Author: Don Kayembe

  • Lettre ouverte au Peuple congolais

    Lettre ouverte au Peuple congolais

     

    Joël Asher Lévy-Cohen *
    Joël Asher Lévy-Cohen *

    -‘‘L’Autorité divine qui ordonne au Roi d’être juste défend au Peuple d’être esclave’’
    Maximilien de Robespierre
    Par Joël Asher Lévy-Cohen
    Peuple congolais,
    Le lundi 28 novembre 2011, des élections frauduleuses manifestement cautionnées par la Communauté internationale qui ‘‘sponsorise’’ le génocide en République démocratique du Congo ont reporté au pouvoir le général-major Joseph Kabila Kabange. Fort de cette imposture aux allures de sélection par les puissances étrangères, ce dirigeant-gendarme a complètement verrouillé l’appareil de l’État. Il a muselé le système politique et le jeu démocratique au point de violer comme bon lui semble l’édifice constitutionnel, pourtant largement placé au-dessus de sa volonté personnelle. Aussi a-t-il confisqué les entreprises publiques. Celles-ci sont pratiquement devenues la vache à lait du clan familial, la caverne d’Ali Baba des intérêts politico-militaro-maffieux et tribalo-ethniques.
    À ce propos, la République démocratique du Congo est, à vrai dire, fort éloignée de la prédiction faite par l’oracle belge Louis Michel, d’ailleurs tuteur autoproclamé du jeune tyran, selon laquelle Joseph Kabila Kabange est, à n’en pas douter, ‘‘une chance inestimable pour l’avenir de ce géant d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs’’. En effet, depuis le coup d’État sanglant du 17 janvier 2001 ayant éliminé physiquement le chef mercenaire postmarxiste et poststalinien Mzee Laurent-Désiré Kabila, votre pays demeure englué dans la crise de légitimité politique. Depuis ce pronunciamiento rendu possible par les forces armées angolaises et zimbabwéennes et ayant porté au pouvoir cet ancien sociétaire des forces de défense rwandaises (FDR), votre État demeure paralysé à tous points de vue.
    Paralysie politique accentuée par la volonté de confisquer indéfiniment le pouvoir et l’absence de concorde entre toutes les familles de pensée. Paralysie économique aggravée par des politiques publiques sans consistance et sans clarté, sans direction précise et, surtout, sans orientation sérieuse. Bref des politiques publiques qui bradent indéniablement le patrimoine national et mettent littéralement le pays en coupe réglée.
    Paralysie sociale indubitablement accentuée par l’absence de volontarisme politique, de cohérence administrative et d’adhésion populaire et, surtout, la mise en place d’un système éhonté de racket des revenus de travailleurs, ainsi que des fonds affectés au développement humain. Paralysie culturelle aggravée par l’inversion des valeurs morales et de la pyramide de compétences techniques et professionnelles, faisant naturellement de votre Congo le seul et unique pays de la planète où ‘‘l’intelligence est incontestablement au service de la médiocrité et de la bêtise’’. Le seul et unique pays du monde où ‘‘les gens sans foi ni loi gouvernent au détriment de la multitude et de la Collectivité publique’’.
    Peuple congolais,
    Depuis le 26 janvier 2001, date de l’assermentation présidentielle de Joseph Kabila Kabange, votre Pays, la République démocratique du Congo n’existe véritablement que de nom. C’est, en réalité, un État comateux, végétatif, avec un peuple somme toute zombifié. En effet, la puissance publique et administrative est incapable de se déployer concrètement sur l’ensemble du territoire national. L’Autorité politique et gouvernementale de l’État, incarnée par ce dirigeant adoubé par des intérêts internationaux, est évidemment incapable de défendre l’intégrité physique du pays. Elle s’avère, par voie de conséquence, inapte à protéger ses limites territoriales.
    Depuis cette date, votre Pays est délibérément enfermé dans un cul-de-sac irréversible. Otage d’un système cautionné par les tenants du désordre international, la République démocratique du Congo ne peut absolument pas décoller. Votre État, pourtant doté d’immenses ressources physiques et matérielles, ne peut, en aucune manière, entrevoir à moyen, court et long terme, comme perspective souhaitable voire respectable, le développement économique de la Collectivité publique ainsi que le progrès social de sa population. Cela est d’autant plus vrai que les concepteurs et promoteurs du génocide en terre congolaise, en l’occurrence les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et l’ancienne puissance coloniale, la Belgique, ont décidé le parrainage à Kinshasa d’un pouvoir totalement faible. Celui-ci est, en fait, animé par bon nombre de mercenaires locaux et étrangers avec qui ils pourraient négocier, en tout temps et en toute quiétude, l’effondrement du château national. Et ce à vos dépens.
    À preuve, leur obsession pathologique à parrainer coûte que coûte des gouvernements d’union nationale qui servent de blanchissage, donc de recyclage, aux massacreurs du droit international, aux violeurs des libertés fondamentales et aux assassins des droits de la personne humaine qu’ils brandissent, pourtant, à titre de rempart et de préservation de la paix et de la sécurité. À preuve, leur soutien inconditionnel à tous les criminels et génocidaires au service de leurs causes funestes, qu’ils présentent comme une solution viable et incontournable à la crise qu’ils ont artificiellement provoquée pour l’affaissement de la Collectivité publique. À preuve, leur acharnement à vous embarquer dans d’autres dynamiques politiques présentées à tort comme la panacée à la crise dont pâtit, depuis des lustres, le pays.
    À cet égard, point n’est besoin de céder au chant des sirènes. Point n’est besoin de participer activement au processus électoral dans lequel la Communauté internationale, promotrice attitrée du génocide au Congo, compte vous embarquer en 2016. En effet, comment peut-on s’engager, en toute franchise et en toute sincérité, dans une dynamique électorale d’ailleurs pilotée par les mêmes fossoyeurs de la République démocratique du Congo ? Comment peut-on s’engager dans un processus politique et électoral curieusement vicié voire délibérément corrompu par les pupilles de puissants intérêts internationaux ? Comment peut-on s’engager dans un processus politique et électoral préalablement piégé et malignement détourné, dont les profondes causes ne sont jamais sérieusement traitées voire même résolues, et dont les conséquences prévisibles sont manifestement niées ?
