Author: Don Kayembe

  • Dédollarisation : les inquiétudes se multiplient

    Dédollarisation : les inquiétudes se multiplient

    Dollars Americains
    Dollars Americains

    -La bataille de la dédollarisation sera sûrement longue et impopulaire, autant pour le public, usager de la monnaie, que pour le gouvernement, initiateur du projet. Si la consolidation de la stabilité du cadre macroéconomique joue en faveur d’un tel projet, des préalables sont tels que le gouvernement devra faire preuve d’un courage politique sans faille pour secouer l’édifice de ceux qui manipulent des masses importantes de devises étrangères. Ils se recrutent dans les milieux du pouvoir et du monde des affaires.

    Après avoir clairement affiché sa détermination, le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, tente de donner une forme à son ambitieux programme de dédollarisation de l’économie congolaise. Il y tient tellement qu’il a instruit, aux dernières nouvelles, la Banque centrale du Congo (BCC) de préparer un projet de révision de certaines dispositions du décret-loi n°004/2001 du 31 janvier 2001 relatif du régime des opérations en monnaies nationale et étrangère.

    Le sujet a été à l’ordre du jour de la dernière réunion hebdomadaire de la Troïka stratégique. A l’occasion, le gouvernement a levé l’option de « revoir » ce décret-loi. La BCC a reçu la charge d’apporter des amendements à certains articles donnant cours légal aux monnaies étrangères sur le terrain national.

    Le gouvernement ne cache plus sa ferme volonté de redonner à la monnaie nationale -le franc congolais- l’occasion de remplir toutes les fonctions monétaires, notamment celles d’unité de compte, d’intermédiaire des échanges et de réserve des valeurs. Toutefois, la route pour y arriver se révèle parsemée d’embûches et d’obstacles de tous ordres.

    Il est normal, soutient-on dans les milieux spécialisés, qu’après avoir gagné la bataille de la stabilisation du cadre macroéconomique, le gouvernement mette le cap sur la limitation d’une circulation fiduciaire parallèle des devises étrangères en RDC. C’est tout à fait légitime, argue-t-on dans ces milieux. Mais, aussi salutaire et juste soit-elle, cette mesure est orientée avant tout vers les grands détenteurs de ces différentes devises étrangères. Et non vers le gros de la population constitué de gagne-petit !

    Les grands manipulateurs des devises étrangères se recrutent généralement dans les milieux des opérateurs économiques œuvrant dans divers secteurs de la vie nationale, d’une part, et dans la catégorie de ceux qui exercent un mandat public (gouvernement, entreprises du portefeuille), d’autre part. Quand au petit peuple, paupérisé à volonté, se contente de la monnaie nationale.

    Si l’on devait limiter aujourd’hui la circulation concomitante du franc congolais avec certaines devises étrangères, particulièrement le dollar américain, le gouvernement devra alors se frotter à ceux qui détiennent des portefeuilles et des comptes bien garnis en monnaies étrangères. Vont-ils accepter d’êtres victimes de cette mesure qui pourrait perturber leurs transactions et, partant, leur quiétude ? La question vaut son pesant d’or.

    LES LIMITES EVENTUELLES

    Quoique juste à tout point de vue, la mesure de la dédollarisation et tout ce qui s’ensuit implique véritablement du courage de la part du gouvernement. Courage d’abord d’allier (au besoin embrigader) la BCC à sa cause. Et courage, ensuite, de bousculer les intérêts établis dans les milieux économiques et financiers nationaux où sont brassées d’importantes masses des devises étrangères. Lesquels milieux ont des accointances avec des milieux politiques nationaux et internationaux.

    Bref, c’est au niveau de son application que l’on testera la capacité du gouvernement à faire passer la pilule de la dédollarisation.

    Dans le rang du FMI, dont une mission se trouve à Kinshasa dans le cadre des consultations au titre de l’article IV de ses statuts, l’on relativise concernant la portée d’un tel projet. « La dédollarisation prendra du temps », pense le FMI. Pour garantir le succès d’une telle initiative, le FMI estime que tout réside dans le rétablissement de la confiance. « Rétablir la confiance, c’est le facteur clé de la dédollarisation », soutient ce dernier, rappelant en même temps que ce projet ne saurait aboutir que dans un contexte de développement du secteur financier. Or, dans l’état actuel de la RDC où le secteur financier renait difficilement de ses cendres, il est difficile de prédire des résultats positifs.

