Michael Sata (74 ans), le nouveau President de la Zambie
-La Zambie s’est dite très inquiète des conflits persistants dans la République démocratique du Congo (RDC) voisine et a déclaré craindre un débordement, a rapporté mercredi le Times of Zambia. Le ministre zambien des Affaires étrangères Wylbur Simuusa a déclaré que son gouvernement suivait de près le conflit dans l’est de la RDC, qui borde la Zambie, et que le gouvernement était très préoccupé par les débordements qui se sont traduits par un afflux de réfugiés qui ont traversé la frontière. “S’il y a un conflit que la Zambie espère voir cesser immédiatement, c’est celui en RDC car c’est le pays avec lequel nous avons notre plus longue frontière et, compte tenu de la proximité, nous sommes amenés à accueillir de nombreux réfugiés qui fuient les combats”, a-t-il déclaré, cité par le Times of Zambia. Plusieurs réfugiés de RDC sont entrés en Zambie, notamment en passant par l’île de Kilwa dans la province de Luapula, en raison du conflit entre les forces gouvernementales et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Le ministre zambien a depuis lancé un appel aux deux parties au conflit leur demandant de cesser les combats pour que la région puisse retrouver une paix durable. Le ministre zambien s’est exprimé lors de la deuxième réunion du Mécanisme de suivi régional de l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC, tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, a précisé le Times of Zambia. La réunion a également condamné les rebelles du M23 pour avoir repris les hostilités qui ont fait de nombreuses victimes civiles et causé d’importants dégâts dans les zones occupées.
– Des combats ont opposé jeudi matin des rebelles du M23 aux forces gouvernementales dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les rebelles dénonçant une “offensive” de l’armée qui de son côté a démenti et évoqué un simple “accrochage”. Il s’agit des premiers combats directs entre le Mouvement du 23 Mars (M23) et l’armée depuis le 30 août, date à laquelle les rebelles s’étaient repliés des collines d’où ils menaçaient Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, à la suite d’une offensive conjointe de l’armée et de la brigade d’intervention de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco). Ces nouveaux incident interviennent alors que le M23 négocie à Kampala, capitale de l’Ouganda, avec le gouvernement congolais. L’armée gouvernementale et d’autres milices “attaquent depuis cette nuit les positions tenues par nos forces sur l’axe Mabenga-Kiwanja”, à environ 80 km au nord de Goma, a affirmé dans un communiqué le président du M23, Bertrand Bisimwa. Joint par l’AFP, le porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC) pour le Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, n’a parlé que d’un simple accrochage, vite terminé. Il y a eu “une altercation entre deux patrouilles de combat FARDC et M23 à Kahunga tôt ce matin […] Le calme est revenu”, a-t-il affirmé. Kahunga est une localité proche de proche de Kiwanja. Le porte-parole n’a pas précisé les circonstances de l’accrochage. Un officier supérieur de l’armée a affirmé à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat, que “l’ennemi (était) venu attaquer (les) positions” de l’armée. Selon le colonel Hamuli, deux combattants du M23 ont été tués et un militaire a été blessé. Accusant les troupes gouvernementales de combattre au côté des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et de Maï-Maï (milices d’autodéfense), le communiqué de M. Bisimwa affirme que “d’autres forces de la même coalition sont en ce moment en mouvement sur l’axe Ishasha-Kinyandoni”. Ishasha est une ville à la frontalière avec l’Ouganda.
“Cette attaque (…) est une manière pour le gouvernement congolais de saper les efforts de paix entrepris ces derniers jours par la communauté internationale et qui ont abouti à la reprise des négociations de Kampala”, ajoute M. Bisimwa.
En milieu de matinée, il était toujours difficile de se faire une idée précise de la situation sur place.
“J’ai vu des agriculteurs qui revenaient des champs parce qu’il y a des affrontements entre le M23 et l’armée”, a déclaré à l’AFP Arsène, un habitant de Kiwanja joint par téléphone à partir de Goma.
