Author: Don Kayembe

  • RD Congo – Rwanda : Qui veut la fin de la guerre du Congo ?

    RD Congo – Rwanda : Qui veut la fin de la guerre du Congo ?

    Kabila- Kagame-« Battez-vous juste un peu, mais n’allez pas jusqu’à la victoire finale ». C’est à peu près ce qu’on peut retenir de ce mois de juillet en République Démocratique du Congo. Pourtant le conflit était en train de trouver une issue appropriée : militaire. Pour la première fois depuis longtemps, on a vu des soldats congolais très disciplinés, le moral haut, équipés et enchaînant des victoires sur un« ennemi » longtemps présenté comme invincible.

    Le commandant des opérations, le colonel Mamadou Ndala (41ème brigade), devenu très populaire, traduisait dans les actes la promesse de venir à bout des combattants du M23. Tout d’un coup, on apprend qu’il est relevé de ses fonctions et rappelé à Kinshasa. L’information est démentie, mais il y a des démentis qui sonnent comme la confirmation de l’information initiale. C’est une pratique courante au Congo. Les officiers qui se distinguent au combat sont rapidement neutralisés et disparaissent de la circulation. Le cas resté dans la mémoire des Congolais est celui du général Mbuza Mabé qui, en 2004, a tenu tête aux combattants rwandais menés par le colonel Jules Mutebutsi et le général Laurent Nkunda dans la ville de Bukavu. L’officier fut rappelé à Kinshasa et mourut à Kitona dans des conditions restées floues. C’est probablement le sort qui attendait le colonel Ndala et qui a provoqué la colère de la population à Goma qui, depuis, manifeste contre le régime de Kabila et la Mission de l’ONU au Congo qui semblent s’accommoder de la poursuite du conflit, et ils ne sont pas les seuls. Il y a ainsi, indiscutablement une question qui doit donner lieu à un débat franc, au Congo et ailleurs :« Qui a intérêt à ce que la guerre du Congo s’arrête de sitôt ? » La Monusco ? Joseph Kabila ? Le Rwanda ? Les multinationales ?… Les Congolais ?

    Tour d’horizon.

    Faire durer la guerre : un choix lourd de conséquences

    Les manœuvres destinées à faire durer la guerre du Congo sont pourtant lourdes de conséquences. Les soldats et la population les payent de leur vie. Plusieurs souvenirs amers trottent dans la mémoire collective. En juin 2012, dans la localité de Bunagana, l’armée congolaise avait le dessus sur le M23 et s’apprêtait à donner l’assaut final. On demanda aux soldats d’observer une trêve, officiellement pour permettre aux élèves de passer les examens d’Etat. Le M23 et ses parrains, le Rwanda et l’Ouganda, en profitèrent pour se renforcer. Le 06 juillet 2012, les Congolais furent surpris par une attaque qui coûta la vie à un casque bleu indien et plusieurs soldats loyalistes. La suite, on la connait. De revers en revers, la ville Goma finit par tomber le 20 novembre 2012. Des dizaines de femmes furent violées[1]. La ville fut pillée par les combattants rwandais qui emportaient ouvertement leur butin de l’autre côté de la frontière. Qui avait donné l’ordre d’observer la trêve à Bunagana ?

    L’autre douloureux souvenir est celui de 2007 dans la localité de Mushake. L’armée congolaise maîtrisait les opérations et le CNDP, l’ancêtre du M23, était aux abois. Des ordres contradictoires arrivèrent de Kinshasa. Des officiers performants furent mutés et des unités démobilisées. Comme d’habitude, les combattants rwandais en profitèrent pour accumuler les renforts en armes et en hommes. Une offensive meurtrière fut lancée et se termina par un indicible carnage. Plus de 2.600 soldats congolais furent massacrés[2]. Qui avait ordonné l’arrêt des opérations à Mushake ? Qui avait donné les ordres contradictoires ?

    On ne sait pas qui donne ces ordres, mais, en observant le comportement des acteurs visibles de la guerre du Congo, on a l’impression qu’ils tiennent tous à faire durer le conflit pour des raisons inavouables. La Mission de l’ONU au Congo, les pays agressant le Congo, les multinationales, le régime de Joseph Kabila.

    C’est une institution forte de 23 mille personnels civils et militaires recrutés dans une cinquantaine de pays. Depuis plus de dix ans, elle absorbe chaque année un budget astronomique de plus d’un milliard de dollars[3] sans parvenir à ramener la paix au Congo. Elle est pourtant bien dotée sur le plan matériel(équipements) et juridiques. Elle a pour mission d’appuyer l’armée congolaise en application des Résolutions 1925 (2010) et 2053 (2012) du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle est même dotée d’une brigade offensive chargée, justement, de traquer et de neutraliser par la force les groupes armés, dont le M23, en application d’une autre Résolution spécifique du Conseil de sécurité de l’ONU, la Résolution 2098 (2013).

