Author: Don Kayembe

  • Joseph Kabila promet des réformes

    Joseph Kabila promet des réformes

    concerta.-Le président Kabila a promis de soumettre au parlement des “mesures importantes” à l’issue des concertations nationales.

    Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a promis samedi de convoquer rapidement le Parlement pour présenter des “mesures importantes”, fondées sur des propositions faites à l’issue d’un mois de “concertations nationales”.

    Pour répondre aux demandes de meilleure gouvernance adressées au pouvoir, “à brève échéance je convoquerai les deux chambres du Parlement en Congrès”, a déclaré samedi le président Kabila, qui clôturait les assises nationales.

    Celles-ci ont réuni pendant près d’un mois plusieurs centaines de délégués de la majorité ainsi que d’une partie de l’opposition et de la société civile.

    “A cette occasion, des mesures importantes seront annoncées pour répondre aux préoccupations légitimes des délégués, et par delà, à celles du peuple”, a promis le chef de l’Etat, après qu’on lui ait remis officiellement les recommandations émanant des cinq groupes thématiques.

    Selon une source proche de la présidence, M. Kabila pourrait s’adresser au Congrès dès la semaine prochaine.

    L’hypothèse d’un remaniement ministériel est aussi évoquée.

    “Message bien reçu”

    Mais l’actuel Premier ministre Augustin Matata Ponyo devrait conserver son poste.

    Rendues publiques jeudi sous la forme d’un catalogue de bonnes intentions, les propositions des “concertations nationales” prônent d’une manière générale une meilleure gouvernance et un renforcement du rôle de l’Etat.

    Son autorité est contestée par de multiples groupes armés dans de larges portions de la moitié Est du pays.

    Josepoh Kabila qui a succédé à son père assassiné en 2001, a été ré-élu à la tête de l’Etat pour un second mandat de cinq ans en 2011.

    L’opposition qui a constesté les résultats des dernières élections, le soupçonne de vouloir modifier l’article de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels.

    M. Kabila a cependant reconnu que le “message” politique adressé par les concertations nationales était que les délégués tiennent “au cadre institutionnel qui régit (le) pays”.

    Les concertations nationales ont été boycottées par le chef de l’UDPS, le premier parti d’opposition, Etienne Tshisekedi, qui ne reconnaît aucune légitimité au chef de l’Etat depuis les élections de 2011.

    Vital Kamerhe, un ancien allié de M. Kabila, devenu l’un des ses opposants les plus actifs.

