Author: Don Kayembe

  • Fin du sommet Etats-Unis/Afrique

    Fin du sommet Etats-Unis/Afrique

    USA-AFRICA-Barack Obama souhaite promouvoir la bonne gouvernance.

    Le président américain Barack Obama a annoncé un soutien supplémentaire à la force de l’Union Africaine en Somalie et en Centrafrique lors de la conférence de pressede clôture jeudi soir.

    Barack Obama a de nouveau évoqué les différentes sessions tenues pendant les trois jours du sommet.

    A savoir: la corruption, la sécurité alimentaire, le changement climatique ou encore le trafic d’espèces sauvages.

    Le chef d’état américain a insisté pour que le progrès en Afrique se fasse avec les jeunes et les femmes dont le respect des droits doit être garanti sur le principe de l’égalité.

    Il a dit s’être mis d’accord avec les présidents africains sur ce point, tout comme sur celui de la bonne gouvernance, de la promotion de la démocratie et de la liberté de la presse.

    L’AGOA au-delà de 2015

    Sur le plan économique, les dirigeants africains ont accepté, selon Barack Obama, de s’investir pour renforcer le commerce intra africain, alors le congrès américain entend travailler pour le rallongement de l’AGOA (l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et le continent africain) au-delà de 2015, un programme qui a permis aux pays africains qualifiés de gagner de l’argent, a-t-il ajouté.

    Concernant le virus Ebola, le président américain a déclaré que la maladie était contrôlable. Washington a envoyé des urgentistes en Afrique de l’Ouest et compte également débloquer une aide de 4 milliards de dollars.

    Néanmoins, Barack Obama s’est montré prudent quant à l’opportunité d’envoyer un traitement expérimental pour soigner le virus Ebola.

    En guise de conclusion, le président Barack Obama a souhaité la tenue d’autres sommets Etats Unis-Afrique dans le futur.

    BBC

  • Alpha Condé aux USA : la polémique

    Alpha Condé aux USA : la polémique

    Alpha Conde, Président de la Guinée
    Alpha Conde, Président de la Guinée

    -Le président guinéen est au centre d’une polémique qui divise une population frappée par le virus Ebola

    Une polémique a éclaté autour de la pertinence du voyage d’Alpha Condé au sommet USA-Afrique à Washington.

    A Conakry, certains condamnent ce déplacement, estimant que le chef d’Etat n’aurait pas dû quitter son pays alors qu’il a décrété un deuil national suite à la bousculade sur une plage de la capitale qui a fait une trentaine de morts le 30 juillet dernier.

    De nombreux Guinéens pensent également qu’il aurait dû se concentrer sur la lutte contre l’épidémie de fièvre Ebola, à l’instar de son homologue sierra-léonais Ernest Bai Koroma, et libérienne Ellen Johnson Sirleaf, qui ont tous deux préféré renoncer à se rendre au sommet.

    Les avis sont partagés puisque d’autres soutiennent que le président guinéen peut se rendre là où il le désire en tant que chef d’Etat.

    A Washington, des Guinéens se sont mobilisés sur Lafayette Square en face de la Maison Blanche pour attirer l’attention du monde entier sur le bien-fondé du déplacement du président.

    Face à ce débat, le porte-parole du gouvernement Damantang Albert Camara a souligné mercredi à Conakry que “lorsqu’une cause est importante, on peut quitter son pays quelques soient les circonstances.”

    Evoquant les enjeux très importants du sommet, le porte-parole guinéen a ajouté que “ce n’est pas un hasard si juste après cette réunion la lutte contre Ebola a pu bénéficier d’une enveloppe substantielle de la banque mondiale de 200 millions de dollars”.

    BBC

  • L’ONU demande une enquête contre Amisi

    L’ONU demande une enquête contre Amisi

     Le général Amisi Kumba Gabriel( Tango fort)
    Le général Amisi Kumba Gabriel( Tango fort)

    -Les Nations unies regrettent que le général Amisi ait été blanchi des accusations de trafics d’armes par une commission composée notamment des soldats de l’armée congolaise.

    L’ONU estime qu’il y a toujours un besoin d’ouvrir une enquête judiciaire pour vérifier les accusations qu’elle a portées contre le général Amisi.

    Selon des défenseurs des droits de l’Homme, le général Amisi aurait participé Mi-mai 2002 au massacre de civils opposés à l’occupation par les rebelles.

    Les exactions perpétrées à l’époque ont fait l’objet de deux rapports publics adressés au Conseil de Sécurité.

    En novembre 2012, un groupe d’experts de l’ONU a publié un rapport montrant que le général Amisi, surnommé “Tango Fort”, “contrôlait un réseau de distribution de munitions de chasse à destination de braconniers et de groupes armés” dans l’Est de la RDC.

    L’ONU estime également qu’une enquête devrait être menée sur des violations graves des droits de l’homme commises en mai 2002 à Kisangani (Nord-Est).

    A cette époque, le général Amisi, actuellement chef d’état-major de l’armée de terre, était un responsable au sein de la rébellion Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

    BBC

  • Aubin Minaku confirme le despotisme politique en R.D.C. et renie la représentation nationale

    Aubin Minaku confirme le despotisme politique en R.D.C. et renie la représentation nationale

    COLLECTIF POUR LE CONGO-CPC

    plateforme des associations citoyennes

    aubin_mianku_mic-Aubin Minaku confirme le despotisme politique en R.D.C. et renie la représentation nationale

    Le samedi 5 juillet au soir , à Ottawa , devant un public de sympathisants du PPRD , du personnel de l’ambassade et d’autres sympathisants congolais, Aubin Minaku a prononcé un discours dont l’essentiel se résumait en la détermination, de la part de la majorité présidentielle, de modifier la constitution afin de garantir l’élection de Kabila. Car il « Kabila » a le meilleur projet de société « la social-démocratie » et puisqu’au plan éthique, il il est le meilleur gestionnaire des fonds publics. Tout au long de son discours, Aubin Minaku a dit exprimer la volonté de son « chef » et représenter l’intérêt de la majorité présidentielle qui se confond à l’intérêt de la république. D’Ottawa, il a déclaré :

    « Une fois rentré à Kinshasa, sur instruction du chef, je vais organiser une conférence pour dire clairement ce que veut la majorité – clairement, dans l’intérêt de la république. Mais je vais anticiper devant vous – car vous pouvez aussi communiquer dans l’intérêt de la république »

    Effectivement, rentré à Kinshasa, le jeudi 17 juillet, Aubin Minaku a réuni la presse devant qui il a réitéré l’apologie de Kabila et le désir de son maintien au pouvoir. Ce nouveau discours est aussi repris dans le Carnet de Colette Bachmann du 21 juillet 2014. Lorsque la journaliste évoque l’article 220 de la constitution qui est boulonné, Aubin Minaku étale :