    Malgré toutes ces pesanteurs, le gouvernement serait décidé de se lancer dans l’arène. Il devra avoir de bonnes raisons d’y croire. Mais aux dernières nouvelles, des sources proches de l’Exécutif central laissent entendre que le gouvernement aurait renoncé à son projet de révision du décret-loi n°004/2001 du 31 janvier 2001.

    Si l’information se confirmait, cela expliquerait l’absence d’empressement dans le chef du gouvernement concernant la mise en œuvre de la mesure portant dédollarisation de l’économie congolaise.

    (Le Potentiel )
  • Envoi immédiat d’une centaine de Casques bleus en renfort au Katanga (ONU)

    Envoi immédiat d’une centaine de Casques bleus en renfort au Katanga (ONU)

    MONUC-Helico– Les Nations unies ont annoncé mercredi l’envoi immédiat d’une centaine de Casques bleus en renfort au Katanga, province du Sud-Est de la République démocratique du Congo en proie à une recrudescence d’attaques de milices.

    “Nous allons déployer immédiatement un contingent à Pweto”, ville du Centre-Est de cette région grande comme l’Espagne, a indiqué à la presse le général de corps d’armée Carlos Alberto dos Santos Cruz, chef de la force militaire de la Mission de l’Onu en RDC (Monusco).

    “Nous allons déployer une compagnie” (100 à 120 hommes), “c’est ce qu’il est possible de faire à l’heure actuelle”, a ajouté l’officier, qui s’exprimait par vidéoconférence de Goma, dans l’Est de la RDC.

    Etant donné la taille du Katanga, l’ONU, qui y dispose actuellement de 450 militaires, n’a pas les moyens de procéder à un maillage serré de ce territoire, a expliqué en substance le général brésilien.

    La Monusco compte plus de 20.000 hommes en uniforme, essentiellement déployés au Nord et au Sud-Kivu, provinces de l’Est de la RDC, où sévissent des dizaines de groupes armés, que cette force internationale a pour mission de “neutraliser”.
    Le général Dos Santos Cruz, n’a pas précisé de quelle région seraient prélevés les renforts envoyés au Katanga, ni si la Monusco comptait envoyer plus d’effectifs qu’une compagnie supplémentaire dans cette province.

    Le chef de la Monusco, Martin Kobler, avait estimé en janvier que la situation au Katanga tournait à la “catastrophe humanitaire”. Mardi, il avait annoncé que la décision avait été prise d’envoyer des renforts en Casques bleus à Pweto.

    Pweto est l’un des points du “triangle de la mort”, nom donné par l’ONU à une zone de plusieurs dizaines de milliers de km2 livrés à la violence de groupes armés, en particulier de miliciens “maï-maï”, qui réclament une meilleure répartition des richesses entre le Nord et le Sud du Katanga et de miliciens “Bakata Katanga”, qui prônent l’indépendance de la province.

    Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), on compte aujourd’hui plus de 400.000 personnes déplacées au Katanga (soit près de huit fois plus qu’en 2011) dont 60.000 environ dans la région de Pweto.

    AFP

  • A Kasumbalesa, porte sud de la RDC : la Zambie si proche, si lointaine

    A Kasumbalesa, porte sud de la RDC : la Zambie si proche, si lointaine

    kasumbalesa– “Dès qu’on entre au Congo, on peut arrêter de faire des projets”: Bloqué depuis plus d’une semaine à la frontière entre la République démocratique du Congo et la Zambie, Misheck Savamhu prend la situation avec philosophie.

    Comme lui, des centaines de chauffeurs routiers attendent à Kasumbalesa sous une chaleur accablante, dans une atmosphère saturée de poussière et de gaz d’échappement. La file ininterrompue des camions à l’arrêt s’étend sur plus de cinq kilomètres.

