Author: Don Kayembe

  • Métaux précieux : soupçons de manipulations chez dix grandes banques

    Métaux précieux : soupçons de manipulations chez dix grandes banques

    Or_Gold-Des enquêtes sont actuellement menées aux États-Unis sur d’éventuelles manipulations des cours des métaux précieux par plusieurs banques internationales parmi lesquelles HSBC, Barclays, UBS et Deutsche Bank, affirme le Wall Street Journal Online.

    Ces enquêtes portent notamment sur l’or, l’argent le platine et le palladium. Elles sont menées par le Département américain de la Justice (DoJ) avec l’aide du régulateur des matières premières et produits dérivés, la CFTC, a indiqué le Wall Street Journal Online le lundi 23 février, citant des sources proches du dossier.

    Les banques concernées sont les britanniques HSBC et Barclays, le canadien Bank of Nova Scotia, les suisses UBS et Crédit Suisse, l’allemend Deutsche Bank, les américains Goldman Sachs et J.P. Morgan, le français Société Générale, et le sud-africain Standard Bank.

    Le WSJ souligne que ces enquêtes n’en sont qu’au stade préliminaire mais précise que HSBC a fait état lors de la présentation de ses résultats annuels lundi de demandes adressées par le DoJ et la CFTC pour leurs investigations.

    Plaintes

    Ce n’est pas la première fois que le rôle des banques dans le processus de détermination des prix de ces matières premières est mis en cause mais les enquêtes menées jusqu’ici, notamment en Europe, n’ont pas abouti, rappelle le WSJ.

    Goldman Sachs, HSBC et la Sud-Africaine Standard Bank, ainsi que le groupe de chimie allemand BASF, sont également visés depuis novembre par une plainte aux États-Unis pour manipulation sur les prix du platine et du palladium.

    Selon cette plainte déposée devant un tribunal de Manhattan, Goldman Sachs, HSBC, Standard Bank et BASF Metals ont organisé pendant de nombreuses années des téléconférences pour fixer le prix de référence (fixing) du platine et du palladium. Le prix des métaux joue également sur les produits financiers dérivés dont il sert de sous-jacent.

    La plainte les accuse d’avoir utilisé cette méthode, alors admise, pour manipuler les prix de ces deux métaux, entre autres en partageant des informations confidentielles sur les ordres d’achats et de ventes de leurs clients.

    Réforme

    Dans le cadre d’une réforme générale des fixings des métaux précieux à Londres, c’est désormais le London Metal Exchange (LME) qui se charge depuis le 1er décembre de fixer les prix de référence pour le platine et le palladium, de manière plus transparente et électronique.

    La méthode de fixation des prix de référence de l’argent est aussi confiée depuis l’été dernier à l’opérateur boursier CME Group et au groupe américano-canadien d’informations financières Thomson Reuters. Une nouvelle méthode pour la fixation des prix de l’or doit aussi entrer en vigueur fin mars.

    (Jeune Afrique)

  • La justice française se penche sur les mystères du meurtre d’opposants de Kabila en 2000

    La justice française se penche sur les mystères du meurtre d’opposants de Kabila en 2000

    laurent-désiré-kabila-Le procès de trois hommes accusés de complicité dans l’assassinat, il y a 14 ans en France, de deux opposants congolais suspectés d’avoir voulu intenter un putsch contre Laurent-Désiré Kabila s’est ouvert lundi après-midi près de Lyon.

    Trafic d’uranium, putsch contre Kabila ou barbouzerie… voire les trois en même temps ? La cour d’assises de l’Isère va examiner cette semaine la sordide affaire du meurtre de Philémon Naluhwindja, fils d’un chef Maï Maï, et d’Aimé-Noël Atembina, capitaine de la garde présidentielle de Mobutu. Tués de deux balles dans la tête et le cou, ils avaient été découverts à l’intérieur d’une voiture incendiée dans un village situé à une trentaine de kilomètres de Lyon, le 29 décembre 2000. Leurs corps étaient carbonisés, comme si l’on avait voulu effacer tous les indices laissés par les assassins.

