la Conservation de la nature (ICCN), “un groupe de Soudanais du Nord s’est introduit dans le parc, s’est réparti en petits groupes et a abattu trente éléphants durant quinze jours”. “Ces gens ont beaucoup chassé en République centrafricaine et dans le nord (de la République démocratique) du Congo, mais la densité d’éléphants là-bas est très faible, donc ils vont de plus en plus loin, a-t-il expliqué  Ils cherchent les derniers éléphants, comme tout le monde. Ce sont des chasseurs très expérimentés.”

    D’après un recensement effectué en 2014, le Parc national de la Garamba abrite quelque 1 700 éléphants, ce qui en fait une cible de choix pour les braconniers. Les quelque 150 “rangers” du Parc doivent surveiller environ 13 000 km carrés de savanes et de forêts.

    Les braconniers soudanais sillonnent l’Afrique centrale à cheval

    En juin 2014, des braconniers avaient abattu – certains à partir d’un hélicoptère – 68 éléphants en deux mois dans la Garamba, soit 4% de la population de pachydermes du parc. Ce massacre avait déjà été attribué à des chasseurs soudanais, qui sillonnent l’Afrique centrale à cheval, parfois sur des milliers de kilomètres. Des braconniers soudanais sont également soupçonnés d’être responsables du massacre de 300 éléphants dans le Parc national de Bouba N’Djida, dans le nord du Cameroun, en février 2012, puis d’au moins 89 autres près de Ganba, dans le sud du Tchad, en mars 2013.

    L’annonce de ce nouveau massacre intervient alors que s’ouvrait lundi une conférence internationale d’experts à Kasane, au Botswana, pour tenter de sauver les éléphants d’Afrique. Le comptage des pachydermes sur le continent n’est pas une science exacte, mais il restait environ 470 000 individus à l’état sauvage en 2013, contre 550 000 en 2006.

    Inquiétudes pour la survie des éléphants d’Afrique

    Au rythme de 25 à 30 000 animaux abattus par an, la mortalité surpasse désormais le taux de natalité de cet animal, qui n’a qu’un petit à la fois, après une gestation de 21 mois. Autrement dit, si la tendance se poursuit, l’éléphant d’Afrique est condamné à mort. Le déclin est déjà particulièrement net en Afrique de l’Est, au Kenya et en Tanzanie.

    Des cartes des “routes de l’ivoire”, élaborées par l’association Traffic – spécialisée dans la traque des exportations illégales d’espèces menacées – montrent d’ailleurs clairement que c’est par les ports ou aéroports kenyans et tanzaniens que la plus grande partie de l’ivoire de contrebande quitte l’Afrique. “L’or blanc” transite généralement par la Malaisie, le Vietnam, les Philippines ou Hong-Kong, avant de gagner ses destinations finales, essentiellement la Chine et la Thaïlande. Là, les défenses d’éléphants abattus deviennent des bijoux, des objets d’arts ou des sculptures, très prisées des riches Asiatiques.

    (Avec AFP)

  • A Lwiro, la recherche congolaise ne manque pas d’enthousiasme mais de moyens

    A Lwiro, la recherche congolaise ne manque pas d’enthousiasme mais de moyens

    lwiro-“Ce jour-là, on était presque en deuil”. Luc Bagalwa, chef du département de géophysique de Lwiro se souvient de sa tristesse lors de l’éruption du volcan Nyiragongo en 2002: ses appareils de mesure n’avaient plus de papier pour consigner l’activité sismique.

    Comme ses pairs du Centre de recherche en sciences naturelles (CRSN) installé dans cette localité de l’est de la République démocratique du Congo, à plus de 200 km au sud de ce volcan qui détruisit la moitié de la ville de Goma cette année-là, M. Bagalwa témoigne d’un enthousiasme communicatif à faire avancer la science mais déplore un manque criant de moyens.

    Perché dans les hauteurs à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, le CRSN est un miracle. Il a survécu aux guerres et aux conflits armés qui déchirent la province depuis plus de vingt ans, et le tremblement de terre qui frappa la région en 2008 ne lui a causé que quelques fissures.

    Avec sa succession de cloîtres décrépis, le centre a des airs de phalanstère. Construit en 1947 sous la colonisation belge treize ans avant l’indépendance du pays, Lwiro semble s’être figé dans le temps.

