Author: Don Kayembe

  • Université :session de rattrapage pour l’université congolaise

    Université :session de rattrapage pour l’université congolaise

    Vue du site de l'université de Kinshasa. Photo afriqueredaction.com-Jean Berchmans Labana Lasay’Abar est le recteur de l’université de Kinshasa (Unikin), président de la Conférence des recteurs de la région des Grands Lacs.

    L’enseignement supérieur congolais existe depuis 1954 et la création de l’université Lovanium, devenue l’université de Kinshasa. Il compte aujourd’hui, selon son ministère de tutelle, 961 établissements publics et privés, qui accueillent quelque 338 000 étudiants, encadrés par 3 000 professeurs (avec thèse), 17 350 membres du corps scientifique et 22 300 agents administratifs.

    Alors qu’il fut pendant des années l’un des meilleurs du continent, le système universitaire congolais a souffert des insuffisances des réformes engagées par le pouvoir politique – lui-même conditionné par les programmes de développement que les institutions financières internationales “administrent” aux États africains depuis 1960. Mais aujourd’hui, il est appelé à renaître de ses cendres pour participer non seulement au développement national, mais aussi à la construction d’un espace mondial de la connaissance.

    En dépit de sa dégradation, l’université a toujours pris part au débat national sur l’avenir du pays, et la contribution des intellectuels congolais reste une valeur sûre. Dans ses missions d’enseignement, de recherche et de services, l’université constitue l’un des piliers indispensables pour faire de la RD Congo tant un havre de paix qu’un pôle de développement pour son peuple. Elle doit lui permettre de s’impliquer davantage dans la recherche de réponses à des questions cruciales pour l’humanité, comme le réchauffement climatique ou le développement durable.

    Pour relever ces défis, notre système d’enseignement supérieur a la responsabilité de former des cadres compétents, porteurs de valeurs citoyennes et universelles, capables à la fois d’incarner le projet national, celui d’une révolution de la modernité, et de s’intéresser aux problématiques mondiales du XXIe siècle. Ces cadres doivent avoir acquis un savoir-faire qui fasse d’eux des professionnels, qui soit en parfaite adéquation avec les bassins d’emploi, et qui leur offre la possibilité de développer de nouvelles compétences tout au long de leur vie.

    Cette mission appelle nécessairement une vision nouvelle, favorisant la création du savoir et l’innovation. Dans cette perspective, il nous faut construire une politique éducative cohérente, fondée sur des valeurs démocratiques et globales. Cette politique doit reposer sur quatre piliers : la participation de tous les acteurs à son élaboration ; la décentralisation des structures ; la démocratisation de l’offre de formation ; et enfin l’évaluation interne et externe, en tant qu’outil critique visant à améliorer les services rendus à l’économie et à la société. Cette vision d’une université innovante, ouverte au monde et sur le monde, doit s’inscrire dans une réforme dont quelques bases fragiles ont été posées, mais pour laquelle l’essentiel reste à faire.

    Il va falloir mener à bien un certain nombre de missions.

    La construction d’un système d’enseignement supérieur de qualité, qui s’appuie sur des bases solides de bonne gouvernance académique, administrative et financière, est devenue un impératif. C’est la seule façon d’éviter l’isolement, dans un contexte international où la mobilité et la recherche scientifique connaissent un essor sans précédent.

    Il va falloir mener à bien un certain nombre de missions : revaloriser la dimension éthique, restructurer les organes de direction, recourir aux technologies de l’information et de la communication, renouveler les techniques d’apprentissage et redéfinir la relation entre enseignants et étudiants.

    Dans cette optique, notre enseignement supérieur doit s’approprier pleinement la démarche qualité et le système LMD (licence-master-­doctorat) afin de se conformer aux normes internationales. Telle est la condition sine qua non pour permettre au peuple congolais de prendre enfin son plus bel élan, et au Congo-Kinshasa de jouer le rôle que la nature lui a confié dans le village planétaire.

    Certes, cette réforme ne sera pas facile. Elle devra se faire progressivement. Le premier signal fort que le pouvoir pourrait envoyer serait de relancer le débat républicain en vue de l’adoption du projet de loi-cadre sur le système éducatif national… en souffrance au Parlement depuis la précédente législature.

    Jeune Afrique

  • Pasteur, un job en or

    Pasteur, un job en or

    Eglise-Il n’y a pas de business plus lucratif, à Kinshasa, que les “Églises de réveil”. Leurs guides vendent au prix fort leur bénédiction aux fidèles congolais… et leur influence aux hommes politiques.

    “Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à… prêcher.” Entendu au dernier festival d’humour Toseka, en juin 2013 à Kinshasa, ce détournement du célèbre dicton de Confucius résume bien la situation des “Églises de réveil” en RDC. “Aujourd’hui, une Église rapporte plus qu’une boîte de nuit, assure Mwinyi Hamza Badjoko, anthropologue et opposant politique. Les fidèles sont prêts à se priver pour donner de l’argent à leur “berger”. Ils considèrent ce sacrifice comme un acte de foi et espèrent en retour contracter un mariage, trouver un emploi, voire obtenir un visa pour l’Europe.”

    Dans les faits, ce sont bien sûr les pasteurs qui s’enrichissent, au point de s’acheter villas et belles voitures. Un exemple ? Pascal Mukuna, très populaire à Kinshasa, ne roule qu’en Lincoln Navigator, tantôt en version blanche, tantôt en version noire… Le prix d’un tel véhicule : pas moins de 55 000 euros. Une telle “vitrine” explique pourquoi les Églises de réveil poussent comme des champignons dans la capitale congolaise – on en compte jusqu’à deux ou trois par rue. “Impossible de connaître leur nombre exact : certaines sont enregistrées auprès de l’hôtel de ville en tant qu’association à but non lucratif, comme l’impose la loi, mais d’autres restent dans l’informel”, admet un fonctionnaire municipal à Kinshasa.

    Créer une Église est devenu une sorte de “débouché sur le marché du travail”

    “Le phénomène s’est développé au début des années 1970 avec le mouvement du Renouveau charismatique apparu au sein des Églises traditionnelles, décrypte l’abbé Gilbert Shimba, docteur en théologie et professeur de sociologie des religions. Les adeptes de ce courant, gagnés par les enseignements pentecôtistes, se sont détachés du catholicisme pour lancer des Églises dites de réveil. Le pasteur y occupe une place prépondérante dans la vie du fidèle : c’est lui qui sauve, et non plus les sacrements.” Cette tendance a pris de l’ampleur autour des années 1990, après l’échec des politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions de Bretton Woods. La grogne sociale est à son comble, le peuple a perdu toute confiance en l’État et se tourne vers la religion. De nouvelles Églises se développent, issues à la fois de mouvements évangéliques, pentecôtistes, charismatiques et prophétiques.

