Author: Don Kayembe

  • Obama(s) contre Clinton(s), la guerre est-elle vraiment déclarée ?

    Obama(s) contre Clinton(s), la guerre est-elle vraiment déclarée ?

     

    L'ancien et le nouveau président des États-Unis se détestent-ils ? L’ancien et le nouveau président des États-Unis se détestent-ils ? © MANDEL NGAN / AFP

    Barack, Bill, Michelle et Hillary ne sont certes pas les meilleurs amis du monde. Mais se haïssent-ils autant que le prétend l’auteur d’un livre récent ?

    Dans son nouveau livre, Blood Feud (“sanglante querelle”), le journaliste américain Edward Klein poursuit son entreprise de démolition de la présidence Obama. Déjà auteur d’un pamphlet contre le premier président noir intitulé The Amateur (2013), il se penche cette fois sur les relations censément détestables entre les couples Obama et Clinton.

    “Je hais Obama plus que n’importe qui au monde”, aurait ainsi déclaré Bill Clinton, qui n’aurait jamais pardonné à son successeur ses allusions à son racisme supposé lors de la campagne électorale de 2008.

    Depuis, l’animosité entre eux ne se serait jamais démentie, même s’ils sont parfois obligés de faire semblant. Pendant la campagne de 2012, Clinton aurait ainsi pris l’engagement de soutenir Obama au cours d’une partie de golf. En échange, il aurait obtenu du président qu’il soutienne Hillary en 2016. Perfide, ce dernier aurait quand même glissé : “Vous savez, Michelle ferait aussi une très bonne candidate !”

    Les relations entre les deux épouses ne seraient d’ailleurs pas franchement affectueuses.

    Les relations entre les deux épouses ne seraient d’ailleurs pas franchement affectueuses. Michelle aurait même surnommé Hillary The Hildebeest, contraction de wildebeest – “gnou” en anglais – et de Hillary. Klein affirme que Michelle pourrait un jour briguer le poste de sénateur de l’Illinois. Quant à Bill, il serait convaincu qu’Obama préférera Joe Biden, son vice-président, à Hillary pour la présidentielle de 2016.

    Un adoubement pour 2016 ?

    Bien sûr, il est probable que l’auteur a tendance à exagérer. Clinton et Obama, c’est vrai, ne sont pas les meilleurs amis du monde, mais le premier a quand même prononcé un extraordinaire discours lors de l’investiture du second devant la convention démocrate de Charlotte, en 2012.

    Et puis, en janvier 2013, le président et son ex-secrétaire d’État n’ont-ils pas participé de concert à une émission sur CBS, ce qui est apparu à nombre d’observateurs comme une sorte d’adoubement pour 2016 ? Ils se voient d’ailleurs régulièrement, la dernière fois fin mai, lors d’un déjeuner improvisé à la Maison Blanche. Et puis, comment croire qu’Obama puisse miser sur Biden, qui aura 74 ans en 2016 ?

    Klein, il ne s’en cache pas, est ultraconservateur. Et ses livres contiennent nombre d’affirmations sujettes à caution.

    Klein, il ne s’en cache pas, est ultraconservateur. Et ses livres contiennent nombre d’affirmations sujettes à caution. En 2005, par exemple, dans un ouvrage éreinté par la critique, il avait prétendu que Hillary était lesbienne. Et dans son avant-dernier, il soutient que c’est Clinton lui-même, dans une conversation privée, qui aurait traité Obama d’”amateur”, ce qu’un porte-parole de l’intéressé a formellement démenti.

    La controverse n’avait en tout pas empêché le livre de caracoler en tête des ventes. Et Blood Feud pourrait bien suivre le même chemin.

    Jeune Afrique

  • Brésil 2014: Un Mondial du fric et du fiasco

    Brésil 2014: Un Mondial du fric et du fiasco

    Luis Suarez-La débâcle de l’équipe hôtesse, le festival des portiers de but, la transparence des grandes stars, l’attribution injustifiée et controversée des prix à certains joueurs, un système de jeu fade et sans inspiration, une finale insipide, des matchs arrangés dans la discrétion des bureaux, la corruption de maints artistes du ballon rond, etc. Tel est en réalité le bilan footballistique et peu reluisant de cette coupe du monde de football au pays du ballon rond.

    Par Joël Asher Lévy-Cohen *

    Après un mois de déroulement sans anicroches majeures, le rideau tombe finalement sur le fameux Mondial 2014 organisé en terre brésilienne et qui a nécessité plusieurs années de préparation. Cette compétition footballistique qui regroupe trente-deux sélections nationales, d’ailleurs qualifiées en fonction de leurs zones géographiques respectives, s’achève par la maigre victoire de l’Allemagne sur l’Argentine (1 – 0)[i]. Ce qui est une grande première pour une équipe européenne. En effet, le Vieux Continent n’a jamais vraiment réussi à s’imposer sur le sol des Amériques.

    Ce que tout le monde gardera malheureusement de cette vingtième édition de la Coupe du monde de football, ce sont les coûts astronomiques de son organisation matérielle. Celle-ci nécessite, réellement, un décaissement de plus de dix milliards de dollars US. Corruption aidant, la plupart des infrastructures matérielles sont délibérément surfacturées, comme à l’accoutumée, au détriment de la Collectivité publique. Sans compter que ce tournoi légendaire se fait l’apôtre et l’agent servile de l’injustice sociale. En effet, ce Mondial est, à maints égards, l’occasion d’expropriations sauvages. Ces opérations ciblent pratiquement les communautés déjà défavorisées par nature et, surtout, déshumanisées par un système socioéconomique sans foi ni loi.

    Pis, sur le plan purement sportif, donc spécifiquement footballistique, ce tournoi de 32 Nations s’avère un véritable fiasco. D’abord au niveau de l’arbitrage qui se révèle d’un amateurisme totalement flagrant et à ne pas faire pâlir les Béotiens. Ensuite, au niveau du système de jeu pratiqué et des stratégies adoptées par la grande majorité des équipes nationales. Sur ce terrain, la virilité l’emporte souvent aisément sur la créativité et le fair-play. Pour ainsi dire, le talent à l’état pur n’a vraiment jamais été au rendez-vous. Même le grand pays du ‘‘Futbol’’ s’y est totalement compromis.

