Author: Don Kayembe

  • Le pape François envisage un pontificat court et renoncera comme Benoît XVI

    Le pape François envisage un pontificat court et renoncera comme Benoît XVI

    pape-Le pape François a rencontré des représentants religieux avant une messe de réconciliation dans une cathédrale de Séoul, lundi. Crédits photo : Gregorio Borgia/AP
    Le Pape a répondu aux questions des journalistes dans l’avion du retour de la Corée. Une conférence de presse très instructive, dans laquelle il évoque sa personnalité et la façon dont il envisage son pontificat.
    De notre envoyé spécial à Séoul et à Rome
    Dans l’avion qui le ramenait de Corée, lundi, le pape François s’est entretenu pendant une heure avec les 72 journalistes de onze nationalités qui l’ont accompagné pendant son premier voyage en Asie. Les questions essentielles ont porté sur le principe d’une intervention en Irak,1 mais ce dialogue a aussi été l’occasion pour le Pape d’affirmer pour la troisième fois depuis son élection, il y a un an et demi, qu’il renoncera à sa charge dès lors qu’il sentira ne plus avoir les forces de l’accomplir. «Je ferai la même chose» a-t-il dit, en citant l’exemple de Benoît XVI. Et qu’il envisage, à 77 ans, un pontificat plutôt court: «Tout cela durera deux à trois ans.»
    Sur la question de la renonciation, il apparaît que l’idée devient de plus en plus claire dans son esprit. Évoquant la décision «noble, humble et courageuse» de son prédécesseur il a défendu le fait – «même si elle ne plaît pas aux théologiens» – que l’on s’habituera «aux papes émérites». Tout comme l’on s’est habitué aux «évêques émérites» qui étaient «des exceptions» il y a encore soixante-dix ans. Même «si la santé est bonne» a-t-il observé, «diminue avec un certain âge la capacité de bien gouverner car le corps se fatigue». Benoît XVI «a donc ouvert une porte qui est institutionnelle et qui n’est pas exceptionnelle».

    Sa popularité? «Au début, cela m’épouvantait un peu»

    François, qui aura 78 ans à la fin de l’année 2014, envisage plutôt un pontificat de quelques années seulement. C’est à l’occasion d’une question sur l’effet de sa popularité qu’il a fait cette confidence. Concernant son immense popularité, il a reconnu avoir été plutôt embarrassé au début du pontificat par les acclamations de la foule, «Francesco, Francesco» qu’il demandait de corriger par «Christo, Christo», mais il a désormais renoncé: «Je le vis plus naturellement qu’au début. Au début, cela m’épouvantait un peu» a-t-il observé, mais «je la vis [cette popularité] en remerciant le Seigneur que son peuple soit heureux. Espérant le meilleur pour le peuple de Dieu. Je la vis comme une générosité de ce peuple. Je la vis comme la présence du Seigneur au milieu de son peuple qui utilise l’évêque pour manifester tant de choses. Intérieurement, je cherche à penser à mes péchés, à mes erreurs et pour “ne pas m’y croire”.» Non devi crederti, expression argentine que son père lui disait souvent et qui est une règle de vie chez lui, serait mieux traduite par: «pour ne pas me la jouer». «Parce que je sais que ça durera peu de temps. Deux ou trois ans. Et puis, pfff… vers la maison du Père.» Et François d’éclater de rire. Certains estiment que cette mention «deux ou trois ans» pourrait concerner le temps de sa popularité, au vu du contexte de sa réponse. Mais on sait par ailleurs que ce pape ne cache pas à ses proches qu’il se voit pape pour un temps assez bref. L’horizon des 80 ans pourrait être, de ce point de vue, une étape importante et elle pourrait expliquer le fait que François ne s’économise absolument pas. Sa santé fit donc l’objet d’une autre question.

    Sa santé? «Je dois être plus prudent»

    Il a alors répondu: «J’ai pris mes vacances comme je le fais d’habitude. À la maison. Parce qu’un jour j’ai lu un livre intéressant. Le titre était: Réjouis-toi d’être névrotique! Parce que j’ai quelques problèmes nerveux. Il faut bien les traiter, ces nerfs! Leur donner le maté [boisson typique argentine] chaque jour. Une des névroses, c’est que je suis trop attaché à la maison… La dernière fois que j’ai pris des vacances hors de Buenos Aires c’était avec la communauté jésuite en 1975! Mais je prends toujours des vacances. Je change simplement de rythme. Je lis des choses qui me plaisent, j’écoute de la musique. Je prie davantage. Cela me repose. En juillet et une partie d’août, j’ai fait cela. Cela va bien comme ça».
    Revenant toutefois sur le fait qu’il avait dû annuler à la dernière minute une visite pastorale à l’hôpital Gemelli en début d’été, il a reconnu que «10 minutes avant de partir, je n’en pouvais vraiment plus parce qu’il y avait eu des journées très chargées». Conclusion de ce bourreau de travail «je dois être plus prudent».

