Author: Don Kayembe

  • Concertations nationales: le partage du pouvoir marque la fin des travaux !

    Concertations nationales: le partage du pouvoir marque la fin des travaux !

    matataparis-C’est finalement aujourd’hui que la grande plénière des Concertations nationales va se tenir. Le petit flottement observé depuis le lundi 30 septembre 2013 a été provoqué par une crise d’interprétation autour du concept gestion consensuelle. Puisque dans leur ensemble, les délégués ont préféré comprendre le concept dans le sens d’un gouvernement d’union nationale. Les termes ont toute leur valeur en politique. Il s’avère donc impérieux d’expliquer à nos lectures le véritable enjeu qui se cache derrière chaque interprétation du concept sujet à débat. Un gouvernement d’union nationale induit le changement obligatoire de Premier ministre, le partage des postes ministériels entre le Pouvoir et l’Opposition et de manière expresse le choix d’un Premier ministre issu de l’Opposition. C’est une sorte de table rase qui s’est toujours révélée favorable à l’Opposition pour qu’elle sache manœuvrer. A l’opposé, un gouvernement de large ouverture signifie le maintien du chef du gouvernement ou à tout le moins le maintien de la primature au compte de la Majorité. Matata ou pas Matata, le Premier ministre d’un gouvernement d’ouverture doit être issu de ce qui est clairement défini comme la Majorité au pouvoir. Quitte à intégrer un nombre assez représentatif d’opposants au sein de cette équipe gouvernementale.

    Schéma

    Dans le premier cas de figure, la composition gouvernementale ne reviendrait pas à l’initiative du Chef de l’Etat seul. Alors que dans le second cas, il possède toute la latitude de décider qui il veut intégrer au gouvernement ou pas. Cette formule n’est pas du tout intéressante pour les opposants. Elle les met en position de faiblesse et ne fait pas d’eux des partenaires capables d’imposer leur vision.

    Les discussions ont ainsi fait rage dans les coulisses des Concertations. Le Présidium a eu du pain sur la planche.

    Cela explique, du reste, la flambée des réactions constatées. Seul, le Mlc, qui avait joué sur un autre tableau ne s’empêtre pas dans le combat d’arrière garde.

    En effet, le parti cher à Jean-Pierre Bemba a signifié dès le départ à l’opinion qu’il ne venait pas aux Concertations pour la chasse aux postes. C’est l’un des rares qui, dans les rangs de l’Opposition, affiche une sérénité à toutes épreuves.
    Il se pose dès lors une lancinante interrogation au sein de l’opinion. Qu’est-ce que Bemba a obtenu en contre partie pour renoncer au partage du pouvoir ? Connaissant le Chairman du Mlc, il serait naïf de ne pas se poser des questions.
    Plusieurs versions circulent dans les salons huppés de la capitale. Les unes plus osées que les autres. Mais nul ne sait rien confirmer de manière formelle en attendant d’en savoir davantage, tenons-nous-en aux faits. A savoir qu’aux Concertations nationales, l’Opposition s’est scindée en deux camps : celui accroché à tout prix au partage du pouvoir et celui qui ne joue que pour la seule réconciliation nationale. Qui croire entre les deux ? Bien malin qui saura répondre.
    LP (7 sur 7 cd)