    « A ce sujet, il faudra qu’une décision soit prise, et alors on appellera les conseillers…Il faudra en tous cas tenir compte de tous les paramètres, dont celui de l’armée. Brassages et mixages ayant échoué, il faut savoir
    qu’un seul homme, aujourd’hui, a de l’ascendant sur tous les commandants, …
    c’est le chef de l’Etat … Il est le seul qui, commandant suprême de l’armée, en connaît tous les rouages. Cette armée, en pleine recomposition, il ne faudrait pas la mettre mal à l’aise. Constituer une armée forte, avec une capacité dissuasive, pour un pays de cette taille, cela prend du temps, ce n’est pas en cinq ans qu’on peut le réussir, sinon, il y a beaucoup de risques de dérapages… En outre, le dossier de l’Est du pays est loin d’être clos, rien n’est terminé. Des aspects militaires doivent encore être gérés… Un autre président élu chercherait d’abord à se sécuriser lui-même, ce qui Signifierait démanteler les bataillons actuels pour créer d’autres
    Structures. Durant ces temps de recomposition, il apparaîtra peut-être que les velléités rwandaises ne sont pas terminées.

    Et ne parlons pas des Mai
    Mai, des Bakata Katanga…Il y a tellement de tensions en Afrique que l’on ne peut s’offrir le luxe d’une déstabilisation du Congo, qui serait provoquée par une « passion post-électorale ». D’où la nécessité de maîtriser tous ensemble le processus post électoral, c’est un impératif qu’il faut bien faire comprendre. Nous allons aussi défendre notre dossier sur le plan international en soulignant qu’on ne peut faire deux poids deux mesures, avoir un message pour le Congo, un autre pour le Burkina Faso, le Congo Brazzaville, le Rwanda…Il faut avoir le même degré d’exigence pour tout le monde… De toute façon, pour toute révision constitutionnelle, nous pensons qu’il faut passer par le « souverain primaire » c’est-à-dire le peuple, donc organiser un referendum…Mais le « go » n’est pas encore donné, même si la majorité présidentielle va bientôt révéler sa stratégie… »

    Clairement, à la démarche humaniste du Président Obama qui conseille le renforcement des institutions de l’État plutôt que de cultiver le despotisme, il ne manque pas des groupes utilitaristes pour conseiller le maintien du statu quo. C’est à partir du Canada, conseillé sans doute par des utilitaristes, qu’Aubin Minaku développe une propagande libérale destinée à contrer les pressions pour la non-révision pré- électorale de la constitution. Cette propagande commence par créer un drame : la menace de « l’implosion du pays, le retour de la guerre, la désintégration de la jeune armée » qui nécessite le maintien du rédempteur. Le propagandiste, ce rôle revient à Aubin Minaku, secrétaire général du PPRD, président de la majorité présidentielle. Il est bien placé pour manipuler les règles du jeu et les groupes des citoyens. Mais seulement, son rôle de propagandiste devenu si visible ne le rend-il pas indigne de représenter l’organe législatif par lequel la nation est sensée exercer sa souveraineté?

    D’ailleurs, en suivant les propos de Minaku, on est frappé par l’usage des termes « le chef, sur instruction du chef, etc., lorsqu’il évoque sa relation avec le Président. En plus, tout au long de son discours Aubin Minaku s’affiche comme agent du PPRD, agent du Président Kabila, on ne le voit nullement s’affirmer comme président de l’assemblée nationale, organe autonome censé exercer le pouvoir législatif et représenter le souverain primaire. Minaku est-il conscient de ces principes de la distinction des organes et de la séparation des pouvoirs qui caractérisent la république?

    Il semble que Aubin Minaku ignore tout de cette culture politique de l’État de droit qui traite de trois pouvoirs égaux « le Trias Politica » ( le législatif crée des lois; l’exécutif exécute les lois et le judiciaire applique les lois). Ce principe fait référence à une distribution des pouvoirs de façon à assurer un équilibre entre les institutions. Chacun de ces pouvoirs a à la fois la faculté de statuer et d’empêcher. La faculté de statuer étant le droit d’ordonner par soi-même ou de corriger ce qui a été décidé par un autre. Tandis que la faculté d’empêcher est le droit d’annuler une résolution prise par un autre organe de pouvoir. Théorisé par des philosophes, dont essentiellement Locke, Montesquieu, J. J . Rousseau, Max Weber, A. de Tocqueville, etc., le principe de la séparation des pouvoirs caractérise toute république « res-publika ». Même dans le système parlementaire où la frontière entre l’exécutif et le législatif est nébuleuse, on veille à la distinction de deux pouvoirs. Nulle part dans des systèmes présidentiels ou la séparation de l’exécutif et du législatif n’est que plus clair, le pouvoir législatif, n’est soumis à l’exécutif. Il est suprême et inconditionné (ne dépend d’aucun autre pouvoir). Faute de consacrer la prééminence du parlement sur l’exécutif, le principe de la séparation des pouvoirs consacre au moins le partage des pouvoirs entre les organes distincts de l’État. C’est ce principe qui est renié en bloc par la junte au pouvoir en « République Démocratique du Congo ». Aubin Minaku est plutôt à l’aise avec le despotisme, cette concentration des pouvoirs de l’État chez le président Kabila qui se traduit par la négation de tous les systèmes de séparation de pouvoirs.

    D’abord, la séparation classique des pouvoirs évoquée ci-haut. L’assemblée législative dont la mission première est de créer des lois dans l’intérêt national, remplie par une majorité présidentielle (dont nombreux députés sont nommés plutôt qu’élus) et présidée par un propagandiste du Président, est entièrement bridée. Elle ne fait qu’entériner les lois préparées à l’extérieur et n’a pas de véritable pouvoir de délibération ou de modification (droit d’amendement). La procédure de validation des mandats en 2012 n’a été qu’une occasion d’écarter des députés libres pour laisser en place des députés, même non élus, mais loyaux au pouvoir présidentiel.

    Le judiciaire est entièrement soumis au Président (l’exécutif), la justice n’est pas indépendante : par conséquent, les droits de l’homme, pourtant proclamés dans la constitution, sont bafoués. Les

    règles de droit sont écartées dans les litiges, en particulier les litiges électoraux, pour légitimer les décisions de l’exécutif.

    En outre, la centralisation de l’État traduit un rejet de la séparation verticale des pouvoirs. La division des pouvoirs sur différents niveaux territoriaux que devrait consacrer la décentralisation ou le fédéralisme est bloquée. Les autorités locales mettent en œuvre la politique du pouvoir central qui les contrôle étroitement. Ces autorités ne sont pas indépendantes, alors qu’il est prévu qu’elles le soient en droit.