    «À Sainte-Marthe, je vis une vie normale de travail, de repos, de discussions.»

    Interrogé sur sa vie quotidienne au Vatican, il a expliqué sa philosophie avec une certaine résignation: «J’essaie d’être libre, il y a les rendez-vous de travail, de bureau. Et puis il y a la vie. La vie la plus normale que je puisse mener. J’aimerais pouvoir sortir, mais cela n’est pas possible, parce que si tu sors, les gens viennent à toi. Je ne peux donc pas. C’est une réalité. À Sainte-Marthe, je vis une vie normale de travail, de repos, de discussions.» On lui demande alors s’il se sent prisonnier, et il répond: «Non! Au début oui, mais maintenant non, des murs sont tombés. Par exemple celui de prendre l’ascenseur seul! Au début, le pape ne pouvait pas prendre l’ascenseur seul… tout cela est fini.»
    François a par ailleurs confirmé qu’il préparait une encyclique sur l’écologie, tout en évoquant la difficulté de cette matière en raison des nombreuses hypothèses scientifiques dans ce domaine «les unes sont certaines, les autres non» et la nécessité «d’être sûr pour un texte doctrinal».
    Quant à ses prochains voyages, le Pape a confirmé l’Albanie en septembre, le Sri Lanka et les Philippines en janvier 2015, les États-Unis – avec trois villes Philadelphie, Washington et New York avec les Nations unies – en septembre 2015. Et beaucoup d’invitations, dont le Mexique, l’Espagne, le Japon mais «rien n’est décidé»…

    «Le Saint-Siège a une véritable estime pour le peuple chinois»

    Et pourquoi pas la Chine? «Demain!» s’il y était invité. Il confirme là son grand intérêt et enthousiasme pour ce continent, mais à condition que «la liberté soit donnée à l’Église de faire son travail». Concluant: «Le Saint-Siège est toujours ouvert aux contacts. Toujours. Parce qu’il a une véritable estime pour le peuple chinois» et racontant qu’à l’aller vers la Corée il avait été très ému de se trouver dans le cockpit de l’Airbus d’Alitalia au moment où le pilote demandait l’autorisation de survoler le territoire chinois: «J’ai alors prié beaucoup pour ce peuple sage.»
    Enfin, à propos de l’échec apparent de la prière pour la paix qu’il avait organisé le 8 juin dernier au Vatican en présence des deux présidents israélien et palestinien, François a répondu: «La prière pour la paix n’a absolument pas été un échec! On doit prier. La paix est un don. Il faut dire à l’humanité que la voie de la négociation, du dialogue est importante, mais qu’il y a aussi la voie de la prière. Après, ce qui est arrivé est arrivé… Mais ceci est conjoncturel, alors que cette rencontre n’était pas conjoncturelle. Elle a représenté un pas fondamental. Aujourd’hui les fumées de la guerre et des bombes ne laissent pas voir la porte mais, depuis lors, elle est restée ouverte.»
    Lefigaro.frS
  • La Belgique face aux échéances congolaises

    La Belgique face aux échéances congolaises

    Armand-De-Decker-MR--Se préparant à un destin européen et lorgnant soit sur les Finances soir sur les Affaires extérieures, Didier Reynders, in extremis, a renoncé à se rendre à Kinshasa. Il a été remplacé au pied levé par « son » bourgmestre, Armand de Decker, qui, comme ancien président du Sénat et ministre d’Etat, jouit d’une longue expérience internationale et est très connu au Congo.

