Author: Don Kayembe

  • Les rebelles hutus rwandais fuient l’offensive de l’armée dans les Kivus

    Les rebelles hutus rwandais fuient l’offensive de l’armée dans les Kivus

    fardc-Les rebelles hutus rwandais des FDLR fuyaient samedi matin l’offensive de l’armée congolaise dans les provinces des Nord et Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, mais des affrontements ont été signalés dans l’après-midi, a-t-on appris de sources militaires.

    “Nous avançons vers les objectifs que notre hiérarchie nous avait recommandés”, mais “l’ennemi ne combat pas”, a déclaré à l’AFP un officier sur le front au Nord-Kivu. “Jusqu’où [vont-ils fuir]? C’est notre inquiétude. On risque de mettre beaucoup de temps pour mettre fin à ce mouvement, mais une chose est sûre, ils seront affaiblis”, a-t-il estimé.

    Au Sud-Kivu, l’armée pourchassait également des rebelles fuyant l’affrontement. “Actuellement, nous les poursuivons (…) dans le groupement de Burhinyi, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Bukavu (capitale du Sud-Kivu), où ils ont fui”, a déclaré un officier.

    Plus tard dans la journée, des combats ont opposé forces régulières et rebelles au Nord-Kivu. “Depuis le début de l’après-midi, il y a eu des combats entre FARDC (armée congolaise) et FDLR dans les villages qui sont près de Tongo”, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu, a déclaré à l’AFP un habitant de Tongo.

    “Ce soir, je viens de voir l’ambulance des FARDC monter vers ces villages à toute vitesse, et elle vient de repartir avec des militaires blessés”, a-t-il ajouté. Un officier sur le front a confirmé des combats. “Ca c’est bien passé, sans problème. Ils ont essayé de résister mais nous sommes les forces gouvernementales!”, a-t-il affirmé, indiquant que les combats reprendraient dimanche. Il n’a pas voulu livrer de bilan.

    L’armée a lancé mardi au Sud-Kivu et jeudi au Nord-Kivu son offensive très attendue contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda (800.000 morts selon l’ONU).

    Au Nord-Kivu, les opérations se déroulent dans le territoire de Rutshuru, frontalier du Rwanda et de l’Ouganda, et plus précisément dans le parc des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et repaire de plusieurs groupes armés. Vendredi, des combats ont aussi éclaté dans le territoire de Nyiragongo, frontalier de Goma.

    Au Sud-Kivu, l’armée avait lancé son offensive dans la région de Mulenge, dans le sud de la province. Comme la situation y est “totalement sous contrôle”, elle évolue désormais au nord de Mulenge, selon l’officier dans cette province.

    Les rebelles – entre 1.500 et 2.000 hommes, très implantés dans la population locale – sont accusés de commettre de graves exactions contre les civils congolais (meurtres, viols, enrôlement d’enfants, pillages…) et de se livrer à de lucratifs trafics de bois et d’or.

    La Mission de l’ONU (Monusco) avait promis un soutien logistique, stratégique et opérationnel à l’offensive de l’armée, mais elle l’a retiré quand Kinshasa a refusé de changer deux généraux chargés de piloter des attaques au Nord-Kivu, et que l’ONU soupçonne de graves violations des droits de l’Homme.

    L’est de la RDC, riche en minerais précieux, est une région instable depuis vingt ans. Plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers s’y disputent ses richesses et commettent de graves exactions contre les civils.

    AFP

  • Benoît Chatel condamné à 20 ans de prison pour le meurtre d’opposants à Kabila père

    Benoît Chatel condamné à 20 ans de prison pour le meurtre d’opposants à Kabila père

    LD Kabila-Principal accusé meurtre, il y a 14 ans en France, de deux supposés opposants à Laurent-Désiré Kabila, l’homme d’affaires belge Benoît Chatel a été condamné à 20 ans de réclusion.

    Mis à jour à 19h55.

    Benoît Chatel, qui serait mort ou en fuite, était jugé par défaut. Il “est entièrement responsable, totalement coupable de ce double assassinat commis dans des conditions atroces”, avait estimé dans ses réquisitions l’avocat général de la cour d’assises de l’Isère (sud-est de la France) vendredi 27 février.

    L’homme d’affaires belge était poursuivi, avec Alain Deverini, décorateur monégasque, et Domenico Cocco, un Italien soupçconné d’être leur homme de main, pour complicité d’assassinat.