    Hormis les puissances moyennes, tels le Mexique, le Chili ou le Costa Rica qui pratiquent néanmoins un football de rêve et séduisent avec un niveau de jeu fort généreux et susceptible d’égayer l’âme des dieux de l’Olympe, les amoureux du ballon rond ne voient pratiquement sur le terrain de football que des banquiers en short, tout comme en mal d’argent. Ceux-ci ont plutôt droit à de minables spectacles interprétés de bout en bout par des professionnels de la casse en mal d’agression physique et des anthropophages ou vampires de service, nettement en mal de sang humain. Comme quoi l’axe ou le centre de gravité du hooliganisme antisportif tant décrié s’est déplacé, fort malheureusement, des tribunes vers la pelouse.

    Ce qui est clair, ce tournoi est visiblement marqué par l’absence des joueurs d’exception ou de race. Cette compétition est manifestement marquée par la carence des artistes de rêve susceptibles de susciter l’émotion, de faire basculer avec maestria un match ou le cours d’une partie fort serrée. Bien des nostalgiques regrettent amèrement la grande époque du mythique Edson Arantes do Nascimento, dit ‘‘Roi Pelé’’ ou du légendaire Diego Armando Maradona, alias ‘‘El Pibe de Oro’’. Eux avaient, au moins, l’art et la science du football très scotchés à leurs pieds magiques.

    Ceci revient à dire que les grandes stars de la planète ou méga-vedettes du ballon rond jouissent certainement, de nos jours, d’une renommée plutôt entièrement surfaite par les médias. Ce sont moins des talents disciplinaires que des produits publicitaires artificiellement fabriqués par leurs clubs respectifs pour des raisons strictement mercantilistes. Le prototype même de ce fiasco footballistique est à vrai dire la grande étoile argentine Lionel Messi à qui le légendaire Diego Armando Maradona, dit ‘‘El Pibe de Oro’’, avait affirmé avant le début de la finale que ‘‘son heure de gloire avait sonné’’ et qu’’’il n’avait pas d’autre choix que soulever le Trophée tant convoité et prétendre au Sacre suprême’’.

    Force est de reconnaître que, lors de cette finale qui ne restera nullement dans les annales du football, ce joueur est manifestement passé à côté de son étoile qui a pâli. Il a été, pour ainsi dire, complètement transparent. Donc absent. Celui-ci a incontestablement joué en-deçà de son potentiel, du talent lui normalement reconnu par les spécialistes du ballon rond et les aficionados. Pourtant, cette virtuose brille indéniablement au firmament du championnat espagnol (la Liga). Il est, surtout, très réputé pour ses prouesses techniques, acrobatiques et athlétiques, entre autres avec le club barcelonais ‘‘Barça’’.

    Toutefois, il existe, sans contexte, quelques notes positives et même encourageantes à mettre au crédit de cette Coupe du monde 2014. Hormis le fait que le Mondial est un moment de fraternisation entre les Nations et Peuples de la Terre, l’Humanité tout entière assiste à la féminisation des tribunes. En effet, la gent féminine s’est vraiment approprié cette fête du ballon rond. D’ailleurs, force est de souligner que les deux pays finalistes sont, en réalité, gouvernés par des femmes. À savoir : ‘‘Cristina Elisabet Fernández de Kirchner’’ pour l’Argentine et ‘‘Angela Dorothea Merkel’’ pour l’Allemagne. Ce qui est en soi tout un symbole. C’est également la première fois dans l’histoire de la coupe du monde que la grande finale oppose deux pays dirigés par des femmes. Sans compter que le chef de l’État de la Nation hôtesse est également une femme : ‘‘Dilma Vana Roussef’’ du Brésil.

    Ce Mondial démontre aisément que le football est un sport devenu plus que jamais une valeur familiale. Donc, Brésil 2014 est, à tout point de vue, un Mondial des familles. Cela est d’autant plus vrai que les parents, souvent accompagnés de leurs rejetons, prennent d’assaut les tribunes en vue de supporter leurs équipes chéries. C’est une tendance qui s’est fortement développée, ces dernières années, dans le championnat brésilien de football. En effet, les parties de match y sont très souvent précédées par la présentation des familles de joueurs accompagnés de leurs jeunes enfants et de leurs belles épouses sur la pelouse du terrain de jeu.

    Du Mondial des femmes, des familles et des enfants, Brésil 2014 s’est rapidement transformé en Mondial des pleurs. En effet, trop de larmes ont coulé sur la joue du public fin connaisseur en raison de la contre-performance de plusieurs sélections nationales. Mondial 2014 aura donc été la coupe du monde des émotions à fleur de peau. Chose gravissime, il n’a même pas su enrayer la vague raciste – [ce grand mal du siècle] – exportée par des supporters occidentaux ou européens dans ce pays kaléidoscopique. Malgré maintes campagnes de sensibilisation, le monde entier est estomaqué de voir surtout les Allemands et les Croates interpréter allégrement des chansons dignes de l’époque nazie ou proférer des injures racistes lorsque leurs équipes nationales croisent le fer avec des sélections négro-africaines.

    Par ailleurs, cette coupe du monde restera dans la mémoire collective comme le Mondial aux accents carnavalesques. Brésil 2014 restera bien entendu dans les esprits et dans les annales historiques comme le Mondial des ‘‘gais lurons’’ ou ‘‘joyeux lutins’’. Dans la moiteur tropicale et la chaleur accueillante du Brésil, chaque peuple de la planète rivalise, en effet, d’ingéniosité pour arborer des costumes auréolés de couleurs nationales et, surtout, étrenner des habits dignes d’excentricité. Par conséquent, du Mondial sportif et footballistique, Brésil 2014 s’avère incontestablement le Mondial des cultures planétaires célébrant l’Humanité dans toute sa diversité, dans la joie et l’harmonie, dans la fraternité et la solidarité.