    Peuple congolais,
    Il y a bel et bien eu, le lundi 28 novembre 2011, des scrutins présidentiel et législatif. Dans le secret des urnes et malgré le cafouillage délibérément provoqué cette journée, le vainqueur que vous avez désigné est connu de tous. Y compris de cette même Communauté internationale promotrice du génocide en République démocratique du Congo. À preuve, celle-ci a effectivement envoyé à Limete son ‘‘fondé de pouvoir’’ à Kinshasa en vue de signifier de vive voix à votre avocat de céder le pouvoir politique à l’imposteur étranger au cas où il ne lui plairait aucunement de nommer ‘‘Léon Lobitch’’, de sinistre mémoire, à la tête du gouvernement pourtant national. En d’autres termes, les résultats desdites consultations ont été, à vrai dire, l’œuvre des intérêts extérieurs qui récusent votre émancipation. Quelle démocratie de pacotille !
    Comme il en est vraiment ainsi, il vous appartient, en réalité, en tant que Souverain primaire, d’exiger sans concession, sans condition et sans compromis, le retour à la démocratie. Cela passe par la reconnaissance officielle de sa défaite électorale par l’imposteur et sa disponibilité permanente à assurer la passation des pouvoirs avec le vrai vainqueur des élections présidentielle et législatives du lundi 28 novembre 2011. C’est de cette seule manière que le processus politique en République démocratique du Congo sera complètement relancé, remis sur les rails. Toute autre solution en réalité échafaudée dans le but d’ignorer carrément votre volonté politique sera vaine. Elle est purement et simplement vouée à l’échec.
    Peuple congolais,
    Ne prêtez point le flanc aux distractions émanant directement des fossoyeurs de la République démocratique du Congo recyclés, contre toute attente, en défenseurs patentés de la Nation. Devant leurs élucubrations et gesticulations qui ne sont point sans rappeler les mimiques du singe moqueur du chasseur et perché dans un arbre, posez-vous la question de savoir pourquoi ceux-ci ont effectivement tué dans l’œuf la véritable Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992, pourtant salvatrice de la Nation et de l’État. Posez-vous, sans gêne et sans retenue, la question de savoir pourquoi en leurs temps de gestionnaire politique et administratif du pays, ils ont étranglé votre démocratie et, surtout, asphyxié votre liberté. Pourtant, la promotion de cet esprit d’indépendance et de dignité par cette plénière devrait permettre à votre Collectivité publique de décoller et, par voie de conséquence, de s’inscrire parmi les Nations les plus dignement développées.
    Méfiez-vous comme de la peste de celles et ceux qui vous abreuvent à longueur de journée de purs mensonges. Ils vous font accroire dans leurs propagandes qu’ils disposent des agendas de Kabila, qu’ils maîtrisent jusque dans les moindres détails l’emploi de temps de l’imposteur. Ces derniers donnent l’impression qu’ils sont capables d’un baroud d’honneur qui n’est pas sans rappeler les exploits intrépides d’un certain justicier du cinéma d’action ‘‘Rambo’’. Cependant, plus les années passent tranquillement, plus l’on se rend compte que ce sont, à n’en point douter, des ‘‘bluffeurs’’ attitrés.
    Peuple congolais,
    Méfiez-vous comme de la peste de celles et ceux qui prennent des initiatives spectaculaires au profit des populations de l’Est du pays. Ce sont, en réalité, des opérations destinées à endormir l’opinion publique nationale. Ces acteurs sont, en fait, des chevaux de Troie du pouvoir en place pour infiltrer les forces de l’Opposition politique et non-armée. Ils sont au service de mêmes intérêts sordides qui ont placé au pouvoir tous les criminels maffieux qui ont dirigé ou dirigent la République démocratique du Congo. En vérité, ceux-ci dînent nuitamment avec vos geôliers et vos bourreaux. N’oubliez jamais qu’ils ont eu l’outrecuidance de fabriquer artificiellement tant le CV que la biographie de l’étranger doublement imposteur et mercenaire qu’ils prétendent combattre avec acharnement aujourd’hui !
    Méfiez-vous viscéralement de l’Opposition dite institutionnelle et républicaine. Ces gens ne sont pas vos représentants nationaux. Ils siègent dans les institutions de la République démocratique du Congo pour nouer les deux bouts du mois. Ils y sont pour échapper uniquement aux affres du chômage et de la précarité matérielle. Ils y sont pour des besoins alimentaires, la satisfaction de leurs tubes digestifs. Ils n’y sont pas pour défendre effectivement vos droits les plus sacrés. Ceux-ci sont, à n’en pas douter, ‘‘la caution morale’’ de l’imposture politique. Aussi sont-ils effectivement ‘‘le paravent’’ du système dictatorial, d’ailleurs parrainé par la mafia internationale à vos dépens. En vérité, ce sont eux qui ‘‘légitiment’’ le fameux coup d’État électoral du lundi 28 novembre 2011, lequel est entièrement préjudiciable aux intérêts vitaux du sanctuaire national et dommageable à la prospérité et la sécurité de la Nation.
    Peuple congolais,
    Aujourd’hui, vous avez certes le choix. Un choix somme toute cornélien. Soit rester indéfiniment esclave en participant activement ou passivement à votre propre mort lente, d’ailleurs, décidée de l’extérieur. Dans ce cas, vous êtes sans nul conteste complices et coauteurs de votre propre sort. Soit vous faire violence en acceptant d’arracher votre liberté et votre dignité au prix du sang des Martyrs. Dans ce cas, vous acceptez d’écrire l’histoire de la liberté humaine en lettres de feu et d’or.
    À cet effet, il vous revient d’utiliser tous les moyens en votre possession afin d’arracher votre indépendance et votre souveraineté. Ce qui vous permettra d’assurer sans contrainte, sans entrave, votre avenir et le devenir de vos enfants et petits-enfants. Ce faisant, ayez toujours à l’esprit cette maxime du révolutionnaire et avocat français du 18e siècle, Maximilien de Robespierre : ‘‘Le premier principe des hommes libres est d’exterminer tous les traîtres’’.
    À bon entendeur salut !
    Joël Asher Lévy-Cohen
    Journaliste indépendant

