Author: Don Kayembe

  • le parti de Kabila en faveur d’une modification de la Constitution

    le parti de Kabila en faveur d’une modification de la Constitution

    evariste_boshab_-La majorité présidentielle se mobilise pour contre-attaquer contre tous ceux qui, Congolais ou étrangers, s’opposent à la révision constitutionnelle avant les élections de 2016. Après le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku et le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, c’est au tour du PPRD, le parti présidentiel, de sensibiliser ses membres sur le bien-fondé de la révision constitutionnelle.

    Evariste Boshab secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) n’a pas mâché ses mots, ce mardi, dans une adresse aux membres de son parti : « Réviser la Constitution, c’est aussi la respecter », a déclaré ce professeur du droit constitutionnel avant de lâcher : « Cette révision constitutionnelle peut se faire par voie référendaire. » Des propos sans équivoque qui rejoignent la déclaration, ce même mardi, de la Jeunesse katangaise. Cette organisation, qui se réclame de la mouvance kabiliste, dénonce la position de la Cenco, la Conférence épiscopale nationale du Congo, opposée elle, à toute révision constitutionnelle avant les élections de 2016.

    « Pour nous, c’est Kabila ou rien ! »

    « C’est nous qui avons voté cette Constitution au référendum. Nous avons aussi le pouvoir de la changer par référendum. La mission de Cenco est d’amener les hommes au paradis et non dans la rue. A moins que les souverains primaires décident autrement. Pour nous, c’est Kabila ou rien ! », a déclaré José Kabulo wa Kabulo, le président de la Jeunesse katangaise.

    La position du PPRD résonne comme un défi à tous ceux qui, Congolais ou étrangers, s’opposent à la révision constitutionnelle avant les prochaines échéances électorales. Une prise de position qui intervient à quelques jours du sommet USA-Afrique qui démarre le 4 août prochain, et à laquelle devrait vraisemblablement participer le président Kabila.

  • Wikipédia : le classement des chefs d’État africains les plus populaires

    Wikipédia : le classement des chefs d’État africains les plus populaires

    Le nombre de visites sur Wikipedia est calculé sur le premier semestre 2014 en cumulant les chiffres des versions anglaise et française de la page et en y ajoutant celui de la version arabe, portugaise ou espagnole, selon le pays.
     
    Letsie III
    1,182,319.00
    Abdel Fattah al-Sissi
    521,313.00
    Abdelaziz Bouteflika
    411,622.00
    Goodluck Jonathan
    339,777.00
    Robert Mugabe
    292,906.00
    Jacob Zuma
    252,932.00
    Yoweri Museveni
    221,779.00
    Mohammed VI
    200,037.00
    Paul Kagame
    154,500.00
    Ellen Johnson Sirleaf
    149,120.00
    Omar el-Béchir
    141,232.00
    Uhuru Kenyatta
    129,899.00
    Joseph Kabila
    118,054.00
    Catherine Samba-Panza
    112,059.00
    José Eduardo dos Santos
    99,210.00
    Alassane Ouattara
    86,968.00
    Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
    78,766.00
    Paul Biya
    74,300.00
    Blaise Compaoré
    69,322.00
    Mswati III
    67,794.00
    Salva Kiir
    62,013.00
    Peter Mutharika
    59,015.00
    Moncef Marzouki
    57,681.00
    John Dramani Mahama
    55,589.00
    Alpha Condé
    51,785.00
    Yahya Jammeh
    49,641.00
    Hery Rajaonarimampianina
    48,541.00
    Jakaya Kikwete
    46,608.00
    Macky Sall
    45,504.00
    Hassan Sheikh Mohamoud
    45,139.00
    Idriss Déby
    40,996.00
    Mohamed Ould Abdel Aziz
    39,926.00
    Ibrahim Boubacar Keïta
    38,158.00
    Hailemariam Desalegn
    36,091.00
    Denis Sassou-Nguesso
    35,639.00
    Ian Khama
    35,550.00
    Nouri Bousahmein
    35,502.00
    Armando Guebuza
    34,833.00
    Michael Sata
    30,755.00
    Ali Bongo Ondimba
    29,304.00
    Pierre Nkurunziza
    26,833.00
    Ernest Bai Koroma
    26,509.00
    Faure Gnassingbé
    26,207.00
    Mulatu Teshome
    24,707.00
    Mahamadou Issoufou
    21,882.00
    Issayas Afeworki
    21,484.00
    Kailash Purryag
    20,012.00
    Thomas Yayi Boni
    15,329.00
    Jorge Carlos Fonseca
    15,266.00
    Hifikepunye Pohamba
    11,596.00
    Manuel Pinto da Costa
    10,936.00
    Ikililou Dhoinine
    10,012.00
    Ismail Omar Guelleh
    7,556.00
    José Mário Vaz
    5,339.00
    Abdallah al-Thani
    1,253.00
    Letsie III
  • Barack Obama : “Nous devons saisir le potentiel extraordinaire de l’Afrique d’aujourd’hui”

    Barack Obama : “Nous devons saisir le potentiel extraordinaire de l’Afrique d’aujourd’hui”

    Barack Obama, le 28 juillet à Washington.
    Barack Obama, le 28 juillet à Washington. © AFP

    Devant 500 étudiants africains qui participent au programme “Washington Fellowship for Young African Leaders” aux États-Unis, Barack Obama a affirmé lundi que le monde avait besoin d’une Afrique “forte, prospère et autonome”.

    À une semaine du sommet États-Unis – Afrique à la Maison Blanche, le président américain, Barack Obama, a profité de sa rencontre, le 28 juillet, avec les 500 étudiants africains du programme “Washington Fellowship for Young African Leaders”, pour faire passer quelques messages aux dirigeants du continent.

    Évoquant un sommet “véritablement historique”, Barack Obama a souligné qu’il illustrerait sa conviction que “la sécurité, la prospérité et la justice” dans le monde “ne sont pas possibles sans une Afrique forte, prospère et autonome”. “Ce sera le plus grand rassemblement de chefs d’État et de gouvernement africain jamais organisé par un président américain”, a-t-il souligné.