    Le directeur général, Jean-Pierre Baluku Bajope, reçoit dans une vaste salle aux murs verts et lambrissés autour d’une gigantesque table en marqueterie entourée de chaises carrées tapissées de cuir. “Elle pèse douze tonnes”, précise-t-il. N’était-ce le grand portrait du président congolais Joseph Kabila en équilibre au-dessus de la cheminée, on se croirait cinquante ans en arrière.

    Aujourd’hui, le centre accueille environ 120 chercheurs et emploie en tout près de 790 personnes en comptant les techniciens, le personnel administratif et les agents chargés de l’entretien des lieux et de 75 hectares de forêts, jardins et vergers au milieu des bananeraies et des champs de maïs, haricot et manioc cultivés par les habitants des environs.

    De l’entrée, on aperçoit le lac Kivu en contrebas, du côté opposé, la ligne de crêtes du parc Kahuzi-Biega, repaire de gorilles menacés et de quelques groupes armés.

    Pour M. Baluku, “la force [du centre] c’est que malgré les guerres, les agents n’ont pas quitté les lieux, ils ont continué à travailler”. Quand ils passaient par le CRSN, parfois pour y dormir, les militaires ou miliciens “ne touchaient pas, ils regardaient”, raconte-t-il, notant même un intérêt de leur part pour le travail des chercheurs.

    – ‘Prix Nobel’ –

    Aujourd’hui, l’Etat congolais paye les salaires. Pour le reste c’est au Centre de se débrouiller. Avec des financements internationaux et les recettes dégagées par les visites ou les frais versés par les chercheurs étrangers de passage, le budget tourne autour 5. 000 dollars par mois, dit M. Baluku, rêvant de pouvoir disposer du double.

    Une ambiance studieuse règne dans la bibliothèque. Mis à part l’absence de publications récentes, l’endroit n’aurait rien à envier à une salle de lecture européenne.

    Depuis quatre jours, l’électricité est coupée, comme cela arrive fréquemment pour ceux qui ont la chance d’en avoir au Congo. On s’enfonce dans un long couloir en s’éclairant à l’aide de son téléphone portable pour découvrir à l’étage l’herbarium : des milliers de spécimens de plantes locales soigneusement archivées dans des pochettes cartonnées empilées dans des armoires métalliques.

    La RDC Congo est une énorme réserve de biodiversité. Dans la salle du laboratoire de rodentologie (étude des rongeurs), les chercheurs s’animent en parlant de leurs récentes trouvailles : l’identification d’une nouvelle espèce de musaraigne, et d’une autre de chauve-souris.

    Malheureusement, pour la chauve-souris, on n’a trouvé qu’un seul exemplaire et elle est conservée à Chicago, l’équipe ayant financé la recherche étant américaine, dit Robert Kizungu, le directeur scientifique du centre.

    M. Kizungu voudrait des fonds pour pouvoir financer des sorties sur le terrain mais il s’emballe quand on lui parle de sa chauve-souris : “C’est fantastique, vous découvrez quelque chose que personne n’a jamais découvert, c’est une contribution pour la science, d’autres personnes ont eu le prix Nobel pour cela !”

    Au laboratoire de phytochimie, Melchi Kazadi Mizangi expose ses travaux sur des oléagineuses locales destinés à trouver de nouveaux aliments pour le bétail. En face, ses confrères entomologues étudient sur les tiques afin de trouver un remède aux maladies qu’elles transmettent au cheptel de la région.

    Sur la table traînent les dernières publications des chercheurs. Selon M. Baluku, le centre a publié environ 70 articles dans des revues scientifiques internationales en 2014. Pour 2015, l’objectif est que chaque chercheur publie au moins une fois.

    ( Jeuneafrique)

  • Remous dans la majorité au sujet de la loi électorale

    Remous dans la majorité au sujet de la loi électorale

    Kabila moto pasi-Sept partis de la majorité congolaise (RDC) ont exprimé leurs inquiétudes sur la révision de la Constitution. Après une réunion agitée, ils ont fini par rentrer dans le rang.

