Author: Don Kayembe
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RDC : les contrats miniers toujours en eaux troubles
-Un nouveau rapport du Centre Carter dénonce le manque de transparence du secteur minier. Dans les documents analysés, le nom des actionnaires, les investissements et les bénéfices de l’entreprise sont le plus souvent absents.Soupçons de corruption
Le résultat de l’étude est en demi-teinte. Le rapport note des avancées, notamment avec la participation de la RDC à l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) qui a permis « la publication de d’avantage de données sur les taxes du secteur minier ». En clair, on contrôle (un peu) mieux les rentrées d’argent dans les caisses de l’Etat. Pourtant, de nombreux contrats restent encore opaques, notamment sur « les impacts environnementaux, les projets de développement social et communautaire, et les informations de base sur la propriété des principaux projets miniers ». Sur ce dernier point, cela veut dire que les véritables propriétaires des projets miniers étudiés, ne sont pas toujours connus. Un manque de transparence qui alimente les soupçons de corruption.
Pas de données sur les investissements et les bénéfices
Sur les 17 projets analysés, « au moins 62 contrats, amendements et annexes n’ont pas été publiés par le Ministère des Mines, en violation avec un décret du gouvernement congolais exigeant leur publication dans les 60 jours suivant la signature ». Si le gouvernement congolais affirme que « tous les contrats sont publiés », le rapport précise « qu’il n’a été possible pour aucun projet couvert par l’étude d’obtenir l’exhaustivité des documents contractuels ». Idem concernant les résultats financiers des entreprises : « ils ne sont pas disponibles ». Impossible d’obtenir les investissements et les bénéfices de ces sociétés, éléments pourtant cruciaux « pour mettre en perspective les recettes fiscales ».
Une administration défaillante
Les manquements des services de l’Etat congolais sont également pointés par le document. Dans la plupart des cas, les chercheurs n’ont pas pu identifier les actionnaires des entreprises minières. En cause, les agents du Tribunal de Commerce, qui sollicitaient « soit des paiements illicites, soit des frais de photocopie excessifs avant de fournir l’accès ». Au Journal Officiel, on explique que «photocopier le JO est illégal. C’est préjudiciable aux droits d’auteur (sic) ». Enfin, certains agents ne pouvaient retrouver les documents « à défaut d’un système d’archivage organisé ».
Mauvaises pratiques des entreprises
A la lecture de cette étude, on remarque que les quelques progrès réalisés en matière de transparence reste cosmétiques. Après avoir été sortie de l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives en 2013, la RDC a finalement réintégré le processus en juillet 2014. Avec des améliorations notables au niveau de la perception des taxes. Mais l’ITIE apparaît clairement insuffisante pour garantir un commerce des minerais sein et équitable. Pour les populations locales, les mauvaises pratiques des géants miniers restent une réalité. En juin 2014, une ONG suisse, « Bred for all » dénonçait « le travail des enfants, les pratiques fiscales agressives et la pollution de l’environnement » du groupe Glencore. Si en 2012, Glencore déclarait avoir réglé la pollution des eaux provoquée par son usine de Luilu, « Bred for all » et d’autres ONG, ont démontré récemment que les concentrations de cuivre et de cobalt dans le cours d’eau dépassaient les limites recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) : « 6 fois pour le cuivre et 53 fois pour le cobalt ! »
Bons et mauvais élèves
Les différents projets miniers ont été analysés suivant une grille de lecture précise : identité de l’entreprise, actionnaires, production, montant investi, impôts et taxes, réalisations sociales, impacts environnementaux… Parmi, les projets les mieux notés : Tenke Fungurume Mining – TFM, (6,8/10) et Ashanti Gold Kilo – AGK, (6,6/10)… les derniers du classement étant Mining and Processing Congo – MPC (4,1/10) et Société Moku-Beverendi – SMB (4/10). Les deux thématiques les plus mal notées étant (sans surprise)les impacts environnementaux et sociaux des projets miniers.
Un secteur clé de l’économie
Le rapport du Centre Carter, ironiquement intitulé « qui cherche ne trouve pas », préconise un renforcement du code minier congolais « pour qu’il exige clairement la publication des contrats miniers ». L’ONG demande également la publication des 62 contrats de l’étude et la distribution des résumés des études d’impact environnemental sur son site web en langue française. Des recommandations à prendre au sérieux par les autorités congolaises, qui cherchent actuellement à développer les investissements extérieurs dans le secteur minier. L’émergence de la RDC repose notamment sur ce secteur clé de l’économie congolaise, qui pèse plusieurs centaines de millions de dollars.
