Author: Don Kayembe

  • Gouvernement : Kabila –Matata, long tête-à-tête hier

    Gouvernement : Kabila –Matata, long tête-à-tête hier

    kabila-matata-Reçu en tête-tête par le Président Joseph Kabila, le Premier ministre Matata a visiblement eu du mal à dissimiler la joie profonde qu‟il avait au fond de son coeur. Les journalistes qui ont scruté son visage, au sortir de la longue audience, environ deux heures, ont vu un Augustin Matata rayonnant, sûr de lui. Même si, officiellement, rien n‟a filtré, la seule rencontre entre les deux hommes a suffi pour relancer la rumeur, de plus en plus persistante, sur la reconduction de Matata à la tête du Gouvernement. Que se sont-ils dit ? C‟est la question qui est sur toutes les lèvres après le face-à-face Joseph Kabila- Augustin Matata Ponyo. Les ministrables ont appelé partout pour tenter de pénétrer le mystère qui a entouré l‟entretien entre les deux têtes de l‟exécutif. Des fins limiers de La Prospérité, eux, ont, après recoupement de plusieurs bribes d‟information, réalisé que l‟avènement de la nouvelle équipe gouvernementale est, comme jamais au par avant, imminente. Le Premier ministre Matata Ponyo part avec de fortes chances de conserver son fauteuil. Ildevrait diriger un Gouvernement ouvert à l‟Opposition, particulièrement celle ayant participé activement aux travaux des Concertations nationales. On pense ici à l‟Opposition dite républicaine chère à Léon Kengo.On signale aussi la venue des personnalités politiques en pointe sur le dossier de la révision constitutionnelle. Le nom de Matata circulait déjà Si Matata était reconduit, cela ne constituerait en rien une surprise. Dans la matinée d‟hier, lundi 8 septembre, alors qu‟il inspectait la rentrée scolaire dans certaines écoles de la capitale, Augustin Matata est apparu très détendu, souriant. D‟après certaines indiscrétions, le Chef de l‟Etat a procédé, depuis la semaine dernière, à des consultations de dernières minutes avec ses alliés. Le Palu de Gizenga a été reçu en début de week-end. D‟autres avaient précédé.Hier, c‟était le tour de l‟ARC d‟Olivier Kamitatu. Au-delà de la question des listes des candidats, le Président de la République, Autorité morale de la Majorité, aurait plaidé et soutenu le maintien, pour une année encore, de Matata à la tête du Gouvernement. Ce dernier faisant l‟objet d‟une contestation de la part de certains chefs des partis politiques de la Majorité. L’Opposition radicale non concernée Du côté de l‟Opposition dite radicale, la venue du prochain Gouvernement est un non événement. A l‟Udps, l‟on s‟attend tout simplement à la conquête de l‟impérium. L‟Unc, le MLC ainsi que d‟autres formations politiques d‟opposition qui comptent avaient déjà dit non et attendent le calendrier électoral global comprenant la présidentielle en 2016. Il reste à savoir jusqu‟où ira la cohésion nationale annoncée. Pour ce, il faudra attendre la sortie du Gouvernement pour voir sa composition.

    La Prosperite

  • Le café de la RDC rapporte plus de recettes que les pétroliers producteurs, mais l’argent va en Ouganda

    Le café de la RDC rapporte plus de recettes que les pétroliers producteurs, mais l’argent va en Ouganda

    cafe-L’Etat r-dcongolais a perçu quelque USD 400 millions des pétroliers producteurs en 2013. Quasiment autant est escompté pour 2014. Les exportations du café ont, par contre, rapporté plus de USD 500 millions. 

    Mais ces recettes sont tombées dans les caisses de l’Ouganda. La RDC ne s’est contentée que du menu fretin : USD 17 millions.

    En RDC, le café est essentiellement produit en Ituri et dans le Grand Nord-Kivu, zones frontalières à l’Ouganda. Ce pays n’est pas, toutefois, un producteur de taille de l’or vert.

    Le café autant que le thé et le cacao sont placés sous la supervision de l’ONC, Office national de café, ex-OZACAF, transformé, voilà presque 4 ans en établissement public. 

    Depuis, les faits générateurs des recettes dans la caféiculture ont connu une inflation créée de bric et de broc. 