  • Côte d’Ivoire :François Hollande rencontre l’opposition ivoirienne

    Côte d’Ivoire :François Hollande rencontre l’opposition ivoirienne

    HOLLANDE-Dominée par des sujets économiques, la visite de François Hollande en Côte d’Ivoire ce jeudi 17 juillet a aussi été marquée par sa rencontre avec les partis de l’opposition en début de soirée, dont un tête-à-tête de 15 minutes avec le FPI. Après la Côte d’Ivoire, le président Hollande se rend au Niger et au Tchad, où il sera question du nouveau dispositif français de lutte anti-terroriste au Sahel. 

    L’accueil réservé au président français à son arrivée à l’aéroport de la capitale économique ivoirienne a été chaleureux. Le chef de l’Etat français compte sur ce déplacement pour conforter la place des très nombreuses entreprises françaises implantées en Côte d’Ivoire, dont la France est le premier partenaire commercial. Mais lors de sa conférence de presse avec le président Ouattara, François Hollande a aussi évoqué la réconciliation politique. Et il a montré en exemple la Côte d’Ivoire. Il souhaite que beaucoup de pays d’Afrique organisent à leur tour des élections apaisées et pleinement démocratiques. 

    Malgré la satisfaction exprimée par le chef de l’Etat français sur la manière dont la Côte d’Ivoire, sous la présidence d’Alassane Ouattara a réussi à se redresser trois ans après une violente crise qui a fait officiellement 3 000 morts, François Hollande a maintenu une rencontre avec l’opposition ivoirienne en général et en particulier un tête-à-tête avec le président du FPI, l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan.

    Une incongruité lors d’une visite officielle, mais une façon aussi pour le président français de faire pression sur le pouvoir, pour qu’il ouvre le jeu démocratique. Mais ce n’est pas pour autant une victoire pour le FPI, le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo.

    A l’approche de la présidentielle d’octobre 2015 en Côte d’Ivoire, François Hollande a dit à Pascal Affi N’Guessan que « quand les élections sont organisées de manière libre et transparente, le FPI doit y participer s’il veut exister demain ». 

    Le FPI pose la question de la transparence. Il critique notamment la composition de la nouvelle commission électorale indépendante et refuse encore de nommer son représentant à cette CEI. Pascal Affi N’Guessan souhaite que la France conseille au pouvoir ivoirien d’instaurer une commission électorale consensuelle.

    Renseignement et lutte contre le terrorisme au menu de la tournée de Hollande

    Le président français est ce vendredi 18 juillet au Niger avant de se rendre samedi au Tchad. Déplacement quelques jours après l’annonce de « Barkhane », l’opération régionale française dans le Sahel destinée à contrer notamment la menace terroriste.

    Niger et Tchad sont devenus les pivots de la nouvelle doctrine de l’armée française au Sahel. Niamey accueille les principaux moyens de renseignement, avec notamment des drones et environ 500 hommes.

    A Ndjamena, on trouve un millier d’hommes, le poste de commandement, chargé de conduire les opérations dans toute la zone et la principale base aérienne.

    Avec la fin de Serval, la France a décidé d’élargir son action à toute la bande sahélienne. Outre le Niger et le Tchad, l’armée sera présente aussi au Burkina Faso, en Mauritanie et au Mali. Total des effectifs : 3 000 hommes, auxquels s’ajoutera l’appui des cinq pays de la région, et l’aide américaine.

    Tout cela ne sera pas de trop, tant la situation est loin d’être réglée. Le Nord-Mali est toujours instable. Le trafic, notamment en armes, reste actif, les chefs terroristes n’ont pas été éliminés et ils constituent toujours une sérieuse menace. La preuve encore avec l’attaque-suicide hautement symbolique, le 14 juillet à Almoustarat.

    Avec son dispositif, la France veut être plus réactive. Depuis l’an dernier, huit responsables d’Aqmi et AL Mourabitoune auraient été éliminés par l’armée française.

    rfi

  • Etienne Tshisekedi «n’est pas hospitalisé»

    Etienne Tshisekedi «n’est pas hospitalisé»

    L’opposant congolais Etienne Tshisekedi n’a pas été vu en public depuis plusieurs mois. Comment va-t-il ? Comment l’UDPS réglera-t-elle ses conflits internes pour se mettre en ordre de bataille pour les élections en RDC ? Secrétaire national de l’UDPS chargé des relations extérieures, Félix Tshisekedi, assure que son père n’est pas hospitalisé.

    Comment va Etienne Tshisekedi ? C’est une question autour de laquelle beaucoup spéculent à Kinshasa. On a dit le président de l’UDPS hospitalisé, voire même paralysé. Son fils, Félix Tshisekedi, assure qu’il se porte bien, et qu’il n’est pas hospitalisé.

