Author: Don Kayembe

  • Aubin Minaku: éviter les passions post électorales

    Aubin Minaku: éviter les passions post électorales

    aubin_mianku_mic–Rencontre avec Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, secrétaire général de la majorité présidentielle

    Après avoir compté sur le développement du secteur minier, le Congo semble se tourner à nouveau vers l’agriculture…

    Depuis Léopold II puis l’ère coloniale, l’agriculture représente la première génération des ressources du pays, les mines sont la deuxième. Aujourd’hui il nous faut passer à la troisième génération de nos ressources, les richesses stratégiques comme le coltan, mais aussi les forêts, les eaux douces et, une fois encore, l’agriculture… Ce sont ces ressources là qui feront du Congo un pays émergent en 2030, qui assureront la prospérité des générations à venir…
    Il faut des projets structurants, ambitieux, comme à Bukanga Lonzo dans le Bandundu. Dans toutes les provinces, le gouvernement envisage de mettre des moyens pour développer des projets similaires.

    Des documents officiels assurent que « le Congo a perdu la bataille contre la faim ». Que pensez vous d’un tel scandale ?

    Je ne dirais pas que nous avons perdu, mais que nous avons connu beaucoup de vicissitudes, essentiellement les guerres récurrentes, les pesanteurs dans la gestion… Mais aujourd’hui nous sommes en train de mieux planifier la République, nous savons où nous allons. Un Etat avec autant de ressources naturelles que la RDC ne peut pas perdre la bataille de la pauvreté…
    Désormais, l’argent obtenu proprement circule selon des critères acceptés. Aujourd’hui, pour être payé par l’Etat, il faut avoir suivi toutes les procédures prévues. Un million de fonctionnaires, dont 500.000 à Kinshasa, sont désormais régulièrement payés.

    Pourquoi cette exigence de « cohésion nationale » née des concertations qui ont eu lieu en octobre dernier ? Pourquoi ne pas suivre le jeu normal « majorité/opposition » et alternance éventuelle à l’issue des élections ?

    Lorsque le chef de l’Etat avait lancé les concertations nationales l’an dernier, cela répondait à deux objectifs, mettre fin à la guerre et améliorer la gouvernance. A l’époque, dans la majorité, certains estimaient qu’un simple remaniement suffirait, au niveau des partis au pouvoir afin de renforcer leur cohésion. Mais le chef a voulu aller plus loin parce qu’il ne peut pas accepter que l’on parle d’un « émiettement » de la RDC, aussi longtemps qu’il est Président de la République. Il doit donc tout mettre en œuvre, sur le plan structurel, pour que tout se passe de façon apaisée. C’est pourquoi nous avons organisé les concertations nationales auxquelles, malheureusement, certains amis de l’opposition ont refusé de prendre part. Aujourd’hui l’un des objectifs est déjà atteint, la fin de la guerre à l’Est. Cependant, le chef s’est engagé solennellement auprès d’une partie de l’opposition, celle qui a participé aux concertations, à l’associer au pouvoir. Autrement dit, si une partie de l’opposition du MLC (Mouvement pour la libération du Congo, présidé par Jean-Pierre Bemba) nous rejoint pour mieux organiser les élections, cela fait 75 députés qui s’inscriront dans la logique d’une meilleure organisation des élections et d’un renforcement de la stabilité nationale.
    Je suis convaincu de la nécessité d’organiser les choses de manière à ce qu’après les prochaines élections, il n’y ait pas de troubles susceptibles de réveiller les passions post électorales.
    Autant certains ont essayé de déstabiliser ce pays par la voie des armes, autant la « passion post électorale » peut être tout aussi dangereuse…Si nous pouvons construire un schéma avec l’opposition, en tous cas avec celle qui a accepté de participer aux concertations, pourquoi pas ?
    Il faut trouver des mesures plus adaptées à la mécanique politique et cela prend du temps… Les recommandations des concertations nationales doivent être mises en œuvre mais en tenant compte de la dynamique actuelle.

    Si je comprends bien, la nouvelle équipe gouvernementale devra préparer les prochaines échéances électorales…

    Elle devra préparer ces échéances de manière à ce que les prochaines élections se déroulent dans un climat apaisé, avec un consensus acceptable qui nous évitera de tomber dans des schémas d’affrontements. Le chef se demande souvent si nous avons déjà atteint le point de non retour ..Il nous faut encore travailler pour éviter totalement la guerre…D’où l’idée d’associer l’opposition au pouvoir, déjà maintenant…
    Dans notre pays, l’opposition a toujours souhaité participer au pouvoir. Nous sommes une jeune démocratie, un système où l’opposition doit se construire…

    Ailleurs dans les « vieilles démocraties » l’opposition se construit dans l’alternance. Ici, ce serait plutôt dans le consensus, l’association au pouvoir…

    Il y a deux impératifs ; organiser des élections, ce qui est clair car la RDC a réellement fait ce choix, pas sous la pression extérieure, pour faire plaisir à qui que ce soit mais pour nous-mêmes, parce que nous y croyons. Mais nous voulons aussi sauvegarder l’unité du pays, l’intégralité de nos 2.345.000 km2 de territoire…
    L’un des piliers de cette unité, c’est notre armée, que nous n’avons pas encore fini de reconstruire, qui n’a pas encore atteint le niveau requis pour une armée républicaine. Dans un tel contexte, après une longue guerre, après des « mixages » ou « brassages » (ndlr. ce terme désigne l’intégration d’anciens groupes armés rebelles au sein de l’armée nationale) pas nécessairement réussis c’est un élément dont il faut tenir compte dans l’analyse globale de la problématique électorale, avoir une approche qui va au-delà de la seule majorité. Nous devons construire quelque chose avec l’opposition.
    Notre situation demeure spécifique, il faut donc des mesures particulières propres au Congo, c’est pour cela que nous avons entamé les concertations. Le besoin pour l’opposition, de co-gérer avec la majorité s’explique aussi par le besoin de préserver l’unité de ce pays atypique qu’est la RDC.
    Nous sommes en train d’asseoir notre jeune démocratie sur une culture où il y a une certaine tradition d’arbitrage, de consensus. Même la justice coutumière congolaise est fondée sur l’arbitrage. Il nous faudra peut être trois législatures pour asseoir un type de démocratie qui reflétera à la fois les standards universels en matière de démocratie et la particularité du peuple congolais qui tend vers cette culture du consensus, où les étiquettes fabriquées à l’étranger (droite, gauche…) ne valent pas. Le consensus doit aussi s’établir entre les différentes aires linguistiques qui sont aussi une réalité. C’est avec le temps que nous allons définir le modus vivendi approprié.
    Après les concertations nationales il est entendu que le prochain gouvernement devra travailler davantage avec l’opposition pour préparer les futures échéances électorales.