    Le poste-frontière de Kasumbalesa est vital pour la RDC. C’est la première porte de sortie de la production minière du Katanga (province enclavée du Sud-Est du pays), indispensable aux recettes de l’Etat. Mais pour ceux qui doivent le passer, c’est un parcours du combattant, parfois mortel, en dépit des efforts des autorités pour faciliter les choses.

    Le 6 février, un chauffeur zambien y a été abattu par un policier congolais qui cherchait à le rançonner. En représailles, de l’autre côté de la frontière, on a commencé à chasser les Congolais. Un homme a été tué. Il était Zimbabwéen.

    La frontière a été fermée une journée mais les perturbations se font encore sentir une semaine après les faits. Un policier explique qu’ils ne sont que quatre pour assurer la bonne circulation des semi-remorques et porte-conteneurs en attente.

    Nombre de ces véhicules sont entrés avec des équipements ou du ravitaillement venu d’Afrique australe ou d’Asie à destination des compagnies minières, et s’apprêtent à repartir chargés de minerai, du cuivre surtout.

    – ‘Les policiers sont terribles’ –

    M. Savamhu rentre en Afrique du Sud. De sa cabine, il raconte les tracasseries du voyage, documents à l’appui.

    Sa cargaison de cobalt a été chargée près de trois semaines plus tôt. Avec les différentes formalités administratives, qui imposent parfois plusieurs jours d’arrêt, il lui a fallu une dizaine de jours pour parcourir les quelque 400 km qui le séparaient de Kasumbalesa.

    D’habitude, il faut compter 24 heures pour passer la frontière, donc une nuit sur place pendant laquelle il convient de ne pas dormir si l’on ne veut pas se faire dérober sa cargaison ou ses effets personnels par des habitants, souvent jeunes et démunis de tout, racontent plusieurs chauffeurs.

    Quand on est bloqué depuis plus d’une semaine et qu’on a veillé toutes ces nuits, la fatigue se fait sentir. Et pas question de compter sur les forces de l’ordre. “Les policiers sont terribles”, assure Ally Mwachula, conducteur tanzanien, qui les voit plus comme une menace qu’autre chose.

    En sens inverse, un vieil homme pousse péniblement une bicyclette usée chargée de tomates, tandis que les haut-parleurs des bars crachent une musique saturée. Comme tant d’autres, il est parti chercher en Zambie les primeurs qui seront vendus dans la ville.

    Dans la file d’attente, deux Tanzaniens racontent leur errance kafkaïenne pendant trois semaines à courir d’un organisme de contrôle à une autorité de vérification – avec autant de demandes de bakchich que de bureaux visités – pour obtenir les permis leur permettant de sortir leur cargaison du pays… jusqu’à se retrouver avec un visa expiré.

    Ces soucis relativisent l’amélioration qu’a constituée l’instauration du “guichet unique” permettant depuis quelques années de régler en un seul endroit toutes les taxes dues aux différentes agences de l’Etat congolais.

    S’étirant des deux côtés de la route, les petites échoppes colorées montent jusqu’au grand bâtiment de la douane, moderne et informatisé, où s’affairent de nombreux commis chargés de régler les dernières formalités de passage.

    “Il n’y a pas de boulot, on se débrouille comme ça”, explique Diadia Ilunga, 25 ans, qui dit toucher une rémunération au forfait : 20 dollars par véhicule.

    Près de lui vaquent de nombreux hommes désoeuvrés. Le passage des camions chargés de minerais renforce la rancoeur à l’idée que le pays – un des plus pauvres au monde en dépit de ses immenses ressources naturelles – est pillé au profit des étrangers et d’une caste de privilégiés congolais, scandale dénoncé depuis des années.

    “Ca fait mal au coeur de voir partir le minerai. Combien de Congolais ont un travail face à cette situation ?” dit un homme, “nous risquons un jour de nous révolter”.

    AFP

  • La police ouvre le feu sur le cortège d’un opposant à Bukavu, des blessés

    La police ouvre le feu sur le cortège d’un opposant à Bukavu, des blessés

    KAMERHE A BUKAVU– Plusieurs personnes ont été blessées jeudi après-midi à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, par des tirs de la police sur une manifestation organisée par le chef d’un parti d’opposition, selon un journaliste de l’AFP.