    Seule véritable fausse note dans ce concert planétaire et harmonieux, dans cette communion sportive et humaine, pendant que le Mondial culmine au pays de la Samba foot, les armes crépitent très lourdement au Proche-Orient. Dans cette sous-région, la trêve n’a pas de nom. Le répit n’a pas non plus de visage. Tout ceci à cause de l’intolérance et du terrorisme aveugle.

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

     

    [i]Un but d’anthologie de Mario Götze de Bayern de Munich sur une passe décisive d’André Schürrle de Chelsea.

  • François Hollande en Côte d’Ivoire, une visite en 3D

    François Hollande en Côte d’Ivoire, une visite en 3D

    François Hollande et Alassane Ouattara, le 4 décembre 2013 à Paris.
    François Hollande et Alassane Ouattara, le 4 décembre 2013 à Paris. © Mehdi Fedouach/AFP

    François Hollande débute ce jeudi sa mini-tournée africaine par une visite en Côte d’ivoire. Une première étape à la tonalité très économique, mais pas seulement.

    François Hollande connaît bien Alassane Ouattara, le très cher ami de son très cher ennemi, Nicolas Sarkozy. Depuis son élection en mai 2012, le Français a déjà reçu l’Ivoirien à quatre reprises à Paris et l’a croisé dans plusieurs sommets. Mais il n’a jamais mis les pieds à Abidjan. Pour sa première visite officielle en Côte d’Ivoire, jeudi 17 juillet, le président français, qui sera accompagné par trois ministres (Laurent Fabius, Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Défense, et Annick Girardin, Développement et Francophonie), par cinq parlementaires et par quelques célébrités (voir ci-dessous), endossera trois costumes pour une visite en trois dimensions.

    Le VRP

    Cette visite est placée sous le signe de la coopération… ou du business, question de point de vue. Hollande jouera tantôt au bon samaritain, en signant des conventions, tantôt au VRP de luxe, en louant les compétences des industriels français. Objectif : préserver les liens privilégiés qui unissent les deux pays et les intérêts français qui sont (timidement) menacés par la concurrence asiatique et américaine. La coopération économique entre les deux pays est “étroite et inscrite sur le long terme”, indique-t-on à l’Élysée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : on trouve dans le pays 200 filiales d’entreprises françaises et pas moins de 400 petites et moyennes entreprises (PME) tenues par des Français, ce qui représente près de 35 000 emplois et 50% des impôts sur le bénéfice qui entrent dans les caisses de l’État ivoirien.

    Soumis à concurrence ces derniers temps, Paris entend bien rester “aux premières loges”, selon les mots d’un collaborateur de Hollande, dans un pays qui frôle une croissance à deux chiffres depuis trois ans. Le programme de ce voyage, initialement prévu en début d’année, mais que le président français avait dû repousser en raison des soucis de santé de son homologue ivoirien, est donc très “éco”.

    Bouygues, Méheut, Lafont… Une cinquantaine de chefs d’entreprises français sont attendus à Abidjan.

    Après son arrivée à l’aube, Hollande a prévu de rencontrer une délégation de chefs d’entreprises français puis d’embarquer sur un bateau pour une promenade sur la lagune Ebrié. L’occasion pour lui d’admirer le chantier du troisième pont en construction, œuvre française (Bouygues). Et d’évoquer avec ses interlocuteurs les problèmes liés à la pollution (“on pensera très fort à l’affaire Trafigura”, précise un de ses proches), à l’assainissement et à l’urbanisme : autant de domaines dans lesquels le secteur privé français a des arguments et l’État ivoirien des besoins…

    Ces questions seront d’ailleurs au menu du Forum d’affaires consacré au thème de la “ville durable”, organisé en marge de cette visite officielle par le Medef International et la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGE-CI), et que les deux chefs d’État clôtureront en début d’après-midi, après un tête-à-tête au palais présidentiel. Une cinquantaine de chefs d’entreprises français sont attendus à Abidjan, parmi lesquels le magnat du BTP et des médias, Martin Bouygues, le patron de Canal+, Bertrand Méheut, et plusieurs représentants des grosses boîtes françaises (Vinci, Alstom, Thalès, Suez Environnement, Orange, Veritas, etc) qui n’ont pas toujours fait dans le « développement durable », si ce n’est celui de leurs profits. Vincent Bolloré, bien en cours à Abidjan, n’est pas du voyage mais le patron de Bolloré Africa Logistics, Dominique Lafont, est quant à lui annoncé.

    Le gendarme

    Si ce voyage sera “principalement économique”, ainsi que l’indique l’Élysée, il aura également une portée sécuritaire – l’un et l’autre n’étant pas forcément inconciliables… Hollande ne saluera pas ses troupes de la force Licorne qui occupent le camp de Port-Bouët – Le Drian s’y est plié il y a deux mois -, mais il profitera de sa virée sur les eaux de la lagune pour visiter le dernier patrouilleur acquis par la marine ivoirienne – patrouilleur livré il y a moins d’un mois par une entreprise française, Raidco Marine. “La Côte d’Ivoire est très engagée dans la lutte contre la piraterie, c’est un partenaire de choix“, précise-t-on au ministère de la Défense. Abidjan pourrait accueillir à terme un centre de formation régional destiné à former les Africains à la lutte contre la piraterie et financé en partie par la France.

    Les dossiers chauds à évoquer avec Ouattara à l’heure du déjeuner sont nombreux : Mali, Sahel, Nigeria, centrafrique…

    Les dossiers chauds à évoquer avec Ouattara à l’heure du déjeuner sont nombreux : le Mali évidemment, où le chef d’État ivoirien a joué un rôle crucial en tant que président de la Cedeao lors du déclenchement de l’opération Serval et où il compte des troupes, mais aussi le nouveau dispositif militaire français dans la bande sahélo-saharienne, dans lequel la base d’Abidjan jouera un rôle majeur, et la situation au Nigeria et en Centrafrique.

     

    Le conciliateur

    Lors de leurs tête-à-tête, à l’heure du déjeuner mais aussi au cours du dîner d’État quelques heures plus tard, les deux présidents devraient également aborder la question hautement sensible de la “réconciliation nationale”. “Nous voulons pousser au dialogue. Nous estimons que rien ne s’oppose à une normalisation”, indique une source diplomatique française. Pour faire bonne figure, Hollande doit rencontrer dans l’après-midi (après avoir reçu un “accueil populaire” au centre-ville) quatre ONG œuvrant à la promotion des droits de l’Homme et à la préservation de l’environnement.

