Author: Don Kayembe

  • FIN DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE À KANANGA : L’Ecole d’administration et l’Académie militaire ferment leurs portes

    FIN DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE À KANANGA : L’Ecole d’administration et l’Académie militaire ferment leurs portes

    FARDC- KANANGA-Véritable double cérémonie à Kananga au Kasaï Occidental. L’Ecole d’administration et l’Académie militaire de cette capitale provinciale ont clôturé leur année académique.

    125 stagiaires sur les 177 entrés à l’Ecole d’administration ont reçu leurs brevets 1, 2 et 3. A l’académie militaire, ce sont 71 sur les 126 stagiaires inscrits pour le cycle de trois ans. Ces stagiaires de l’Académie militaire sont les premiers à avoir suivi, depuis 1997, la totalité de leur cursus de formation en RD-Congo. Cette 26ème promotion ordinaire est ainsi très fière d’avoir terminé toute leur formation au pays et d’être désormais des produits made in DRC. Cette double cérémonie a été présidée par le vice- Premier ministre et ministre de la Défense nationale et des anciens combattants, Alexandre Luba Ntambo.
     
    Faisant partie de la 4ème région militaire de Kananga, l’Ecole d’administration et l’Académie militaire ont organisé leurs premières collations après leur rénovation en 2011 et 2012. Véritable relance du système de la formation militaire. Cette relance s’inscrit dans le cadre du programme d’action élaboré et signé conjointement par le ministère de la Défense nationale et des anciens combattants et la Mission de conseil et d’assistance en matière de réforme du secteur de sécurité dans le domaine de la défense -EUSEC/RD-Congo en janvier 2010. Renouvelé annuellement, ce programme d’action soutient la mise en œuvre du plan de réforme de l’armée tel que défini par les autorités RD-congolaises. «A la fin de leur formation, les officiers et sous-officiers de l‘Ecole d’administration vont appuyer le ministère de la Défense et des anciens combattants ainsi que les Forces armées dans la gestion du personnel, des matériels et des finances dans les unités et services centraux.

    Ces promotions ont également été formées en Système informatique pour la gestion et l‘administration des militaires –SINGAMIL- afin de faciliter la mise à jour de la base de données des militaires», précise le communiqué de presse d’EUSEC/RD-Congo. Le même document a révélé qu’à l’Académie militaire, les élèves officiers de la 26ème promotion ordinaire ont obtenu le diplôme de gradué en Sciences sociales et militaires. Egalement. indique-t-on, durant ces trois ans d’études, ils ont été formés aux plans académique, militaire, éthique, mental et physique par un encadrement sélectionné avec l’appui du partenariat militaire belge. Pour le petit rappel, c’est depuis janvier 2010 qu’EUSEC/RD-Congo finance les travaux de rénovation des bâtiments et la fourniture de mobilier adéquat pour ces deux instituts. «La Mission EUSEC/RD-Congo continue d’aider ces deux écoles avec des supports de cours, des kits scolaires, du matériel informatique et en rémunérant les indemnités des professeurs civils.

    L‘amphithéâtre de l‘Académie militaire d’une capacité d’accueil de 471 places assises est en cours de rénovation par EUSEC/RDCongo et sera prochainement remis au commandant de l’académie», signale-t-on. Plusieurs autorités militaires et civiles de la RD-Congo ont pris part à cette double cérémonie. Il s’agit notamment du vice- Premier ministre et ministre de la Défense nationale et des anciens combattants, Alexandre Luba Ntambo, qui a également représenté le Chef de l’Etat et Commandant suprême des Forces armées. Le représentant du Raïs était accompagné du général de brigade Ekuba, chef d’Etat-major général adjoint, chargé des opérations et représentant du chef d’Etat-major général, du commandant de l’Ecole d’administration, le brigade Sasa sans oublier le commandant de l’Académie militaire, le général Kibonge.

    AfricaNEWS

  • ESURS : Matata veut voir clair

    ESURS : Matata veut voir clair

    Profs_unikin-C’est presque chaque jour que l’on assiste, en République Démocratique du Congo, à la soutenance d’une thèse de doctorat sanctionnée naturellement par la mention « Grande distinction ».

    L’exercice est devenu si courant qu’il y a lieu de craindre la dévaluation des titres de « Docteur en Droit, en Economie, en Sociologie, en Communication, en Lettres, en Relations Internationales, Criminologie, en Education physique, en Sciences, en Chimie, en Médecine, en Physique, en Mathématiques, en Informatique, en Arts Plastiques », etc.
     