    L’opération des FARDC au Nord de Goma donnait ainsi l’occasion de voir les soldats onusiens remplir pleinement leur mission et régler définitivement au moins un problème, le M23. A la place, on entend les responsables de la Mission appeler à une solution négociée. On se demande bien ce qu’il y a à négocier avec une organisation comme le M23. Ce mouvement est considéré comme une organisation criminelle par le Conseil de sécurité de l’ONU qui a adopté des sanctions contre ses responsables, le gouvernement américain qui a, lui aussi adopté des sanctions contre la milice, l’Union européenne et les ONG des droits de l’Homme. Au Congo, le M23 est considéré comme une force d’agression et d’occupation rwandaise, et les Congolais s’appuient, entre autres, sur les rapports des experts de l’ONU détaillant l’organisation logistique et la chaîne de commandement[4] du M23 qui remonte jusqu’au Ministère rwandais de la défense.

    Qu’est-ce qu’on entend par négocier avec une organisation comme celle-là ? Difficile de suivre la position de la Monusco sans prendre en compte les intérêts immédiats tirés de la poursuite de l’opération onusienne au Congo.

    Le Rwanda de Paul Kagamé ?

    Pour des raisons évidentes, le Rwanda, du moins le régime actuel de Kigali, n’a aucun intérêt à voir le conflit du Congo s’arrêter. Ce « fut » une époque de vache grasse dont profita l’élite politico-militaire de Kigali qui fit du Rwanda la plaque tournante de la maffia internationale impliquée dans le trafic des minerais de sang. Le Congo en guerre, c’est au moins 250 millions de dollars amassés par l’armée rwandaise de 1998 à 2000[5]. Par ailleurs, la guerre du Congo permet au Rwanda de disposer d’une zone tampon, le Kivu, que Kinshasa ne contrôle pas ou à peine. En écrasant le M23, les soldats congolais, longtemps humiliés, se retrouveraient nez-à-nez avec l’armée de Paul Kagamé, à la frontière des deux pays. Une étincelle est vite arrivée…

    Les multinationales ?

    Plusieurs dizaines de multinationales réalisent des marges confortables en se ravitaillant en minerais dans les zones en conflit de l’Est du Congo. Leur liste apparue dans les rapports des experts de l’ONU circule sur la toile[6]. Elles sont britanniques, pour la plupart. La fin de la guerre au Congo signifie qu’elles vont devoir s’approvisionner dans les conditions fixées par les autorités, dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, elles pourraient faire l’objet de poursuites et des campagnes médiatiques pour leur complicité dans la réalisation des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide[7], maintenant de plus en plus évident, que subissent les femmes congolaises. Les affaires n’ont pas besoin d’une telle publicité.

    Joseph Kabila ?

    L’histoire de Joseph Kabila est intimement liée à la guerre du Congo. Arrivé au Congo en tant qu’officier de l’armée rwandaise, il n’a jamais réussi à couper le cordon avec le Rwanda et l’Ouganda, les deux pays qui entretiennent les troubles au Congo depuis près de deux décennies. Difficile pour lui de doter le Congo d’une force militaire de dissuasion prête à affronter directement les régimes de Kampala et de Kigali pour leur imposer le respect des frontières du Congo.

    Sur un autre registre, Joseph Kabila pourrait figurer parmi les premiers perdants de la fin rapide de la guerre du Congo. Si l’armée parvient à rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, tout ce que lui demande la population, elle deviendrait une institution difficile à soumettre, une armée marchant la main dans la main avec le peuple congolais. Joseph Kabila a un problème dans l’opinion congolaise comme on a pu s’en rendre compte à Goma. La population manifeste pour soutenir « ses soldats » tout en conspuant le régime de Joseph Kabila, accusé de façon récurrente, de trahison. Il est vrai que les images de Kampala où le « Raïs » est apparu étonnamment souriant aux côtés de Paul Kagamé et Yoweri Museveni, continue de choquer les Congolais. La ville de Goma venait d’être occupée par l’armée rwandaise, qui paradait fièrement en marchant quasiment sur les corps des soldats congolais abandonnés à même le sol. Difficile d’imaginer que le Président d’un peuple à ce point humilié apparaisse tous sourires aux côtés des personnages qui maltraitent son propre peuple et humilient ses soldats.

    Les Congolais ?

    Finalement, s’il y a trop peu d’hommes, de femmes, d’entreprises et d’institutions qui ont intérêt à ce que la guerre du Congo s’arrête rapidement, il y a au moins un acteur qui pourrait tout changer : le peuple congolais. L’espoir pour une nation, c’est qu’elle se régénère et les générations d’une époque sont rarement les « copies » des générations précédentes. Les planificateurs des guerres du Congo ont longtemps misé sur les faiblesses d’un type de population : les « zaïrois » avec leurs politiciens malléables et corrompus, nés et élevés dans l’ambiance euphorique des années Mobutu. Ils n’ont pas vu venir la nouvelle génération. Ces ados et ces pré-ados sont les enfants des femmes violées et déshonorées, de pères massacrés. Ils sont nés en exil, dans des camps de déplacés, ont été chassés de leurs villages. Ils ont vu leurs chefs coutumiers et leurs notables se faire cracher dans la bouche et se faire fouetter sur le ventre. Des pratiques traumatisantes durant les années d’occupation rwando-ougandaise. Maintenant que ces enfants ont l’âge de prendre la relève de leurs parents (morts, vivants ou humiliés) quelque chose est en train de se passer au Congo.