Christophe RIGAUD – Afrikarabia
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RDC : timide restauration de l’autorité de l’Etat à l’Est
-Si les autorités congolaises renforcent leur contrôle dans l’Est du pays depuis la fin du M23, les populations vivent toujours en insécurité, affirme une étude d’Oxfam. Au banc des accusés : les groupes armés, mais aussi l’armée congolaise (FARDC) et la police.Des zones « sécurisées » toujours insécures
Mais l’étude d’Oxfam va plus loin que le simple recensement des groupes armés de la région. La conclusion de l »ONG bat en brèche les informations gouvernementales sur la « sécurisation » de certaines zones par l’armée et la police congolaise. « L’État estime que la sécurité de ces zones est assurée, note Oxfam,mais en réalité, les communautés vivent toujours dans l’insécurité« . Au banc des accusés : les groupes armés, mais aussi les « forces étatiques« . L’ONG a mené son
enquête en août et septembre 2014 dans les territoires de Masisi et Rutshuru dans le Nord-Kivu, et Kalehe et Uvira dans le Sud-Kivu.
Conflits locaux
L’étude note tout d’abord la persistance des conflits locaux dans cette région instable du pays. Les conflits fonciers liés à la terre sont récurrents : « beaucoup d’anciens réfugiés et de personnes déplacées ont indiqué à Oxfam qu’ils avaient constaté à leur retour que leur terrain était occupé ou avait été vendu« . Le rapport explique ensuite que ces conflits intercommunautaires sont souvent à l’origine de la création de groupes d’autodéfense, qui se transforment souvent par la suite… en groupes armés.
« Les FDLR exigent 10% des cultures »”
Malgré la fin du M23 et une présence renforcée de l’armée congolaise, les groupes armés restent encore très actifs dans l’Est. Insécurité, violences physiques, homicides, viols… sont le lot commun des populations du Kivu. L’économie locale est également fortement impactée par la présence de groupes armés. Les Congolais interrogés par Oxfam racontent « devoir céder une partie de leurs récoltes à chaque étape du processus de production« . Les rebelles rwandais des FDLR, que trauqe actuellement l’armée congolaise, exigent 10% des cultures « avant même qu’elles aient été récoltées« .
Les exactions des autorités
Mais l’élément le plus choquant de l’étude d’Oxfam reste les exactions commises par les « agents de l’Etat« , armée, police… Si ces pratiques ne sont pas nouvelles, elles démontrent que la prise de contrôle de certaines zones par les autorités congolaises n’est pas forcement synonyme de sécurité pour les civils. Un constat accablant pour Kinshasa qui vante pourtant la reconquête par les services de l’Etat des territoires de l’Est. Le rapport d’Oxfam dénonce les agents de l’Etat qui commettent « des atteintes aux droits fondamentaux similaires aux exactions des groupes armés : extorsions à des barrières routières, obligation de travaux forcés, application de taxes illégales, arrestations arbitraires… « . Un responsable local a indiqué à l’ONG que « les policiers et les militaires avaient continué les pratiques illégales de barrières routières mises en place par les FDLR« .
« Payer les agents »
La restauration de l’autorité de l’Etat paraît donc très « fragmentaire » analyse Oxfam, qui s’étonne même que dans certains territoires : « l’État partage parfois l’autorité avec des groupes armés« . Quelles solutions pour consolider l’Etat dans ces zones ? « Payer les agents » affirme d’abord l’ONG. Cela paraît une évidence, mais visiblement, Kinshasa peine à verser les salaires régulièrement. Oxfam recommande aussi « d’allouer le budget nécessaire pour la réforme des services de sécurité« . Enfin, le programme le plus récent de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), est toujours au point mort, et surtout … n’a pas encore été financé. De quoi rester globalement pessimiste sur un retour rapide de la sécurité dans les deux Kivus.
Christophe RIGAUD – Afrikarabia
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Albert Moleka conjugue Tshisekedi au passé
-De passage à Paris en France à son retour de Washington, l’ancien directeur de cabinet du président de l’Udps, Albert Moleka a indiqué au cours d’une interview sur France 24 qu’Etienne Tshisekedi devait renoncer à postuler en 2016. Il avait promis de raccrocher les crampons. L’Udps doit logiquement tourner certaines pages historiques, a-t-il ajouté. M. TShisekedi en 2010 avant de rentrer au pays, précise Moleka, avait assuré que les élections de 2011 constituaient son dernier combat- un combat de toute une vie. Le dircab contesté pensequ’Etienne Tshisekedi a encore un rôle à jouer mais seulement comme patriarche politique. Il déconseille vivement à ceux qui veulent l’obliger à faire un combat de trop. Moleka propose la mise en place d’un directoire avec six cadres dont trois venant de l’intérieur et trois autres de l’extérieur du pays. Le nouveau directoire jouera un rôle clé dans cette période pré-électorale parce que, selon lui, le parti doit se lancer dans la bataille électorale.