“Il y a une petite psychose dans la cité de Kiwanja”, a-t-il ajouté, indiquant avoir vu deux jeeps de “renforts” du M23.
“On n’a rien vu, rien entendu. On a seulement dit aux agriculteurs de rentrer. Ça fait depuis deux jours qu’ils nous disent de quitter le champ”, a cependant indiqué à l’AFP, à condition de ne pas être nommé, un autre habitant de Kiwanja, localité sous le contrôle du M23 depuis juillet 2012.
Arsène a dit avoir vu trois chars de l’ONU se diriger vers Mabenga. La Monusco dispose d’une base à Kiwanja, mais son porte-parole militaire à Kinshasa n’était pas en mesure de fournir une évaluation précise de la situation sur place en milieu de matinée.
Le M23 est né en 2012 dans le Nord-Kivu (riche province minière frontalière du Rwanda et de l’Ouganda) d’une mutinerie d’anciens rebelles congolais qui avaient été réintégrés en 2009 dans l’armée régulière congolaise à la suite d’un accord de paix.
Les rebelles réclament la pleine application de cet accord et défendent essentiellement les droits des Tutsis congolais.
– Des combats ont opposé brièvement jeudi matin des rebelles du M23 aux troupes gouvernementales dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), faisant au moins deux morts, alors que les deux camps négocient à Kampala, en Ouganda.
Il s’agit des premiers combats directs entre le Mouvement du 23 Mars (M23) et l’armée depuis le 30 août, date à laquelle les rebelles s’étaient repliés des collines d’où ils menaçaient Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, à la suite d’une offensive conjointe de l’armée et de la brigade d’intervention de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).
L’affrontement s’est produit tôt dans la matinée à Kahunga, près de la ville de Kiwanja (environ 80 km au nord de Goma) alors que le M23 et le gouvernement congolais négocient depuis le 10 septembre à Kampala une issue au conflit qui les oppose depuis un an et demi. Les discussions achoppent cependant depuis quelques jours.
“La situation est redevenue calme”, a indiqué à l’AFP le lieutenant-colonel Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, sur la foi des renseignements transmis par la base des Casques bleus proche de Kiwanja. L’accalmie a été confirmée à l’AFP par l’armée et un colonel du M23, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.
L’accrochage a duré une vingtaine de minutes, deux rebelles du M23 ont été tués, et un membre des Forces armées de la RDC (FARDC) a été blessé, a précisé le lieutenant-colonel Basse. Il a estimé que les informations qu’il avait pu recouper confirmaient la version des faits donnée par l’armée dont le porte-parole pour le Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, avait parlé d’une “altercation” vite terminée “entre deux patrouilles de combat FARDC et M23”.
“On n’a rien vu, rien entendu”
Interrogé par l’AFP, le président du M23, Bertrand Bisimwa, a donné un tout autre bilan: “6 morts, 3 blessés graves et 2 capturés, tous (membres des) FARDC. De notre côté, aucune victime, sauf 3 maisons de civils détruites”.
C’est M. Bisimwa qui avait donné l’alerte le matin en affirmant dans un communiqué que l’armée gouvernementale attaquait “depuis cette nuit les positions tenues par [le M23] sur l’axe Mabenga-Kiwanja”. Il accusait le gouvernement congolais de vouloir “saper les efforts de paix entrepris ces derniers jours par la communauté internationale et qui ont abouti à la reprise des négociations de Kampala”.
Kinshasa a catégoriquement démenti cette présentation des faits. “Ce matin, une colonne du M23 est tombée de manière impromptue sur une caserne des FARDC à Kahunga et ils ont subi une réponse de feu”, a dit à l’AFP le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Selon lui, cette caserne vient d’être installée, et le M23 ignorait vraisemblablement son existence.
“La question est de savoir pourquoi un groupe dont la communauté internationale demande le désarmement se promène lourdement armé. Comme ils ne savent pas se justifier, ils essayent une fuite en avant” en accusant le gouvernement, mais “en réalité, il n’y a pas eu d’attaque” de la part des FARDC, a ajouté M. Mende.