  • L’efficacité de l’aide de l’Europe à la RDC remise en question

    L’efficacité de l’aide de l’Europe à la RDC remise en question

    Pauvrete-La Cour des comptes européenne juge que l’impact de l’aide apportée par la Commission européenne à la République démocratique du Congo reste très limité. Dans un rapport évaluant – partiellement – les quelques 1,9 milliard d’euros dépensé par l’Union européenne en RDC entre 2003 et 2011, la Cour européenne des comptes juge que la Commission s’est montrée incapable de fixer des objectifs réalistes. La Cour des comptes européenne vient de publier un rapport sur l’impact de l’aide apportée par la Commission européenne à la République démocratique du Congo. L’étude porte sur la période 2003-2011, au cours de laquelle l’Union européenne, principal bailleur du pays, avait dépensé quelque 1,9 milliard d’euros. Progrès « limité ». La Cour des comptes européenne n’étant pas en mesure d’évaluer l’ensemble des projets et fonds engagés, elle n’en a étudié qu’un échantillon, représentant tout de même un cinquième de toute l’aide apportée. Une aide qui porte essentiellement sur les secteurs de la bonne gouvernance, du développement, de l’aide humanitaire et de la réforme du secteur de la sécurité. Pour la Cour des comptes européenne, l’impact de ces aides est «limité». «Le progrès est lent, inégal et globalement limité», lit-on dans ce rapport, qui affirme que «moins de la moitié des programmes examinés» ont tenu leurs objectifs ou sont en passe de les tenir. Le rapport s’interroge aussi sur la durabilité des projets engagés. Les raisons avancées sont multiples : absence de volonté politique, corruption, problèmes de légitimité et de capacités à réformer ou à faire fonctionner son administration. C’est aussi parce la RDC est un Etat dit «fragile » que la Cour des comptes européenne a décidé de se pencher sur ce cas particulier.

    Objectifs peu réalistes

    Les auteurs du rapport s’étonnent notamment de voir qu’en dix ans, entre le début de la transition et aujourd’hui, le salaire des députés a été multiplié par 10, pour atteindre les 13 000 dollars en 2012 (environ 9 500 euros). Le rapport pointe également le fait qu’en 2011, les dépenses de la présidence, du Premier ministre, de l’Assemblée nationale et du Sénat ont représenté trois fois plus que le budget alloué à la Santé.

    Pourtant, la Cour ne vise pas les autorités congolaises, mais bien la Commission européenne, incapable, selon ce rapport, de déterminer des objectifs réalistes ou pertinents. Les auteurs soulignent, entre autres, le peu d’aides accordées aux provinces les plus pauvres du pays comme l’Equateur, le Maniema ou les Kasaïs.

    La problématique de la gouvernance

    La Commission s’est révélée incapable, également, de poser des conditionnalités et d’ouvrir avec Kinshasa un dialogue susceptible de permettre une meilleure utilisation de l’aide et de favoriser la bonne gouvernance au Congo.

    Une occasion manquée d’insister sur les principes : l’élection présidentielle de 2011. Trop peu et trop tard, juge la Cour européenne des comptes, après examen des décisions prises par Bruxelles tout au long de ce processus électoral contesté. En résumé, la cour appelle la commission à revoir sa copie et notamment à demander des comptes sur l’utilisation des fonds engagés.

    Des progrès ont été faits, selon la Commission

    «Evidemment, on pense que la question de la gouvernance est l’une des plus difficiles. Celle où, parfois, il peut y avoir des résultats qui ne sont pas assez rapides, comme on peut les avoir dans la Santé, quand on fait un hôpital, des infrastructures, que l’on construit des routes », reconnaît Alexandre Polack, porte-parole du Commissaire européen au développement, Andris Piebalgs. « Mais on pense que c’est important, et qu’il est normal que les projets soient lents. Ils prennent du temps, mais ils montrent quand même des résultats», insiste Alexandre Polack.

    «Si on compare à 2003, le début de cette période, là, on travaillait avec une administration quasiment inexistante. On était dans un pays où il n’y avait pas du tout d’administration», rappelle-t-il. Evoquant une situation «difficile», il affirme que les aides apportées par l’Union européenne ont permis de «mettre en œuvre des projets où on améliore la situation de la police, de la justice. Ça prend énormément de temps. Mais il y a vraiment un début de progrès. On le sent sur les secteurs comme les infrastructures ou la santé, où on arrive vraiment à avoir un impact pour améliorer la santé maternelle ou, par exemple, construire la route nationale n°1.»