Le cadre Udps estime qu’il est grand temps pour que l’Udps se détermine. Le 13 mars 2014, Moleka rappelle qu’Etienne Tshisekedi lui avait déjà donné six noms pour constituer la nouvelle direction politique. ‘‘Parmi les trois noms du pays figurait mon nom et dans les trois de l’étranger, il y avait aussi le nom de Félix Tshisekedi’’, affirme Moleka qui ajoute que lui-même Tshisekedi voulait déjà passer la main, passer le bâton de commandement. Malheureusement, un incident de caractère familial avait interrompu notre séance de travail, déplore-t-il. A la question de savoir qui doit succéder à Tshisekedi, Moleka s’est refusé d’avancer un quelconque nom mais néanmoins, il a tracé un portrait-robot. Le successeur du leader maximo doit être rassembleur, un connaisseur de l’Udps et surtout il doit être au-dessus de clivages, a insisté Albert Moleka.
Pays:Média:7sur7.cd -

RDC: les atteintes aux droits de l’Homme, “monnaie courante” dans l’est (Oxfam)
-Les atteintes aux droits de l’Homme restent “monnaie courante” dans l’est de la République démocratique du Congo du fait d’exactions commises contre les civils par des groupes armés et des membres des forces de l’ordre, a dénoncé vendredi l’ONG Oxfam.Le rapport “L’insécurité sécurisée” fait le point sur la situation dans l’est congolais depuis la signature en février 2013 de l’accord d’Addis-Abeba, par lequel la RDC s’engageait à une réforme du secteur de la sécurité, tandis que ses voisins promettaient de ne soutenir aucune rébellion sur le sol congolais.
“Deux ans après la signature de l’accord-cadre, les conflits et les violences envers les civils sont toujours monnaie courante dans beaucoup de zones de l’est de la RDC”, souligne Oxfam dans son rapport présenté vendredi à Kinshasa.
“La police et d’autres acteurs étatiques ont renforcé leur contrôle” dans certaines régions de l’Est, instable depuis 20 ans, et “l’État estime que la sécurité de ces zones est assurée, mais en réalité, les communautés vivent toujours dans l’insécurité”, poursuit le document.
Entre août et septembre 2014, l’ONG a enquêté dans 16 villages des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, riches en minerais et où sévissent plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers, qui commettent des exactions contre les civils et s’affrontent pour des raisons ethniques, foncières ou économiques.
“Dans l’ensemble, les recherches ont mis en avant le peu de progrès réalisé en matière de consolidation d’une autorité tangible et légitime de l’État dans de nombreuses parties de l’est de la RDC, ce qui est préoccupant”, indique le rapport.
Pire, “dans certaines localités, des représentants de l’État et des groupes armés se partagent l’autorité”. En outre, “souvent, la présence de représentants de l’État ne garantit pas la protection des civils contre les violences et les atteintes à leurs droits”.
Au contraire même, “les personnes interrogées ont expliqué (…) que les représentants de l’État, en particulier les services de sécurité, l’armée (FARDC) et la police (PNC)”, sous-payés, “commettaient des atteintes aux droits humains”: violences physiques, taxes illégales, vols…
Les interviewés ont aussi confié qu’ils devaient “payer pour obtenir la protection que tout citoyen est en droit d’exiger de l’État”, alors que les forces régulières ne peuvent pas se rendre dans certaines zones compte tenu de l’insécurité.
AFP -

La RD Congo a enregistré une croissance économique de 9,5% en 2014
-En 2014, la République démocratique du Congo a enregistré une croissance économique de 9,5%, soit l’une des meilleures performances réalisées depuis l’indépendance du pays en 1960, a annoncé le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo , le 3 mars.«Selon le Programme des Nations unies pour le développement, si nous maintenons ce rythme de création de richesses, la RD Congo pourrait devenir un pays émergent en 13 ans», a-t-il déclaré.
Les prévisions du gouvernement congolais sont légèrement plus optimistes que celles du Fonds monétaire international (FMI), qui a estimé en décembre dernier que la RD Congo devrait enregistrer une croissance économique de 9% en 2014 et de 9,1% en 2015, grâce notamment à la hausse de la production minière.