    BBC

  • Un plan Marshall pour la RDC

    Un plan Marshall pour la RDC

    dollars-Je propose aux autorités de mon pays un « plan national de développement sur trente ans ». Je l’ai conçu comme une sorte de plan Marshall destiné, comme pour l’Europe au sortir de la Seconde Guerre mondiale, à reconstruire la République démocratique du Congo. Ce plan permettrait de sortir mon pays de la situation chaotique dans laquelle il se trouve actuellement, pour devenir un pays prospère et stable. Contrairement à d’autres plans axés sur la distribution de nourriture et de médicaments aux populations, la stratégie que je préconise vise à créer des opportunités pour que le peuple congolais puisse se prendre lui-même en charge. Sa mise en oeuvre nécessiterait environ 500 milliards de dollars, soit en moyenne 16 milliards à 17 milliards par an.
    Cette somme peut sembler colossale, mais elle peut être mobilisée grâce à des politiques saines et à des institutions stables. Je suis convaincu que les Congolais participeront alors comme un seul homme à la reconstruction de leur pays. Le secteur privé sera, en effet, la principale force motrice de la croissance économique. C’était le cas en Asie, ce le sera aussi en RDC. La philosophie économique est basée sur le concept de libéralisme et d’insertion dynamique et progressive du pays dans le système économique mondial. Cela implique une tarification des biens et services fondée sur le jeu de l’offre et de la demande, la normalisation des relations avec la communauté internationale des bailleurs de fonds, une réhabilitation des infrastructures économiques (énergie, télécoms, transport), la révision du système judiciaire, la restructuration du secteur financier et le désengagement de l’État du secteur productif.
    Mon plan comporte également une stratégie pour la restructuration de l’armée, des services de sécurité, de l’administration publique, des services diplomatiques, de l’éducation et des services sanitaires. Il met particulièrement l’accent sur la mise en place d’institutions stables et démocratiques en vue de promouvoir la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des affaires de l’État et l’instauration d’un environnement attrayant pour les investisseurs locaux et étrangers.
    Les hommes d’affaires seront incités à investir en vue de transformer localement les matières premières abondantes en produits finis. Ainsi, des millions d’emplois seront créés localement. Il résultera de la diversification économique une augmentation de la productivité et des revenus à l’exportation, un excédent commercial, une balance des paiements excédentaire et une monnaie locale forte et stable. Il est attendu de chacun des principaux acteurs clés (le gouvernement, le secteur privé, le public et les donateurs) qu’ils jouent un rôle positif dans le processus de développement.
    La condition préalable à la réussite de ce plan, c’est bien entendu le retour à la paix et à la stabilité. Si le plan est mis en oeuvre, le niveau de vie des Congolais augmentera considérablement passant de 110 dollars (le niveau le plus bas en Afrique actuellement) à environ 4 000 dollars en 2030-2035. La RDC connaîtra le plein-emploi dès la quinzième année de mise en oeuvre de cette stratégie. Elle aurait même besoin d’importer de la main-d’oeuvre qualifiée. Une telle réussite confirmerait la RDC dans son rôle de moteur économique au sein de l’Afrique et de stabilisateur dans la région des Grands Lacs.
    Les différents volets du plan, à savoir son financement, le calendrier de sa mise en oeuvre, les indicateurs de performance et la structure institutionnelle ont été passés au crible. Son succès dépendra de l’accord des autorités politiques, de l’adhésion de la population, de l’appui de la communauté internationale et de la réponse, certainement positive, du secteur privé tant local qu’étranger. Le plan pourra être soumis à un référendum populaire et à la ratification du Parlement. Il s’intégrera parfaitement au Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad).

    Par N.K. Tshiani, spécialiste financier principal

  • Rapports finals des Concertations nationales: La Constitution ne sera pas charcutée

    Rapports finals des Concertations nationales: La Constitution ne sera pas charcutée

    CONCERT.PHOTOS-Le président de la République, Joseph Kabila, est annoncé au Palais du peuple pour procéder, ce samedi 5 octobre 2013, à la clôture des travaux des Concertations nationales. A propos de ce forum, quatre rapports finals sur cinq des Etats généraux ont été adoptés sans débat lors de la plénière d’hier jeudi 3 octobre, excepté celui de l’Economie qui sera soumis à la plénière prévue ce vendredi en début d’après-midi.

    L’équivoque sur l’éventualité de la modification de la Constitution, particulièrement l’article 220 relatif au nombre et à la durée du mandat du président de la République, a été levée. Cette loi fondamentale ne sera pas charcutée, à en croire l’engagement ferme pris à cet effet par les « Concertateurs », à travers ce qu’ils ont qualifié de « Pacte républicain ».

    Le rapport des Etats généraux chargés de la « Bonne gouvernance, Démocratie et Réforme institutionnelle» tant redouté, réaffirme dans son introduction l’engagement de toutes les parties à consolider la cohésion nationale et à sauvegarder le pacte républicain, notamment par le strict respect de la constitution, particulièrement dans ses dispositions voulues intangibles par le souverain primaire et relatives au respect de la forme républicaine de l’Etat du principe du suffrage universel, de la forme représentative du gouvernement, du nombre et de la durée du mandat du Président de la République…
    Les Etats généraux de la « Bonne gouvernance, Démocratie et Réforme institutionnelle » ont également suggéré la levée des mesures de restriction des libertés imposées au président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, et invité le gouvernement à assurer le suivi du dossier judicaire de Jean-Pierre Bemba, détenu depuis 2008 au centre pénitencier de la CPI (Cour Pénale Internationale ), à La Haye, aux Pays-Bas. Le même texte préconise, dans le cadre de la décrispation de la vie politique, la grâce présidentielle au bénéfice notamment de Fernando Kutino, Diomi Ndongala, Palata, Mohindo, Firmin Yangambi, Kikunda et Jacques Chalupa.

    La libération des personnes détenues illégalement et irrégulièrement sans procès et depuis des années dans les prisons de Ndolo et amigos de l’ANR et de l’ex-DEMIAP a été vivement recommandée dans ce rapport, qui appelle à réexaminer dans un esprit d’équité et de vérité les dossiers des magistrats victimes des ordonnances d’organisation judicaires querellées du 9 février 2008.