    « On ne le voit pas… Evidement, ça alimente la rumeur », reconnaît celui qui est aussi le secrétaire national chargé des relations extérieures. « Nous on le met à l’abri de tout ça, pour le ménager d’abord et ne pas trop le surcharger. Il a déjà sa santé à recouvrer », a assuré Félix Tshisekedi, invité de la rédaction Afrique de RFI, jeudi soir. L’opposant congolais a dû, selon son fils « aller une ou deux fois à des consultations. C’est normal. Il ne doit pas recevoir des soins qu’à la maison. Donc, il y a parfois nécessité de se déplacer, d’aller en observation, des choses comme ça. Mais il n’est pas hospitalisé. Il est à la maison, il récupère tout à fait normalement. »

    Evoquant les rumeurs concernant une éventuelle paralysie d’Etienne Tshisekedi, il affirme qu’il convient d’attendre. « On verra dans quelques semaines, lorsqu’il sera là. On verra qui – de ceux qui disent ça et de nous – avaient raison », a-t-il martelé.

     

    [Etienne Tshisekedi] n’est pas hospitalisé. Il est à la maison, il récupère tout à fait normalement.
    Félix TshisekediFils de l’opposant Etienne Tshisekedi 18/07/2014 – par Sonia Rolley écouter

     RFI

  • Obama(s) contre Clinton(s), la guerre est-elle vraiment déclarée ?

    Obama(s) contre Clinton(s), la guerre est-elle vraiment déclarée ?

     

    L'ancien et le nouveau président des États-Unis se détestent-ils ? L’ancien et le nouveau président des États-Unis se détestent-ils ? © MANDEL NGAN / AFP

    Barack, Bill, Michelle et Hillary ne sont certes pas les meilleurs amis du monde. Mais se haïssent-ils autant que le prétend l’auteur d’un livre récent ?

    Dans son nouveau livre, Blood Feud (“sanglante querelle”), le journaliste américain Edward Klein poursuit son entreprise de démolition de la présidence Obama. Déjà auteur d’un pamphlet contre le premier président noir intitulé The Amateur (2013), il se penche cette fois sur les relations censément détestables entre les couples Obama et Clinton.

    “Je hais Obama plus que n’importe qui au monde”, aurait ainsi déclaré Bill Clinton, qui n’aurait jamais pardonné à son successeur ses allusions à son racisme supposé lors de la campagne électorale de 2008.

    Depuis, l’animosité entre eux ne se serait jamais démentie, même s’ils sont parfois obligés de faire semblant. Pendant la campagne de 2012, Clinton aurait ainsi pris l’engagement de soutenir Obama au cours d’une partie de golf. En échange, il aurait obtenu du président qu’il soutienne Hillary en 2016. Perfide, ce dernier aurait quand même glissé : “Vous savez, Michelle ferait aussi une très bonne candidate !”

    Les relations entre les deux épouses ne seraient d’ailleurs pas franchement affectueuses.

    Les relations entre les deux épouses ne seraient d’ailleurs pas franchement affectueuses. Michelle aurait même surnommé Hillary The Hildebeest, contraction de wildebeest – “gnou” en anglais – et de Hillary. Klein affirme que Michelle pourrait un jour briguer le poste de sénateur de l’Illinois. Quant à Bill, il serait convaincu qu’Obama préférera Joe Biden, son vice-président, à Hillary pour la présidentielle de 2016.

    Un adoubement pour 2016 ?

    Bien sûr, il est probable que l’auteur a tendance à exagérer. Clinton et Obama, c’est vrai, ne sont pas les meilleurs amis du monde, mais le premier a quand même prononcé un extraordinaire discours lors de l’investiture du second devant la convention démocrate de Charlotte, en 2012.

    Et puis, en janvier 2013, le président et son ex-secrétaire d’État n’ont-ils pas participé de concert à une émission sur CBS, ce qui est apparu à nombre d’observateurs comme une sorte d’adoubement pour 2016 ? Ils se voient d’ailleurs régulièrement, la dernière fois fin mai, lors d’un déjeuner improvisé à la Maison Blanche. Et puis, comment croire qu’Obama puisse miser sur Biden, qui aura 74 ans en 2016 ?

    Klein, il ne s’en cache pas, est ultraconservateur. Et ses livres contiennent nombre d’affirmations sujettes à caution.

    Klein, il ne s’en cache pas, est ultraconservateur. Et ses livres contiennent nombre d’affirmations sujettes à caution. En 2005, par exemple, dans un ouvrage éreinté par la critique, il avait prétendu que Hillary était lesbienne. Et dans son avant-dernier, il soutient que c’est Clinton lui-même, dans une conversation privée, qui aurait traité Obama d’”amateur”, ce qu’un porte-parole de l’intéressé a formellement démenti.

    La controverse n’avait en tout pas empêché le livre de caracoler en tête des ventes. Et Blood Feud pourrait bien suivre le même chemin.

    Jeune Afrique

  • Brésil 2014: Un Mondial du fric et du fiasco

    Brésil 2014: Un Mondial du fric et du fiasco

    Luis Suarez-La débâcle de l’équipe hôtesse, le festival des portiers de but, la transparence des grandes stars, l’attribution injustifiée et controversée des prix à certains joueurs, un système de jeu fade et sans inspiration, une finale insipide, des matchs arrangés dans la discrétion des bureaux, la corruption de maints artistes du ballon rond, etc. Tel est en réalité le bilan footballistique et peu reluisant de cette coupe du monde de football au pays du ballon rond.

    Par Joël Asher Lévy-Cohen *

    Après un mois de déroulement sans anicroches majeures, le rideau tombe finalement sur le fameux Mondial 2014 organisé en terre brésilienne et qui a nécessité plusieurs années de préparation. Cette compétition footballistique qui regroupe trente-deux sélections nationales, d’ailleurs qualifiées en fonction de leurs zones géographiques respectives, s’achève par la maigre victoire de l’Allemagne sur l’Argentine (1 – 0)[i]. Ce qui est une grande première pour une équipe européenne. En effet, le Vieux Continent n’a jamais vraiment réussi à s’imposer sur le sol des Amériques.

