Author: Don Kayembe

  • les drones de l’ONU livrent leurs premières images

    les drones de l’ONU livrent leurs premières images

    image drone-Deux mois après la mise en service des premiers drones, le Conseil de sécurité des Nations unies a pu visionner les premières images recueillies par ces appareils de surveillance déployées au-dessus de la région de Goma. Les membres du Conseil ont visionné un film censé montrer la pertinence de ce déploiement. Equipés de caméras sophistiquées détectant les sources de chaleur, ces appareils peuvent voir la nuit, par temps couvert, mais aussi au travers des feuilles de la forêt.
    De notre correspondant à New York,
    Une moto qui circule sur un chemin de terre, un groupe de gens assis sur le seuil d’une maison, un homme qui creuse le sol : ces images d’une précision étonnante ont été capturées à plus de 4 000 mètres d’altitude par l’un des drones de surveillance de l’ONU, au-dessus de Goma. La vidéo de six minutes est une démonstration destinée à montrer aux membres du Conseil de sécurité l’utilité des drones déployés en RDC depuis le 3 décembre 2013.
    Equipés de caméras infrarouges détectant les sources de chaleur, ces appareils pilotés depuis un centre de commandement de l’ONU à Goma peuvent voir la nuit, par temps couvert et sous une certaine épaisseur de forêt. Deux mois après le lancement de deux premiers drones, les officiels onusiens ne tarissent pas d’éloges sur ce nouvel instrument. « Nous pouvons voir les mouvements des personnes observées, leurs activités. Si vous restez au-dessus d’une certaine zone, les drones permettent de transmettre des informations en temps réel. Cela est très utile pour renseigner nos forces sur le terrain sur la position des groupes armés et leur permettre de se déployer pour empêcher une attaque », avance Nick Birnback, le porte-parole du département des opérations de maintien de la paix à New York.
    Précision étonnante
    Les drones peuvent détecter sans problème les armes portées par les combattants. Il est même possible, grâce à la signature thermique, de déterminer le point d’origine d’un tir de mortier. « Pour l’instant, nous faisons voler les appareils à basse altitude. Le but est de se faire entendre et de dire aux groupes armés que nous sommes là. Nous cherchons un effet dissuasif », confie l’un des responsables du programme. En prenant de l’altitude, le bourdonnement de cet œil invisible sera imperceptible.
    L’ONU est déjà capable d’observer avec précision les mouvements des groupes armés et les déplacements de civils et des réfugiés. « Si nous avions eu cet outil lors de la prise de Goma, nous aurions pu voir et anticiper tous les mouvements du M23 », regrette le militaire. La nuit, les drones observent également des colonnes humaines traverser la frontière vers le Rwanda, sans doute chargées des précieux minerais exploités dans les Kivu et exportés illégalement.
    Renforcement du dispositif
    Le programme est encore en phase de test. Un appareil a été endommagé le 15 janvier suite à un atterrissage mal contrôlé. « Une simple erreur de pilotage », se rassure-t-on à l’ONU. Deux appareils sont actuellement en service. Ils seront cinq au mois d’avril. L’ONU s’est assuré les services d’une société italienne qui fournit les appareils, la maintenance et le pilotage des drones.
    Le feu vert au déploiement de ces drones a été difficile. L’ONU a dû surmonter la réticence d’Etats membres suspicieux à l’idée de voir l’organisation s’équiper de moyens de surveillance. Les drones ne peuvent être déployés qu’avec l’accord du pays concerné.
    Les drones sont peu coûteux. Ce programme est évalué à 15 millions de dollars par an. A peine 1% du budget global de la Monusco, la force de l’ONU en RDC, forte de plus de 20 000 hommes. « Les drones ne sont pas une solution miracle, mais cela permet à nos forces d’avoir plus d’impact là où c’est nécessaire, assure Nick Birnback convaincu que le maintien de la paix est entré dans l’ère moderne ».
    Déjà les officiels onusiens parlent de l’étendre ce programme à d’autres terrains, au Soudan du Sud ou en Centrafrique si une mission de maintien de la paix doit y voir le jour.
    Rfi

  • “Il n’y a plus de démocratie aux États-Unis”

    “Il n’y a plus de démocratie aux États-Unis”

    Capitol_Hill-Lawrence Lessig combat activement la corruption gangrenant le Congrès.

    Professeur de droit à l’université de Harvard, Lawrence Lessig est spécialisé dans la propriété intellectuelle. Il vient de recevoir le titre de docteur honoris causa de l’UCL. Grand défenseur de la liberté sur Internet, il s’est lancé dans un combat contre la corruption de la politique américaine. Pour se faire entendre, le professeur a organisé une marche traversant le New Hampshire, un Etat très attaché aux principes démocratiques. Son but, réformer le système de financement des campagnes électorales pour diminuer l’emprise des lobbies sur le Congrès. Si rien ne change d’ici aux prochaines élections, en 2016, il estime que la démocratie américaine sera perdue pour les trente prochaines années.

    En quoi la démocratie est-elle menacée aux Etats-Unis ?

    Il n’y a pas de véritable démocratie aux Etats-Unis. Bien sûr, chaque voix a la même valeur lors des élections, mais une infime partie de la population participe au financement des campagnes électorales. Une étude a démontré que les membres du Congrès passent 30 à 70 % de leur temps à lever des fonds auprès des cent cinquante grandes entreprises ou institutions donatrices. Une fois élus, députés et sénateurs sont particulièrement attentifs à ce que désire cette minorité. Ils ont beaucoup d’influence, c’est une violation du principe de démocratie. Ils ne représentent même pas la frange riche de la population américaine.

    Avez-vous des exemples de lois adoptées sous la contrainte de ces donateurs intéressés ?