    Les exploits du désormais célèbre colonel Mamadou Ndala et la ténacité des résistants congolais dans les maquis ne sont pas le fruit du hasard. Le combattant congolais a rajeuni. Ces jeunes Congolais-là ont rendez-vous avec l’histoire et ils ont un message à faire entendre. Forgés dans la douleur et n’ayant plus rien à perdre, ils veulent se faire respecter et faire respecter leur pays.

    Boniface MUSAVULI

  • De Kolwezi au Rwanda, passage en revue des opérations belges en Afrique centrale

    De Kolwezi au Rwanda, passage en revue des opérations belges en Afrique centrale

    Militaire-BelgeLe gouvernement belge a décidé mercredi un déploiement de précaution de deux équipes de militaires au Gabon, dont l’une devra préparer une éventuelle opération d’évacuation des ressortissants belges de République démocratique du Congo (RDC) si la situation s’aggravait. Il s’agit de para-commandos, coutumiers de ce genre d’opération, dont plusieurs ont eu lieu depuis l’indépendance de l’ancienne colonie, en juin 1960.

    Voici un rappel des précédentes opérations: –

    Congo: au lendemain de l’indépendance du Congo, entre juin et septembre 1960, quelque 10.000 hommes interviennent à la suite de la mutinerie de la Force publique. En juillet, les para-commandos interviennent à Léopoldville (future Kinshasa) et dans d’autres villes du Congo afin de couvrir l’évacuation des ressortissants belges, menacés par les mutins. Ils sont appuyés par les forces aérienne et navale pour le rapatriement des Européens. Le retrait des troupes belges coïncide avec l’arrivée des premiers Casques bleus de l’ONU dans l’ancienne colonie.

    Stanleyville (Congo) : le 27 novembre 1964, quelque 320 parachutistes, commandés par le colonel Laurent, sautent d’avions américains sur Stanleyville (aujourd’hui Kisangani) pour libérer les 2.000 Européens retenus en otages par le gouvernement lumumbiste de Gbenye. Au cours de l’opération « Dragon rouge », les paras y font la jonction avec les troupes congolaises commandées par le colonel belge Vande Walle et appuyées par des mercenaires. Deux jours plus tard, les paras sautent sur Paulis (opération « Dragon noir »). Cette double opération n’a pu éviter le massacre d’une centaine d’Européens par les rebelles quelques heures avant l’intervention des paras belges.

    Kolwezi (Zaïre) : en mai 1978, d’anciens gendarmes katangais envahissent la province du Shaba (ex-Katanga) et s’emparent du centre minier de Kolwezi. Plusieurs dizaines d’Europeéns trouvent la mort lors des engagements entre les Forces armées zaïroises (FAZ) et les rebelles. 1.200 para-commandos belges se posent le 20 mai à Kolwezi à bord de C-130 belges, quelques heures après l’arrivée de légionnaires français. Les envahisseurs battent en retraite tandis que les troupes zaïroises reprennent la ville. Les troupes belges de l’opération « Red Beans » (« haricots rouges ») quittent Kolwezi le 22 mai, après avoir couvert le départ des Européens. Les derniers hommes rentrent en juillet.

    Zaïre, à nouveau, en septembre 1991. A la suite de pillages à Kinshasa puis dans le reste du pays, plus d’un millier de para-commandos – aidés par des troupes françaises – sont dépêchés à partir du 24 au Zaïre. Avec l’aide de C-130 belges et portugais ainsi que des avions français, ils organisent une vaste opération d’évacuation des ressortissants étrangers dans l’ensemble du Zaïre. Baptisée « Blue Beam » (« rayon bleu »), cette opération permet l’évacuation de plus de 4.300 personnes de toutes nationalités. Les derniers paras quittent le Zaïre début novembre.

    Zaïre, une nouvelle fois en janvier 1993. Après de nouveaux pillages limités à Kinshasa, le gouvernement dépêche près de 600 militaires – principalement des para-commandos – à Brazzaville sous le nom de code de « Sunny Winter ». Mais le président Mobutu Sese Seko leur refuse l’accès au territoire zaïrois et les troupes doivent se contenter d’accueillir les expatriés candidats au départ de l’autre côté du fleuve Zaïre. Les hommes sont rapatriés progressivement après une semaine de présence à Brazzaville, une centaine d’entre-eux demeurant sur place jusqu’en février à des fins dissuasives.