    Ce que tout le monde gardera malheureusement de cette vingtième édition de la Coupe du monde de football, ce sont les coûts astronomiques de son organisation matérielle. Celle-ci nécessite, réellement, un décaissement de plus de dix milliards de dollars US. Corruption aidant, la plupart des infrastructures matérielles sont délibérément surfacturées, comme à l’accoutumée, au détriment de la Collectivité publique. Sans compter que ce tournoi légendaire se fait l’apôtre et l’agent servile de l’injustice sociale. En effet, ce Mondial est, à maints égards, l’occasion d’expropriations sauvages. Ces opérations ciblent pratiquement les communautés déjà défavorisées par nature et, surtout, déshumanisées par un système socioéconomique sans foi ni loi.

    Pis, sur le plan purement sportif, donc spécifiquement footballistique, ce tournoi de 32 Nations s’avère un véritable fiasco. D’abord au niveau de l’arbitrage qui se révèle d’un amateurisme totalement flagrant et à ne pas faire pâlir les Béotiens. Ensuite, au niveau du système de jeu pratiqué et des stratégies adoptées par la grande majorité des équipes nationales. Sur ce terrain, la virilité l’emporte souvent aisément sur la créativité et le fair-play. Pour ainsi dire, le talent à l’état pur n’a vraiment jamais été au rendez-vous. Même le grand pays du ‘‘Futbol’’ s’y est totalement compromis.

    Hormis les puissances moyennes, tels le Mexique, le Chili ou le Costa Rica qui pratiquent néanmoins un football de rêve et séduisent avec un niveau de jeu fort généreux et susceptible d’égayer l’âme des dieux de l’Olympe, les amoureux du ballon rond ne voient pratiquement sur le terrain de football que des banquiers en short, tout comme en mal d’argent. Ceux-ci ont plutôt droit à de minables spectacles interprétés de bout en bout par des professionnels de la casse en mal d’agression physique et des anthropophages ou vampires de service, nettement en mal de sang humain. Comme quoi l’axe ou le centre de gravité du hooliganisme antisportif tant décrié s’est déplacé, fort malheureusement, des tribunes vers la pelouse.

    Ce qui est clair, ce tournoi est visiblement marqué par l’absence des joueurs d’exception ou de race. Cette compétition est manifestement marquée par la carence des artistes de rêve susceptibles de susciter l’émotion, de faire basculer avec maestria un match ou le cours d’une partie fort serrée. Bien des nostalgiques regrettent amèrement la grande époque du mythique Edson Arantes do Nascimento, dit ‘‘Roi Pelé’’ ou du légendaire Diego Armando Maradona, alias ‘‘El Pibe de Oro’’. Eux avaient, au moins, l’art et la science du football très scotchés à leurs pieds magiques.

    Ceci revient à dire que les grandes stars de la planète ou méga-vedettes du ballon rond jouissent certainement, de nos jours, d’une renommée plutôt entièrement surfaite par les médias. Ce sont moins des talents disciplinaires que des produits publicitaires artificiellement fabriqués par leurs clubs respectifs pour des raisons strictement mercantilistes. Le prototype même de ce fiasco footballistique est à vrai dire la grande étoile argentine Lionel Messi à qui le légendaire Diego Armando Maradona, dit ‘‘El Pibe de Oro’’, avait affirmé avant le début de la finale que ‘‘son heure de gloire avait sonné’’ et qu’’’il n’avait pas d’autre choix que soulever le Trophée tant convoité et prétendre au Sacre suprême’’.

    Force est de reconnaître que, lors de cette finale qui ne restera nullement dans les annales du football, ce joueur est manifestement passé à côté de son étoile qui a pâli. Il a été, pour ainsi dire, complètement transparent. Donc absent. Celui-ci a incontestablement joué en-deçà de son potentiel, du talent lui normalement reconnu par les spécialistes du ballon rond et les aficionados. Pourtant, cette virtuose brille indéniablement au firmament du championnat espagnol (la Liga). Il est, surtout, très réputé pour ses prouesses techniques, acrobatiques et athlétiques, entre autres avec le club barcelonais ‘‘Barça’’.

    Toutefois, il existe, sans contexte, quelques notes positives et même encourageantes à mettre au crédit de cette Coupe du monde 2014. Hormis le fait que le Mondial est un moment de fraternisation entre les Nations et Peuples de la Terre, l’Humanité tout entière assiste à la féminisation des tribunes. En effet, la gent féminine s’est vraiment approprié cette fête du ballon rond. D’ailleurs, force est de souligner que les deux pays finalistes sont, en réalité, gouvernés par des femmes. À savoir : ‘‘Cristina Elisabet Fernández de Kirchner’’ pour l’Argentine et ‘‘Angela Dorothea Merkel’’ pour l’Allemagne. Ce qui est en soi tout un symbole. C’est également la première fois dans l’histoire de la coupe du monde que la grande finale oppose deux pays dirigés par des femmes. Sans compter que le chef de l’État de la Nation hôtesse est également une femme : ‘‘Dilma Vana Roussef’’ du Brésil.

    Ce Mondial démontre aisément que le football est un sport devenu plus que jamais une valeur familiale. Donc, Brésil 2014 est, à tout point de vue, un Mondial des familles. Cela est d’autant plus vrai que les parents, souvent accompagnés de leurs rejetons, prennent d’assaut les tribunes en vue de supporter leurs équipes chéries. C’est une tendance qui s’est fortement développée, ces dernières années, dans le championnat brésilien de football. En effet, les parties de match y sont très souvent précédées par la présentation des familles de joueurs accompagnés de leurs jeunes enfants et de leurs belles épouses sur la pelouse du terrain de jeu.