    Dans un pays à fort taux de chômage, créer une Église est vite devenu une sorte de “débouché sur le marché du travail pour certains jeunes diplômés en quête d’emploi”, observe Mélanie Soiron-Fallut, anthropologue spécialiste des mouvements religieux en Afrique centrale : “Le statut de pasteur confère une position importante dans la société, dans la mesure où la vie sociale de beaucoup d’adeptes tourne autour de l’église, devenue le nouveau lieu de sociabilité. On n’y va plus seulement le dimanche, mais trois ou quatre fois par semaine. Le leader religieux est désormais considéré comme le relais social qui remplace la famille et, surtout, les structures étatiques défaillantes.”

    Pour conserver cette emprise, les pasteurs multiplient les initiatives : campagnes d’évangélisation, journées de guérison, veillées de prière… La conquête des esprits prend des allures de compétition entre prédicateurs, qui n’hésitent plus à lancer des chaînes de radio ou de télévision pour se faire connaître et grossir les rangs de leurs fidèles. Plus ceux-ci seront nombreux, plus les “bénédictions”, qui s’achètent à prix d’or lors de grands rassemblements de prière dans les stades, seront rentables. Huile miraculeuse, bouteilles de vin porte-bonheur, bibles bénies, stylos de réussite… Ces prédicateurs promettent tout et n’importe quoi pourvu qu’ils y trouvent leur compte, à savoir bijoux et liasses de billets.

    Les politiques courtisent les leaders religieux

    Leur influence sans cesse grandissante dans la société n’échappe pas au radar des politiques. “Les pasteurs sont écoutés par leurs ouailles, drainent des foules, remplissent des stades : mieux vaut les avoir avec vous plutôt que contre vous”, reconnaît un élu de Kinshasa. Ainsi, en fonction de leur ascendant, les leaders religieux sont plus ou moins courtisés par la classe politique. Il existe désormais les pasteurs proches du pouvoir et ceux de l’opposition.

    Pour peser davantage, ils se regroupent dans des plateformes : la structure la plus ancienne, Églises de réveil du Congo, se dit “le partenaire social incontournable du gouvernement” ; l’Alliance mondiale des Églises chrétiennes est présidée par Pascal Mukuna, réputé proche de Marie-Olive Lembe di Sita, l’épouse du chef de l’État ; et le Haut Conseil des Églises de réveil charismatiques et autres compte parmi ses anciens responsables Jean-Marie Runiga, président du Mouvement du 23-Mars en avril 2012. “Pendant les campagnes électorales, ces pasteurs drainent les foules pour les candidats moyennant quelques billets de banque”, lâche Freddy Kita, secrétaire général du parti Démocratie chrétienne… et responsable à Kinshasa de la Mission évangélique pour le salut du monde, une Église qui refuse jusqu’ici de rejoindre l’une ou l’autre association.

    Une jeep de 25 000 euros contre la promesse de figurer dans le gouvernement

    Car le mélange des genres comporte des risques. Depuis avril 2013, le “prophète des nations” Denis Lessie est ainsi poursuivi pour “rançonnement de hautes autorités”. Leader de l’Église Arche de Noé, il aurait arnaqué Jean-Baptiste Ntahwa, ancien ministre du Budget. Se faisant passer pour le conseiller spirituel de Joseph Kabila, d’abord accompagné d’un lieutenant de l’armée présenté comme le chauffeur personnel du chef de l’État puis d’un étudiant campant le rôle du petit frère du président, il aurait obtenu de sa victime une Jeep d’une valeur de 25 000 euros en échange de la promesse de figurer dans le prochain gouvernement. Pour sa défense, le pasteur soutient qu’il s’agissait d’une donation. Il a même produit l’acte de cession devant les juges. La voiture lui a effectivement été cédée, mais, selon la partie adverse, elle devait être mise en vente par la suite pour en acheter une neuve au chef de l’État.

    Si l’affaire éclabousse les Églises de réveil, elle ne suffit pas à estomper l’influence des pasteurs sur les Kinois. Les “hommes de Dieu” peuvent dormir sur leurs deux oreilles, car “les Églises servent aujourd’hui à absorber les frustrations d’une population qui a besoin de trouver la solution à ses problèmes”, soutient l’anthropologue Mwinyi Hamza Badjoko. L’espoir placé en leur mentor, c’est tout ce qui leur reste.

    Jeune Afrique

  • Vital Kamerhe : “Joseph Kabila veut m’exclure du jeu politique”

    Vital Kamerhe : “Joseph Kabila veut m’exclure du jeu politique”

    Kabila- Vital-Pour la deuxième fois consécutive, l’opposant congolais Vital Kamerhe a été empêché dimanche de se rendre à Goma, dans l’est de la RDC. La justice envisagerait par ailleurs son “arrestation immédiate”. Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) n’y voit qu’une volonté du pouvoir de “l’exclure du jeu politique” avant la présidentielle de 2016. Interview.

    Décidément, la “caravane de la paix” éprouve du mal à quitter la gare. Initialement prévue pour le mois de décembre, la tournée de l’opposant congolais Vital Kamerhe dans la partie est du pays, ravagée par près de deux décennies de conflits armés, ne cesse d’être reportée. Dernier incident en date, le 7 février, l’avion qui devait amener la délégation de son parti, l’Union pour la nation congolaise (UNC), à Goma a été empêché de décoller de l’aéroport de Ndolo, à Kinshasa. La compagnie aérienne aurait des litiges avec la Régie des voies aériennes (RVA). “Soit des problèmes techniques, soit des problèmes de redevances”, selon Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais. Rien à voir donc avec la présence de Vital Kamerhe à bord.

    Seulement voilà, quarante-huit heures plus tard, le président de l’UNC a été empêché une fois de plus, le 9 février, de se rendre dans la capitale du Nord-Kivu, alors qu’il affirme avoir payé, cette fois-ci, le billet d’une ligne commerciale. Contacté au téléphone par Jeune Afrique quelques minutes après l’incident, Vital Kamerhe livre son interprétation des faits.

    Jeune Afrique : Pourquoi vous n’avez pas pu prendre place à bord de l’Airbus A320 de la compagnie CAA qui devait vous conduire à Goma pour entamer votre tournée ?