    Dans ce contexte peut on imaginer une vice-présidence qui serait confiée à l’opposition ?
    Nous allons y réfléchir… Je n’affirme rien, mais dans l’hypothèse où il y aurait une vice-présidence, cela pourrait aussi être un instrument important pour répondre à la particularité congolaise. Mais rien n’est décidé à ce stade..

    La particularité du schéma congolais

    Cette idée est cependant sur la table..

    En parler, ce n’est pas mauvais car il s’agît d’une hypothèse sérieuse…On en parle…
    C’est une idée qui pourrait devenir le « schéma congolais » avant ou même après les élections… Il faut réfléchir, ensemble, avec les amis de l’opposition… Nous discutons beaucoup avec eux, avec ceux qui sont ouverts…
    Dans les jours à venir, je vais aussi discuter avec ceux qui n’ont pas pris part aux concertations nationales, car face à un impératif aussi important que la stabilité du pays, il faut que tout le monde se parle.

    L’incertitude qui se prolonge n’est elle pas dangereuse, elle aussi ? Les décisions ne se prennent pas, cela ne va plus durer..

    Certes, cela ne va pas durer…Quand le fruit est mûr il tombe, tout va se préciser.. .Avant septembre, où nous reprendrons la session ordinaire de l’Assemblée, la décision devrait tomber.
    Le chef de l’Etat s’est imposé une méthode, à l’aune de son expérience depuis 2001, de sa connaissance des hommes politiques congolais.. Il prendra une décision dans l’intérêt de la République…

    Les jours du Premier Ministre Matata Ponyo sont comptés. Etes vous candidat pour lui succéder ?

    Nous sommes de la même génération lui et moi, nous sommes entrés en politique à la même période. Son échec serait mon échec, nous ne sommes pas rivaux, bien au contraire : dans ma fonction à l’Assemblée nationale, je l’ai toujours protégé. Il y a eu des moments durs pour lui, où des motions étaient en l’air et, par principe, je l’ai toujours soutenu. Il ne s’agissait pas seulement de loyauté : il y a aussi le fait que j’appréciais le travail abattu par Matata, même s’il est très technique dans la finance alors que l’appréciation de l’appareil de l’Etat dans sa globalité, la conjugaison des différentes priorités, c’est toujours politique.
    Par rapport à mon éducation, reçue de ma mère et de mon père, par rapport aux réalités du pays, je n’ai jamais demandé au chef de l’Etat de recevoir le poste de Premier Ministre. Je l’ai répété à Matata Ponyo, pour qu’il en soit certain…Ici, je suis bien dans ma peau, j’ai du travail à faire, je me bats à l’Assemblée, pour mon parti, pour mon pays…
    Il est vrai que ma position est moins exposée que celle du Premier Ministre…

    La théorie de la ligne ineffaçable

    Cela étant, par rapport à d’éventuels changements institutionnels, vous jouez un rôle pivot…

    J’ai un rôle important, c’est vrai, ne serait ce que pour conseiller le chef de l’Etat, et je ne tremble pas devant lui. Je ne peux que lui présenter les conséquences positives ou négatives de toute décision…. A l’université, chacun devait présenter sa théorie : la mienne, c’était la théorie de la ligne ineffaçable. Je parlais du Congo : nous avons connu la conférence de Berlin, en 1885, nous avons connu Léopold II, la colonisation, connu Lumumba et sa manière ineffaçable de s’exprimer, connu Kasa-Vubu et bien sûr Mobutu…
    Quand vous voyez l’acte de Berlin, en 1885 vous constatez que les Américains ont joué un rôle, que la France avait un droit de préemption…Il faut savoir évaluer les rapports de force et, éventuellement, travailler pour les changer, c’est toujours possible.
    J’ai quatre projets de loi importants à présenter, sur la loi électorale, susciter une certaine cohésion non seulement avec l’opposition mais aussi avec la majorité. Il faudra aussi modifier l’article 97 qui parle de la possibilité du suffrage indirect pour l’élection des députés provinciaux…

    A l’étranger, on connaît surtout l’article 220, qui concerne l’élection présidentielle et qui est « boulonné »…

    A ce sujet, il faudra qu’une décision soit prise, et alors on appellera les conseillers…Il faudra en tous cas tenir compte de tous les paramètres, dont celui de l’armée.
    Brassages et mixages ayant échoué, il faut savoir qu’un seul homme, aujourd’hui, a de l’ascendant sur tous les commandants, et il ne s’agît pas du chef d’Etat major ni de tout autre officier supérieur, mais du chef de l’Etat… Il est le seul qui, commandant suprême de l’armée, en connaît tous les rouages. Cette armée, en pleine recomposition, il ne faudrait pas la mettre mal à l’aise. Constituer une armée forte, avec une capacité dissuasive, pour un pays de cette taille, cela prend du temps, ce n’est pas en cinq ans qu’on peut le réussir, sinon, il y a beaucoup de risques de dérapages…
    En outre, le dossier de l’Est du pays est loin d’être clos, rien n’est terminé. Des aspects militaires doivent encore être gérés…
    Un autre président élu chercherait d’abord à se sécuriser lui-même, ce qui signifierait démanteler les bataillons actuels pour créer d’autres structures. Durant ces temps de recomposition, il apparaîtra peut-être que les velléités rwandaises ne sont pas terminées. Et ne parlons pas des Mai Mai, des Bakata Katanga…Il y a tellement de tensions en Afrique que l’on ne peut s’offrir le luxe d’une déstabilisation du Congo, qui serait provoquée par une « passion post électorale ». D’où la nécessité de maîtriser tous ensemble le processus post électoral, c’est un impératif qu’il faut bien faire comprendre.
    Nous allons aussi défendre notre dossier sur le plan international en soulignant qu’on ne peut faire deux poids deux mesures, avoir un message pour le Congo, un autre pour le Burkina Faso, le Congo Brazzaville, le Rwanda…Il faut avoir le même degré d’exigence pour tout le monde…
    De toutes façons, pour toute révision constitutionnelle, nous pensons qu’il faut passer par le « souverain primaire » c’est-à-dire le peuple, donc organiser un referendum…Mais le « go » n’est pas encore donné, même si la majorité présidentielle va bientôt révéler sa stratégie…

    Propos recueillis à Kinshasa

  • Elections présidentielle et législatives de 2016 : Les opérations dépendront au recensement administratif

    Elections présidentielle et législatives de 2016 : Les opérations dépendront au recensement administratif


    Le ministre de l‘Intérieur, de la sécurité, de la décentralisation et des affaires coutumières, Richard Muyel Mangeze a déclaré samedi que tout est mis au point à ce jour.

    pour que les opérations de recensement administratif et de l’identification des nationaux se fassent avant les échéances électorales de 2016.