    La douane, les services de sécurité, l’administration fiscale provinciale, etc., s’en sont mêlé chacun avec ses taxes et redevances. Voilà qui a occasionné des filières d’exportations frauduleuses des cultures pérennes par l’Ouganda. Où règne l’ordre…administratif. 

    Dépourvu de tout document attestant de leur provenance r-dcongolaise, des milliers des sacs de café qui traversent frauduleusement la frontière sont comptabilisés dans la production ougandaise.

    Ainsi, l’Ouganda s’est-il targué avoir exporté 500.000 tonnes de café en 2013 pour plus de 500 millions de dollars des recettes. La RDC n’a par contre, officiellement, exporté que 8.000 t de café pour des revenus de 17 millions de dollars. 

    Les caféiculteurs du Grand Nord-Kivu en ont assez d’enrichir un Etat certes voisin mais mal porté par l’opinion dans la province du fait de sa politique belliqueuse vis-à-vis de la RDC.

    Réunis au sein de l’Association des exportateurs du café de la province du Nord-Kivu, ils l’ont dit le 28 août dernier, au ministre de l’Economie et Commerce extérieur, Jean-Paul Nemoyato à qui ils ont remis un mémo visant à réorganiser le circuit de l’exportation des cultures pérennes pour l’intérêt de la RDC. 

    Surtout que la demande mondiale en café est estimée d’ici 2015 à 140-145 millions de sacs (de 60kg). Mais avis d’experts, il y a une réelle volonté politique qui organise le désordre dans ce secteur. 

    Le thé, le cacao, etc., le tabac, ne figurent plus, depuis des lustres, sur le fichier de la balance commerciale de la R-dC tenu par la Banque centrale. 

    Les recettes des papayes ou des bananes ne sont comptabilisées nulle part. Pourtant c’est dans des camions entiers que ces fruits- naguère à l’origine des tensions (guerre des bananes) au sein de l’OMC- traversent la frontière r-dcongolaise. Notamment par le poste de Bunagana qui rapportait USD 600.000/mois du temps de son occupation par le M23.

    Il n’est plus que le café dont les recettes des exportations sont connues, et, selon les dernières statistiques rendues publiques par la BCC, ont connu une chute de plus de 30% depuis 2011. 
     
    Le café représentait plus de 60% des recettes d’exportation de produits agricoles de la R-dC jusque dans les années 60. Il rapportait encore près de 15% des revenus d’exportations de l’Etat dans les années 1990, du temps de la période présumée de grande prédation sous Mobutu. Ça vaut quoi le café aujourd’hui ?
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    POLD LEVI

  • Il y a 17 ans, jour pour jour, mourait le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga

    Il y a 17 ans, jour pour jour, mourait le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga

    mobutu 17 septembre 1997 – 7 septembre 2014 Il y a 17 ans mourrait le maréchal Mobutu Sese Seko

    Il y a 17 ans, jour pour jour, mourait le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga, deuxième président de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre). C’était le 7 septembre 1997 à Rabat, au Maroc.

    Les Congolais se souviennent ce mardi 7 septembre, de la mort du maréchal Mobutu Sese Seko. Le deuxième président de la République a laissé aux Congolais moult souvenirs et acquis, dont le plus vivace est l’attachement à la paix, à l’unité et à la stabilité du pays.

    LE PEUPLE SE SOUVIENT…

    Afin d’apporter des réponses appropriées aux problèmes sociaux qui se posaient au peuple zaïrois de l’époque, feu le maréchal Mobutu avait lancé, en 1977 le « Plan Mobutu » et le 5 décembre 1984 «le Septennat du social». Il avait alors sillonné le pays en effectuant 559 visites dans les 9 régions du pays. Quelques-unes de ses réalisations sont les suivantes : le Palais du peuple, le barrage d’Inga, le stade des Martyrs, la sidérurgie de Maluku, la Gecamines, le Pont Maréchal Mobutu de Matadi, la Cité de l’Union africaine, la cite de la Voix du Zaïre (actuelle RTNC), les buildings CCIZ, etc.

    Sur le plan politique, après avoir consolidé le socle de notre Nation, Feu le président Mobutu a lancé, le 24 avril 1990, un processus qui se matérialise et se confirme plus d’une dizaine d’années après son décès par l’organisation prochaine de deuxièmes élections générales pluralistes en RDC.