    Selon l’instruction, les deux opposants cherchaient des financements pour monter un coup d’État contre Laurent-Désiré Kabila, président de la RDC, qui sera finalement assassiné 18 jours plus tard. Philémon Naluhwindja, qui dirigeait la société minière du Congo, aurait aussi cherché à vendre des barres d’uranium pour financer l’achat de munitions.

    Le mystère Benoît Chatel

    Un des avocats de la défense, actuellement hospitalisé, avait demandait le renvoi du procès mais celui-ci a bien été maintenu. La cour a décidé de disjoindre le cas de son client et de juger les deux autres accusés. Dont un par défaut puisqu’il est porté disparu. Un mystère de plus dans un dossier qui a fait couler beaucoup d’encre. À l’ouverture du procès, lundi, le président de la cour d’assises a ainsi indiqué n’avoir “aucun renseignement” sur ce que devenait Benoît Chatel, âgé de 51 ans aujourd’hui.

    Benoît Chatel a passé une grande partie de sa jeunesse dans l’ancien Zaïre, où il a établi plusieurs sociétés dans l’extraction des diamants, les télécommunications ou le PMU.

    “Le dernier renseignement utile sur Benoît Chatel date d’avril 2012 en République démocratique du Congo”, a t-il ajouté en diffusant à l’audience une photo de l’intéressé prise à cette date en RDC avec des hommes d’affaires et un ancien ministre congolais. Né en Belgique, Benoît Chatel a passé une grande partie de sa jeunesse dans l’ancien Zaïre, où il a établi plusieurs sociétés dans l’extraction des diamants, les télécommunications ou le PMU.

    Familier des principaux dirigeants de la nouvelle RDC, Benoît Chatel a revendiqué par le passé devant les enquêteurs aussi un statut d’informateur auprès des services secrets congolais et français. Déjà condamné à de nombreuses reprises pour des faits d’escroquerie et d’abus de confiance par les justices française et belge, Benoît Chatel ne sera cette fois pas là pour répondre aux accusations dont il fait l’objet, car “il est sans doute mort”, selon son avocat, qui dit être sans nouvelle de lui depuis trois ans.

    Une affirmation catégoriquement rejetée par la défense du second accusé, l’architecte d’intérieur monégasque Alain Deverini, avec qui Benoît Chatel aurait selon l’accusation fomenté l’assassinat des deux opposants à Kabila, afin de protéger leurs intérêts en RDC. Pour l’avocat de Deverini, Benoît Chatel “a manifestement bénéficié d’un certain nombre de concours en tant qu’honorable correspondant de la DGSE” (direction générale de la sécurité extérieure).

    L’ancien numéro deux de la DGSE entendu mercredi

    Gérard Martinez, ancien numéro deux de la DGSE, doit d’ailleurs être entendu à la barre mercredi. Selon les avocats de la défense, l’enquête n’a pas suffisamment creusé les autres pistes envisagées un temps, comme une implication des services secrets, les conséquences d’un trafic d’uranium, voire même un très hypothétioque rôle d’Al-Qaïda…

    Un “manipulateur” et un “joueur” à la “pensée égocentrique”

    Lundi, l’audience s’est concentrée sur les personnalités des principaux accusés. Benoît Chatel a été décrit par un expert comme un homme “manipulateur” au “fonctionnement de type pervers” qui suscite la “fascination”.

    Alain Deverini a lui été qualifié de “joueur” à la “pensée égocentrique”. “Je suis non coupable”, a lancé ce dernier à l’audience.

    L’homme de main sera jugé plus tard

    Le troisième accusé, Domenico Cocco, 62 ans, un Italien impliqué dans des affaires de proxénétisme, était lui aussi présent à l’ouverture du procès, mais sans son avocat qui est hospitalisé pour une durée indéterminée.