    Le ministre Richard Muyej Mangeze, qui la annoncé dans une communication faite aux bourgmestres de communes et aux chefs de quartier de la ville de Kinshasa a indiqué que le partenaire qui va accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de ces opérations, est déjà sélectionné à savoir, office national pour l’identification de la population (ONIP).Il a relevé en outre qu’on attend la nomination prochainement, par le Président de la République, des animateurs de cet office ainsi que la finalisation des procédés de financement avec le concours du partenaire qui a gagné le marché dans ce cadre.

    Le gouvernement a déjà planifié, pour les tout prochains mois, l’organisation du recensement général de la population et de l’habitat, appelé recensement scientifique, et du recensement administratif de la population, en vue de la constitution et de l’entretien de l’Etat-civil et de l’émission de la carte d’identité, a-t-il ajouté, soutenant que le montage financier y relatif est déjà disponible.

    Le recensement général de la population et de l’habitat (RCPH) va permettre de recueillir, d’analyser et de publier les données démographiques, économiques et sociales se rapportant à tous les habitants et à toutes les habitations du pays, tandis que les données récoltées à travers le recensement scientifique vont faciliter au gouvernement la maîtrise des paramètres nécessaires à la planification du développement économique et social du pays, a poursuivi le ministre.

    Quant au recensement administratif, il va fournir les renseignements nécessaires pour l’identification des nationaux et la délivrance des documents d’Etat-civil, dont la carte d’identité nationale, le permis de conduire, le passeport… Ce recensement va faciliter également l’actualisation du fichier électoral, dans la mesure où il renseigne sur les personnes identifiées comme des Congolais ayant atteint l’âge de 18 ans ou plus. Ce qui va permettre d’économiser les ressources qui étaient régulièrement mises à disposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour l’opération de consultation du fichier électoral.
    Le ministre Muyej a précisé que c’est pour cette raison que le recensement administratif de la population constitue, conformément à la loi organique sur le fonctionnement de la CENI, un préalable à l’organisation des élections présidentielles et législatives, les résultats de ce recensement devant servir de base à la constitution du fichier électoral. Le responsable de l’administration du territoire a ainsi relevé qu’il comptait sur les bourgmestres et chefs de quartier, en tant que partenaires privilégiés de son ministère, pour veiller à ce que le processus électoral, annoncé depuis 2006, connaisse un aboutissement pacifique pour l’ensemble de la nation congolaise.

    Options levées face à certaines faiblesses entravant le processus de décentralisation

    Le gouvernement a déjà levé des options face à des faiblesses qui ont constitué une pesanteur sur le processus de la décentralisation qui n’a pas connu jusque-là d’élections au niveau des entités territoriales décentralisées, la décentralisation étant le nouveau mode de la gouvernance territoriale du pays, a relevé par ailleurs Richard Muyej. Il s’agit notamment de la proposition, à l’examen du Parlement, des trois projets de la loi spécifique sur l’organisation des élections pour remplacer la loi N° 06/006 du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, urbaines, municipales et locales.
    La possibilité d’élargissement du mode de scrutin universel indirect et le changement de l’électorat, principalement pour les sénateurs, qui seront élus par les conseillers municipaux et les conseillers des secteurs -chefferies, eux- mêmes élus au suffrage universel direct fait également partie de ces options. Il est de même de la prise en compte de la représentation équitable homme-femme et de la personne vivant avec handicap. Le ministre de l’intérieur, de la Sécurité de la Décentralisation et affaires coutumières, Richard Muyej Mangeze, l’a annoncé au cours de la rencontre qu’il a eue samedi, à Kinshasa, avec les bourgmestres de commune et les chefs de quartier de cette ville. Ces options, qui touchent au mode scrutin et à l’électorat, font option de revoir quelques articles de la constitution, a dit le ministre, indiquant que” le suffrage universel indirect, contrairement à ce qui se raconte dans certaines officieuses ne valorise pas le niveau de notre démocratie ».

    La constitution du 18 février2006 l’a prévu pour les élections des sénateurs, des gouverneurs et vice- gouverneurs de province, des conseillers urbains, des maires et maires adjoints des bourgmestres et bourgmestres adjoints ainsi que des chefs de secteur et chefs de secteur adjoints. Ce suffrage a l’avantage d’être souple et moins coûteux. a ajouté le ministre, dont la communication visait à demander à ces cadres territoriaux de sensibiliser et d’informer la population de leurs juridictions respectives sur la phase actuelle du processus de démocratisation du pays.

    Selon le ministre de l’intérieur, le corps électoral proposé pour le suffrage universel indirect est important et suffisamment représentatif avec des élus de la base au suffrage universel direct que sont les conseillers municipaux et les conseillers de secteurs et de chefferies. Ce mode de scrutin est bien d’usage dans bon nombre de vielles démocraties du monde, comme notamment aux Etas Unis, où le Président américain si jamais été élu au suffrage universel direct (il l’est au suffrage indirect par des grands électeurs). C’est aussi le cas du Président sud-africain, qui vient d’être réélu au suffrage universel indirect, a-t-il expliqué.

    Il a également rappelé que le président de la République, le Premier ministre, les sénateurs et les députés provinciaux avaient été élu au suffrage indirect en 1960 en République démocratique du Congo et que cela n’avait entaché en rien leur légitimité. Il a estimé, pour le calendrier électoral global et consensuel exigé par certains, que la CENI est une institution qui doit assumer son indépendance et la meilleur façon de la faire est de la laisser travailler son interférence.