    Les débats ont été houleux, et ont laissé entrevoir les divisions au sein de la majorité présidentielle congolaise (RDC). Dimanche, les partis de la majorité ont tenté d’aplanir les dissensions liées à la révision de la Constitution et à la loi électorale.

    “Dimanche, le président Kabila a ouvert une grande réunion rassemblant les partis de la majorité. Il est par la suite parti et nous (…) avons débattu pendant plusieurs heures, ouvertement, sans tabou”, a indiqué Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale. “La conclusion est positive (…) la majorité présidentielle demeure unie, elle va se consolider davantage derrière son chef Joseph Kabila Kabange, qui va incessamment s’entretenir avec tous les députés nationaux de la majorité présidentielle ainsi que les sénateurs”, a résumé Aubin  Minaku.

    Inquiétudes

    Cette réunion avait été convoquée après que sept partis de la majorité ont fait part de leurs inquiétudes, dans une lettre adressée au chef de l’État. Évoquant les manifestations sanglantes de la fin du mois de janvier, à la suite du projet de révision de la loi électorale, ils dénonçaient, dans cette lettre, une “rupture du contrat de confiance entre notre pouvoir et le peuple d’une part, et entre nos institutions et la communauté internationale de l’autre”. Une fracture qui risque, selon les membres des sept partis, de planter le décor d’une crise politique grave et difficilement maîtrisable dans les jours à venir.

    “Ils se sont lâchés”

    “Cette lettre est inacceptable, ils se sont totalement lâchés en disant que, quasiment, la majorité n’avait plus de projet à proposer aux Congolais, a déclaré un haut-responsable ayant participé à la réunion. Ils ont pris fait et cause pour l’opposition”, a-t-il ajouté.

    Selon lui, les échanges ont été extrêmement houleux et il a été envisagé d’exclure les sept partis. Finalement, les représentants de ces formations ont fait machine arrière, et réaffirmé qu’ils appartenaient à la majorité présidentielle.

     (Avec AFP)

  • RDC : l’envoyé de l’ONU appelle les autorités à rétablir la coopération avec l’Organisation

    RDC : l’envoyé de l’ONU appelle les autorités à rétablir la coopération avec l’Organisation

    Kobler-19 mars 2015 – A l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), le Représentant spécial du Secrétaire général dans ce pays, Martin Kobler, a regretté la suspension de la participation des Casques bleus aux opérations conjointes avec l’armée congolaise contre les rebelles des FDLR et appelé les autorités congolaises à rétablir la coopération avec l’ONU.

    « Nous avons travaillé pendant des mois avec des généraux dans un esprit excellent et constructif de partenariat. Toutefois, ils ont été remplacés par des officiers qui ont commandé par le passé des unités ayant un passé crédible de violations des droits de l’homme », a déclaré M. Kobler devant les membres du Conseil de sécurité.

    « Nous avons donc été obligés de suspendre notre participation et notre soutien aux opérations sous leur commandement » contre les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) dans l’est de la RDC, a-t-il ajouté.

    Le Représentant spécial s’est dit persuadé que « le gouvernement prendra la mesure appropriée pour remédier à cette situation malencontreuse ». « Notre soutien reprendra alors rapidement », a-t-il ajouté.

    « Pour mieux coopérer, il faut créer une atmosphère de confiance », a-t-il encore dit. « Je propose donc au gouvernement de réenclencher la coopération sur la base d’une confiance mutuelle ».

    Le Représentant spécial a noté que la présence des groupes armés était limitée aux provinces de l’est du pays. Toutefois, « la situation sécuritaire en général n’est pas encore stable, encore moins irréversible », a-t-il ajouté. « Beaucoup de gens vivent encore dans la peur d’être violés, la peur d’être attaqués, la peur d’être dépouillés de leurs maigres biens ».

    Selon lui, il faut faire plus pour réduire la menace des groupes armés et la violence contre les civils « à un niveau qui puisse être géré de manière efficace par les institutions congolaises ». Aussi, même si la Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO) ne va pas rester éternellement en RDC, son retrait « devra être graduel et progressif et lié à des objectifs établis conjointement par le gouvernement et la MONUSCO », a-t-il ajouté.

    Selon lui, « le départ de la MONUSCO doit être lié aux résultats obtenus et à l’amélioration concrète de la situation sur le terrain ».