    Rwanda : le 4 octobre 1990, le gouvernement Martens VIII décide l’envoi de quelque 500 para-commandos à Kigali pour une « action humanitaire » destinée à protéger les ressortissants belges qui pourraient être menacés par l’invasion des troupes du Front patriotique rwandais (FPR, dominé par la minorité tutsie) venus d’Ouganda. Cette mission, baptisée « Green Beam » (« Rayon vert ») prend fin un mois plus tard, le 2 novembre, à la suite d’une médiation du gouvernement belge et alors que l’armée rwandaise repousse les rebelles presque jusqu’en Ouganda.

    Rwanda : quelque 430 membres de la brigade para-commando composent entre la mi-novembre 1993 et la mi-avril 1994 l’essentiel du contingent belge de la Mission de l’ONU pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR). Mais l’assassinat de dix Casques bleus par des hommes de la garde présidentielle rwandaise, à Kigali le 7 avril 1994 lors de la reprise de la guerre civile, entraîne le retrait du contingent belge, après que l’envoi d’un millier d’hommes en Afrique ait permis de couvrir l’évacuation des ressortissants étrangers du Rwanda (opérations « Silver Back » et « Blue Safari »).

    Congo : le 22 mars 1997, le gouvernement déclenche l’opération « Green Stream » (« Flot vert ») et envoie des troupes au Congo-Brazzaville alors que la rébellion de Laurent-Désiré Kabila avance vers Kinshasa, que ses troupes prendront le 17 mai sans grande violence. La présence militaire belge – quelque 780 hommes à son apogée – plus 2.700 hommes de quatre autres nationalités à Brazzaville et en mer se limite à préparer une évacuation des étrangers du Zaïre en cas de troubles. Les troupes occidentales n’auront toutefois pas à intervenir et le 22 mai le gouvernement décide de rapatrier son contingent, dont les derniers membres rentrent début juin. (Belga)

    Congo Coopération Technique Militaire (ctm) 1963 – 1990

    En août 1963, un accord intervient entre la Belgique et le Congo. Cet accord prévoit d’entamer une collaboration militaire.

    La coopération démarre réellement en 1964 par une formation donnée au sein de l’armée nationale congolaise (ANC) d’une part et par d’autres actions moins ponctuelles d’autre part.En 1964, environ 300 de nos militaires se trouvent sur le territoire congolais dans le cadre de cette coopération technique.En 1965, l’accent porte surtout sur la formation des militaires et cadres congolais.
    Au fil des années, le nombre de militaires belges présents dans le cadre de la CTM a progressivement diminué.Devenue ‘Assistance Technique Militaire’ en 1968, la Belgique met fin définitivement à la coopération en 1990.Douze militaires belges perdront la vie durant cette période de coopération.
    A propos de

    Jean-Jacques Wondo Omanyundu est un analyste des questions sociopolitiques, sécuritaires et militaires de la République démocratique du Congo. Il est l’auteur de l’ouvrage-référence ‘Les armées au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC’ (2013). Jean-Jacques Wondo est diplômé de l’Ecole Royale Militaire de Belgique.

  • Bruit des bottes à l’Est: les FARDC en alerte maximale

    Bruit des bottes à l’Est: les FARDC en alerte maximale

    JOINT SURGE OPERATION (MONUC/FARDC) in MITWA, MASISI TERRITORY.– Ils subiront un échec cuisant s’ils osent entreprendre quoi que ce soit », avise le colonel Hamuli. Les ennemis de la RDC sont prêts à lui déclarer la guerre. La Monusco conforte cette thèse, qui ne fait l’ombre d’aucun doute, indiquant être en possession des preuves matérielles sur le renforcement des positions militaires du M23. L’on est donc parti pour une guerre généralisée – la dynamique de Kampala se butant désormais à un mur d’incompréhensions. A Kinshasa, l’on est conscient du danger, aussi se dit-on « prêt à toute éventualité ». Même son de cloche du côté des FARDC où les troupes sont placées en état d’alerte maximale.

    La situation sécuritaire dans l’Est s’est sensiblement détériorée ces derniers jours. Le récent passage dans la région des Grands Lacs d’une délégation des membres du Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas résolu le problème. Bien au contraire, la passivité dont a fait preuve les Nations unies a réconforté la thèse d’une issue militaire à la crise qui ronge terriblement cette région.

    LE SPECTRE DE LA GUERRE

    Dans la région, le décor d’une guerre imminente se met en place. Ce qui n’était qu’une simple rumeur il y a quelques jours a été confirmé par la Monusco, mercredi dernier, au cours de son point de presse hebdomadaire. En effet, le M23, appuyé comme toujours par le Rwanda, est en train de renforcer ses positions militaires.

    Outre le déploiement par le Rwanda de ses troupes à la frontière avec la RDC, des sources locales font état d’une présence remarquée des militaires rwandais à Kavange et Bunagana, bastion du M23. Ces troupes rwandaises sont rentrées dans les deux localités par le flanc du volcan Gahinga.