    Homme de main du duo Chatel-Deverini, c’est lui qui se serait chargé de recruter deux tueurs lyonnais pour effectuer la basse besogne, moyennant la somme de 200 000 francs (30.500 euros).

    D’après le scénario retenu par l’instruction, Chatel aurait donné rendez-vous aux deux victimes à la gare de Lyon en leur promettant une importante somme d’argent pour financer leur coup d’État. Mais c’est Domenico Cocco et deux “maghrébins” qui se seraient rendus sur place pour les abattre. Les deux tueurs n’ont jamais été retrouvés.

    Le cas de Domenico Coco sera examiné “au cours d’une autre session”, a décidé le président de la cour d’assises.

    Pour Benoît Chatel et Alain Deverini, le verdict est attendu vendredi.

    (Jeune Afrique)

  • Côte d’Ivoire – Simone Gbagbo : “Je ne sais pas ce qu’on me reproche”

    Côte d’Ivoire – Simone Gbagbo : “Je ne sais pas ce qu’on me reproche”

    simone-gbagbo1014-L’ex-Première dame ivoirienne, accusée d’atteinte à la sûreté de l’État, a clamé son innocence lundi devant la Cour d’assises d’Abidjan. Elle a aussi réaffirmé que son mari Laurent Gbagbo avait gagné la présidentielle de décembre 2010 et a taclé la France de Nicolas Sarkozy.

    “Simone” ne s’était plus exprimée en public depuis son arrestation en avril 2011. Lundi 23 février, l’épouse de l’ex-président Laurent Gbagbo, poursuivie pour atteinte à la sureté de l’État, a nié en bloc les faits dont elle est accusée. “À l’heure où je vous parle, je ne sais pas exactement quels sont les actes matériels qu’on me reproche”, a-t-elle déclaré à la barre. “Laurent Gbagbo est le vainqueur de la présidentielle de 2010”, a-t-elle également lancé, contestant une nouvelle fois la victoire de l’actuel chef de l’État Alassane Ouattara.

    Très incisive, Simone Gbagbo, surnommée la “Dame de fer ivoirienne”, a tiré à boulets rouges sur la France, dont l’armée s’en était prise aux forces loyales à Laurent Gbagbo, permettant qu’il soit renversé par des troupes favorables à l’actuel président. “De quoi le président Sarkozy se mêle-t-il ?”, s’est interrogée l’ex-Première dame, 65 ans, qui a dénoncé l’ingérence des autorités françaises, dont l’armée a selon elle bombardé la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours alors qu’aucune résolution de l’ONU ne lui donnait ce pouvoir. “C’est à croire que l’objectif était l’élimination physique du président élu Laurent Gbagbo”, a-t-elle soupiré.

    Elle affirme avoir été violemment battue

    “Les troupes rebelles de M. Soro [Guillaume, l’actuel président de l’Assemblée nationale] et d’ADO [Alassane Dramane Ouattara], appuyées par l’ONU et les forces françaises, ont massacré des populations civiles, humilié des représentants de l’État”, a encore affirmé l’ex-Première dame.

    Simone Gbagbo a rejeté le résultat de la commission électorale organisatrice du scrutin, reconnu par la communauté internationale, qui avait donné Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle de décembre 2010. Le Conseil constitutionnel ivoirien avait à l’inverse consacré son mari. “Comment puis-je être poursuivie sur la base d’une décision politique ? Alors que j’ai respecté la décision du Conseil constitutionnel ?”, s’est-elle interrogée, indiquant avoir été battue avec une violence inouïe durant son arrestation.

    Simone Gbagbo est la tête d’affiche et la dernière accusée entendue dans un procès-fleuve pour atteinte à la sûreté de l’État durant les violences postélectorales en Côte d’Ivoire, qui avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois, entre fin 2010 et le printemps 2011.