    Le meilleur moyen de tirer avantage du Congrès est de bloquer les changements législatifs. Un très bon exemple est la réforme de la législation sur les armes. Malgré tous les massacres perpétrés dans les écoles, Barack Obama a présenté une loi très timide. Pourtant, 90 % de la population et 70 % des membres de la NRA étaient favorables à un encadrement plus sévère. Mais la direction de la NRA a convaincu les membres du Congrès qu’ils perdraient leur siège s’ils adoptaient une réforme trop agressive.

    C’est donc les lobbies qui mènent la danse au Congrès ?

    Un autre exemple est très parlant. En 2011, entre la crise économique, le problème du plafond de la dette, le climat et le chômage, les sujets de discussion ne manquaient pas. Pourtant, la préoccupation numéro 1 du Congrès était toute autre. Les élus ont principalement débattu des commissions prélevées lors des paiements par carte de crédit. Faut-il augmenter ou baisser cette commission, telle était la grande question. Les membres du Congrès savaient que des millions de dollars de donations dépendaient de leur choix. Pourtant, ce sujet était très éloigné des préoccupations des Américains.

    En 2002, une réforme a supprimé le financement direct des partis. L’argent va aux comités d’action politique qui sont chargés d’aider les candidats à se faire élire. Mais cela ne change rien au problème car on sait très bien qui financent ces comités et quels candidats ils supportent.

    C’est à cause de ces lobbies que les allocations de chômage à long terme ont été supprimées ?

    Je ne pense pas qu’un lobby ait fait campagne pour supprimer les allocations de chômage. Simplement, le Congrès doit épargner de l’argent pour diminuer le déficit. Les chômeurs et les étudiants sont une cible facile car il n’y a personne pour les défendre. C’est la même chose pour les petits éleveurs de bétail. Le système actuel favorise les grandes exploitations qui produisent des céréales subsidiées pour nourrir leur bétail. Les producteurs qui nourrissent leur bétail avec de l’herbe sont hors-jeu car ils ne sont pas subsidiés. Comme ils ne financent pas les campagnes électorales, il n’y a personne pour les défendre.

    Cette marche organisée dans le New Hampshire, c’est pour dénoncer ce système ?

    C’est la troisième fois que nous organisons cette marche qui a un impact médiatique considérable dans le New Hampshire. Nous organiserons une marche plus importante l’année prochaine pour soulever cette problématique à l’échelon national. Nous aimerions que le sujet soit au cœur de la campagne pour l’élection présidentielle de 2016. Car si aucune réforme n’est adoptée d’ici là, la démocratie sera perdue pour les trente prochaines années aux Etats-Unis.

    Vous préconisez que les gens financent les campagnes, mais est-il réaliste de faire payer la population ?

    Les Américains paient déjà d’une façon ou d’une autre. L’Etat dépense chaque année 90 milliards de dollars en subsides pour les entreprises. Les compagnies pétrolières reçoivent 5 milliards de dollars, l’industrie du sucre 10 milliards de dollars. Tout cela sans aucun bénéfice pour l’intérêt général. Un financement public des partis coûterait seulement 3 milliards de dollars par an. Et cela rendrait le Congrès plus libre pour supprimer les subsides aux entreprises.

    La corruption est-elle si importante au Congrès ?

    Je pense que c’est avant tout le système qui est corrompu. Les membres du Congrès ne reçoivent pas directement des pots de vin de la part des entreprises. La majorité des élus font leur travail honnêtement. Le seul problème, c’est qu’ils sont dépendants des dons pour mener campagne. Ils favorisent donc les donateurs qui ont permis leur élection.

    La Libre. be

  • Vital Kamerhe délogé d’une maison de l’Etat à Kinshasa

    Vital Kamerhe délogé d’une maison de l’Etat à Kinshasa

    kamerhe-L’opposant Vital Kamerhe a été délogé vendredi 7 février d’une résidence officielle de l’Etat qu’il occupait depuis 2004, année où il assumait les fonctions de ministre de l’information. Jusque ce matin, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) continuait à évacuer ses biens de cette maison sise rue Mweneditu à Kinshasa. L’opposant actuellement trainé en justice par une députée de la majorité crie à l’acharnement. Le porte-parole du gouvernement affirme pour sa part qu’un préavis a été adressé à M. Kamerhe en bonne et due forme.

    « Je n’ai pas dormi cette nuit et on m’a dit que je dois terminer le déménagement à 7 heures du matin. J’ai posé la question mais qu’est-ce qu’on fait de la loi, parce que même un locataire de la cité, on lui donne un préavis. J’ai demandé un jour un préavis et ils ont refusé », affirme l’opposant Vital Kamerhe.

    Il déclare en outre louer cette maison depuis qu’il avait cessé d’être ministre de l’Information.

    « Cette maison je la loue en tant que Vital Kamerhe. Je paye régulièrement le loyer et j’ai un contrat de bail en mon nom. Aujourd’hui, c’est la seule maison de l’Etat qui reste encore sur cette avenue, toutes les autres maisons ont été vendues au maximum 12 000 dollars. Et moi-même à l’époque on m’avait proposé de la prendre, il y avait même un arrêté qui me l’avait été attribué. J’y avais renoncé parce que nous devons prêcher par l’exemple », a joute-t-il.

    Le président de l’UNC place cette affaire dans un contexte d’acharnement qui viserait sa personne :

    « Il y a beaucoup d’histoires qui sont évidemment cachées. Et j’ai compris que c’est un acharnement qui a commencé d’abord avec l’histoire de la DGM, ensuite le ministre des Médias qui m’a consacré une conférence de presse pour me traiter de tous les maux, et il y a aussi eu le procès avec Mme Wivine Moleka où le ministère public demandait qu’on me condamne de 3 ans ferme avec effet immédiat », a-t-il indiqué.

    Ancien secrétaire général du PPRD, le parti présidentiel, et ex-président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a été contraint à la démission en 2009 après avoir critiqué les opérations militaires menées conjointement par les Forces armées rwandaises et congolaises contre les FDLR au Nord-Kivu. Depuis 2010, il est à la tête de l’UNC un parti d’opposition.