    Le gouvernement congolais s’estime tenu à l’écart

    Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, qualifie pour sa part le rapport de «questionnable». «Ce sont des gens qui n’ont qu’une connaissance imparfaite de la situation en République démocratique du Congo qui peuvent se permettre de tels commentaires», accuse le porte-parole du gouvernement congolais. «La réalité, c’est que, depuis les années Mobutu, depuis la deuxième République, l’Europe – plus que d’autres partenaires en République démocratique du Congo – a toujours tenu à l’écart les dirigeants de la RDC dans le choix des projets, dans la réalisation de ceux-ci.»

    Affirmant que les ministres congolais sont «souvent réduits à aller inaugurer des projets auxquels ils n’ont jamais participé, ni à la conception, ni au contrôle et à l’évaluation», il juge que les reproches que porte le rapport de la Cour des comptes européenne «peuvent, peut-être, être adressés à l’Europe».

    Par Sonia Rolley (RFI)

  • La concertation débouche sur un catalogue de bonnes intentions

    La concertation débouche sur un catalogue de bonnes intentions

    CONCERT.PHOTOS– Les concertations nationales congolaises ont proposé jeudi, deux jours avant leur clôture, un catalogue de bonnes intentions, prônant une meilleure gouvernance et un renforcement du rôle de l’Etat en République démocratique du Congo (RDC).

    Les rapporteurs de quatre des cinq commissions de ces assises se sont succédés pendant plusieurs heures à la tribune du Parlement à Kinshasa devant des centaines de délégués réunis en plénière pour égrener cette longue liste.

    Ces préconisations vont de l’installation d’une commission nationale des droits de l’Homme, et de la libération de quelques prisonniers politiques à la promotion des classes moyennes en passant par le rapatriement de la dépouille de Joseph Mobutu maître du pays de 1965 à 1997, date de l’arrivée au pouvoir, par les armes, de Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président, Joseph Kabila.

    Nombre de ces recommandations prônent un simple respect des lois et de la Constitution existantes, ou des mesures déjà planifiées, comme la mise en oeuvre d’un recensement national, ou d’autres longtemps retardées comme l’organisation d’élections municipales, provinciales et sénatoriales.

    Alors que des pans entiers de la moitié est du pays restent sous la coupe de groupes armés ou sont le théâtre de combats entre troupes régulières et milices, les délégués ont réaffirmé la nécessité d’une armée et d’une police véritablement républicaines, échappant à l’emprise d’intérêts catégoriels, ethniques ou financiers.

    Les délégués préconisent également l’érection dans les principales villes du pays de monuments à la mémoire des millions de victimes des deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003) et des combats qui continuent dans l’Est.

    Il appartient désormais au président Kabila, dans un discours de clôture devant le Parlement, prévu samedi, la suite qu’il entend donner à ces suggestions.

    Ouvertes le 7 septembre, les concertations nationales ont rassemblé des délégués de la majorité et d’une partie de l’opposition et de la société civile. Elles sont boudées par le chef du premier parti d’opposition, Etienne Tshisekedi, qui ne reconnaît aucune légitimité au chef de l’Etat depuis sa réélection contestée de 2011, ainsi que par Vital Kamerhe, ex-meilleur allié de M. Kabila et aujourd’hui opposant très actif.

    AFP

  • Controverse autour de la gestion consensuelle.

    Controverse autour de la gestion consensuelle.

    Concertations- photos 1-C’est la thématique de tous les enjeux, gouvernance, démocratie et reformes institutionnelles, qui fixe l’avenir politique de l’ordre institutionnel issu des élections de 2011. Unanimement, toutes les composantes se sont mises d’accord sur la gestion consensuelle et non comme prétendument annoncé d’un gouvernement de large union nationale au sein duquel l’opposition politique serait bien représentée, dixit Léon Kengo Wa Dondo.

    C’est le sens à donner à cette réunion d’hier soir entre le présidium et certains délégués majeurs (les initiés) de ces concertations nationales, ténue dans la salle des banquets du palais du peuple. Le partage, la formule à trouver semble difficile pour tout le monde. A commencer par le présidium jusqu’au point focal qui est le chef de l’Etat. Qui partira de l’équipe Matata I ? Qui va rejoindre l’équipe Matata II ? Ainsi pour d’autres institutions.