    Vital Kamerhe : Après le dernier voyage raté, j’ai décidé de payer un billet d’une ligne commerciale et ai accompli toutes les formalités requises. Hélas, aujourd’hui [le 9 février], je me suis vu empêcher d’entrer dans le salon d’honneur pour ne pas accéder à l’embarquement, alors que toute la délégation de mon parti était déjà à bord. Ensuite, j’ai été conduit à un cachot de la Direction générale de migration (DGM) après une bagarre entre les membres de mon entourage, indignés, et les agents des services spécialisés. Ces derniers m’expliqueront alors qu’ils ne m’ont pas laissé passer parce que je n’avais pas présenté ma carte d’identité. Je leur ai remis aussitôt mon passeport qu’ils ont retenu pendant trois heures.

    Au final, vous n’avez pas pu voyager…

    Il s’agit d’une manœuvre pour me bloquer à Kinshasa.

    Pour le ministre de l’Intérieur [Richard Muyej], c’est moi qui n’aurais pas respecté les engagements. Parce qu’ensemble, nous avions convenu de nous rencontrer lundi [10 février] pour examiner tous les contours de ma tournée dans l’Est. Seulement, je l’avais prévenu qu’il devait publier un communiqué officiel au plus tard samedi [8 février] à 21 heures pour expliquer à la population de Goma qu’à sa demande, mon voyage sera de nouveau reporté. Ce qu’il n’a pas fait. J’ai compris qu’il s’agissait juste d’une manœuvre pour tenter de me bloquer à Kinshasa.

    Cette situation a-t-elle un rapport avec l’affaire qui vous oppose avec une députée de la majorité ?

    Selon les informations en ma possession, le tribunal de grande instance de la Gombe aurait siégé nuitamment, le 7 février, pour trancher l’affaire. Malgré les instructions qu’ils ont reçues pour qu’ils me condamnent, les trois juges auraient décidé plutôt de renvoyer l’affaire devant une autre juridiction. Mais, on nous apprend que la Cour suprême de justice aurait décidé de se saisir du dossier pour prononcer, le 10 février, ma condamnation à trois ans de prison ferme.

    Condamné, vous risquerez de ne pas prendre part à la prochaine présidentielle prévue en 2016 ?

    Le président Joseph Kabila veut m’exclure du jeu politique. Pourquoi m’empêcher de me rendre à Goma pour apporter un message de compassion et de réconciliation aux populations du Nord et Sud-Kivu ? Kabila a déjà décidé de me faire condamner à trois ans de prison ferme dans l’affaire qui m’oppose à la députée Wiwine Moleka. Ce sera une première : arrêter un président d’un parti parce qu’il a fait rapporter d’éventuelles fraudes lors d’un scrutin. Je n’ai pas volé, je n’ai pas tué, mais ils vont me condamner. Et ces personnes qui prétendent rechercher la cohésion nationale, au même moment, sont en train d’amnistier les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23).

    ________________

    Propos recueillis par Trésor Kibangula

  • Kamerhe réduit la “caravane de la paix” à un chantage ! Ses faits et gestes le prouvent amplement

    Kamerhe réduit la “caravane de la paix” à un chantage ! Ses faits et gestes le prouvent amplement

    kamerhe –Kinshasa-Jo’bourg-Kinshasa-Goma en trois jours : il faut être Kamerhe pour réussir un tel sprint ! Pour rappel, revenu précipitamment le 5 février 2014 de Jo’bourg pour faire face au réquisitoire du ministère public (trois ans de condamnation avec arrestation immédiate), il se présente le jeudi 6 février devant l’organe de loi, sollicite le renvoi en cassation et…achète son billet d’avion pour Goma. Le vendredi 7 février, il est à l’aérodrome de Ndolo, en route justement pour Goma pour lancer la caravane de la paix, initiative remontant à mi-novembre 2013. Ainsi, il n’attend pas le verdict du procès pour lequel il est rentré en catastrophe au pays. C’est à croire que, se résolvant désormais à jouer la carte de son procès contre celui de son électorat à l’Est, il révèle la nature exacte de l’initiative de sa caravane : un programme électoraliste pour la population du Nord et du Sud-Kivu. C’est tout de même étonnant que des médias périphériques, censés avoir des “spécialistes Congo”, ne perçoivent pas l’instrumentation dont ils sont eux-mêmes l’objet de la part du président de l’Unc. Sacré Vital Kamerhe, alias “Zala na mbangu”…  

     

     

                Dans ses livraisons du samedi 8 février 2014, la presse kinoise fait état des preuves produites par l’Unc à propos des factures du vol sur Goma par Malu-Aviation. Fait insolite : aucun des sites liés directement à Vital Kamerhe ne les publie alors que par rapport au procès intenté par Wivine Moleka, Internet a été littéralement bombardé de fac-similés des documents relatifs aux preuves de désistement.

                Oui, le fait est insolite étant donné que toutes les recherches faites le week-end du 8 au 9 février et même ce lundi 10 jusqu’à midi sur les sites www.unc-rdc.org, unc-rdc.com, www.unccongo.com et www.vital-kamerhe.com sont vaines.

                L’information intéressante est cependant livrée par l’Unc. Dans un posting repris par le site LOKOLE YA MBOKA mis en ligne le 7 février 2014, il ressort que la facture pro-forma de Malu-Aviation a fait l’objet d’un paiement “en date du 06 février 2014“, entendez le jour même de l’audience au cours de laquelle Kamerhe est allé en cassation !

                En d’autres termes, l’Unc, son président ou encore sa direction politique fait exprès de bloquer le 6 février 2014 la procédure judiciaire en cours et improvise le départ pour le lendemain le départ pour Goma.

                Les avocats de Kamerhe vont user pour ce faire de trois artifices :

    – primo, ils soutiennent la thèse du désistement en évoquant la somme de 7.000 Usd perçue  par l’avocat de Wivine Moleka;

    – secundo, ils présentent cette somme comme la preuve de réparation;

    – tertio : ils font valoir la responsabilité non pas de Kamerhe mais de l’Unc dans le procès pendant que la transaction engage l’un et non l’autre. En page 2, Mes S. Zirimani Banywesize et Sanduku Kulondana signent “Pour Monsieur Vital KAMERHE” et non pour l’Unc.

                Quant à la partie adverse, elle soutient n’avoir nullement obtenu de Kamerhe de l’argent en guise de réparation des préjudices subis; les frais perçus ayant plutôt servi à élaborer le projet de transaction. Dans la décharge établie à cet effet par l’avocat de Wivine Moleka, il est écrit : ” Je soussigné Maître G. LEDI, avocat au barreau de KINSHASA/Matete rec  avoir touché la somme de 5.000 USD (cinq mille dollars américains) dans le cadre de l’arrangement amiable d’actes dossiers RP 23.663/I TP Ngaliema, RPA 18.648/TGI Gombe et RP 23.829/II/TP Gombe, opposant l’honorable Wivine MOLEKA à Monsieur Vital KAMERHE. Fait à Kin, le 30/12/2014“. En plus, elle fait noter que Vital Kamerhe n’a jamais présenté des excuses à la députée accusée de fraude électorale.  