    En décidant de donner un coup d’arrêt à l’organisation désordonnée du « Troisième cycle » au niveau de l’enseignement supérieur et universitaire, le gouvernement Matata rencontre les préoccupations des milieux académiques eux-mêmes mais aussi des utilisateurs des produits de l’université congolaise, dont la formation laisse de plus en plus. à désirer. Comment créer, au pays, des « pools d’intelligences » si les formateurs appelés à prendre en charge l’élite de demain souffrent eux-mêmes de graves carences dans le domaine des connaissances théoriques et pratiques?
     
    C’est peut-être pénible de le dire mais le constat est que le clientélisme politique et la complaisance ont envahi les couloirs du « Troisième cycle » conduisant au diplôme de doctorat dans pratiquement toutes les filières post-universitaires. Alors qu’elles devraient être réservées à une catégorie de compatriotes ayant terminé brillamment leurs études universitaires (diplôme de licence ou équivalent), les thèses de doctorat sont de plus en plus ouvertes à des candidats douteux, bénéficiaires des parapluies politiques ou académiques.
    En suspendant le « Troisième cycle » dans les universités et instituts supérieurs autres que les Universités de Kinshasa, de Lubumbashi et de Kisangani, l’objectif visé est de préserver la qualité du diplôme de doctorat, le sésame qui ouvre la voie à la carrière professorale.
    Il est à espérer que les membres des corps académiques des établissements d’enseignement supérieur et universitaire de l’ensemble du pays vont partager le souci du gouvernement congolais de tirer ce secteur vers le haut.
    Car, en distribuant des diplômes post-universitaires comme des cacahuètes, certains promoteurs des thèses de doctorat étaient en train de creuser la tombe de l’enseignement national, en mettant sur le marché des formateurs très dangereux pour la formation des universitaires congolais. Un génocide intellectuel se profilait à l’horizon, au regard des dégâts attendus d’un encadrement approximatif de l’élite de demain.
    N’est-il pas vrai que l’on commence à se plaindre, à travers le pays, de ces juristes, politologues, architectes, économistes, médecins, ingénieurs électriciens ou mécaniciens ou encore en bâtiments, ponts et chaussées, chimistes, physiciens, communicologues … dont l’expertise douteuse ne reflète les titres académiques dont ils se réclament ? Continuer à fermer les yeux.sur cette descente aux enfers de l’enseignement postuniversitaire signifiaient condamner les générations futures à la médiocrité.
    Le Phare

  • Meurtre policier à Ferguson-‘‘We Want Justice’’

    Meurtre policier à Ferguson-‘‘We Want Justice’’

    Joël Asher Lévy-Cohen *
    Joël Asher Lévy-Cohen *

    -Par Joël Asher Lévy-Cohen

    Officiellement parlant, les États-Unis d’Amérique ne sont pas, par définition, un pays raciste. Cela est d’autant plus vrai que ceux-ci ont adopté, au cours de leur histoire mouvementée, bon nombre de législations draconiennes qui répriment ce comportement abject. Mais, qu’en est-il véritablement dans la réalité quotidienne ? En effet, il ne se passe pas un jour de la semaine sans que ce pays ne soit rapidement rattrapé par ses vieux démons racistes, lesquels ne sont pas sans rappeler les dures années cinquante et soixante, tout à fait, au cœur des politiques discriminatoires des populations africaines-américaines.

    Le dernier événement en date, à la base de toutes les crispations et frustrations, est bien entendu le meurtre gratuit de Michaël Brown, âgé de 18 ans, à Ferguson, une banlieue périphérique de la ville pittoresque de Saint-Louis dans l’État de Missouri. Ce jeune homme africain-américain, dans la fleur de l’âge, a été abattu par un constable blanc. Ce drame est intervenu au cours d’un contrôle policier alors qu’il avait, selon les badauds et les témoins, effectivement les mains en l’air. Donc, celui-ci ne présentait apparemment aucun danger pour la sécurité des policiers.

    Toujours est-il que pendant son interpellation que d’aucuns ne s’expliquent, un coup de feu assourdissant est parti du véhicule de police qui lui demandait de s’immobiliser. En s’effondrant par terre, Michaël Brown a reçu pas moins de huit balles mortelles. Ce qui a déclenché, spontanément, des manifestations qui ne faiblissent point et au cours desquelles les protestataires, scandant des slogans de justice, ont effectivement les mains en l’air. Ceux-ci ne demandent qu’une et une seule chose : ‘‘Que la justice soit faite !’’

