Author: Don Kayembe

  • Canada: Déportation controversée d’une trentaine de congolais

    Canada: Déportation controversée d’une trentaine de congolais

    otawa-L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) vient de débloquer un budget spécial pour faire venir au Canada une délégation du ministère de l’Intérieur de la République démocratique du Congo (RDC) chargée de rapatrier en Afrique une trentaine de Congolais dont le Canada veut se débarrasser, a appris La Presse.

    L’initiative inquiète certains défenseurs des droits de l’homme.

    L’ASFC refuse toute entrevue de vive voix à ce sujet. Dans un courriel, sa porte-parole affirme qu’elle ne peut «discuter des négociations en cours avec des pays particuliers», mais que les voyages de représentants étrangers peuvent s’avérer rentables s’ils permettent de renvoyer des personnes qui coûtent cher en frais de santé, de détention ou de services sociaux.

    Selon nos sources, l’ASFC devrait effectivement économiser gros grâce à cette initiative. Une trentaine de ressortissants de la RDC sont actuellement visés par une mesure de renvoi du Canada, mais demeurent bloqués au Canada parce qu’ils ne détiennent pas de passeport.

    Certains doivent demeurer détenus, car ils sont considérés comme à risque, et ils coûtent autour de 250$ par jour au trésor public. Ceux qui sont en liberté surveillée engendrent aussi une foule de dépenses.

    Coût de 30 000 $

    Pour une raison inexpliquée, l’ambassade de la RDC ne leur a pas délivré de document de voyage. Mais les autorités congolaises ont fait miroiter au Canada que si des représentants de leur ministère de l’Intérieur étaient invités au pays pour rencontrer leurs ressortissants, elles pourraient certainement leur trouver un passeport.

    Le voyage des quatre représentants congolais devrait coûter autour de 30 000$, selon ce qu’a appris La Presse. Ils devraient voyager avec des passeports diplomatiques et être accompagnés de représentants de l’ASFC pendant leur séjour.

    Or, les autorités canadiennes considèrent elles-mêmes que les forces de sécurité de la RDC chapeautées par le ministère de l’Intérieur sont souvent responsables d’atteintes graves aux droits de la personne. Des fonctionnaires congolais qui souhaitaient immigrer au Canada ont vu leur dossier refusé pour complicité avec des exactions commises dans leur pays.

    L’invitation de cette délégation fait donc sourciller certains défenseurs des droits de la personne.

    «De façon générale, la torture et les morts en détention sont des qualificatifs qu’on rattache au ministère de l’Intérieur et aux forces de sécurité de RDC-Congo. Notre attitude serait plutôt de craindre pour cette trentaine de personnes, sans vous dire nécessairement qu’on s’opposerait à leur départ», observe Anne Sainte-Marie, porte-parole de la section québécoise d’Amnistie internationale.

    Une ligne à ne pas franchir

    L’avocat Stéphane Handfield, ancien commissaire à l’immigration, s’explique mal la démarche.

    «Je comprends que l’Agence veut faire preuve d’imagination pour expulser des individus, mais là, je trouve qu’il y a une ligne à ne pas franchir. Je trouve préoccupant qu’on fasse venir à même les fonds des contribuables une délégation d’un pays cité par de nombreux organismes de défense des droits de la personne comme un endroit où les droits ne sont pas respectés.

    «Je ne vois pas ce que ces gens pourront faire que l’ambassade congolaise ne peut pas faire», indique l’avocat, qui a souvent représenté des immigrants congolais.

    «Il semble qu’il y a une contradiction, puisque dans plusieurs cas, le Canada a prétendu que les gens qui ont travaillé au sein du gouvernement congolais ne pouvaient être admis au Canada», ajoute Janet Dench, porte-parole du Conseil canadien pour les réfugiés.

    Vincent Larouche

  • Églises évangéliques : d’Abidjan à Kinshasa, la Jesus Connection

    Églises évangéliques : d’Abidjan à Kinshasa, la Jesus Connection

    Pasteur-D’Abidjan à Kinshasa, leurs Églises se comptent par dizaines de milliers. Promettant aux foules ce que les hommes d’État ne peuvent offrir, les pasteurs seraient-ils les nouveaux leaders du continent ?

    La Jesus Connection a de beaux jours devant elle. Si l’on en croit les statistiques (approximatives) des spécialistes des religions, la communauté des chrétiens évangéliques et pentecôtistes au sud du Sahara talonne désormais celle des catholiques, après avoir largement vampirisé les effectifs du protestantisme, dont elle est issue. Avec une armée de fidèles estimée entre 120 et 150 millions d’âmes, cette mouvance acéphale conjuguant technologie numérique et exubérance émotionnelle, christianisme originel et Évangile de la prospérité est, avec l’islam, la forme religieuse la plus expansive en Afrique.

    >> Lire aussi notre dossier : Chrétiens en terre d’islam : l’impossible cohabitation

    D’Abidjan à Kinshasa, de Nairobi à Accra, de Libreville à Johannesburg, ce christianisme conquérant, missionnaire et mondialisé, qui ne connaît d’autre hiérarchie que celle de ses pasteurs et se décline sous des milliers d’appellations différentes (5 000 pour le seul Bénin !), prospère sur les terreaux fertiles de la crise des valeurs, du discrédit de la politique et de la quête du spirituel. Essentiellement urbaines, ces Églises qui prônent une religion à la fois physique et binaire (le bien contre le mal), reposant sur la révélation et l’engagement personnel, recrutent un public jeune, majoritairement féminin, appartenant à des catégories éduquées (étudiants, enseignants, cadres, fonctionnaires) et ayant une forte ambition de mobilité sociale, voire d’enrichissement individuel.