    Pour feu le maréchal Mobutu, la paix, l’unité du pays et l’intégrité territoriale étaient le leitmotiv de sa politique et elles étaient non négociables. Après 32 ans de règne, Mobutu voulait encore garder son fauteuil. Mais miné dans ses derniers jours par la maladie, le Maréchal n’a pu sauver son régime en mai 1997. Devant la poussée des événements, il a été contraint à l’exil. Et, c’est le roi Hassan II du Maroc qui lui a offert l’asile. Moins de quatre mois après sa chute, il s’est éteint le 7 septembre 1997 dans la capitale chérifienne. Officiellement, il avait 67 ans. C’est au cimetière chrétien de Rabat, capitale du Royaume du Maroc, que repose en paix jusqu’à ce jour le Maréchal, président de la République du Zaïre.

    EYENGA SANA ET RICH NGAPI

  • Le Lt Colonel AMULI aux soins intensifs en RSA, Mr Wabunga Singa dépeché à Nairobi

    Le Lt Colonel AMULI aux soins intensifs en RSA, Mr Wabunga Singa dépeché à Nairobi

    olivier-amuli-Les mauvaises nouvelles concernant les autorités militaires et administratives du Nord et du Sud-Kivu  créent une sorte de psychose au Nord et Sud-Kivu !

     Les proches du Lt Colonel Amuli, Porte-parole de la Huitième région militaire en Province du Nord-Kivu et proche collaborateur du Feu Général Bauma décédé en Ouganda le vendredi 29 Aout 2014, viennent de confirmer son transfert de Goma en RSA via Kinshasa le mardi 2 septembre 2014 pour des soins appropriés. Il accuserait le même type de malaise que celui qui a foudroyé son chef, le Général Bauma Ambamba Lucien.

    Pour la petite histoire, le Lt Colonel AMULI était au bal funèbre de Kasese/Ouganda où son chef Bauma fut victime d’un malaise non encore élucidé par des témoins neutres et des résultats fiables d’une autopsie. Après la mort du Général Bauma, le Lt Colonel AMULI ramena en RDC l’escorte du baobab disparu ! De retour à Beni, le Lt Colonel Amuli accusa un malaise. Il fut sans tarder transféré à Goma. Vu l’aggravation de son état de santé, l’hiérarchie militaire décida de le transférer en RSA via Kinshasa, le mardi 2 septembre 2014 où il se trouverait présentement aux soins intensifs. Le jeudi  4 septembre 2014, une rumeur a circulé à Goma qu’il serait même mort. Cette rumeur a été rejetée par des sources proches de la Huitième Région Militaire.

    Au même moment, Mr Wabunga Singa Zébédée, Administrateur du Territoire de Kalehe au Sud-Kivu et ancien Maire de Ville de Butembo, a été foudroyé par un AVC à Kalehe. Dans un état de paralysie, cet ancien Maire de Ville de Butembo a été transféré hier jeudi 4 septembre 2014, par sa famille, de Kalehe à Nairobi via Bujumbura où il a été admis aux soins dans un hôpital dont le nom ne nous a pas été communiqué pour des raisons de sécurité.

    Comme on peut le constater, les autorités militaires et administratives du Nord et du Sud-Kivu semblent poursuivies par une cardiopathie que ne dit pas encore son vrai nom !

    En attendant de découvrir l’identité de cette impitoyable cardiopathie, le gouvernement congolais par la voie de son porte-parole Lambert Mende Omalanga, a annoncé l’arrivéé à Kinshasa du corps du Feu Général Bauma ce vendredi  5 septembre 2014 pour les honneurs militaires et les obsèques à Kisangani le samedi 6 septembre 2014.

    Mr Ezéchiel Inchimatata
     Goma

  • Mobutu, Bédié, Ben Ali… Ces chefs d’État africains qui ont fui leurs palais

    Mobutu, Bédié, Ben Ali… Ces chefs d’État africains qui ont fui leurs palais

    mobutu, bedie..-Délogés par des coups d’État, des rébellions ou des révolutions, de nombreux chefs d’État africains ont définitivement quitté leurs palais dans des conditions parfois rocambolesques. De Mobutu à Amadou Toumani Touré en passant par Ben Ali, voici quelques-uns des dirigeants “fuyards” les plus célèbres du continent.