    Ce qui est, à n’en pas douter, plus frappant dans cette histoire épouvantable, c’est abord et avant tout l’attitude des médias américains tentés plutôt de protéger, comme à l’accoutumée, les institutions étatiques, donc de couvrir par des reportages, on ne peut plus biaisés et orientés, des bavures policières. En effet, en vue de préparer l’opinion publique blanche à soutenir, de manière inconsciente, la Police de Ferguson contre un membre d’une minorité dépeinte comme systématiquement violente et irrécupérable, ils ont commencé à diffuser nombre d’images impliquant des manifestants qui s’adonnaient au vandalisme. Aussi ont-ils diffusé, dans la foulée desdits événements, nombre d’images de la victime, lesquelles ne sont pas sans rappeler certaines postures des ténors de la ‘‘Gangsta Rap’’ de triste mémoire. Ce qui est de nature à discréditer le pauvre regretté et ses nombreux soutiens inconditionnels.

    Pourtant, le jeune Michaël Brown mortellement fauché par plusieurs balles policières, dont la famille demeure favorable à des manifestations pacifiques, est, plutôt, reconnu dans l’ensemble de sa communauté comme une personne affichant un comportement raisonnablement digne et respectable. Alors, afin de réhabiliter cette réputation souillée, écornée, de la jeune victime par des médias complices, les réseaux sociaux ont commencé à diffuser très rapidement sur le net des images fort honorables de Michaël Brown. Pour contrecarrer cette campagne de mauvais goût, insidieuse, distillé par des médias officiels, ils ont commencé à publier ses nombreuses photos, lesquelles présentent plutôt un jeune homme totalement aux antipodes de l’image édulcorée que les soi-disant porte-voix officielles voudraient à tout prix lui coller dans la peau.

    Par ailleurs, depuis que cette Police de Ferguson s’est compromise dans l’interpellation suivie de l’arrestation brutale des journalistes venus couvrir des manifestations qui se transforment davantage en émeutes urbaines, l’attitude des médias officiels a complètement changé. Celle-ci a, depuis cet incident, basculé en faveur des protestataires. Elle est devenue, du moins, assez raisonnable. En effet, les reporters sur le terrain insistent, désormais, sur la disproportion des moyens militaires utilisés par les policiers à l’encontre des manifestants ayant, la plupart du temps, des mains en l’air pour souligner la position dans laquelle a été abattu le jeune Michaël Brown.

    Ensuite, ce qui frappe dans ce drame, c’est le comportement criminel de la Police de Ferguson. Cette Institution dont la transparence laisse, à vrai dire, à désirer dans le cadre de cette affaire, préfère plutôt démontrer ses muscles. En fait, elle est plus soucieuse d’attester la présence de l’Ordre et de la Loi que de désamorcer la crise. Force est d’admettre que celle-ci n’a fait que creuser un fossé abyssal entre les Citoyens et leurs constables dont la mission primordiale consiste en réalité à protéger la Communauté, à assurer la sécurité de la population. En l’espèce, Ferguson est plutôt en présence d’une Police qui est devenue une insécurité pour sa propre communauté.

    Ce conflit a fini par trouver son écho jusqu’aux portes de la Maison Blanche dont le présent locataire est un Africain-américain, en l’Occurrence le démocrate Barack Hussein Obama et du Ministre de la Justice Éric Holder, également un africain-américain. Pour désamorcer cette crise qui échappe de plus en plus au contrôle des autorités administratives locales, le président des États-Unis d’Amérique a appelé, depuis ses pénates sur l’Ile de Martha’s Vineyard, dans l’État de Massachussetts, où il passe ses vacances estivales, au calme et à la paix. Aussi a-t-il exigé la transparence dans l’enquête policière, tout en prenant soin de condamner vivement, dans les termes les plus appropriés, les violences faites aux journalistes et aux forces de l’ordre dans la mesure où certains manifestants au profil de professionnels de la casse ont naturellement fait usage des cocktails Molotov.

     

    Ce qui est clair, ces protestations mettent pratiquement mal à l’aise tout le monde. Y compris la communauté blanche sans nul doute choquée par cette théorie loufoque de ‘‘Home War’’ [la guerre chez nous] promue par des institutions officielles des USA, en l’occurrence la CIA et le FBI. En effet, impressionnée par la lourdeur des moyens militaires mis en œuvre pour étouffer tous azimuts les manifestations de Ferguson, celle-ci ne cesse point de dénoncer dorénavant l’hypermilitarisation des unités de polices locales des États fédérés par le Pentagone, pourtant une Institution officielle – le Ministère de la défense – des États-Unis d’Amérique.

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

     

  • De quoi on se mêle si les Etats-Unis accueillent leur marionnette « Joseph Kabila » ….