La RD Congo se dispute la place de premier producteur de cuivre en Afrique avec la Zambie. Le pays dispose aussi de grandes réserves d’or, de diamants et de cobalt.(Financial Afrik) -

RDC: le premier livre numérique 100% congolais en vente sur internet
-“Vraiment Congo, une tribu”, le premier livre numérique 100% made in République démocratique du Congo, est accessible sur le site de certaines boutiques en ligne sur internet, ont constaté jeudi des journalistes de l’AFP.L’ouvrage est “le premier livre électronique (Ebook) produit et réalisé en RDC” puis mis en vente sur Amazon, Kobo/Fnac ou encore Google, a indiqué à l’AFP son auteur, Yaya Asani, de son vrai nom Marcel Yabili.
“Vraiment Congo, une tribu” relate à travers 104 pages l’histoire de la RDC à travers de brefs récits ponctués d’anecdotes racontés en français, ainsi qu’en lingala et swahili, les deux principales langues parlées en RDC.
Édité aux éditions Médiaspaul, le livre papier a été converti “en fichier EPUB et MOBI compatibles avec les formats du livre électronique”, a expliqué M. Yabili, qui a lui-même contacté les boutiques pour la vente.
Pays grand près de cinq fois la France, la RDC est l’un des pays les moins développés de la planète et la grande majorité de sa population vit dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour.
Dans ce contexte, la version numérique de “Vraiment Congo, une tribu” se révèle avantageuse: elle est téléchargeable moyennant 3,49 euros contre 10 dollars (environ 9 euros) en version papier.
Il n’est pas rare d’entendre que “les Congolais ne lisent pas”, alors le livre numérique peut se révéler comme une alternative qui permettra aux congolais de “se réconcilier” avec le livre, a estimé M. Yabili.
“Vraiment Congo, une tribu” est également disponible en version numérique CD audio et en carte mémoire pour usage sur téléphone, tablette et ordinateur portable.
M. Yabili est âgé de 70 ans. En 45 ans de carrière, il a exercé comme journaliste et enseignant universitaire, mais surtout comme avocat et conseil juridique. Il est l’auteur de plusieurs études scientifiques ainsi que d’essais littéraires, et de deux blogs qui décryptent l’actualité.
Egalement opérateur culturel engagé, il a créé et installé un musée privé pour héberger la mémoire collective des familles qui ont bâti son pays. Il se présente comme “un spécialiste et un témoin indépendant de la RDC”.
AFP -

Rwanda: le parti au pouvoir à la manoeuvre pour une réélection de Paul Kagame Lire l’article sur Jeuneafrique.com : | Rwanda: le parti au pouvoir à la manoeuvre pour une réélection de Paul Kagame
-A la radio, dans la presse, les voix se multiplient au Rwanda en faveur d’une réforme constitutionnelle permettant le maintien à la tête de l’Etat de Paul Kagame après 2017: pour les observateurs, dans un pays où le débat politique est verrouillé, le pouvoir est à la manoeuvre.Tribunes et commentaires se succèdent dans le journal pro-gouvernemental anglophone New Times. Toutes louent un président “actif et efficace”, artisan des succès économiques du Rwanda et protecteur de la population.
Paul Kagame est au pouvoir depuis que sa rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd’hui parti au pouvoir) a mis fin au génocide de 1994 qui, selon l’ONU, a fait environ 800. 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi.
Vice-président et ministre de la Défense après le génocide, il est alors déjà celui qui tient les rênes du pays, avant d’être élu président en 2003 avec 95% des voix et réélu tout aussi triomphalement (93%) en 2010.
La Constitution rwandaise lui interdit un troisième mandat. Mais à l’instar de plusieurs chefs d’Etat africains, comme le burundais Pierre Nkurunziza, celui de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila, ou l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, il est soupçonné de vouloir modifier les règles pour se maintenir.
Au Burkina Faso, la population a réagi en chassant du pouvoir le président. Au Burundi et en RDC, cette volonté de rempiler rencontre une opposition de plus en plus ouverte.
Mais au Rwanda, les voix qui s’élèvent affichent une quasi-unanimité: sans Kagame, c’est l’inconnu, potentiellement le chaos.
“La majorité de la communauté rwandaise vit dans l?anxiété, la peur et l?incertitude de ce qui peut se passer après 2017”, a écrit Fred Mufulukye, un fonctionnaire, dans l’une des tribunes.
Manasseh Nshuti, un ancien ministre des Finances, a implicitement érigé Paul Kagame comme le seul rempart aux “ennemis jurés” du pays, tels que les rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Les FDLR, actifs depuis deux décennies dans l’est de la RDC voisine et dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide de 1994, restent selon Kigali une menace à la sécurité nationale.
“Est-il temps pour Paul Kagame de quitter ses fonctions en 2017? La réponse est non”, a renchéri Joseph Karemera, haut cadre du FPR.