    Mobutu Sese Seko quittant Kinshasa à bord d’un imposant cortège de berlines, Henri Konan Bédié fonçant sur la lagune d’Abidjan à bord d’un zodiac, ou, plus récemment, Amadou Toumani Touré dévalant la colline de Koulouba à Bamako… Ces dernières années, plusieurs chefs d’État africains ont été contraints de quitter le pouvoir en catastrophe, poussés vers la sortie par des putschistes, des rebelles, ou encore leur propre peuple. Jeune Afrique vous propose de revenir sur l’histoire mouvementée de certains d’entre eux, sans aucune prétention d’exhaustivité.

    Amadou Toumani Touré, Mali

    Amadou Toumani Touré a été président du Mali de 2002 à 2012. © AFP

    Il a quitté le pouvoir en courant. Ou plus précisément en dévalant la côte de Koulouba, l’une des collines dominant Bamako et sur laquelle est érigé le palais présidentiel malien. Le 21 mars 2012, un groupe d’officiers, excédés par l’inaction des autorités face à la rébellion touarègue dans le Nord, prend le siège de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM) avant de foncer vers la présidence.

    Au courant de mécontentements grandissants au sein de l’armée, Amadou Toumani Touré (ATT) est persuadé, jusqu’en fin d’après-midi, qu’il peut retourner les mutins et garder la main. Peu avant 18 heures, les assaillants attaquent le palais à coup de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes. Le président n’a plus le choix : il faut fuir. Accompagné de son aide de camp et de trois autres militaires, il évite l’unique route desservant Koulouba et descend la colline par l’ouest – parfois porté par ses guides, en raison d’un genou douloureux. Après avoir braqué une Mercedes plus discrète qu’un véhicule officiel, le petit groupe gagne finalement le camp de parachutistes de Djicoroni, fidèle au désormais ex-chef d’État.

    >> Lire aussi Mali : heure par heure, le récit de la fuite d’ATT

    François Bozizé, Centrafrique

    François Bozizé a été président de la République centrafricaine de 2003 à 2013. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

    Le 22 mars 2013, quatre mois après le début de leur rébellion contre le régime de François Bozizé, deux colonnes de rebelles de la Séléka, fortes chacune d’environ deux mille hommes, fondent sur Bangui. Deux jours plus tard, à l’aube, elles pointent leurs canons sur le palais présidentiel de la Renaissance.

    À 8 heures, alors que les tirs résonnent, le président Bozizé se résout à fuir les lieux. Trente minutes plus tard, sa garde rapproché rend les armes. Lui a pris la direction du camp de Roux tout proche, où est stationné son hélicoptère de commandement Dauphin. Avec son aide de camp et deux de ses fils, il s’envole vers l’ouest. L’équipage gagne Batouri, dans l’est du Cameroun, d’où le président déchu sera ensuite amené à Yaoundé.

    >> Lire aussi Centrafrique : le récit exclusif de la chute de Bozizé

    Mobutu Sese Seko, RDC

    Le maréchal Mobutu Sese Seko a dirigé l’ex-Zaïre (RDC) de 1965 à 1997. © Pascal Maitre pour Jeune Afrique

    Comme d’autre avant lui, le Léopard a été contraint de fuire le pouvoir. En ce début de mois de mai 1997, les rebelles de Laurent-Désiré Kabila, soutenus par le Rwanda et l’Ouganda, sont aux portes de Kinshasa. Leur offensive a été fulgurante. En neuf mois, ils ont traversé le pays d’est en ouest, faisant tomber successivement Goma, Kisangani et Lubumbashi. Le 16 mai, les assaillants sont à Kenge, à une poignée de kilomètres de la capitale.

    Voir le départ de Mobutu, à partir de la 52e minute.

    Retranché dans son palais, Mobutu tente de s’accrocher jusqu’au bout, convaincu qu’il peut mener un régime de transition. En début de matinée, une longue escorte finit par quitter le camp Tshatshi, sa résidence officielle, et se dirige à vive allure vers l’aéroport de Ndjili. Quelques minutes plus tard, le chef de l’État embarque dans un avion à destination de son bastion de Gbadolite, dans la province de l’Équateur (Nord-Ouest). Le lendemain, le 17 mai, le Léopard s’envole pour le Togo tandis que Laurent-Désiré Kabila et ses hommes entrent dans Kinshasa.