    Sur fond de réconciliation nationale, le rapport de la «Bonne gouvernance, Démocratie et Réforme institutionnelle» sollicite auprès du président de la république et du gouvernement le rapatriement des dépouilles mortelles de l’ancien président Mobutu et de l’ancien Premier ministre, Moise Tshombe. Signalons cette requête a été relayée par les autres Etats généraux. Les médias n’ont pas été oubliés dans les recommandations dans ces Etats généraux, qui demandent à l’exécutif national de procéder à la réouverture des chaînes fermées, notamment RLTV et Canal FUTUR, tout en proposant le renforcement de l’indépendance du CSAC et l’adoption au Parlement du projet de la nouvelle Loi -cadre sur la liberté de la presse devant amender et rénover la loi du 22 juin 1996.
    Mettre en œuvre l’aide publique à la presse par l’insertion de cette rubrique dans le budget annuel ordinaire de l’Etat, amorcer des enquêtes sérieuses sur les cas d’assassinats des journalistes, et procéder à libération inconditionnelle des journalistes détenus illégalement et la dépénalisation des délits de presse figurent au nombre des recommandations présentées à la plénière.

    S’agissant du gouvernement d’union nationale, les rapports de tous les Etas généraux sont restés ambigus. Au niveau de la « Bonne gouvernance, Démocratie et Réforme institutionnelle », on a parlé d’un gouvernement qui devrait être vecteur de la cohésion nationale. Aux Etats généraux consacrés aux conflits communautaires, on a recommandé une architecture gouvernementale qui reflète les préoccupations, les défis et les enjeux relatifs à la réconciliation nationale et à la cohésion nationale.
    Dans les Etats généraux sur la «Décentralisation et renforcement de l’Autorité de l’Etat », on a recommandé un compromis politique pour les institutions hors mandat.
    Quant aux Etats généraux réservés à la «Démobilisation et rapatriement des groupes armés », ils ont exigé l’exfiltration des éléments étrangers des services de sécurité (armée, police et renseignement) …

    Eric WEMBA- Le Phare

  • Visite sous pression du Conseil de sécurité de l’ONU

    Visite sous pression du Conseil de sécurité de l’ONU

     

    Des Casques bleus patrouillent à Abobo- AFP/Archives
    Des Casques bleus patrouillent à Abobo- AFP/Archives

    -Une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU se rendra en République démocratique du Congo (RDC) et au Rwanda les 4, 5 et 6 octobre prochain. L’ONG Human Rights Watch (HRW) demande aux membres du Conseil de sécurité de profiter de leur visite “pour presser les gouvernements de la région de cesser d’apporter le moindre soutien aux groupes armés“.

    Le temps presse pour Human Rights Watch. “Les civils vivant dans l’est de la RD Congo subissent des atrocités qui ne prennent pas fin, mais il est très rare que les individus responsables soient traduits en justice“, explique Daniel Bekele, directeur de la division Afrique de l’ONG. Les 4, 5 et 6 octobre, une délégation du Conseil de sécurité sera à Kinshasa, Goma, la capitale du Nord-Kivu, en proie à l’instabilité chronique, avant continuer sa visite vers Kigali. Un déplacement sous pression, alors que le gouvernement congolais et le M23 ont entamé depuis en décembre 2012 de laborieuses négociations de paix à Kampala.

    M23 et Rwanda

    Human Rights Watch profite de cette visite annuelle du Conseil de sécurité pour tirer la sonnette d’alarme. L’ONG estime que “les membres du Conseil de sécurité devraient profiter de leur visite pour presser les gouvernements de la région de cesser d’apporter le moindre soutien aux groupes armés qui commettent des exactions, et d’arrêter les individus soupçonnés de crimes de guerre“. Selon l’organisation, “le Conseil de sécurité devrait adopter une résolution exigeant que le Rwanda cesse tout soutien au M23, un groupe armé responsable de multiples atrocités dans l’est de la RD Congo, et imposant des sanctions aux dirigeants rwandais de haut rang qui ont orchestré ce soutien“.