     

    “Si nous sommes conscients des réelles difficultés que rencontrent tant d’Africains chaque jour, nous avons le devoir de saisir le potentiel extraordinaire de l’Afrique d’aujourd’hui, qui est le continent le plus jeune et qui connaît la croissance la plus forte”, a poursuivi Barack Obama.

    “Le respect de la loi”

    Interrogé par un étudiant sur les priorités qui devraient, selon lui, être celles de l’Afrique, le président américain a insisté sur la gouvernance. “Quelles que soient les ressources d’un pays, si vous n’avez un pas un ensemble de lois, le respect pour les droits civiques et les droits de l’homme, si vous n’avez pas de liberté d’expression et de rassemblement (. . . ), il est très rare qu’un pays réussisse dans la durée”, a-t-il affirmé.

    “Vous n’éliminerez jamais la corruption à 100% (. . . ), mais l’important est que le respect de la loi soit la norme”, a-t-il martelé.

    (Avec AFP)

  • Le patron de Gécamines révoqué suite à des soupçons de surfacturations

    Le patron de Gécamines révoqué suite à des soupçons de surfacturations

    Mine a ciel ouvert-Ahmed Kalej Nkand, administrateur directeur général de la Gécamines a été révoqué de ses fonctions par le président Joseph Kabila pour faute grave. Interrogé sur la nature de cette faute, le Premier ministre Matata Ponyo s’est limité à parler de mauvaise gouvernance. L’enquête menée par RFI révèle cependant des problèmes de malversations et de surfacturation au sein de la société d’Etat d’exploitation des mines en RDC.

    Selon des sources contactées par RFI, la Gécamines avait décidé de se doter d’engins lourds pour l’extraction des minerais dans ce qui lui reste encore comme carrières, après avoir cédé nombre de ses concessions à des privés. L’ensemble de ces engins, initialement destinés à relancer des activités, aurait coûté seulement 4 millions de dollars. Mais la facture présentée par les dirigeants de l’entreprise aurait été gonflée.

    Fin d’un géant minier

    L’administration d’Ahmed Kalej Nkand aurait ainsi déclaré avoir déboursé plus de 20 millions de dollars pour ce marché. De plus, l’acquisition serait constituée de vieux engins, déjà à la fin de vie. La hiérarchie, qui serait alors convaincue de la malversation, a donc opté pour une révocation pure et simple de celui qui gère la Gécamines, alors que les investigations se poursuivent. En difficulté financière sérieuse, la Gécamines, jadis poumon économique du pays, a déjà programmé de renvoyer la moitié de ses 12 000 employés.

    RFI

  • Les Constitutions africaines à l’épreuve de ses hommes forts

    Les Constitutions africaines à l’épreuve de ses hommes forts

    mediaLéopold Sédar Senghor, lors de sa prestation de serment présidentiel, le 9 décembre 1963. EN 1980, il sera le premier président africain à quitter le pouvoir au terme de ses mandats présidentiels.Photo: Rue des Archives/AGIP

    Le processus de démocratisation qui a commencé il y a vingt ans en Afrique s’essouffle. Dans de nombreux pays, l’Etat de droit est mis à mal, les constitutions manipulées, l’opposition marginalisée, le clientélisme et la corruption sont érigés en instruments de gouvernance. Certains experts et membres de la société civile appellent à une refondation de la démocratie dans le continent de Senghor et de Mandela.

    Lorsque Senghor quitta volontairement la présidence du Sénégal après avoir exercé le pouvoir pendant près de vingt ans, il était qualifié de « déserteur » par ses pairs, notamment par le Tunisien Bourguiba et l’Ivoirien Houphouët Boigny qui, eux, avaient opté, pour la « présidence à vie ». La tradition des « présidents monarques » qui s’inscrustent au pouvoir, n’est certes pas spécifiquement africaine, avec les Islam Karimov, les Noursoultan Nazarbaïev ou encore les Bachar al-Assad prospérant à travers le monde. Il n’en reste pas moins que sur les 19 chefs d’Etat qui ont accédé au pouvoir au siècle dernier et qui s’accrochent à leur place, 14 – donc, les trois quarts – sont africains ! Les 4 présidents en place dans le monde depuis plus de trente ans sont tous africains ; 8 sur 10 de ceux qui ont accédé au pouvoir il y a plus de vingt ans le sont aussi !

    Un mal africain ?

    La pérennisation et la monopolisation du pouvoir sont devenues les traits caractéristiques de la pratique politique africaine. Les statistiques sur des dirigeants accros au pouvoir font écho aux débats qui secouent, en ce moment même, plusieurs pays d’Afrique, où les présidents dont les mandats arrivent prochainement à échéance cherchent arguments et moyens pour modifier la Charte fondamentale qui leur interdit d’effectuer plus de deux mandats. Après Ben Ali (Tunisie), Eyadéma père (Togo), Paul Biya (Cameroun), Omar Bongo (Gabon), Mamadou Tandja (Niger), Idriss Déby (Tchad), Yoweri Museveni (Ouganda), Abdelaziz Bouteflika (Algérie) et Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti) qui ont réussi à modifier leurs Constitutions pour se perpétuer au pouvoir, d’autres chefs d’Etat africains en fin de mandats présidentiels autorisés par la loi,  sont gagnés par la tentation de prolonger leur mandature.

    Au cours des trois années qui viennent, la question va se poser notamment pour Lucas Pohamba de Namibie (fin de mandat en novembre 2014), Pierre Nkurunziza de Burundi (fin de mandat en juin 2015), Jakatya Kikwete de Tanzanie (fin de mandat en octobre 2015), Blaise Compaoré du Burkina Faso (fin de mandat en novembre 2015), Thomas Boni Yayi du Bénin (fin de mandat en mars 2016), Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville (fin de mandat en juillet 2016), Joseph Kabila de la RDC Congo (fin de mandat en décembre 2016), Paul Kagame du Rwanda (fin de mandat en juillet 2017), Ellen Johnson Sirleaf du Liberia (fin de mandat en novembre 2017) et Ernest Koroma de Sierra Leone (fin de mandat en 2017).