    Plus important : une entrevue est programmée peu avant la tombée de la nuit avec les partis d’opposition, dont le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, jadis proche du Parti socialiste français. “Nous les encouragerons à participer au dialogue”, précise-t-on à l’Elysée.

    Mais qui dit réconciliation dit aussi justice. Les enquêtes sur les disparitions, durant la dernière décennie, des Français Guy-André Kieffer, Yves Lambelin et Frantz di Rippel, ou encore la situation de Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président interdit de sortie du territoire et qui possède la double nationalité (française et ivoirienne) : tout cela devrait être discuté. À Paris, on estime en effet que certaines affaires n’avancent pas assez vite. Mais plutôt que de le dire en ces termes, on préfère jouer la carte de la coopération. Pour “accélérer” certaines procédures, la France signera une convention avec la Côte d’Ivoire portant sur 25 millions d’euros, et visant à la formation (de juges, d’avocats) et à la construction de bâtiments de justice. “La justice manque de moyens”, explique-t-on dans l’entourage du président, sans aller jusqu’à dire qu’elle manque aussi de volonté.
    Il est peu probable, par contre, que Ouattara évoque avec Hollande les ennuis judiciaires de son ami de 30 ans, Nicolas Sarkozy.

    Jeune Afrique

  • Expatriés : les villes africaines toujours plus chères!

    Expatriés : les villes africaines toujours plus chères!

     

    Vue de Luanda, 1ère ville au classement Mercer, 3e à celui de ECA International.
    Vue de Luanda, 1ère ville au classement Mercer, 3e à celui de ECA International. © AFP

    Les classements 2014 des cabinets Mercer et ECA International montrent que les villes africaines sont toujours plus chères pour les expatriés. En cause : une dépendance forte vis-à-vis des importations et des taux de change défavorables pour les économies du continent.

    Elles sont 2 dans le top 10, 5 dans le top 25, et 13 dans le top 50. Publié jeudi 10 juillet 2014, le classement du cabinet Mercer des villes les plus chères pour les expatriés fait de plus en plus la part belle aux capitales africaines, avec en tête Luanda (qui culmine aux premières places depuis plusieurs années) et N’Djamena (qui passe du 4e au 2e rang).

    Viennent ensuite Libreville (19e + 2 places), Kinshasa (20e + 13) et Lagos (25e + 11), puis Brazzaville (28e + 12), Bamako (29e + 10), Conakry (34e + 12), Abuja (36e + 13), Dakar (40e + 11), Abidjan (43e + 5), Douala (44e + 2) et Yaoundé (45e +11). Lomé, ex-æquo avec Ouagadougou, et Casablanca ne figurent quant à elles respectivement qu’aux 105e et 107e place mais progressent considérablement (+8, +26 et +18).

    Le classement des 25 1ères villes du classement Mercer 2014 (cliquer pour agrandir) :

    À titre de comparaison, Londres n’apparaît qu’à la 12e place, New-York à la 16e et Paris la 27e. Luanda et N’Djamena devancent ainsi facilement Hong-Kong et Singapour, mais aussi les villes suisses de Zurich et Genève, puis Tokyo, Berne, Moscou et Shanghaï (à la 14e place, juste devant Pékin).

    Exemples de prix de biens de consommation courante dans plusieurs villes du classement (en dollars, cliquer pour agrandir) :

    Importation et inflation

    “Alors que Luanda et N’Djamena sont des villes relativement peu coûteuses, elles sont très chères pour les expatriés, puisque la plupart des biens de consommation est importée”, explique Ed Hannibal dans un communiqué de Mercer. “En outre, trouver un hébergement sûr qui réponde aux normes occidentales peut être difficile et très coûteux aussi”, ajoute-t-il.

    Les études de Mercer et de ECA International font apparaître une ressemblance de taille : la forte progression des villes africaines.

    L’étude compare les prix dans 211 villes et mesure les coûts de plus de 200 articles, en prenant en référence la ville de New-York et en mesurant les effets de change par rapport au dollar américain. Mais elle prend tout son sens si on la compare à une autre, celle publiée le 10 juin par le cabinet ECA International, spécialiste de la gestion de l’expatriation, qui fait apparaître une ressemblance de taille : la très forte progression des villes africaines.

    Douze d’entre elles figurent en 2014 dans le top 50 du classement (contre 13 pour Mercer) : Luanda (3e) et Djouba (9e), avant Brazzaville (12e), Libreville (14e), Pointe Noire (15e) et Kinshasa (19e). La percée la plus remarquable est celle de Conakry, qui passe en un an du 82e rang mondial en 2013 au 43e, “devançant” ainsi… Lagos (45e) et Londres (46e). Abidjan gagne quant à elle une 20e de places en deux ans, passant du 54e rang mondial en 2012 à la 30e position en 2014. Il en est de même pour Dakar, 33e cette année contre 47e un an avant…

    Selon ECA International, ces deux dernières villes sont même plus chères – toujours pour les expatriés – que Manhattan (39e), Bruxelles (40e) ou encore le centre de Londres (46 e)… Reste que le top 20 des deux classements est toujours dominé par des villes asiatiques ou européennes. Mais pour combien de temps ?

    Le classement Mercer des 10 villes les moins chères pour les expatriés (cliquer pour agrandir) :


  • Les Africains aiment les États-Unis, révèle une enquête (américaine)

    Les Africains aiment les États-Unis, révèle une enquête (américaine)

    african-american-Le monde, mais surtout l’Afrique, conserve en 2014 une image positive des États-Unis, selon l’enquête annuelle de l’institut de recherche américain, le Pew Research Center.

    Révélations d’espionnage, opposition à l’usage de drones, controverses autour de son action ou de son inaction militaire au Moyen-Orient, la réputation des États-Unis n’est a priori pas sortie indemne de cette année 2014. Et pourtant, la puissance américaine conserve une image positive dans de nombreuses régions du monde et plus particulièrement en Afrique, c’est en tout cas ce qu’affirme l’enquête mondiale 2014 publiée lundi 14 juillet par le centre américain Pew Research Center.