    Il y a enfin le rejet de la séparation des pouvoirs entre différents partis politiques – Le contrôle de toute la vie politique par une tendance politique ressemble au système de parti unique. Il se traduit par la distribution de tous les postes publics clefs aux proches du pouvoir (clientélisme, corruption). Le multipartisme n’est que de façade. La manipulation des scrutins et le changement des règles de vote en faveur du groupe au pouvoir en sont des indicateurs. En plus, toute opposition est réprimée, les manifestations de l’opposition sont interdites. Bref, la majorité acquise par corruption, d’ailleurs, renie à l’opposition la liberté d’action.

    La concentration des pouvoirs entre les mains d’un président, qui est lui-même un agent placé pour permettre l’exploitation facile des ressources naturelles du Congo, équivaut au transfert de la souveraineté nationale aux marchands du monde utilitariste.

    Il parait évident que suite aux pressions pour le respect de la constitution, des utilitaristes ne ménageront pas d’efforts pour soutenir le statu quo, le despotisme, qui leur est favorable pour la poursuite de l’acquisition des terres arables, des concessions minières et bien d’autres ressources naturelles du Congo. Les groupes de citoyens devraient coaliser pour contrer la nouvelle propagande de la révision constitutionnelle pré-électorale, « par référendum ou par le parlement en congrès ». Alors que cette propagande vise la manipulation des citoyens, il suffit que nous, citoyens, soyons conscients pour maintenir la pression de la non-révision pré-électorale. Toute tentative de modification constitutionnelle à l’approche des élections s’apparente clairement à la tricherie pour maintenir le despotisme.

    Il devient donc impérieux que les citoyens s’organisent davantage pour contrer la propagande du statu quo. Que nos associations en diaspora et au pays intègrent l’objectif de la réflexion et du partage d’information d’intérêt national pour devenir des associations citoyennes. Que les associations citoyennes rejoignent la plateforme « Collectif des associations citoyennes » partageant la culture de participation politique et l’intérêt pour la nation. Rejoignons le collectif des associations citoyennes pour parler tous d’une voix par rapport à la constitution et à la nécessité du changement politique au Congo.

     

    Pour CPC

     Marc Kapenda
    Porte-parole

  • Sommet Etats-Unis/Afrique: Kerry vante la démocratie et les droits de l’homme

    Sommet Etats-Unis/Afrique: Kerry vante la démocratie et les droits de l’homme

    kabila-kerry-Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a vanté lundi les valeurs démocratiques et les droits de l’homme au premier jour d’un sommet sans précédent entre les Etats-Unis et l’Afrique centré sur la coopération économique.

    Le président Barack Obama et son gouvernement accueillent pendant trois jours une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement africains, dont plusieurs foulent le tapis rouge de Washington malgré de mauvais bilans en matière de droits de l’homme.

    “Une société civile forte, le respect pour la démocratie, l’Etat de droit et les droits de l’homme, ce ne sont pas seulement des valeurs américaines, ce sont des valeurs universelles”, a martelé le chef de la diplomatie américaine devant un parterre d’acteurs africains de la société civile.

    Citant une nouvelle fois l’exemple de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, John Kerry a affirmé que la plupart des peuples d’Afrique étaient favorables à une limitation à deux mandats pour leurs dirigeants.

    “Nous presserons les dirigeants de ne pas modifier les constitutions pour leurs bénéfices personnels ou politiques”, a dit M. Kerry, sans désigner quelqu’un en particulier.

    Il a rencontré dans la matinée le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila à qui il avait déjà demandé directement, en mai en visite à Kinshasa, de respecter la limite à deux mandats imposée par la loi fondamentale congolaise, dans la perspective des élections de 2016.

    Mais le secrétaire d’Etat n’a pas évoqué les cas de la Guinée équatoriale, du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Angola ou du Cameroun et de leurs indéboulonnables présidents Teodoro Obiang Nguema, Paul Kagame, Yoweri Museveni, Eduardo dos Santos et Paul Biya.

    Le secrétaire d’Etat a également promis que les Etats-Unis continueraient à défendre “la liberté de la presse, y compris pour des journalistes poursuivis pour terrorisme ou emprisonnés pour des raisons arbitraires”.

    Une allusion peut-être au sort en Egypte de journalistes de la télévision Al-Jazeeea, dont l’Australien Peter Greste, condamnés à entre sept et dix ans de prison après avoir été déclarés coupables de soutenir les Frères musulmans.

    L’Ethiopie aussi a inculpé sept blogueurs et trois journalistes pour “terrorisme”.

    Le nouveau président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ne s’est pas rendu à Washington, mais le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a fait le voyage. Les Etats-Unis et l’Ethiopie coopèrent pour la sécurité de la région, notamment en Somalie.

    AFP

  • Herman Cohen :«Le problème en Afrique, c’est le manque d’investissements»

    Herman Cohen :«Le problème en Afrique, c’est le manque d’investissements»

    SOMMENT US-AFR-Lors du premier sommet Etats-Unis / Afrique qui se déroule du 4 au 6 août à Washington, l’un des principaux sujets de débat sera l’AGOA. L’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Afrique arrive à échéance dans un an. Les pays d’Afrique demandent un renouvellement pour quinze ans. La décision appartient au Congrès. Plus généralement, les pays africains estiment que l’Amérique ne s’intéresse pas beaucoup au continent, sauf lors des crises. Interrogé par RFI, Herman Cohen, ancien secrétaire d’Etat américain chargé de l’Afrique, estime que la situation évolue lentement et que le climat des affaires sur le continent africain est responsable de cette frilosité.

    Herman Cohen : Bien entendu, les grandes sociétés qui cherchent du pétrole, des gisements ou des minerais doivent aller en Afrique, parce qu’il faut aller là où cela existe, n’est-ce pas ? Par contre, pour ce qui est des autres investissements, les sociétés américaines s’y intéressent mais se sont découragées. En effet, l’ambiance n’est pas bonne pour le secteur privé.

    RFI : Mais il y a cinquante-quatre pays en Afrique. L’Etat de droit n’existe peut-être pas dans tous les pays mais on fait face à des situations extrêmement différentes.

    Vous avez tout à fait raison et si vous regardez où se trouvent les sociétés américaines – celles qui ne sont pas dans le pétrole, bien-sûr – qui investissent dans les usines ou encore dans la valeur ajoutée, elles se trouvent en Afrique du Sud, au Botswana, en Zambie, au Kenya et, maintenant, au Ghana. Par conséquent, on peut avoir confiance en ces pays-là mais pour d’autres, c’est toujours difficile.

    Vous n’avez pas cité un seul pays d’Afrique francophone. Y a-t-il un problème particulier en Afrique francophone ?