                Le journaliste Murka du quotidien “Le Phare“, qui suit de près cette affaire, poursuit son article en ces termes : “En ce qui concerne le ministère public, il ne s’agit pas de demander aux parties de se retirer de la barre ni de la salle, elles doivent plutôt comparaitre comme témoins. La partie Kamerhe a brandi la procuration de pourvoi en cassation. Après lecture de ladite procuration, les avocats de Moleka ont demandé au tribunal  de ne pas surseoir parce qu’il s’agit d’une simple déclaration. Quant au ministère public, il a fait savoir qu’aller en appel est un droit reconnu à tout le monde mais la procédure doit être respectée. Pour sa part, le tribunal a décidé de rejeter cette procuration parce que la démarche des avocats de Kamerhe n’était pas conforme à la loi. Il s’agissait simplement d’une intention de former appel. Les avocats de Kamerhe ont indiqué que le pourvoi en cassation se fait même sur le banc. Enfin, l’affaire a été prise en délibérée et le jugement va intervenir dans le délai légal“. La suite est connue : les avocats vont quitter la salle.

                Les phrases édifiantes se rapportent à la procuration. D’où le gras et le rouge.

                On peut donc avancer que sans le réquisitoire du ministère public annoncé le 4 février 2014, Vital Kamerhe serait encore en séjour en Afrique du Sud, et personne n’aurait parler de caravane de la paix ces quatre derniers jours.  

                On est là devant une démonstration grandeur nature de la manipulation, mieux de  l’instrumentalisation de la tragédie que subissent les compatriotes Kivutiens. Partant, Vital Kamerhe se livre à une chose vilaine, une chose abjecte relevant de la politique de bas étage. Il cherche à “rentabiliser” sa victimisation en misant sur son fief électoral kivutien.

                Autant dire une insulte à la mémoire des éléments Fardc – au nombre desquels le colonel Mamadou Ndala – des éléments de la Brigade d’intervention de la Monusco et des populations du Kivu frontalier que le président de l’Unc embarque dans son aventure.

     

    En cette matière-là, l’amnistie ne joue pas…

     

                En fait, c’est de l’aventure même, car dans la fameuse Transaction brandie désormais preuve d’arrangement à l’amiable, c’est-à-dire de fin des poursuites judiciaires, Vital Kamerhe reconnaît avoir été induit en erreur par ses témoins électoraux qui, deux ans plus tôt, lui avaient dit, selon ses propos : “ A Mbudi dans la périphérie de Kinshasa, dans la Commune de Mont-NGAFULA, la candidate députée nationale du PPRD, parti au pouvoir, l’Honorable Wivine MOLEKA, escortée, escortée des policiers qui transportaient des urnes bourrées des bulletins de vote, s’est présentée avec une forte somme d’argent qu’elle distribuait aux agents électoraux. Révoltée, la population l’a chassée et ses gardes du corps ont réagi en tirant des coups de feu en l’air pour chasser tous les témoins. Conséquence : la population a décidé de ne plus voter et les bureaux ont été fermés“. C’est dans le préambule de la Transaction conclue, tenez bien, le 30 décembre 2013.

                A dire vrai, le président de l’Unc a déjà réalisé la gravité des allégations relatives à la fraude électorale en raison du fait que les imputations dommageables et la dénonciation calomnieuse relèvent des infractions du droit commun et  non des infractions politiques.

                S’il s’est résolu à cet arrangement-là, c’est parce que les procès antérieurs au Tribunal de paix de Ngaliema le 27 décembre 2011 (RP 23.663) et au Tribunal de Grande Instance de Gombe le 6 novembre 2012 au Tribunal de Grande Instance de Gombe (RPA 18.648) ne lui laissent aucun doute à ce sujet. Il sait qu’il est dans la même situation d’Eugène Diomi Ndongala, présumé auteur de viol sur mineures. En cette matière-là (infractions du droit commun), l’amnistie ne joue pas.

                Au demeurant, si c’était le contraire, Kamerhe ne se serait jamais prêté à pareil arrangement. Se voulant chantre de droit, il aurait laissé l’affaire poursuivre son cours jusqu’au verdict final.

                Qu’il ait alors estimé que 7.000 ou 5.000 USD constituent un montant de réparation équitable par rapport au préjudice causé, alors que UN FRANC SYMBOLIQUE aurait suffi, pourquoi lui en vouloir ? Qu’il ait estimé que ce montant couvre suffisamment la réparation des préjudices et l’élaboration de la transaction de désistement, pourquoi s’en étonner ?

                Mais, que Vital Kamerhe en vienne à mêler ses démêlés judiciaires avec la caravane de la paix, et surtout à faire de celle-ci un objet de chantage politique et de campagne préélectorale tout en embarquant dans ses jongleries des partis politiques comme l’Udps/Badibanga et les médias périphériques, c’est là que le bât blesse !

     

    La caravane de la paix a un curieux itinéraire

     

                L’improvisation et la manipulation n’étant jamais parfaites, voilà que la caravane de la paix, à en croire Martin Mukonkele, est organisée pour les seuls compatriotes du Kivu et du Kasaï Oriental.

                L’itinéraire retient les villes et localités de Goma, Beni (pour se recueillir au lieu d’assassinat du colonel Mamadou Ndala), Bukavu, Uvira et Mbuji-Mayi. Dans le chef-lieu du Kasaï Oriental, il est question de réconforter les victimes de l’explosion de la poudrière. Aux Nord, au Sud-Kivu et en Province Orientale (aucune ville ni localité n’est désignée pour cette partie du pays), l’objectif est de lancer un message de paix et de réconciliation à la population, en plus d’un message enjoignant les jeunes de quitter les groupes armés.

                C’est tout de même surprenant que personne, parmi les adeptes du “pacificateur”, ne se souvienne que depuis la Conférence de Goma de 2008, où il va se livrer en spectacle en voulant devenir le grand officiant de la grande messe tenue à l’effet de la paix, de la sécurité et du développement du Nord et du Sud-Kivu, Vital Kamerhe ait attendu la défaite du M.23 en 2013 pour se préoccuper du besoin de paix et de réconciliation des populations et du sort des jeunes évoluant dans les groupes armés. Entre 2008 et 2013, il s’est bien passé 5 ans !