    Officiellement, l’objectif du voyage est de poser, enfin, la première pierre de la future ambassade de Belgique, très bien située au milieu du Boulevard du 30 juin et qui sera partagée avec les Pays Bas.
    Cependant, durant les trois jours qu’il passera dans la capitale congolaise, M. de Decker ne manquera pas d’être interrogé sur la question de l’heure, qui agite depuis des semaines le microcosme politique : quel sera le destin, en 2016, du président Kabila, qui, d’après la Constitution, ne peut pas exercer un troisième mandat ?
    Sur le plan des principes, la position de la Belgique a déjà été plusieurs fois exprimée, entre autres par le Ministre de la Coopération Jean-Pascal Labille lors de ses différentes visites à Kinshasa : « il n’est pas correct de modifier les règles du jeu pendant la partie »… Autrement dit, une modification de la Constitution avant la fin du deuxième mandat présidentiel serait mal perçue. Les Belges, comme les autres partenaires occidentaux, souhaiteraient aussi que Kinshasa communique avec plus de clarté le calendrier global de tous les scrutins à venir ainsi que leur mode de financement.
    En effet, tout est lié : aujourd’hui déjà, les observateurs voient mal comment la RDC peut-être prête, financièrement et techniquement, à organiser des élections présidentielles dans les délais prévus en 2016, compte tenu du fait que ce scrutin devrait être précédé d’autres élections, au niveau local et provincial, afin de conforter, enfin, les bases de la pyramide démocratique. Un recensement général est également prévu, exercice important certes, mais coûteux et qui pourrait bien engloutir les fonds mis à la disposition de la CENI (Commission électorale indépendante, dirigée par l’abbé Malu Malu, plus contesté que lors des premières élections de 2006).
    A l’impossible nul n’étant tenu, des difficultés de financement et d’organisation matérielle pourraient être invoquées pour retarder l’échéance des présidentielles. Mais s’agirait il d’un report de quelques mois, de quelques années, ou d’un troisième mandat qui ne dirait pas son nom ? Tout le monde se pose la question…
    D’autres hypothèses agitent l’opinion congolaise : pourrait on voir apparaître un scénario « à la Poutine » par lequel le chef de l’Etat s’effacerait au profit d’une personnalité de confiance, appartenant à sa majorité et appliquant sa politique, ce qui permettrait peut-être l’émergence d’une personnalité issue de sa famille biologique (le nom de la sœur jumelle du président, Jaynet, est parfois cité). Ce « clone » du président actuel prendrait alors la relève sans que le pouvoir change réellement de mains, et son occupation légale du pouvoir permettrait même le retour, que l’on espère triomphant, de Kabila lors de l’échéance suivante…. Ce dernier, qui n’a jamais que 43 ans, a le temps de voir venir…Mais l’entourloupe serait-elle pour autant acceptée par l’opinion ?
    D’autres membres éminents de la majorité présidentielle, comme Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD, n’hésitent pas à évoquer une modification de l’article 220 de la Constitution, qui ouvrirait franchement la voie à un troisième mandat du président sortant. Mais même si cette idée ne fait pas l’unanimité au sein du parti, le débat n’est pas réellement ouvert et les partisans du respect absolu de la Constitution, qui estiment qu’il est plus important de sauvegarder le système démocratique que préserver un individu, gardent profil bas pour l’instant.
    L’incertitude est d’autant plus vive que l’intéressé lui-même garde le secret absolu sur ses intentions, assurant qu’il préfère demeurer concentré sur les échéances de l’heure, la reconstruction et la modernisation du pays. Sa pacification aussi : à l’Est rien n’est réellement acquis, aussi longtemps que les rebelles hutus des FDLR ne sont pas désarmés et que le M23, les rebelles tutsis vaincus en novembre 2013 ne sont pas rentrés dans le rang à la faveur de la loi d’amnistie. Or les FDLR refusent jusqu’à présent de se rendre à Kisangani où ils devraient être cantonnés et d’où ils pourraient être envoyés vers un pays tiers tandis que les hommes du M23 restent l’arme au pied dans leurs pays d’accueil provisoire, à raison de 600 hommes au Rwanda et de 1700 en Ouganda. Ces incertitudes à propos de la question sécuritaire apportent des arguments à ceux qui plaident envers la prolongation du président Kabila, avançant, comme le président de l’Assemblée Aubin Minaku, qu’il est le seul à maîtriser parfaitement l’équation militaire et que son départ, avant une pacification totale, serait lourd de danger.
    S’il entend de tels arguments, Armand de Decker, un « vieux de la vieille », se rappellera peut-être que du temps de Mobutu déjà, de tels raisonnements avaient cours : il fallait, disait-on alors, choisir entre Mobutu (une valeur sûre, un homme que tous connaissaient…)et le chaos.
    Finalement, le Congo, alors Zaïre, eut droit à la fois un Mobutu qui s’accrochait au pouvoir et au chaos qui suivit son départ…

    Colette Breackman

  • La mort brutale de Michaël Brown 

    La mort brutale de Michaël Brown 

    joel 1-Meurtre raciste ou assassinat institutionnel ?