    Non. Je suis consultant pour une société à New York qui investit dans les centrales électriques et qui se trouve au Togo. Lors du sommet, nous allons signer un contrat avec le Sénégal pour l’installation d’une centrale électrique à Dakar. Aussi, l’Afrique francophone commence à être connue des Américains.

    Concernant le Congo, vous avez publiquement pris position contre la modification des Constitutions en Afrique, comme d’ailleurs le secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Est-ce que vous renouvelez ce conseil, cet appel aux dirigeants africains ?

    Oui. Chez nous, lorsque nous changeons la Constitution, que ce soit pour les salaires, pour les mandats ou pour autre chose, c’est toujours en vue du prochain président et non pas du président en exercice, car il pourrait en bénéficier. Aussi, nous conseillons, pour avoir une vraie démocratie, de changer la Constitution pour l’avenir et non pas pour les gens qui sont au pouvoir maintenant.

    Comment se fait-il que certains pays africains qui ont énormément de ressources soient toujours en voie de développement et, malgré une croissance très forte, n’arrivent pas à émerger ?

    Le problème, c’est le manque d’investissements et, pour les investisseurs, le problème c’est l’ambiance, l’environnement. Et je ne parle pas des investisseurs étrangers, je parle des investisseurs africains. Que font les Africains avec leur argent ? Selon la Banque mondiale, il y a 900 milliards de dollars envoyés par les Africains de l’étranger laissés dans les banques. Je parle de l’argent légitime et non pas de l’argent volé. Cela veut donc dire que les Africains gagnent de l’argent et qu’ils l’envoient à l’extérieur, parce qu’ils ont peur d’investir dans leur propre pays. C’est cela le grand drame de l’Afrique.

    Comment faire ? Est-ce qu’il y a une préconisation pour essayer de remédier à ce problème ?

    Oui. Les gouvernements doivent faire en sorte que les investissements des Africains eux-mêmes sont les bienvenus. Regardez les entrepreneurs africains qui sont riches, ces derniers sont tous très liés au pouvoir politique. Les autres n’ont rien. S’ils investissent ou bien s’ils créent des entreprises, ils sont tout de suite harcelés par le fisc et tous les autres gens du gouvernement. J’ai l’impression que le pouvoir a peur de l’investissement africain indépendant, comme si c’était un danger pour le pouvoir. Il faut changer cette mentalité. En Asie, où ils ont avancé beaucoup plus rapidement que l’Afrique, l’homme d’affaires est le partenaire, en développement, de l’homme politique. En Afrique, l’homme d’affaires indépendant, c’est l’ennemi du pouvoir. Il faut changer cette mentalité.

    rfi

  • Obama va annoncer 14 milliards de dollars d’investissements américains en Afrique

    Obama va annoncer 14 milliards de dollars d’investissements américains en Afrique

    obama dubbing-Les dirigeants des Etats-Unis et de l’Afrique, réunis en sommet historique à Washington, vont parler mardi commerce et investissements, avec l’espoir pour l’Amérique de refaire une partie de son retard sur l’Europe et la Chine.

    Le président Barack Obama va annoncer qu’un ensemble de sociétés américaines se sont engagées à investir 14 milliards de dollars sur le continent, selon un responsable de la Maison Blanche.

    Ces investissements, dont le calendrier n’a pas été précisé, se concentreront sur les secteurs de la construction, des énergies propres, de la banque et des technologies de l’information.

    Après une première journée lundi consacrée à la démocratie et aux droits de l’homme, le sommet Etats-Unis/Afrique doit se recentrer sur l’objectif central de cette réunion préparée pendant un an par le président Barack Obama qui voit dans le continent africain la “prochaine +success story+ mondiale”.

    L’administration américaine et les géants de l’industrie espèrent tisser des liens économiques solides avec l’une des régions les plus prometteuses de la planète au taux de croissance plus élevé que ceux du reste du monde. Le FMI table sur un taux de 5,8% en 2015.

    Il faut dire que la première puissance mondiale est largement distancée en Afrique par l’Union européenne, solidement en tête grâce aux liens historiques et coloniaux de certains Etats membres, et par la Chine qui a soif de matières premières.

    En 2013, les échanges commerciaux entre l’Afrique et Pékin ont atteint 210 milliards de dollars, contre 85 milliards de dollars entre Washington et les pays africains.

    Le secrétaire d’Etat John Kerry n’y est pas allé par quatre chemins lundi: “Je le dis sans complexe: nous voulons et nous allons travailler dur pour que davantage d’entreprises américaines investissent en Afrique”.

    “Nous voulons également qu’il y ait plus d’entreprises africaines qui investissent ici, aux Etats-Unis, et il n’y a pas de raison qu’elles ne le puissent pas”, a martelé le ministre des Affaires étrangères.

    Le président Obama, son prédécesseur Bill Clinton, John Kerry et un aréopage de capitaines d’industrie (General Electric, Coca-Cola, Walmart) devraient s’exprimer mardi devant le forum des Affaires USA-Afrique.

    “La croissance est là, maintenant, et pour de vrai. Il n’y a aucune raison que les milieux d’affaires américains ne rattrapent pas” leur retard, a lancé le patron de General Electric Jeffrey Immelt.

     

    – “Ils sont venus et ont investi”-

     

    Mais même des responsables officiels américains reconnaissent que le principal outil d’échanges entre l’Amérique et l’Afrique – l’Agoa (African Growth and Opportunity Act) – n’est plus adapté. Ce programme américain accordant des avantages commerciaux à certains produits africains date de 2000 et doit en principe être renouvelé en 2015.

    “Il est clair que l’Afrique de 2014 n’est pas l’Afrique de 2000”, a reconnu le représentant américain au Commerce, Michael Froman.

    “Beaucoup d’entre vous se détournent de ce système unilatéral d’avantages et scellent des accords avec des partenaires commerciaux, comme le fait l’Union européenne”, a-t-il dit devant des chefs d’entreprise.

    Mais il faudra aussi rompre avec une image de l’Afrique trop souvent associée “aux conflits, à la maladie et la pauvreté”, comme l’a reconnu Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, admettant que les Américains avaient “encore beaucoup de travail pour faire évoluer une vision dépassée dans laquelle l’Afrique est souvent marginalisée”.

    Des entrepreneurs africains dénoncent aussi les vieux stéréotypes qui ont la vie dure aux Etats-Unis.

    “Je suis un peu surpris par tous ces Africains que j’ai rencontrés dans l’avion (…) venant en Amérique pour dire à des hommes d’affaires chevronnés +eh vous savez, il y a de bonnes opportunités en Afrique+”, a ainsi ironisé le magnat des télécoms Mo Ibrahim, d’origine soudanaise et devenu l’un des premiers milliardaires africains.