    Les états majors de certains de ces dirigeants ont déjà commencé à préparer l’opinion dans leurs pays respectifs à coups d’arguments déjà entendus avant (« on a besoin de stabilité politique pour se développer », « pourquoi se priver de l’expérience et de la capacité de leadership d’un homme (ou d’une femme) qui a démontré son aptitude à gouverner », « la population elle-même le demande »!). Ils se proposent donc de changer la Constitution, rappelant que c’est un droit démocratique. La Constitution française de 1791 ne postulait-elle pas que « la nation a le droit imprescriptible de changer sa constitution ». Des arguments dont l’entourage du Camerounais Paul Biya s’est servi avec un certain succès pour faire supprimer en 2008 cette limitation du nombre de mandats dans la Loi fondamentale du Cameroun. Rappelons que le président camerounais est un des plus vieux chefs d’Etat au pouvoir en Afrique, qui a succédé à l’ancien président Ahidjo en 1982 et, depuis, a souvent remporté les scrutins électoraux avec des scores quasi-soviétiques ! Fort de son amendement constitutionnel, il a été réélu pour un nouveau septennat en 2011.

    Le parlement algérien a lui aussi modifié la Constitution en 2008 pour permettre au président Bouteflika de briguer un troisième mandat l’année suivante, puis un quatrième mandat en 2014, et cela malgré les séquelles d’un AVC qui a réduit ses capacités de mobilité et d’élocution. Aujourd’hui, pour s’attirer les bonnes grâces de l’opposition, le gouvernement algérien propose de revenir à la limitation à deux le nombre de mandats présidentiels.

    « Légale peut-être, mais ce genre de charcutage de la Constitution pour des raisons politiques ne rend pas service au pays », affirme le constitutionnaliste franco-sénégalais Alioune Badara Fall. Selon ce dernier, en voulant se maintenir au pouvoir à tout prix, les chefs d’Etat africains renouent avec l’ancienne pratique des « présidences à vie ». « Ils mettent à mal la notion de l’alternance qui est un des piliers fonamentaux et

    Le constitutionnaliste sénégalais Alioune Badara Fall et le secrétaire-général de l’OIF Abdou DioufFall

    incontournables de la démocratie », poursuit Alioune Badara Fall, professeur agrégé de droit public à l’université Montesquieu Bordeaux IV, et directeur d’un centre d’études sur les droits africains dans la même institution. Il est aussi le rédacteur en chef de la revue électronique « Afrilex » , où des études d’universitaires et de chercheurs consacrés à la pratique du droit sur le continent noir sont régulièrement publiées.

    Marche arrière

    Fondamentalement, la Constitution traduit la vision qu’a une société d’elle-même et de son avenir. Elle définit les principes et les idéaux qui président à la configuration des pouvoirs et les conditions juridiques régissant son développement. A ce titre, les textes constitutionnels jouent un rôle primordial dans cette vaste entreprise de construction de la nation dans laquelle les nouveaux pays d’Afrique sont aujourd’hui engagés. La plupart des constitutionnalistes estiment que les changements faciles et intempestifs de la Constitution créent une instabilité institutionnelle, mettant à mal l’Etat de droit et la démocratie.

    Le professeur Fall attire l’attention sur la marche arrière du continent africain en matière de démocratie et de constitutionnalisme. En effet, les premières Constitutions africaines datent de l’époque des indépendances. Souvent inspirées des Lois fondamentales des anciens pays colonisateurs, elles ont été rapidement modifiées ou abandonnées dans la plupart des pays, dès la deuxième moitié des années 1960, pour permettre l’instauration du système du parti unique. Plusieurs Etats africains ont, alors, connu une période autocratique et sans Constitutions, celles-ci ayant été suspendues à la suite de coups d’Etat militaires.

    Il faudra, ensuite, attendre la fin de la Guerre froide, en 1990, pour voir le continent noir renouer avec la démocratie et l’Etat de droit. Cette démocratisation s’est faite sous la pression conjuguée des pays occidentaux et des « conférences nationales » imposée par les mouvements d’opposition et les sociétés civiles locales. Les Etats ont adopté des Constitutions écrites qui consacrent l’encadrement juridique du pouvoir et son institutionnalisation. Le processus, qualifié de « troisième vague de démocratisation » par le politologue américain Samuel Huntington, toucha l’ensemble du continent, à l’exception d’un certain nombre de pays tels que le Sénégal, la Gambie, le Cap-Vert, l’île Maurice et Lesotho où la démocratisation avait déjà été enclenchée. C’est dans ce contexte que les pays africains ont décidé de limiter à deux le nombre de mandats (de 5 ou 7 ans selon les pays) de leurs présidents. L’objectif était de garantir l’alternance, et surtout d’éviter le retour à la personnalisation du pouvoir, comme cela se passait pendant la période des dictatures.

    Or, ces bonnes résolutions n’ont pas fait long feu, même si un certain nombre de pays ont respecté l’option de limitation du nombre de mandats présidentiels. L’exemple souvent cité est celui du Ghana où, à l’échéance de ses deux mandats présidentiels en 2008, le président John Kufuor a passé le relais à son successeur Atta-Mills (décédé en 2012 et

    Cyril Ramaphosa et Nelson Mandela brandissent la nouvelle Constitution sud-africaine, le 10 décembre 1996.AFP/ ADIL BRADLOW

    remplacé par son vice-président Mahama). On pourra aussi citer le Sud-Africain Mandela qui est parti à la retraite dès le terme de son premier mandat en 1999 ou le Malien Alpha Oumar Konaré qui a quitté le pouvoir après ses deux mandats en 2000. Les imaginaires africains restent encore aujourd’hui marqués par le retrait très digne du Sénégalais Abdou Diouf qui a transmis le pouvoir à l’opposant Abdoulaye Wade qui venait de remporter l’élection présidentielle de 2000.