    De quoi on se mêle si les Etats-Unis accueillent leur marionnette « Joseph Kabila » ….

     whitehouse2J’ai toujours pensé, et si j’avais bien compris, que des Congolais luttent généralement pour l’indépendance et la souveraineté de la RD-Congo. Mais je suis surpris de constater que les mêmes qui parlent d’indépendance de la RD-Congo n’hésitent pas à porter des calicots, soit à produire une écriture, ici je m’adresse particulièrement aux intellectuels congolais, qui invitent et rappellent à Obama, c’est-à-dire aux États-Unis dont la politique étrangère n’est pas du ressort du Chef de l’État mais plutôt de l’État profond, sa promesse de sauvetage de la RD-Congo. Des congolais comptent sur lui et lui demandent, et ce dans un état de faiblesse étonnant, d’avoir en quelque sorte pitié du pauvre nègre congolais qui n’en peut rien de lui-même.

    La classe politique, le pouvoir comme l’opposition politique au Congo, fait le voyage des États –Unis quand elle est tout simplement convoquée par une institution sous le contrôle de la CIA. Attention, car il ne faut point aborder la question de cette façon pour ne jamais courroucer le samaritain sur qui la demande est faite. Et ceux qui l’écrivent ou adoptent cette position que même les Américains ne comprennent voudraient que nous autres applaudissions ou apprécions. Que des Congolais nous disent comment ils sont hypnotisés par les Anglo-saxons, comment ils aiment faire le voyage des États-Unis et aller débattre des questions de souveraineté nationale face aux étrangers et loin du pays. Et après on dira que les Américains ne les respectent pas.

    Voilà finalement à quoi ressemble la classe politique congolaise quand personne ne se montre homme et assez courageux pour dire je ne vais pas aux Etats-Unis. Aucun respect !

    À vrai dire, pendant que je souffre, je peine à suivre et me demande souvent si réellement des Congolais savent ce qu’ils veulent pour la RD-Congo. Le comportement reste indigne de l’indépendance et de la souveraineté que nous ne semblons mériter.

    Que « Joseph Kabila » fasse le déplacement des Etats-Unis, ce que je trouve évident, des Congolais s’en plaignent. Que la marionnette soit reçue par ses maîtres, c’est le même discours et attitude chez les Congolais qui n’admettent pas que les États-Unis puissent se permettre cet impair pour eux. Je ne dirais pas que j’ai honte mais j’essaye de saisir le pourquoi du retard, voire du tâtonnement qui caractérise ce que les Congolais reconnaissent tous comme étant le combat pour la libération du Congo.

    Et aujourd’hui, beaucoup se plaignent que le pauvre Ewanga soit arrêté. Et le voilà seul croupir, et ce comme le Vieux Tshisekedi hier et tant d’autres dans les prisons du maréchal. Voilà ce qui arrive à une élite ou à un peuple qui en se moquant de son passé reproduit les mêmes fautes qui font souffrir des individus presque inutilement alors que le savoir du passé pouvait aider à éviter des souffrances moins efficaces.

    On reproduit la roue face à un adversaire dont le seul mérite est de se multiplier pour fatiguer ses proies. Bon, après tout que chacun fasse ce qu’il veut selon ce que son intelligence peut comprendre et que les autres poursuivent leur marche.

    Likambo ya mabele, ezali likambo ya makila

     Mufoncol Tshiyoyo

    Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle
    Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo
    004745007236

  • Une réserve de 3 milliards de barils de pétrole trouvée dans l’est de la RDC

    Une réserve de 3 milliards de barils de pétrole trouvée dans l’est de la RDC

    -Une réserve potentielle de trois milliards de barils de pétrole a été découverte dans l’est de la République Démocratique Du Congo par une filiale du groupe Fleurette, appartenant au puissant homme d’affaires israélien Dan Gertler, annonce le groupe dans un communiqué. Après deux phases de tests sismiques au niveau des blocs I et II du lac Albert, des « analyses indiquent l’existence d’environ trois milliards de barils », une réserve qui pourrait être de même ampleur côté ougandais du lac, explique le communiqué. Le résultat des tests sismiques, qui ont coûté « plus de 20 millions de dollars », « montrent des ressources potentielles considérables qui peuvent » augmenter « fondamentalement (…) le PIB de la RDC si elles sont extraites et exportées de façon sûre et économique », précise le texte. Selon Oil of DRCongo, la filiale pétrolière de Fleurette, une production de 50.000 barils par jour « augmenterait le PIB de la RDC de 25 % ». Elle est actuellement en pleine étude de faisabilité et s’est notamment fixée pour prochaine étape de forer deux puits d’exploration. La préparation des activités de forage nécessitera d’importants travaux, comme de nouvelles routes et un nouveau port, et se traduira par une « délocalisation de certaines communautés locales » de la région, nichée dans le nord de la province riche et instable du Nord-Kivu. M. Gertler, dont le magazine spécialisé américain Forbes évalue la richesse à 2,2 milliards de dollars, est un proche du chef de l’État congolais Joseph Kabila. Il a consolidé sa fortune en achetant des permis miniers en RDC dans des conditions opaques.