    Milices Maï-Maï et FARDC

    Dans la ligne de mire de l’organisation des droits de l’homme : les rebelles du M23, mais aussi les nombreux groupes armés qui pullulent à l’Est de la RDC. Selon HRW, l’ONU devrait porter une attention particulière à la milice Maï-Maï de Ntabo Ntaberi Sheka, dont les membres ont tué, violé et mutilé des dizaines de civils depuis mai 2013. “Le 27 septembre, ils ont attaqué plusieurs villages dans le territoire de Masisi, tuant plusieurs enfants, violant des femmes et incendiant des habitations“, dénonce l’ONG. Human Rights Watch pointe également l’armée régulière, les FARDC. L’armée congolaise commet aussi de nombreuses exactions “y compris les viols d’au moins 76 femmes et filles dans et aux alentours de la ville de Minova, dans la province du Sud-Kivu, en novembre 2012“, souligne HRW. Si les crimes des groupes armés ne doivent pas restés impunis, les exactions de l’armée nationale non plus. L’ONG demande au Conseil de sécurité de “pousser le gouvernement congolais à soumettre à des enquêtes, arrêter et, s’il y a lieu, poursuivre en justice les membres des forces de sécurité qui se sont rendus responsables de crimes de guerre et d’autres graves violations des droits humains“.

    Kampala

    Cette “piqûre de rappel” d’Human Rights Watch intervient alors que les pourparlers de Kampala butent sur l’amnistie que pourraient accorder les autorités congolaises aux rebelles du M23, en échange de l’arrêt des hostilités et de son désarmement. HRW explique que “les accords conclus dans le passé entre le gouvernement congolais et d’autres groupes armés ont permis à des commandants rebelles responsables de graves violations des droits humains d’être récompensés en étant intégrés dans l’armée congolaise“. “Par la suite, beaucoup d’entre eux ont commis de nouvelles atrocités contre la population civile en tant qu’officiers de l’armée congolaise, avant de faire défection et de créer de nouveaux mouvements rebelles“, conclut Human Rights Watch. L’ONG appelle donc la communauté internationale à rester vigilante.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Concertations nationales: le partage du pouvoir marque la fin des travaux !

    Concertations nationales: le partage du pouvoir marque la fin des travaux !

    matataparis-C’est finalement aujourd’hui que la grande plénière des Concertations nationales va se tenir. Le petit flottement observé depuis le lundi 30 septembre 2013 a été provoqué par une crise d’interprétation autour du concept gestion consensuelle. Puisque dans leur ensemble, les délégués ont préféré comprendre le concept dans le sens d’un gouvernement d’union nationale. Les termes ont toute leur valeur en politique. Il s’avère donc impérieux d’expliquer à nos lectures le véritable enjeu qui se cache derrière chaque interprétation du concept sujet à débat. Un gouvernement d’union nationale induit le changement obligatoire de Premier ministre, le partage des postes ministériels entre le Pouvoir et l’Opposition et de manière expresse le choix d’un Premier ministre issu de l’Opposition. C’est une sorte de table rase qui s’est toujours révélée favorable à l’Opposition pour qu’elle sache manœuvrer. A l’opposé, un gouvernement de large ouverture signifie le maintien du chef du gouvernement ou à tout le moins le maintien de la primature au compte de la Majorité. Matata ou pas Matata, le Premier ministre d’un gouvernement d’ouverture doit être issu de ce qui est clairement défini comme la Majorité au pouvoir. Quitte à intégrer un nombre assez représentatif d’opposants au sein de cette équipe gouvernementale.

    Schéma

    Dans le premier cas de figure, la composition gouvernementale ne reviendrait pas à l’initiative du Chef de l’Etat seul. Alors que dans le second cas, il possède toute la latitude de décider qui il veut intégrer au gouvernement ou pas. Cette formule n’est pas du tout intéressante pour les opposants. Elle les met en position de faiblesse et ne fait pas d’eux des partenaires capables d’imposer leur vision.

    Les discussions ont ainsi fait rage dans les coulisses des Concertations. Le Présidium a eu du pain sur la planche.

    Cela explique, du reste, la flambée des réactions constatées. Seul, le Mlc, qui avait joué sur un autre tableau ne s’empêtre pas dans le combat d’arrière garde.