    Malheureusement, ces présidents vertueux sont les exceptions qui confirment la règle. Dès la fin des années 1990, on a vu de nombreux dirigeants revenir sur leurs engagements et se lancer dans des révisions constitutionnelles laborieuses pour faire abroger la clause de la limitation des mandats présidentiels. Contrairement à une idée reçue, cette volte-face opportune ne concerne pas que les dirigeants francophones qui, héritiers de la vision française d’une « présidence impériale », seraient moins respectueux de la norme constitutionnelle. Dans les faits, parmi les 10 dirigeants africains au pouvoir depuis plus de deux décennies, il y a moins de francophones (Paul Biya du Cameroun et Blaise Compaoré du Burkina Faso, Idriss Déby Itno du Tchad) que de non-francophones :Teodoro Obiang Nguema de la Guinée-équatoriale, Yahya Jammeh de Gambie, José Edouard Dos Santos d’Angola, Robert Mugabe du Zimbabwe, Yoweri Museveni d’Ouganda, Omar el-Béchir du Soudan et Issayas Afewerki de l’Erythrée.

    Pourquoi ?

    Pourquoi les chefs d’Etat africains sont-ils si nombreux à s’accrocher au pouvoir ? C’est parce que, si l’on croit les intéressés, deux mandats sont trop courts pour terminer les différents projets qu’ils ont à peine commencé à mettre en œuvre. « Ce qu’on a pas pu faire en deux mandats, il est hypocrite de faire croire qu’un troisième et un quatrième mandat permettraient de terminer », affirme Badara Fall pour qui la véritable raison qui pousse les présidents à franchir la ligne rouge constitutionnelle, c’est outre la fascination qu’exerce le pouvoir, la peur du gendarme ou plutôt du juge.

    Beaucoup de dirigeants africains craignent de se voir poursuivis pour corruption ou autres manquements graves à la loi le jour où ils ne seront plus couverts par l’immunité présidentielle. « Il faut dire que la démocratisation de la vie politique n’a rien changé aux politiques de prédation, de clientélisme et de corruption qui avaient cours avant les années 1990. Au contraire, elles touchent aujourd’hui l’ensemble de la vie sociale et politique », déclare Alioune Badara Fall, en citant la pratique exacerbée du clientélisme au Sénégal sous Abdoulaye Wade. Et d’ajouter : « Dans ces conditions, cela ne m’étonne guère que nos chefs d’Etat veuillent rester au pouvoir de peur d’avoir de maille à partir avec la justice, tant au niveau interne des Etats que sur le plan international, au regard de la pratique de la Cour Pénale Internationale qui semble leur accorder une place «privilégiée» dans les procédures d’incrimination et de poursuite qu’elle applique aux hommes politiques africains depuis sa création. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles cette Cour est aujourd’hui contestée par les Africains. »

    Pour beaucoup d’observateurs de la vie politique africaine, ces résistances à une pratique plus normée de la démocratie démontrent une absence de maturité politique des dirigeants africains dont beaucoup ont accepté d’entrer dans le jeu démocratique contraints et forcés par des contingences domestiques ou internationales. Difficile pour eux d’imaginer les élections autrement que comme un outil de préservation de pouvoir. D’ailleurs, peu de chefs d’Etat ont perdu les référendums qu’ils ont organisés pour faire sauter le verrou constitutionnel au renouvellement de leurs mandats. Les deux exceptions à la règle sont Frederic Chiluba en Zambie et d’Olusegun Obasanjo au Nigéria qui virent leurs tentatives de modification de la Constitution bloquées par leurs parlements, en 2001 et 2006 respectivement.

    Refondation

    « Un nouveau discours de la Baule s’impose pour rappeler aux pays africains qu’il est important que tous s’engagent dans une véritable refondation de la démocratie », pouvait-on lire dans Le Monde, la veille du Sommet de l’Elysée en décembre dernier consacré à la paix et à la sécurité en Afrique. A la veille d’un autre sommet qui se tiendra en août prochain aux Etats-Unis et qui réunira cette fois Américains et Africains, le président Obama a fait dire aux chefs d’Etats d’Afrique qui prennent à la légère leurs textes constitutionnels et les font amender pour les adapter à leurs ambitions : « ce dont l’Afrique a besoin, ce ne sont pas des hommes forts mais des institutions fortes ! »

    « La refondation de la démocratie africaine passera par la société civile africaine », déclare pour sa part Alioune Badara Fall. « La société civile était dans les rues à Bénin d’où les premières revendications pour la démocratie sont parties en 1989. C’est elle, et non pas la Conférence de la Baule(même si l’on doit reconnaître qu’elle a eu des effets avec la conditionnalité démocratique qui venait de faire son entrée dans les relations entre la France et les pays francophones d’Afrique), qui a propulsé l’Afrique  dans l’ère du multipartisme. Françaois Mitterrand s’était contenté d’apporter sa voix aux revendications qui s’élevaient du fond des sociétés africianes. C’est toujours cette société civile qui a refusé au président Wade au Sénégal de modifier la Constitution pour préparer sa succession au profit de son fils. Ce fut le début de la fin de son règne avec sa défaite à l’élection présidentielle de 2012, alors même que sa candidature contestée avait été validée par le Conseil constitutionnel. ».

    Pour aller plus loin sur ce thème, lire la livraison 129 de la revue Pouvoirs (Paris, 2008). Lire en particulier l’excellent article de Babacar Guèye : « Démocratie en Afrique : succès et résistances ».  Lire aussi les publications d’Alioune B. Fall , directeur du Centre d’études et de recherches sur les droits africians et sur le développement institutionnel des pays en développement (CERDRADI).

    RFI

  • Diomi Ndongala prié de verser 20 millions de dollars

    Diomi Ndongala prié de verser 20 millions de dollars

    diomi_ndongala_opposition_congo-Une amende de 20 millions de dollars ! Voilà ce qui est demandé à Eugène Diomi Ndongala. L’opposant congolais n’en a pas fini avec la justice. Le leader du parti Démocratie Chrétienne avait été condamné, en mars, à dix ans de prison pour viol sur mineures. Une procédure dénoncée comme politique par son parti, ses proches et ses avocats. Après le pénal, les deux victimes ont décidé d’intenter une procédure au civil en demandant des dommages et intérêts de dix millions de dollars chacune, soit vingt millions en tout. L’audience est prévue le mercredi 30 juillet, devant le tribunal de grande instance de Kinshasa.