    Visiblement, il y a une guerre non déclarée entre la nouvelle génération des politiques et les caciques Mobutistes qui ne veulent pas se laisser faire. Après le dépôt des rapports de cinq thématiques, aucune date des plénières prochaines n’est connue de la presse. Le présidium se tait mais des certaines sources du secrétariat technique, tous les membres des bureaux de ce cinq thématiques étaient appelés à confectionner une dernière synthèse de leurs rapports qui ne peuvent dépasser trois pages. Cela en perspective du discours solennel en préparation pour la clôture par le Chef de l’Etat sauf imprévu fixé pour le samedi 5 octobre. Les plénières des concertations nationales au palais du peuple n’auront pas plus de trois séances pour que le Chef de l’Etat vienne refermer les rideaux des concertations nationales ténues à l’absence des partis phares de l’opposition, notamment L’UDPS et l’UNC ainsi que leurs alliés.
    CongoNews


    Dindo dénonce un referendum précoce

    Tripatouillage de texte visible pour des concertations nationales qui souffrent déjà de sa légitimité. C’est la déclaration de Gaston Dindo devant la presse le mardi 1 octobre 2013 au Hall du palais du peuple. C’est grave ! Pendant que la thématique gouvernance a largement dépassé le délai imparti pour le dépôt du rapport final de leurs assises, la majorité présidentielle a subtilement introduite une incise déjà balayée pendant les travaux dans le rapport final à l’insu des autres composantes ouvrant une brèche d’organiser une révision par référendum. Cet exercice de toilettage de ce rapport final consistait à ne revoir rien que les formes dont les fautes de syntaxes, de lexiques, de ponctuations, etc.

    Et non revoir le contenu du texte dont toutes les composantes s’étaient déjà convenues pour le remettre au présidium. A la grande surprise de l’opposition, le point 3 du rapport qui se référait à l’article 5 de la constitution, prévoyait la révision de la constitution par référendum alors que la thématique a ténu à respecter la constitution sur la durée du mandat présidentiel, c’est-à-dire jusqu’en 2016. Gaston Dindo ne supportant pas cette manœuvre de la majorité, n’a pas entendu l’aval de ses collègues de l’opposition pour dénoncer ce mal. Des sources proches de la CENI, l’abbé Malu Malu, expert en la matière, n’attendait que le Go des recommandations finales des concertations pour entrer en danse. Ce passage en force expose tous le sens du retard voulu et entretenu par la thématique gouvernance, démocratie et reformes institutionnelles. Le présidium saisit de cette déclaration de l’opposition a convoqué d’urgence une réunion dans la salle des banquets le lundi 1er octobre à 17 heures de tous les Co-modérateurs de cinq thématiques. GERARD LEMBA

  • Ban Ki-moon : pas d’amnistie pour le M23

    Ban Ki-moon : pas d’amnistie pour le M23

    Ban Kimoon–C’est hier que le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a présenté au Conseil de sécurité le rapport synthèse sur la crise de l’Est de la RDC après la réunion d’évaluation de l’Accord-cadre tenue  récemment à New York. D’entrée de jeu, il a rejeté toute amnistie en faveur du M23 dont les actions causent des désastres dans la population civile du Nord-Kivu. Ban Ki-moon a dénoncé de graves violations de droits de l’homme dans le chef des rebelles dont les opérations ont causé des centaines de milliers de déplacés, plus exactement 2,6 millions de personnes qui ont été forcées de quitter leurs milieux de vie. 

    Ce qui induit une catastrophe sur le plan humanitaire. D’où, ceux qui en sont les auteurs ne peuvent aucunement bénéficier d’une quelconque mesure d’amnistie. Ceux-là n’ont pas droit à l’impunité. Ce qui aurait des effets néfastes sur l’avenir par la création d’autres groupes rebelles avec d’autres crimes contre l’humanité comme les viols, les pillages des ressources naturelles ou la conscription des enfants de 15 ans, sachant que ces faits seront effacés par une loi d’amnistie après une négociation.