    Le deuxième accusé acquité

    Seul présent à l’audience, Alain Deverini a été acquité. Domenico Cocco doit être jugé ultérieurement.

    Les trois hommes étaientaccusés d’avoir organisé l’assassinat de Philémon Mwami Naluhwindja, fils d’un chef Maï Maï du Sud-Kivu et d’Aimé-Noël Atembina, ancien conseiller militaire de Mobutu.

    Leurs corps avaient été retrouvés dans une voiture incendiée le 29 décembre 2000, dans un village situé à une trentaine de kilomètres de Lyon.

    Mobile toujours flou à l’issue du procès

    Les trois hommes auraient organisé l’élimination des deux opposants congolais, supposés avoir voulu intenter un putsch contre Laurent-Désiré Kabila, pour protéger leurs affaires en RDC, selon la thèse retenue par l’accusation, qui ne fait pas l’unanimité.

    La défense a mis en avant les autres pistes possibles de l’assassinat, comme le trafic d’uranium auquel se livrait Philémon Mwami ou le rôle trouble des services secrets dont Benoît Chatel était un informateur. Une semaine de procès, n’a pas permis d’établir le mobile des assassinats. Ce qui avait conduit l’avocat de Deverini à dénoncer avant le prononcé du verdict “un Titanic judiciaire”.

    Au cours de l’audience, il a en outre été démontré que Philémon Mwami a vraisemblablement été tué par erreur.

    Il aurait remplacé in extremis par un général mobutiste, Kpama Baramoto Kata, au rendez-vous que leur avait donné Benoît Chatel, en leur promettant une importante somme d’argent pour financer leur coup d’État. Rendez-vous où Domenico Coco et deux tueurs – qui n’ont jamais été retrouvés – se sont en fait rendus pour les abattre, selon le scénario retenu par l’accusation. 

    Benoît Chatel caché en RDC ?

    Conformément à ce qu’avait indiqué le représentant du ministère public dans ses réquisitions, un mandat d’arrêt international va donc être lancé contre Benoît Chatel, que certains disent caché en RDC.

    Il serait aujourd’hui à Lubumbashi (sud-est), selon Philippe Chansay-Wilmotte un avocat belge d’une partie civile cité par l’AFP et qui conseille par ailleurs Joseph Kabila.

    La dernière trace de lui est une photo d’avril 2012 qui le montre en RDC aux côtés d’hommes d’affaires et d’un ancien ministre.

    (Avec AFP)

  • Opérations contre les rebelles hutus rwandais au Nord-Kivu

    Opérations contre les rebelles hutus rwandais au Nord-Kivu

    FARDC-L’armée congolaise a lancé une offensive contre des rebelles hutus rwandais dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris vendredi d’un officierparticipantnaux opérations.

    “Nous avons reçu l’ordre de traquer les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et nous avons récupéré quelques positions”, a affirmé à l’AFP un major posté dans le parc national des Virunga, classé au patrimoine mondial et qui sert de refuge à plusieurs groupes armés.

    L’offensive a été lancée jeudi, indique un compte-rendu du conseil des ministres publié vendredi soir. Une information confirmée par un communiqué de la société civile du Nord-Kivu, qui regroupe notamment des associations, ONG et syndicats.

    “Les opérations militaires se déroulent sur l’axe Mabenga-Tongo, en territoire de Rutshuru”, frontalier du Rwanda et de l’Ouganda, précise la société civile. “Selon nos sources, des affrontements se sont poursuivis ce vendredi 27 février; les plus rudes ont opposé les deux forces entre 12H00 et 18H00 locales sur la colline de Chahi”, poursuit le communiqué, affirmant que l’armée est parvenue à récupérer deux villages ainsi que la “colline stratégique de Chahi”.

    Mardi, l’armée avait déjà attaqué des FDLR dans le sud de la province du Sud-Kivu. Elle a affirmé avoir récupéré une position importante et libéré plusieurs villages. Cependant, un observateur militaire a nuancé la portée de l’offensive en soulignant que la zone des combats n’est pas connue pour avoir des FDLR, qui sont généralement “plus à l’ouest”.

    Selon le compte-rendu du gouvernement, les offensives dans les Kivus donnent des “résultats significatifs”. Il souligne entre autres la reddition de 75 combattants, dont 42 se sont rendus à la “Monusco”, la Mission de l’ONU. Sur ces 42, “39 (…) ont pu être déjà rapatriés au Rwanda”, est-il ajouté.