    (Avec AFP)

  • RDC: l’armée lance une offensive contre les FDLR à Uvira

    RDC: l’armée lance une offensive contre les FDLR à Uvira

    fardc feu-Des tirs à l’arme lourde et à la mitraillette sont entendus ce mardi 24 février depuis tôt le matin dans les villages de Ruvuye et Mulindi surplombant les moyens plateaux de Lemera à Uvira (Sud-Kivu). Des sources de la 33e région militaire indiquent que ces tirs entendus marquent le début officiel des opérations militaires contre les rebelles rwandais des FDLR au Sud-Kivu.

    Des sources de la 33e région militaire indiquent que les militaires congolais ont déjà repris le contrôle du camp de Revo qui abritait ces combattants rwandais. Ce campement est situé à près de 30 Km de Lemera-centre.

    Des sources militaires affirment que les assaillants sont en débandade dans la brousse.

    Le commandant des opérations « Sukola 2 » contre ces combattants rwandais au Sud-Kivu, le général Espérant Masudi, se trouve sur place à Lemera pour ces opérations.

    Selon des sources locales, des militaires congolais ont été aperçus depuis lundi dans la soirée en train de se déployer dans les moyens plateaux de Lemera supposés abriter des combattants rwandais des FDLR.

    L’armée congolaise a annoncé en janvier le début des opérations contre les FDLR. Mais les combats n’avaient pas encore commencé. Les Forces armées de la RDC (FARDC) vont mener ces opérations seules, sans le soutien de la Monusco. La mission onusienne avait suspendu son appui à l’armée congolaise dans le cadre de ces opérations à la suite de la présence des deux généraux soupçonnés d’atteintes graves aux droits de l’homme.

    Après cette annonce, le chef de l’État congolais a fait savoir aux ambassadeurs accrédités à Kinshasa que la RDC renonçait à l’aide de la Monusco dans l’opération de désarmement contre les FDLR.

    En séjour en RDC, le vice-Premier ministre belge chargé de la Coopération et du Développement, Alexandre De Croo, et son collègue des Affaires étrangères, Didier Reynders, ont exprimé le souhait de voir Kinshasa admettre de nouveau l’appui de la Monusco dans la traque contre les FDLR dans l’Est du pays.​

    AFP

  • Démission de Russ Feingold, le cow-boy de Barack Obama dans la région des Grands Lacs

    Démission de Russ Feingold, le cow-boy de Barack Obama dans la région des Grands Lacs

    Feingold-L’envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands lacs et la RDC, Russ Feingold, va quitter son poste, qui l’a vu fortement s’impliquer dans les négociations entre les rebelles du M23 et le gouvernement de Kinshasa.

    Mais ses propos récurrents appelant le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir ont suscité régulièrement des commentaires outragés de Kinshasa.

    Russ Feingold, un ancien sénateur démocrate, avait pris ses fonctions en juin 2013 et durant son mandat il a joué un rôle très important dans la région des Grands lacs, a affirmé vendredi Jennifer Psaki, la porte-parole du département d’État qui a annoncé son départ.

    À en croire la presse américaine, Russ Feingold souhaiterait se préparer à tenter de reprendre son siège de sénateur à la faveur des élections de 2016. M. Feingold s’est énormément impliqué dans les négociations qui ont mené à la fin du conflit entre Kinshasa et les rebelles du M23 dans l’est de la RDC fin 2013.

    Selon Mme Psaki, Russ Feingold a également contribué à recentrer l’attention de la communauté internationale sur la menace posée par les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), également dans l’est de la RDC. Ils ne seraient plus aujourd’hui qu’environ 1.500 à 2.000 combattants disséminés essentiellement au Nord et au Sud-Kivu (Est).

    En janvier, l’armée congolaise avait annoncé une offensive contre les FDLR avec l’aide de la Monusco (Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC). Mais Kinshasa a ensuite annoncé renoncer à cette collaboration, après que les Nations unies eurent indiqué retirer leur soutien à cette opération.

    “Cela ne nous regarde pas”

    Interrogé par l’AFP sur le départ de M. Feingold, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré : “Nous n’avons pas de commentaire à faire. S’il part pour des raisons personnelles, c’est son affaire et cela ne nous regarde pas”.