    “Partout en Afrique il y a des hommes d’affaires chinois, brésiliens. Aucun d’entre nous n’est allé au Brésil, en Asie ou en Chine pour leur demander de venir et d’investir en Afrique. Ils se sont débrouillés, ils sont venus et ont investi”, a conclu l’entrepreneur.

    AFP

  • un opposant arrêté en plein débat sur une révision de la Constitution

    un opposant arrêté en plein débat sur une révision de la Constitution

    EKANGA UNC-Un responsable de l’opposition a été arrêté mardi en République démocratique du Congo (RDC) au lendemain d’une manifestation organisée contre toute révision de la Constitution qui permettrait au président Joseph Kabila de rester au pouvoir après 2016.

    Le député Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC), troisième parti d’opposition, était l’un des principaux orateurs lors du rassemblement de lundi à Kinshasa contre ce projet prêté par ses détracteurs au camp du président Kabila, au pouvoir depuis 2001.

    En début d’après-midi, le parlementaire a été transféré à la Cour suprême de justice après avoir été “arrêté ce matin très tôt à son domicile à Kinshasa suite au meeting” de lundi, a annoncé sur son compte Twitter Lydie Omanga, chargée de communication de Vital Kamerhe, le président de l’UNC.

    Interrogé par l’AFP, le député et avocat Jean-Baudouin Mayo a dénoncé une manoeuvre pour “chercher à affaiblir l’opposition, affaiblir l’UNC et son président” Vital Kamerhe, ancien proche collaborateur de M. Kabila devenu l’une des principales figures de l’opposition.

    Selon des proches du député, “des agents de l’ANR”, l’Agence nationale de renseignement, et de la “police” se sont “introduits chez lui à 06H00 (05H00 GMT) munis d’un mandat d’amener délivré par le procureur au motif d’incitation à la haine”, a indiqué l’UNC.

    Selon un des avocats du député, Berger Tsasa, M. Ewanga est accusé d’”outrage au chef de l’Etat et incitation à la haine tribale”.

    Mardi matin, le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, a déclaré à des journalistes que “tous les discours ont été analysés” et que celui du député Ewanga avait une “dose particulière” d’hostilité. Selon lui, il a “abusé de sa liberté d’expression” et “est allé un peu loin”.

    – ‘Indignation’ –

    Selon Lydie Omanga, de l’UNC, l’arrestation de l’opposant est “illégale” et “arbitraire” car “l’Assemblée, en congé, ne siège pas” et ne peut donc “pas lever son immunité”.

    L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le premier parti d’opposition, a de son côté exprimé son “indignation” et appelé à sa “libération immédiate”.

    Dans l’après-midi, un groupe d’opposants a exigé la libération “sans conditions” du député “dans les 24 heures”, faute de quoi, les signataires et leurs militants “se constitueront prisonniers”.

    Des milliers de personnes avaient manifesté lundi sur la place Sainte-Thérèse, dans l’est de la capitale, à l’appel d’une dizaine de partis de l’opposition et d’organisations de la société civile.

    Les manifestants ont dénoncé toute modification de la Constitution qui permettrait au président Kabila de briguer un troisième mandat.

    “Nous disons +non+ à la modification de la Constitution”, avait déclaré le député Ewanga, appelant le chef de l’Etat à “partir” en 2016, à la fin de son deuxième mandat.

    Bruno Mavungu, secrétaire général de l’UDPS, avait pour sa part affirmé qu’il n’était “pas question d’attendre 2016”. “Son départ, c’est maintenant”, avait-il lancé à propos du chef de l’Etat.

    Des opposants ont aussi exhumé une ancienne revendication: que M. Kabila soit remplacé par M. Tshisekedi, qui s’était proclamé “président élu” après l’élection décriée de 2011, contestant la victoire du chef de l’Etat sortant.

    Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, a été élu en 2006 au terme des premières élections libres du pays et a été réélu en 2011. Selon la Constitution, il ne peut pas se représenter en 2016 mais l’opposition soupçonne son camp de manoeuvrer pour changer la donne.

    L’initiative de toucher à la Constitution revient en premier lieu au président, mais peut aussi venir du gouvernement, du Parlement ou d’une pétition ayant réuni 100.000 signatures.

    Le président Kabila se trouve actuellement à Washington pour le sommet Etats-Unis/Afrique. Les Etats-Unis ont plusieurs fois insisté pour qu’il respecte la Constitution actuelle.

    AFP

  • A Washington, Evariste Boshab dévoile l’absurdité de la rigidité d’une constitution

    A Washington, Evariste Boshab dévoile l’absurdité de la rigidité d’une constitution

    boshab-Au nombre des sujets qui occupent les participants au sommet USA-Afrique qui s’est ouvert lundi 4 août 2014 à Washington, les questions politiques occupent une bonne place. Le meeting organisé hier sur la question a connu une grande affluence aussi bien des élus américains que de plusieurs acteurs politiques des pays invités.

    Parmi les intervenants d’hier, Evariste Boshab, Secrétaire Général du PPRD, a planché sur le thème de « la problématique de la stabilité constitutionnelle en République démocratique du Congo ».

    Après avoir fait un rappel des révisions constitutionnelles intervenues depuis l’époque coloniale jusqu’à ce jour en insistant sur les motivations de ces révisions, le professeur Boshab, auteur d’un ouvrage sur la révision constitutionnelle, a commencé par dissiper les malentendus autour des révisions constitutionnelles que d’aucuns croient être des germes d’instabilité des pays concernés. Il a noté que la Constitution congolaise portait déjà les germes de la nécessité de son réaménagement, déjà par le fait que les « constituants » de l’époque n »étaient pas des élus du peuple, mais des représentants de leurs formations politiques respectives. Déjà en son temps, après le référendum constitutionnel, la Conférence Episcopale Nationale du Congo avait, dans une déclaration, appelé à des aménagements, en ces termes : « parmi les tâches premières à accomplir dès le début de la première législature de la troisième République, les suivantes sont prioritaires, celle de procéder, au niveau du Parlement National, à l’examen de propositions d’amendements ou de compléments jugés très importants, et même vitaux, pour garantir le bon avenir du pays, sur le plan politique et économique. »

    Abordant la question de la fréquence et des moments de la révision de la constitution, le SG du PPRD a noté que la constitution congolaise prévoit clairement les contextes où ne peut intervenir aucune constitution. Celle-ci peut, indique Boshab qui cite Charles Debbasch et Jean-Marie Pontier, peut intervenir à tout moment, sauf dans le cas de la République Démocratique du Congo, dans les 5 hypothèses prévues à l’article 219 de la Constitution : « Aucune révision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège ni pendant l’intérim à la présidence de la République ni lorsque l’Assemblée nationale et le Sénat se trouvent empêchés de se réunir librement ».