    L’opération de mardi était la première signalée depuis que l’armée a annoncé, le 29 janvier, le lancement d’une offensive contre les FDLR, dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide contre les Tutsis en 1994 au Rwanda, qui fit quelque 800.000 morts selon l’ONU.

    Les FDLR – entre 1.500 et 2.000 hommes, très implantés dans la population locale – sont surtout présents dans les Kivus, où ils sont accusés de commettre de graves exactions contre les civils congolais (meurtres, viols, enrôlement d’enfants, pillages…) et de se livrer à de lucratifs trafics de bois et d’or.

    La Monusco avait promis un soutien logistique, stratégique et opérationnel à l’offensive de l’armée, mais elle l’a retiré quand Kinshasa a refusé de changer deux généraux, Bruno Mandevu et Sikabwe Fall, chargés de piloter des attaques au Nord-Kivu, et que l’ONU soupçonne de graves violations des droits de l’Homme.

    Dénonçant un chantage, Kinshasa a décidé de renoncer à l’aide de l’ONU mais, selon la Monusco, le dialogue se poursuit pour trouver un terrain d’entente.

    L’est de la RDC, riche en minerais précieux, est une région instable depuis vingt ans. Plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers s’y disputent ses richesses et commettent de graves exactions contre les civils.

    AFP

  • Où est donc passée la robe de Lupita Nyong’o ?

    Où est donc passée la robe de Lupita Nyong’o ?

    Llupita_nyongo_-Dimanche, lors de la cérémonie des Oscars, l’actrice avait fait sensation sur le tapis rouge avec sa robe sur mesure de 6 000 perles.

    D’une valeur de 150 000 dollars, la toilette crée par Francisco Costa pour Calvin Klein a été volée à l’hôtel London West Hollywood, aux États-Unis.

    Quelque 25 personnes et 6 semaines de travail ont été nécessaires pour réaliser ce fourreau blanc immaculé.

    La robe, parsemée de 6 000 perles blanches naturelles, a été dérobée dans la chambre de l’actrice alors qu’elle était absente.

    Le shérif de Los Angeles, William Nash a déclaré que la robe aurait disparue mercredi soir. Ses agents étudient actuellement les images des caméras de surveillance.

    L’année dernière, la Kenyane avait remporté l’Oscar du Meilleur second rôle pour le film “Twelve Years a Slave”.

    L’actrice a été élue plus belle femme du monde pour l’année 2014 par le magazine américain People.

    Calvin Klein n’a pas commenté l’incident.

    BBC

  • Offensive contre les FDLR: l’ONU revient sur ses pas

    Offensive contre les FDLR: l’ONU revient sur ses pas

    Char-de-la-MONUC-L’armée congolaise a repris un groupe de villages aux FDLR alors que les Nations Unies annoncent des contacts avec le gouvernement afin de reprendre leur soutien aux opérations contre les rebelles hutus rwandais au Sud-Kivu déclenchées mardi.

    Dans le groupe de villages reconquis dans l’offensive des Forces armées de la RDC contre les rebelles hutus rwandais, il y a Mulenge, très connu à cause du nom lié à l’ethnie de tutsi congolais.

    Des officiers de l’armée congolaise ont révélé à l’AFP qu’il n’y avait plus des combats des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans ces centres mais que les combats se poursuivaient plutôt dans les grandes forêts où les éléments FDLR se sont retranchés, se concentrant dans la forêt de Kitavu-Kambegere.

    Un député d’Uvira, Justin Bitkwira, contacté par la VOA, a confirmé la situation sur le terrain.

    Pendant ce temps, les Nations unies qui conditionnait leur soutien à l’offensive par le retrait de deux officiers accusés de graves crimes au commandement de l’opération de l’armée congolaise, fait demi-tour.

    Le représentant spécial-adjoint du secrétaire général de l’Onu chargé des opérations dans l’Est de la RDC, Abdallah Wafy, a annoncé que les Nations Unies étaient en contact avec les autorités congolaises pour créer les conditions d’une reprise du dialogue politique et pourquoi pas, pour solliciter auprès du président de la République qu’il puisse reconsidérer sa position.

    Les troupes régulières ont déclenché mardi, sans l’appui des Casques bleus, une offensive au Sud-Kivu contre les FDLR, dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide contre les Tutsi en 1994 au Rwanda, qui fit quelque 800.000 morts selon l’ONU.