    L’Afrique toujours séduite

    L’Afrique est la région qui abrite le pourcentage le plus élevé d’opinions positives à l’égard des États-Unis. La moyenne globale est de 65% d’avis favorables, tandis qu’elle grimpe à 74% pour les sept pays africains interrogés. Le taux le plus faible (30%) est atteint au Moyen-Orient.

    “Les Africains expriment une vision particulièrement positive de l’Amérique. Dans les sept pays interrogés, de fortes majorités soutiennent les États-Unis”, indique le rapport. Ainsi 80% des Kenyans sondés, 77% des Ghanéens, 75% des Tanzaniens et 74% des Sénégalais ont une opinion favorable des États-Unis. Des pourcentages qui sont néanmoins en baisse par rapport à l’année 2013.

    Le Moyen-Orient défiant

    Excepté en Israël (où 84% de la population soutient la puissance américaine), les avis négatifs sont la norme dans les pays du Moyen-Orient interrogés. Il s’agit de l’”unique région où l’Anti-Américanisme est à la fois profond et généralisé”, précise le Pew Center.

    Seulement 10% des Égyptiens, 12% des Jordaniens, 19% des Turcs et 30% des Palestiniens ont une vision positive du pays Nord-américain. Le score est moins dramatique au Liban (41%) ainsi qu’en Tunisie (42%), seul pays sondé au Maghreb.

    L’étude révèle également des différences de point de vue au sein même des pays, selon l’âge, l’ethnie et la religion des personnes interrogées. Un gap générationnel existe donc entre les jeunes, globalement plus favorables aux États-Unis, et leurs ainés. 

    Dans des pays comme le Liban, de grandes divergences sont observées entre d’un côté les musulmans sunnites (55% d’avis positifs) et les chrétiens (53%), et de l’autre les musulmans chiites (10%).

    Jeune Afrique

  • Esclavage sexuel” et “travail forcé” en RDC, MSF tire la sonnette d’alarme

    Esclavage sexuel” et “travail forcé” en RDC, MSF tire la sonnette d’alarme

    Stop Violence Sexuelles-MSF a dénoncé mercredi les violences que les milices armées des régions minières de l’est de la République démocratique du Congo infligent aux civils. Selon l’ONG, les exploitants clandestins imposent “travail forcé” et “esclavage sexuel” aux populations.

    Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé mercredi 16 juillet les pratiques abusives des milices armées dans des régions minières de l’est de la RDC. Dans un communiqué, l’ONG évoque l’”esclavage sexuel” et le “travail forcé” que les civils subissent dans les mines d’or et de diamants de la réserve de faune des okapis.

    Dans cette réserve, qui se trouve dans le district forestier de la Province-Orientale, plusieurs milices exploitent illégalement le riche sous-sol de la région. Des milliers d’habitants ont déjà fui les violences en quelques mois et se sont réfugié dans la localité de Nia Nia.

    Des “histoires atroces”

    MSF a collecté de nombreux témoignages, des “histoires atroces” qui font état de “meurtres, [d’]actes de torture et [de] viols à répétition”, perpétrés à réunion et sous le regard des proches.

    À Nia Nia, les équipes médicales de l’ONG ont dispensé 3 586 consultations et apporté un soutien psychologique à près de 150 victimes de violences sexuelles, dont 143 femmes, trois hommes et deux enfants.

    MSF a souligné que le niveau de violence et de brutalité des exactions des groupes armés, pourtant fréquentes dans cette zone, avait “sensiblement augmenté”.

    (Avec AFP)

  • Sénégal : carton jaune pour Macky Sall

    Sénégal : carton jaune pour Macky Sall

    Le président sénégalais Macky Sall - AFP
    Le président sénégalais Macky Sall –
    AFP

    -Réduction de la durée du mandat présidentiel, pouvoir d’achat, couverture sociale… Le président sénégalais, Macky Sall, élu il y a plus de deux ans, n’a pas encore tenu ses nombreuses promesses sur le terrain. Un bilan mitigé sanctionné lors des élections locales du 29 juin.

    Dans les rues sans âge de la Médina, les voitures roulent au pas, et slaloment entre les moutons omniprésents… Le linge sèche, suspendu à des cordes tendues au-dessus des trottoirs, où des nuées d’artisans travaillent à ciel ouvert. Dans ce vestige du Dakar populaire, niché à un jet de pierre des hôtels, banques et immeubles d’affaires du quartier du Plateau, Seydou Guèye, le ministre-secrétaire général du gouvernement et porte-parole de l’Alliance pour la République (APR, parti présidentiel), a été sèchement battu lors des élections locales du 29 juin par le candidat de Taxawu Dakar, la liste du socialiste Khalifa Sall, maire de Dakar depuis 2009.

    C’est dans ce quartier centenaire que vit Djily Bagdad, 35 ans, rappeur et activiste membre de Y’en a marre, le mouvement citoyen né en janvier 2011, fer de lance de la mobilisation anti-Wade qui aboutira à l’élection de Macky Sall, en mars 2012. “Les gens ont voté pour Khalifa car il a une vision pour Dakar et il la met en oeuvre sans se préoccuper de savoir s’il sera réélu ou pas.” Selon le militant, c’est ce qui distingue le maire de la capitale du clan présidentiel. “La seule chose qui préoccupe l’entourage de Macky Sall, c’est de se maintenir au pouvoir en 2017. Leur principale ambition, c’est de grossir les rangs de l’APR en vue de la prochaine présidentielle.”