    Il est donc absurde de parler de révisions répétitives d’une constitution parce que, selon Evariste Boshab, « Parler des révisions répétitives de manière abstraite, semble abusif. En effet, faudra-t-il établir un séquencement qui indique la durée à partir de laquelle une révision peut être opérée, alors que le constituant n’a rien prévu de pareil ? Si tant est que toute révision de la Constitution est une réponse à une question non résolue, oubliée ou nouvelle, comment peut-on à l’avance deviner que pareille préoccupation n’apparaitrait qu’après tant d’années ? Pareil calcul ne serait qu’illusoire. »

    Quant aux dispositions dites intangibles de la constitution qui font débat aujourd’hui en Afrique, l’orateur, qui les considère comme « des normes supra-constitutionnelles », estime que ce serait une reconnaissance de « la possibilité de limiter le pouvoir souverain et, par conséquent, de supprimer la souveraineté du peuple exerçant la compétence constituante », la doctrine majoritaire pense que « il ne peut pas y avoir d’autolimitation du pouvoir constituant, en imposant par exemple le respect de tel ou tel principe, ou encore le maintien de telle ou telle autre forme de Gouvernement, car jamais une volonté n’est éternellement limitée par le seul effet des obligations qu’elle donne. Il est toujours possible que le souverain revienne sur les règles qu’il avait définies et qu’il en adopte de nouvelles ».

    Et qu’en est-il du sort et du rôle du peuple, souverain primaire, dans tout cela ? Sur cette question, Evariste Boshab considère qu’en l’absence de statistiques sur une éventuelle consultation du peuple dans ce débat, il est difficile d’évaluer le dé de sa consultation. « Pour l’instant, ce sont les officines politiques qui distillent ce qu’elles veulent bien dire, sans devoir étaler toutes les possibilités afin que le peuple fasse un choix utile. Il revient aux partis politiques et aux pouvoirs publics de ramener ce débat au niveau de la population, source de tout pouvoir, afin que celle-ci s’en approprie et tranche ».

    Enfin, abordant la problématique de l’alternance politique en 2016, le SG du PPRD a été on ne peut plus clair : « A la veille de chaque élection démocratique, l’alternance est toujours à l’ordre du jour. Il semble cependant important d’opérer une distinction entre le désir des hommes politiques et la sanction politique qui est de la compétence exclusive du peuple souverain. C’est au peuple seul qu’il appartient de sanctionner soit négativement en éconduisant la Majorité en place, soit positivement en la reconduisant.

    Dans le cas d’espèce, le juge de l’urgence, c’est le peuple souverain. Que l’on attende donc 2016 pour lui donner l’occasion de se prononcer librement, au lieu d’occulter par une campagne précoce, le fait que le mandat confié en 2011 à la Majorité actuelle est encore en cours, et que les règles et pratiques démocratiques exigent que le mandat soit consommé jusqu’à la nouvelle élection. Ne pas faire droit à cette exigence serait écourter, en fait, la durée du mandat. Or, le constitutionnalisme postule également que l’on ne puisse pas perturber, par des manœuvres politiciennes, l’exercice d’un mandat, régulièrement acquis du peuple.

    Quel entendement assigne-t-on à l’alternance démocratique ? Certes, changer de majorité est considéré, par moments, comme un indice de vitalité démocratique. Mais, si le peuple souverain reconduit la même majorité pendant un temps relativement long, va-t-on l’obliger à se dédire ? On ne peut pas demander à la Majorité en place de se saborder pour qu’il y ait alternance, mais plutôt, à ceux dont l’ambition est de remplacer la Majorité en place de mieux affiner leur projet de société pour gagner la préférence du peuple. »

    Ci-dessous l’intégralité de l’exposé d’Evariste Boshab à Washington.

    Yvon Ramazani

    Envoyé spécial BSC à Washington

    LA PROBLEMATIQUE DE LA STABILITE CONSTITUTIONNELLE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

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    Par le professeur Evariste BOSHAB,

    Secrétaire Général du PPRD

    Washington DC, août 2014

    Parler de la stabilité constitutionnelle suppose s’intéresser à la manière dont la Constitution a été élaborée et aux mécanismes mis en place pour sa modification éventuelle. C’est en appréciation de ces mécanismes que l’on estime qu’une Constitution est soit rigide soit souple.

    En tout état de cause, une Constitution stable ne signifie pas une Constitution immuable, mais plutôt, celle qui enregistre les aménagements et réaménagements ultérieurs, en conformité avec les mécanismes prescrits à cet effet.

    Dans le cas de la République Démocratique du Congo, un bref rappel historique s’impose.

    A. La loi sur le Gouvernement du Congo-belge du 18 octobre 1908

    Accordant une personnalité juridique, au Congo, distincte de celle de la métropole, loi discriminatoire en ce qu’elle distingue les belges, les immatriculés et les indigènes, élaborée par le Parlement belge, cette loi ne peut pas être considérée comme une véritable Constitution quand bien même une bonne partie est consacrée à l’exercice du pouvoir. Il s’agit d’un pouvoir répressif auquel les Congolais ne participent pas. Ils le subissent. C’est la loi du plus fort.

    B. La loi fondamentale du 19 mai 1960 relative aux structures du Congo

    Constitution octroyée par le Parlement belge afin d’éviter un vide le jour de la proclamation de l’indépendance ; elle met en place les institutions tellement complexes et compliquées qu’en contact avec la réalité et surtout en raison de l’inexistence d’une culture démocratique, il va y avoir explosion et implosion à la suite de la manipulation extérieure, de sorte que la Constitution va s’avérer incapable de réguler pacifiquement les conflits internes.

    Tant et si bien que le vocable « congolisation » signifiant la Cour du roi Petaud, verra le jour. Le Congo va devoir s’enliser dans une profonde crise institutionnelle dont les séquelles se font encore sentir.

    C. La Constitution du 01 août 1964

    Alors que ce sont les chambres élues qui devraient faire cesser les provisoires en proposant à la nation une Constitution définitive, le Président Kasavubu crée[1]<!–[endif]–> une commission constitutionnelle qui se réunit à Luluabourg du 10 janvier au 11 avril 1964, pour produire un projet à soumettre au référendum. Les tergiversations du Président Kasavubu à désigner comme Premier Ministre le chef du Parti majoritaire à l’Assemblée Nationale, vont justifier, le 24 novembre 1965, l’intervention du Haut Commandement de l’Armée, dirigé par le Lieutenant-colonel Joseph-Désiré Mobutu, paralysant ainsi l’élan démocratique.