    >> Lire aussi RDC : le 16 mai 1997, jour de la chute de Mobutu

    Mouammar Kadhafi, Libye

    Mouammar Kadhafi a régné sur la Libye de 1969 à 2011. © Reuters

    “Bab el-Aziziya n’était plus qu’un tas de décombres après avoir été la cible de 64 missiles de l’Otan (depuis le début du conflit) et nous nous en sommes retirés pour des raisons tactiques”. Le 23 août 2011, Mouammar Kadhafi apparaît à la télévision en pleine bataille de Tripoli. Oui, il a quitté sa forteresse retranchée désormais aux mains des rebelles, qu’il surnomme “les rats”. Non, il n’est pas mort et n’entend pas se rendre.

    Alors que les combattants du Conseil national de transition (CNT) paradent dans les rues de la capitale, l’ex-“Guide” et son clan s’évanouissent dans la nature, fuyant la déferlante révolutionnaire. Leurs parcours reste flou, mais ils finissent par gagner Syrte, une de leur dernière place forte. C’est à la sortie de cette ville côtière que Kadhafi sera “cueilli”, deux mois plus tard, par ses ennemis. Le 20 octobre, tentant de sortir de ce bastion assiégé, son convoi est stoppé un tir aérien des forces de l’Otan. Épaulé par ses gardes du corps, l’ancien dictateur se réfugie dans un tunnel avant d’être capturé par des révolutionnaires. Lynché, peut-être victime d’une exécution sommaire, Kadhafi est déclaré mort quelques heures plus tard à l’hôpital de Misrata.

    >> Lire aussi Libye : le jour se lève sur Tripoli

    Zine el-Abidine Ben Ali, Tunisie

    Zine el-Abidine Ben Ali, président de la république tunisienne de 1987 à 2011. © Reuters

    Cela fait près d’un mois qu’un air révolutionnaire flotte sur la Tunisie. Le 14 janvier 2011, la tension est à son comble. Des dizaines milliers de manifestants battent le pavé à Tunis, réclamant le départ de Ben Ali. Le “raïs” reste impassible : il ne veut pas quitter le pouvoir. Le général Ali Seriati, le chef de la garde présidentielle, ne cesse de fournir des informations alarmantes. Il finit par convaincre le président de partir, le temps de mater la révolte populaire et de lui préparer un retour triomphal.

    Juste avant 15 heures, Ben Ali téléphone à son vieil ami Nayef Ben Abdelaziz Al Saoud, le ministre saoudien de l’Intérieur, qui accepte de l’accueillir. Moins de deux heures plus tard, accompagné de son épouse Leïla Trabelsi, de leur fils Mohamed (6 ans), de leur fille Halima (18 ans) et de son fiancé, ainsi que de la gouvernante, il embarque dans le Boeing 737 présidentiel sur la base aérienne d’El-Aouina. À 17h45, l’avion décolle. Ben Ali s’installe rapidement dans le cockpit. Il ne le quittera à aucun moment, pour s’assurer que l’équipage fait bien route vers Djeddah, où ils atterriront vers 1h00 du matin heure locale.

    >> Lire aussi Tunisie : la vérité sur la fuite de Ben Ali

    Henri Konan Bédié, Côte d’Ivoire

    Henri Konan Bédié, président ivoirien de 1993 à 1999. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

    Jeudi 23 décembre 1999, Abidjan. Alors que la ville se réveille pour entamer les derniers préparatifs de Noël, des coups de feu retentissent. Quelques heures plus tôt, un petit groupe de soldats de la caserne d’Akouédo a pris les armes pour réclamer le paiement de primes et d’arriérés de salaires. Informé de la mutinerie naissante, Henri Konan Bédié refuse toutefois d’annuler une visite dans son village de Daoukro.

    En début d’après-midi, le président est rattrapé par la réalité. À Abidjan, les mutins ont pris la radio, la télévision, et ne semblent rencontrer aucune résistance. Bédié accepte de revenir dans la capitale. Dans la nuit, les soldats vont aller jusqu’à Kabacouma, dans l’ouest du pays, chercher leur homme : le général Robert Gueï. Lequel annonce le lendemain matin, vendredi 24 décembre, à la radio, la destitution du chef de l’État et la création d’un Comité national de salut public. Vers midi, Bédié comprend que la partie est jouée. Il quitte le palais pour la résidence de l’ambassadeur de France, via le célèbre tunnel construit entre les deux édifices. Avec quelques proches, dont son épouse, Henriette, il sera ensuite évacué par zodiac vers la base française de Port-Bouët, avant de gagner le Togo en hélicoptère.