    Ban Ki-moon a donc raison de rejeter toute idée d’amnistie au profit des criminels du M23. Cette réaction musclée par rapport à cette question sensible n’est pas isolée. Pas du tout. Car elle rejoint des propos encore plus virulents tenus toujours à New York par un autre homme d’Etat, le chef de la diplomatie belge. Didier Reynders a souhaité qu’il n’y ait aucune amnistie au bénéfice des rebelles du M23 accusés de tuer et de violer des enfants ainsi que des vieilles femmes. Pas donc question d’accorder des faveurs à ces hommes armés qui ont signé tant d’autre cruautés au Nord-Kivu.

    Pour Ban Ki-moon, le gouvernement congolais est déjà allé trop loin dans ses propositions à Kampala. Ce qui veut dire qu’il faut faire marche-arrière, s’il le faut. Raison pour laquelle, le projet de loi d’amnistie qui est tombé sur la table du Président de l’Assemblée nationale doit expressément exclure du champ de personnes à amnistier tout individu ayant appartenu à un quelconque groupe armé de 1996 à ce jour.

    CRIMES DE SANG

    Tout rebelle ne peut être éligible à l’amnistie du fait d’avoir pointé son arme contre la population. En Rdc, cela devient une banalité, le fait d’avoir appartenu à une rébellion, alors que sous d’autres cieux on est banni à jamais de la société pour de tels crimes de sang.

    C’est la position de Ban Ki-moon et de Didier Reynders qui tous deux rejettent sans fioriture toute amnistie au profit du M23. C’est tout le M23 et non seulement son leadership. A Kampala, Kaguta Museveni ne dort pas. Il est en train de peaufiner ses plans pour que ses «ouailles» du M23 se retrouvent dans le projet d’Accord qu’il est en train d’élaborer, la Communauté internationale lui ayant ajouté des jours jusqu’au dimanche prochain pour conclure.

    Dans toutes ses propositions, le M23 se retrouve. Lui exige, et il ne l’a pas du tout caché, l’amnistie totale à tous les 2.000 combattants du M23. Donc, l’effacement total de leurs crimes. Une épine dans le pied que lui n’autorisera jamais au profit des ADF/NALU ni de la LRA. Museveni veut aussi qu’ils soient intégrés dans les Fardc et qu’ils prennent pied dans le Kivu pour protéger les réfugiées tutsi qui doivent impérativement retourner au Kivu.

    C’est cela la balkanisation qui était accomplie avec le CNDP de Nkunda, puis à l’Accord de paix de Goma avec le CNDP-Ntaganda qui avait gardé tous ses hommes au Nord-Kivu pour les mêmes motifs. Le retour des refugiés tutsi, le CNDP en avait aussi fait son cheval de bataille.

    De manière inconsidérée, un retour massif de ces réfugiés tutsi, sans identification conséquente, serait comme une invasion du Kivu par des communautés rwandophones dont nul n’est sûr qu’elles soient toutes congolaises. Ce qui changerait le rapport des forces sociologiques sur le terrain au détriment des communautés autochtones. Ce n’est pas une mince affaire, le soi-disant retour de refugiés tutsi. Il s’agit d’une question très difficile à trancher.

    Mais pourquoi seulement ces refugiés tutsi, seulement eux qui intéressent particulièrement toutes les rebellions tutsi montées à partir de Kigali qui ont toutes exigé leur retour immédiat.

    Si le gouvernement plie à cette revendication, la prochaine sera que le M23 reste cantonné au Nord-Kivu pour les sécuriser et surtout les protéger des FDLR, étant donné qu’aussi bien pour le M23 que pour le Rwanda, les miliciens hutu rwandais des FDLR ont gardé intacte leur capacité de nuisance à partir du Nord-Kivu.