    D. La Constitution du 24 juin 1967

    Mettant en place un régime présidentiel qui, très vite, tournera au présidentialisme, cette Constitution avait été élaborée par un groupe restreint avant d’être soumise au référendum. Elle connaitra tellement des modifications que la révision du 15 août 1974 est considérée comme une nouvelle Constitution, tant elle est en rupture profonde avec le texte de base de 1967. Elle installera la dictature jusqu’à ce que la voix de sans voix triomphe pour la tenue d’une conférence nationale souveraine. Il va s’en suivre une transition transitionnaire qui sera balayée par les forces de l’AFDL.

    E. Les périodes de transition

    Du 25 novembre 1990 au 04 avril 2003, se succéderont plusieurs Constitutions et lois constitutionnelles élaborées par les protagonistes pour essayer, en vain, de mettre fin à la crise institutionnelle. La longue période de dictature a créé un pli mental tel que se référer au peuple de qui procède tout pouvoir devient une véritable gageure.

    F. La Constitution du 18 février 2006

    La transition débutant le 04 avril 2003 avec un Président de la République, 4 Vice-présidents et un Gouvernement atypique dont les membres sont désignés par leurs composantes et entités, ayant permis tant soit peu une certaine stabilité, l’erreur congénitale de confier la rédaction de la Constitution aux personnalités n’ayant reçu aucun mandat du souverain primaire se perpétue : l’avant-projet et le projet de Constitution seront rédigés par le Sénat et l’Assemblée Nationale dont les membres n’ont pas été élus, mais plutôt, désignés discrétionnairement par les anciens belligérants.

    Ceci pousse la Conférence épiscopale nationale du Congo, dans sa déclaration du 04 mars 2006, à dire : « parmi les tâches premières à accomplir dès le début de la première législature de la troisième République, les suivantes sont prioritaires, celle de procéder, au niveau du Parlement National, à l’examen de propositions d’amendements ou de compléments jugés très importants, et même vitaux, pour garantir le bon avenir du pays, sur le plan politique et économique. »

    Alors que la Constitution du 18 février 2006 n’avait même pas totalisé un mois, les pères de l’église ont estimé qu’il y avait tellement des mal façons qu’un toilettage intégral devrait être décrété et exécuté par les personnes dûment mandatées par le peuple, c’est-à-dire les élus.

    C’est donc, cette logique qui doit pouvoir nous guider pour répondre aux interrogations qui nous préoccupent en ayant présent à l’esprit que depuis l’indépendance de la République Démocratique du Congo jusqu’à ce jour, le mode d’élaboration de différentes Constitutions, péchant contre l’exigence de confier cette tâche aux personnes mandatées à cet effet par le peuple, constitue l’une des grandes faiblesses sinon l’une des causes majeures du tango constitutionnel qui ne permet pas au pays d’émerger, en s’assumant par les options qui sécurisent le présent, tout en balisant le chemin de l’avenir.

    C’est en tenant compte de cet impératif majeur qu’il va falloir rencontrer brièvement les 5 interrogations soumises à notre réflexion.

    1. L’importance du respect de la Constitution dans le renforcement des institutions démocratiques

    Il est indéniable qu’entendue comme Loi suprême, la Constitution est entourée d’une protection spéciale en ce que son respect contribue à l’équilibre des pouvoirs. Ceci signifie que des mécanismes particuliers doivent être prévus pour sa révision. Mais, si le constituant lui-même n’a rien prévu de pareil, la Constitution peut être modifiée comme toute autre loi. Ceci pour simplement dire que c’est le constituant qui doit prévoir une protection plus accrue de la Constitution pour garantir, par ricochet, les droits et libertés des citoyens. Il ne saurait donc, y avoir respect de la Constitution tant que le constituant ne l’a pas, par les mécanismes spécifiques, placée au-dessus d’autres lois.

    La tendance aujourd’hui, avec le triomphe du constitutionnalisme et la mise en place des Cours constitutionnelles, est d’accorder une place de choix à la Constitution, dans la hiérarchie des normes, pour mieux protéger les citoyens. C’est en combinant le contrôle de la constitutionnalité des lois et les mécanismes spéciaux de la révision que la protection de la Constitution se trouve mieux assurée.[2] La République Démocratique du Congo s’est inscrite dans cette logique par la mise en place de sa Cour constitutionnelle.

    S’agissant des dispositions dites intangibles qui font débat aujourd’hui en Afrique, et donc, des normes supra-constitutionnelles, ce serait une reconnaissance de « la possibilité de limiter le pouvoir souverain et, par conséquent, de supprimer la souveraineté du peuple exerçant la compétence constituante[3] », la doctrine majoritaire pense que « il ne peut pas y avoir d’autolimitation du pouvoir constituant, en imposant par exemple le respect de tel ou tel principe, ou encore le maintien de telle ou telle autre forme de Gouvernement, car jamais une volonté n’est éternellement limitée par le seul effet des obligations qu’elle donne. Il est toujours possible que le souverain revienne sur les règles qu’il avait définies et qu’il en adopte de nouvelles[4] ».

    Dans le cas de la France, la thèse de la non-existence des normes supra-constitutionnelles a été confirmée par une jurisprudence constante du Conseil constitutionnel.

    2. Dans quelles circonstances les révisions constitutionnelles sont-elles justifiées ?

    Il serait hasardeux d’énumérer les circonstances dans lesquelles on peut estimer une révision constitutionnelle justifiée ; car en réalité, qu’il s’agisse de l’opportunité, des omissions ou des problèmes nouveaux qui surgissent (l’environnement), chaque cas spécifique est un, sinon unique ; car en cette matière, la similarité ne joue point. Il s’agit d’apprécier au cas par cas, en tenant compte du parcours historique de chaque Etat.

    Cependant, une réponse laconique consiste à dire qu’une révision est justifiée dès lors qu’elle rencontre les aspirations du peuple. Celui-ci n’est pas une bulle difforme ni informe. Il doit être consulté par des mécanismes démocratiques mis en place afin de tenir compte de ses avis.

    3. Quelle est l’attitude des citoyens par rapport au débat sur le changement de la Constitution ? Sont-ils suffisamment consultés sur ce sujet ?

    Faute de statistiques contradictoires, il parait hasardeux de prêter aux citoyens la parole qui n’est pas la leur. Toutefois, en matière de gestion de l’opinion publique, s’agissant du débat sur la révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo, pour l’instant, ce sont les officines politiques qui distillent ce qu’elles veulent bien dire, sans devoir étaler toutes les possibilités afin que le peuple fasse un choix utile. Il revient aux partis politiques et aux pouvoirs publics de ramener ce débat au niveau de la population, source de tout pouvoir, afin que celle-ci s’en approprie et tranche.

    Plusieurs canaux, outre les partis politiques, dont notamment, les églises et les ONG s’investissent dans ce domaine d’éducation civique et politique. C’est une chance pour permettre à la population d’opérer des choix éclairés.