    La popularité, proche du star-system, que rencontrent les pasteurs les plus connus (et cela quelle que soit leur formation religieuse, souvent sommaire) fait d’eux des clients courtisés et des conseillers écoutés des dirigeants et des chefs d’État. D’autant que les évangéliques, qui fonctionnent en réseaux et souvent en lobbies, sont présents dans les secteurs clés de l’administration et diffusent leur message transnational auprès des diasporas émigrées. Grands voyageurs, les pasteurs ont souvent un pied dans les banlieues des grandes capitales européennes, où leurs Églises prospèrent, et un autre dans leur pays d’origine, ce qui en fait des agents d’influence particulièrement efficaces.

    De cette relation entre l’au-delà et la politique survient le meilleur comme le pire. Beaucoup de pasteurs évangéliques sont des hommes de bien, dont la parole redonne confiance, resserre le lien social et prône la vertu. Mais il en est d’autres pour qui la religion est une entreprise financière et dont le langage de combat flirte volontiers avec l’éthnonationalisme, la haine de l’étranger, voire l’incitation à la violence : de la Côte d’Ivoire à la RD Congo, les exemples récents de telles dérives sont nombreux. Le risque que représente ce type d’Églises pour les libertés est dans le fond identique à celui que véhicule toute formation religieuse exacerbée, de l’islamisme radical à l’hindouisme militant. L’investissement exigé de la part des fidèles est en effet total, intense, englobant tous les aspects de la vie en échange d’une part hypothétique de la puissance divine – notion dont l’écho est particulier en Afrique.

    Sensible depuis la fin des années 1980, la déferlante évangélique est donc devenue l’objet de toutes les convoitises et de toutes les manipulations politiciennes. Au regard du caractère meurtrier qu’a souvent pris, dans le passé, l’interconnexion entre le religieux et la politique, il est permis de s’en inquiéter.

    Jeune Afrique

  • LUTTE CONTRE LA PROSTITUTION :  LES KINOISES DE MOINS DE 40 ANS INTERDITES DE SÉJOUR À BRAZZAVILLE.

    LUTTE CONTRE LA PROSTITUTION : LES KINOISES DE MOINS DE 40 ANS INTERDITES DE SÉJOUR À BRAZZAVILLE.


      filleLes femmes de moins de 40 ans n’ont plus droit à se rendre à Brazzaville, capitale de la République du Congo à leur gré. C’est-ce qu’on peut dire de la situation qui prévaut depuis plus d’une semaine au beach Ngobila. Source : « Direct.cd ».

      
    Sans donner plus des précisions sur cette décisions, quelques agents de sécurité commis à cette de la RDC et la République du Congo ne laissent passer que celles qui sont munies d’une autorisation parentale ou maritale. Surprises par cette interdiction, plusieurs femmes parmi lesquelles plusieurs kinoises ne savent pas à quel saint se vouer.
    Peu importe le motif qu’elles peuvent avancer : Visite familiale, activité commerciale ou plusieurs autres raisons de leur déplacement elles sont obligées de plier bagage jusqu’à nouvel ordre. Impuissantes face à cette décision, les victimes de cette nouvelle mesure sont contraintes de plier bagages avec leurs billets, laissez-passers … Entre temps, le business s’arrête pour les commerçante et les contacts familiaux aussi pour certaines.

    L’ORIGINE DES MAUX
    Sur place à Ngobila, on apprend que cette décision serait prise pour lutter contre les actes immoraux commis par des Kinoises à Brazzaville. Cherchant à gagner la vie vers l’autre rive, beaucoup d’entre elles se lanceraient au Congo dans le plus beau vieux métier du monde en échange des billets de banque. Allant plus loin, elles ont transformé certains quartiers de Brazzaville en cité de tournage des filmes pornographiques. Informée par cette pratique, la police locale a procédé à l’arrestation de plus d’une vingtaine d’entre elles à Kintélé, un coin périphérique de la capitale congolaise.
    Malgré cette décision, bon nombre d’entre elles finissent par traverser le fleuve après avoir négocié avec quelques agents de migration. Une réalité qui met en péril la mesure.

    UNE INTERDICTION POLÉMIQUE À KINSHASA
    Applaudie par quelques kinois, cette nouvelle fait l’objet d’indignation chez d’autres. Pour eux, cette mesure est une forme de priver les droits de circulation à cette catégorie de personnes. « Ce n’est pas parce qu’il y a un groupe de Kinoises impliqué dans des pratiques indignes qu’on doit punir toutes les femmes », a indiqué un activiste de droits de l’homme à Gombe.
     
    Cordialement,
    La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».
     
  • Papes Benoît XVI et François : la guerre des deux papes n’aura pas lieu

    Papes Benoît XVI et François : la guerre des deux papes n’aura pas lieu

     Benoit-xvi-Francois-vatican-pape-Un an a passé depuis le 11 février 2013 où, à 11 h 41, Benoît XVI avait prononcé devant un parterre de cardinaux stupéfaits : “Declaro me ministerio Episcopi Romae (…) renuntiare.” Un peu plus de deux semaines plus tard, il quittait le Vatican dans un hélicoptère blanc pour Castel Gandolfo. À 20 heures, avec la fermeture des portes du palais, le pontificat de Benoît XVI prenait fin. Depuis ce jour, à l’exception de rares photos publiées par L’Osservatore Romano, le pape émérite a disparu de tous les écrans radars.

    Joseph Ratzinger réside pourtant au Vatican, à quelques centaines de mètres du palais où il fut, pendant sept ans, le chef spirituel de plus d’un milliard de croyants. Dans l’ancien monastère Mater Ecclesiae rénové pour accueillir le premier pape émérite depuis Grégoire XII en 1415, il habite en compagnie des soeurs Memores Domini, qui s’occupent de sa vie domestique, et de son secrétaire Georg Gänswein. Seul hôte de la “famille pontificale” : Georg Ratzinger, le frère de l’ancien pape, qui multiplie les séjours à Rome.