    Le Palmares

  • Retour au calme à Kinshasa après l’attaque du camp militaire Tshatshi

    Retour au calme à Kinshasa après l’attaque du camp militaire Tshatshi

    Des soldats de RDC patrouillent dans les rues de Kinshasa, le 12 octobre 2013. Des soldats de RDC patrouillent dans les rues de Kinshasa, le 12 octobre 2013. © AFP

    Les autorités congolaises ont affirmé mardi avoir déjoué l’attaque d’un groupe d’inconnus armés contre le camp militaire Tshatshi, à Kinshasa. Le calme était de retour en fin d’après-midi, après environ une heure de tension et de panique dans les rues.

    Un vent de panique a traversé Kinshasa, mardi 22 juillet dans l’après-midi, alors qu’un groupe d’hommes armés prenait d’assaut le camp militaire Tshatshi. Vers 16h20 (15h20 GMT), le gouverneur de la ville, André Kimbuta, est apparu à la télévision publique pour rassurer la population et affirmer que la situation était de nouveau sous contrôle. “Un groupe d’inciviques […] a tenté de créer de l’insécurité dans la ville et ce groupe-là, [d’]une vingtaine à une trentaine de personnes, a été maîtrisé”, a-t-il déclaré, appelant les Kinois à reprendre leur travail et à “vaquer librement à leurs occupations”.

    Quelques minutes plus tôt, un haut responsable sécuritaire avait déclaré qu’”un petit groupe de voyous [avait] tenté une infiltration au camp Tshatshi” mais que “l’affaire [avait] été vite réglée”. Au camp Tshatshi, un officier de la Garde républicaine (GR) a pour sa part indiqué que les soldats de cette unité d’élite, chargée de la protection du président, avaient pu maîtriser “une vingtaine de personnes habillées en civil” et en possession d’armes blanches (couteaux et machettes).

    Évacuation de l’aéroport Ndjili

    Selon plusieurs journalistes de l’AFP, la GR s’est déployée en force dans le quartier du palais présidentiel, dans le nord-ouest de la capitale, installant plusieurs points de contrôles et évacuant toutes les personnes y travaillant. Vers 14h30, plusieurs centaines de soldats de la même unité, armés de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes, avaient fait évacuer en urgence toutes les personnes présentes à l’aéroport international de Ndjili, à l’est de la ville. Cette intervention à l’aéroport semble avoir suivi les premiers coups de feu en provenance du camp Tshatshi.

    Pendant environ une heure, la vie s’est arrêtée dans la capitale, avant de reprendre son cours normal en fin d’après-midi : les voitures roulaient de nouveau tandis que des centaines de personnes arpentaient les rues à pied pour rentrer chez elles.

    Kinshasa avait été le théâtre d’un apparent coup de force le 30 décembre dernier lorsque plusieurs dizaines d’assaillants, armés essentiellement d’armes blanches, avaient attaqué de manière concertée l’aéroport de Ndjili, le siège de la radio-télévision publique et le camp Tshatshi. Ces étranges attaques, sur lesquelles toute la lumière n’a pas encore été faite, avaient été noyées dans le sang.

    (Avec AFP)

  • RDC: qui sont les auteurs de l’attaque contre le camp Tshatshi?

    RDC: qui sont les auteurs de l’attaque contre le camp Tshatshi?

    « previous Des partisans d'Etienne Tshisekedi arrêtés par les forces de l'ordre. AFP PHOTO/ GWENN DUBOURTHOUMIEU
    « previous Des partisans d’Etienne Tshisekedi arrêtés par les forces de l’ordre. AFP PHOTO/ GWENN DUBOURTHOUMIEU

    -En République démocratique du Congo, des hommes armés s’en sont pris, mardi 22 juillet, à une caserne de la capitale. Il s’agit du camp Tshatshi où sont logés des militaires de la Garde républicaine. Une attaque dont le bilan a été revu à la hausse la nuit dernière.

    Après le décès la nuit d’un militaire qui était blessé dans les affrontements, le bilan est désormais de neuf morts : sept assaillants et deux éléments de la Garde républicaine. Selon plusieurs sources, quelques assaillants, moins d’une dizaine, ont été capturés après l’échec de l’attaque contre le camp militaire Tshatshi.

    Les interrogatoires n’auraient pas encore permis d’identifier avec certitude le groupe ou les différents groupes auxquels appartiendrait la vingtaine de personnes du contingent neutralisé. Guerriers Enyele ou ex-Division spéciale présidentielle (ex-DSP) du maréchal Mobutu revenue de Brazzaville ? Certains soupçons dans ce sens sont rapportés par le quotidien Le Phare, qui cite un haut responsable des services de sécurité.

    Cependant, d’autres sources militaires conseillent la prudence. Elles expliquent que l’attaque contre le camp Tshatshi était vraisemblablement destinée à libérer des personnes interpellées quelques jours plus tôt et qui appartiendraient à des groupes différents. Ces personnes sont supposées préparer des actes de déstabilisation dans la capitale.

    RFI

  • Le vice-président de la Banque mondiale attendu jeudi en RDC

    Le vice-président de la Banque mondiale attendu jeudi en RDC

    banque mondiale-Le vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, Makhtar Diop, effectuera du 24 au 28 juillet 2014 une visite de travail en République Démocratique du Congo (RDC), a appris APA mercredi de source proche de la représentation de cette institution

    Selon la source, M. Diop s’entretiendra avec les autorités congolaises et échangera également avec les représentants de la société civile et les partenaires au développement.

    M. Diop saisira l’opportunité de cette visite pour se rendre au barrage d’Inga, dans la province du Bas-Congo (Ouest de la RDC).

    En mars dernier, le Groupe de la Banque mondiale a accordé un don de 73,1 millions de dollars pour financer un projet d’assistance technique portant sur le développement du projet hydroélectrique Inga 3 Basse Chute (BC) et d’autres sites de taille moyenne.

    Ce projet permettra à la RDC d’exploiter son vaste potentiel hydroélectrique, alors que le pays possède le troisième plus grand potentiel hydroélectrique du monde, après la Chine et la Russie, moins de 10 % des Congolais ont accès à l’électricité à l’heure actuelle.

    La source estime que la visite du vice-président Diop, un an après le voyage historique effectué par le président du groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim et le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon dans la région des Grands Lacs, témoigne de la détermination de la Banque mondiale à soutenir les efforts de développement de la RDC.