    Plus explicite, la Monusco dit disposer des preuves « matérielles » du fort dynamisme dont font preuve actuellement les unités combattantes du M23. La mission onusienne dit aussi détenir des preuves matérielles que la rébellion du M23 continue à renforcer ses positions et à recruter de force des enfants au Rwanda pour les intégrer dans ses rangs. C’est qu’a déclaré mercredi à Goma le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Martin Kobler qu’accompagnait le commandant de la Brigade spéciale de la Monusco, le général Dos Santos Cruz. « On a, d’une part, les négociations de Kampala entre le gouvernement congolais et le M23 et de l’autre, des rapports faisant état du recrutement forcé des jeunes gens au Rwanda. Ce sont des rapports que nous sommes en train de vérifier », déclaré Martin Kobler. « Nous avons beaucoup d’informations relatives au renforcement des positions du M23. Il est très important que la Société civile reste vigilante pour dénoncer ces choses. Nous ne savons pas avec précision l’origine de ces renforcements. Nous devons vérifier davantage ces informations », a indiqué pour sa part le général Dos Santos Cruz.

    La vérité c’est que le M23 et le Rwanda sont en position de guerre. Depuis un temps, ils ne s’en cachent plus et la Monusco tente désespérément de colmater les brèches. Serait-ce une façon pour elle de se repentir en mettant le gouvernement devant ses responsabilités ? C’est fort probable. L’on se rappelle que dans une récente déclaration, le patron de la Monusco a clairement indiqué que la Monusco n’est pas en RDC pour se battre à la place de la RDC. La présence des troupes onusiennes en RDC, avait alors soutenu Martin Kobler, est juste pour apporter un soutien aux FARDC. C’est dire qu’en faisant part d’une forte présence des troupes rwandaises dans les zones contrôlées par le M23, la Monusco a voulu, d’une certaine manière, alerter le gouvernement pour qu’il prenne la mesure des enjeux et se comporte en conséquence. L’initiative de la défense de l’intégrité territoriale revient de droit (constitutionnellement parlant) à Kinshasa.

    MORAL AU ZENITH

    Contacté par notre Rédaction, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a vivement réagi à l’information relayée par la Monusco. Au gouvernement, on promet de faire face efficacement à cette nouvelle menace. « Nous sommes prêt à toute éventualité », a dit Lambert Mende, convaincu qu’avec les FARDC, qui se trouvent suffisamment rodés, « le pays sera défendu et bien défendu ». Même conviction dans les rangs des FARDC où son porte-parole, le colonel Hamuli, promet également l’apocalypse au M23 dans le cas où il relancerait les hostilités dans l’Est. « Nous nous sommes considérablement bien construits. Ils subiront un échec cuisant s’ils osent entreprendre quoi que ce soit », a déclaré le colonel Hamuli, joint au téléphone par notre rédaction.

    ACTIVER L’ARTICLE 85

    La situation de la partie Est devient de plus en plus préoccupante. Elle doit donc être prise au sérieux. Et la survie de la République en dépend énormément. L’insécurité qui prévaut dans l’Est constitue une menace contre la souveraineté du pays et de ses frontières héritées de la colonisation. A l’instant, elle a atteint son paroxysme. Raison de plus d’appeler à une mobilisation générale de l’ensemble de la population pour défendre la patrie en danger. Si le peuple doit jouer sa partition, il est temps aussi pour le chef de l’Etat, garant de la nation, d’activer le mécanisme prévu dans la Constitution, en pareilles circonstances. Il s’agit principalement de l’article 85 qui spécifique dans des termes clairs que « Lorsque des circonstances graves menacent, d’une manière immédiate l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, le président de la République proclame l’état d’urgence ou l’état de siège, après concertation avec le Premier ministre, et les présidents de deux chambres, conformément aux articles 144 et 145 de la présente Constitution. Il en informe la nation par un message. Les modalités d’application, de l’état d’urgence et de l’état de siège sont déterminées par la loi ».

    Par rapport à ce qui se passe dans l’Est, tous les ingrédients sont réunis pour mettre en place le mécanisme prévu dans cet article. Procéder ainsi, c’est redonner aussi confiance aux hommes des troupes qui sont au front et surtout, raffermir davantage la fibre patriotique au sein de la population. La mobilisation générale passe donc par là. Car le peuple attend désormais voir de ses dirigeants des actes qui rassurent en vue de mettre définitivement fin à la pieuvre qui charrie depuis plus d’une décennie la mort et le désespoir dans l’Est de la RDC.

    AGENDA CACHE : AMPUTER LA RDC DU KIVU ET DE L’ITURI

    Le risque qui se profile à l’horizon est cette amputation que le pays peut subir si jamais le M23, avec ses parrains, arrivaient à consolider le contrôle des localités conquises et le repeuplement par les communautés venues du Rwanda des villages abandonnés par les autochtones congolais du fait des conflits armés.