    Joseph Ratzinger vit une vie régulière et retirée. Levé à 5 h 30, il célèbre la messe à 6 heures en compagnie des soeurs Domini et de son secrétaire. Après un petit déjeuner frugal – biscottes et confiture d’oranges amères -, il gagne à 8 heures son bureau pour y lire la presse allemande et italienne, répondre à son courrier, consulter des documents. À 11 heures, il médite et prie. C’est à cette heure que, le dimanche, il célèbre la messe, au cours de laquelle il prononce une homélie devant un auditoire toujours aussi restreint. Il déjeune à 12 heures, le plus souvent seul. Il n’a ainsi déjeuné que trois ou quatre fois avec le pape François depuis sa renonciation. Après une courte sieste, vêtu de sa soutane blanche et parfois coiffé d’un béret basque, il se promène dans les jardins du Vatican avec Georg Gänswein.

    “Je vis cloîtré !”

    À 16 heures, retour dans son bureau où il prend connaissance de la dernière édition de L’Osservatore Romano avant de se remettre au travail. Vers 17 heures, Joseph Ratzinger s’offre une heure de piano avant de se consacrer de nouveau à la prière. Le pape émérite dîne à 19 heures précises et regarde le journal télévisé de la première chaîne de la Rai. S’il regarde parfois un film ou une émission enregistrés pour lui, il ne se retire jamais dans sa chambre après 22 heures.

    La cohabitation d’un pape émérite et d’un souverain pontife en exercice avait soulevé bien des inquiétudes. Joseph Ratzinger a donc choisi de se faire très discret pour ne pas faire d’ombre à son successeur. Trop discret, peut-être. Selon le quotidien La Repubblica, l’ancien pape se serait plaint de cette solitude : “Je vis cloîtré !” “Mais c’est vous qui vous êtes cloîtré tout seul, vous pouvez sortir quand vous voulez. Quel dommage que personne ne puisse entendre vos homélies”, lui a répondu son secrétaire. En effet, depuis son renoncement, Joseph Ratzinger n’a quitté le Vatican que deux fois : pour assister à un concert de musique classique à Castel Gandolfo et pour rendre visite à son frère hospitalisé.

    Reste que le pape émérite écrit à de nombreux cardinaux dans le monde et fait passer des messages à la curie par l’intermédiaire de Georg Gänswein qui est également préfet de la maison pontificale du pape François. Mais toujours dans le respect de son successeur. Sur son papier à en-tête “Pontifex emeritus Benedictus XVI”, il a écrit au trublion de son pontificat, le théologien Hans Küng : “Je suis lié par une grande convergence de vues et une amitié de coeur au pape François. Mon unique et dernier rôle consiste à soutenir son pontificat dans la prière.” La guerre des deux papes n’aura pas lieu.

    Le point.fr

  • Cycle électoral 2014-2016 : le train de la CENI démarre sans UDPS, UNC, MLC…

    Cycle électoral 2014-2016 : le train de la CENI démarre sans UDPS, UNC, MLC…

    udps-Pour assainir le climat électoral au pays, 334 partis politiques sur 644 enregistrés au ministère de l’Intérieur ont signé, le samedi 8 février à Kinshasa, le Code de bonne conduite et le Protocole d’accord instituant le Comité de liaison entre la CENI et les formations politiques. UDPS, UNC, MLC… trois grands partis de l’Opposition ont séché ce rendez-vous. Les retardataires n’ont que 18 jours pour prendre place à bord du train de la CENI qui vient de quitter la gare.

    Sobre mais significative a été la cérémonie de signature du Code de bonne conduite et du Protocole d’accord instituant le Comité de liaison entre la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les partis politiques, le samedi 8 février 2014 sous la tente géante du Palais du peuple.

    Les présidents de différents partis politiques et leurs mandataires ont été au rendez-vous. A l’exception de représentants de grandes formations politiques de l’Opposition, notamment l’UDPS, l’UNC, le MLC,… Témoins de l’événement : les diplomates de missions accréditées à Kinshasa.

    Dans son allocution, le président de la CENI, Apollinaire Malumalu, a exprimé « sa profonde gratitude » à l’endroit de tous les partis politiques présents à la cérémonie et de la communauté internationale qui s’est engagée à accompagner la RDC dans son  processus électoral.

    Le Code de bonne conduite et le Protocole d’accord instituant le Comité de liaison entre la CENI et les partis politiques légalement reconnus en RDC ont été examinés et adoptés par les mandataires de ces formations politiques, en décembre 2013, a-t-il rappelé. Avant d’ajouter qu’à ce jour, 334 partis politiques, soit 65,4% sur 644 enregistrés au ministère de l’Intérieur, ont signé les deux documents.

    Selon M. l’abbé Malumalu, l’objectif poursuivi par les deux textes est, entre autres, d’assainir le climat électoral  en vue d’organiser des élections crédibles et apaisées en RDC. Ils vont également encourager, notamment le dialogue entre la CENI et les partis politiques.

    Ces textes rappellent à chacune de partie prenante au processus électoral les mesures à observer. Ils contribuent à l’établissement d’un climat de confiance entre la CENI et les partis politiques.

    A ses yeux, si les élections restent un élément-clé de la démocratie, elles doivent être régulières, libres et transparentes afin de permettre aux électeurs de se choisir leurs mandataires dans un climat sain et apaisé.

    Pour M. l’abbé Apollinaire Malumalu, la Commission électorale nationale indépendante s’est engagée à respecter les règles du jeu et observer toutes les mesures lui concernant dans les deux textes. Cela, en vue «  de garantir la transparence et de promouvoir la paix et l’unité » dans le processus électoral.

    Saisissant cette opportunité, le président Malumalu a invité les autres partis politiques à rejoindre le train de la CENI qui est déjà en marche. D’autant plus que l’opération d’accréditation des mandataires des partis politiques (pour ceux qui ne l’ont pas encore fait) pour la signature du  Code de bonne conduite et du Protocole d’accord instituant le Comité de liaison entre la CENI et les partis politiques prendra fin le 28 février 2014, sauf imprévu.