    La Banque mondiale est l’un des partenaires principaux de la RDC, pays où son portefeuille comprend 25 projets en cours d’exécution représentant un engagement global de 3,5 milliards de dollars.

     
    Agence de Presse Africaine
  • L’idée d’un référendum fait son chemin

    L’idée d’un référendum fait son chemin

    urnes-Le débat sur la révision de la Constitution vient d’être relancé par le ministre de l’Intérieur et le secrétaire de la Majorité présidentielle qui avancent la solution référendaire.
    Kinshasa prépare sa révision constitutionnelle visant à préparer les prochaines élections en République démocratique du Congo (RDC). Pour l’instant, la commission électorale (CENI) propose que les députés provinciaux, les sénateurs, les gouverneurs et les maires soient désormais élus au suffrages indirect. Un mode d’élection présenté par le gouvernement congolais comme « plus souple et moins coûteux« , « sans rabaisser le niveau de démocratie« . Si l’opposition ne voit pas d’un très bon oeil cette première entaille à la Constitution, elle s’inquiète surtout d’une autre modification plus profonde des règles du jeu électoral : la possibilité au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat.

    Que fera Kabila en 2016 ?

    Au coeur de tous les débats, on trouve le fameux article 220 de la Constitution qui empêche le président de la République d’effectuer plus de deux mandats consécutifs à la tête de l’Etat. Problème, c’est justement le cas de Joseph Kabila, qui doit terminer son second mandat en décembre 2016. Pendant plusieurs mois, la majorité présidentielle s’était évertuée à essayer de convaincre l’opinion que le président « respecterait » la Constitution « de la première à la dernière ligne« . La communauté internationale, par la voix de John Kerry et de l’église catholique congolaise avaient également donné de la voix pour appeler Joseph Kabila à quitter son poste en 2016.

    Un référendum… comme en 2005

    Mais depuis quelques jours, la garde rapprochée du président congolais lance des ballons d’essais pour modifier l’article 220 de la Constitution. L’idée est simple : organiser un référendum. Si cette disposition n’est pas nouvelle et figure même dans la Constitution, son utilisation était peu évoquée par la Majorité présidentielle. Le référendum n’est sans doute pas l’arme la plus facile à manier, mais devant les obstacles à modifier la Constitution, son utilisation semble de plus en plus probable. Le premier à sortir du silence est le ministre de l’intérieur, Richard Muyej, le 19 juillet. Si le ministre affirme sur Radio Okapi que la révision constitutionnelle proposée par le gouvernement « ne porte pas sur les matières verrouillées à l’article 220« , il a toutefois indiqué ce fameux article « peut être modifié par voie référendaire« . Et de se justifier ainsi : « Comme le peuple souverain s’est exprimé par voie référendaire en décembre 2005 par un oui massif pour la Constitution actuelle, il reste le seul à pouvoir modifier les dispositions interdites au Parlement par la même voie du référendum constitutionnel« … CQFD.

    « Conserver le pouvoir »

    La deuxième sortie sur le sujet du référendum est signée Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire de la Majorité présidentielle. Dans une longue déclaration à la presse, enregistrée le 17 juillet et relayée dans les médias le 21 juillet, Minaku revient sur les deux possibilités offertes par la Constitution pour sa modification : le vote du Congrès ( Sénat et Assemblée Nationale en se basant sur l’article 218) et… le référendum. Le président de l’Assemblée enfonce même le clou en affirmant que sa majorité « tenait à conserver le pouvoir« . Prenant bien soin de spécifier : « bien évidemment selon le standard international de toute démocratie« .

    Un référendum difficile à justifier financièrement

    Les déclarations répétées de l’entourage présidentiel sur la possibilité d’un référendum laisse à penser que le président lui-même, dont il est difficile de cerner les intentions, souhaite préparer l’opinion à cette éventualité. Délicat à mettre en place sur le plan logistique, le référendum sera également coûteux financièrement. Au moment où la commission électorale et le gouvernement peinent à trouver les ressources pour financer les prochaines élections locales, l’organisation d’un référendum risque d’être complexe à justifier auprès des Congolais et de la communauté internationale, déjà très sollicitée.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Cour constitutionnelle, mode d’emploi

    Cour constitutionnelle, mode d’emploi

    Marteau-de-Justice-Le président Kabila a nommé, le 7 juillet dernier, les neuf membres de la Cour constitutionnelle de RDC. Juge pénal du président de la République et du Premier ministre, cette juridiction est aussi en charge des contentieux électoraux et des conflits de compétences entre pouvoirs législatif et exécutif.

    Pourquoi cette Cour a été mise en place seulement début juillet ? Quand sera-t-elle réellement opérationnelle ?

    Le président Kabila a nommé, le 7 juillet dernier, les neuf membres de la Cour constitutionnelle de RDC. La Constitution du 18 février 2006 prévoit l’installation de cette Cour après la promulgation de sa loi organique, finalement publiée le 15 octobre 2013.

    Ces derniers mois, les assises des Concertations nationales, en octobre 2013 également, pour mettre fin à la guerre dans l’est de la RDC, ont occupé le régime et les parlementaires. Les institutions à installer devaient intégrer toutes les sensibilités politiques.

    D’après certains spécialistes, la toute nouvelle Cour constitutionnelle ne devrait être fonctionnelle, au mieux, qu’en 2015 après élaboration d’un règlement intérieur, de la désignation du président de cette juridiction, du serment à prêter au moment d’entrer en fonction et de la nomination d’un procureur général près de cette Cour.

    Peut-elle juger et destituer le président Kabila ou son Premier ministre ?

    La Constitution précise : « La Cour constitutionnelle est le juge pénal du président de la République et du Premier ministre pour des infractions politiques de haute trahison, d’outrage au Parlement, d’atteinte à l’honneur ou à la probité ainsi que pour les délits d’initié et pour les autres infractions de droit commun commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.”

    La décision de poursuites et la mise en accusation du président et du Premier ministre sont votées à la majorité des deux tiers des membres du Parlement composant le Congrès. En cas de condamnation, le président de la République et le Premier ministre sont déchus de leurs charges. La déchéance est prononcée par la Cour constitutionnelle.

     

    Qui sont les 9 juges qui la composent ?

    La Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le président de la République dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement réuni en congrès et trois désignés par le Conseil supérieur de la magistrature. Les deux tiers des membres de la Cour Constitutionnelle doivent être des juristes.