    La Monusco estime à 1.400, le nombre des combattants FDLR encore actifs en RDC.

    VOA

  • Zambie : l’ancien ministre des Mines condamné à un an pour corruption

    Zambie : l’ancien ministre des Mines condamné à un an pour corruption

    zambia-L’ancien ministre zambien a été condamné vendredi pour avoir accordé irrégulièrement une licence d’exploitation à une compagnie chinoise.

    Maxwell Mwale était ministre des Mines sous le président Rupiah Banda entre 2008 et 2011.

    Il avait été interpellé en 2012 lors d’une opération anti-corruption lancée par Michael Sata, le successeur de M. Banda décédé fin 2014.

    Maxwell Mwale avait accordé en 2009 une licence au groupe chinois Zhonghui International Mining Group trois jours après le dépôt du dossier, alors que la procédure prend habituellement plusieurs mois.

    “Je note que les cas d’abus de pouvoir sont devenus monnaie courante et, en tant que tribunal, nous manquerions à nos devoirs si nous ne prenions pas des mesures dissuasives”, a déclaré le juge Lameck Mwale.

    L’ex-ministre “écope de douze mois d’emprisonnement avec travaux forcés, à compter de la date de la condamnation”, a-t-il décidé.

    Depuis que le Front patriotique de M. Sata est arrivé au pouvoir en 2011, plusieurs personnalités politiques zambiennes ont été inquiétés, dont l’ancien président Banda, généralement accusées de corruption.

    VOA/AFP

  • Lambert Mende critique encore une fois les propos de De Croo

    Lambert Mende critique encore une fois les propos de De Croo

    lambert-mende2-Le ministre congolais de l’Information et porte-parole du gouvernement de Kinshasa, Lambert Mende Omalanga, a une nouvelle fois fustigé les propos “vitriolés” tenus par le ministre belge de la Coopération au développement, Alexander De Croo, qui avait, lors de sa visite en République démocratique du Congo (RDC), dénoncé des mesures prises par le régime du président Joseph Kabila lors de troubles le mois dernier.

    J’ai pris connaissance, comme d’autres compatriotes, de la volée de bois vert que vous avez cru devoir infliger aux autorités de la RDC auxquelles vous avez reproché ‘des mesures liberticides’, vous insurgeant particulièrement contre des arrestations arbitraires, l’instrumentalisation de la justice ainsi que le blocage d’Internet et des réseaux sociaux par lesdites autorités“, a indiqué M. Mende dans une lettre ouverte publiée jeudi par la presse kinoise.

    Passons sur le ton: n’est pas diplomate qui veut…“, ajoute le ministre congolais, qui s’était déjà dit lundi “choqué” par les mots prononcés par Alexander De Croo.

    Le ministre belge avait dénoncé, quelques heures après son arrivée à Kinshasa, “la situation face à laquelle nous nous trouvons, avec son lot d’arrestations, de justice arbitraire et d’interruption de l’internet mobile et du trafic des SMS, l’instrumentalisation de la justice“, qui n’est selon lui “pas tolérable“.

    On aurait pu mettre les propos vitriolés dont le gouvernement qui vous recevait a été gratifié sur le compte de ce mimétisme colonial par procuration auquel d’autres émissaires belges en d’autres temps nous avaient habitués“, poursuit M. Mende, dans une allusion à Karel De Gucht, un ex-ministre des Affaires étrangères, lui aussi libéral flamand, connu pour ses critiques à répétition des dirigeants congolais, au point de provoquer une grave crise entre Kinshasa et Bruxelles.

    Il faut, hélas, constater qu’il s’agit tout simplement d’ignorance. Votre discours dans une langue, le néerlandais, que très peu de Congolais maîtrisent, témoigne en effet d’une méconnaissance du fait que le monde a changé depuis l’indépendance de notre pays en 1960 et que les fictions infantiles de Tintin au Congo sont passablement dépassées comme grille de lecture des faits et des idées“, affirme encore le porte-parole du gouvernement congolais en faisant allusion aux propos de Alexander De Croo, prononcés samedi soir, en petit comité, dans le jardin de la résidence de l’ambassadeur de Belgique en RDC, alternativement en français et en néerlandais, selon des journalistes présents.