    Du Mondial des femmes, des familles et des enfants, Brésil 2014 s’est rapidement transformé en Mondial des pleurs. En effet, trop de larmes ont coulé sur la joue du public fin connaisseur en raison de la contre-performance de plusieurs sélections nationales. Mondial 2014 aura donc été la coupe du monde des émotions à fleur de peau. Chose gravissime, il n’a même pas su enrayer la vague raciste – [ce grand mal du siècle] – exportée par des supporters occidentaux ou européens dans ce pays kaléidoscopique. Malgré maintes campagnes de sensibilisation, le monde entier est estomaqué de voir surtout les Allemands et les Croates interpréter allégrement des chansons dignes de l’époque nazie ou proférer des injures racistes lorsque leurs équipes nationales croisent le fer avec des sélections négro-africaines.

    Par ailleurs, cette coupe du monde restera dans la mémoire collective comme le Mondial aux accents carnavalesques. Brésil 2014 restera bien entendu dans les esprits et dans les annales historiques comme le Mondial des ‘‘gais lurons’’ ou ‘‘joyeux lutins’’. Dans la moiteur tropicale et la chaleur accueillante du Brésil, chaque peuple de la planète rivalise, en effet, d’ingéniosité pour arborer des costumes auréolés de couleurs nationales et, surtout, étrenner des habits dignes d’excentricité. Par conséquent, du Mondial sportif et footballistique, Brésil 2014 s’avère incontestablement le Mondial des cultures planétaires célébrant l’Humanité dans toute sa diversité, dans la joie et l’harmonie, dans la fraternité et la solidarité.

    Seule véritable fausse note dans ce concert planétaire et harmonieux, dans cette communion sportive et humaine, pendant que le Mondial culmine au pays de la Samba foot, les armes crépitent très lourdement au Proche-Orient. Dans cette sous-région, la trêve n’a pas de nom. Le répit n’a pas non plus de visage. Tout ceci à cause de l’intolérance et du terrorisme aveugle.

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

     

    [i]Un but d’anthologie de Mario Götze de Bayern de Munich sur une passe décisive d’André Schürrle de Chelsea.

  • François Hollande en Côte d’Ivoire, une visite en 3D

    François Hollande en Côte d’Ivoire, une visite en 3D

    François Hollande et Alassane Ouattara, le 4 décembre 2013 à Paris.
    François Hollande et Alassane Ouattara, le 4 décembre 2013 à Paris. © Mehdi Fedouach/AFP

    François Hollande débute ce jeudi sa mini-tournée africaine par une visite en Côte d’ivoire. Une première étape à la tonalité très économique, mais pas seulement.

    François Hollande connaît bien Alassane Ouattara, le très cher ami de son très cher ennemi, Nicolas Sarkozy. Depuis son élection en mai 2012, le Français a déjà reçu l’Ivoirien à quatre reprises à Paris et l’a croisé dans plusieurs sommets. Mais il n’a jamais mis les pieds à Abidjan. Pour sa première visite officielle en Côte d’Ivoire, jeudi 17 juillet, le président français, qui sera accompagné par trois ministres (Laurent Fabius, Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Défense, et Annick Girardin, Développement et Francophonie), par cinq parlementaires et par quelques célébrités (voir ci-dessous), endossera trois costumes pour une visite en trois dimensions.

    Le VRP

    Cette visite est placée sous le signe de la coopération… ou du business, question de point de vue. Hollande jouera tantôt au bon samaritain, en signant des conventions, tantôt au VRP de luxe, en louant les compétences des industriels français. Objectif : préserver les liens privilégiés qui unissent les deux pays et les intérêts français qui sont (timidement) menacés par la concurrence asiatique et américaine. La coopération économique entre les deux pays est “étroite et inscrite sur le long terme”, indique-t-on à l’Élysée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : on trouve dans le pays 200 filiales d’entreprises françaises et pas moins de 400 petites et moyennes entreprises (PME) tenues par des Français, ce qui représente près de 35 000 emplois et 50% des impôts sur le bénéfice qui entrent dans les caisses de l’État ivoirien.

    Soumis à concurrence ces derniers temps, Paris entend bien rester “aux premières loges”, selon les mots d’un collaborateur de Hollande, dans un pays qui frôle une croissance à deux chiffres depuis trois ans. Le programme de ce voyage, initialement prévu en début d’année, mais que le président français avait dû repousser en raison des soucis de santé de son homologue ivoirien, est donc très “éco”.

    Bouygues, Méheut, Lafont… Une cinquantaine de chefs d’entreprises français sont attendus à Abidjan.

    Après son arrivée à l’aube, Hollande a prévu de rencontrer une délégation de chefs d’entreprises français puis d’embarquer sur un bateau pour une promenade sur la lagune Ebrié. L’occasion pour lui d’admirer le chantier du troisième pont en construction, œuvre française (Bouygues). Et d’évoquer avec ses interlocuteurs les problèmes liés à la pollution (“on pensera très fort à l’affaire Trafigura”, précise un de ses proches), à l’assainissement et à l’urbanisme : autant de domaines dans lesquels le secteur privé français a des arguments et l’État ivoirien des besoins…

    Ces questions seront d’ailleurs au menu du Forum d’affaires consacré au thème de la “ville durable”, organisé en marge de cette visite officielle par le Medef International et la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGE-CI), et que les deux chefs d’État clôtureront en début d’après-midi, après un tête-à-tête au palais présidentiel. Une cinquantaine de chefs d’entreprises français sont attendus à Abidjan, parmi lesquels le magnat du BTP et des médias, Martin Bouygues, le patron de Canal+, Bertrand Méheut, et plusieurs représentants des grosses boîtes françaises (Vinci, Alstom, Thalès, Suez Environnement, Orange, Veritas, etc) qui n’ont pas toujours fait dans le « développement durable », si ce n’est celui de leurs profits. Vincent Bolloré, bien en cours à Abidjan, n’est pas du voyage mais le patron de Bolloré Africa Logistics, Dominique Lafont, est quant à lui annoncé.