    Les neuf membres sont :

    Félix Vunduawe Te Pemako, député national et professeur de droit, il a été vice-Premier ministre et ministre de l’Administration du territoire sous Mobutu, dont il a été directeur de cabinet.

    Eugène Banyaku Luape Epotu, professeur de droit et politologue est coordonnateur national adjoint de la Conférence internationale sur la paix et la sécurité dans les Grands Lacs. Ancien conseiller à la présidence, a été ministre à plusieurs reprises sous le régime Mobutu.

    Jean-Louis Esambo est professeur de droit et directeur de cabinet adjoint au ministère de l’Intérieur.

    Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi Lessa est professeur de droit et ancien conseiller à la Présidence. Il a été de ministre de la Justice dans le gouvernement Muzito.

    Luamba Bindu, a été président de la Cour suprême de justice.

    Prince Funga Molima, Kalonda Kele et Kilomba Ngozi sont des magistrats.

    Corneille Wasenda est avocat près la Cour suprême de justice

    Qu’apporte-t-elle de plus que la Cour suprême de justice qu’elle remplacera à terme ?

    À la différence des membres de la Cour constitutionnelle, les membres de la Cour suprême de justice étaient tous nommés par le président de la République. Ils étaient également tous des magistrats de carrière. “La RDC rejoint les autres nations modernes avec trois ordres de juridictions (administratif, juridictionnel et constitutionnel). Cette spécialisation permettra un traitement rapide des dossiers qui trainaient au niveau de la Cour suprême de justice”, espère Pepe Mikwa Ntanga, défenseur judiciaire prés le Tribunal de grande instance de Kisangani (RDC).

    Quelles sont ses attributions ?

    La Cour constitutionnelle contrôle la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi. Elle connaît des recours en interprétation de la Constitution. Elle est compétente sur les contentieux électoraux et les conflits de compétences entre les pouvoirs législatif et exécutif ainsi qu’entre l’État et les provinces. Elle examine enfin des recours contre les arrêts rendus par la Cour de cassation et le Conseil d’État.

    Sera-t-elle vraiment indépendante ?

    La Cour constitutionnelle sera obligée d’utiliser la Constitution actuelle ou la nouvelle qui lui sera soumise comme instrument de travail pour interpréter toutes les autres lois futures.

    “En outre, trois membres de cette Cour viennent du Parlement acquis au régime Kabila et trois autres sont nommés par le chef de l’État lui-même. L’indépendance des membres de cette juridiction se mesurera à leur capacité à dénoncer d’éventuelles pressions politiques. Attendons de les voir en œuvre”, ponctue Pepe Mikwa Ntanga.

    Jeune Afrique

  • 20 Congolais jugés à Pretoria

    20 Congolais jugés à Pretoria

    Etienne Kabila-En Afrique du Sud, le procès de 20 Congolais présentés comme des rebelles devait s’ouvrir ce lundi 21 juillet à Pretoria. Il a finalement été reporté à la semaine prochaine. Ces hommes seraient tous membre de l’UNR, l’Union des nationalistes pour le renouveau. Arrêtés l’an dernier après une longue opération d’infiltration de la police sud-africaine, ces hommes sont accusés d’avoir préparé un coup d’Etat contre Kinshasa. La justice sud-africaine dit détenir de nombreuses preuves de leur projet pour  renverser Joseph Kabila. Leurs proches parlent eux d’une machination montée de toutes pièces par la police sud-africaine et Kinshasa.

    Les 20 rebelles congolais présumés devaient comparaître ce lundi devant la Haute cour de justice de Pretoria, 17 mois après leur arrestation. Finalement, le procès a été reporté d’une semaine. Selon l’accusation, une liste de personnes à abattre a été retrouvée dans l’ordinateur de l’un des accusés. Le nom de Joseph Kabila y figure, ainsi que ceux d’autres dirigeants congolais.

    L’arrestation de ces « complotistes » présumés a été rendue possible grâce à l’infiltration d’une taupe de la police sud-africaine. Pendant six mois, les rencontres du groupe ont été filmées et de nombreux mails échangés. Le policier infiltré se serait même fait remettre une liste de matériel et d’armes que les rebelles présumés cherchaient à obtenir.

    Un complice présumé toujours recherché

    Au terme de cette enquête, 19 Congolais ont été interpellés en février 2013.
    Etienne Kabila, présenté comme l’un des chefs de l’opération est à son tour arrêté quelques jours plus tard alors qu’un 21e complice présumé est toujours recherché. Le procès devrait durer près de six semaines. Les 20 accusés risquent de lourdes peines de prison et l’extradition.

    RFI

  • LUC HALLADE : « AUCUNE CONSTITUTION N’EST INTANGIBLE »

    LUC HALLADE : « AUCUNE CONSTITUTION N’EST INTANGIBLE »

    luc hallace- france rdc-DISCOURS DE M. LUC HALLADE A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DE LA FETE NATIONALE FRANCAISE

    Messieurs les Présidents du Sénat et de l’Assemblée Nationale,

    Mesdames et Messieurs Les Ministres,

    Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

    Monsieur le 1er Président de la Cour Suprême,

    Monsieur le Procureur Général de la République,

    M. le Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa,

    Chers Collègues membres du corps diplomatique,

    Messieurs les Officiers Généraux,

    Distingués invités,

    Chers compatriotes,

    Mesdames et Messieurs,

    Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir répondu aussi nombreux à notre invitation, mon épouse Osvalde et moi-même, à venir célébrer dans les jardins de la Résidence de France notre fête nationale.

    Remercier aussi les sponsors : le Club Français des Affaires, partenaire traditionnel de cette manifestation, et notamment les sociétés ou groupes ci-après : DISTRITEC ; TFM ; NESTLE ; BIAC ; CFAO ; BOA ; KPMG ; BIVAC ; DELMAS RDC (CMA/CGM) ; ORIONCOM ; AIR France ; CMK ; SOFITAM ; BOLLORE AFRICA LOGISTICS ; AGS ; CAF’CONC ; PERENCO ; DFSN ; ORANGE RDC ; KIBALI MINING SERVICES (BOUYGUES), BRACONGO.

    Une « mention spéciale » pour le groupe ACHOUR, et la Société AGB, qui ont apporté un soutien complémentaire apprécié par les temps qui courent, ainsi qu’à la PNC et la Société G4S qui assurent votre sécurité.