    Dans sa lettre ouverte, M. Mende s’étonne qu’au moment où tous les pays du monde, Belgique comprise, prennent des mesures conservatoires contre le terrorisme et envisagent un resserrement des législations contre la cybercriminalité, “vous vous évertuez à dissuader la RDC, victime de l’extrémisme violent, d’entreprendre cet exercice légitime de vigilance“.

    Il cite l’exemple de la France, qui a décidé de “mieux contrôler les applications des réseaux sociaux“, du pape François qui a déclaré après l’attentat de Charlie Hebdo que “l’impératif sécuritaire peut commander que des limites soient apposées à la liberté d’expression” ainsi que les Etats-Unis et le Nigeria qui ont bloqué le compte twitter de la secte islamiste Boko Haram.

    M. Mende défend aussi l’arrestation des présumés coupables de l’assassinat de deux policiers congolais – “l’un par balle et l’autre lynché par une bande bien identifiée” – lors des émeutes de janvier qui avaient fait au moins 27 morts, selon un bilan officiel, et évoque l’action de la police de Verviers qui a tué deux personnes soupconnées de préparer un attentat.

    Selon le porte-parole du gouvernement, “les personnes arrêtées lors des événements de triste mémoire que les Congolais ont vécu les 19 et 20 janvier derniers, avaient été, dans leur grande majorité, surprises par la police en flagrant délit de pillage, d’incendie criminel, de vandalisme ou de violences”.

    Mais vous vous permettez d’enjoindre à la justice de ne pas les poursuivre, poursuit M. Mende.Affirmant ne pas savoir grand chose sur la trajectoire personnelle de Alexander De Croo, il assure avoir tendance à lui accorder le bénéfice du doute.
    Belga

  • Afrique francophone : chef de l’opposition, un statut à double tranchant

    Afrique francophone : chef de l’opposition, un statut à double tranchant

    soumaila-Plusieurs pays d’Afrique francophone ont adopté un statut officiel de “chef de file de l’opposition”. D’autres ont voté des textes mais attendent toujours la désignation de leur opposant en chef. Mali, Burkina, Guinée, RDC… Voici la place institutionnelle réservée à vos opposants.

    Après plusieurs années de tâtonnement, l’Assemblée nationale malienne a adopté, le 19 février, la mise en place d’un statut officiel de “chef de file de l’opposition”. Outre le Mali, plusieurs pays francophones, principalement en Afrique de l’Ouest, ont institutionnalisé cette fonction qui émane de la culture politique anglo-saxonne.

    Souvent incarné par le leader du parti d’opposition ayant le plus de sièges à l’Assemblée nationale, le chef de file de l’opposition bénéficie de droits et de devoirs encadrés par la loi. Il est considéré comme l’interlocuteur privilégié du pouvoir exécutif et peut demander à être reçu ou convoqué par le président de la République et le Premier ministre. Il bénéficie, en fonction des pays, d’un siège ou de bureaux, reçoît des fonds de fonctionnement prélevés sur le budget national, et occupe une place de choix dans le protocole d’État.

    Bénéfices démocratiques

    Il est également censé avoir un accès libre et équitable aux médias et peut profiter d’avantages spécifiques tels que des frais de représentation ou la mise à disposition d’un chef de cabinet, d’un secrétaire ou encore d’un chauffeur. Pour ses défenseurs, l’instauration d’un statut de chef de file de l’opposition est une des meilleures façons de favoriser les transitions démocratiques. Il permettrait de donner plus de poids et de moyens à l’opposition, et au final de rééquilibrer la lutte politique contre le parti au pouvoir.

    Ses détracteurs affirment au contraire que c’est un outil de contrôle et d’instrumentalisation supplémentaire dans certains régimes autoritaires.

    Ses détracteurs affirment au contraire que la création de ce statut d’”opposant officiel” est un outil de contrôle et d’instrumentalisation supplémentaire dans certains régimes autoritaires. “À priori, la mise en place d’un tel statut est une bonne chose. Mais si les pays dans lesquels il est adopté ne sont que des démocraties de façades, alors cela ne sert à rien”, résume le professeur Dodzi Kokoroko, vice-doyen de la faculté de droit à Lomé. Du Mali à la RDC en passant par la Guinée, voici une liste non-exhaustive des pays d’Afrique francophone qui ont instauré ce statut politique particulier – ou qui tentent de le faire.