    Auparavant, Mme Elodie Tambwe, membre de la plénière de la CENI, en charge des partis politiques, avait déclaré que la signature de ces documents est le fruit d’un long travail entre son institution et les partis politiques.

    LE DEFI A RELEVER

    A l’instar du président Malumalu, Mme Tambwe avait rassuré les uns et les autres que les membres de la plénière de la CENI sont déterminés à relever le défi d’œuvrer pour des élections libres, apaisées et transparentes. En effet, le Code de bonne conduite qui est opposable à tous invite tous les partis politiques, les regroupements politiques et candidats aux élections, notamment à « éviter toute forme des violences et à prôner la paix et la tolérance », et leur rappelle qu’ils ont le droit « d’organiser des réunions et des manifestations dans le respect des lois, de l’ordre public et de bonnes mœurs ».

    Ce texte permet à tous ces acteurs politiques de disposer et de jouir d’un droit d’exprimer ou de diffuser librement leurs convictions et opinions publiques, de circuler librement à travers le territoire national.

    D’après le Code de bonne conduite, ils disposent et jouissent également du droit « de sécurité de leur personne, de leurs membres, de leur patrimoine ainsi que de leurs activités, d’accès équitable aux médias publics et privés, d’accès à une bonne information en un temps réel sur toutes les questions relatives à la préparation et à l’organisation des élections ».

    D’après le Protocole d’accord, le Comité de liaison se réunit une fois par trimestre, sur convocation du président de la CENI. Il peut aussi se réunir à l’initiative de la CENI ou à la demande des ¾ de ses membres. Les observateurs nationaux ou internationaux dûment accrédités à ce comité peuvent participer aux réunions, sans voix délibérative.

    Le Potentiel

  • Université :session de rattrapage pour l’université congolaise

    Université :session de rattrapage pour l’université congolaise

    Vue du site de l'université de Kinshasa. Photo afriqueredaction.com-Jean Berchmans Labana Lasay’Abar est le recteur de l’université de Kinshasa (Unikin), président de la Conférence des recteurs de la région des Grands Lacs.

    L’enseignement supérieur congolais existe depuis 1954 et la création de l’université Lovanium, devenue l’université de Kinshasa. Il compte aujourd’hui, selon son ministère de tutelle, 961 établissements publics et privés, qui accueillent quelque 338 000 étudiants, encadrés par 3 000 professeurs (avec thèse), 17 350 membres du corps scientifique et 22 300 agents administratifs.

    Alors qu’il fut pendant des années l’un des meilleurs du continent, le système universitaire congolais a souffert des insuffisances des réformes engagées par le pouvoir politique – lui-même conditionné par les programmes de développement que les institutions financières internationales “administrent” aux États africains depuis 1960. Mais aujourd’hui, il est appelé à renaître de ses cendres pour participer non seulement au développement national, mais aussi à la construction d’un espace mondial de la connaissance.

    En dépit de sa dégradation, l’université a toujours pris part au débat national sur l’avenir du pays, et la contribution des intellectuels congolais reste une valeur sûre. Dans ses missions d’enseignement, de recherche et de services, l’université constitue l’un des piliers indispensables pour faire de la RD Congo tant un havre de paix qu’un pôle de développement pour son peuple. Elle doit lui permettre de s’impliquer davantage dans la recherche de réponses à des questions cruciales pour l’humanité, comme le réchauffement climatique ou le développement durable.

    Pour relever ces défis, notre système d’enseignement supérieur a la responsabilité de former des cadres compétents, porteurs de valeurs citoyennes et universelles, capables à la fois d’incarner le projet national, celui d’une révolution de la modernité, et de s’intéresser aux problématiques mondiales du XXIe siècle. Ces cadres doivent avoir acquis un savoir-faire qui fasse d’eux des professionnels, qui soit en parfaite adéquation avec les bassins d’emploi, et qui leur offre la possibilité de développer de nouvelles compétences tout au long de leur vie.

    Cette mission appelle nécessairement une vision nouvelle, favorisant la création du savoir et l’innovation. Dans cette perspective, il nous faut construire une politique éducative cohérente, fondée sur des valeurs démocratiques et globales. Cette politique doit reposer sur quatre piliers : la participation de tous les acteurs à son élaboration ; la décentralisation des structures ; la démocratisation de l’offre de formation ; et enfin l’évaluation interne et externe, en tant qu’outil critique visant à améliorer les services rendus à l’économie et à la société. Cette vision d’une université innovante, ouverte au monde et sur le monde, doit s’inscrire dans une réforme dont quelques bases fragiles ont été posées, mais pour laquelle l’essentiel reste à faire.

    Il va falloir mener à bien un certain nombre de missions.

    La construction d’un système d’enseignement supérieur de qualité, qui s’appuie sur des bases solides de bonne gouvernance académique, administrative et financière, est devenue un impératif. C’est la seule façon d’éviter l’isolement, dans un contexte international où la mobilité et la recherche scientifique connaissent un essor sans précédent.

    Il va falloir mener à bien un certain nombre de missions : revaloriser la dimension éthique, restructurer les organes de direction, recourir aux technologies de l’information et de la communication, renouveler les techniques d’apprentissage et redéfinir la relation entre enseignants et étudiants.

    Dans cette optique, notre enseignement supérieur doit s’approprier pleinement la démarche qualité et le système LMD (licence-master-­doctorat) afin de se conformer aux normes internationales. Telle est la condition sine qua non pour permettre au peuple congolais de prendre enfin son plus bel élan, et au Congo-Kinshasa de jouer le rôle que la nature lui a confié dans le village planétaire.