    >> À lire aussi : de Benno Bokk Yakaar au chacun pour soi

    Au soir de sa victoire, le nouveau président avait rendu un hommage appuyé aux “y’en-a-marristes”. Mais pour ces derniers, le départ de Wade n’était qu’une étape. “On l’avait prévenu qu’on resterait une épée de Damoclès et qu’on jugerait son bilan sur pièces”, rappelle Djily. Pour son camarade Cheikh Diarra, 34 ans, les changements tant espérés se font attendre et la Mackymania de 2012 apparaît comme un lointain souvenir. “Certaines dérives qu’on dénonçait sous Wade se reproduisent avec Macky. Quand nous avons manifesté contre le mur érigé sur la Corniche pour construire l’ambassade de Turquie, certains leaders de Y’en a marre ont été arrêtés sans ménagement. Je ne reconnais plus ces gens qui ont marché à nos côtés.”

    À l’instar de nombreux Sénégalais, Cheikh et Djily ne sont pas devenus hostiles à Macky Sall. Mais la “rupture” qu’ils espéraient demeure, à leurs yeux, inexistante. “Au début de son mandat, on a entendu de belles promesses, rappelle Djily : la diminution du train de vie de l’État, la lutte contre la corruption, la réduction de la durée du mandat présidentiel à cinq ans, la baisse du prix de l’essence, dont Macky s’étonnait qu’elle soit plus chère au Sénégal qu’au Mali…” Deux ans et demi plus tard, les deux militants constatent que la politique politicienne a repris ses droits. “Ils ont diminué le nombre de ministres tout en nommant je ne sais combien de ministres-conseillers en marge du gouvernement !” ironise Djily.

    Fatigués de Wade et de son gouvernement

    Depuis plusieurs mois déjà, une expression ironique fait florès dans les milieux populaires sénégalais pour traduire cette déception : Rewmi daffa Macky (d’après Rewmi daffa metti, “le pays est fatigué, le pays va mal”). “Le bilan est négatif, explique Meddoune, un menuisier de 48 ans. Le travail est de plus en plus rare, l’électricité coûte cher, on subit la concurrence des meubles importés, et tout ce que l’État nous propose, ce sont des taxes.” Aissatou Cissé, 34 ans, n’a pas perçu d’amélioration non plus. “Avant, le restaurant qui m’emploie faisait le plein du lundi au dimanche. Aujourd’hui, les clients se font plus rares.” Une opinion entendue maintes fois chez les commerçants, selon lesquels “l’argent ne circule plus”.

    Quand on lui demande si les mesures sociales mises en avant par le gouvernement ont eu un impact sur sa vie quotidienne, Aissatou relativise leur portée. “Des familles déjà installées ont profité d’une baisse de loyer, c’est vrai, mais pour compenser cette décision, les agences et les propriétaires ont gonflé les prix pour les nouveaux arrivants. Il aurait fallu réglementer le niveau des loyers en fonction de la surface et du quartier.”


    Alibeta, Cheikh et Djily, des militants du mouvement Y’en a marre. © Sylvain Cherkaoui pour J.A.

    Maman d’une petite fille de 4 ans, a-t-elle bénéficié de la couverture maladie universelle (CMU), censée assurer la gratuité des soins aux enfants de moins de 5 ans ? “Tout reste à ma charge. Dernièrement, j’ai encore dû payer ses lunettes de ma poche.” En 2012, la jeune femme avait soutenu Macky Sall. “On était fatigués de Wade et de son gouvernement, ils étaient trop arrogants.” Mais le 29 juin, comme la majorité des habitants de la Médina, elle a voté pour Bamba Fall, le candidat de Khalifa Sall.

    Et de citer, en vrac, les mesures adoptées par la mairie de Dakar en faveur des écoliers (distribution de lait, d’un petit déjeuner ou d’uniformes, bourses scolaires pour les familles en difficulté…), le pavage des rues et la densification de l’éclairage public qui ont permis de sécuriser des zones devenues infréquentables à la nuit tombée… Sans parler d’une action qui a marqué de nombreux Dakarois : “Khalifa a osé faire déguerpir les marchands ambulants qui encombraient les rues du Plateau, alors que même les présidents de la République avaient reculé !”

    Pour autant, les déçus du “mackysme” ne jettent pas le bébé avec l’eau du bain. “Macky essaie de restaurer des valeurs, et un certain civisme”, estime l’artiste Alibeta, venu rendre visite à ses amis “y’en-a-marristes” dans son ancien quartier. “J’aimais bien Mimi Touré [Aminata], elle semblait sincère, assure Cheikh. Mais ils ont fini par en faire une politicienne.”

    De la moralisation de la vie publique aux ambitieux projets de développement (Plan Sénégal émergent, Pôle de développement de la Casamance), en passant par la restauration de l’image du pays à l’extérieur après les excès du wadisme finissant, nul ne conteste à Macky Sall un certain volontarisme depuis son élection. Mais dans une capitale où le coût de la vie a explosé sur fond de stagnation des salaires (formels ou informels) et d’absence de protection sociale digne de ce nom, la popularité d’un politique se mesure à l’aune d’améliorations tangibles et rapides, non à celle de chantiers ambitieux qui porteront leurs fruits dans dix ans. “On attend de Macky Sall qu’il améliore notre quotidien, c’est ce message qui lui a été adressé lors de ces locales”, analyse Djily Bagdad.

    Or, à la Médina comme ailleurs dans la capitale, les derniers changements constatés n’ont rien de réjouissant. Sur les marchés, le poisson est devenu inabordable pour les familles modestes et la viande a augmenté. Les coupures de courant ont repris à la pire période (au début de la saison chaude et du ramadan) et celles de l’eau deviennent de plus en plus fréquentes. Et à l’université, les étudiants attendent depuis la rentrée que leur bourse soit versée… “Tous ces professionnels de la politique qui se chamaillent pour obtenir un poste sacrifient l’intérêt du pays. L’histoire récente m’a montré que je ne pouvais pas leur faire confiance”, juge, fataliste, Djily Bagdad.

     
    © Sylvain Cherkaoui pour J.A.

    Khalifa Sall : le cinquième président du Sénégal ?

    Une défiance que la traque aux biens mal acquis, croisade ultramédiatisée du nouveau régime contre les ténors de l’ère Wade, ne semble pas atténuer. “Que Karim Wade soit en prison ou pas, on s’en moque, lance Aissatou Cissé. Les gens sont fatigués de la Crei [Cour de répression de l’enrichissement illicite], ils préfèrent avoir de quoi manger.” En 2017, si la réduction de la durée du mandat présidentiel est finalement adoptée et que son candidat fétiche se présente, Aissatou espère voir Khalifa Sall devenir le cinquième président du Sénégal.