    Des questions sans réponse…

    ‘‘La loi du plus fort est toujours la meilleure.’’ Jean de la Fontaine

    Par Joël Asher Lévy-Cohen

    Michaël Brown, âgé de 18 ans, a été tué de sang-froid à Ferguson, une banlieue de Saint-Louis (État de Missouri, Sud des États-Unis d’Amérique) jusque là sans histoire, dont la population est majoritairement d’origine africaine-américaine. Il a été abattu par la police locale composée quasi exclusivement de Blancs. Au moment de tomber violemment sous les balles de son meurtrier, à plus forte raison un agent de la paix, ce jeune homme avait, selon des témoignages recueillis sur le lieu de son effondrement fatal, pratiquement les mains en l’air. Il suppliait même les agents de police de ne pas tirer sur lui. À cet effet, il criait haut et fort : ‘‘Don’t Shot’’. Ce cri prémonitoire d’une fin somme toute fatale, d’ailleurs, repris en chœur sur toute l’étendue du territoire américain, est même devenu le slogan mobilisateur des manifestants hostiles à la violence policière.

    Plusieurs récits divergent, carrément, sur ce meurtre autant sordide qu’inexplicable. Pour la Police locale, l’infortuné Michaël Brown, fauché mortellement par les balles d’un agent de la paix, a bel et bien agressé un policier. Lors de son interpellation supposément mouvementée, celui-ci a tenté d’arracher de force l’arme du constable qui l’a abattu à bout portant. D’ailleurs, selon cette même version officielle, le policier en question présente des contusions, des marques de violence sur son corps et son visage, attestant du même coup la virulence de l’altercation entre les deux protagonistes. Il sied de relever que, jusqu’à preuve du contraire, les images dudit constable amoché par le comportement violent de Michaël Brown n’ont jamais été diffusées. Pourquoi ? Existent-elles à vrai dire ?

    Cependant, pour les témoins oculaires de la scène fatale ayant entraîné la mort de Michaël Brown, le jeune abattu par les forces de l’ordre se tenait plutôt debout. Avant l’instant fatal, il avait les mains en l’air. Il ne cessait effectivement de répéter à destination des agents de la police de Ferguson : ‘‘Don’t Shot’’. C’est au moment de s’abaisser que le coup fatal est parti sans raison apparente. Atteint mortellement, il s’est affaissé par terre. Sans vie. Après avoir reçu pas moins de huit balles mortelles.

    Ce meurtre fort controversé soulève par sa brutalité une foultitude de questions. Il soulève moult interrogations, et ce relativement à la déontologie policière et au bon sens moral, ainsi qu’aux droits des minorités visibles et aux droits fondamentaux de la personne humaine. En effet, pour la Police de Ferguson qui cherche, dorénavant, à se dédouaner coûte que coûte de toute responsabilité criminelle et civile dans cette mort brutale, Michaël Brown serait apparemment impliqué dans un vol de paquets de cigares d’une valeur monétaire de 48,99 $ US. À l’en croire, celui-ci se serait bien déroulé une vingtaine de minutes avant la fusillade mortelle.

    Force est de souligner que cette version des faits policière est corroborée par des preuves vidéos. Il s’agit, en réalité, des images de vidéosurveillance enregistrées dans une station-service. Celles-ci montrent effectivement un individu de race noire, habillé comme la jeune victime et de très forte corpulence. Tenant dans une main des paquets, ce dernier bouscule à la sortie une autre personne qui voudrait l’en empêcher et se retourne même pour l’intimider.

    Il convient de relever que ces preuves ne sont pas encore, à ce stade, authentifiées par des témoins assermentés en vertu de la législation en vigueur. Elles ne sont pas non plus certifiées par des experts judiciaires de la défense et de la poursuite criminelle. Aussi importe-t-il de mentionner que cette version des faits fournie par la Police de Ferguson est vulgarisée miraculeusement une semaine après le meurtre fatal. En effet, s’ils étaient sérieusement convaincus de la culpabilité de la jeune victime, pourquoi les services policiers ont-ils attendu longtemps – une semaine écoulée – pour diffuser les soi-disant preuves matérielles irréfutables ? Il y a vraiment là anguille sous roche… En d’autres termes, s’agit-il, à vrai dire, d’un montage bien ficelé dont les Américains ont seul le secret ?

    Une infraction, c’est-à-dire un fait répréhensible en vertu des règles que se donne la société, est par définition un acte commis par un individu dont la finalité est de rompre tous azimuts la confiance et la sérénité, de briser la paix et la sécurité, de casser l’équilibre et l’harmonie sur lesquels repose ou se fonde l’environnement sociétal. Il en est ainsi du vol qui trucide toute notion de justice et de quiétude entre les membres d’une Collectivité humaine. À cet égard, sans pour autant justifier un acte répréhensible au regard de la législation ambiante, sans pour autant faire l’apologie d’une infraction criminelle, l’on peut se poser la question de savoir si le vol des paquets de cigares de 49 $ peut vraiment conduire conséquemment, à titre punitif, à la mort brutale d’une personne humaine. Le tout avec des policiers dans le rôle ingrat de bourreau des victimes, En d’autres termes, la vie d’un individu vaut-elle 49 $ US ?