    Certes, cette réforme ne sera pas facile. Elle devra se faire progressivement. Le premier signal fort que le pouvoir pourrait envoyer serait de relancer le débat républicain en vue de l’adoption du projet de loi-cadre sur le système éducatif national… en souffrance au Parlement depuis la précédente législature.

    Jeune Afrique

  • Pasteur, un job en or

    Pasteur, un job en or

    Eglise-Il n’y a pas de business plus lucratif, à Kinshasa, que les “Églises de réveil”. Leurs guides vendent au prix fort leur bénédiction aux fidèles congolais… et leur influence aux hommes politiques.

    “Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à… prêcher.” Entendu au dernier festival d’humour Toseka, en juin 2013 à Kinshasa, ce détournement du célèbre dicton de Confucius résume bien la situation des “Églises de réveil” en RDC. “Aujourd’hui, une Église rapporte plus qu’une boîte de nuit, assure Mwinyi Hamza Badjoko, anthropologue et opposant politique. Les fidèles sont prêts à se priver pour donner de l’argent à leur “berger”. Ils considèrent ce sacrifice comme un acte de foi et espèrent en retour contracter un mariage, trouver un emploi, voire obtenir un visa pour l’Europe.”

    Dans les faits, ce sont bien sûr les pasteurs qui s’enrichissent, au point de s’acheter villas et belles voitures. Un exemple ? Pascal Mukuna, très populaire à Kinshasa, ne roule qu’en Lincoln Navigator, tantôt en version blanche, tantôt en version noire… Le prix d’un tel véhicule : pas moins de 55 000 euros. Une telle “vitrine” explique pourquoi les Églises de réveil poussent comme des champignons dans la capitale congolaise – on en compte jusqu’à deux ou trois par rue. “Impossible de connaître leur nombre exact : certaines sont enregistrées auprès de l’hôtel de ville en tant qu’association à but non lucratif, comme l’impose la loi, mais d’autres restent dans l’informel”, admet un fonctionnaire municipal à Kinshasa.

    Créer une Église est devenu une sorte de “débouché sur le marché du travail”

    “Le phénomène s’est développé au début des années 1970 avec le mouvement du Renouveau charismatique apparu au sein des Églises traditionnelles, décrypte l’abbé Gilbert Shimba, docteur en théologie et professeur de sociologie des religions. Les adeptes de ce courant, gagnés par les enseignements pentecôtistes, se sont détachés du catholicisme pour lancer des Églises dites de réveil. Le pasteur y occupe une place prépondérante dans la vie du fidèle : c’est lui qui sauve, et non plus les sacrements.” Cette tendance a pris de l’ampleur autour des années 1990, après l’échec des politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions de Bretton Woods. La grogne sociale est à son comble, le peuple a perdu toute confiance en l’État et se tourne vers la religion. De nouvelles Églises se développent, issues à la fois de mouvements évangéliques, pentecôtistes, charismatiques et prophétiques.

    Dans un pays à fort taux de chômage, créer une Église est vite devenu une sorte de “débouché sur le marché du travail pour certains jeunes diplômés en quête d’emploi”, observe Mélanie Soiron-Fallut, anthropologue spécialiste des mouvements religieux en Afrique centrale : “Le statut de pasteur confère une position importante dans la société, dans la mesure où la vie sociale de beaucoup d’adeptes tourne autour de l’église, devenue le nouveau lieu de sociabilité. On n’y va plus seulement le dimanche, mais trois ou quatre fois par semaine. Le leader religieux est désormais considéré comme le relais social qui remplace la famille et, surtout, les structures étatiques défaillantes.”

    Pour conserver cette emprise, les pasteurs multiplient les initiatives : campagnes d’évangélisation, journées de guérison, veillées de prière… La conquête des esprits prend des allures de compétition entre prédicateurs, qui n’hésitent plus à lancer des chaînes de radio ou de télévision pour se faire connaître et grossir les rangs de leurs fidèles. Plus ceux-ci seront nombreux, plus les “bénédictions”, qui s’achètent à prix d’or lors de grands rassemblements de prière dans les stades, seront rentables. Huile miraculeuse, bouteilles de vin porte-bonheur, bibles bénies, stylos de réussite… Ces prédicateurs promettent tout et n’importe quoi pourvu qu’ils y trouvent leur compte, à savoir bijoux et liasses de billets.

    Les politiques courtisent les leaders religieux

    Leur influence sans cesse grandissante dans la société n’échappe pas au radar des politiques. “Les pasteurs sont écoutés par leurs ouailles, drainent des foules, remplissent des stades : mieux vaut les avoir avec vous plutôt que contre vous”, reconnaît un élu de Kinshasa. Ainsi, en fonction de leur ascendant, les leaders religieux sont plus ou moins courtisés par la classe politique. Il existe désormais les pasteurs proches du pouvoir et ceux de l’opposition.

    Pour peser davantage, ils se regroupent dans des plateformes : la structure la plus ancienne, Églises de réveil du Congo, se dit “le partenaire social incontournable du gouvernement” ; l’Alliance mondiale des Églises chrétiennes est présidée par Pascal Mukuna, réputé proche de Marie-Olive Lembe di Sita, l’épouse du chef de l’État ; et le Haut Conseil des Églises de réveil charismatiques et autres compte parmi ses anciens responsables Jean-Marie Runiga, président du Mouvement du 23-Mars en avril 2012. “Pendant les campagnes électorales, ces pasteurs drainent les foules pour les candidats moyennant quelques billets de banque”, lâche Freddy Kita, secrétaire général du parti Démocratie chrétienne… et responsable à Kinshasa de la Mission évangélique pour le salut du monde, une Église qui refuse jusqu’ici de rejoindre l’une ou l’autre association.