    Le drame s’est produit vers 17h00 (16h00 GMT), alors que Vital Kamerhe, chef de l’Union pour la nation congolaise (UNC) entrait dans la ville avec plusieurs milliers de personnes, a constaté ce journaliste.

    Arrivé un peu plus tôt de l’aéroport de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, M. Kamerhe et sa “caravane de la paix” ont été accueillis par une centaine de policiers sur la place de l’Indépendance, à l’entrée de la ville, les empêchant d’aller plus loin.

    Après voir utilisé des gaz lacrymogènes, les policiers ont tiré sur la manifestation, qui rassemblait plusieurs milliers de personnes, selon l’estimation du journaliste de l’AFP ayant assisté à la scène. Celui-ci a ensuite vu cinq blessés à l’hôpital Celpa de Bukavu.

    M. Kamerhe avait entamé mardi à Goma, capitale du Nord-Kivu, une tournée dans l’Est de la RDC, après avoir été empêché à deux reprises par les autorités de quitter Kinshasa.

    Il y avait lancé une “caravane de la paix” devant l’amener à sillonner pendant une quinzaine de jours les provinces du Nord et du Sud-Kivu, meurtries par près de vingt années de conflits.

    Ex-meilleur allié du président congolais Joseph Kabila – au pouvoir depuis 2001 et reconduit pour un nouveau mandat de cinq ans à l’issue des élections, contestées, de 2011 – M. Kamerhe est aujourd’hui un de ses opposants les plus actifs.

    AFP

  • Kamerhe : de la caravane de la paix à la campagne préélectorale !

    Kamerhe : de la caravane de la paix à la campagne préélectorale !

    “Pacificateur après pacification”

    kamerhe a Goma-Les prestations de Goma et de Beni les mardi 18 et mercredi 19 février 2014 révèlent la nature véritable de la campagne de la paix (devenue campagne pour la paix) initiée par Vital Kamerhe et ses alliés. Le soutien aux Fardc n’est pas une nouveauté, pas plus que l’observation d’une minute de silence en mémoire des militaires et des civils victimes des atrocités des mouvements insurrectionnels, encore moins l’appel en direction des groupes armés d’en finir avec la guerre pour intégrer le programme DDR. A commencer par le Président Joseph Kabila, toutes les forces vives de la Nation (Institutions de la République, Administration publique, Classe politique et Société civile) l’ont fait, y compris l’Unc. Ainsi, le seul message “nouveau” de Kamerhe se réduit  à l’annonce de la fin du mandat de Joseph Kabila le 19 novembre 2016 et à la minimisation du bilan dont il est pourtant partie prenante. ” Récolter là où il n’a pas semé”, c’est son mode operandi favori…

    La question, aujourd’hui, est de savoir ce qu’il dira aux Kivutiens au cours de sa caravane. Car, s’il modère ses propos, c’est que ses attaques anti-Kabila cesseront d’avoir de justification. S’il les durcit, il doit assumer les conséquences de tout ce qui pourrait se produire de fâcheux au Kivu, région où se joue maintenant le sort même de la RDC. En définitive, Vital Kamerhe se met lui-même en très mauvaise posture. C’est le résultat de l’art (à ne pas recommander) de courir plus vite que son ombre…“.

    C’est-là la chute de l’article mis en ligne le 11 février dernier, sous l’avant-titre “Diagnostic prémonitoire” et le titre “Kamerhe et ses 3 ‘affaires’ indignes d’homme d’Etat…”; ces affaires étant, primo, l’aveu du mensonge relatif à la fraude électorale imputée à Wivine Moleka, secundo la prise en location de la résidence officielle du ministère de l’Information et Presse, tertio la récupération politicienne de l’initiative dite ” Caravane de la paix”.

    Maintenant qu’il entreprend sa tournée (partout au pays où la paix est perturbée pour une raison ou pour une autre), on a déjà une idée de ce que sera le reste de son discours : démolir, démolir, démolir !