    En effet, le parti cher à Jean-Pierre Bemba a signifié dès le départ à l’opinion qu’il ne venait pas aux Concertations pour la chasse aux postes. C’est l’un des rares qui, dans les rangs de l’Opposition, affiche une sérénité à toutes épreuves.
    Il se pose dès lors une lancinante interrogation au sein de l’opinion. Qu’est-ce que Bemba a obtenu en contre partie pour renoncer au partage du pouvoir ? Connaissant le Chairman du Mlc, il serait naïf de ne pas se poser des questions.
    Plusieurs versions circulent dans les salons huppés de la capitale. Les unes plus osées que les autres. Mais nul ne sait rien confirmer de manière formelle en attendant d’en savoir davantage, tenons-nous-en aux faits. A savoir qu’aux Concertations nationales, l’Opposition s’est scindée en deux camps : celui accroché à tout prix au partage du pouvoir et celui qui ne joue que pour la seule réconciliation nationale. Qui croire entre les deux ? Bien malin qui saura répondre.
    LP (7 sur 7 cd)

  • L’efficacité de l’aide de l’Europe à la RDC remise en question

    L’efficacité de l’aide de l’Europe à la RDC remise en question

    Pauvrete-La Cour des comptes européenne juge que l’impact de l’aide apportée par la Commission européenne à la République démocratique du Congo reste très limité. Dans un rapport évaluant – partiellement – les quelques 1,9 milliard d’euros dépensé par l’Union européenne en RDC entre 2003 et 2011, la Cour européenne des comptes juge que la Commission s’est montrée incapable de fixer des objectifs réalistes. La Cour des comptes européenne vient de publier un rapport sur l’impact de l’aide apportée par la Commission européenne à la République démocratique du Congo. L’étude porte sur la période 2003-2011, au cours de laquelle l’Union européenne, principal bailleur du pays, avait dépensé quelque 1,9 milliard d’euros. Progrès « limité ». La Cour des comptes européenne n’étant pas en mesure d’évaluer l’ensemble des projets et fonds engagés, elle n’en a étudié qu’un échantillon, représentant tout de même un cinquième de toute l’aide apportée. Une aide qui porte essentiellement sur les secteurs de la bonne gouvernance, du développement, de l’aide humanitaire et de la réforme du secteur de la sécurité. Pour la Cour des comptes européenne, l’impact de ces aides est «limité». «Le progrès est lent, inégal et globalement limité», lit-on dans ce rapport, qui affirme que «moins de la moitié des programmes examinés» ont tenu leurs objectifs ou sont en passe de les tenir. Le rapport s’interroge aussi sur la durabilité des projets engagés. Les raisons avancées sont multiples : absence de volonté politique, corruption, problèmes de légitimité et de capacités à réformer ou à faire fonctionner son administration. C’est aussi parce la RDC est un Etat dit «fragile » que la Cour des comptes européenne a décidé de se pencher sur ce cas particulier.

    Objectifs peu réalistes

    Les auteurs du rapport s’étonnent notamment de voir qu’en dix ans, entre le début de la transition et aujourd’hui, le salaire des députés a été multiplié par 10, pour atteindre les 13 000 dollars en 2012 (environ 9 500 euros). Le rapport pointe également le fait qu’en 2011, les dépenses de la présidence, du Premier ministre, de l’Assemblée nationale et du Sénat ont représenté trois fois plus que le budget alloué à la Santé.

    Pourtant, la Cour ne vise pas les autorités congolaises, mais bien la Commission européenne, incapable, selon ce rapport, de déterminer des objectifs réalistes ou pertinents. Les auteurs soulignent, entre autres, le peu d’aides accordées aux provinces les plus pauvres du pays comme l’Equateur, le Maniema ou les Kasaïs.

    La problématique de la gouvernance

    La Commission s’est révélée incapable, également, de poser des conditionnalités et d’ouvrir avec Kinshasa un dialogue susceptible de permettre une meilleure utilisation de l’aide et de favoriser la bonne gouvernance au Congo.

    Une occasion manquée d’insister sur les principes : l’élection présidentielle de 2011. Trop peu et trop tard, juge la Cour européenne des comptes, après examen des décisions prises par Bruxelles tout au long de ce processus électoral contesté. En résumé, la cour appelle la commission à revoir sa copie et notamment à demander des comptes sur l’utilisation des fonds engagés.