    En 2014, Russ Feingold a répété à plusieurs reprises, notamment lors de séjours en RDC, que les États-Unis étaient fermement opposés à toute tentative du président congolais Joseph Kabila de se maintenir à son poste au-delà du terme de son mandat en 2016.

    Au pouvoir depuis 2001, M. Kabila n’a pas le droit, aux termes de la Constitution congolaise, de se représenter à sa propre succession lors de la prochaine présidentielle dont la date vient d’être fixée au 27 novembre 2016.

    Ses propos ont été dénoncés à plusieurs reprises par M. Mende comme une ingérence inacceptable. Interrogé sur les divergences de vues qu’il a pu avoir avec M. Feingold, M. Mende a déclaré à l’AFP : “Il n’est plus envoyé spécial donc cela ne nous pose plus de problème. Nous regardons de l’avant.”

    (AFP)

  • Etienne Tshisekedi réapparaît pour la première fois en public

    Etienne Tshisekedi réapparaît pour la première fois en public

    etienne Tshitshi-Première réapparition publique en Belgique ce samedi 21 février de l’opposant historique congolais Etienne Tshisekedi. Le leader de l’UDPS réside à Bruxelles depuis son évacuation sanitaire de RDC en août dernier.

    Avec notre envoyée spéciale à Bruxelles, Sonia Rolley

    Etienne Tshisekedi, superstar. C’est bien lui que les militants attendaient. Pour certains, cela faisait des années qu’ils ne l’avaient plus vu prononcer un discours en public, ou même tout simplement vu. Encore moins depuis que l’opposant historique congolais est en Belgique où il est venu se soigner il y a quelques mois. Plusieurs membres de l’UDPS s’en étaient d’ailleurs plaints.

    C’est tout seul et sans aide qu’Etienne Tshisekedi a fait son entrée dans la salle, sous un tonnerre d’applaudissements. Il s’est assis rapidement à côté de sa femme, Maman Marthe, sous les flashs des appareils photo. S’en sont suivi quelques discours auxquels le président de l’UDPS n’a semblé porter que très peu d’attention, applaudissant quand la salle applaudissait, le regard parfois dans le vide, le visage fatigué.

    Etienne Tshisekedi 21/02/2015 – par Sonia Rolley écouter

    C’est assis qu’il a pris la parole. Pas de grand discours, tout juste un mot de remerciement. Il a appelé les militants de l’UDPS à travailler en harmonie, dans l’unité. « Pour que nous puissions vaincre, il faut l’union de tous », a-t-il affirmé. Sans doute une référence aux divisions internes que connait le parti. Autre point sur lequel Etienne Tshisekedi a insisté : il ne faut pas chercher midi à 14h, il nous faut instaurer un Etat de droit. « L’idéal, c’est l’Etat de droit », a-t-il répété. Un propos accueilli par des applaudissements très nourris. Dernier point d’un discours de quelques minutes à peine : même si on voudrait chasser l’imposteur par la force, il faudra toujours un dialogue, a-t-il expliqué. L’UDPS a transmis une feuille de route de sortie de crise à la Monusco et à d’autres membres de la communauté internationale.

    Cette première réapparition s’est achevée par une séance photo dans une ambiance délirante, où des dizaines de militants se sont bousculés pour prendre un cliché avec leur président. Mais il y avait foule et beaucoup ont été déçus.

    RFI

  • Kinshasa ne redistribue pas la redevance minière aux provinces

    Kinshasa ne redistribue pas la redevance minière aux provinces

    mine_or2-En République démocratique du Congo, la redistribution de la redevance minière pose problème. Le code minier est pourtant clair : Kinshasa est dans l’obligation d’en rétrocéder 40 % à la province et au territoire où se déroule l’exploitation. Mais dans les faits, il est difficile de trouver un cas où la loi est appliquée.