    Et tous nos remerciements au Caf’Conc, à Noël CAMILLIERI et à son équipe, qui ont assuré comme à l’accoutumée la préparation du somptueux buffet sur lequel vous attendez tous de vous précipiter. Rassurez-vous : il y en aura pour tout le monde…
    Cette année, en accord avec nos sponsors, nous avons renoué avec une tradition républicaine : celle d’accueillir tous les français, enregistrés au Consulat ou sur Ariane (pour ceux en mission ou de passage). Ce n’est pas exactement conforme aux instructions reçues, qui incitent à restreindre le nombre d’invités pour des raisons d’économie, mais je me réjouis que nous ayons pu ainsi ouvrir cette belle résidence à ceux qui n’ont pas toujours l’occasion d’y venir.

    Merci enfin à tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cet événement : personnels de l’Ambassade, de la Résidence ou de l’Institut français, ainsi qu’à la chorale Mgr Luc Gillon et à l’orchestre Jaffroz, qui agrémenteront cette soirée en musique.

    Après les remerciements, place à quelques réflexions personnelles, après trois années passées comme Ambassadeur de France en RDC. J’axerai mon propos autour de trois sujets qui me paraissent illustrer à la fois les enjeux et les défis d’une relation bilatérale forte, dense et riche entre la France et la RDC :

    L’ENA congolaise, qui vient de naître ;

    La semaine française qui s’est tenue fin mai ;

    Et enfin, le triangle élections-stabilité et sécurité.

    L’ENA TOUT D’ABORD.

    En France, l’ENA et les énarques sont souvent décriés aujourd’hui. Il faut cependant se souvenir qu’au lendemain de la 2ème guerre mondiale, dans un pays déchiré par 6 ans de conflit meurtrier, une des 1ères décisions des nouvelles autorités a été de créer une école républicaine, fondée sur le mérite et qui a fourni à la France plusieurs générations de hauts fonctionnaires qui ont rebâti une Administration moderne, impartiale et efficace.

    Je salue la décision prise par le Gouvernement congolais de s’inspirer de cet exemple en fondant une ENA congolaise, dont la 1ère promotion de 60 futurs hauts fonctionnaires a effectué sa rentrée, dans des locaux rénovés et adaptés, le 1er juillet dernier.

    Je leur souhaite plein succès dans leurs futures fonctions, eux qui seront en quelque sorte le levain et j’espère la fierté d’une nouvelle Fonction Publique attachée aux vertus républicaines et au service de l’Etat.

    La RDC a besoin de rebâtir son Administration, après des années de crises et de conflits qui ont corrompu et dévoyé le sens et la notion de « service public ».
    Je suis fier qu’avec d’autres partenaires, sous la houlette du Gouvernement de M. MATATA PONYO et notamment, d’un Ministre de la Fonction Publique volontariste et déterminé, nous ayons pu apporter notre pierre, notre contribution à cet édifice encore jeune mais prometteur, à ce projet titanesque : rebâtir une Administration performante, efficace et qui assure, sur l’ensemble du territoire, la mise en œuvre effective des politiques publiques.

    Longue vie donc à l’ENA congolaise, symbole du renouveau d’un Etat au service des citoyens.

    Nous continuerons, M. le Ministre, à vous soutenir et vous accompagner dans cette œuvre salutaire et indispensable.

    Après l’ENA congolaise, la semaine française. Pour la 1ère fois, l’Ambassade de France, la CCIFC, et l’Institut français, ont organisé, du 26 au 31 mai derniers, une « semaine française », au lendemain de la visite réussie du Président KABILA en France le 21 mai.
    Cette manifestation a d’abord été un succès populaire : près de 10 000 visiteurs ont fréquenté le site de cette semaine française en 6 jours. C’est considérable.

    Elle a ensuite – et surtout – montré, à travers la vingtaine de stands d’entreprises françaises installées en RDC, les tables-rondes très animées et rehaussées de la présence de plusieurs ministres – que je remercie pour leur disponibilité, les nombreux événements culturels organisés à cette occasion, que la France est bien présente et active en RDC.
    Mais au-delà de cette manifestation réussie et qui sera certainement renouvelée, le message que nous avons voulu faire passer a je crois été entendu et j’espère bien compris.

    Ce message, c’est la foi dans le développement économique de la RDC et l’espoir que les entreprises françaises pourront y participer et y contribuer.
    Il est en effet anormal – je n’hésite pas à le dire, même si les responsabilités sont évidemment partagées – qu’aussi peu d’entreprises françaises soient présentes en RDC, alors même que plusieurs manifestent, quelquefois depuis plusieurs années, leur volonté de développer leurs activités et leurs investissements au Congo.

    Je souhaite donc que dans l’année à venir, de nouveaux projets aboutissent et que les entreprises déjà présentes puissent se développer sans entrave. Il faut pour cela que des décisions soient prises, sur des dossiers qui ont trop longtemps tardé. Et aussi que les groupes ou dirigeants français ne soient pas traînés en justice sous de faux prétextes, avec quelquefois – il faut bien le dire – des menaces à peine voilées sur leurs personnes ou les intérêts de leurs entreprises.
    Une justice impartiale, qui applique le droit sans le pervertir, est une condition nécessaire pour que les investisseurs potentiels, français ou autres, viennent s’installer en RDC dans un climat de confiance.

    Enfin, parce qu’il faut bien parler aussi de politique après la coopération et l’économie, vous n’échapperez pas à quelques considérations sur ce qui remplit quotidiennement les colonnes de la presse, dont je salue les représentants présents.

    Plutôt que de vous parler de calendrier électoral ou de réforme de la Constitution, je voudrais aborder cette question sous l’angle de la stabilité et de la sécurité.
    En effet, pour se développer, un pays, quel qu’il soit, a besoin de ces deux piliers pour réussir à enclencher une dynamique positive.

    La stabilité n’est pas synonyme de statu quo. La stabilité, c’est le fonctionnement régulier des institutions et des pouvoirs publics, le respect des libertés publiques consacrées par la Constitution. La stabilité dans une démocratie, c’est aussi le respect des prérogatives et de l’indépendance des différents organes qui ont, chacun dans leur sphère propre, un rôle éminent à jouer : le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

    C’est enfin le respect d’une règle de base du fonctionnement de toute démocratie : la possibilité d’une alternance au pouvoir, sanctionnée par des élections libres, transparentes et inclusives.
    Je ne me pose pas, en disant cela, en donneur de leçons et encore moins de prescriptions.
    Je veux seulement rappeler quelques règles de base, qui s’appliquent tout autant au Nord qu’au Sud de l’Equateur, à l’Est comme à l’Ouest du Méridien de Greenwich.