    Pour certains proches de l’opposant, la démarche des victimes est ridicule ou, pour le moins, farfelue. Une source confie que peut-être les plaignantes s’imaginent qu’Eugène Diomi Ndongala est riche et veulent en profiter.

    Joint par RFI, Freddy Kita, secrétaire général du parti Démocratie Chrétienne considère que cette nouvelle procédure pourrait être une vengeance du pouvoir contre les carnets politiques que le prisonnier écrit encore sur Internet. Pour lui, les autorités cherchent la mort civile d’Eugène Diomi Ndongala pour qu’il paye toute sa vie son opposition.

    « Ces deux filles, soi-disant victimes, sont utilisées par monsieur Kabila lui-même qui est décidé à le mettre vraiment à genoux et à le tuer à petit feu. C’est juste pour le faire taire définitivement. C’est une façon de dire à l’opposition : ‘faites attention, ne vous opposez pas à moi sinon vous allez risquer le même sort que monsieur Diomi‘ », a-t-il déclaré.

    « Aujourd’hui, monsieur Kabila vient de signer, encore une fois, la deuxième mort de monsieur Ndongala », s’est insurgé le secrétaire général du parti Démocratie Chrétienne, Freddy Kita.

    Démocratie Chrétienne a demandé officiellement à la France, la Belgique et au Parti socialiste français de protester et de mettre la pression sur Kinshasa.

    En attendant – selon nos informations – à l’audience, les avocats devraient notamment attaquer sur des questions de droit, entre autres sur des textes qui rendraient cette nouvelle procédure impossible.

    RFI

  • Les Constitutions africaines à l’épreuve de ses hommes forts

    Les Constitutions africaines à l’épreuve de ses hommes forts

    media
    Dépouillement des bulletins dans un bureau de vote de Bunia (Ituri), dans l’est de la RDC, après le deuxième tour de la présidentielle de 2006 UN Photos/Martine Perret

    Au cours de la dernière décennie plusieurs chefs d’Etat africains ont modifié la Constitution pour rester au pouvoir au-delà de la durée inscrite dans la Loi fondamentale de leur pays. D’autres dont les mandats arrivent à terme au cours des prochaines années sont tentés de faire de même.

    Ils s’appellent Boni Yayi, Blaise Compaoré, Pierre Nkurunziza, Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Paul Kagame et Faure Eyadéma. Présidents respectivement du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Congo-Brazzaville, de la RDC, du Rwanda et du Togo, ils ont en commun d’être en fin de leur second mandat. On leur prête l’intention de rempiler, mais ils ne peuvent briguer un nouveau mandat sans amender leurs Constitutions. Leur entourage les pousse à aller de l’avant, alors que la société civile est dans la rue pour les en empêcher. Briguera ou briguera pas ? Suspense… En attendant, voici quelques repères.

    Bénin

     

    Le président béninois Boni Yayi. AFP PHOTO / POOL / MUJAHID SAFODIEN

    La Constitution béninoise promulguée le 11 décembre 1990 fixe le mandat du président de la République à 5 ans, renouvelable une fois. Le mandat du président Boni Yayi, élu une première fois en 2006 puis réélu en 2011, arrive à échéance en 2016. En 2013, l’exécutif béninois a soumis au parlement un projet de révision constitutionnelle qui ne devrait toucher ni la limitation en nombre des mandats ni la limite d’âge des candidats à l’élection du président. La Commission des lois du Parlement béninois a rejeté le projet de réforme cher au président Boni Yayi. L’opposition béninoise est descendue dans la rue pour mettre fin à ces velléités de réforme constitutionnelle qu’elle estime être une manœuvre de la part du chef de l’Etat pour se positionner pour la prochaine élection présidentielle.

    A la question de Christophe Boisouvier de RFI le 23 juin dernier qui lui demandait s’il comptait modifier la Constitution pour se représenter en 2016, Boni Yayi a répondu, un tantinet énervé : « Je sais lire la Constitution, je suis allé à l’école, si l’on veut m’aider c’est (en faisant en sorte) que je puisse absolument achever mes responsabilités dans le délai imparti. Et ce délai, tous les Béninois, la communauté internationale, le connaissent. » Réponse claire, mais elle coïncide avec le lancement par le ministre de l’Energie béninois d’un tournoi de football nommé « Yayi Boni 2016 » !

    Burkina-Faso

    Le président burkinabè Blaise Campaoré est arrivé au pouvoir en 1987 par un putsch. Il a

    ensuite effectué deux septennats (1991 et 1998) à la tête du pays, avant de se faire élire de nouveau en 2005 suite à un amendement modifiant la durée du mandat présidentiel ramenée à 5 ans. Réélu en 2010, il ne peut briguer un troisième mandat aux termes de la Constitution. Pour lui permettre de se représenter au scrutin présidentiel de 2015, son parti le Conseil national du Congrès pour la démocratie et le progrès a proposé d’organiser en avril un référendum relatif à la modification de l’article 37 de la Constitution qui limite à deux quinquennats le nombre de mandats présidentiels. L’opposition crie au « coup d’Etat constitutionnel » et demande au chef de l’Etat de ne pas participer à la prochaine élection. Soutenue par une partie de la société civile, l’opposition a organisé une grande manifestation dans la capitale le 31 mai et continue de mobiliser contre le référendum. Le CDP a organisé pour sa part une contre-manifestation en guise de démonstration de force des pro-modification (partisans de la modification ) de la Constitution.

    Burundi

    Selon la Constitution du Burundi, le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Le mandat du président en exercice le pasteur Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis dix ans, prend fin en 2015. En mars dernier, un projet de révision de l’article 302 de la Constitution qui empêche le président de briguer un troisième mandat a été rejeté par l’Assemblée nationale. La Parlement a en outre rejeté un projet de réforme constitutionnelle qui menaçait de rompre le fragile partage du pouvoir entre hutu et tutsi, consacré par les accords de paix d’Arusha qui avaient mis fin à la guerre civile.