“J’ai vu des agriculteurs qui revenaient des champs parce qu’il y a des affrontements entre le M23 et l’armée”, a déclaré à l’AFP Arsène, un habitant de Kiwanja joint par téléphone à partir de Goma, indiquant avoir vu deux jeeps de “renforts” du M23, et aussi trois chars de l’ONU se diriger vers Mabenga.
“On n?a rien vu, rien entendu. On a seulement dit aux agriculteurs de rentrer. Ça fait depuis deux jours qu?ils nous disent de quitter le champ”, a indiqué à l’AFP, à condition de ne pas être nommé, un autre habitant de Kiwanja, localité sous le contrôle du M23 depuis juillet 2012.
Le M23 est né en 2012 dans le Nord-Kivu (riche province minière frontalière du Rwanda et de l’Ouganda) d’une mutinerie d’anciens rebelles congolais qui avaient été réintégrés en 2009 dans l’armée régulière congolaise à la suite d’un accord de paix.
Les rebelles réclament la pleine application de cet accord et défendent essentiellement les droits des Tutsis congolais.
– Un tribunal ad hoc soutenu par l’ONU a confirmé jeudi en appel la condamnation à 50 ans de prison de l’ex-président du Liberia Charles Taylor pour des crimes contre l’humanité commis lors de la guerre civile en Sierra Leone (1991-2002).
“La chambre d’appel est d’avis que la peine imposée en première instance est juste à la lumière de la totalité des crimes commis”, a déclaré le juge George King lors d’une audience publique à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye (Pays-Bas).
Ce jugement rendu par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) marque la fin de cette procédure marathon qui dure depuis plus de sept ans contre l’ancien homme fort de l’Afrique de l’Ouest.
C’est également certainement le dernier jugement du TSSL, qui siège pour les autres procès à Freetown, la capitale de la Sierra Leone : un seul suspect reste en fuite mais des rumeurs, jamais vérifiées, ont annoncé son décès.
Charles Taylor, 65 ans, avait été reconnu coupable en avril 2012 d’avoir aidé et encouragé une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone. Sa peine avait ensuite été fixée à 50 ans de prison alors que l’accusation en réclamait 80.
Il avait, selon les juges, fourni armes, munitions, médicaments, cigarettes, alcool et autres aides logistiques aux rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) en échange de diamants, sans pour autant en avoir le contrôle direct.
Les juges d’appel ont confirmé ce jugement, ce qui a suscité des réactions de joie et de soulagement à Freetown, mais sans donner lieu à des excès, selon un journaliste de l’AFP.
“Je suis heureux de l’issue”, s’est réjoui Sullay Turay, amputé d’une main et d’un pied durant la guerre. Il a suivi, avec d’autres, l’énoncé du verdict, retransmis en direct à la télévision. Cela “montre que quoi que vous fassiez, la justice vous rattrape finalement”.
“Que Taylor croupisse en prison!”, s’est quant à lui emporté Andrew Lebbie, un chauffeur de taxi, à l’annonce de la décision du TSSL. “J’espère seulement qu’il purgera sa peine dans une prison africaine, pour qu’il souffre encore plus!”.
M. Taylor, en costume sombre, chemise blanche, cravate, boutons de manchette et lunettes dorées, a écouté le jugement de manière calme et stoïque.
Pour son avocat , ce jugement est une “profonde déception” : “on ne peut pas dire que la personne qui appuie sur la gâchette, la personne avec la machette, la personne qui utilise les armes chimiques est dans la même catégorie que celle qui, peut-être, aide financièrement”, a déclaré Morris Anyah.
La priorité de M. Taylor est “d’être avec sa famille, c’est pourquoi il préfère purger sa peine au Rwanda”, a également assuré M. Anyah à l’AFP, soulignant qu’il allait peut-être faire une demande en ce sens.
Le président du TSSL doit décider de l’endroit où M. Taylor passera le reste de sa vie : Finlande, Suède, Rwanda ou Royaume-Uni ont des accords en ce sens avec le tribunal, selon M. Anyah.