    L’Affaire Michaël Brown relève-t-elle purement et simplement du profilage racial, d’ailleurs très en vogue en Amérique du Nord ? Il ne fait aucun doute que le plus grave cancer social et culturel des États-Unis d’Amérique en tant que Pays et Nation est le racisme en tant que système de violence structurelle, avec tout son cortège de préjugés défavorables aux individus ressortissant des communautés africaines-américaines. Par conséquent, ce meurtre controversé serait-il le fruit d’une machination délibérée ? Serait-il, en réalité, la conséquence directe d’une méprise orchestrée au plus haut niveau ?

    Cela est d’autant plus vrai que le chef de Police de Ferguson, Thomas Jackson, a déclaré dans un compte-rendu remis à la presse qu’il n’était pas aussi sûr que ‘‘le constable – Darren Wilson – directement impliqué dans le meurtre sordide de Michaël Brown ait réellement été au courant de la participation de la victime au vol des cigares’’ lui imputé par la version policière. En revanche, il a affirmé sans détour que ‘‘les preuves du vol ont été retrouvées sur la victime’’. Ce qui a immédiatement déclenché le courroux des manifestants. Ce qui a provoqué l’extrême ire de la famille du jeune abattu, qui y voit plutôt une diversion de plus, une manœuvre dilatoire pour camoufler les crimes institutionnels. Ce qui a, surtout, relancé des manifestations violentes après une baisse de tension momentanée relativement à la nomination du chef de police des autoroutes de l’État, le capitaine Ron Johnson, un Africain-américain originaire de Ferguson en pleine ébullition.

    Ce regain de tension s’explique aussi par le fait que cette position du commandant de police Thomas Jackson contrarie profondément des témoignages de première main. Ceux-ci déclarent que ‘‘Michaël Brown se rendait plutôt calmement chez sa grand-mère lorsqu’il a été violemment fauché par balles, froidement abattu par l’agent de la paix Darren Wilson’’. Force est de constater que le nom de ce policier qui était subitement tabou, est finalement rendu public après une semaine de black-out complet sur l’identité du meurtrier et maintes interrogations. Pourquoi ?

    Ainsi, cette déclaration fracassante du commandant de Police de Ferguson, Thomas Jackson, liant directement Michaël Brown au vol des cigares, fait ipso facto des États-Unis d’Amérique, pourtant hérauts patentés de la démocratie et avocats notables des principes de la justice, le premier pays de la planète où un citoyen lambda peut être déclaré, à titre posthume, officiellement ‘‘criminel’’’ après avoir été certainement abattu à bout portant par les forces de l’ordre. Par conséquent, la mort brutale découlant de cette fusillade vaut à elle seule le châtiment suprême de la victime. Ceci bien entendu en dehors de toute procédure judiciaire. Pourtant, en droit pénal, la présomption d’innocence est le socle de la justice. Il s’agit d’un principe général qui protège les intérêts sociaux de l’accusé ou du prévenu jusqu’à ce que le tribunal ou un jury dûment constitué ait statué, en dehors de tout doute raisonnable, sur sa responsabilité avérée et prouvée dans la commission de l’infraction criminelle lui reprochée.

    Si le cas de Michaël Brown ne relève nullement du profilage racial – méthode controversée en vogue dans les corps policiers de l’Amérique du Nord –, comment explique-t-on alors l’arrestation violente d’une personne sur qui les agents de la paix ne disposent en fait d’aucune certitude, d’aucune preuve concrète sur son implication directe ou indirecte dans un méfait quelconque ? C’est une logique forcément incompréhensible si l’on se réfère aux affirmations du chef de police Thomas Jackson. En effet, le bon sens et la morale, y compris l’éthique de travail, voudraient que l’on arrête un individu sur qui on dispose plutôt de suffisamment d’indices probants et concordants sur sa participation réelle et non supposée, active ou passive à la commission d’une infraction.

    Or, ceci n’est pas naturellement le cas déplorable de Michaël Brown. Alors, quels sont-ils les véritables mobiles de sa brutale interpellation ? Pourquoi la police l’a-t-elle réellement arrêté ? En effet, il existe un flou artistique dans cette histoire. La confusion couvre de bout en bout cette affaire…

    Devant la bizarrerie qui entoure profondément cette histoire sordide – [la couleur de la peau : une victime noire ; une communauté visée : les Africains-américains ; les raisons du meurtre : une réelle absence de mobiles clairs ; le lieu du crime : le pays profond, le Sud des États-Unis ; la chronologie des événements : la rapidité avec laquelle le meurtre est commis] –,  s’agit-il effectivement d’une exécution ? S’agit-il manifestement d’un meurtre sacrificiel ? C’est-à-dire : un meurtre rituélique ou initiatique. S’agit-il, en réalité, d’un rite de passage au cours duquel la victime est gratuitement sacrifiée pour prouver l’appartenance du meurtrier à une organisation secrète ou sectaire, à une association de type criminel ?