                D’ailleurs, en revisitant le carnet de la campagne électorale 2011 du candidat Vital Kamerhe, on ne trouve nulle trace d’appel à la paix et à la réconciliation, ni appel à la jeunesse kivutienne de quitter les groupes armés. Comme si l’insécurité ambiante et la cohabitation conflictuelle entre communautés locales servaient de fond de commerce.

                Les “géopoliticiens” remarqueront sans doute, et s’ils le veulent, que la caravane de la paix a un curieux itinéraire : l’Equateur, où les tribus Ngbaka et Ngbandi se sont récemment affrontés, est ignoré; le Katanga, où les Bakata-Katanga sèment la désolation dans la population civile, est également ignoré.

                C’est à se demander si la balkanisation tant redoutée ne viendrait pas d’une caravane de la paix, sur fond de chantage, fondée clairement sur la politisation et la discrimination…

     

    Omer Nsongo die Lema 

  • les drones de l’ONU livrent leurs premières images

    les drones de l’ONU livrent leurs premières images

    image drone-Deux mois après la mise en service des premiers drones, le Conseil de sécurité des Nations unies a pu visionner les premières images recueillies par ces appareils de surveillance déployées au-dessus de la région de Goma. Les membres du Conseil ont visionné un film censé montrer la pertinence de ce déploiement. Equipés de caméras sophistiquées détectant les sources de chaleur, ces appareils peuvent voir la nuit, par temps couvert, mais aussi au travers des feuilles de la forêt.
    De notre correspondant à New York,
    Une moto qui circule sur un chemin de terre, un groupe de gens assis sur le seuil d’une maison, un homme qui creuse le sol : ces images d’une précision étonnante ont été capturées à plus de 4 000 mètres d’altitude par l’un des drones de surveillance de l’ONU, au-dessus de Goma. La vidéo de six minutes est une démonstration destinée à montrer aux membres du Conseil de sécurité l’utilité des drones déployés en RDC depuis le 3 décembre 2013.
    Equipés de caméras infrarouges détectant les sources de chaleur, ces appareils pilotés depuis un centre de commandement de l’ONU à Goma peuvent voir la nuit, par temps couvert et sous une certaine épaisseur de forêt. Deux mois après le lancement de deux premiers drones, les officiels onusiens ne tarissent pas d’éloges sur ce nouvel instrument. « Nous pouvons voir les mouvements des personnes observées, leurs activités. Si vous restez au-dessus d’une certaine zone, les drones permettent de transmettre des informations en temps réel. Cela est très utile pour renseigner nos forces sur le terrain sur la position des groupes armés et leur permettre de se déployer pour empêcher une attaque », avance Nick Birnback, le porte-parole du département des opérations de maintien de la paix à New York.
    Précision étonnante
    Les drones peuvent détecter sans problème les armes portées par les combattants. Il est même possible, grâce à la signature thermique, de déterminer le point d’origine d’un tir de mortier. « Pour l’instant, nous faisons voler les appareils à basse altitude. Le but est de se faire entendre et de dire aux groupes armés que nous sommes là. Nous cherchons un effet dissuasif », confie l’un des responsables du programme. En prenant de l’altitude, le bourdonnement de cet œil invisible sera imperceptible.
    L’ONU est déjà capable d’observer avec précision les mouvements des groupes armés et les déplacements de civils et des réfugiés. « Si nous avions eu cet outil lors de la prise de Goma, nous aurions pu voir et anticiper tous les mouvements du M23 », regrette le militaire. La nuit, les drones observent également des colonnes humaines traverser la frontière vers le Rwanda, sans doute chargées des précieux minerais exploités dans les Kivu et exportés illégalement.
    Renforcement du dispositif
    Le programme est encore en phase de test. Un appareil a été endommagé le 15 janvier suite à un atterrissage mal contrôlé. « Une simple erreur de pilotage », se rassure-t-on à l’ONU. Deux appareils sont actuellement en service. Ils seront cinq au mois d’avril. L’ONU s’est assuré les services d’une société italienne qui fournit les appareils, la maintenance et le pilotage des drones.
    Le feu vert au déploiement de ces drones a été difficile. L’ONU a dû surmonter la réticence d’Etats membres suspicieux à l’idée de voir l’organisation s’équiper de moyens de surveillance. Les drones ne peuvent être déployés qu’avec l’accord du pays concerné.
    Les drones sont peu coûteux. Ce programme est évalué à 15 millions de dollars par an. A peine 1% du budget global de la Monusco, la force de l’ONU en RDC, forte de plus de 20 000 hommes. « Les drones ne sont pas une solution miracle, mais cela permet à nos forces d’avoir plus d’impact là où c’est nécessaire, assure Nick Birnback convaincu que le maintien de la paix est entré dans l’ère moderne ».
    Déjà les officiels onusiens parlent de l’étendre ce programme à d’autres terrains, au Soudan du Sud ou en Centrafrique si une mission de maintien de la paix doit y voir le jour.
    Rfi

  • “Il n’y a plus de démocratie aux États-Unis”

    “Il n’y a plus de démocratie aux États-Unis”

    Capitol_Hill-Lawrence Lessig combat activement la corruption gangrenant le Congrès.

    Professeur de droit à l’université de Harvard, Lawrence Lessig est spécialisé dans la propriété intellectuelle. Il vient de recevoir le titre de docteur honoris causa de l’UCL. Grand défenseur de la liberté sur Internet, il s’est lancé dans un combat contre la corruption de la politique américaine. Pour se faire entendre, le professeur a organisé une marche traversant le New Hampshire, un Etat très attaché aux principes démocratiques. Son but, réformer le système de financement des campagnes électorales pour diminuer l’emprise des lobbies sur le Congrès. Si rien ne change d’ici aux prochaines élections, en 2016, il estime que la démocratie américaine sera perdue pour les trente prochaines années.

    En quoi la démocratie est-elle menacée aux Etats-Unis ?

    Il n’y a pas de véritable démocratie aux Etats-Unis. Bien sûr, chaque voix a la même valeur lors des élections, mais une infime partie de la population participe au financement des campagnes électorales. Une étude a démontré que les membres du Congrès passent 30 à 70 % de leur temps à lever des fonds auprès des cent cinquante grandes entreprises ou institutions donatrices. Une fois élus, députés et sénateurs sont particulièrement attentifs à ce que désire cette minorité. Ils ont beaucoup d’influence, c’est une violation du principe de démocratie. Ils ne représentent même pas la frange riche de la population américaine.