    Le gendarme

    Si ce voyage sera “principalement économique”, ainsi que l’indique l’Élysée, il aura également une portée sécuritaire – l’un et l’autre n’étant pas forcément inconciliables… Hollande ne saluera pas ses troupes de la force Licorne qui occupent le camp de Port-Bouët – Le Drian s’y est plié il y a deux mois -, mais il profitera de sa virée sur les eaux de la lagune pour visiter le dernier patrouilleur acquis par la marine ivoirienne – patrouilleur livré il y a moins d’un mois par une entreprise française, Raidco Marine. “La Côte d’Ivoire est très engagée dans la lutte contre la piraterie, c’est un partenaire de choix“, précise-t-on au ministère de la Défense. Abidjan pourrait accueillir à terme un centre de formation régional destiné à former les Africains à la lutte contre la piraterie et financé en partie par la France.

    Les dossiers chauds à évoquer avec Ouattara à l’heure du déjeuner sont nombreux : Mali, Sahel, Nigeria, centrafrique…

    Les dossiers chauds à évoquer avec Ouattara à l’heure du déjeuner sont nombreux : le Mali évidemment, où le chef d’État ivoirien a joué un rôle crucial en tant que président de la Cedeao lors du déclenchement de l’opération Serval et où il compte des troupes, mais aussi le nouveau dispositif militaire français dans la bande sahélo-saharienne, dans lequel la base d’Abidjan jouera un rôle majeur, et la situation au Nigeria et en Centrafrique.

     

    Le conciliateur

    Lors de leurs tête-à-tête, à l’heure du déjeuner mais aussi au cours du dîner d’État quelques heures plus tard, les deux présidents devraient également aborder la question hautement sensible de la “réconciliation nationale”. “Nous voulons pousser au dialogue. Nous estimons que rien ne s’oppose à une normalisation”, indique une source diplomatique française. Pour faire bonne figure, Hollande doit rencontrer dans l’après-midi (après avoir reçu un “accueil populaire” au centre-ville) quatre ONG œuvrant à la promotion des droits de l’Homme et à la préservation de l’environnement.

    Plus important : une entrevue est programmée peu avant la tombée de la nuit avec les partis d’opposition, dont le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, jadis proche du Parti socialiste français. “Nous les encouragerons à participer au dialogue”, précise-t-on à l’Elysée.

    Mais qui dit réconciliation dit aussi justice. Les enquêtes sur les disparitions, durant la dernière décennie, des Français Guy-André Kieffer, Yves Lambelin et Frantz di Rippel, ou encore la situation de Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président interdit de sortie du territoire et qui possède la double nationalité (française et ivoirienne) : tout cela devrait être discuté. À Paris, on estime en effet que certaines affaires n’avancent pas assez vite. Mais plutôt que de le dire en ces termes, on préfère jouer la carte de la coopération. Pour “accélérer” certaines procédures, la France signera une convention avec la Côte d’Ivoire portant sur 25 millions d’euros, et visant à la formation (de juges, d’avocats) et à la construction de bâtiments de justice. “La justice manque de moyens”, explique-t-on dans l’entourage du président, sans aller jusqu’à dire qu’elle manque aussi de volonté.
    Il est peu probable, par contre, que Ouattara évoque avec Hollande les ennuis judiciaires de son ami de 30 ans, Nicolas Sarkozy.

    Jeune Afrique

  • Expatriés : les villes africaines toujours plus chères!

    Expatriés : les villes africaines toujours plus chères!

     

    Vue de Luanda, 1ère ville au classement Mercer, 3e à celui de ECA International.
    Vue de Luanda, 1ère ville au classement Mercer, 3e à celui de ECA International. © AFP

    Les classements 2014 des cabinets Mercer et ECA International montrent que les villes africaines sont toujours plus chères pour les expatriés. En cause : une dépendance forte vis-à-vis des importations et des taux de change défavorables pour les économies du continent.

    Elles sont 2 dans le top 10, 5 dans le top 25, et 13 dans le top 50. Publié jeudi 10 juillet 2014, le classement du cabinet Mercer des villes les plus chères pour les expatriés fait de plus en plus la part belle aux capitales africaines, avec en tête Luanda (qui culmine aux premières places depuis plusieurs années) et N’Djamena (qui passe du 4e au 2e rang).

    Viennent ensuite Libreville (19e + 2 places), Kinshasa (20e + 13) et Lagos (25e + 11), puis Brazzaville (28e + 12), Bamako (29e + 10), Conakry (34e + 12), Abuja (36e + 13), Dakar (40e + 11), Abidjan (43e + 5), Douala (44e + 2) et Yaoundé (45e +11). Lomé, ex-æquo avec Ouagadougou, et Casablanca ne figurent quant à elles respectivement qu’aux 105e et 107e place mais progressent considérablement (+8, +26 et +18).

    Le classement des 25 1ères villes du classement Mercer 2014 (cliquer pour agrandir) :

    À titre de comparaison, Londres n’apparaît qu’à la 12e place, New-York à la 16e et Paris la 27e. Luanda et N’Djamena devancent ainsi facilement Hong-Kong et Singapour, mais aussi les villes suisses de Zurich et Genève, puis Tokyo, Berne, Moscou et Shanghaï (à la 14e place, juste devant Pékin).

    Exemples de prix de biens de consommation courante dans plusieurs villes du classement (en dollars, cliquer pour agrandir) :

    Importation et inflation

    “Alors que Luanda et N’Djamena sont des villes relativement peu coûteuses, elles sont très chères pour les expatriés, puisque la plupart des biens de consommation est importée”, explique Ed Hannibal dans un communiqué de Mercer. “En outre, trouver un hébergement sûr qui réponde aux normes occidentales peut être difficile et très coûteux aussi”, ajoute-t-il.