     

    Pierre Nkurunziza, l’homme fort du Burundi.

     

    Selon des derniers développements, le président Nkurunziza pourrait finalement briguer un nouveau mandat présidentiel en 2015, car, comme un expert indépendant l’a signalé, en 2005, il avait été élu par l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès et pas au suffrage universel direct comme l’exige la Constitution. Donc, techniquement, c’est en 2010 que le président Nkurunziza a entamé son premier mandat résultant d’une élection au suffrage universel direct. Rien ne l’empêche donc de solliciter un nouveau mandat à l’expiration de sonactuel mandat en août 2015.

    Congo-Brazzaville

    Trois articles de la Constitution en vigueur depuis 2002 empêchent le président congolais Denis Sassou Nguesso, réélu en 2009, de se porter candidat à sa propre succession à la présidentielle de 2016. L’article 57 concerne la limitation du mandat présidentiel de 7 ans, renouvelable une fois. L’article 58 fixe à 70 ans la limitation d’âge pour les candidats à l’élection présidentielle. Le chef de l’Etat congolais aura 73 ans en 2016. Enfin, l’article 185 interdit de modifier les dispositions concernant la limitation d’âge et du nombre de mandats. Il faudra changer de régime pour faire sauter les trois verrous. Les

    signes annonciateurs d’un changement de grande envergure sont là. A Brazzaville, plusieurs voix se sont élevées en faveur d’une révision de la Constitution permettant au chef de l’Etat de rempiler. Au micro de Christophe Boisbouvier, sur les antennes de RFI, le ministre de la Communication du Congo-Brazzaville Bienvenu Okiémy a déclaré que « le débat sur la Constitution ne doit pas être un tabou ».

    RDC

    Au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001, le président Joseph Kabila s’est fait élire à la présidence de son pays en 2006 dans le cadre de la Constitution promulguée la même année. Il a été réélu en 2011. L’article 220 de la Constitution interdit de modifier la durée (quinquennats) et le nombre (deux mandats) des mandats présidentiels. Après avoir fait planer l’incertitude sur ses intentions pendant plusieurs mois, le président Kabila

    Joseph Kabila, le président du RDC. Reuters

    a fait déposer par son gouvernement un projet de révision constitutionnelle dont la nature des modifications voulues par le pouvoir n’a pas été précisée. L’opposition estime que le flou du projet cache la volonté du président de se maintenir au pouvoir après l’échéance de 2016. L’entourage du chef de l’Etat, dont le porte-parole, Lambert Mendé, a pour sa part qualifié les accusations de l’opposition de « procès d’intention ». Cela dit, la communauté internationale prend ces accusations très au sérieux. Lors de sa tournée en Afrique, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a exhorté le président Jopseph Kabila de respecter la Constitution en quittant le pouvoir fin 2016, au terme de son second mandat.

    Rwanda

    Selon la Constitution en vigueur depuis 2003, le président du Rwanda est élu pour un mandat de 7 ans, renouvelable une fois. Le président Paul Kagame, élu pour la première fois en 2003, réélu en 2010, a atteint la limite constitutionnelle et ne peut se présenter à sa propre succession pour un troisième mandat en 2017, à moins de modifier la

    Paul Kagame, le président du Rwanda DR

    Constitution. Chaque fois que les journalistes lui ont demandé s’il envisageait de se présenter, il a laissé planer le doute en déclarant que le temps venu, les Rwandais feront leur choix. Pour les opposants au régime, cela signifie qu’il va se présenter pour un troisième mandat après avoir changé la Constitution par voie référendaire.

    Togo

    En 2002, un amendement a abrogé l’article de la Constitution togolaise de 1992 limitant le nombre de mandats présidentiels pour permettre au chef de l’Etat de l’époque Gnassingbé Eyadéma de briguer un troisième mandat. Le président en exercice aujourd’hui Faure Eyadéma, fils du premier et dont le second mandat arrive à échéance en début 2015, pourrait théoriquement se porter candidat pour un troisième mandat. D’autant que l’Assemblée nationale togolaise vient de rejeter un projet de loi qui visait à réformer plusieurs aspects de la Constitution et à restaurer la limitation du nombre de mandats. L’opposition et la société civile réclament depuis des mois la limitation du nombre des mandats présidentiels.

     

  • Lambert Mende à Kisangani pour rassurer sur l’arrivée des FDLR

    Lambert Mende à Kisangani pour rassurer sur l’arrivée des FDLR

    Un soldat de la Monusco près d'un dépôt de munitions à Kisangani, en octobre 2013.
    Un soldat de la Monusco près d’un dépôt de munitions à Kisangani, en octobre 2013. © Monusco photos

    Lambert Mende, ministre de la Communication de RDC et porte-parole du gouvernement, est à Kisangani depuis matin. Objectif : calmer les inquiétudes de la population du chef-lieu de la Province orientale qui devrait accueillir la semaine prochaine un premier groupe d’ex-rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

    “Je suis confiant. Tout le monde ici à Kisangani commence à comprendre la nécessité de l’opération de désarmement des FDLR.” Ce vendredi 25 juillet, à la mi-journée, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, est pourtant arrivé en terrain miné.

    Pour protester contre l’arrivée en provenance du Nord et du Sud-Kivu d’ex-Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), une vingtaine d’organisations de la société civile de la Province orientale avaient en effet organisé le même jour une “opération ville morte”.

    Un premier groupe de 70 ex-FDLR, dont l’arrivée a été annoncée puis annulée à plusieurs reprises, devrait être cantonné à Kisangani, “la semaine prochaine”. Au total, toujours selon le ministre, ils devraient être “entre 1 200 et 1 400 à séjourner moins d’un mois à Kisangani avant de poursuivre leur chemin vers la province de l’Équateur et le Rwanda.” Une précision importante, car la Monusco, le 16 juillet dernier, avait parlé de “Kisangani comme de la destination finale de ces rebelles en attendant de trouver des pays tiers pouvant les accueillir.”