    Vous pouvez suivre le son de Vital Kamerhe:

    « Récupérer la maison de l’Etat, voilà tout »

    En réaction, le ministre des Médias, Lambert Mende, affirme que tout ce que Vital Kamerhe dit « est totalement faux ».

    « Cette maison est une maison de fonction. C’est-à-dire, une résidence attachée au ministère de la Communication et des Médias de l’époque, aujourd’hui ministère des Médias, Relations avec le Parlement et Initiation à la nouvelle citoyenneté », souligne-t-il, avant de préciser :

    « Nous voulons récupérer la maison de l’Etat, voilà tout ».

    Lambert Mende dit ne pas comprendre par quelle « alchimie il [Vital Kamerhe] soit devenu locataire » de la maison de l’Etat.

    « On ne peut pas imaginer que M. Kamerhe ait reçu cette maison lors de la remise-reprise qu’il avait effectuée avec l’ancien ministre, M. Kikaya, et que je ne sais par quelle alchimie. Le Procès verbal de remise-reprise peut vous être remis à tout moment », ajoute le ministre des Médias.

    Pour Mende, si le président de l’UNC prétend être un locataire, « c’est par un artifice tout à fait illégal qui a été anéanti par le ministère de l’Urbanisme ».

    Lambert Mende précise que le ministre de l’Urbanisme, qui gère les biens du domaine de l’Etat, lui avait demandé de libérer « avec dignité » cette maison en 2010.

    « Le 12 décembre 2010, le ministre de l’Urbanisme de l’époque, le député César Lubamba, a écrit à M. Kamerhe pour lui dire qu’il mettait fin à ce contrat de bail parce que le bien devrait rentrer dans la réserve de  ce qu’on appelle les résidences de fonction de l’Etat. Lorsque le ministère voulait déjà renter dans le droit de son bien immobilier, on lui a dit [à Kamerhe] que celui qui a signé avec lui le contrat jusqu’à la fin 2010 l’a fait illégalement mais qu’on le laissait quand même jusqu’à la fin de 2010 », souligne le ministre des Médias.

    Selon lui, le ministère de l’Urbanisme avait donné un préavis de 3 mois à Vital Kamerhe.

    « On lui a donné un préavis de 3mois en décembre 2010 pour libérer la maison. Cela courrait jusqu’à mars 2011. Nous sommes aujourd’hui en 2014, les 3 mois se sont transformés en 3 ans. M. Kamerhe n’est pas du tout fondé pour dire qu’on ne lui a pas donné un délai pour partir, il a abusé de la patience de l’Etat », indique Lambert Mende.

    Vous pouvez aussi suivre le son de Lambert Mende:

  • Vital Kamerhe empêché de voyager pour Goma

    Vital Kamerhe empêché de voyager pour Goma

    KAMERHE- KABILA-Le président du parti de l’opposition Union pour la nation congolaise (UNC) a été empêché ce vendredi 7 février de voyager pour Goma où il devait se rendre avec des membres de son parti. L’opposant avait déjà embarqué à bord de l’avion qu’il avait affrété à l’aéroport de Ndolo lorsque, selon lui, la Régie des voies aériennes (RVA) a ordonné au pilote de ne pas décoller.

    « On vient de nous signifier que les autorités du pays viennent de refuser à l’avion de décoller avec Kamerhe à bord pour Goma avec sa délégation », a déclaré Vital Kamerhe, joint au téléphone à partir de l’avion vers 11 heures. Vital Kamerhe affirme que la raison de cette interdiction de vol ne lui a pas été signifiée.

    Mais il croit savoir que les autorités ont « peur de ce que la population va démontrer aux yeux du monde : la consécration d’un leader accepté par toute la population du pays ».

    « Je voudrai que la population [de Goma] sache que nous étions déjà dans l’avion », indique-t-il, déclarant qu’il attend d’être informé des raisons de cette interdiction de vol.

    Joint au téléphone, le patron de la RVA qui affirme se trouver dans un hôpital a déclaré que son entreprise ne gère que la piste de l’aéroport de Ndolo.  Selon lui, c’est l’Autorité de l’aviation civile qui donne l’ordre de décoller.

    Le directeur général de l’Aviation civile contacté peu avant midi affirme également se trouver dans un hôpital. Il dit ne pas être au courant de ce qui se passe à l’aéroport de Ndolo et promet de s’enquérir de la situation.

    En janvier dernier, l’UNC avait fait état d’une mesure d’interdiction de quitter le territoire national visant son président, Vital Kamerhe.

    Dénonçant « un acte de provocation », ce parti avait expliqué avoir contacté le ministre de l’Intérieur «  pour avoir la lumière sur ce dossier ». Ce dernier aurait affirmé n’être pas au courant d’une telle mesure.

    Interrogé à ce sujet, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, avait démenti l’existence d’une interdiction de voyager visant l’opposant Vital Kamerhe.

    Il avait expliqué que cette prétendue interdiction de voyager dénoncée par l’UNC serait plutôt « une sorte de syndrome de victimisation » que manifestent « certains éléments de l’opposition pour faire parler d’eux ».

    Ce même vendredi 7 février, Vital Kamerhe a été délogé d’une maison de l’Etat qu’il occupait depuis 2004 quand il était ministre de l’Information. Il estime avoir été délogé illégalement et sans respect du contrat de bail parce qu’il louait cette maison. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende a indiqué qu’un préavis avait été adressé à M. Kamerhe depuis 2010 mais que ce dernier n’a jamais quitté la maison.