    Ce qui est sûr et certain, depuis la fameuse élection présidentielle du démocrate Barack Hussein Obama le mardi 4 novembre 2008, le Ku Klux Klan (KKK) qui n’est plus, à vrai dire, en état d’hibernation, a complètement refait surface au Pays de l’Oncle Sam. Comme à l’époque de la ‘‘Ségrégation’’ de triste mémoire, ses adhérents s’affichent ouvertement. Cette organisation qui prône clairement la suprématie blanche (White Power), recrute aisément partout. Elle recrute pratiquement dans toutes les zones urbaines et rurales des États fédérés. Il ne s’agit plus d’un phénomène marginal…

    Dans le même temps, les bavures policières impliquant directement des agents de la paix blancs dans les meurtres des victimes noires ont complètement explosé. Dans tous ces cas, prime, convient-il de souligner, une et une seule version de la police qui invoque, à tout bout de champ, la légitime défense. Dans ce domaine, il est évidemment enregistré au moins deux bavures policières par jour sur l’ensemble du pays. Ce qui est largement beaucoup !

    Les statistiques officielles sont malheureusement tues, à cet effet, avancent nombre de médias officiels. Pour quelles raisons ? Est-ce pour éviter une atmosphère insurrectionnelle de la part d’une communauté délibérément exclue ? Est-ce pour éloigner une ambiance de guerre civile qui pourrait surgir si la vérité est bien entendu révélée?En tout état de cause, qu’est-ce qui est réellement, pratiquement accompli sur le terrain pour arrêter cette hémorragie, pour freiner cette épidémie meurtrière ?

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

  • Tshisekedi à Bruxelles : les premiers tests rassurent

    Tshisekedi à Bruxelles : les premiers tests rassurent

    President Etienne Tshisekedi
    President Etienne Tshisekedi

    Etienne Tshisekedi a pris son avion (un jet privé), le samedi 16 août 2014 vers 5 heures du matin pour Bruxelles, qu’il a atteint le même jour autour de 15 heures, après deux escales respectivement à Douala et Alger. Accompagné de son épouse, Marthe Kasalu, et d’un de ses enfants, il a quitté sa résidence de Limete en marchant sur ses deux pieds et s’est livré aux formalités aéroportuaires toujours débout sur ses deux jambes.


    Il est monté dans l’avion sans l’aide d’une tierce personne, d’une béquille ou d’un fauteuil roulant et a débarqué à Bruxelles dans les mêmes conditions. Au départ de Kinshasa, il a été salué par un groupe restreint de cadres de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), avant d’être accueilli à Bruxelles également par un comité restreint des membres de son parti. Aussitôt après son arrivée dans la capitale belge, il est allé poser ses valises dans sa résidence de la commune d’Oloway.


    Selon nos sources, c’est en début de soirée de samedi qu’il a subi ses premiers tests médicaux. Aux dires de son entourage, ceux-ci rassurent quant à son état de santé. Il a été donné d’apprendre que les examens médicaux passés à Bruxelles ont remis en question le bulletin médical établi à Kinshasa. Cela pourrait laisser penser que la prise en charge médicale au pays n’était pas très correcte.


    D’autres tests médicaux sont programmés jusqu’à la fin du mois d’août, question pour ses médecins traitants d’avoir une vue générale et exacte de son état de santé. Bien que les détails de tous les examens médicaux à subir par Etienne Tshisekedi ne nous aient pas été communiqués, ses proches se montrent très optimistes pour la suite, compte tenu du fait que le présumé mourant ne présente pas des signes indiquant que sa situation frôlerait le pire.

    Activités politiques dès septembre

    Selon les pronostics médicaux enregistrés le week-end, le président national de l’UDPS pourrait reprendre ses activités politiques dès le début du mois de septembre prochain. A cet effet, un agenda de travail fort chargé pour lui serait déjà en chantier. L’on annonce une longue série de rencontres avec les Congolais de la diaspora, aussi bien des membres de son parti que des compatriotes résidant en Europe et désireux d’avoir sa lecture de la situation sécuritaire, politique, économique et sociale de l’heure en République Démocratique du Congo.


    L’on croit savoir que le projet de révision constitutionnelle, une initiative très critiquée au pays comme à l’étranger, et la nécessité d’organisation d’un dialogue national inclusif en vue de résoudre la crise de légitimité au sommet de l’Etat, seraient au nombre des sujets les plus partagés au sein de la communauté congolaise de Belgique et d’ailleurs.