    C’est du déjà entendu avec le CNDP. En présentant son rapport au Conseil de sécurité, Ban Ki-moon a lancé une pique à Museveni Kaguta, le Médiateur : ” Il n’y a pas d’avancée. Il faut clôturer “. C’est ce que ne cessent de lui crier à tue-tête des têtes pensantes et des esprits lucides. Museveni y met trop de temps. 9 mois. 14 jours. Et maintenant, 7 jours de plus, jusqu’à dimanche prochain. Pas évident qu’il ramène un texte mettant tout le monde  d’accord, même un Accord a minima d’ici dimanche. Bien entendu, c’est la bonne foi qui fait défaut.

    Kandolo M.

  • La RDC demande au HCR et à Kigali d’expliquer l’arrivée de 200 familles venues du Rwanda

    La RDC demande au HCR et à Kigali d’expliquer l’arrivée de 200 familles venues du Rwanda

    Refugies-hutu– Kinshasa a demandé mercredi au Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et à Kigali d’expliquer l’arrivée récente dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) de quelque 200 familles en provenance du Rwanda voisin. “Nous attendons dans les heures qui viennent que le HCR nous” dise s’il été “tenu au courant [de cette arrivée, NDLR] mais nous a tenu dans l’ignorance de cet événement qui nous concerne au premier plan”, a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende lors d’une conférence de presse.

    “Nous avons également demandé […] à nos voisins rwandais […] de nous expliquer comment ils ont pu laisser partir […] des gens du Rwanda vers la RDC sans nous prévenir. Et comment ils ont accepté qu’ils partent vers une zone que le gouvernement [congolais] ne contrôle pas” à cause de rebelles, a ajouté M. Mende.
    Faisant référence à un accord sur le retour des réfugiés signé en 2010 entre la RDC, le HCR et le Rwanda, M. Mende juge qu’il n’est “pas concevable qu’un tel mouvement de retour s’opère sans que” l’un des signataires ne soit informé, et affirme que, dans ce cas précis, le gouvernement congolais “n’a pas été tenu au courant”.
    Mardi, le gouverneur de la province du Nord-Kivu (Est), Julien Paluku, avait dit à l’AFP que “près de 200 familles” s’étaient installées à Chengerero, en “provenance de Gikongoro, au Rwanda”. Chengerero est contrôlée par la rébellion Mouvement du 23 mars (M23), qui a confirmé à l’AFP le nombre d’arrivées.
    L’afflux des familles a provoqué une polémique: la société civile estime qu’il s’agit de réfugiés rwandais refoulés récemment de Tanzanie, possibilité que n’a pas exclue M. Paluku, tandis que le M23 évoque le retour de réfugiés tutsi congolais ayant fui la guerre.
    “Jusqu’à présent, nos troupes qui sont sur le terrain sont déployées pour essayer de confirmer ou infirmer ces informations-là”, a déclaré mercredi à la presse le lieutenant-colonel Prosper Basse, porte-parole militaire de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).
    L’armée congolaise combat le M23 depuis mai 2012 au Nord-Kivu, à la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda. L’ONU accuse régulièrement ces deux pays de soutenir la rébellion, ce que Kigali et Kampala ont toujours démenti.
    Le M23 réclame la pleine application d’un accord de 2009 qui a régi l’intégration de ses hommes dans l’armée congolaise. Il demande entre autres le retour des réfugiés tutsi congolais installés au Rwanda, se posant en défenseur des populations congolaises rwandophones -tutsi et hutu- vivant dans la région.
     AFP
  • Jets de pierres et d’œufs sur le cortège de Kagame