    Les études de Mercer et de ECA International font apparaître une ressemblance de taille : la forte progression des villes africaines.

    L’étude compare les prix dans 211 villes et mesure les coûts de plus de 200 articles, en prenant en référence la ville de New-York et en mesurant les effets de change par rapport au dollar américain. Mais elle prend tout son sens si on la compare à une autre, celle publiée le 10 juin par le cabinet ECA International, spécialiste de la gestion de l’expatriation, qui fait apparaître une ressemblance de taille : la très forte progression des villes africaines.

    Douze d’entre elles figurent en 2014 dans le top 50 du classement (contre 13 pour Mercer) : Luanda (3e) et Djouba (9e), avant Brazzaville (12e), Libreville (14e), Pointe Noire (15e) et Kinshasa (19e). La percée la plus remarquable est celle de Conakry, qui passe en un an du 82e rang mondial en 2013 au 43e, “devançant” ainsi… Lagos (45e) et Londres (46e). Abidjan gagne quant à elle une 20e de places en deux ans, passant du 54e rang mondial en 2012 à la 30e position en 2014. Il en est de même pour Dakar, 33e cette année contre 47e un an avant…

    Selon ECA International, ces deux dernières villes sont même plus chères – toujours pour les expatriés – que Manhattan (39e), Bruxelles (40e) ou encore le centre de Londres (46 e)… Reste que le top 20 des deux classements est toujours dominé par des villes asiatiques ou européennes. Mais pour combien de temps ?

    Le classement Mercer des 10 villes les moins chères pour les expatriés (cliquer pour agrandir) :


  • Les Africains aiment les États-Unis, révèle une enquête (américaine)

    Les Africains aiment les États-Unis, révèle une enquête (américaine)

    african-american-Le monde, mais surtout l’Afrique, conserve en 2014 une image positive des États-Unis, selon l’enquête annuelle de l’institut de recherche américain, le Pew Research Center.

    Révélations d’espionnage, opposition à l’usage de drones, controverses autour de son action ou de son inaction militaire au Moyen-Orient, la réputation des États-Unis n’est a priori pas sortie indemne de cette année 2014. Et pourtant, la puissance américaine conserve une image positive dans de nombreuses régions du monde et plus particulièrement en Afrique, c’est en tout cas ce qu’affirme l’enquête mondiale 2014 publiée lundi 14 juillet par le centre américain Pew Research Center.

    L’Afrique toujours séduite

    L’Afrique est la région qui abrite le pourcentage le plus élevé d’opinions positives à l’égard des États-Unis. La moyenne globale est de 65% d’avis favorables, tandis qu’elle grimpe à 74% pour les sept pays africains interrogés. Le taux le plus faible (30%) est atteint au Moyen-Orient.

    “Les Africains expriment une vision particulièrement positive de l’Amérique. Dans les sept pays interrogés, de fortes majorités soutiennent les États-Unis”, indique le rapport. Ainsi 80% des Kenyans sondés, 77% des Ghanéens, 75% des Tanzaniens et 74% des Sénégalais ont une opinion favorable des États-Unis. Des pourcentages qui sont néanmoins en baisse par rapport à l’année 2013.

    Le Moyen-Orient défiant

    Excepté en Israël (où 84% de la population soutient la puissance américaine), les avis négatifs sont la norme dans les pays du Moyen-Orient interrogés. Il s’agit de l’”unique région où l’Anti-Américanisme est à la fois profond et généralisé”, précise le Pew Center.

    Seulement 10% des Égyptiens, 12% des Jordaniens, 19% des Turcs et 30% des Palestiniens ont une vision positive du pays Nord-américain. Le score est moins dramatique au Liban (41%) ainsi qu’en Tunisie (42%), seul pays sondé au Maghreb.

    L’étude révèle également des différences de point de vue au sein même des pays, selon l’âge, l’ethnie et la religion des personnes interrogées. Un gap générationnel existe donc entre les jeunes, globalement plus favorables aux États-Unis, et leurs ainés. 

    Dans des pays comme le Liban, de grandes divergences sont observées entre d’un côté les musulmans sunnites (55% d’avis positifs) et les chrétiens (53%), et de l’autre les musulmans chiites (10%).

    Jeune Afrique

  • Esclavage sexuel” et “travail forcé” en RDC, MSF tire la sonnette d’alarme

    Esclavage sexuel” et “travail forcé” en RDC, MSF tire la sonnette d’alarme

    Stop Violence Sexuelles-MSF a dénoncé mercredi les violences que les milices armées des régions minières de l’est de la République démocratique du Congo infligent aux civils. Selon l’ONG, les exploitants clandestins imposent “travail forcé” et “esclavage sexuel” aux populations.

    Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé mercredi 16 juillet les pratiques abusives des milices armées dans des régions minières de l’est de la RDC. Dans un communiqué, l’ONG évoque l’”esclavage sexuel” et le “travail forcé” que les civils subissent dans les mines d’or et de diamants de la réserve de faune des okapis.

    Dans cette réserve, qui se trouve dans le district forestier de la Province-Orientale, plusieurs milices exploitent illégalement le riche sous-sol de la région. Des milliers d’habitants ont déjà fui les violences en quelques mois et se sont réfugié dans la localité de Nia Nia.

    Des “histoires atroces”

    MSF a collecté de nombreux témoignages, des “histoires atroces” qui font état de “meurtres, [d’]actes de torture et [de] viols à répétition”, perpétrés à réunion et sous le regard des proches.

    À Nia Nia, les équipes médicales de l’ONG ont dispensé 3 586 consultations et apporté un soutien psychologique à près de 150 victimes de violences sexuelles, dont 143 femmes, trois hommes et deux enfants.

    MSF a souligné que le niveau de violence et de brutalité des exactions des groupes armés, pourtant fréquentes dans cette zone, avait “sensiblement augmenté”.

    (Avec AFP)