    Radio Okapi

  • Le quatrième Kabila

    Le quatrième Kabila

    kabila- serment-Sur ce diamant brut niché dans l’écrin du bassin du fleuve Congo qu’est la RD Congo, beaucoup a été dit et écrit. À commencer par la chronique de ce gigantesque gâchis qui, cinquante-trois ans après son indépendance, fait de cette République d’environ 70 millions d’habitants (les chiffres varient considérablement selon les sources), dont la moitié a moins de 15 ans, un pays que même Nelson Mandela aurait été bien en peine de gouverner… Un ovni dans le concert des nations, bonnet d’âne en matière de développement humain, alors que son potentiel, minier, agricole ou énergétique, est tout simplement ahurissant.

    Les responsables de ce naufrage ? Les Congolais eux-mêmes, bien sûr, mais pas seulement : grandes puissances et voisins s’y sont longtemps “amusés” dans l’ombre comme on joue au Monopoly, et ce n’est pas fini. L’avenir ? On le souhaite enfin serein à défaut d’être radieux. Mais il y a bien longtemps que l’on a appris à se méfier des promesses et des miracles aux allures de mirages.

    À seulement 42 ans, Joseph Kabila en a passé treize à la tête de ce géant indomptable. Qu’on l’aime ou non, une chose est sûre : sa mission n’était guère une sinécure et rien ne dit qu’un autre aurait fait mieux à sa place. Il a hérité, en janvier 2001 et presque par hasard, d’un pays qui n’en était pas un. Une mosaïque de clans et de provinces aux intérêts antagonistes, qui ne savaient que se battre pour le pouvoir et où le chacun pour soi était devenu une véritable religion. Un territoire sans économie, gangrené par une corruption sans limites et une insécurité permanente, dépourvu d’infrastructures tenant encore debout, aux ressources humaines (bien) formées insuffisantes. Et où ce qui tenait lieu de classe politique ressemblait plutôt à un panier de crabes se disputant les restes faisandés d’un tilapia…

    Personnage surprenant, secret et mutique que ce Joseph Kabila. Le jeune homme modeste, héritier d’un pouvoir dont personne ne peut affirmer qu’il le désirait vraiment, a un temps fait rêver les Congolais. C’était le premier Kabila. À partir de 2006 et jusqu’à récemment, peut-être sous la funeste emprise de Raspoutines équatoriaux, il dériva progressivement vers les rivages de l’autocratie et de l’opacité érigée en mode de gouvernance.

    Et puis un troisième Kabila semble être né, tirant à l’évidence les leçons de la pitoyable présidentielle de novembre 2011. Plus ouvert, certainement débarrassé d’influences néfastes, plus mature, plus audacieux. Le binôme parfaitement complémentaire qu’il forme avec son Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, semble avoir remis le pays sur des rails prometteurs. Le discours, lui aussi, a changé. Ceux qui ont écouté son adresse à la nation du 23 octobre dernier, prononcée devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, n’ont certainement pas reconnu l’homme qui n’était jusqu’ici guère réputé pour ses talents de tribun. Son diagnostic sévère mais juste d’un pays rongé de l’intérieur, aux allures d’autocritique, sa main tendue à l’opposition et à la société civile, l’expression d’une réelle volonté de changement des pratiques mais aussi des mentalités et des comportements ont largement étonné, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.

    En attendant de savoir si Kabila respectera ou non la Constitution, et alors que le bruit court qu’il songerait de plus en plus à un scénario à la Poutine-Medvedev version congolaise, voire à faire un break de cinq ans pour mieux revenir, il ne sera jugé que sur un seul critère, toujours le même : le respect de la parole donnée. S’il veut laisser son empreinte, comme on lui en prête la volonté farouche, dans l’histoire guère reluisante de son pays, c’est le seul chemin qu’il peut désormais emprunter. Surtout s’il souhaite qu’un quatrième Kabila puisse voir le jour…

    Jeune Afrique

  • Les brebis égarées du M23

    Les brebis égarées du M23

    Leaders du m23-On les soupçonne de préparer de nouvelles attaques dans l’est de la RDC. Mais les anciens rebelles du Mouvement du 23-Mars, officiellement dissous, affirment au contraire vouloir rentrer dans le rang.

    “Des sources crédibles font état de la poursuite du recrutement militaire [et] d’une résurgence d’activités du M23 en Ituri.” À écouter Martin Kobler, le chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RD Congo (Monusco), le 13 janvier, on pourrait croire que les ex-rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) sont sur le point de faire à nouveau le coup de feu dans l’est du pays, à partir du Rwanda et de l’Ouganda, où s’est réfugiée la majorité d’entre eux. Comme les autorités congolaises, les responsables onusiens fondent leurs soupçons sur la relative liberté de mouvement dont bénéficie dans ces deux pays l’ex-mouvement rebelle, officiellement dissous après les accords de décembre 2013.

    Les anciens chefs du M23, parmi lesquels le “général” Sultani Makenga, se déplacent très facilement en Ouganda. “Pour nous, ce sont des réfugiés, se justifie Ofwono Opondo, porte-parole du gouvernement ougandais. Ils ne sont pas formellement inculpés. Nous n’avons donc aucune raison de les arrêter.”

    Les hommes de troupe ont été regroupés dans le camp de Kasese, situé à une vingtaine de kilomètres de la frontière. Selon une source onusienne, ils peuvent circuler aisément. Au moins trois officiers de l’ex-M23 et leurs hommes se trouveraient d’ailleurs sur le territoire congolais, selon une source interne au mouvement.

    Le scénario d’une relance des hostilités par l’ex-M23 ne paraît pas crédible à court terme.

    Toutefois, le scénario d’une relance des hostilités par l’ex-M23 ne paraît pas crédible à court terme. Les hommes qui avaient pris la ville de Goma fin 2012 ne sont plus en état de menacer directement la RD Congo. Après leur défaite militaire, en novembre dernier, le gros des troupes a laissé derrière lui l’essentiel de son matériel, puis traversé la frontière ougandaise, et Kampala affirme les avoir désarmées. “Le moment serait très mal choisi pour mener une nouvelle attaque, analyse Jason Stearns, chercheur et ancien coordonnateur du groupe d’experts de l’ONU sur la RD Congo. S’il le faisait aujourd’hui, le M23 ne pourrait pas nier qu’il s’appuie sur l’Ouganda et le Rwanda. C’est intenable politiquement.”