– Référendum? –
Des émissions de radio ont également été consacrées à la question d’un maintien au pouvoir de M. Kagame.
Selon Albert Rudatsimburwa, patron de Radio Contact FM, le feu vert au débat a été donné lors du bureau politique du FPR de décembre: “Parlez-en” était le mot d?ordre, dit-il, “cela a libéré les gens”.
En régions, des cadres du FPR préparent aussi le terrain, expliquant dans des réunions locales qu’il n’y a aucun problème à changer la Constitution, si l’initiative vient du peuple.
Le FPR “essaie d’habituer les gens à l’idée du 3e mandat”, estime Robert Mugabe, un journaliste rwandais. Lui-même en a débattu à la radio avec le ministre de l’Intérieur, Sheikh Musa Fazil Harerimana, partisan d’un référendum sur un changement constitutionnel.
Le parti au pouvoir dément pourtant toute manipulation. Ces prises de parole sont des “initiatives individuelles”, explique un cadre du FPR. “Il faut commencer à débattre, c’est tout à fait normal que les gens en parlent”.
Paul Kagame reste lui évasif sur la question, mais dit aussi, comme dans une interview le week-end dernier à France 24, que c’est au “peuple rwandais qu’il faut demander s’il serait prêt à changer” la Constitution.
Pour Kris Berwouts, expert indépendant des Grands Lacs, ces prises de positions sont pourtant clairement un “ballon d?essai” lancé par le régime pour tester “l?opinion publique nationale ou internationale”.
Selon lui, la suite logique serait, via un référendum, “un plébiscite populaire qui devra proclamer la volonté unanime des Rwandais que leur président reste en fonction”.
“C?est une stratégie habile”, juge René Mugenzi, militant rwandais des droits de l’Homme exilé au Royaume-Uni.
Pour lui, “ce jeu” n?est pourtant “pas à destination d?une audience rwandaise” peu prompte à la contestation publique, mais “de la communauté internationale” qui, Washington en tête, exhorte les chefs d’Etat africains à ne pas s’accrocher au pouvoir.
Et Kigali ne veut “pas d?une pression internationale comme celle que subit Kabila ou encore Nkurunziza”, poursuit le militant. Elle veut pouvoir dire “que le peuple à parlé”.
(Jeuneafrique.)
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États-Unis : un rapport accuse la police de Ferguson de discrimination contre les Noirs
-La police de Ferguson, dans l’État du Missouri aux États-Unis, est accusée d’avoir violé systématiquement les droits des Noirs, selon le rapport de l’enquête du département américain de la Justice. Les conclusions mettent en lumière le racisme ordinaire des policiers, 6 mois après la mort du jeune Africain-Américain Michael Brown.La police de la ville de Ferguson est coupable d’avoir violé les droits constitutionnels des citoyens noirs sur une base régulière. C’est la conclusion du rapport du département de la Justice, à la suite d’une enquête lancée après la mort de Michael Brown, qui a causé de nombreuses manifestations et émeutes en 2014.
Officiellement, le rapport devait être dévoilé publiquement ce mercredi 4 mars mais plusieurs informations ont fuité dans la presse américaine dès mardi.
Selon le New York Times, les policiers auraient pris l’habitude de contrôler de façon systématique les conducteurs afro-américains, “ce qui aurait causé des années d’animosité raciale menant à la mort d’un adolescent noir l’été dernier” dans une ville devenue un symbole des brutalités policières à l’endroit des Africains-Américains.
La discrimination raciale en chiffres
Entre 2012 et 2014, les Noirs ont été incriminés de façon disproportionnée alors qu’ils représentent 67 % de la population de la ville de Ferguson.
La police de Ferguson risque d’être poursuivie pour violations des droits civiques si elle n’obtempère pas à la demande du département américain de la Justice de changer ses pratiques.
Dans le cadre de l’enquête, des centaines de personnes ont été interrogées et plus de 35 000 pages de rapports policiers ont été consultées.
La mort de Michael Brown
Le 9 août dernier, le policier Darren Wilson a abattu Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans non-armé. Trois mois plus tard, en novembre, un jury a choisi de ne pas inculper le policier au terme de son procès. Ces deux évènements avaient provoqué des émeutres dans cette banlieue de Saint-Louis au Missouri, où la majorité des policiers est blanche et la majorité de la population noire.
Les résulats de cette enquête démontrent la profonde discrimination à l’endroit des Noirs, plus de 50 ans après l’adoption du Civil Rights Act en 1964, déclarant illégale la discrimination reposant sur la race, la religion, la couleur, le sexe ou l’origine nationale.
(Avec AFP)