    Le plan est déjà connu. Le régime de Kigali pousse le M23 à prendre le devant dans ce processus qui devrait conduire un jour à la déclaration de l’autodétermination des communautés transplantées. Tout se joue sur la résistance dont le M23 doit faire preuve face à Kinshasa. Quant à Kampala, il se prépare à s’emparer de l’Ituri, le moment venu. Conspiration, complot, complicité, tout se mêle et se conjugue aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la RDC.

    Le Potentiel

  • «Le Pdt Kabila partira après les prochaines élections» en RDC:Aubin Minaku

    «Le Pdt Kabila partira après les prochaines élections» en RDC:Aubin Minaku

    Joseph Kabila
    Joseph Kabila

    -En RDC, Joseph Kabila devrait annoncer, la semaine prochaine, peut-être le mardi 15 octobre 2013, devant les deux chambres réunies en Congrès, des mesures en faveur de l’ouverture politique. Le chef de l’Etat congolais va-t-il s’inspirer des recommandations faites par les concertations nationales qui se sont achevées la semaine dernière ? Eléments de réponse avec le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku. Le secrétaire général de la majorité présidentielle répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Que répondez-vous à ceux qui disent que ces concertations nationales, c’était de la poudre aux yeux ?

    Aubin Minaku : La réponse est simple : ils ne pouvaient que dire cela, parce qu’ils n’ont pas pris part aux travaux. Tous ceux qui ont pris part aux travaux, les délégués, les experts, les observateurs nationaux comme étrangers, et finalement, même les membres permanents du Conseil de sécurité, se sont rendu compte que les concertations ont été sérieuses. Les délégués ont débattu en toute liberté. Ce sont des résolutions fondamentales qui ont été adoptées. Reste maintenant leur mise en œuvre à partir du discours du président de la République devant le Congrès.

    Officiellement, ces concertations réunissaient le pouvoir et l’opposition. Mais les deux principaux opposants, Etienne Tshisekedi (UDPS) et Vital Kamerhe (UNC), ont boycotté ces rencontres. Alors, le jeu n’est-il pas faussé depuis le début ?

    Les concertations nationales ne concernaient pas que la majorité et l’opposition. Il y a la société civile, les chefs coutumiers, les experts, etc. J’ajouterais qu’en réalité, l’UDPS évolue en parallèle avec le cadre institutionnel, parce que le chef de l’UDPS se considère comme le président de la République, c’est une situation insolite. Cependant, les élus de l’UDPS à l’Assemblée nationale – une bonne vingtaine – ont pris part aux travaux de concertation nationale.

    Vous évoquez les dissidents de l’UDPS qui ont participé à ces concertations, mais depuis vingt ans on compte des centaines de dissidents de ce parti, ce qui n’empêche pas Etienne Tshisekedi de rassembler des millions de voix à chaque nouvelle élection. Est-ce que son absence ne nuit pas à la crédibilité de ces concertations ?

    Il a été absent aux élections de 2006 proclamées crédibles par tous. Donc, ce n’est pas sa présence qui crédibilise, même s’il est vrai qu’il a obtenu des voix pendant les dernières élections de 2011. Mais la crédibilité des concertations nationales, on la voit à travers le sérieux des recommandations issues de ces concertations. La République ne peut pas être l’esclave d’un parti politique.

    A l’issue de ces concertations, les délégués ont fait de nombreuses recommandations en faveur de l’ouverture démocratique. Le président Kabila leur a répondu qu’il présentera bientôt des mesures importantes. Pouvez-vous nous en donner des exemples ?

    Je n’ose pas devancer le président de la République dans ses prérogatives constitutionnelles, mais en tout cas il a clairement dit que l’ouverture politique prônée par lui depuis sa prestation de serment, il va davantage la mettre en œuvre.

    Avec la nomination d’un nouveau Premier ministre ?

    Le Premier ministre émane de la majorité. Ce n’est pas une affaire de Premier ministre tout seul ou d’autres institutions. L’essentiel, c’est que rapidement les recommandations soient mises en œuvre.

    Mais si le prochain Premier ministre émane de la majorité, est-ce que ce sera un Premier ministre d’ouverture ?

    Nécessairement, le prochain Premier ministre devra gérer un gouvernement où l’on retrouverait des membres de l’opposition. C’est cela aussi, l’ouverture.

    Vous parlez ouverture, vous parlez consensus, cela peut-il être l’occasion de changer la Constitution ?

    La Constitution congolaise est claire, il faut la respecter. Et le président de la République l’a toujours dit. Et si dans cette Constitution, les dirigeants estiment qu’il y a nécessité d’une révision dans l’intérêt de la République sur la base de la même Constitution, ce ne doit pas être un tabou. Mais si la Constitution prévoit quelques dispositions intangibles, on ne touche pas aux dispositions intangibles. Donc pour moi, la révision de la Constitution, ce n’est pas un tabou, mais il s’agit d’une révision des dispositions révisables. On ne touche pas aux dispositions intangibles.

    Parmi les dispositions intangibles, il y a l’article 220, qui interdit au président Kabila de se présenter en 2016 pour un troisième mandat. A vous écouter, on ne touche pas à l’article 220 ?