Ce n’est pas un jour de fête
“Le jugement d’aujourd’hui confirme le rôle crucial de Charles Taylor dans la grande misère subie par le peuple de Sierra Leone”, a pour sa part déclaré à l’AFP le procureur Brenda Hollis.
“Il serait faux de dire qu’aujourd’hui est un jour de fête, à cause de l’horrible nature des crimes : c’est plutôt une journée pour la réflexion”, a-t-elle ajouté.
La guerre en Sierra Leone est l’une des plus atroces de l’histoire africaine récente, avec 120.000 morts et des milliers de civils mutilés.
Souvent drogués, les rebelles se sont rendus tristement célèbres pour des meurtres, viols systématiques, enlèvements et amputations. Ils ont en outre kidnappé des milliers d’enfants, obligés de combattre dans leurs rangs.
Pour l’avocat de M. Taylor, celui-ci aurait été jugé innocent si son procès s’était tenu dans un autre tribunal.
Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, qui siège à La Haye, avait en effet acquitté en appel l’ancien chef d’état-major de l’armée yougoslave Momcilo Perisic, les juges estimant qu’il n’avait pas eu le contrôle sur les crimes commis par ceux à qui il fournissait de l’aide.
Le jugement en première instance était le premier rendu par la justice pénale internationale contre un ancien chef d?État depuis celui prononcé en 1946 par le tribunal militaire international de Nuremberg qui jugea 24 des principaux responsables nazis.
-Le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a aussi été mis sur la table lors des Assemblées générales de l’Onu, lundi. Les chefs d’Etat des pays voisins ont sommé Kinshasa et les rebelles du M23, en confrontation avec l’armée congolaise dans le Kivu, de conclure leurs négociations au plus vite. Un énième discours qui n’a toujours pas permis de mettre un terme au conflit. Les chefs d’Etat des Grands Lacs, qui ont débattu concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont exprimé leur impatience lors des Assemblées générales de l’Onu lundi. Ces derniers ont sommé Kinshasa et les rebelles du M23, en confrontation avec l’armée congolaise dans l’est du pays, de conclure au plus vite leurs négociations de Kampala pour le moment au point mort. Ces négociations sont censées mettre fin à la crise qui mine la région du Kivu, depuis une vingtaine d’années. Les Présidents congolais, Joseph Kabila, rwandais, Paul Kagamé, et ougandais, Yoweri Musevini, qui ont participé à cette rencontre ont également « exhorté les donateurs internationaux à lancer des projets de développement en faveur des femmes et des jeunes, afin de créer des dividendes de paix immédiats sur le terrain ». Les dirigeants ont notamment condamné très fermement « la reprise des hostilités par le M23, notamment les attaques contre les Casques bleus de la Monusco qui appuient l’armée congolaise et les tirs d’obus sur le territoire rwandais ».
A l’issue de cette rencontre, Mary Robinson, l’émissaire de l’ONU pour les Grands Lacs, a admis qu’il « restait beaucoup à faire pour appliquer les engagements de l’accord-cadre, citant parmi eux la promesse de ne pas interférer dans les affaires intérieures des pays voisins ». Toutefois elle a assuré avoir eu « l’impression que les chefs d’Etat présents souhaitent réellement que ces engagements changent la dynamique dans la région, a-t-elle cependant affirmé, soulignant que la population de l’est de la RDC « avait trop souffert pendant trop longtemps », soulignant avoir vu les Présidents congolais et rwandais, Joseph Kabila et Paul Kagame, « se parler très amicalement à la fin de la réunion ». Un signe positif d’après l’émissaire de l’ONU.
Des rencontres sans résultats
Certes. Mais ce n’est pas la première fois que les chefs d’Etat des Grands Lacs donnent l’impression qu’ils veulent vraiment mettre un terme à la crise dans l’est de la RDC. Où la capitale de la province du Kivu, Goma, qui regorge de ressources naturelles, est convoitée par divers groupes armés, notamment le M23, principal ennemi des forces armées congolaises. Après une brève accalmie, les deux camps ont repris les hostilités à la mi-août.