    On nous signale aussi qu’Etienne Tshisekedi pourrait échanger, avec des membres du gouvernement belge et de l’Union Européenne, autour du cycle électoral de 2014 à 2015, avec en ligne de mire la révision constitutionnelle et la fin de mandat du Chef de l’Etat présentement en fonctions.
    Bref, le séjour bruxellois du président national de l’UDPS a plutôt bien démarré, contrairement aux rumeurs qui laissaient croire que l’homme se trouvait dans un état critique, incapable de se tenir sur ses deux jambes et de supporter un long voyage entre Kinshasa et Bruxelles. Le départ effectif de Tshisekedi pour Bruxelles, après une semaine de retard dominée par de nouvelles alarmantes données sur sa santé, a au moins apporté aux Congolaises et Congolais la preuve que son bulletin médical n’était pas aussi catastrophique qu’on voulait le faire croire. 

    Le Phare

  • DOUALA : FORMATION SUR LA GESTION DES DECHETS ET L’IMPORTANCE D’UN PERMIS ENVIRONNEMENTAL

    DOUALA : FORMATION SUR LA GESTION DES DECHETS ET L’IMPORTANCE D’UN PERMIS ENVIRONNEMENTAL

    institut- rse-A ne pas manquer :

    · 10 et 11 septembre, hôtel Sawa, Douala, Cameroun Formation sur la gestion des déchets et l’importance d’un Permis Environnemental

    · 22 septembre au 3 octobre sur le campus de l’Université de Douala, Cameroun Troisième session du Kilimandjaro University (KU), formation certifiante des cadres et dirigeants sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises dans le contexte africain organisée par l’Institut Afrique RSE, KILIMANDJARO, réseau des acteurs de la RSE et du développement durable en Afrique et l’Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales (ESSEC) de l’Université de Douala

    · 6 et 7 octobre, Ecole Nationale d’Administration Publique (ENAP), Québec Formation des cadres francophones des administrations publiques lors du Programme International en Développement Durable et Responsabilité Sociétale des Organisations (PIDDRSO)

    · 29 au 31 octobre à Pointe-Noire, Congo Première édition de la Plate-forme Nationale de Dialogue Parties Prenante sur la Responsabilité Sociétale des Organisation au Congo (PNDPPRSO) : « RSO, tremplin pour la transformation structurelle du Congo »

    Douala : formation sur la gestion des déchets et l’importance d’un permis environnemental

    Après le succès de la première formation et suite à la demande de plusieurs entreprises, l’Institut Afrique RSE organise le 10 et 11 septembre à l’hôtel Sawa de Douala, un deuxième séminaire de renforcement des capacités sur la gestion des déchets et l’importance d’un permis environnemental.

    Surpris par la détermination du Gouvernement, les entreprises camerounaises découvrent ENFIN l’intérêt des problématiques environnementales et surtout les coûts de non conformité associés.

    En effet, la publication en octobre 2012 des Arrêtés conjoints du Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED) et du Ministère du Commerce (MINCOMMERCE) était passée comme une lettre à la poste.

    Habitué au laxisme des autorités sur les questions environnementales et sociales, le secteur privé n’a ni anticipé, ni mesuré l’ampleur de ces mesures gouvernementales.

    Grâce à une excellente campagne de communication et à des ultimatums, le Ministre de l’Environnement a réussi l’exploit d’imposer la question environnementale dans l’agenda des Chefs d’entreprises.

    Actuellement au Cameroun, la majorité des dirigeants sont au courant de l’Arrêté N°001-MINEPDED du 15 octobre 2012 fixant les conditions d’obtention d’un Permis Environnemental en matière de gestion des déchets ainsi que celui N°004 MINEPDED-MINCOMMEFCE du 24 octobre 2012 portant réglementation de la fabrication, de l’importation et de la commercialisation des emballages non biodégradables.

    Lors de la formation, nous reviendrons sur les dernières circulaires en matière de déchet après la présentation de la loi cadre sur l’environnement au Cameroun.

    La corrélation entre environnement et économie verte mettra en exergue les opportunités économiques des déchets.

    La présentation de l’intérêt d’un permis environnemental sera suivie par la stratégie d’obtention.

    Véritables points de forts de nos formations, les retours d’expériences et l’analyse des cas des participants permettront un passage efficace de la théorie à la pratique.

    Au Cameroun, comme ailleurs en Afrique, le secteur privé a longtemps considéré les questions environnementales et sociales comme des freins à leur business.

    Aidés par des liaisons incestueuses avec les partis au pouvoir et des connexions fraternelles au sein de l’administration, les dirigeants d’entreprises africaines bénéficient encore des passe-droits.