    Avant de rejoindre la réunion hebdomadaire de Y’en a marre aux Parcelles-Assainies, Djily Bagdad exprime un ultime regret : “Nous faisions des campagnes de sensibilisation citoyenne dans les écoles jusqu’à ce que le ministère de l’Éducation nous l’interdise. Le régime nous traite désormais comme des trouble-fête.” Avant de donner à Macky Sall ce conseil d’ami : “Monsieur le président, si vous voulez un second mandat, travaillez comme si celui-ci devait être le dernier.”

    Jeune Afrique

  • « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision » a dit Aubin Minaku

    « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision » a dit Aubin Minaku

    aubin_mianku_mic-Pour le speaker de la chambre basse du parlement, « Touche pas à ma constitution est un discours anti-constitutionnel ».

    Conduisant à Ottawa la délégation des parlementaires de la Rd Congo à la 40ème session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, Aubin Minaku a conféré avec la communauté congolaise. Dans son discours, il a démontré qu’aujourd’hui, grâce à nos enfants (soldats au front), nous avons mis fin à cette guerre récurrente à l’Est qui a longtemps retardé le décollage du pays privant l’économie nationale, plus de quinze années durant, d’une manne importante pouvant contribuer aux programmes de développement.

    Évoquant la question de la révision constitutionnelle, ainsi que la problématique 2016, Aubin Minaku n’a pas usé de la langue de bois pour une fois de plus clarifier la position de la Majorité au pouvoir. « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision. Touche pas à ma constitution est un discours anti-constitutionnel », soutient-il.

    A une certaine époque, aller dans certaines capitales européennes ou américaines pour y tenir de discours ou meeting populaires, était une chose impossible, d’autant plus que certains Congolais qui ne sont pas en odeur de sainteté avec le pouvoir en place à Kinshasa, trouvaient un moyen privilégié pour régler les comptes, en molestant certains ténors de la Majorité présidentielle et nombreux sont ceux-là qui y ont laissé des plumes.

    Mais ces jours, de plus en plus de membres de la Majorité présidentielle peuvent se permettre de réunir des Congolais, afin de leur expliquer comment le pays évolue et quels sont les efforts qui sont fournis tant sur le plan de la démocratie que sur celui du développement. C’est dans cette perspective que Lambert Mende, ministre des Médias et porte-parole du Gouvernement qui était dans la délégation présidentielle lors de la visite officielle du Chef de l’Etat en France, s’est permis de réunir les Congolais à leur ambassade pour se livrer à cet exercice.

    C’est sur la même lancée que Aubin Minaku, Président de l’Assemblée nationale et vice-président de la 40ème Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie a réuni les Congolais à l’ambassade de la Rd Congo à Otawa au Canada. La problématique 2016, la révision de la Constitution, le débat passionnant et passionné suscité autour de l’organisation des prochaines élections, la marche du pays, la gouvernance économique, la justice sociale, la situation sécuritaire dans les Kivu, Aubin Minaku en a longuement débattu, le samedi 5 juillet, avec des leaders de la communauté congolaise d’Ottawa, capitale nationale du Canada.

    Selon une dépêche de Georges Tamba à Otawa, publiée par le Journal L’Observateur, le président de l’Assemblée nationale, cadre du parti présidentiel, a trouvé des mots justes pour expliquer à ses compatriotes – souvent mal informés des problèmes du pays – la démarche du président de la République, Joseph Kabila, ainsi que des pas importants et significatifs accomplis par le gouvernement en place depuis 2011 pour améliorer le fonctionnement de la République et aussi le vécu des populations.

    Il faut dire que Aubin Minaku conduisait à Ottawa la délégation des parlementaires de la Rd Congo à la 40ème Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie qui s’est tenue du 4 au 8 juillet et dont il a assumé la vice-présidence. Un prestige pour ce grand pays francophone longtemps effacé sur la scène internationale, mais qui reprend progressivement sa place. Minaku n’aurait pas voulu quitter le sol canadien sans trouver un temps de dialogue en famille, rencontre informelle du reste très appréciée, avec des leaders congolais d’Ottawa.

    La Rdc a mis fin à la guerre, mais…

    Plus de deux heures de temps d’échange à l’ambassade congolaise pour dire clairement aux congolais-canadiens que le pays attend beaucoup d’eux, que les choses essaient de bouger dans la bonne direction, bref que le Congo retrouve progressivement la voie de la stabilité.

    « Aujourd’hui, grâce à nos enfants (soldats au front), nous avons mis fin à cette guerre récurrente à l’Est qui a longtemps retardé le décollage du pays privant l’économie nationale, plus de quinze années durant, d’une manne importante pouvant contribuer aux programmes de développement », a indiqué Aubin Minaku, avant d’ajouter que pour faire partir l’ennemi des montagnes (du Kivu), nous avons perdu beaucoup de nos enfants, a-t-il renchéri sur un ton d’amertume, avant d’assurer à ses interlocuteurs que « nous avons réellement vaincu (…) et que l’armée a été réorganisée, qu’elle est désormais dissuasive », donc capable de tout comme jamais auparavant.

    Des acclamations dans une salle remplie de quelques militants et sympathisants, témoigne notre correspondant. Tout n’est pas encore parfait, mais l’Est a été globalement purgé des occupants criminels. Il a cependant reconnu l’existence de quelques poches de résistance : encore dans les forêts environ 1200 rebelles hutus rwandais des FDLR et quelques combattants ougandais de ADF-Nalu qui doivent quitter le sol congolais.

    A ce sujet, des représentants du Kivu, qui ne comprennent pas souvent la politique de commandement de l’armée, ont demandé au speaker national d’être un fidèle porte-parole à Kinshasa, d’aller dire au Président Joseph Kabila qu’ils ont beaucoup pleuré et enterré leurs proches, que la République sorte un peu de sa torpeur pour mettre définitivement un terme à l’instabilité dans les Kivu. Ils ont en outre demandé un peu plus de fermeté à l’endroit des criminels, dont certains restent impunis, et que les institutions de la République fassent réellement leur travail pour panser les plaies de ces femmes violées et ces familles déchirées qui ont perdu le sens et même le goût de la vie à cause de cette guerre.