    Que va-t-il alors démolir ?

    Dans la livraison précitée, son parcours dans les institutions de la République a été rappelé à l’opinion pour démontrer comment, de 1988 à 2011, soit pendant 23 ans de suite (et non 21 ans comme écrit précédemment), l’homme n’a pas un seul instant quitté les arcanes du pouvoir : Coordonnateur de la Cellule d’études de planification de l’Enseignement supérieur et universitaire sous le Gouvernement Kengo de 1988 à 1989, Conseiller économique et financier au Ministère des Mines et Energie sous le Gouvernement Kengo de 1989 à 1990, Vice-Premier Ministre de l’Industrie et PME en 1991, Conseiller au Ministère des Mines en 1992, Conseiller financier au Ministère des Ptt toujours en 1992, Directeur des Études de la Chambre de Commerce Franco-Zaïroise, Directeur de cabinet du Ministère de l’Environnement, Tourisme et Conservation de la Nature en 1993, sous le Gouvernement Birindwa contesté par le Gouvernement Tshisekedi issu de la Cns, Coordonnateur du cabinet du 1er Ministre Kengo Wa Dondo en 1994 issu du schéma dit 3ème voie (schéma « ni Cns-ni Conclave politique de Kinshasa » schéma initié par Laurent Monsengwo, alors président du Hcr-Pt, schéma  fortement contesté par l’Udps), Directeur de cabinet au Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire entre 1994-1995,  Directeur administratif et financier du Service National de 1997 à 1998 (structure dirigée par le général Denis Kalume Numbi, sous Mzee Laurent-Désiré Kabila), Directeur de cabinet adjoint au Ministère de la Reconstruction en 1999, Commissaire général adjoint du Gouvernement en charge des affaires de la Monuc pour les questions Politiques, logistiques et Finances entre 2000 et 2002, Commissaire Général du Gouvernement en charge du Suivi du Processus de Paix dans la Région des Grands Lacs à partir de 2002, Délégué de la composante Gouvernement au Dialogue intercongolais, Ministre de la Presse et de l’information de la Transition de 2003 à 2004, Secrétaire Général du PPRD, Député national élu sur la liste Pprd, Président de l’Assemblée nationale (sur mandat Pprd soutenu par la coalition Amp-Palu-Udémo, de janvier 2007 à mars 2009) et député national Pprd jusqu’en 2011.

    C’est un apparatchik, dirait l’autre.

    En d’autres mots, le bilan négatif qu’il décrit est aussi le sien, à moins de vouloir soutenir aujourd’hui que le déluge décrit a commencé en 2011, la veille de la sortie officielle de l’Unc.

     

    Alias ” réactivité “…

     

    En fait, le déni (en plus du mensonge dénoncé par le diplomate américain William J. Gaverlink)  est un élément culturel dans le chef de Vital Kamerhe.

    On se souviendra que lors de la campagne électorale de 2011, il avait rejeté sur Joseph Kabila ce qu’il qualifiait déjà de bilan négatif des 10 ans du Raïs dont il était pourtant l’un des mentors. “Ce n’était pas moi qui était Président de la République“, avait-il lancé à la cantonade. D’où la mise en garde faite à Etienne Tshisekedi – positionné par les anti-Kabila comme Président à élire – si jamais il lui venait à l’idée de le coopter comme Premier ministre; Kamerhe s’étant fait la vocation de ne jamais assumer un bilan. On ne serait pas étonné un jour d’apprendre qu’il fait assumer à Kabila la responsabilité de son bilan à la tête du ministère de l’Information et Médias ou à la tête de la chambre basse.

    Maintenant qu’il fait exprès de transformer sa caravane pour la paix en campagne préélectorale – il aura du mal à démontrer le contraire – il va devoir réaliser le droit de la partie attaquée de s’assumer.

    Dans cette logique, l’opinion kivutienne – suffisamment avertie – constatera au moins que pour entamer sa campagne, le président de l’Unc, en bon “pacificateur après pacification” a attendu calmement la déroute consommée du M.23 et celle annoncée des groupes armés écumant l’Est du pays pour retrouver sa base électorale.