    Une jeep de 25 000 euros contre la promesse de figurer dans le gouvernement

    Car le mélange des genres comporte des risques. Depuis avril 2013, le “prophète des nations” Denis Lessie est ainsi poursuivi pour “rançonnement de hautes autorités”. Leader de l’Église Arche de Noé, il aurait arnaqué Jean-Baptiste Ntahwa, ancien ministre du Budget. Se faisant passer pour le conseiller spirituel de Joseph Kabila, d’abord accompagné d’un lieutenant de l’armée présenté comme le chauffeur personnel du chef de l’État puis d’un étudiant campant le rôle du petit frère du président, il aurait obtenu de sa victime une Jeep d’une valeur de 25 000 euros en échange de la promesse de figurer dans le prochain gouvernement. Pour sa défense, le pasteur soutient qu’il s’agissait d’une donation. Il a même produit l’acte de cession devant les juges. La voiture lui a effectivement été cédée, mais, selon la partie adverse, elle devait être mise en vente par la suite pour en acheter une neuve au chef de l’État.

    Si l’affaire éclabousse les Églises de réveil, elle ne suffit pas à estomper l’influence des pasteurs sur les Kinois. Les “hommes de Dieu” peuvent dormir sur leurs deux oreilles, car “les Églises servent aujourd’hui à absorber les frustrations d’une population qui a besoin de trouver la solution à ses problèmes”, soutient l’anthropologue Mwinyi Hamza Badjoko. L’espoir placé en leur mentor, c’est tout ce qui leur reste.

    Jeune Afrique

  • Vital Kamerhe : “Joseph Kabila veut m’exclure du jeu politique”

    Vital Kamerhe : “Joseph Kabila veut m’exclure du jeu politique”

    Kabila- Vital-Pour la deuxième fois consécutive, l’opposant congolais Vital Kamerhe a été empêché dimanche de se rendre à Goma, dans l’est de la RDC. La justice envisagerait par ailleurs son “arrestation immédiate”. Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) n’y voit qu’une volonté du pouvoir de “l’exclure du jeu politique” avant la présidentielle de 2016. Interview.

    Décidément, la “caravane de la paix” éprouve du mal à quitter la gare. Initialement prévue pour le mois de décembre, la tournée de l’opposant congolais Vital Kamerhe dans la partie est du pays, ravagée par près de deux décennies de conflits armés, ne cesse d’être reportée. Dernier incident en date, le 7 février, l’avion qui devait amener la délégation de son parti, l’Union pour la nation congolaise (UNC), à Goma a été empêché de décoller de l’aéroport de Ndolo, à Kinshasa. La compagnie aérienne aurait des litiges avec la Régie des voies aériennes (RVA). “Soit des problèmes techniques, soit des problèmes de redevances”, selon Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais. Rien à voir donc avec la présence de Vital Kamerhe à bord.

    Seulement voilà, quarante-huit heures plus tard, le président de l’UNC a été empêché une fois de plus, le 9 février, de se rendre dans la capitale du Nord-Kivu, alors qu’il affirme avoir payé, cette fois-ci, le billet d’une ligne commerciale. Contacté au téléphone par Jeune Afrique quelques minutes après l’incident, Vital Kamerhe livre son interprétation des faits.

    Jeune Afrique : Pourquoi vous n’avez pas pu prendre place à bord de l’Airbus A320 de la compagnie CAA qui devait vous conduire à Goma pour entamer votre tournée ?

    Vital Kamerhe : Après le dernier voyage raté, j’ai décidé de payer un billet d’une ligne commerciale et ai accompli toutes les formalités requises. Hélas, aujourd’hui [le 9 février], je me suis vu empêcher d’entrer dans le salon d’honneur pour ne pas accéder à l’embarquement, alors que toute la délégation de mon parti était déjà à bord. Ensuite, j’ai été conduit à un cachot de la Direction générale de migration (DGM) après une bagarre entre les membres de mon entourage, indignés, et les agents des services spécialisés. Ces derniers m’expliqueront alors qu’ils ne m’ont pas laissé passer parce que je n’avais pas présenté ma carte d’identité. Je leur ai remis aussitôt mon passeport qu’ils ont retenu pendant trois heures.

    Au final, vous n’avez pas pu voyager…

    Il s’agit d’une manœuvre pour me bloquer à Kinshasa.

    Pour le ministre de l’Intérieur [Richard Muyej], c’est moi qui n’aurais pas respecté les engagements. Parce qu’ensemble, nous avions convenu de nous rencontrer lundi [10 février] pour examiner tous les contours de ma tournée dans l’Est. Seulement, je l’avais prévenu qu’il devait publier un communiqué officiel au plus tard samedi [8 février] à 21 heures pour expliquer à la population de Goma qu’à sa demande, mon voyage sera de nouveau reporté. Ce qu’il n’a pas fait. J’ai compris qu’il s’agissait juste d’une manœuvre pour tenter de me bloquer à Kinshasa.

    Cette situation a-t-elle un rapport avec l’affaire qui vous oppose avec une députée de la majorité ?

    Selon les informations en ma possession, le tribunal de grande instance de la Gombe aurait siégé nuitamment, le 7 février, pour trancher l’affaire. Malgré les instructions qu’ils ont reçues pour qu’ils me condamnent, les trois juges auraient décidé plutôt de renvoyer l’affaire devant une autre juridiction. Mais, on nous apprend que la Cour suprême de justice aurait décidé de se saisir du dossier pour prononcer, le 10 février, ma condamnation à trois ans de prison ferme.

    Condamné, vous risquerez de ne pas prendre part à la prochaine présidentielle prévue en 2016 ?

    Le président Joseph Kabila veut m’exclure du jeu politique. Pourquoi m’empêcher de me rendre à Goma pour apporter un message de compassion et de réconciliation aux populations du Nord et Sud-Kivu ? Kabila a déjà décidé de me faire condamner à trois ans de prison ferme dans l’affaire qui m’oppose à la députée Wiwine Moleka. Ce sera une première : arrêter un président d’un parti parce qu’il a fait rapporter d’éventuelles fraudes lors d’un scrutin. Je n’ai pas volé, je n’ai pas tué, mais ils vont me condamner. Et ces personnes qui prétendent rechercher la cohésion nationale, au même moment, sont en train d’amnistier les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23).