Aucune rencontre des dirigeants de la région visant à résoudre la crise dans l’est de la RDC n’a porté ses fruits. La dernière à Kampala, la capitale ougandaise, qui s’est tenue le 5 septembre, en est la preuve. Ils ont une énième fois sommé les rebelles du M23 de cesser toute activité et de se remettre sur la table des négociations avec le gouvernement de Kinshasa. Pour le moment chacun des deux camps campe sur sa position, attendant que l’autre face le premier pas. L’ONU de son côté maintient toujours ses accusations contre le M23 qu’elle pointe du doigt
Pour le moment, une nouvelle accalmie a été observée au Kivu. Mais on le sait, le calme est de courte durée dans la région, où la moindre étincelle peut rallumer l’incendie entre les belligérants.
-” La Belgique est un peu l’initiateur, du fait de son expertise, mais c’est un projet collectif.” La Belgique a entrepris de fédérer les efforts de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de sa propre coopération en faveur d’un développement socio-économique de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et de son voisinage, afin de favoriser le retour de la paix dans la région des Grands Lacs, ont indiqué mardi soir les ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération, Didier Reynders et Jean-Pascal Labille, à l’issue d’une rencontre à New York avec le président congolais Joseph Kabila. “La Belgique est un peu l’initiateur, du fait de son expertise, mais c’est un projet collectif”, a souligné M. Labille devant quelques journalistes belges et congolais, après avoir évoqué lundi une sorte de “plan Marshall” pour la région des Grands Lacs, en proie à des décennies de troubles qui ont fait des millions de morts et qui se poursuivent aujourd’hui, principalement dans la province du Nord-Kivu (est de la RDC), voisine du Rwanda – un pays accusé par Kinshasa et l’ONU de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). La Banque mondiale a prévu de réserver un milliard de dollars à des projets, de préférence en coopération transfrontalière dans la région. L’Union européenne est aussi un important bailleur de fonds et M. Labille espère se rendre à Kinshasa à la mi-octobre en compagnie du commissaire européen au développement, Andris Piebalgs. M. Labille a assuré à l’agence BELGA que le président Kabila s’était montré favorable à un tel projet, affirmant qu’il souhaitait plutôt “construire un pont vers le Rwanda qu’un mur” entre les deux pays, à couteaux tirés en raison du soutien présumé de Kigali au 23 mars (M23), une rébellion qui contrôle encore une zone d’environ 700 km2 dans la province du Nord-Kivu (est de la RDC). Mais des négociations à l’issue incertaine sont en cours entre le gouvernement de Kinshasa et le M23 à Kampala, la capitale ougandaise.
Le Rwanda s’est aussi montré intéressé par de tels projets de coopération, a souligné M. Labille, qui s’est déjà rendu à plusieurs reprises en RDC, au Rwanda et au Burundi.
Outre le message de paix et de sécurité, il s’agit de “porter un message de développement”, a renchéri le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.
“La Belgique peut réorienter une partie de ses moyens, mais cela doit être tourné vers l’est du Congo” et son développement économique, a-t-il expliqué.
Selon M. Labille, les projets en question devraient notamment concerner les secteurs de l’énergie, de l’eau, de l’agriculture et du commerce transfrontalier, avec, pour la Belgique, une “forme de réorientation” des fonds de la coopération au profit des deux Kivu (nord et sud), mais sans abandonner les autres provinces de la RDC.
“L’élément essentiel, c’est d’assurer un avenir à l’ensemble de cette population et un développement socio-économique à l’ensemble de ces pays de la région des Grands Lacs”, a-t-il fait valoir.
M. Kabila n’a pour sa part, conformément à son habitude, fait aucune déclaration lors de cet entretien, qui s’est déroulé dans un grand hôtel newyorkais.
Le président Kabila devait ensuite rencontrer, toujours dans sa suite du New York Palace, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, présent à New York pour la 68ème Assemblée générale des Nations Unies.
– Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila a dénoncé mercredi à la tribune de l’ONU “les agressions sans fin” de son voisin rwandais dans l’Est du pays.
Devant l’assemblée générale de l’ONU, M. Kabila a mis en avant ce qu’il a qualifié de “double réalité, souvent méconnue ou occultée”. “C’est pour avoir posé un acte de solidarité en accueillant sur son territoire des réfugiés originaires du Rwanda, que les populations congolaises de l’Est de mon pays sont privées de la paix”, a-t-il lancé.
“II y a lieu de se demander ce qui resterait du droit international humanitaire si accueillir des réfugiés en détresse, acte humanitaire par excellence, devait désormais être considéré suffisant pour justifier des agressions sans fin de la part du pays dont les dits réfugiés sont originaires”, a-t-il ajouté.
Le président de la RDC a encore souligné “la détermination” de son pays à “s’acquitter de tous les engagements souscrits” dans le cadre de l’ Accord-cadre d’Addis Abeba.
Signé en février, « l?Accord-cadre pour la paix, la sécurité, et la coopération pour la RDC et la région » contient un engagement des pays voisins à ne soutenir aucun groupe armé dans l?Est de la RDC, et pour le gouvernement de Kinshasa une promesse d?avancer vers des objectifs de réconciliation nationale et de démocratisation.
Le Nord-Kivu, riche province minière de l’Est de la RDC, voit s’affronter depuis un an armée congolaise et rebelles, notamment le mouvement M23. Celui-ci avait pris brièvement le contrôle de Goma, capitale provinciale, en novembre 2012.
L’ONU et Kinshasa accusent le Rwanda et l’Ouganda voisins de le soutenir, ce que ces deux pays démentent.
-Le gouvernement belge a invité le président congolais Joseph Kabila à se rendre en Belgique à l’occasion des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, à laquelle ont participé des soldats congolais sous le drapeau belge, a indiqué mardi soir le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders.
« L’invitation est toujours lancée », pour 2014, date du 1O0ème anniversaire du début de la première Guerre mondiale, a-t-il affirmé à quelques journalistes à l’issue d’une rencontre à New York avec le président congolais Joseph Kabila, en compagnie de son collègue de la Coopération au développement, Jean-Pascal Labille.
« On verra dans ce cadre-là comment organiser des contacts bilatéraux », a ajouté M. Reynders.
Des soldats congolais engagés dans la Force publique (FP) – « l’armée du Congo belge » entre la création de l’Etat indépendant du Congo (EIC) en 1885 et l’indépendance de la colonie en 1960 – ont combattu durant la « grande Guerre » sous le drapeau belge, tant lors de la bataille de l’Yser qu’en Afrique, avec notamment la légendaire victoire de Tabora, une ville située en Tanzanie (anciennement Afrique orientale allemande), remportée contre les troupes allemandes le 19 septembre 1916.
Le Premier ministre belge Elio Di Rupo a pour sa part été invité par son homologue congolais, Augustin Matata Ponyo Mapon, à se rendre en RDC. Mais il avait renoncé à se rendre à Kinshasa en octobre dernier pour le 14ème sommet de la Francophonie, en raison de la tenue des élections communales en Belgique – une décision qui avait surpris les autorités congolaises.
« J’espère que ce (cette visite à Kinshasa de M. Di Rupo) sera le plus rapidement possible », a lancé mardi M. Reynders.
Mais M. Di Rupo a conditionné cette visite à des avancées en RDC, où les dernières élections, la présidentielle et les législatives du 28 novembre 2011, ont été entachées d’irrégularités, selon plusieurs missions d’observation électorale.
Bruxelles accueillera par ailleurs en avril prochain un sommet Union européenne-Afrique auquel devraient participer les dirigeants des 54 Etats membres de l’Union africaine (UA) – à l’exception probable de ceux poursuivis par la justice internationale, comme le président soudanais Omar el-Béchir, visé depuis depuis 2009 par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre au Darfour, une province de l’ouest du Soudan.