    >> Lire aussi Le coup d’État de Noël à Abidjan : le film des évènements

    Pascal Lissouba, Congo

    Pascal Lissouba, président du Congo Brazzaville de 1992 à 1997. © AFP

    Début juin 1997, le Congo sombre dans une guerre civile opposant les partisans de Denis Sassou Nguesso aux forces du président Pascal Lissouba. Cinq mois plus tard, à la mi-octobre, le pouvoir en place est chancelant. Le 10 octobre, les “Cobras” de Sassou lancent l’assaut final sur Brazzaville. De retour dans son palais après une tournée en Afrique australe, où il est allé chercher des soutiens de la dernière chance, le président Lissouba déclare, le 11, devant les caméras de CNN : “I am at home”.

    S’en suivent trois jours de combats. Appuyé par des centaines de combattants angolais, le camp Sassou prend l’avantage. Le 14, à 3 heures du matin, un convoi de 4×4 exfiltre le président et ses derniers fidèles hors de la capitale. Destination : son fief de Dolisie, sa ville natale située à deux-cent kilomètres, d’où ils gagneront la frontière gabonaise dans la nuit du 17 au 18 octobre.

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    Benjamin Roger

    Jeune Afrique

  • A la casse, les vieilles caisses !

    A la casse, les vieilles caisses !

    vehicules-Lassées des nombreux accidents causés par des véhicules vétustes et polluants, les autorités de RDC réagissent. Elles appliquent enfin un décret interdisant l’importation des automobiles de plus de 10 ans.

    En RD Congo, les “cercueils ambulants”, aussi surnommés “esprits de mort”, vivent peut-être leurs dernières heures. Le décret d’Augustin Matata Ponyo, le Premier ministre, interdisant l’importation de véhicules de plus de 10 ans est enfin appliqué. Signé le 2 octobre 2012, celui-ci n’avait jusqu’ici pas été mis en oeuvre. “Pourquoi dépenserions-nous autant d’argent à réhabiliter des routes à Kinshasa pour y faire rouler de vieilles voitures ?

    Ces dernières semaines, l’état du parc automobile s’améliore progressivement”, se félicite le ministre de l’Économie, Jean-Paul Nemoyato, cosignataire de ce décret. Au Bas-Congo, province voisine de Kinshasa, qui abrite tous les ports maritimes de RD Congo et où débarquent les “occasions Europe”, les opposants au décret affirment que bon nombre d’importateurs dédouanent désormais à Pointe-Noire (au Congo voisin).

    Ceux-ci remettraient ensuite 1 000 dollars (750 euros) par véhicule aux douaniers pour entrer, ni vu ni connu, en RD Congo avec une nouvelle plaque d’immatriculation. Les contrôles semblent toutefois avoir été renforcés depuis la fin de 2013, même si à ce jour seulement une vingtaine de véhicules ont été saisis et attendent d’être réexportés ou détruits.

    “Nous lancerons des grèves”

    Les acheteurs locaux, comme Pierre Mvika Nsimba, se disent étranglés financièrement : “Avant, nous ne déboursions que 2 000 à 3 000 dollars pour le dédouanement. Aujourd’hui, pour les véhicules plus récents, qui sont aussi moins nombreux, cela coûte presque le double !” Papa Bihani, président de la société civile de Boma, confirme : “Pour les gens, acheter un véhicule neuf est un luxe ! Ils font donc rouler leurs vieilles voitures quelques années de plus.”

    Député national du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Muller Luthelo Nyudi a même lancé contre ce décret une pétition qui a déjà rassemblé 6 000 signatures. Il la remettra au Premier ministre en septembre, lors de la rentrée parlementaire : “Les ports du Bas-Congo tournent au ralenti. Plusieurs sociétés n’arrivent plus à payer leurs employés. On voit même apparaître dans la région des kuluna [délinquants] comme à Kinshasa. Nous lancerons des grèves jusqu’à l’abrogation du décret.” Des mesures compensatoires comme la baisse des droits de douane pour les véhicules récents sont envisagées, mais le ministre de l’Économie le promet : “Le gouvernement ne reviendra pas sur sa décision.” Pas de marche arrière, donc, pour les “cercueils ambulants”.