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    Propos recueillis par Trésor Kibangula

  • Kamerhe réduit la “caravane de la paix” à un chantage ! Ses faits et gestes le prouvent amplement

    Kamerhe réduit la “caravane de la paix” à un chantage ! Ses faits et gestes le prouvent amplement

    kamerhe –Kinshasa-Jo’bourg-Kinshasa-Goma en trois jours : il faut être Kamerhe pour réussir un tel sprint ! Pour rappel, revenu précipitamment le 5 février 2014 de Jo’bourg pour faire face au réquisitoire du ministère public (trois ans de condamnation avec arrestation immédiate), il se présente le jeudi 6 février devant l’organe de loi, sollicite le renvoi en cassation et…achète son billet d’avion pour Goma. Le vendredi 7 février, il est à l’aérodrome de Ndolo, en route justement pour Goma pour lancer la caravane de la paix, initiative remontant à mi-novembre 2013. Ainsi, il n’attend pas le verdict du procès pour lequel il est rentré en catastrophe au pays. C’est à croire que, se résolvant désormais à jouer la carte de son procès contre celui de son électorat à l’Est, il révèle la nature exacte de l’initiative de sa caravane : un programme électoraliste pour la population du Nord et du Sud-Kivu. C’est tout de même étonnant que des médias périphériques, censés avoir des “spécialistes Congo”, ne perçoivent pas l’instrumentation dont ils sont eux-mêmes l’objet de la part du président de l’Unc. Sacré Vital Kamerhe, alias “Zala na mbangu”…  

     

     

                Dans ses livraisons du samedi 8 février 2014, la presse kinoise fait état des preuves produites par l’Unc à propos des factures du vol sur Goma par Malu-Aviation. Fait insolite : aucun des sites liés directement à Vital Kamerhe ne les publie alors que par rapport au procès intenté par Wivine Moleka, Internet a été littéralement bombardé de fac-similés des documents relatifs aux preuves de désistement.

                Oui, le fait est insolite étant donné que toutes les recherches faites le week-end du 8 au 9 février et même ce lundi 10 jusqu’à midi sur les sites www.unc-rdc.org, unc-rdc.com, www.unccongo.com et www.vital-kamerhe.com sont vaines.

                L’information intéressante est cependant livrée par l’Unc. Dans un posting repris par le site LOKOLE YA MBOKA mis en ligne le 7 février 2014, il ressort que la facture pro-forma de Malu-Aviation a fait l’objet d’un paiement “en date du 06 février 2014“, entendez le jour même de l’audience au cours de laquelle Kamerhe est allé en cassation !

                En d’autres termes, l’Unc, son président ou encore sa direction politique fait exprès de bloquer le 6 février 2014 la procédure judiciaire en cours et improvise le départ pour le lendemain le départ pour Goma.

                Les avocats de Kamerhe vont user pour ce faire de trois artifices :

    – primo, ils soutiennent la thèse du désistement en évoquant la somme de 7.000 Usd perçue  par l’avocat de Wivine Moleka;

    – secundo, ils présentent cette somme comme la preuve de réparation;

    – tertio : ils font valoir la responsabilité non pas de Kamerhe mais de l’Unc dans le procès pendant que la transaction engage l’un et non l’autre. En page 2, Mes S. Zirimani Banywesize et Sanduku Kulondana signent “Pour Monsieur Vital KAMERHE” et non pour l’Unc.

                Quant à la partie adverse, elle soutient n’avoir nullement obtenu de Kamerhe de l’argent en guise de réparation des préjudices subis; les frais perçus ayant plutôt servi à élaborer le projet de transaction. Dans la décharge établie à cet effet par l’avocat de Wivine Moleka, il est écrit : ” Je soussigné Maître G. LEDI, avocat au barreau de KINSHASA/Matete rec  avoir touché la somme de 5.000 USD (cinq mille dollars américains) dans le cadre de l’arrangement amiable d’actes dossiers RP 23.663/I TP Ngaliema, RPA 18.648/TGI Gombe et RP 23.829/II/TP Gombe, opposant l’honorable Wivine MOLEKA à Monsieur Vital KAMERHE. Fait à Kin, le 30/12/2014“. En plus, elle fait noter que Vital Kamerhe n’a jamais présenté des excuses à la députée accusée de fraude électorale.  

                Le journaliste Murka du quotidien “Le Phare“, qui suit de près cette affaire, poursuit son article en ces termes : “En ce qui concerne le ministère public, il ne s’agit pas de demander aux parties de se retirer de la barre ni de la salle, elles doivent plutôt comparaitre comme témoins. La partie Kamerhe a brandi la procuration de pourvoi en cassation. Après lecture de ladite procuration, les avocats de Moleka ont demandé au tribunal  de ne pas surseoir parce qu’il s’agit d’une simple déclaration. Quant au ministère public, il a fait savoir qu’aller en appel est un droit reconnu à tout le monde mais la procédure doit être respectée. Pour sa part, le tribunal a décidé de rejeter cette procuration parce que la démarche des avocats de Kamerhe n’était pas conforme à la loi. Il s’agissait simplement d’une intention de former appel. Les avocats de Kamerhe ont indiqué que le pourvoi en cassation se fait même sur le banc. Enfin, l’affaire a été prise en délibérée et le jugement va intervenir dans le délai légal“. La suite est connue : les avocats vont quitter la salle.

                Les phrases édifiantes se rapportent à la procuration. D’où le gras et le rouge.

                On peut donc avancer que sans le réquisitoire du ministère public annoncé le 4 février 2014, Vital Kamerhe serait encore en séjour en Afrique du Sud, et personne n’aurait parler de caravane de la paix ces quatre derniers jours.  