    C’est une disposition intangible ! On ne touche pas à cette disposition. Ca signifie qu’il y a respect des deux mandats non renouvelables. C’est clair.

    Donc, si on ne touche pas à l’article 220, est-ce que ça veut dire que le président Kabila partira en 2016 ?

    Le président de la République partira après les prochaines élections. Parce que selon la Constitution congolaise, une institution libère les fonctions quand il y a un autre qui a été élu de façon démocratique. Le jour où on organisera les élections présidentielles dans cette République, et que ce sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera Kabila.

    Mais vous savez bien qu’il y a des figures de la majorité présidentielle, comme Evariste Boshab, qui se prononce en faveur de la révision de la Constitution. Visiblement, vous n’êtes pas d’accord avec elle ?

    Je suis quand même secrétaire général de la majorité présidentielle et je ne sais pas s’il y a un organe de la majorité présidentielle qui réclame une révision constitutionnelle pour prolonger le mandat. Je sais qu’il y a des écrits scientifiques. Chacun a le droit de s’exprimer, mais il n’y a aucun organe de la majorité présidentielle qui s’est prononcé dans ce sens-là.

    Par RFI- Christophe Boisbouvier
  • Eventuel troisième mandat des présidents Nkurunziza (Burundi), Kabila (RD Congo) et Kagame (Rwanda)

    Eventuel troisième mandat des présidents Nkurunziza (Burundi), Kabila (RD Congo) et Kagame (Rwanda)

    KABILA- KAGAME-Comment réagir face à un éventuel troisième mandat des présidents Nkurunziza (Burundi), Kabila (République démocratique du Congo) et Kagame (Rwanda) ?En Afrique centrale, un débat intéressant fait rage actuellement à propos d’un éventuel troisième mandat pour les présidents en exercice. Les présidents Nkurunziza du Burundi (en 2015), Kabila de la République démocratique du Congo (en 2016) et Kagame du Rwanda (en 2017) s’approchent peu à peu de la fin de leur second mandat. Aucun des trois n’a annoncé, de façon explicite, sa candidature aux prochaines élections présidentielles. Par contre, certaines déclarations récentes faites par des conseillers dans leur entourage immédiat indiquent que, dans les trois cas, un délai supplémentaire au pouvoir n’est tout au moins pas exclu.

    Dans les régimes généralement fort présidentiels en Afrique, une alternance du pouvoir au sommet constitue un événement délicat. Dans certains cas (Botswana, Ghana), l’alternance se fait sans remous. Dans bien d’autres cas (Madagascar, Côte d’Ivoire), les élections présidentielles donnent lieu à des années d’instabilité politique et de chaos. Jusqu’à ce jour, au Burundi, en RDC et au Rwanda, aucun président élu au suffrage universel n’a succédé à un prédécesseur élu.

    Quelle sera l’attitude belge face à une éventuelle candidature des présidents en exercice du Burundi, de la RDC et du Rwanda pour un troisième mandat ? Et quelle leçon pouvons-nous en tirer en ce qui concerne la politique belge à l’égard de ces trois pays ? Cinq perspectives et approches se présentent : la croissance économique, la paix et la sécurité, la démocratisation, la gouvernance constitutionnelle et la lutte contre l’impunité.

    1 Croissance économique. Des chercheurs de l’ODI (Overseas Development Institute) à Londres ont récemment plaidé pour que, dans les pays africains pourvus d’un taux de croissance économique significatif (dit “double digit”), les élections présidentielles n’aient surtout pas d’impact négatif sur la croissance économique. Toute turbulence politique doit être évitée, ce qui revient à suggérer que, dans certains pays, la succession soit “réglée” à l’intérieur du parti dominant. Les élections n’ont alors d’autre fonction que de conférer un semblant de légitimité démocratique à cet arrangement. Appliqué au Rwanda (dont les taux de croissance économique sont impressionnants depuis quelques années), cela signifie logiquement que Paul Kagame devrait tranquillement encore pouvoir entamer un mandat supplémentaire. L’usage de conditionnalités politiques de l’aide par des bailleurs n’est dès lors pas souhaitable.

    2 Paix et stabilité. Une deuxième approche, où non l’économie mais la paix, la sécurité et la stabilité constituent les principaux objectifs, mène souvent à la même conclusion. Même dans les pays sans croissance économique majeure, les bailleurs craignent généralement une alternance chaotique du pouvoir politique. De véritables élections libres et équitables – où l’opposition n’a pas perdu d’avance – constituent un facteur de risque pour des accords de paix et des équilibres politiques souvent difficilement négociés, particulièrement dans des contextes post-conflit fragiles comme au Burundi. Les partenaires internationaux préfèrent alors le statu quo et la stabilité à court terme, même si cela représente un prix démocratique considérable à payer.