    En d’autres termes, tant que les Fardc et la population kivutienne affrontaient le M.23, il n’osait s’y pas rendre. Ce n’est qu’après que la République ait consenti d’efforts considérables aux plans politique, diplomatique et militaire pour venir à bout du Moloch  qu’on le voit surgir pour engranger déjà les dividendes… électoraux !

    Matures, les populations du Kivu ne peuvent pas ne pas s’interroger sur cette soudaine sollicitude doublée, hélas !, d’une étrange auto-déresponsabilisation.

    Certes, Kamerhe est libre de dire à l’assistance que “La population a besoin de consolider la paix” en plus “ d’un leadership éclairé, rassembleur, visionnaire qui doit redorer l’image du Congo, un grand pays au cœur de l’Afrique” dont il se voit l’incarnation. Tout comme il est en droit, comme le rapporte une dépêche, de critiquer “l’absence de routes, d’eau potable, d’électricité et d’ajouter : «Des choses que je fustige, en tant que citoyen de ce pays».

     

    Il récolte là il où ne sème pas

     

    Mais, la question de fond demeure, et les Kivutiens ne peuvent que se la poser : qu’a-t-il fait en leur faveur, Vital Kamerhe, tous les 23 ans qu’il est demeuré dans les sphères du pouvoir, précisément au cours de la décennie où il a été l’un des proches de Joseph Kabila ? Qu’a-t-il fait pour leur apporter un minimum de solutions par rapport aux routes, à l’eau potable, à l’électricité etc. ?

    Peut-être qu’à l’une ou l’autre des étapes restantes du Kivu, prendra-t-il à témoin l’opinion “tant nationale qu’internationale” (formule consacrée dans la terminologie politique congolaise depuis 1990) pour montrer la petite borne fontaine, la petite école, le petit dispensaire, le petit marché public, sinon la petite concession agricole témoignant de sa solidarité avec les populations locales.

    Pourtant, c’est au Kivu – bastion du mouvement social qui a irradié sur toute l’étendue du pays grâce à Pierre Lumbi, de l’ONG “Solidarité Paysanne” que les communautés locales ont découvert les vertus de l’auto-prise en charge.

    Hélas ! : il sera difficile d’y trouver la moindre trace de Vital Kamerhe, l’homme qui récolte là où il ne sème pas…

     

    Omer Nsongo die Lema

  • Guillaume Soro se prépare à prendre le pouvoir,les signes qui ne trompent pas

    Guillaume Soro se prépare à prendre le pouvoir,les signes qui ne trompent pas

    Soro-Plaisanterie de mauvais goût ou signaux forts envoyés aux Ivoiriens ? En l’absence d’informations fiables sur l’état de santé d’Alassane Ouattara, les agissements de certaines personnalités ces derniers jours, en l’occurrence, le président de l’Assemblée nationale,

    Guillaume Soro, suscitent divers commentaires dans l’opinion. Les internautes, au-delà une bonne partie des Ivoiriens, ne cessent de s’interroger sur les changements
    intervenus sur le site du président de l’Assemblée nationale.
     
    Depuis hier, la page de garde de www.guillaumesoro. ci, le site officiel du numéro 2 du régime Ouattara, vous accueille avec les notes de l’Abidjanaise, l’hymne national de la Côte d’Ivoire qui joue en continue.Sur ce fond musical, défilent les images de Guillaume Soro en compagnie de certains chefs d’Etat africains, parmi lesquels, le togolais, Faure Gnassingbé, le congolais Sassou N’Guesso, pour ne citer que ces deux. L’on interprète cela comme une traduction de la volonté du président de l’Assemblée nationale de préparer les esprits à sa prochaine prise de pouvoir dans un contexte où les rumeurs les plus folles fusent sur l’état de santé d’Alassane Ouattara. Les interrogations sont d’autant justifiées qu’il y a seulement quatre jours, l’Abidjanaise n’était audible nulle part sur le site de Soro. Qu’est-ce qui a poussé Guillaume Soro et ses collaborateurs
    à opérer ce changement ?
     