    Avez-vous des exemples de lois adoptées sous la contrainte de ces donateurs intéressés ?

    Le meilleur moyen de tirer avantage du Congrès est de bloquer les changements législatifs. Un très bon exemple est la réforme de la législation sur les armes. Malgré tous les massacres perpétrés dans les écoles, Barack Obama a présenté une loi très timide. Pourtant, 90 % de la population et 70 % des membres de la NRA étaient favorables à un encadrement plus sévère. Mais la direction de la NRA a convaincu les membres du Congrès qu’ils perdraient leur siège s’ils adoptaient une réforme trop agressive.

    C’est donc les lobbies qui mènent la danse au Congrès ?

    Un autre exemple est très parlant. En 2011, entre la crise économique, le problème du plafond de la dette, le climat et le chômage, les sujets de discussion ne manquaient pas. Pourtant, la préoccupation numéro 1 du Congrès était toute autre. Les élus ont principalement débattu des commissions prélevées lors des paiements par carte de crédit. Faut-il augmenter ou baisser cette commission, telle était la grande question. Les membres du Congrès savaient que des millions de dollars de donations dépendaient de leur choix. Pourtant, ce sujet était très éloigné des préoccupations des Américains.

    En 2002, une réforme a supprimé le financement direct des partis. L’argent va aux comités d’action politique qui sont chargés d’aider les candidats à se faire élire. Mais cela ne change rien au problème car on sait très bien qui financent ces comités et quels candidats ils supportent.

    C’est à cause de ces lobbies que les allocations de chômage à long terme ont été supprimées ?

    Je ne pense pas qu’un lobby ait fait campagne pour supprimer les allocations de chômage. Simplement, le Congrès doit épargner de l’argent pour diminuer le déficit. Les chômeurs et les étudiants sont une cible facile car il n’y a personne pour les défendre. C’est la même chose pour les petits éleveurs de bétail. Le système actuel favorise les grandes exploitations qui produisent des céréales subsidiées pour nourrir leur bétail. Les producteurs qui nourrissent leur bétail avec de l’herbe sont hors-jeu car ils ne sont pas subsidiés. Comme ils ne financent pas les campagnes électorales, il n’y a personne pour les défendre.

    Cette marche organisée dans le New Hampshire, c’est pour dénoncer ce système ?

    C’est la troisième fois que nous organisons cette marche qui a un impact médiatique considérable dans le New Hampshire. Nous organiserons une marche plus importante l’année prochaine pour soulever cette problématique à l’échelon national. Nous aimerions que le sujet soit au cœur de la campagne pour l’élection présidentielle de 2016. Car si aucune réforme n’est adoptée d’ici là, la démocratie sera perdue pour les trente prochaines années aux Etats-Unis.

    Vous préconisez que les gens financent les campagnes, mais est-il réaliste de faire payer la population ?

    Les Américains paient déjà d’une façon ou d’une autre. L’Etat dépense chaque année 90 milliards de dollars en subsides pour les entreprises. Les compagnies pétrolières reçoivent 5 milliards de dollars, l’industrie du sucre 10 milliards de dollars. Tout cela sans aucun bénéfice pour l’intérêt général. Un financement public des partis coûterait seulement 3 milliards de dollars par an. Et cela rendrait le Congrès plus libre pour supprimer les subsides aux entreprises.

    La corruption est-elle si importante au Congrès ?

    Je pense que c’est avant tout le système qui est corrompu. Les membres du Congrès ne reçoivent pas directement des pots de vin de la part des entreprises. La majorité des élus font leur travail honnêtement. Le seul problème, c’est qu’ils sont dépendants des dons pour mener campagne. Ils favorisent donc les donateurs qui ont permis leur élection.

    La Libre. be

  • Vital Kamerhe délogé d’une maison de l’Etat à Kinshasa

    Vital Kamerhe délogé d’une maison de l’Etat à Kinshasa

    kamerhe-L’opposant Vital Kamerhe a été délogé vendredi 7 février d’une résidence officielle de l’Etat qu’il occupait depuis 2004, année où il assumait les fonctions de ministre de l’information. Jusque ce matin, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) continuait à évacuer ses biens de cette maison sise rue Mweneditu à Kinshasa. L’opposant actuellement trainé en justice par une députée de la majorité crie à l’acharnement. Le porte-parole du gouvernement affirme pour sa part qu’un préavis a été adressé à M. Kamerhe en bonne et due forme.

    « Je n’ai pas dormi cette nuit et on m’a dit que je dois terminer le déménagement à 7 heures du matin. J’ai posé la question mais qu’est-ce qu’on fait de la loi, parce que même un locataire de la cité, on lui donne un préavis. J’ai demandé un jour un préavis et ils ont refusé », affirme l’opposant Vital Kamerhe.

    Il déclare en outre louer cette maison depuis qu’il avait cessé d’être ministre de l’Information.

    « Cette maison je la loue en tant que Vital Kamerhe. Je paye régulièrement le loyer et j’ai un contrat de bail en mon nom. Aujourd’hui, c’est la seule maison de l’Etat qui reste encore sur cette avenue, toutes les autres maisons ont été vendues au maximum 12 000 dollars. Et moi-même à l’époque on m’avait proposé de la prendre, il y avait même un arrêté qui me l’avait été attribué. J’y avais renoncé parce que nous devons prêcher par l’exemple », a joute-t-il.

    Le président de l’UNC place cette affaire dans un contexte d’acharnement qui viserait sa personne :

    « Il y a beaucoup d’histoires qui sont évidemment cachées. Et j’ai compris que c’est un acharnement qui a commencé d’abord avec l’histoire de la DGM, ensuite le ministre des Médias qui m’a consacré une conférence de presse pour me traiter de tous les maux, et il y a aussi eu le procès avec Mme Wivine Moleka où le ministère public demandait qu’on me condamne de 3 ans ferme avec effet immédiat », a-t-il indiqué.

    Ancien secrétaire général du PPRD, le parti présidentiel, et ex-président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a été contraint à la démission en 2009 après avoir critiqué les opérations militaires menées conjointement par les Forces armées rwandaises et congolaises contre les FDLR au Nord-Kivu. Depuis 2010, il est à la tête de l’UNC un parti d’opposition.

    Vous pouvez suivre le son de Vital Kamerhe:

    « Récupérer la maison de l’Etat, voilà tout »

    En réaction, le ministre des Médias, Lambert Mende, affirme que tout ce que Vital Kamerhe dit « est totalement faux ».