    3 Etat de droit. Si l’on place la démocratisation en tête de sa liste des priorités, un troisième mandat n’est par contre pas du tout souhaitable. Dans la littérature scientifique, il existe un consensus sur le fait que la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs constitue à la fois un indicateur ainsi qu’un moteur de la libéralisation politique. Une telle restriction et la simple possibilité qu’une alternance du pouvoir présidentiel se produise, empêche la concentration du pouvoir au niveau de partis dominants “quasi-uniques”, donne de l’oxygène au débat politique et conduit à davantage de “checks and balances”.

    4 Gouvernance constitutionnelle. Une quatrième approche est depuis peu adoptée par l’Union africaine (UA). Dans cette approche, ce qui compte avant tout est la conformité à la constitution nationale. Un changement inconstitutionnel du gouvernement est de plus en plus sanctionné par l’UA. Ce n’est sans doute pas un hasard si, sur le continent le plus touché par des coups d’Etat, on en ait fait une priorité. Appliquée à des troisièmes mandats, cela signifie que ceux-ci sont possibles s’ils sont en conformité avec la constitution du pays concerné. Parfois, cependant, la constitution fournit peu d’indications. Au Burundi, il y a une polémique sur l’interprétation de la constitution. En RDC et au Rwanda, on observe une tendance à éventuellement changer la constitution. En RDC, à l’occasion des élections de 2011, la modification en dernière minute des règles de jeu électorales a d’ailleurs eu lieu sans trop de protestations internationales.

    5 Lutte contre l’impunité. Enfin, on peut aussi aborder la question sous l’angle des droits de l’homme. Les chefs rebelles qui viennent au pouvoir après un conflit armé ont généralement du sang sur les mains. Malgré d’importants progrès dans le domaine de la mondialisation de la justice pénale internationale au cours des vingt dernières années, les dirigeants restent généralement impunis. La meilleure recette pour échapper aux poursuites judiciaires, entre autres pour les présidents des trois pays concernés, est donc de perpétuer leur pouvoir politique et militaire, de préférence par des élections que la communauté internationale finance et légitime. On demande alors aux victimes de leurs crimes de guerre d’avoir un peu de patience dans leur quête de la vérité et de la justice.

    6 Quelle politique belge ? Il ne fait guère de doute que, du moins au niveau du discours public, la politique belge concernant le Burundi, la RDC et le Rwanda, poursuit tous les nobles objectifs mentionnés ci-dessus : croissance économique, paix et sécurité, démocratie, constitutionnalisme et droits de l’homme. Mais en matière de coopération au développement et de relations internationales, même les objectifs les plus nobles ne vont pas toujours de pair. Cette observation s’applique également ici. En fonction de l’objectif prioritaire (par exemple stabilité ou lutte contre l’impunité ?), la position belge peut varier. Quelle sera l’approche que le gouvernement belge va privilégier ? Notre aide sera-t-elle liée à cette question ? Et adopterons-nous la même politique vis-à-vis des trois pays ? Bien évidemment, l’objectif de cet appel n’est pas du tout de donner des leçons à l’ancienne “Afrique belge”. Il reste d’ailleurs à voir si la politique belge aura un impact sur le terrain et si cela est vraiment souhaitable. Mais la transparence – une autre vertu très souvent mise en avant par les bailleurs – de notre politique à l’égard d’un troisième mandat des présidents Nkurunziza, Kabila et Kagame peut nous renseigner sur les véritables priorités et stratégies de la Belgique en Afrique centrale.

    Stef Vandeginste

    Chargé de cours, Institut de politique et de gestion du développement Université d’Anvers.

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  • Echeque des pourparlers de Kampala

    Echeque des pourparlers de Kampala

    Tshibanda-Raymond-Selon une source proche du dossier de la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le pessimisme se développe de plus en plus sur l’issue des négociations de Kampala qui, jusqu’à présent, butent sur des points que les parties qualifient elles-mêmes de non négociables. Ces pourparlers qui ont commencé le 9 décembre 2012, devraient permettre de trouver une solution politique stable au conflit qui oppose le gouvernement congolais aux rebelles du M23.Mais chaque partie campe sur ses positions au point que l’espoir fait de plus en plus place au doute, aussi bien au milieu des élites politiques que des populations. En effet, la reprise des hostilités entre les deux voisins, congolais et rwandais, s’annonce imminente, compte tenu du non aboutissement des négociations à une solution acceptable par les deux parties. Alors que Kigali renforce sa présence militaire à la frontière avec la RDC, celle-ci, estime que l’idée d’une guerre n’est pas à écarter. « Aucun effort ne sera ménagé pour que les réunions de Kampala aboutissent; à la restauration de la paix et de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire. Sans quoi, les forces armées se chargeront elles-mêmes d’accomplir ce devoir »,a déclaré le Président congolais à l’ouverture, le 7 septembre dernier, des consultations nationales. En résumé, les nombreuses interruptions des négociations de Kampala ont montré les limites des solutions politique et diplomatique qui, depuis bientôt une année, ont été abordées par les différents acteurs nationaux et internationaux. Ainsi, ces pourparlers hypothèquent toutes les chances de réussites du processus de paix.

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