    Pas encore rassurés…

    La société civile de Kisangani ne semble pas encore totalement rassurée. “Les ex-FDLR doivent être directement acheminés dans un autre pays. Même s’ils ne restent que provisoirement, ils menaceront la sécurité de la population”, redoute un membre de la plate-forme Société civile force de l’Orientale (Socifor), signataire de l’appel “opération ville morte”.

    Un appel lancé par une société civile divisée, qui a finalement été peu suivi aujourd’hui à Kisangani. “Jusqu’à 9 heures, certaines administrations et certains magasins étaient encore fermés. Toutefois, ce midi, motos et taxis vélos circulaient comme d’habitude”, observe Ernest Mukuli, rédacteur en chef du journal Mongongo et coordonateur de l’ONG Mepad (Médias pour la paix et la démocratie).

    Une semaine plus tôt, tout le monde ne parlait déjà que de l’arrivée des ex-FDLR. La psychose régnait sur la ville, qui se sent fragilisée par la présence, non loin de là, de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et des Mbororo, les éleveurs armés.

    Des députés nationaux de la Province orientale et l’Église protestante s’étaient aussi publiquement opposés à l’accueil des FDLR.

    Lambert Mende rencontrera demain samedi des acteurs de la société civile de Province orientale, mais aussi d’Equateur, du Nord et du Sud-Kivu pour tenter d’apaiser les craintes tenaces des uns et des autres.

    Jeune Afrique

  • RDC : les miliciens Enyele ont-ils attaqué le camp militaire Tshatshi ?

    RDC : les miliciens Enyele ont-ils attaqué le camp militaire Tshatshi ?

    Les éléments de la Garde républicaine, le 30 décembre 2013 à Kinshasa.
    Les éléments de la Garde républicaine, le 30 décembre 2013 à Kinshasa. © AFP

    Quelques jours après l’attaque contre le camp militaire Tshatshi, le 22 juillet à Kinshasa, l’identité des assaillants et leurs motivations commencent à se préciser. Selon plusieurs sources diplomatiques et sécuritaires sur place, l’assaut avait un but bien précis…

    Que s’est-il vraiment passé à Kinshasa, le 22 juillet dernier ? Ce jour-là, le camp militaire Tshatshi, quartier général de la Garde républicaine, a été à nouveau attaqué par “un groupe de malfrats”, selon la version officielle. Mais qui sont-ils ? Les autorités congolaises refusent d’avancer des explications plus précises. Même Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement, réputé pour sa verve oratoire, botte en touche.

    Une fois n’est pas coutume, c’est André Kimbuta qui, le premier, va prendre la parole. Quelques minutes seulement après le retour au calme, le gouverneur de Kinshasa pointe les “refoulés de Brazzaville”. Ce qui n’est pas vraiment un hasard, si l’on croit une source diplomatique occidentale basée dans la capitale congolaise. “Depuis quelques semaines, Kinshasa avait des informations selon lesquelles les miliciens Enyele de Udjani Mangbama, refoulés de Brazzaville à la suite de l’opération Mbata ya bakolo (la gifle des aînés) s’apprêtaient à mener certaines actions subversives dans la capitale”, confie-t-elle à Jeune Afrique. “D’autant que leur chef a été tué mi-mai à Brazzaville dans des circonstances encore non élucidées”, ajoute-t-elle.

    >> Lire aussi : comprendre l’opération “Mbata ya bakolo” à Brazzaville en 10 questions

    L’ombre de Udjani Mangbama

    Début avril 2010, Udjani et ses hommes avaient déjà marché sur la ville de Mbandaka, dans la province de l’Équateur, dans l’ouest de la RDC. Moins d’une année plus tôt, encore, sa milice constituée des membres de l’ethnie Enyele et dénommée Mouvement pour la libération indépendante et alliés (MPIA) – avec son père comme chef spirituel -, s’était fait remarquée lors des combats interethniques meurtriers contre la communauté des Monzala Boba dans l’Équateur. Objet du litige : un différend sur le contrôle des étangs.

    Finalement mis en déroute par l’armée, Udjani et une partie de ses hommes avaient réussi à se refugier à Brazzaville. D’autres insurgés, dont son père, avaient été arrêtés, transférés à Kinshasa, puis condamnés à des peines de prison.

    Dimanche 20 juillet, les choses se précipitent. La Détection militaire des activités anti patrie (DEMIAP) arrête une quarantaine de personnes, proches de Udjani, à Kinshasa. Les suspects sont envoyés au camp militaire Tshatshi pour être interrogées. Parmi elles, une femme. Elle accepte de coopérer. Deux jours plus tard, elle sera tuée lors de l’attaque à la machette de la base militaire, qui a fait au moins sept morts parmi les assaillants. On en saura pas plus sur les intentions des Enyele. Pour le moment.

    Kin-Brazza, la méfiance

    Mais dans les officines politiques à Kinshasa, on n’hésite plus à accuser le voisin d’en-face. “Les autorités du Congo-Brazzaville ne jouent pas franc jeu avec nous, se plaint un proche de Joseph Kabila. Ils ont protégé pendant des années Udjani et ses hommes chez eux, comme elles le font avec le général Faustin Munene qui est recherché à Kinshasa.”

    Désormais, hors-caméra, la suspicion est au zénith entre Kin et Brazza, les deux capitales géographiquement les plus rapprochées du monde, sur fond des soupçons de déstabilisation mutuelle. Même si au sein de l’opposition en RDC, on ne croit pas à cette théorie, qu’elle qualifie de “mascarade”. D’autant que plusieurs zones d’ombre demeurent autour de l’attaque du 22 juillet. “Comment peut-on attaquer si facilement et avec des machettes le camp militaire le plus sécurisé du pays ?” s’interroge un député national.