    Sous l’influence de plusieurs facteurs, les lignes bougent au détriment des entreprises irresponsables.

    Les sociétés africaines ont désormais le choix entre une attitude passive et très coûteuse ou celle pro active pour la transformation des contraintes environnementales et sociales en opportunités économiques grâce à la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).

    Thierry Téné, Associé et Directeur de l’Institut Afrique RSE

    Nos prochaines interventions :

    · 10 et 11 septembre, hôtel Sawa, Douala, Cameroun Formation sur la gestion des déchets et l’importance d’un Permis Environnemental

    · 22 septembre au 3 octobre sur le campus de l’Université de Douala, Cameroun Troisième session du Kilimandjaro University (KU), formation certifiante des cadres et dirigeants sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises dans le contexte africain organisée par l’Institut Afrique RSE, KILIMANDJARO, réseau des acteurs de la RSE et du développement durable en Afrique et l’Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales (ESSEC) de l’Université de Douala

    · 6 et 7 octobre, Ecole Nationale d’Administration Publique (ENAP), Québec Formation des cadres francophones des administrations publiques lors du Programme International en Développement Durable et Responsabilité Sociétale des Organisations (PIDDRSO)

    · 29 au 31 octobre à Pointe-Noire, Congo Première édition de la Plate-forme Nationale de Dialogue Parties Prenante sur la Responsabilité Sociétale des Organisation au Congo (PNDPPRSO) : « RSO, tremplin pour la transformation structurelle du Congo »

    Institut Afrique RSE
    Thierry Téné: ttene@institut-afrique-rse.com
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  • L’opposant Tshisekedi se rend à Bruxelles à bord d’un avion médicalisé

    L’opposant Tshisekedi se rend à Bruxelles à bord d’un avion médicalisé

    Etienne-Tshisekedi.-Portrait 1-L’opposant congolais Etienne Tshisekedi, 81 ans, a quitté samedi à l’aube Kinshasa à bord d’un avion médicalisé qui a pris la route de Bruxelles, a constaté un journaliste de l’AFP.

    Il a décollé à 05H25 (04H25 GMT) à bord d’un jet avec son épouse Marthe, l’un de ses enfants et un médecin. Son fils Félix, chargé des relations extérieures de son parti, s’était rendu à l’aéroport mais est resté à Kinshasa.

    L’avion devrait faire plusieurs escales avant d’arriver à Bruxelles, la première à Douala, au Cameroun.

    Depuis plusieurs mois, la santé de l’ex-candidat à la présidentielle, qui souffre notamment de diabète depuis de longues années, fait l’objet de spéculations et de rumeurs, alimentées par son absence de la scène publique.

    Avant le décollage, la voiture de l’opposant a été amenée tout près du jet allemand d’Air Alliance. De là, sous le regard d’une dizaine de membres de sa sécurité, l’opposant, trop faible pour marcher, a été transporté dans le jet.

    Dans un communiqué publié samedi matin, sa formation, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d’opposition, a confirmé que M. Tshisekedi s’était envolé “à destination de Bruxelles”.

    “Contrairement à la propagande essaimée ces derniers temps” par le pouvoir, M. Tshisekedi “n’est pas dans un état critique”, a-t-il cependant affirmé.

    “Après quelques semaines de repos, il entamera des activités politiques et diplomatiques avec les partenaires du Congo” et “rencontrera également la diaspora”, a-t-il assuré.

    Le dimanche 10 août, un proche collaborateur de l’homme politique et une source gouvernementale avaient indiqué qu’une évacuation sanitaire était envisagée, la santé de l’opposant s’étant beaucoup dégradée.

    Selon des documents rendus publics, un avion d’Air Alliance avait même reçu l’autorisation d’atterrir ce jour-là. Mais “la famille refuse qu’il aille en Afrique du Sud, comme le veut son médecin, et préfère Bruxelles”, avait expliqué la source gouvernementale.

    Mais le secrétaire général de l’UDPS, Bruno Mavungu, avait démenti toute évacuation sanitaire.

    “Il devait voyager mais pour se rendre aux Etats-Unis, en Belgique et en Allemagne pour des raisons personnelles et politiques”, avait-il précisé, accusant les autorités de vouloir “créer la confusion”.

    M. Tshisekedi avait été battu à la présidentielle de 2011 par le chef de l’Etat sortant Joseph Kabila. Il avait rejeté le résultat du scrutin et s’était proclamé “président élu”.

    Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, a été élu en 2006 au terme des premières élections libres de République démocratique du Congo (RDC) et réélu en 2011. Selon la Constitution, il ne peut pas se représenter en 2016 mais l’opposition soupçonne son camp de manoeuvrer pour changer la donne.

     

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    AFP