    (Avec les rédactions du Soir en ligne, du Soir, d’AFP, d’AP et de Belga)

  • Pressé par les milieux d’affaires américains, Obama renoue avec un continent qui attendait beaucoup de lui

    Pressé par les milieux d’affaires américains, Obama renoue avec un continent qui attendait beaucoup de lui

     
    macky sall - Obama-Le discours sur les « opportunités » de l’Afrique, qui dominera le sommet, s’accompagne d’un grand pragmatisme de la part de Washington sur les enjeux de sécurité.
    «L’Afrique a besoin d’institutions fortes, pas d’hommes forts», avait lancé, en juillet 2009, Barack Obama au Ghana, où il effectuait son premier voyage sur le continent d’origine de son père, kényan. Encore tout auréolé par son élection historique, le premier président métis de l’histoire américaine avait tenu un discours de vérité à ses hôtes, appelant le continent à assumer ses responsabilités, au lieu de blâmer l’Occident pour ses échecs.
    Cinq ans plus tard, sous la pression d’un monde des affaires américain qui constate la spectaculaire percée économique de la Chine sur le continent, Barack Obama relance sa politique africaine, en conviant à Washington la plupart des dirigeants d’Afrique pour un sommet sans précédent dans l’histoire des États-Unis. Pendant trois jours, pour une grande première, la capitale américaine va se mettre à l’heure africaine, avec près de cent événements autonomes, organisés en marge de la réunion officielle des chefs d’État. Mais cette fois, l’angle d’attaque est l’économie et l’investissement, même si les officiels s’empressent de souligner que la bonne gouvernance reste «un élément indispensable au succès du développement à long terme». «La priorité est de changer l’image de l’Afrique» jusqu’ici surtout définie par ses conflits, explique au Figaro le sous-secrétaire d’État en charge des Affaires africaines, Robert Jackson.

    Partenariat stratégique

    À l’exception des dirigeants de Centrafrique et de ceux d’Erythrée, du Soudan et du Zimbabwe à l’index de la communauté internationale, tous les chefs d’État ont été invités, même si certains violent des droits de l’homme. «Il y a une prise de conscience sincère que l’Afrique pèse de plus en plus lourd. Douze des vingt économies à la croissance la plus rapide sont en Afrique», poursuit le diplomate, soulignant l’importance du partenariat stratégique avec le Nigéria, l’Angola et l’Afrique du Sud.
    «Nous devons être plus engagés et souligner les promesses économiques du continent africain», insiste Jackson, citant l’importance du soutien que le président veut apporter «aux jeunes leaders», avec lesquels un sommet informel s’est tenu la semaine dernière. Malgré les guerres et conflits à répétition, le directeur du programme Afrique de l’Atlantic Council, Peter Pham, confirme qu’il «est urgent de redéfinir la perception américaine de l’Afrique, que nous continuons de voir, à tort, comme une terre où il faut faire l’aumône au lieu de percevoir les opportunités d’investissement». «Nous sommes en retard, dans tous les sens du terme», martèle aussi la représentante Karen Bass, très impliquée.
    Beaucoup d’observateurs affirment que la présidence Obama n’a pas été à la hauteur des espoirs qu’avaient mis en lui les Africains. «Leurs attentes étaient trop grandes, si on lit le programme électoral d’Obama, on voit bien qu’il n’y parlait pas beaucoup de l’Afrique», tempère Peter Pham.
    La représentante Karen Bass affirme pour sa part que les multiples initiatives lancées par un président qui ne s’est rendu que deux fois en Afrique n’ont pas «la reconnaissance médiatique qu’elles méritent». Elle affirme toutefois que l’Amérique doit mettre les bouchées doubles en matière d’investissements, face à une Chine dont les échanges commerciaux avec l’Afrique ont atteint 210 milliards en 2013, contre 85 pour les États-Unis. Les Américains travaillent actuellement sur de grands projets d’électrification, menés par la compagnie General Electric, précise-t-elle. «Alors que Pékin apporte sa propre main-d’œuvre, GE investit dans la formation de la main-d’œuvre, un plus à long terme», dit Bass.

    Le Figaro