    Lâcher du lest

    Au Gabon, depuis fin 2013, les voitures importées de plus de 3 ans ne sont plus les bienvenues. En 2011, le Cameroun, lui, a plafonné la limite d’âge à 7 ans et mis en place un abattement de 30 % sur la valeur imposable en douane lors de l’importation de tels véhicules. Corruption, trafic de fausses cartes grises et de plaques d’immatriculation : le durcissement de la réglementation n’a pas empêché l’introduction de très vieilles voitures.

    Face à ce phénomène, certains pays ont choisi de lâcher du lest. Comme le Sénégal, qui, en 2012, a fait passer la limite d’ancienneté de 5 à 8 ans. Au Nigeria, la “rallonge” a été portée à 10 ans en 2010, mais le pays envisage dès 2015 de taxer les véhicules importés à 300 % et d’encourager la production locale pour promouvoir le marché du neuf. Le Mali a également fixé la limite d’âge à 10 ans.

    Par Emmanuel de Solère Stintzy

    Jeune Afrique
  • M23 bien servi par la cinquième vague d’amnisties

    M23 bien servi par la cinquième vague d’amnisties

    Leaders du m23-Le mois dernier, le M23 avait accusé le gouvernement d’empêcher délibérément environ 500 de ses membres réfugiés en Ouganda et en Afrique du Sud de signer l’acte d’engagement pour bénéficier de l’amnistie. À cette date-là, selon l’ex-rébellion, seulement 31 personnes issues de ses rangs avaient été amnistiées. Mécontentement, rumeur de bruits de bottes, la presse et d’autres analystes ont fait état de la reconstitution du M23 toujours à l’est du pays, au Rwanda et en Ouganda.

    Ce mercredi, le gouvernement, comme pour balayer les accusations de mauvaise foi, a bien servi le M23 dans ce cinquième lot de bénéficiaires de l’amnistie du 11 février dernier : sur les 272 noms dévoilés par le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, 191 sont des membres de l’ex-rébellion

    Mais le gouvernement doit également faire face à d’autres accusations. Même si son porte-parole a rassuré sur la poursuite du traitement des engagements signés à la date du 11 août, des avocats de nombreux candidats en attente dénoncent une politique sélective dans le traitement des dossiers concernant l’amnistie.

    RFI

  • Révision ou abrogation de la Constitution ?

    Révision ou abrogation de la Constitution ?

    kabila constitution-Selon l’ambassadeur Théodore Mugalu et d’autres ténors de la famille politique du président de la République Démocratique du Congo, la Constitution du 18 février 2006, communément appelée Constitution de Liège, n’est pas souveraine puisqu’elle a été conçue à l’époque sous des pressions diverses des belligérants, du Rwanda, de l’Ouganda et des multinationales extracontinentales. Aux dires de la majorité kabiliste, la Loi fondamentale étant de facto une Constitution de suspicion, c’est-à-dire provisoire, elle doit tout simplement être remplacée.

    Un no man’s land

    Il est évident que l’implication directe des puissances étrangères dans la rédaction de la Constitution ayant été écrite en Belgique et adoptée par référendum le 18 février 2006 montre la volonté manifeste de s’ingérer – à court, moyen et long terme – dans les affaires intérieures de la République Démocratique du Congo. Raison pour laquelle il fallait rendre ce pays ingouvernable en inoculant dans sa Loi fondamentale tous les ingrédients susceptibles de faire de ce géant aux pieds d’argile un « no man’s land » et d’hypothéquer l’avenir de ses populations. La dépendance nationale était donc le premier leitmotiv en vue du pillage des ressources naturelles et de la balkanisation du territoire congolais.

    Quelques anomalies

    La Constitution est par essence un texte qui fixe l’organisation et le fonctionnement d’un organisme, généralement d’un Etat. Elle définit plutôt les droits et les libertés des citoyens ainsi que l’organisation et les séparations du pouvoir politique. Elle précise l’articulation et le fonctionnement des différentes institutions qui composent l’Etat. Il est évident qu’une Constitution n’est pas un fourre-tout. Or, il existe dans la Constitution congolaise des dispositifs qui relèvent des lois organiques et d’application. Il y a bien entendu un besoin réel de la faire évoluer. Encore faut-il que cela ne se fasse pas seulement pour les intérêts du pouvoir en place, ou d’un groupe d’individus.