    Les pays qui ont institutionnalisé le statut de “chef de file de l’opposition”

    Au Burkina Faso, le principe d’un statut de chef de file de l’opposition a été adopté dès 2000, après la grave crise socio-politique suscitée par l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo, en décembre 1999. Mais il faudra près de dix ans pour que Blaise Compaoré consente à appliquer cette loi instituant un chef de file de l’opposition politique (CFOP). “Nous avons réussi à rassembler toutes les forces de l’opposition et à mettre en place une plateforme politique”, se rappelle l’ancien opposant en chef Stanislas Benewende Sankara, président de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS). Porte-parole de l’opposition à un nouveau mandat de “Blaise”,Zéphirin Diabré, président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et dernier titulaire du mandat de CFOP, fait aujourd’hui partie des favoris pour la présidentielle d’octobre 2015.

    Au Mali, l’Assemblée nationale vient d’adopter le statut de chef de file de l’opposition politique à une large majorité. Ce dernier, qui bénéficiera des mêmes droits que le vice-président de l’Assemblée nationale, sera issu des rangs de l’Union pour la République et la démocratie (URD), le parti d’opposition comptant le plus grand nombre de députés. Son leader, Soumaïla Cissé, député et rival d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) lors de la présidentielle de 2013, devrait, sauf surprise, devenir le premier chef de file de l’opposition malienne.

    Pays frontalier du Mali, la Guinée a elle aussi récemment institutionnalisé le statut de chef de file de l’opposition. Depuis le mois de décembre dernier, Cellou Dalein Diallo, député et président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le premier parti d’opposition au président Alpha Condé, est donc officiellement le chef de file de l’opposition guinéenne.

    Au Niger, une loi encadrant le statut de l’opposition existe depuis les années 2000. Renforcée après la chute du président Mamadou Tandja, sa nouvelle version a été promulguée en 2011. Le chef de file de l’opposition nigérienne est aujourd’hui Seyni Oumarou, ancien Premier-ministre et président du Mouvement national pour la société du développement (MNSD). Le Tchad compte aussi, depuis 2013, un chef de file de l’opposition en la personne de Saleh Kebzabo, député et président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).

    Les pays où des textes existent… mais où l’opposition n’a pas de véritable statut

    Au Togo, une loi officialisant le statut d’un chef de file de l’opposition a été adoptée en 2013 par l’Assemblée nationale. Depuis, son décret d’application n’a toujours pas été signé. Les avantages et privilèges prévus par ce texte ont par ailleurs attisé les tensions au sein d’une opposition déjà fortement divisée. “Cette loi, loin de contribuer au renforcement et à la cohésion de l’opposition, est l’une des causes de son éclatement et de son affaiblissement”, estime ainsi Claude Wella, assistant en droit public à l’université de Lomé.

    Le flou juridique ou les avantages du statut entretiennent parfois les querelles individuelles entre opposants.

    Au Bénin voisin, une loi portant statut de l’opposition a été votée en 2002. Il faudra ensuite attendre six ans pour que soit signé son décret d’application, en 2008. Mais, selon plusieurs observateurs, ce texte est incomplet et favorise le “nomadisme politique”, c’est-à-dire la tendance de certains députés à passer d’un parti à un autre en fonction de leurs intérêts personnels. Autre problème de la loi béninoise : n’importe quel chef d’un parti d’opposition ayant un minimum de poids à l’Assemblée ou ayant obtenu au moins 10% des suffrages exprimés lors des dernières législatives peut se revendiquer chef de l’opposition. Un flou volontaire qui entretient évidemment les querelles individuelles entre opposants.

    En République démocratique du Congo (RDC), une loi sur le statut de l’opposition a également été votée. Adoptée par l’Assemblée nationale en 2007, elle attend depuis son décret d’application. D’après ce texte, les présidents de l’Assemblée et du Sénat doivent convoquer les députés et sénateurs de l’opposition pour élire le “porte-parole de l’opposition”. Élection qui n’a encore jamais eu lieu, ce qui fait dire à certains opposants que les autorités bloquent la mise en oeuvre de cette loi.

    Enfin, au Sénégal, la Constitution de 2001 reconnaît l’existence et les droits de l’opposition mais aucune loi ne codifie le statut de son “chef de file”. Abdoulaye Wade, qui a longtemps réfléchi à cette idée à l’époque où il était opposant, ne l’a finalement jamais concrétisé une fois arrivé au pouvoir.

    (Jeune Afrique)soumaila