    Ne touche pas à ma constitution est anti-constitutionnel

    Évoquant la question de la révision constitutionnelle ainsi que celle qui donne des insomnies à certains opposants, la problématique 2016, Aubin Minaku n’a pas usé de la langue de bois pour une fois de plus clarifier la position de la Majorité au pouvoir. « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision. Touche pas à ma constitution est un discours anti-constitutionnel », dit-il.

    Par la suite, le Speaker a exhorté les acteurs de l’Opposition comme ceux de la Majorité à communiquer clairement, à cesser de faire de l’hypocrisie. « Il est nécessaire, Majorité comme Opposition, de communiquer (sur la nécessité de la révision de la Constitution, NDLR) pour permettre au pays de sauvegarder l’unité et la stabilité actuelles », insiste-t-il, tout en soulignant le fait qu’on ne voit que le but politicien et on oublie l’essentiel (…).

    Le Président (de la République) l’a déjà dit. Je l’ai déjà dit aussi. Nous allons respecter la Constitution de l’article 1 à 226. Mais pour améliorer la gouvernance de la République, s’il faut réviser certains articles, nous allons le faire. Le peuple nous a donné le pouvoir (d’agir à son compte), a-t-il soutenu avant de dénoncer la démarche contradictoire des évêques qui, en 2006, avaient reconnu des incohérences dans la Constitution mais qui, curieusement, deviennent les défenseurs de la même Constitution !

    « L’Eglise est en train de se contredire fondamentalement », a déploré l’ancien magistrat de Matete et l’élu d’Idiofa. Pour 2016, « nous allons commencer par des élections locales. Le pays a besoin d’avancer. Les élections, nous les avons organisées en 2006 et en 2011. Nous les organiserons aussi en 2016. Les représentants locaux seront élus au suffrage indirect. La CENI en a décidé ainsi et la Majorité est d’accord parce que nous ne voulons pas de ces élections qui vident les caisses de l’État ».

    « Mais en attendant, laissez-nous travailler, tout acte que nous allons poser sera conforme à la Constitution. Le peuple demeure le souverain primaire. Aujourd’hui, il y a une discipline financière et une certaine éthique dans la conduite des affaires de l’Etat. Nous sommes encore à mi-mandat. Nous avons besoin de l’unité et de la stabilité pour aller de l’avant, sauvegarder les acquis ».

    Et pour finir, s’agissant de la nomination de ce Gouvernement de cohésion nationale tant attendu, Aubin Minaku a assuré que le Président de la République va bientôt prendre la décision. Reste que les Congolais de l’étranger ont plus de préoccupations tournées vers la réforme de l’administration publique ainsi que des services connexes de l’État pour faciliter et promouvoir les affaires.

    Ils veulent aussi voir un changement dans la politique de communication, que le débat national cesse d’être partisan, comme c’est encore le cas, qu’il dépasse le cadre individuel ; que Kabila ne soit pas seulement Kabila mais le Président de tous les Congolais. Parce que vu de l’extérieur, on a l’impression qu’il y a ceux qui sont avec lui pour leurs intérêts et ceux qui convoitent d’avoir les mêmes intérêts sans penser au peuple. Minaku a écouté et promis de porter la parole du Canada à Kinshasa. Soulignons que la rencontre s’est déroulée dans une ambiance de famille que le président de la chambre basse congolaise a certainement appréciée.

    L’Avenir

  • La RDC lance un ambitieux programme de parcs agro-industriels

    La RDC lance un ambitieux programme de parcs agro-industriels

    parc-agro-industrielLa République démocratique du Congo a lancé mardi le premier d’une série de parcs agro-industriels destinés à doper le développement du pays et à mettre en valeur l’énorme potentiel de terres arables dont elle dispose.

    Le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a inauguré le site de Bunkanga Lonzo, à environ 220 km à l’est de Kinshasa, aux manettes d’un tracteur tirant un système d’épandage, a constaté un photographe de l’AFP.

    Le parc de Bukanga Lonzo s’étend sur 75.000 hectares. Selon le gouvernement, il a été choisi pour son “potentiel de production à très haute valeur ajoutée : terre arable à fort rendement, disponibilité en eau et facilité d’irrigation, proximité avec la ville de Kinshasa qui constitue un marché et un débouché commercial de plus de 10 millions de personnes”.

    A terme, l’Etat prévoit le lancement de 20 parcs agro-industriels afin de mettre en valeur le potentiel agricole énorme du pays.

    Ravagée par vingt ans de conflits (qui perdurent dans sa partie orientale) et saignée par des décennies d’incurie des pouvoirs publics, la RDC est aujourd’hui un importateur net de denrées alimentaires alors qu’elle dispose, selon les autorités, de 80 millions d’hectares de terres arables et d’une main-d’oeuvre abondante, largement inemployée.

    Le gouvernement du Premier ministre Augustin Matata Ponyo, en fonction depuis avril 2012, a fait du secteur agricole la “priorité fondamentale” de son plan de développement national destiné à faire de la RDC un pays émergent à l’horizon 2030.

    Un parc agro-industriel est “une zone économique spéciale […] aménagée et dotée de services allant de la recherche à la mise sur le marché”, a expliqué le ministre de l’Agriculture, Jean Chrisostome Vahamwiti, rappelant que le gouvernement voulait voir le pays quitter l’ère de l’agriculture de subsistance pour entrer dans celle de l’agro-industrie.

    Pour lancer le parc de Bukanga Lonzo, le gouvernement indique avoir mobilisé 83 millions de dollars. Une société mixte récemment créée, la Sopagri, est chargée de fournir les services, les équipements et les intrants agricoles pour ce site dont la gestion a été confiée à un consortium sud-africain, Africom.

    Les premiers semis et plantations de maïs et haricots doivent avoir lieu en septembre pour une récolte aux alentours de février-mars 2015.

    AFP