    A en croire les chiffres de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-RDC), au Katanga, le gouvernement central a perçu 90 millions de dollars de redevance minière en 2012. Là-dessus seuls 12 millions ont été reversés à la province, soit bien moins que les 40 % prévus par la loi.

    Mais par ailleurs, le Katanga a reçu 71 millions de dollars des miniers grâce à deux taxes locales instaurées par le gouverneur. Pourquoi ce double système de taxation ? Selon plusieurs sources, le gouverneur a mis en place ce système avec l’accord du gouvernement et des miniers parce que Kinshasa ne reversait pas sa part de la redevance à la province. Un système ad-hoc, prévu néanmoins par aucune loi.

    Du côté de la Province orientale, par contre, le gouverneur est formel. Jamais ni la province, ni le territoire, n’ont perçu la part de la redevance qui leur revient. Un manque à gagner qui s’élève à 8 millions de dollars, selon le gouverneur Jean Bamanisa. Un an et demi après le début de l’exploitation du plus gros gisement d’or (Kibali Goldmines), il se demande pourquoi le gouvernement n’applique pas la loi telle qu’énoncée par le code minier.

    RFI

  • OIF : Michaëlle Jean dans ses meubles

    OIF : Michaëlle Jean dans ses meubles

    michael Jean-La nouvelle secrétaire générale de l’OIF a pris ses fonctions le 5 janvier, deux jours avant l’attentat contre Charlie Hebdo. L’émotion retombée, elle met patiemment en place ses équipes et sa politique.

    Et maintenant, Michaëlle Jean va devoir convaincre. Son élection au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), à Dakar, en décembre 2014, n’avait pas fait que des heureux. Le Congo-Brazzaville, Maurice et le Burundi, par exemple, n’avaient pas apprécié d’être contraints de lâcher leurs candidats respectifs en raison des pressions amicales de François Hollande et de Macky Sall… Et puis, la première conférence de presse de la nouvelle patronne de la Francophonie n’avait pas convaincu tout le monde.

    Au siège parisien de l’organisation, ces tumultes désormais paraissent loin. Depuis la passation de pouvoir avec Abdou Diouf, le 5 janvier, Michaëlle Jean se coule dans la fonction avec discrétion et modestie. “Elle a parlé pendant des heures avec tous les employés, témoigne un cadre. Je n’ai pas l’impression qu’elle soit arrivée avec un programme préétabli. Pour l’instant, elle joue la continuité.”

    Deux jours plus tard, c’était l’attentat contre Charlie Hebdo. “Elle a été conviée à participer à la marche républicaine du 11 janvier, explique son entourage, ce qui lui a permis d’échanger avec les chefs d’État présents : Ibrahim Boubacar Keïta, Faure Gnassingbé, Mahamadou Issoufou, Ali Bongo Ondimba, mais aussi Angela Merkel et Benyamin Netanyahou.”

    Depuis, elle en a reçu deux autres : le Guinéen Alpha Condé et le Malgache Hery Rajaonarimampianina. Préoccupée par les crises africaines, elle s’est entretenue au téléphone avec Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition centrafricaine, et avec Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l’Union africaine, à la veille du sommet d’Addis-Abeba, où deux conseillers, le Sénégalais Ousmane Paye et le Canadien Jacques Bilodeau, la représentaient. Bon connaisseur des rouages de l’OIF et ex-directeur des affaires de l’Afrique francophone au ministère canadien des Affaires étrangères, le second est, à terme, appelé à succéder au premier.

    Une femme de communication, ancienne journaliste

    Michaëlle Jean s’est informée auprès des francophones directement menacés par l’insurrection islamiste de Boko Haram : le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Camerounais Paul Biya et le Tchadien Idriss Déby Itno. “Elle a tenu à rendre hommage au Tchad pour le sacrifice de ses hommes au Mali, au Cameroun et au Nigeria”, indique un conseiller.