    Aucune démocratie n’est parfaite. Chacune a ses vices et ses vertus, ses défauts et ses qualités. Mais une chose est sûre : quelque soit le parallèle sur lequel on se trouve, le développement économique et social passe par le respect d’un minimum de règles de vie commune. Et ces règles, que chaque pays se fixe librement, ce sont les lois de la République, à commencer par la 1ère d’entre elles : la Constitution.

    Aucune Constitution n’est intangible. La nôtre, celle de la Vème République, a d’ailleurs connu de nombreuses modifications au fil du temps. Mais derrière la Constitution, il y a son fondement, qui est le consensus national autour de règles communément admises de fonctionnement de la société et des pouvoirs publics.

    Je salue à cet égard la nomination des juges de la Cour Constitutionnelle, qui seront chargés, dans la période délicate qui s’annonce, à veiller au respect de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi, de connaître des recours en interprétation de la Constitution, mais aussi de juger le contentieux des élections présidentielles et législatives, les conflits de compétence entre le pouvoir exécutif et le législatif ainsi qu’entre l’Etat et les provinces, selon les articles 160 à 164 de la Constitution du 18 février 2006.

    Nul doute que cette institution aura un rôle majeur à jouer, en toute indépendance, pour apaiser les tensions qui pourraient apparaître et dire le droit en toute impartialité.
    Quant à la sécurité, ce n’est pas seulement – même si c’est essentiel bien sûr – assurer que la RDC défend l’intégrité de son territoire. A cet égard, le remarquable défilé du 30 Juin dernier nous a prouvé que les FARDC disposaient des troupes et du matériel nécessaires pour faire respecter la souveraineté nationale sur l’ensemble des frontières, au moins terrestres, de la RDC.

    La sécurité, c’est aussi la liberté d’aller et de venir à l’intérieur des frontières, dans toutes les provinces, sans risquer de se faire agresser, violer ou dépouiller voire tuer.
    Nous avons noté la volonté affichée, au plus haut niveau de l’Etat, d’assurer cette sécurité des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire national et de démanteler tous les groupes armés qui sévissent encore dans certaines provinces et commettent quotidiennement des violations des droits de l’homme.

    En novembre dernier, une victoire éclatante a été remportée par les FARDC, avec le soutien de la MONUSCO, contre le M23, qui a dû quitter le territoire congolais ou désarmer.
    Les FARDC se sont encore illustrées dans la lutte contre les ADF/NALU et d’autres groupes armés, au prix de lourdes pertes. Je salue la mémoire des soldats tombés au champ d’honneur pour rétablir l’autorité de l’Etat.

    S’agissant des FDLR, de sinistre mémoire, un processus de désarmement volontaire est en cours. Il importe que ce processus se poursuive de bonne foi, sous le contrôle des organisations régionales impliquées et celui de l’Etat congolais, avec le soutien actif de la MONUSCO.

    Un délai – long – a été fixé récemment pour venir à bout de ce désarmement.
    Il importe qu’avant la réunion du CSNU, prévue le 6 août, des avancées réelles aient pu être enregistrées, sans atermoiement funeste. Et si malheureusement certains éléments refusent de désarmer, conformément aux résolutions pertinentes du CSNU, il faudra les y contraindre par la force. Là encore, l’alliance des FARDC et de la Brigade d’Intervention de la MONUSCO pourra sans nul doute venir à bout de ces récalcitrants.

    Je formule donc le vœu qu’à l’orée de 2015, la RDC soit complétement et définitivement libérée de l’emprise des groupes armés et puisse ainsi se consacrer pleinement à son développement économique et à la nécessaire amélioration des conditions de vie de sa population.

    J’espère aussi qu’aux côtés des autres partenaires de ce beau et grand pays, la France pourra apporter sa contribution à l’émergence d’un Congo « plus beau qu’avant », qui prendra toute la place qui lui revient, de par sa taille, ses richesses et sa situation stratégique au cœur de l’Afrique, dans le maintien de la paix et de la stabilité régionales, malheureusement toujours menacées. Je pense notamment en disant cela à ses voisins la RCA et le Sud-Soudan, encore meurtris par des combats fratricides. La RDC, à travers ses soldats et policiers déployés au sein de la MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique), apporte une appréciable et appréciée contribution au rétablissement de la paix en RCA. Nous souhaitons qu’elle puisse continuer à le faire au sein de la future MINUSCA (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique).

    Pour conclure – enfin – je voudrais adresser deux messages : A nos amis congolais tout d’abord, pour les assurer que la France, tout en respectant pleinement l’indépendance et la souveraineté de la RDC, sera à leurs côtés pour les aider à bâtir une nation prospère et des institutions solides, à l’image de sa contribution à la création de l’ENA congolaise que j’ai évoquée au début de mon propos. La France, ce n’est pas seulement l’Ambassade, l’AFD et l’Institut français. Ce sont aussi les entreprises françaises, que je continuerai à soutenir dans leurs projets d’investissement, et tous les français installés en RDC, pour certains depuis de longues années, qui contribuent à l’activité économique et au développement de ce pays-clé de l’Afrique Centrale.

    A mes compatriotes ensuite, pour leur souhaiter une très belle et bonne fête nationale – occasion de se rassembler autour de notre emblème et de notre devise nationale : Liberté – Egalité – Fraternité, et pour les exhorter à garder, à cultiver l’espoir : l’espoir de pouvoir vivre en paix et en harmonie dans un pays et au milieu d’un peuple accueillants ; mais aussi celui que notre pays retrouve, grâce aux efforts de tous et de chacun d’entre nous, le chemin de la prospérité économique et celui d’une société en mouvement, qui assure l’avenir de sa jeunesse tout en respectant ses anciens.

    Et, pour finir sur une note positive, je salue la victoire méritée de nos amis…. à la coupe du monde de football, avec l’espoir que la prochaine sera aux couleurs de la France.
    Vive la RDC ! Vive la France !

    Je vous remercie de votre attention