                On est là devant une démonstration grandeur nature de la manipulation, mieux de  l’instrumentalisation de la tragédie que subissent les compatriotes Kivutiens. Partant, Vital Kamerhe se livre à une chose vilaine, une chose abjecte relevant de la politique de bas étage. Il cherche à “rentabiliser” sa victimisation en misant sur son fief électoral kivutien.

                Autant dire une insulte à la mémoire des éléments Fardc – au nombre desquels le colonel Mamadou Ndala – des éléments de la Brigade d’intervention de la Monusco et des populations du Kivu frontalier que le président de l’Unc embarque dans son aventure.

     

    En cette matière-là, l’amnistie ne joue pas…

     

                En fait, c’est de l’aventure même, car dans la fameuse Transaction brandie désormais preuve d’arrangement à l’amiable, c’est-à-dire de fin des poursuites judiciaires, Vital Kamerhe reconnaît avoir été induit en erreur par ses témoins électoraux qui, deux ans plus tôt, lui avaient dit, selon ses propos : “ A Mbudi dans la périphérie de Kinshasa, dans la Commune de Mont-NGAFULA, la candidate députée nationale du PPRD, parti au pouvoir, l’Honorable Wivine MOLEKA, escortée, escortée des policiers qui transportaient des urnes bourrées des bulletins de vote, s’est présentée avec une forte somme d’argent qu’elle distribuait aux agents électoraux. Révoltée, la population l’a chassée et ses gardes du corps ont réagi en tirant des coups de feu en l’air pour chasser tous les témoins. Conséquence : la population a décidé de ne plus voter et les bureaux ont été fermés“. C’est dans le préambule de la Transaction conclue, tenez bien, le 30 décembre 2013.

                A dire vrai, le président de l’Unc a déjà réalisé la gravité des allégations relatives à la fraude électorale en raison du fait que les imputations dommageables et la dénonciation calomnieuse relèvent des infractions du droit commun et  non des infractions politiques.

                S’il s’est résolu à cet arrangement-là, c’est parce que les procès antérieurs au Tribunal de paix de Ngaliema le 27 décembre 2011 (RP 23.663) et au Tribunal de Grande Instance de Gombe le 6 novembre 2012 au Tribunal de Grande Instance de Gombe (RPA 18.648) ne lui laissent aucun doute à ce sujet. Il sait qu’il est dans la même situation d’Eugène Diomi Ndongala, présumé auteur de viol sur mineures. En cette matière-là (infractions du droit commun), l’amnistie ne joue pas.

                Au demeurant, si c’était le contraire, Kamerhe ne se serait jamais prêté à pareil arrangement. Se voulant chantre de droit, il aurait laissé l’affaire poursuivre son cours jusqu’au verdict final.

                Qu’il ait alors estimé que 7.000 ou 5.000 USD constituent un montant de réparation équitable par rapport au préjudice causé, alors que UN FRANC SYMBOLIQUE aurait suffi, pourquoi lui en vouloir ? Qu’il ait estimé que ce montant couvre suffisamment la réparation des préjudices et l’élaboration de la transaction de désistement, pourquoi s’en étonner ?

                Mais, que Vital Kamerhe en vienne à mêler ses démêlés judiciaires avec la caravane de la paix, et surtout à faire de celle-ci un objet de chantage politique et de campagne préélectorale tout en embarquant dans ses jongleries des partis politiques comme l’Udps/Badibanga et les médias périphériques, c’est là que le bât blesse !

     

    La caravane de la paix a un curieux itinéraire

     

                L’improvisation et la manipulation n’étant jamais parfaites, voilà que la caravane de la paix, à en croire Martin Mukonkele, est organisée pour les seuls compatriotes du Kivu et du Kasaï Oriental.

                L’itinéraire retient les villes et localités de Goma, Beni (pour se recueillir au lieu d’assassinat du colonel Mamadou Ndala), Bukavu, Uvira et Mbuji-Mayi. Dans le chef-lieu du Kasaï Oriental, il est question de réconforter les victimes de l’explosion de la poudrière. Aux Nord, au Sud-Kivu et en Province Orientale (aucune ville ni localité n’est désignée pour cette partie du pays), l’objectif est de lancer un message de paix et de réconciliation à la population, en plus d’un message enjoignant les jeunes de quitter les groupes armés.

                C’est tout de même surprenant que personne, parmi les adeptes du “pacificateur”, ne se souvienne que depuis la Conférence de Goma de 2008, où il va se livrer en spectacle en voulant devenir le grand officiant de la grande messe tenue à l’effet de la paix, de la sécurité et du développement du Nord et du Sud-Kivu, Vital Kamerhe ait attendu la défaite du M.23 en 2013 pour se préoccuper du besoin de paix et de réconciliation des populations et du sort des jeunes évoluant dans les groupes armés. Entre 2008 et 2013, il s’est bien passé 5 ans !

                D’ailleurs, en revisitant le carnet de la campagne électorale 2011 du candidat Vital Kamerhe, on ne trouve nulle trace d’appel à la paix et à la réconciliation, ni appel à la jeunesse kivutienne de quitter les groupes armés. Comme si l’insécurité ambiante et la cohabitation conflictuelle entre communautés locales servaient de fond de commerce.

                Les “géopoliticiens” remarqueront sans doute, et s’ils le veulent, que la caravane de la paix a un curieux itinéraire : l’Equateur, où les tribus Ngbaka et Ngbandi se sont récemment affrontés, est ignoré; le Katanga, où les Bakata-Katanga sèment la désolation dans la population civile, est également ignoré.

                C’est à se demander si la balkanisation tant redoutée ne viendrait pas d’une caravane de la paix, sur fond de chantage, fondée clairement sur la politisation et la discrimination…

     

    Omer Nsongo die Lema