    S’agissant des élections à venir, M. Kobler a salué la publication d’un calendrier électoral le 12 février 2015 prévoyant des élections législatives et présidentielle en novembre 2016.

    « La MONUSCO est prête à apporter son aide pour ses élections, si celle-ci est requise, une aide logistique, technique et ses bons offices », a-t-il déclaré. Il s’est toutefois déclaré préoccupé par l’arrestation de plus de 40 acteurs de la société civile il y a quelques jours. « L’espace politique pour la société civile est un prérequis à des élections crédibles », a-t-il estimé.

    (ONU)

  • RDC: passe d’armes au Conseil de sécurité sur l’avenir de la Monusco

    RDC: passe d’armes au Conseil de sécurité sur l’avenir de la Monusco

    Raymond_tshibanda_et_Martin_kobler-L’ONU et la République démocratique du Congo (RDC) se sont livrés à une passe d’armes au Conseil de sécurité jeudi, le chef de la diplomatie congolaise réclamant un départ rapide des Casques bleus alors que le patron de la mission de l’ONU plaidait pour un “retrait progressif”.

    Pour le ministre congolais des Affaires étrangères Raymond Tshibanda, “le moment est venu (pour la RDC) d’assumer pleinement ses responsabilités quant à sa sécurité”. Il a demandé fermement au Conseil de “respecter cette aspiration légitime”.

    Le ministre a fait valoir des progrès politiques et économiques accomplis par son gouvernement et des “avancées importantes” des forces gouvernementales contre les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’est du pays. Il a évoqué un “Etat qui fonctionne et dont l’autorité s’exerce effectivement sur la quasi-totalité du territoire national”.

    Tout au plus, a-t-il reconnu, “il reste encore quelques poches d’insécurité entretenues par des terroristes ougandais dans et autour de Beni (Nord-Kivu) et par les FDLR à certains endroits bien localisés du Nord et du Sud Kivu”. “Partout ailleurs, sur le territoire national, la paix et la sécurité règnent”, a-t-il ajouté.

    Des affirmations battues en brèche par le chef de la Monusco, Martin Kobler, qui a souligné que “la situation générale de sécurité reste instable” et que “beaucoup vivent toujours dans la peur” dans l’est du pays.

    “La Monusco ne restera pas éternellement en RDC, a-t-il expliqué, mais il y a encore des efforts à faire pour ramener la menace des groupes armés et les violences contre les civils à un niveau gérable” par l’Etat congolais.

    “Le départ de la Monusco doit être lié aux résultats obtenus et à l’amélioration concrète de la situation sur le terrain”, a-t-il martelé.

    Selon des diplomates, le Conseil envisage de réduire de 2.000 les effectifs de la Monusco (près de 20.000 hommes) alors que Kinshasa réclame le retrait de 6.000 Casques bleus.

    M. Kobler a aussi critiqué “l’arrestation il y a quelques jours de plus de 40 acteurs de la société civile”. “Laisser un espace politique à la société civile est une condition préalable pour des élections crédibles”, a-t-il souligné.

    Les deux hommes sont revenus sur la nomination par Kinshasa de deux généraux coupables d’abus selon l’ONU, qui a amené la Monusco à se retirer de l’offensive contre les FDLR.

    “Nous ne voulons pas devoir choisir entre combattre les FDLR et soutenir les droits de l’homme”, a lancé M. Kobler. M. Tshibanda a affirmé que Kinshasa n’avait pas été averti à l’avance des soupçons contre les deux officiers qui avaient déjà travaillé avec l’ONU.

    De plus, a-t-il rétorqué, la RDC “tient à garder une totale autonomie sur le plan de la nomination de ses cadres civils et militaires”.

    M. Kobler a cependant offert à M. Tshibanda de “réenclencher la coopération” tandis que le ministre se disait “prêt à engager un dialogue stratégique” pour sortir de l’impasse.