    Jeune Afrique

  • Les métis, enfants oubliés de la colonisation belge

    Les métis, enfants oubliés de la colonisation belge

    collette-Braekman-« Papaoutais »… La belle chanson de Stromae est bien plus qu’un tube à succès… Elle exprime, en termes actuels, le malaise de ceux dont on ne parle pratiquement jamais, et qui furent les enfants oubliés de la colonisation belge, les métis. Aujourd’hui que les couples mixtes se multiplient, nul ne prête plus attention à ces enfants un peu plus bronzés, un peu plus bouclés, qui peuplent les crèches et les écoles. Mais voici quelques décennies, et longtemps après l’indépendance du Congo, du Rwanda et du Burundi, il était loin d’en être ainsi. Le vocabulaire lui-même en témoigne : avant 1960, on parlait moins de « métis » que de « mulâtres » un terme dérivé du mot espagnol « mulato » mulet, qui désignait l’animal hybride né de l’accouplement d’un cheval et d’une ânesse !
    Cependant, ces enfants de « sang mêlé » étaient nombreux, leur existence illustrait un pan peu connu de la colonisation belge et le destin qui leur était réservé démontrait à quel point les mentalités de l’époque étaient imprégnées du concept de la supériorité de la race blanche, qui ressemblait fort à un racisme de bon aloi.
    Lorsque les Belges, dès la fin du 19eme siècle, prennent pied en Afrique centrale, ce sont des hommes seuls qui font le voyage. Ils s’installent en bravant le climat difficile, la mortalité est élevée et dans cette Afrique centrale encore insalubre, il est hors de question de faire venir des femmes. En outre, à l’inverse des Portugais en Angola ou des Français en Algérie, l’administration coloniale n’encourage pas l’établissement permanent des colons, à ses yeux, le Congo est avant tout une entreprise commerciale ou, plus tard, une « œuvre civilisatrice » mais pas une colonie de peuplement. Les hommes cependant ne restent pas seuls très longtemps : pour éviter le « coup de bambou » (sorte de spleen alcoolique) ou régler les problèmes domestiques, les Européens embauchent des femmes congolaises, pudiquement appelées « ménagères ». Elles ne sont pas simplement chargées de tâches domestiques mais souvent vivent en concubinage avec leur « maître », le temps de l’affectation de ce dernier.
    Plus tard, lorsqu’arriveront les épouses belges, ces femmes retourneront dans l’ombre et, à de rares exceptions près, les enfants nés de ces relations interraciales ne seront jamais officiellement reconnus par leur géniteur. A la veille de la deuxième guerre mondiale, le Congo comptait ainsi quelque 5000 enfants nés entre deux mondes…
    Ils n’étaient cependant pas inconnus aux yeux de l’administration coloniale : cette dernière redoutait que la «goutte de sang blanc» qui coulait dans les veines de ces enfants fasse d’eux les instigateurs d’éventuelles révoltes et, méthodiquement, elle retirait les enfants métis du milieu indigène, les soustrayant donc à l’influence et à l’affection de leur mère, sans que pour autant le père les reconnaisse ou les prenne en charge ! Ces jeunes métis, dès le départ, étaient donc victimes d’une double discrimination : on leur avait inculqué qu’ils étaient différents des Noirs et que certains métiers leur étaient réservés (contremaîtres, catéchistes…) mais par ailleurs le monde des Blancs leur demeurait fermé, ils étaient relégués dans leurs propres cercles, vivaient dans des homes situés entre la ville européenne et la cité indigène !Aujourd’hui encore, des métis, nés à la veille de l’indépendance, gardent la brûlure et le souvenir de cette discrimination originelle et certains d’entre eux sont toujours en quête de leur père voire de leur mère, désireux, quelle que soit leur trajectoire sociale, de combler le vide béant de leurs racines arrachée. La plupart du temps, ils se heurtent au déni du côté de leur famille paternelle, peu soucieuse de découvrir cet enfant né « hors mariage » et c’est très difficilement que les plus obstinés réussissent à ouvrir les archives de l’administration coloniale pour tenter de retracer leur filiation.
    Durant plus de vingt ans, Assoumani Budagwa, un ingénieur d’origine congolaise, installé en Belgique, s’est attelé à une tâche qui avait rebuté bien des historiens professionnels : il a méthodiquement rassemblé et compulsé toutes les archives faisant état de l’existence des métis, parcouru textes de loi et dispositions administratives, retracé les histoires individuelles et les parcours collectifs. Et au fil de ses recherches, il a, inévitablement, croisé les fils de dizaines de cas individuels, recueilli les témoignages, mesuré les souffrances, les déchirements des enfants non reconnus. Il a aussi pris connaissance de la douleur des mères auxquelles leur enfant avait été arraché et qui se voyaient repoussées par leur « patron » rappelé en Belgique ou convolant en « justes » noces. L’ouvrage né de ces recherches n’est ni une thèse, ni un roman, ni une compilation de règlements administratifs pas plus qu’une fresque historique. Il est tout cela et plus encore : une véritable somme d’informations, de témoignages, d’histoires plus vraies et plus poignantes les unes que les autres. Mais surtout, ce livre qui, pour la première fois, dit les choses, nomme les cas, ne recule pas devant l’énoncé des souffrances individuelles et des quêtes désespérées, est riche d’une immense valeur thérapeutique. Lors de la présentation de l’ouvrage, plusieurs métis ont tenu à expliquer combien la quête de leurs origines avait marqué leur vie et il apparut que, même à la deuxième voire la troisième génération, cette question existentielle demeurait toujours brûlante…
    L’un des épisodes les plus dramatiques et aussi symptomatique de la geste des métis se situe à Save, au Rwanda, à la veille de l’indépendance.

    Estimant que, de toutes manières, les métis d’un orphelinat tenu par des religieuses seront plus en sécurité en Belgique que dans leur pays d’origine, la sœur Lutgardis et le père Delooz décident de les évacuer massivement vers la Belgique, Des familles belges les accueillent, surtout en Flandre et tous les liens sont coupés avec la mère biologique, victime d’un véritable rapt…Durant des décennies, les « enfants de Save » tenteront de retrouver qui leur mère restée au Rwanda, qui leur père biologique et l’ouvrage se termine sur ces récits poignants d’une quête qui, pour certains, n’est pas encore terminée…

    Assumani Budagwa, Noirs, blancs et métis, La Belgique et la ségrégation des métis du Congo belge et du Rwanda-Urundi (1908-1960) contact : noirsblancsmetismail.com

    Colette Braeckman