    Dans le cas de la République Démocratique du Congo, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) détient également, dans ses prérogatives, la mission de sensibilisation de la population avant tout scrutin. Ce qui permet de dire qu’avant de se prononcer, les citoyens auront été suffisamment consultés. Il importe de dire également que lorsque le peuple confie, à l’issue d’une élection démocratique, un mandat à une Majorité, celle-ci a le devoir d’impulser toutes les réformes nécessaires pour créer le bonheur collectif.

    Et donc, lorsqu’on dit laconiquement « Gouverner c’est Prévoir », c’est affirmer par-là que les promesses électorales doivent se traduire sous forme des réformes pour éviter la distance entre ce qui est dit et ce qui est fait. Les réformes, dès lors qu’elles ont pour objet de réaliser les promesses électorales, elles bénéficient de la même légitimité que l’onction populaire qui couvre les dirigeants élus.

    4. Les conséquences des révisions constitutionnelles répétitives pour les générations futures

    Parler des révisions répétitives de manière abstraite, semble abusif. En effet, faudra-t-il établir un séquencement qui indique la durée à partir de laquelle une révision peut être opérée, alors que le constituant n’a rien prévu de pareil ? Si tant est que toute révision de la Constitution est une réponse à une question non résolue, oubliée ou nouvelle, comment peut-on à l’avance deviner que pareille préoccupation n’apparaitrait qu’après tant d’années ? Pareil calcul ne serait qu’illusoire.

    La question peut être reformulée autrement. S’agit-il du moment où la révision peut intervenir ?

    Celle-ci peut, selon Charles Debbasch et Jean-Marie Pontier intervenir à tout moment[5]<!–[endif]–>, sauf dans le cas de la République Démocratique du Congo, dans les 5 hypothèses prévues à l’article 219 de la Constitution : « Aucune révision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège ni pendant l’intérim à la présidence de la République ni lorsque l’Assemblée nationale et le Sénat se trouvent empêchés de se réunir librement[6]<!–[endif]–> ».

    La révision de 1962 qui a permis à la France d’inscrire dans la Constitution de 1958, l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, était justifiée par la recherche d’un antidote à l’instabilité gouvernementale et au rôle particulier à assigner au Chef de l’Etat dans le contexte particulier de la nouvelle Europe. Toute généralisation parait abusive, il faut donc, spécifier chaque cas.

    La critique majeure faite à l’Afrique est que les Constitutions africaines subissent souvent des retouches. La réponse parait simple. Ces retouches régulières sont une réponse à l’inadaptation des textes qui, fort souvent, pour le besoin de la cause, juxtaposent plusieurs logiques au lieu d’une véritable alliance. Conséquence, cet attelage brinquebalant ne peut pas aller plus loin. Plus qu’un simple mimétisme, il faut déplorer l’éclectisme constitutionnel qui trouve le terrain fertile en Afrique.

    Le constitutionnalisme auquel aspire l’Afrique postule le respect de la Constitution et non l’immobilisme. On peut donc dire qu’une certaine sacralité entourant la Constitution contribue au respect de celle-ci et moule les générations futures dans cette forme de religiosité. Mais comme il est certain que les problèmes d’aujourd’hui ne seront pas identiques à ceux qui se poseront demain, aucune génération ne peut avoir la prétention de lier l’autre.

    Ce qui signifie qu’en procédant à l’adaptation du temps et des circonstances, les générations futures s’attèleront à résoudre les problèmes spécifiques de leurs temps, sans omettre un regard critique ou admiratif sur la manière dont les générations précédentes ont procédé pour concilier temps et circonstances.

    5. Pourquoi une alternance démocratique en 2016 est si urgente ?

    A la veille de chaque élection démocratique, l’alternance est toujours à l’ordre du jour. Il semble cependant important d’opérer une distinction entre le désir des hommes politiques et la sanction politique qui est de la compétence exclusive du peuple souverain. C’est au peuple seul qu’il appartient de sanctionner soit négativement en éconduisant la Majorité en place, soit positivement en la reconduisant.

    Dans le cas d’espèce, le juge de l’urgence, c’est le peuple souverain. Que l’on attende donc 2016 pour lui donner l’occasion de se prononcer librement, au lieu d’occulter par une campagne précoce, le fait que le mandat confié en 2011 à la Majorité actuelle est encore en cours, et que les règles et pratiques démocratiques exigent que le mandat soit consommé jusqu’à la nouvelle élection. Ne pas faire droit à cette exigence serait écourté, en fait, la durée du mandat. Or, le constitutionnalisme postule également que l’on ne puisse pas perturber, par des manœuvres politiciennes, l’exercice d’un mandat, régulièrement acquis du peuple.

    Quel entendement assigne-t-on à l’alternance démocratique ? Certes, changer de majorité est considéré, par moments, comme un indice de vitalité démocratique. Mais, si le peuple souverain reconduit la même majorité pendant un temps relativement long, va-t-on l’obliger à se dédire ? On ne peut pas demander à la Majorité en place de se saborder pour qu’il y ait alternance, mais plutôt, à ceux dont l’ambition est de remplacer la Majorité en place de mieux affiner leur projet de société pour gagner la préférence du peuple.

    Bref, s’il faut répondre à toutes les questions qui ont été soumises à notre réflexion sur le plan purement théorique, alors que toute Constitution suppose son insertion dans un espace spatio-temporel, nous n’aurons pas fait œuvre utile, encore moins, inventer la spécificité constitutionnelle dont l’Afrique a tant besoin pour réaliser le rêve de pères de l’indépendance.

    Evariste BOSHAB

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    <!–[endif]–>
    [1]<!–[endif]–> A la décharge du Président Kasavubu, il importe de relever qu’il avait sommé, sans succès, l’Assemblée nationale à s’acquitter de sa charge en élaborant une Constitution définitive. C’est la raison pour laquelle, face à la carence constatée, il créa la Commission constitutionnelle.

    [2]<!–[endif]–> J. GICQUEL, J-E. GICQUEL, Droit constitutionnel et institutions politiques, 24ème éd., Paris, Montchrestien, 2010, p.259

    [3]<!–[endif]–> D. G. LAVROFF, le Droit Constitutionnel de la Vè République, 3ème éd., Paris, Dalloz, 1999, p.129

    [4]<!–[endif]–> Ibidem

    [5]<!–[endif]–> C. DEBBASCH, J-M. PONTIER, J. BOURDON, J-C. RICCI, Droit constitutionnel et institutions politiques, 4ème éd., Paris, économica, 2001, p. 616

    [6]<!–[endif]–> Constitution de la RDC, JORDC, 5 février 2011, numéro spécial, p.73