    AFP
  • AURÉLIE FONTAINE (RTBF) RACONTE LES BRUTALITÉS DE LA POLICE KINOISE

    AURÉLIE FONTAINE (RTBF) RACONTE LES BRUTALITÉS DE LA POLICE KINOISE

    Aurélie-FONTAINE--Plusieurs membres de mouvements citoyens ainsi que des journalistes et un diplomate américain ont donc été arrêtés dimanche lors d’une réunion sur «l’engagement citoyen» à Kinshasa. Ils ont été détenus pendant plusieurs heures au siège de l’Agence Nationale du Renseignement (ANR). Aurélie FONTAINE, correspondante notamment pour la RTBF en RDC a été remise en liberté vers 20h00 locales. Voici son récit.

    «À la fin de la conférence de presse, des hommes en civil sont entrés et ont arrêté environ 30 personnes», a raconté lundi Aurélie FONTAINE, journaliste présente à Kinshasa depuis cinq mois. «Ils nous ont fait monter dans trois pick-up blancs. J’ai vu une dizaine de personnes entassées à l’arrière d’une camionnette. Certaines d’entre elles pouvaient à peine respirer», a-t-elle expliqué.

    Arrivées au siège de l’ANR, les personnes interpellées ont été disposées dans la cour, au soleil, raconte la journaliste belge. «Des policiers armés avaient pris une bâche annonçant le concert qui devait avoir lieu le soir même. Ils l’ont déposée sur les personnes arrêtées dans la cour et les ont prises en photo».
    «Les policiers les prenaient par la ceinture. Je les ai également vu brutaliser certains leaders sénégalais et burkinabés en les jetant contre une voiture», a poursuivi la journaliste.

    Les personnes arrêtées ont ensuite été séparées et interrogées. Aurélie FONTAINE ainsi que les autres journalistes (à l’exception du journaliste congolais) et le diplomate américain ont été relâchés vers 20h00, tandis que les autres protagonistes (une vingtaine) sont toujours privés de liberté.

    «Ils continuent à être entendus par la voie judiciaire» concernant leur «entreprise de déstabilisation» de la RDC, a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement, Lambert Vuvuzela MENDE. «On parle de préparation d’actes de violence», a-t-il ajouté, soulignant que la justice déciderait s’ils devaient être jugés ou expulsés.

    «J’ai pu récupérer mes papiers ce matin, mais je n’ai pu reprendre ni mon appareil photo ni mon téléphone», note encore Aurélie FONTAINE.

    Samedi et dimanche, des militants du mouvement sénégalais «Y’en a marre», burkinabè «Balai citoyen» et ou encore congolais « Filimbi » et «Lutte pour le changement» (Lucha) participaient à une réunion d’échange sur l’engagement citoyen.\

    (RTBF)

  • Sénégal: retour au bercail pour les militants de Y en a marre

    Sénégal: retour au bercail pour les militants de Y en a marre

    y en a marre-Déclarés persona non grata en République démocratique du Congo, ils sont enfin libres et chez eux. Les trois activistes du mouvement «Y en a marre» sont rentrés jeudi en fin d’après-midi à Dakar. Un petit comité d’accueil les attendait à l’aéroport.

    Ils sont arrivés en héros. Exténués, mais plus déterminés que jamais. Malal Talla alias Fou Malade, Fadel Barro, et Aliou Sané ont été accueillis par leurs familles. A l’instar de Fatima, la grande sœur de Fou Malade. « Dieu merci ! On était très inquiet », lâche-t-elle.

    Leurs amis « Y en a marristes » étaient là aussi. Notamment les rappeurs Simon et Thiat visiblement soulagés de les voir revenir au bercail.

    Aliou Sané a prononcé ces quelques mots : « On était à des milliers de kilomètres de Dakar, mais on a senti que le peuple était là. On a senti le Sénégal avec nous. Nous remercions le peuple sénégalais. Un peuple à la tête duquel le président Macky Sall a pris toutes les dispositions pour entrer en contact avec l’Etat congolais pour aboutir à cette issue aujourd’hui. »

    L’activiste en a profité pour remercier également « toutes les associations et toutes les dynamiques qui ce sont créées pour soutenir Y’en a marre, pour crier très fort afin que cette injustice soit levée ».

    « Mais comme vous le voyez aujourd’hui, il y a de l’amertume parce qu’il y a des frères qui sont restés là-bas, au Congo, et qui sont en prison. Ce n’est pas la joie aujourd’hui », a-t-il conclu.

    (RFI)