    « Cette maison est une maison de fonction. C’est-à-dire, une résidence attachée au ministère de la Communication et des Médias de l’époque, aujourd’hui ministère des Médias, Relations avec le Parlement et Initiation à la nouvelle citoyenneté », souligne-t-il, avant de préciser :

    « Nous voulons récupérer la maison de l’Etat, voilà tout ».

    Lambert Mende dit ne pas comprendre par quelle « alchimie il [Vital Kamerhe] soit devenu locataire » de la maison de l’Etat.

    « On ne peut pas imaginer que M. Kamerhe ait reçu cette maison lors de la remise-reprise qu’il avait effectuée avec l’ancien ministre, M. Kikaya, et que je ne sais par quelle alchimie. Le Procès verbal de remise-reprise peut vous être remis à tout moment », ajoute le ministre des Médias.

    Pour Mende, si le président de l’UNC prétend être un locataire, « c’est par un artifice tout à fait illégal qui a été anéanti par le ministère de l’Urbanisme ».

    Lambert Mende précise que le ministre de l’Urbanisme, qui gère les biens du domaine de l’Etat, lui avait demandé de libérer « avec dignité » cette maison en 2010.

    « Le 12 décembre 2010, le ministre de l’Urbanisme de l’époque, le député César Lubamba, a écrit à M. Kamerhe pour lui dire qu’il mettait fin à ce contrat de bail parce que le bien devrait rentrer dans la réserve de  ce qu’on appelle les résidences de fonction de l’Etat. Lorsque le ministère voulait déjà renter dans le droit de son bien immobilier, on lui a dit [à Kamerhe] que celui qui a signé avec lui le contrat jusqu’à la fin 2010 l’a fait illégalement mais qu’on le laissait quand même jusqu’à la fin de 2010 », souligne le ministre des Médias.

    Selon lui, le ministère de l’Urbanisme avait donné un préavis de 3 mois à Vital Kamerhe.

    « On lui a donné un préavis de 3mois en décembre 2010 pour libérer la maison. Cela courrait jusqu’à mars 2011. Nous sommes aujourd’hui en 2014, les 3 mois se sont transformés en 3 ans. M. Kamerhe n’est pas du tout fondé pour dire qu’on ne lui a pas donné un délai pour partir, il a abusé de la patience de l’Etat », indique Lambert Mende.

    Vous pouvez aussi suivre le son de Lambert Mende:

  • Vital Kamerhe empêché de voyager pour Goma

    Vital Kamerhe empêché de voyager pour Goma

    KAMERHE- KABILA-Le président du parti de l’opposition Union pour la nation congolaise (UNC) a été empêché ce vendredi 7 février de voyager pour Goma où il devait se rendre avec des membres de son parti. L’opposant avait déjà embarqué à bord de l’avion qu’il avait affrété à l’aéroport de Ndolo lorsque, selon lui, la Régie des voies aériennes (RVA) a ordonné au pilote de ne pas décoller.

    « On vient de nous signifier que les autorités du pays viennent de refuser à l’avion de décoller avec Kamerhe à bord pour Goma avec sa délégation », a déclaré Vital Kamerhe, joint au téléphone à partir de l’avion vers 11 heures. Vital Kamerhe affirme que la raison de cette interdiction de vol ne lui a pas été signifiée.

    Mais il croit savoir que les autorités ont « peur de ce que la population va démontrer aux yeux du monde : la consécration d’un leader accepté par toute la population du pays ».

    « Je voudrai que la population [de Goma] sache que nous étions déjà dans l’avion », indique-t-il, déclarant qu’il attend d’être informé des raisons de cette interdiction de vol.

    Joint au téléphone, le patron de la RVA qui affirme se trouver dans un hôpital a déclaré que son entreprise ne gère que la piste de l’aéroport de Ndolo.  Selon lui, c’est l’Autorité de l’aviation civile qui donne l’ordre de décoller.

    Le directeur général de l’Aviation civile contacté peu avant midi affirme également se trouver dans un hôpital. Il dit ne pas être au courant de ce qui se passe à l’aéroport de Ndolo et promet de s’enquérir de la situation.

    En janvier dernier, l’UNC avait fait état d’une mesure d’interdiction de quitter le territoire national visant son président, Vital Kamerhe.

    Dénonçant « un acte de provocation », ce parti avait expliqué avoir contacté le ministre de l’Intérieur «  pour avoir la lumière sur ce dossier ». Ce dernier aurait affirmé n’être pas au courant d’une telle mesure.

    Interrogé à ce sujet, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, avait démenti l’existence d’une interdiction de voyager visant l’opposant Vital Kamerhe.

    Il avait expliqué que cette prétendue interdiction de voyager dénoncée par l’UNC serait plutôt « une sorte de syndrome de victimisation » que manifestent « certains éléments de l’opposition pour faire parler d’eux ».

    Ce même vendredi 7 février, Vital Kamerhe a été délogé d’une maison de l’Etat qu’il occupait depuis 2004 quand il était ministre de l’Information. Il estime avoir été délogé illégalement et sans respect du contrat de bail parce qu’il louait cette maison. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende a indiqué qu’un préavis avait été adressé à M. Kamerhe depuis 2010 mais que ce dernier n’a jamais quitté la maison.

    Radio Okapi

  • Le quatrième Kabila

    Le quatrième Kabila

    kabila- serment-Sur ce diamant brut niché dans l’écrin du bassin du fleuve Congo qu’est la RD Congo, beaucoup a été dit et écrit. À commencer par la chronique de ce gigantesque gâchis qui, cinquante-trois ans après son indépendance, fait de cette République d’environ 70 millions d’habitants (les chiffres varient considérablement selon les sources), dont la moitié a moins de 15 ans, un pays que même Nelson Mandela aurait été bien en peine de gouverner… Un ovni dans le concert des nations, bonnet d’âne en matière de développement humain, alors que son potentiel, minier, agricole ou énergétique, est tout simplement ahurissant.

    Les responsables de ce naufrage ? Les Congolais eux-mêmes, bien sûr, mais pas seulement : grandes puissances et voisins s’y sont longtemps “amusés” dans l’ombre comme on joue au Monopoly, et ce n’est pas fini. L’avenir ? On le souhaite enfin serein à défaut d’être radieux. Mais il y a bien longtemps que l’on a appris à se méfier des promesses et des miracles aux allures de mirages.