    La question est plus que d’actualité puisque sur la page facebook du dauphin constitutionnel de Ouattara, il y a de plus en plus de message annonçant l’arrivée de Soro à la magistrature suprême. Comme s’ils se délectaient de la maladie de Ouattara, les partisans de Soro y décrivent leur mentor comme un sauveur, un homme d’Etat, le seul qui puisse exister aujourd’hui en Côte d’Ivoire après Alassane Dramane Ouattara. «K’allah vs accorde la gérance du pays un jour» ; «le futur prési», peut-on lire entre autres états d’âme.
     
    Autre fait qui trouble le sommeil des uns et des autres, la sortie de Sylvie Tagro, la femme de Guillaume Soro. En fin de semaine dernière, elle a visité les populations de Daloa, sa ville natale, auxquelles elle a fait d’importants dons. Jusque-là, elle était restée loin des caméras. De quoi alourdir davantage un climat social victime d’une incertitude totale due au manque d’informations fiables et officielles sur la santé d’un Alassane Ouattara malade.
     
    Avec Ivoirenews
  • La vérité sur l’opération d’Alassane Ouattara

    La vérité sur l’opération d’Alassane Ouattara

    Alassane Ouattara- President de la Cote d'Ivoire
    Alassane Ouattara- President de la Cote d’Ivoire

    -Le 10 février, la présidence ivoirienne publiait un communiqué annonçant que le chef de l’État, Alassane Ouattaraavait été opéré d’une sciatique à Paris et “se portait bien”. Jeune Afrique a obtenu quelques précisions sur son état de santé.

    (Mis à jour le 17 février à 11h45)

    C’est à l’hôpital américain de Neuilly (et non à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart, comme l’ont affirmé la plupart des sites d’information ivoiriens) que le président Alassane Dramane Ouattara (ADO) a été opéré d’une sténose du canal lombaire dans la matinée du 8 février.

    L’opération, qui a duré près de trois heures, a été un succès. Elle a été réalisée par un chirurgien orthopédiste, le Pr Claude Laville, un spécialiste des affections du rachis, de la hanche et du genou formé au sein de la prestigieuse équipe du Pr Roy-Camille, à la Pitié-Salpêtrière. La sténose (réduction du calibre) du canal lombaire dont souffrait Alassane Ouattara est une pathologie relativement banale et sans gravité, mais dont les conséquences – difficulté à marcher et à rester debout plus de cinq à dix minutes, la compression des racines nerveuses entraînant de vives douleurs – sont pénibles.

    >> Lire aussi : Côte d’Ivoire : opéré en France pour une sciatique, Ouattara “va bien”

    Le président ivoirien, qui souffrait particulièrement de la jambe gauche, a d’abord été traité par des infiltrations de corticoïdes. Les symptômes devenant plus vifs, une laminectomie (élargissement du canal lombaire par la suppression de lames vertébrales) a été décidée – et pratiquée. C’est à Paris, pour que ses médecins puissent intervenir en cas (peu fréquent) d’hématome ou d’infection postopératoire, qu’Alassane Ouattara, qui devrait sortir de l’hôpital dans la semaine du 17 février, passera sa convalescence. Celle-ci durera de deux à trois semaines.

    Retour à la mi-mars

    Le chef de l’État devrait donc être de retour à Abidjan à la mi-mars. La visite officielle que devait faire à Abidjan, durant cette période, le président français a évidemment été reportée. François Hollande, qui s’est entretenu au téléphone avec Alassane Ouattara la veille de son opération, puis à son retour des États-Unis, se rendra donc le 27 février à Abuja, où il assistera au centième anniversaire de la création du Nigeria (un sommet sur la sécurité en Afrique de l’Ouest est annoncé en marge des cérémonies), sans faire ensuite escale à Abidjan, comme prévu.

    En attendant, ADO, qui marche de nouveau normalement, partage ses journées entre le repos, les visites de ses proches collaborateurs et les appels de ses amis. Nicolas Sarkozy a ainsi été l’un des premiers à se manifester.

    Avec Jeuneafrique