    Des progrès ont été faits, selon la Commission

    «Evidemment, on pense que la question de la gouvernance est l’une des plus difficiles. Celle où, parfois, il peut y avoir des résultats qui ne sont pas assez rapides, comme on peut les avoir dans la Santé, quand on fait un hôpital, des infrastructures, que l’on construit des routes », reconnaît Alexandre Polack, porte-parole du Commissaire européen au développement, Andris Piebalgs. « Mais on pense que c’est important, et qu’il est normal que les projets soient lents. Ils prennent du temps, mais ils montrent quand même des résultats», insiste Alexandre Polack.

    «Si on compare à 2003, le début de cette période, là, on travaillait avec une administration quasiment inexistante. On était dans un pays où il n’y avait pas du tout d’administration», rappelle-t-il. Evoquant une situation «difficile», il affirme que les aides apportées par l’Union européenne ont permis de «mettre en œuvre des projets où on améliore la situation de la police, de la justice. Ça prend énormément de temps. Mais il y a vraiment un début de progrès. On le sent sur les secteurs comme les infrastructures ou la santé, où on arrive vraiment à avoir un impact pour améliorer la santé maternelle ou, par exemple, construire la route nationale n°1.»

    Le gouvernement congolais s’estime tenu à l’écart

    Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, qualifie pour sa part le rapport de «questionnable». «Ce sont des gens qui n’ont qu’une connaissance imparfaite de la situation en République démocratique du Congo qui peuvent se permettre de tels commentaires», accuse le porte-parole du gouvernement congolais. «La réalité, c’est que, depuis les années Mobutu, depuis la deuxième République, l’Europe – plus que d’autres partenaires en République démocratique du Congo – a toujours tenu à l’écart les dirigeants de la RDC dans le choix des projets, dans la réalisation de ceux-ci.»

    Affirmant que les ministres congolais sont «souvent réduits à aller inaugurer des projets auxquels ils n’ont jamais participé, ni à la conception, ni au contrôle et à l’évaluation», il juge que les reproches que porte le rapport de la Cour des comptes européenne «peuvent, peut-être, être adressés à l’Europe».

    Par Sonia Rolley (RFI)

  • La concertation débouche sur un catalogue de bonnes intentions

    La concertation débouche sur un catalogue de bonnes intentions

    CONCERT.PHOTOS– Les concertations nationales congolaises ont proposé jeudi, deux jours avant leur clôture, un catalogue de bonnes intentions, prônant une meilleure gouvernance et un renforcement du rôle de l’Etat en République démocratique du Congo (RDC).

    Les rapporteurs de quatre des cinq commissions de ces assises se sont succédés pendant plusieurs heures à la tribune du Parlement à Kinshasa devant des centaines de délégués réunis en plénière pour égrener cette longue liste.

    Ces préconisations vont de l’installation d’une commission nationale des droits de l’Homme, et de la libération de quelques prisonniers politiques à la promotion des classes moyennes en passant par le rapatriement de la dépouille de Joseph Mobutu maître du pays de 1965 à 1997, date de l’arrivée au pouvoir, par les armes, de Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président, Joseph Kabila.

    Nombre de ces recommandations prônent un simple respect des lois et de la Constitution existantes, ou des mesures déjà planifiées, comme la mise en oeuvre d’un recensement national, ou d’autres longtemps retardées comme l’organisation d’élections municipales, provinciales et sénatoriales.

    Alors que des pans entiers de la moitié est du pays restent sous la coupe de groupes armés ou sont le théâtre de combats entre troupes régulières et milices, les délégués ont réaffirmé la nécessité d’une armée et d’une police véritablement républicaines, échappant à l’emprise d’intérêts catégoriels, ethniques ou financiers.

    Les délégués préconisent également l’érection dans les principales villes du pays de monuments à la mémoire des millions de victimes des deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003) et des combats qui continuent dans l’Est.

    Il appartient désormais au président Kabila, dans un discours de clôture devant le Parlement, prévu samedi, la suite qu’il entend donner à ces suggestions.

    Ouvertes le 7 septembre, les concertations nationales ont rassemblé des délégués de la majorité et d’une partie de l’opposition et de la société civile. Elles sont boudées par le chef du premier parti d’opposition, Etienne Tshisekedi, qui ne reconnaît aucune légitimité au chef de l’Etat depuis sa réélection contestée de 2011, ainsi que par Vital Kamerhe, ex-meilleur allié de M. Kabila et aujourd’hui opposant très actif.

    AFP