    Jets de pierres et d’œufs sur le cortège de Kagame

    Canada contre kagame-Le samedi 28 septembre 2013, le Président rwandais Paul Kagame, était à Toronto au Canada dans le cadre du « Rwanda Day ». Cet événement qui a déjà eu lieu à Londres, Chicago, Paris et Boston a officiellement pour but de motiver les Rwandais vivant à l’extérieur du pays à investir et à s’engager dans le changement socio-économique du Rwanda.
    Dans son discours lors du « Rwanda Day », Paul Kagame s’est principalement adressé aux Rwandais vivant au Canada. Ainsi, il a souligné que le Rwanda a au cours des dernières années connu un développement important et ce, en partie grâce à l’aide fournie par le Canada. Il a ajouté qu’afin d’atteindre un développement continu, les Rwandais vivant hors du pays devaient retourner au Rwanda pour qu’ils puissent, avec leur expérience et leur énergie, contribuer au progrès du pays. Le Président a précisé que son but n’était pas seulement le progrès économique, mais que le pays nécessite également l’échange entre Rwandais.  D’après lui les autres pays d’Afrique pourraient également profiter  du développement du Rwanda.
     
    Bien que ce discours donne l’illusion d’un Président ouvert au dialogue, la réalité est tout autre chose. En effet, le gouvernement de Paul Kagame surveille, intimide et/ou réprime toute voix critique. C’est ainsi, que des journalistes sont assassinés, à l’instar de Jean-Léonard Rugambage et des opposants politiques sont emprisonnés, à l’instar de Bernard Ntaganda, Déogratias Mushayidi et Victoire Ingabire Umuhoza.

    L’hôtel Sheraton cède à la pression des manifestants
    Suite à cette visite du Président, une manifestation a été organisée par un collectif d’associations originaires de la région des Grands Lacs, dont entre autres, le RiFD(Réseau international des femmes pour la démocratie et la paix), le Congrès rwandais du Canada, des associations congolaisais ainsi que les partis politiques Amahoro Congress et RNC(Rwanda National Congress) . Les organisateurs de la manifestation avaient fait une campagne contre la visite du Président rwandais en adressant des lettres au gouvernement canadien ainsi qu’aux hôtels de Toronto afin que Kagame soit déclaré persona non grata.
    L’évènement qui initialement devait se dérouler dans le prestigieux hôtel Sheraton a finalement eu lieu dans un hangar situé dans une banlieue de Toronto, en raison de l’annulation de la réservation par l’hôtel Sheraton. Le prestigieux hôtel ainsi que d’autres hôtels de Toronto auraient cédé à la pression des manifestants, selon plusieurs sources concordantes.

    Des militantes du FEMEN ont également protesté contre Kagame

    Des militants du groupe féministe FEMEN connu mondialement pour ses protestations contre des faits préoccupants, ont également répondus présents. Deux militantes et un militant ont protesté respectivement sein nus et torse nu en scandant avec les autres manifestants : « Arrêtez les viols au Congo ».
    Jets de pierres et d’œufs
    La colère et l’exaspération des manifestants se sont exprimées non seulement par des pancartes avec des messages accusant Kagame de menteur, d’assassin ou encore de violeur, mais également par des jets de pierres et d’œufs. Une pierre a même brisé la vitre arrière d’une voiture du cortège présidentiel dès son entrée ; ce véhicule serait selon des témoins présents sur place la voiture de Paul Kagame. Comme lors du « Rwanda Day » à Londres du 18 mai dernier, Kagame a dû entrer par la porte arrière du hangar escorté par un grand contingent de policiers.
    Lors de la sortie du Président à la fin de l’évènement, des jets de pierres ont de nouveau fusé de toutes parts, fracassant, selon Perpétue Muramutse du RiFDP, « encore quelques vitres du cortège de Paul Kagame ».
    Accusé de crimes de guerres et de crimes contre l’humanité
    Les visites de Kagame à l’étranger provoquent de plus en plus d’animosité au sein des communautés issues de la région des Grands Lacs. Plusieurs rapports dont ceux  de l’ONU ainsi que d’organisations des droits humains comme Human Rights Watch(HRW) et Amnesty International l’accusent, entre autres, de crimes de guerres, crimes contre l’humanité et de soutien à la rébellion M23 qui sème la terreur à l’Est de la RDC depuis avril 2012.

    Blaise Linaniye
    Jambonews