    Elle a beau avoir fait du dialogue sa marque de fabrique, elle a réagi très vite à la crise en RD Congo. Dès le 21 janvier, alors que Kinshasa connaissait une troisième journée de violence, elle a fait connaître sa “préoccupation” – sans en informer les autorités au préalable. En comparaison, Abdou Diouf n’avait, lors de la crise burkinabè, réagi qu’après la démission de son ami Blaise Compaoré.

    “Diouf prenait du recul, de la hauteur, rappelle un cadre de l’OIF. Elle, c’est une femme de communication, une ancienne journaliste. Je pense qu’elle va prendre l’habitude de réagir publiquement et rapidement. Ce ne sera pas forcément une mauvaise chose puisque la principale faiblesse de l’organisation est son manque de visibilité.” C’est peut-être pour cette raison qu’elle a rétabli le poste, tombé en désuétude sous Diouf, de porte-parole du secrétaire général. Elle y a nommé un autre Canadien, Louis Hammann, qui s’occupait déjà de sa communication pendant sa campagne électorale.

    Mais la nomination la plus importante sera celle de l’administrateur général, le numéro deux de l’organisation. Clément Duhaime va devoir renoncer au poste puisqu’il est lui aussi canadien. La nomination de son successeur pourrait intervenir fin mars, lors de la réunion du Conseil permanent de la francophonie (CPF). Un temps pressenti pour le poste, le Mauricien Jean Claude de l’Estrac, le rival malheureux de Michaëlle Jean, ne fait plus partie des favoris depuis ses féroces critiques contre l’attitude de la France avant le scrutin de Dakar.

    Car Paris aura évidemment son mot à dire. “En tant que premier donateur et pays hôte du siège de l’OIF, nous suivons bien sûr le choix qui sera fait, indique-t-on au ministère des Affaires étrangères. Nous avons fait savoir à Michaëlle Jean quel était selon nous le profil d’un bon candidat : un Africain, mais choisi pour ses compétences. Cela dit, le choix lui appartient.”

    (Jeune Afrique)

  • Congo-Brazza: comment dépersonnaliser le débat sur la Constitution?

    Congo-Brazza: comment dépersonnaliser le débat sur la Constitution?

    brazza-Au terme de deux jours de conclave à Brazzaville, la Fédération congolaise des droits de l’homme (Fecodho) et le Forum de la société civile pour des élections libres et transparentes (Fosocel) ont constaté que le débat engagé sur une éventuelle révision de la Constitution s’enlisait et générait des peurs. Elles appellent à l’organisation d’un dialogue républicain, à l’établissement de la carte biométrique dans la perspective de l’élection présidentielle de 2016, et exigent que la presse soit effectivement libre.

    Le débat sur la loi fondamentale est loin de s’essouffler. Désormais, des ONG proposent aux politiques de le canaliser et de le dépersonnaliser. La Fecodho et la Fosocel exigent un dialogue républicain.

    « Nous constatons que le débat est très personnalisé. Au-delà de la personnalisation des débats, ça commence à emporter les passions, mais puisque ça déchire les Congolais, il y a une nécessité qu’on organise ce que nous avons appelé un débat républicain qui permettra à la société civile, aux partis politiques de l’opposition, du pouvoir, du centre, d’émettre leurs points de vue et ensemble. Nous réfléchissons sur quel genre de démocratie vouloir de notre pays. Parce qu’à notre avis, le Congo a déjà franchi la première étape, qui est celle de l’instauration de la démocratie, et il nous faut aller maintenant dans la phase de consolidation », explique Céphas Germain Ewangui, un des responsables de ces deux plateformes.

    A 16 mois de l’élection présidentielle, la société civile demande que soit réglé le problème de l’établissement de la carte biométrique : « Aujourd’hui, nous invitons les pouvoirs publics à ne pas perdre de vue cette préoccupation, parce que ça pourra nous rattraper et créer encore d’autres empoignades dont le pays, en réalité, n’a pas besoin », estime Céphas Germain Ewangui. Dans le contexte politique actuel, la société civile appelle les pouvoirs publics à garantir la liberté de la presse, qui est une unité de mesure de la démocratie.

    RFI