    Certains imaginent pouvoir participer au futur gouvernement de “cohésion nationale”

    Les ex-rebelles ne cherchent d’ailleurs plus à tenir le terrain, et les principaux groupes armés agissant dans le Nord-Kivu sont désormais les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF-Nalu) et les Hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), que l’armée congolaise tarde à mettre hors d’état de nuire, au grand dam de Kampala et de Kigali.

    Les ex-M23 attendent beaucoup de la déclaration de Nairobi, qu’ils ont signée avec le gouvernement de Kinshasa le 12 décembre au terme de longues négociations. Certains imaginent pouvoir participer au futur gouvernement “de cohésion nationale”. Et la majorité d’entre eux compte bénéficier de l’amnistie promise à tous ceux qui ne sont pas soupçonnés d’exactions.

    Le mouvement espère enfin que cette amnistie pourra également bénéficier à son ancien mentor, Laurent Nkunda. L’ex-chef du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), rébellion dont le M23 n’était que la continuation, est en résidence surveillée au Rwanda depuis cinq ans, mais continue de jouir d’une belle popularité chez ses anciens compagnons d’armes. “La loi d’amnistie sera générale et impersonnelle, note sobrement François Muamba, chargé par Kinshasa du suivi des négociations. Elle est donc applicable à tous ceux qui en rempliront les critères.”

    À Kampala, Bertrand Bisimwa, chef politique de l’ancien M23, n’imagine pas pour sa part que le Rwanda soit un obstacle. “Je n’ai pas de contact avec le gouvernement rwandais, mais il détient Nkunda pour des raisons politiques, notamment à la demande du Congo. Je ne vois pas quel problème sa libération pourrait lui poser.”

    Jeune Afrique

  • Etienne Tshisekedi restructure et nomme à la Présidence de l’Udps

    Etienne Tshisekedi restructure et nomme à la Présidence de l’Udps

    Logo_UDPS-DECISION N0  132/UDPS/PP/014 DU 28 JANVIER 2014, PORTANT REAMENAGEMENT
    DE LA PRESIDENCE DU PARTI ET NOMINATION DE SES MEMBRES
    Le Président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, <<
    UDPS >> en sigle ;
    Vu les Statuts du Parti tels que modifiés, complétés et corrigés a ce
    jour, spécialement en leurs articles 16,22 et 23 points 3, 4,11 et 12
    ;
    Vu le Règlement Intérieur du  Parti tel que  modifié, complété et
    corrigé  à  ce jour, spécialement en ses articles 30 point 3 ainsi que
    31 ;
    Vu la Décision n0 004/UDPS/PP/011 du 10 janvier 2011 portant
    nomination des membres de la Présidence du Parti ;
    Vu la Décision n0 060/UDPS/PP/011 du 24 Aout 2011 portant
    Réaménagement des membres de la Présidence du Parti ;
    Vu la Décision n0 082/UDPS/PP/012 du 24 Mai 2012 portant Réaménagement
    des membres de la Présidence  du Parti ;
    Vu la Décision n0 087/UDPS/PP/012 du 24 Mai 2012 portant Réaménagement
    des membres de la Présidence ;
    Vu la Décision n0 104/UDPS/PP/012 du 24 Octobre 2012 portant
    nomination des membres de la Présidence du Parti ;
    Vu la Décision no 111 /UDPS/PP/013 du 02 /04/2013 portant créations
    des départements ;
    Vu la Décision n° 112/UDPS/PP/013 du 02 /04/2013 portant nomination
    des membres de la Présidence du Parti ;
    Vu l’urgence et la nécessité ;
    DECIDE :
    Article 1 :     Est nommé Secrétaire Général du Parti : Me MAVUNGU PUATI Bruno.
    Article 2 :     Sont nommés Secrétaires Généraux Adjoints, les personnes
    dont les  noms suivent au regard de leurs domaines de coordination :
    1.    Secrétaire Général Adjoint Chargé des Questions
    Politiques et juridiques : Me TSHIBALA Bruno
    2.    Secrétaire  Général Adjoint Chargé des Questions
    Administratives : Monsieur EBAMU François ;
    3.    Secrétaire Général Adjoint Chargé des Questions
    Techniques : Monsieur ILIBA LESSA Willy
    4.    Secrétaire Général Adjoint Chargé de l’Inspection et
    Ressources Humaines : Monsieur  Aimé ILUNGA NTANGA.

    Article 3 :     Sont nommés Secrétaires Nationaux, Chefs de Départements,
    les personnes  dont les noms suivent au regard de leurs Départements :
    –    Département de l’Organisation :
    Monsieur  KAPAY Anatole
    –    Département  des Relations Extérieures :
    Monsieur  TSHISEKEDI TSHILOMBO Félix
    –    Département  des Relations avec les Forces Politiques et Sociales :
    Monsieur  VIANNEY KABUKANYI
    –    Département  de Communication, Information, Medias et Porte Parole :
          Monsieur KAPIKA  Joseph
    –    Département des Relations avec les ligues et autres Structures
    d’Appui :    Monsieur TSHIMANGA Stanislas Godefroy
    –    Département de la Mobilisation :
    Monsieur  KAHAMBU AMURI Raphael
    –    Département du Plan :
    Madame NTUMBA NSEYA Cécille
    –    Département de la Justice et Droits Humains :
    Me LUNGUNU NKOY Joseph
    –    Département des Finances :
    Monsieur MUWALA Désiré

    –    Département de l’Éthique et de la Conscientisation :
    Monsieur  KENZA Stanislas
    –    Département de la Défense et Sécurité :
    Monsieur  NTUMBA MUKENDI Alain   
    –    Département des Renseignements :
    Monsieur POLE POLEAlimas
    –    Département de la Solidarité et Actions Humanitaires :
    Madame KUMBU NTEDIKA Césarine
    –    Département de l’Économie, Production et Investissement :
    Monsieur  KAYEMBE André
    –    Département de Transport, Voies de Communication et
    Désenclavement
    Madame BOMOWONGO NYABOTENDI Solange
    –    Département des Équipements et Logements :
    Monsieur KASHALA Hubert
    –    Département  de l’Emploi, Travail et Inégalités :
    Monsieur  KAKULE LWUANZO Claude
    Article 4 :     Sont nommés Secrétaires Nationaux Adjoints aux Chefs de
    Départements, les personnes dont les noms suivent au regard de leurs
    départements :
    –    Département de l’Organisation :
    Monsieur FUAMBA LOKOMBE Boaz
    Monsieur BISELELE Joseph
    –    Département  des Relations Extérieures :
    Madame MALUMBA KAPINGA Divine
    Monsieur NZUZI Vicky
    Monsieur MUKWASA Joachim
    –    Département  des Relations avec les Forces Politiques et Sociales :
    Monsieur : KAMBA Jean Pierre
    Madame KAMWANYA Faustine
    –    Département  de Communication, Information, Medias et Porte Parole :
    Monsieur KABUYA TSHILUMBA Augustin
    Madame MBUYI BUKASA Jeanne Claire
    –    Département des Relations avec les ligues et autres Structures d’Appui :
    Me BIAYI MUKENDI Joseph
    Madame NSEYA Patricia
    –    Département de la Mobilisation :
    Monsieur  MUKUWA Jems
    Monsieur  NYATE Faustin
    Dr MATUSILA David
    –    Département du Plan :
    Monsieur  KAVUDI  Jean Claude
    Monsieur  BOKONDA Donatien
    –    Département de la Justice et Droits Humains :
    Me MUSANGU Daniel
    Me KUYU Thierry
    Me MUKENDI MEMBU
    –    Département des Finances :
    Madame NGALULA NDAYA Véronique
    Monsieur  MASIALA Floribert

    –    Département de l’Ethique et de la Conscientisation :
    Monsieur BILAMBO Alphonse
    Monsieur MUNANIAMU Maurice
    –    Département de la Défense et Sécurité :
    Monsieur MASANGILA Sébastien
    Monsieur TSHIBWABWA Leonard
    –    Département des Renseignements :
    Monsieur TARAKA Théo
    Monsieur  LUKUSA Franck
    –    Département de la Solidarité et Actions Humanitaires
    Madame BETITO Albertine
    Monsieur KANKU MUKE Gérard
    Madame BUKUMBA MUADI Tina
    –    Département de l’Economie, Production et Investissement :
    Madame AMBANGITO BALEBOTIAMBO Annie
    Monsieur MAKASHI MBUYI Alexis
    –    Département de Transport, Voies de Communication et
    Désenclavement :
    Monsieur KICHINDJA OSAKO Dieudonné
    Monsieur NGANSUI ELENG Nico
    –    Département des Équipements et Logements :
    Madame BALEKA Florence
    Monsieur BONSEY-BO-MOOMBE Georges
    –    Département  de l’Emploi, Travail et Inégalités :
    Monsieur BAFUA Papy
    Madame TSHITUKA  NGONDO Thérèse

    Article 5 :     Est nommé Trésorier Général :
    Monsieur KAMULOMBO TSHIPUMBU Sylvain
    Article 6 :     Sont nommés Adjoints au Trésorier Général les personnes
    dont les noms suivent :
    Monsieur KABOKO Ezéchiel
    Mme  KANZA Irène
    Article 7 :     Est nommé secrétaire exécutif du conseil :
    Monsieur KABALA Raymond
    Article 8 :     Sont abrogées toutes les dispositions antérieures et
    contraires à la présente décision qui entre en vigueur à la date de sa
    signature.

    Fait à Kinshasa, le 28 Janvier 2014
    ETIENNE TSHISEKEDI WA MULUMBA
    PRESIDENT

  • Discrète société:Moïse Katumbi, Gouverneur du Katanga

    Discrète société:Moïse Katumbi, Gouverneur du Katanga

    katumbi 

     

     

     

     

    GKMIC-Katumbi 
    (c) Marianne Belgique

    Le gouverneur de la riche province minière du Katanga est à la tête d’une discrète société panaméenne créée fin 2006, dont Marianne Belgique révèle pour la première fois l’existence. Moïse Katumbi aurait-il abrité, dans ce véhicule occulte au nom évocateur, les 60 millions de dollars amassés en seulement 18 mois grâce à un deal minier pour le moins suspect?

    «Un personnage complexe, un équilibriste même…» Après lui avoir consacré deux documentaires, le cinéaste Thierry Michel résume ainsi la personnalité de Moïse Katumbi, l’actuel gouverneur du Katanga en République démocratique du Congo. A 49 ans, ce métis né d’une mère congolaise et d’un père juif séfarade, règne sur cette riche et instable province minière depuis son élection – triomphale – en janvier 2007.

    Quelques mois plus tôt, en juillet 2006, Katumbi était devenu le champion national des voix de préférence. Au scrutin législatif, cette fois, en tant que candidat du PPRD, le parti du président Joseph Kabila. Lors de ses campagnes «à l’américaine», financées sur fonds propres, Katumbi a toujours affiché un soutien indéfectible au président. Il est vrai qu’il lui doit son retour au pays, en juillet 2003, après son exil précipité par la chute de Mobutu en 1997 (lire «L’“étoile filante” du Katanga», ci-dessous). Mais Katumbi lui doit aussi, d’une certaine manière, une partie de sa fortune.

    Exécutions extrajudiciaires

    Car quand il rentre au Katanga, Moïse Katumbi se relance dans les affaires minières via sa société Mining Company Katanga (MCK). En novembre 2004, MCK signe un deal avec Anvil Mining, une société canadienne qui vient d’être mêlée à une sale histoire. Quelques semaines plus tôt, en octobre, l’armée congolaise (FARDC) a maté dans le sang une révolte à Kilwa, ville portuaire stratégique pour les opérations d’Anvil. «Après avoir bombardé la ville, les soldats congolais ont procédé à des exécutions extrajudiciaires, des détentions illégales, des viols, la torture, et le pillage. Ils ont tué plus de 70 personnes, selon les Nations Uniesraconte le Centre canadien pour la justice internationale (CCJI), un organisme financé par l’ONU qui travaille avec des victimes et cherche à traduire en justice les auteurs de crimes impunis. Anvil, dont la mine Dikulushi était située à 50 km de la contre-offensive, a admis avoir fourni un soutien logistique aux FARDC, sous la forme de véhicules et de transport aérien.» 

    Cette complicité avérée d’Anvil à des exécutions sommaires ne semble guère émouvoir Katumbi. Les affaires, c’est les affaires. Mais quel est donc ce deal signé avec la sulfureuse Anvil? Grâce, semble-t-il, à ses relations au sein de la Gécamines (la société d’Etat qui gère et exploite une grande partie des ressources minières du Katanga), Katumbi a obtenu – pour une bouchée de pain – les droits d’exploitation pour 25 ans de trois importants gisements de cuivre et de cobalt (Kinsevere, Tshifufia et Nambulwa) au nord-est de Lubumbashi. Une bouchée de pain d’un million de dollars, certes, mais qui va lui permettre de toucher un fameux jackpot.

    60 fois sa mise

    En juillet 2007, le projet minier de Kinsevere était valorisé à 683 millions de dollars australiens (435 millions d’euros) par les analystes du bureau d’études australien Euroz Securities. Incapable d’exploiter seul ce gisement, Katumbi va revendre ses droits à Anvil. Entre novembre 2005 et mars 2007, sa société MCK cède 95% de ces droits d’exploitation au cours de trois transactions (voir les communiqués de presse d’Anvil Mining ici). L’opération est donc bouclée en mars 2007, au moment précis où Katumbi prend la tête du Katanga. Elle lui a rapporté 61,3 millions de dollars. Soit soixante fois sa mise. En un an et demi seulement. Coup de maître.

    Cette opération a-t-elle des ramifications au Panama? Marianne est en mesure de révéler que Moïse Katumbi a créé dans ce paradis fiscal sud-américain, le 13 novembre 2006, une société offshore dénommée GKMIC S.A., dont il est également le président (voir les statuts de GKMIC ici). Le nom de cette offshore rappelle furieusement la Gécamines, voire la contraction phonétique de Gécamines et MCK. Cette offshore est toujours «vigente» (en vie) aujourd’hui, d’après le registre des sociétés panaméen. Le jackpot minier de Katumbi y serait-il logé?

    Identité «secondaire»

    L’identité qu’a fournie Katumbi aux intermédiaires chargés de créer GKMIC n’est pas exactement celle qu’il utilise d’habitude, à savoir Moïse Katumbi Chapwe. Au Panama, il s’est enregistré sous le nom de Moïse Katumbi d’Agnano, une identité «secondaire» qu’il utilise dans certains contextes. Pour brouiller les pistes? C’est sous ce nom qu’il apparaît, en décembre 2006, sur un documentd’Euroz Securities recensant les vingt premiers actionnaires d’Anvil Mining (une partie de ses droits miniers lui a été payée par Anvil sous forme d’actions). Il en est alors le huitième actionnaire avec 1,1% des titres.

    Son rival Jean-Claude Muyambo, ancien bâtonnier de Lubumbashi et ex-ministre, avait par ailleursaffirmé, en septembre 2013, que Moïse Katumbi avait ouvert un compte sous cette même identité alternative en 2003, à la banque Belgolaise, ancienne filiale de BNP Paribas Fortis aujourd’hui fermée. Mais l’adresse fournie par Katumbi dans les statuts de GKMIC – 8 avenue Mahenge à Lubumbashi – confirme définitivement, si besoin était, que la panaméenne lui appartient bien: il s’agit de l’adresse à laquelle sa société de transports Hakuna Matata est domiciliée

    Les deux autres administrateurs de GKMIC – Ultra Mega Development S.A. et Fairfax Invest Corp. S.A. – sont de discrètes et sulfureuses offshores basées aux îles Vierges britanniques, autre havre d’opacité et de clémence fiscale. Sulfureuses, car ces deux «sociétés de paille» ont été citées en lien avec un homme d’affaires colombien arrêté à Panama en 2008, puis extradé à New York en 2010 pour blanchiment d’argent de la drogue. Il a plaidé coupable.

    Le silence du Gouverneur

    Résumons. Recours à un paradis fiscal opaque, identité «alternative», prête-noms douteux: la recherche de discrétion par Moïse Katumbi est manifeste. A-t-il créé cette offshore pour mettre fiscalement à l’abri tout ou partie des 61,3 millions de dollars amassés lors de la vente de ses droits d’exploitation miniers? S’agirait-il d’un montage visant à réceptionner discrètement un éventuel «cadeau» de Joseph Kabila, en échange du soutien de Katumbi pour l’ensemble de sa campagne présidentielle en 2006? Ou s’agit-il tout simplement de l’utilisation légale d’un véhicule offshore, déclaré au fisc congolais, dans le cadre de ses affaires?

    Ces questions, Marianne aurait souhaité les poser au Gouverneur du Katanga, qui n’a pas donné suite à nos multiples sollicitations.

     
    Publié par

    David Leloup (avec Q.N.)

  • Burundi : destitution du premier vice-président de la République

    Burundi : destitution du premier vice-président de la République

    Pdt Pierre Nkuruziza-Le président burundais Pierre Nkurunziza a destitué samedi soir son premier vice-président, Bernard Busokoza, en conflit avec le ministre de l’Intérieur sur la question sensible de la présidence du principal parti tutsi, l’Uprona.

    M. Busokoza, avait désavoué le ministre de l’Intérieur, qui avait limogé le président du principal parti tutsi, l’Uprona, au profit d’un proche du parti au pouvoir. Mais le ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, a rejeté cette décision, et le président Nkurunziza a donné raison à son ministre de l’Intérieur, en destituant M. Busokoza, en désaccord sur plusieurs sujets politiques et constitutionnels avec lui.

    La décision du président Nkurunziza a été annoncée dans un communiqué lu à la presse par son porte-parole, Léonidas Hatungimana. Ce communiqué accuse l’ancien vice-président de n’avoir “jamais pu distinguer ses fonctions de celles d’un président de parti politique”.

    Bernard Busokoza, un Tutsi issu du parti Uprona, a été nommé au poste de premier vice-président en octobre 2013, en remlacement d’un autre-vice président réputé proche du pouvoir.  Il s’est heurté très vite au président Nkurunziza, un Hutu issu de l’ex-principale rébellion hutue du Cndd-FDD, au pouvoir depuis 2014, notamment sur le projet contesté de révision de la Constitution et un éventuel troisième mandat de Nkurunziza, selon des sources concordantes.

    Tentative de noyautage politique ?

    Vendredi, M. Busokoza avait désavoué le ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, qui avait limogé le président de l’Uprona, Charles Nditije, au profit d’un proche du parti au pouvoir, Bonaventure Niyoyankana, qui avait déjà dirigé ce parti de 2009 à 2012.

    Cette décision avait été perçue comme une tentative de noyautage à l’approche d’échéances électorales majeures. Mais le ministre de l’Intérieur avait rejeté cette décision. M. Busokoza avait annoncé sa décision au ministre dans une correspondance parvenue à l’AFP samedi. Le premier vice-président est chargé, en fonction de la Constitution, de coordonner les secteurs administratifs, sécuritaires et diplomatiques.

    Les policiers déployés par dizaines depuis vendredi matin autour du siège de l’Uprona pour empêcher les partisans de M. Nditije d’y accéder étaient toujours sur place samedi en fin d’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP. Quelques 200 militants de l’Uprona, qui avaient fait face aux policiers vendredi, et qui étaient revenus sur place samedi, ont été chassés à coups de matraque en fin de matinée.

    Jeune Afrique

  • John Numbi le banni

    John Numbi le banni

    John Numbi-La disgrâce continue pour l’ancien chef de la police congolaise, John Numbi. Plusieurs de ses résidences ont été perquisitionnées, et on le soupçonne désormais d’aider en sous-main des rebelles katangais.

    Il fut longtemps un homme clé du régime Kabila. Luba du Katanga comme le président, ce chef de la police, particulièrement redouté, était chargé des basses besognes et des négociations secrètes.

    Mais aujourd’hui, le général John Numbi est sur la sellette. Le 20 janvier, plusieurs de ses résidences situées dans son fief de Lubumbashi ont été perquisitionnées. Des armes de guerre (dont un lance-roquettes) ont été saisies et dix-huit personnes interpellées dans sa résidence dite du carrefour. Selon des sources concordantes, certaines d’entre elles feraient partie du réseau des “Kata-Katanga”, ces miliciens indépendantistes qui sèment la terreur dans la région et maintiennent la pression sur le gouvernement central. Les informations recueillies confirment les conclusions des experts de l’ONU, qui affirment, dans leur dernier rapport, que Numbi “fournit un soutien militaire, financier et logistique” à ces rebelles du Katanga.

    La lente disgrâce de John Numbi a commencé dès 2010, après l’assassinat de Floribert Chebeya, le président de l’ONG La Voix des sans-voix. Les proches de la victime – ainsi que plusieurs éléments de l’enquête – accusaient celui qui était alors le chef de la police d’avoir commandité l’assassinat du militant associatif. Suspendu de ses fonctions, Numbi avait usé de son influence pour éviter de comparaître au procès. Sans doute pensait-il alors pouvoir réintégrer son poste à la tête de la police.

    Numbi soupçonné d’être à l’origine d’attaques dans des lieux stratégiques de Kinshasa

    Or, le 28 décembre 2013, Charles Bisengimana, un Tutsi de la province du Sud-Kivu qui assurait l’intérim, a été officiellement nommé à ce poste. Deux jours plus tard, une attaque aux allures de tentative de coup d’État était menée par des partisans du pasteur Mukungubila – un homme férocement anti-Tutsis et lui aussi Luba du Katanga. Elle a eu lieu simultanément à Kindu, Lubumbashi et dans trois lieux stratégiques de Kinshasa : le camp militaire Tshatshi, l’aéroport de N’Djili et le siège de la télévision nationale. Aux yeux de nombreux experts militaires, le pasteur n’aurait pas pu lancer seul une opération d’une telle ampleur.

    Numbi a eu beau protester de son innocence lors d’une conférence de presse organisée dès le lendemain à Lubumbashi, il est accusé en haut lieu d’être à l’origine de ces attaques. Des soupçons qui lui ont certainement valu de subir les perquisitions du 20 janvier. Numbi n’a toutefois pas été immédiatement inquiété. “Le pouvoir marche sur des oeufs dans cette affaire, commente une source diplomatique à Kinshasa. Arrêter un personnage de son envergure, c’est prendre de gros risques pour la stabilité du pays.” Une partie des très influents Lubas du Katanga, qui s’estiment de plus en plus marginalisés, continuent en effet de soutenir le général. Mais il sera désormais très difficile à ce dernier de revenir en grâce.

    Jeune Afrique