    À seulement 42 ans, Joseph Kabila en a passé treize à la tête de ce géant indomptable. Qu’on l’aime ou non, une chose est sûre : sa mission n’était guère une sinécure et rien ne dit qu’un autre aurait fait mieux à sa place. Il a hérité, en janvier 2001 et presque par hasard, d’un pays qui n’en était pas un. Une mosaïque de clans et de provinces aux intérêts antagonistes, qui ne savaient que se battre pour le pouvoir et où le chacun pour soi était devenu une véritable religion. Un territoire sans économie, gangrené par une corruption sans limites et une insécurité permanente, dépourvu d’infrastructures tenant encore debout, aux ressources humaines (bien) formées insuffisantes. Et où ce qui tenait lieu de classe politique ressemblait plutôt à un panier de crabes se disputant les restes faisandés d’un tilapia…

    Personnage surprenant, secret et mutique que ce Joseph Kabila. Le jeune homme modeste, héritier d’un pouvoir dont personne ne peut affirmer qu’il le désirait vraiment, a un temps fait rêver les Congolais. C’était le premier Kabila. À partir de 2006 et jusqu’à récemment, peut-être sous la funeste emprise de Raspoutines équatoriaux, il dériva progressivement vers les rivages de l’autocratie et de l’opacité érigée en mode de gouvernance.

    Et puis un troisième Kabila semble être né, tirant à l’évidence les leçons de la pitoyable présidentielle de novembre 2011. Plus ouvert, certainement débarrassé d’influences néfastes, plus mature, plus audacieux. Le binôme parfaitement complémentaire qu’il forme avec son Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, semble avoir remis le pays sur des rails prometteurs. Le discours, lui aussi, a changé. Ceux qui ont écouté son adresse à la nation du 23 octobre dernier, prononcée devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, n’ont certainement pas reconnu l’homme qui n’était jusqu’ici guère réputé pour ses talents de tribun. Son diagnostic sévère mais juste d’un pays rongé de l’intérieur, aux allures d’autocritique, sa main tendue à l’opposition et à la société civile, l’expression d’une réelle volonté de changement des pratiques mais aussi des mentalités et des comportements ont largement étonné, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.

    En attendant de savoir si Kabila respectera ou non la Constitution, et alors que le bruit court qu’il songerait de plus en plus à un scénario à la Poutine-Medvedev version congolaise, voire à faire un break de cinq ans pour mieux revenir, il ne sera jugé que sur un seul critère, toujours le même : le respect de la parole donnée. S’il veut laisser son empreinte, comme on lui en prête la volonté farouche, dans l’histoire guère reluisante de son pays, c’est le seul chemin qu’il peut désormais emprunter. Surtout s’il souhaite qu’un quatrième Kabila puisse voir le jour…

    Jeune Afrique

  • Les brebis égarées du M23

    Les brebis égarées du M23

    Leaders du m23-On les soupçonne de préparer de nouvelles attaques dans l’est de la RDC. Mais les anciens rebelles du Mouvement du 23-Mars, officiellement dissous, affirment au contraire vouloir rentrer dans le rang.

    “Des sources crédibles font état de la poursuite du recrutement militaire [et] d’une résurgence d’activités du M23 en Ituri.” À écouter Martin Kobler, le chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RD Congo (Monusco), le 13 janvier, on pourrait croire que les ex-rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) sont sur le point de faire à nouveau le coup de feu dans l’est du pays, à partir du Rwanda et de l’Ouganda, où s’est réfugiée la majorité d’entre eux. Comme les autorités congolaises, les responsables onusiens fondent leurs soupçons sur la relative liberté de mouvement dont bénéficie dans ces deux pays l’ex-mouvement rebelle, officiellement dissous après les accords de décembre 2013.

    Les anciens chefs du M23, parmi lesquels le “général” Sultani Makenga, se déplacent très facilement en Ouganda. “Pour nous, ce sont des réfugiés, se justifie Ofwono Opondo, porte-parole du gouvernement ougandais. Ils ne sont pas formellement inculpés. Nous n’avons donc aucune raison de les arrêter.”

    Les hommes de troupe ont été regroupés dans le camp de Kasese, situé à une vingtaine de kilomètres de la frontière. Selon une source onusienne, ils peuvent circuler aisément. Au moins trois officiers de l’ex-M23 et leurs hommes se trouveraient d’ailleurs sur le territoire congolais, selon une source interne au mouvement.

    Le scénario d’une relance des hostilités par l’ex-M23 ne paraît pas crédible à court terme.

    Toutefois, le scénario d’une relance des hostilités par l’ex-M23 ne paraît pas crédible à court terme. Les hommes qui avaient pris la ville de Goma fin 2012 ne sont plus en état de menacer directement la RD Congo. Après leur défaite militaire, en novembre dernier, le gros des troupes a laissé derrière lui l’essentiel de son matériel, puis traversé la frontière ougandaise, et Kampala affirme les avoir désarmées. “Le moment serait très mal choisi pour mener une nouvelle attaque, analyse Jason Stearns, chercheur et ancien coordonnateur du groupe d’experts de l’ONU sur la RD Congo. S’il le faisait aujourd’hui, le M23 ne pourrait pas nier qu’il s’appuie sur l’Ouganda et le Rwanda. C’est intenable politiquement.”

    Certains imaginent pouvoir participer au futur gouvernement de “cohésion nationale”

    Les ex-rebelles ne cherchent d’ailleurs plus à tenir le terrain, et les principaux groupes armés agissant dans le Nord-Kivu sont désormais les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF-Nalu) et les Hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), que l’armée congolaise tarde à mettre hors d’état de nuire, au grand dam de Kampala et de Kigali.

    Les ex-M23 attendent beaucoup de la déclaration de Nairobi, qu’ils ont signée avec le gouvernement de Kinshasa le 12 décembre au terme de longues négociations. Certains imaginent pouvoir participer au futur gouvernement “de cohésion nationale”. Et la majorité d’entre eux compte bénéficier de l’amnistie promise à tous ceux qui ne sont pas soupçonnés d’exactions.

    Le mouvement espère enfin que cette amnistie pourra également bénéficier à son ancien mentor, Laurent Nkunda. L’ex-chef du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), rébellion dont le M23 n’était que la continuation, est en résidence surveillée au Rwanda depuis cinq ans, mais continue de jouir d’une belle popularité chez ses anciens compagnons d’armes. “La loi d’amnistie sera générale et impersonnelle, note sobrement François Muamba, chargé par Kinshasa du suivi des négociations. Elle est donc applicable à tous ceux qui en rempliront les critères.”

    À Kampala, Bertrand Bisimwa, chef politique de l’ancien M23, n’imagine pas pour sa part que le Rwanda soit un obstacle. “Je n’ai pas de contact avec le gouvernement rwandais, mais il détient Nkunda pour des raisons politiques, notamment à la demande du Congo. Je ne vois pas quel problème sa libération pourrait lui poser.”

    Jeune Afrique