    Les modalités légales

    Le législateur a prévu les modalités selon lesquelles la Loi fondamentale pourrait être modifiée. Il s’agit d’une procédure de révision soit pour corriger des imperfections, soit pour modifier des règles de fonctionnement du régime. Cette procédure est « souple » lorsqu’elle peut être révisée par les mêmes organes et selon les mêmes procédures servant à l’adoption des lois ordinaires. Cela permet d’adapter la Constitution aux circonstances sans formalisme excessif et sans blocage politique. Mais il faudra veiller à ce que le texte constitutionnel ne soit pas déstabilisé, qu’il ne soit pas modifié au gré des circonstances et des rapports de force, alors même qu’il a pour fonction de mettre en place un cadre institutionnel pouvant permettre de surmonter les crises politiques.

    Un texte non figé

    La Loi fondamentale n’étant pas un texte figé, tout en préservant les dispositifs verrouillés d’une éventuelle modification, la Constitution du 18 février 2006 devra être révisée dans le seul but de rétablir l’égalité effective de tous les Congolais au regard de la Loi, d’harmoniser le texte de la Constitution, de reconnaître le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine et de renforcer l’aspect initial relatif au caractère impersonnel.
    En revanche, en ayant prévu des dispositifs bloqués, notamment les articles 218, 219 et 220, le législateur avait introduit la notion de l’inconstitutionnalité de tout acte qui ne tiendrait pas compte de cette interdiction. Seule l’abrogation de l’actuelle Constitution peut permettre de passer outre les dispositifs non révisables. On ne pourra y parvenir que par un coup d’Etat constitutionnel, ou par un référendum faussé d’avance. Or, aucune révision constitutionnelle ne peut porter atteinte à l’intégrité du territoire, ni à la forme républicaine des institutions étatiques. En agissant au profit des intérêts personnels ou d’une nomenklatura, on fait perdre à la Constitution sa portée symbolique et sa suprématie au regard des autres textes juridiques.

    Gaspard-Hubert Lonsi Koko

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  • Manifestation contre la révision de la Constitution le 13 septembre

    Manifestation contre la révision de la Constitution le 13 septembre

    Manifestants de l'UDPS
    Manifestants de l’UDPS

    Les principaux partis d’opposition appelle les Congolais à s’opposer au projet de révision constitutionnelle à l’occasion d’une marche de protestation à Kinshasa.

    L’opposition congolaise tente de maintenir la pression sur le régime du président de République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila. Une trentaine de personnalités de l’opposition a lancé jeudi 4 septembre un nouvel appel à manifester  contre la possible révision de la Constitution qui permettrait au président congolais de se maintenir au pouvoir. Réunis dans la paroisse Notre Dame de Fatima de Kinshasa,  des représentants de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, de l’UNC de Vital Kamerhe, de l’Ecidé de Martin Fayulu, mais aussi du MPCR et de l’UDEMO, ont appelé à une marche de protestation le 13 septembre 2014 à Kinshasa.

    Contre « une présidence à vie »

    Selon cette plateforme de l’opposition, toute modification de la Constitution constituerait « un coup d’Etat » ouvrant la voie à « une présidence à vie » de Joseph Kabila. Ces opposants dénoncent également « les arrestations arbitraires des opposants et des journalistes », ainsi que « la fermeture des journaux et le musèlement de la presse ». Le 4 août dernier, l’opposition avait déjà appelé les Congolais à descendre dans la rue. La manifestation s’était déroulée dans le calme, mais le lendemain, le secrétaire général de l’UNC, troisième force politique congolaise, était arrêté pour ses propos tenus lors du rassemblement à l’encontre de Joseph Kabila. Dans son discours, Jean-Bernard Ewanga avait notamment demandé le départ du président congolais.

    Nouvelle Constitution ?

    Avec ce nouvel appel à manifester, l’opposition entend faire entendre sa voix sur la possibilité d’une modification constitutionnelle. Les derniers scénarios en date, font état de la volonté de la majorité présidentielle de réécrire une nouvelle Constitution, qui changerait les règles du jeu avant l’élection présidentielle de 2016. Cela  permettrait ainsi à Joseph Kabila de « remettre les compteurs à zéro » et de pouvoir briguer un troisième mandat, ce que lui interdit l’actuelle Constitution (voir notre article). La majorité présidentielle préparerait un référendum pour faire valider le nouveau texte et un nouveau gouvernement dit de « cohésion nationale » serait prochainement annoncé (à la mi-septembre) avec des membres de l’opposition, pour élargir la base électorale du président. Pour l’opposition congolaise, il semble donc urgent de se mobiliser.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia