Author: Don Kayembe

  • Mais qui sont les nouveaux venus de Chengerero?

    Mais qui sont les nouveaux venus de Chengerero?

    Tutsi – “Qui sont-ils et que viennent-ils faire chez nous?”: Les “deux cents familles” installées depuis le 30 septembre à Chengerero suscitent bien des interrogations dans ces montagnes de l?Est de la République démocratique du Congo (RDC), où l’on doute que les nouveaux venus soient Congolais.

    Alors que la ligne de front entre l’armée régulière et les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23) n’a plus bougé depuis fin août et que les deux parties négocient à Kampala une fin à plus de dix-huit mois de conflit, l’arrivée surprise de ces familles en zone rebelle alimente toutes les rumeurs.

    Les frontières du Rwanda et de l’Ouganda – deux pays régulièrement accusés, malgré leurs démentis, de soutenir le M23 – sont à un jet de pierre, dans un paysage de bananeraies et de collines verdoyantes, au coeur de la province du Nord-Kivu.

    Le gouvernement congolais, les autorités de la province à Goma (la capitale provinciale en zone sous contrôle de Kinshasa) et la société civile craignent que ces migrants soient en fait des Rwandais venus renforcer la rébellion ou que les nouveaux venus servent de bouclier humains en cas de reprise des combats.

    “Je ne connais aucun d’entre eux, je ne sais pas d’où ils sont”, dit un voisin qui, comme tous les habitants interrogés, demande que son anonymat soit strictement garanti.

    “Nous n’y comprenons rien, pourquoi sont-ils venus dans la zone de la rébellion plutôt que de passer par celle tenue par le gouvernement?”, s’étonne un autre.

    “Parce que c’est un havre de paix”, assure très sérieusement de son côté Amani Kabasha, chef de la communication du M23.

    Tutsis rwandophones

    M. Kabasha a tenu à accompagner deux journalistes de l’AFP venus rencontrer les nouveaux habitants qui s’entassent dans l’école trop petite du village, et sont en train de se faire enregistrer par une équipe du Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR).

    Sur une cinquantaine de personnes interrogées, presque toutes disent avoir fui le Congo entre fin 2012 et début 2013 pour se réfugier au Rwanda. Beaucoup ont une carte d’électeur congolaise à leur nom. Beaucoup disent aussi avoir perdu le précieux document dans leur fuite, ou encore l’incendie du logis familial.

    Tous parlent le kinyarwanda ou le swahili, deux langues parlées dans cette partie du nord-Kivu, mais également au Rwanda voisin.

    Leur chef, Elie Rushimwe, explique qu’ils arrivent surtout de camps de réfugiés au Rwanda, mais aussi en Ouganda, et que d’autres continuent à arriver.

    “La majorité sont des Tutsis”, dit-il. Tutsis et Hutus rwandophones -de nationalité congolaise- vivent nombreux dans la région, descendants des vagues de peuplement successives venues du Rwanda depuis la première guerre mondiale quand les colons belges cherchaient des bras pour développer l’agriculture locale.

    “De quoi se nourrir”

    L’Est de la RDC est déstabilisé depuis le génocide anti-Tutsi de 1994 au Rwanda, qui a entraîné des mouvements de population considérables de part et d’autre de la frontière. La faiblesse de l’Etat congolais, l’instrumentalisation d’une multitude de groupes armés locaux par les pays de la région comme Kinshasa, et la richesse du sous-sol congolais, ont nourri deux décennies de guerre et de violences. La nationalité des populations rwandophones locales est l’une des principales problématiques du conflit.

    “Personne ne nous a dit de venir ici”, affirme M. Rushimwe. Selon M. Kabasha pourtant, les réfugiés ont été “regroupés” un peu plus au sud “il y a trois mois” par le M23 avant d’être amenés à Chengerero.

    Les nouveaux arrivants disent avoir débarqué de jour, alors que plusieurs autochtones affirment “avoir découvert leur présence au matin” ou les avoir “vu arriver de nuit par convoi militaire”.

    Difficile donc d’y voir clair sur leur véritable identité. Comme beaucoup, Isaac Kumbuye affirme que c’est la faim qui l’a fait quitter le Rwanda et qu’il y avait “beaucoup de décès” à Kigeme.

    La section rwandaise du HCR indique pour sa part que le taux de mortalité de ce camp “n’est pas jugé alarmant”, avec des rations alimentaires normales.

    Le train de vie de certains surprend un villageois. “Ces réfugiés-là viennent acheter au marché et ont de quoi se nourrir”, observe-t-il, affirmant que depuis peu “d’autres réfugiés sont arrivés à Chanzu”, non loin de là. Mais c’est une base militaire du M23. L’AFP n’y aura pas accès et M. Kabasha dément vigoureusement les allégations selon lesquelles son mouvement y formerait des réfugiés revenus pour en faire des combattants.

    AFP

  • Quittera ou quittera pas ?, le peuple se demande

    Quittera ou quittera pas ?, le peuple se demande

    Joseph Kabila: La RDC n’est pas du tout complexée par le niveau de la démocratie.-L’on soupçonnait le Président Joseph Kabila de vouloir faire réviser l’article 220 de la constitution congolaise qui, entre autres choses, limite la durée de son mandat à 5 ans renouvelable une seule fois, en vue de pouvoir se représenter aux élections de 2016 pour un troisième mandat, et – pourquoi pas – devenir rééligible à vie. Cependant, à mesure que les jours passent, il semble fort bien qu’une stratégie beaucoup plus subtile soit entrain de se mettre en place : la prolongation pure et simple de l’actuel mandat au-delà de 2016, quitte à mettre tout le monde devant un fait accompli…

    Révision constitutionnelle, une idée trop dangereuse pour Joseph Kabila…pour l’instant

    La sortie en juin dernier du livre très controversé de Evariste Boshab,Secrétaire général du parti présidentiel, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) , intitulé : « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation« , avait soulevé un véritable tollé au sein de la classe politique et de la société civile congolaise. Assez pour permettre au camp présidentiel de mesurer le danger de l’implosion sociale que présenterait dans l’immédiat l’idée de faire réviser le fameux article 220 de la constitution pour assurer à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. Hostilité d’autant plus prononcée que nombreux sont les Congolais qui peinent encore à admettre la légitimité des institutions actuelles issues des élections de novembre 2011, à quoi s’ajoutent les frustrations causées par la persistance de l’insécurité dans l’est du pays, et les accusations de complaisance, d’incompétence, voire de complicité dont une opinion de plus en plus importante accable le président Joseph Kabila et son régime.

    Depuis, les proches de Joseph Kabila ont multiplié les déclarations, expliquant à qui veut les entendre qu’Evariste Boshab n’a fait qu’exprimer une « opinion scientifique et personnelle« , et que la question de la révision constitutionnelle n’était pas à l’ordre du jour dans la « Majorité présidentielle« . Les participants aux concertations nationales qui se sont achevées le 6 octobre 2013 sont allés dans le même sens de l’apaisement, en indiquant dans leurs recommandations que l’article 220 de la constitution devait être respecté.

    Alors, bonne foi de Joseph Kabila et sa « Majorité présidentielle », ou simple changement de plan ? Les récentes déclarations des personnalités comme le nouveau Président  de la Commission nationale électorale, l’abbé Apollinaire Malu-Malu, ou encore le Président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku, ne laissent plus beaucoup de doutes.

    Le recensement général de la population : la bonne parade ?

    La règle de la continuité de l’Etat et des institutions est bien connue de tout le monde, même des profanes. Elle peut se résumer en cette phrase : « les animateurs des institutions du pays restent en place jusqu’à l’installation effective de ceux qui sont élus pour les remplacer« . Peu importe que l’on respecte ou pas les délais constitutionnels. La règle est posée notamment à l’article 222 de la constitution de la RD Congo.

    Si donc Joseph Kabila devait rester au pouvoir au-delà de 2016 au nom de la continuité de l’Etat, faute d’élections devant désigner son successeur, il serait dans la légalité. La présidence de la République ne serait d’ailleurs pas la première institution à se retrouver dans pareille posture, puisqu’au jour d’aujourd’hui le Sénat, dirigé par le « semi-opposant » Léon Kengo wa-Dondo, de même que les gouverneurs de certaines provinces et les assemblées provinciales, ont largement dépassé la durée de leur mandat de cinq ans, qui a expiré en 2011. Mais ils restent en place pour la simple (et « bonne ») raison que les élections devant pourvoir à leur renouvellement n’ont toujours pas eu lieu. Et pour bénéficier de cette brèche, pas besoin de modifier la constitution; pas besoin de toucher au fameux article 220 de la constitution que les opposants à Joseph Kabila prennent pour leur fétiche-miracle contre son maintien au-delà de 2016.

    Dans un point de presse mercredi 9 octobre 2013 à Kinshasa, la déclaration de l’abbé Malumalu, nouveau président de la CENI, indiquant que les prochaines élections seraient organisées « à l’issue du prochain recensement général de la population » avait intrigué plus d’un observateur. En effet, ce recensement général de la population – le second dans l’histoire du pays, après celui réalisé il y a de cela plus de 29 ans, en 1984 – est censé débuter en 2014 et se terminer avant la fin de 2015. Mais il pourrait bien, pour une raison ou une autre, aller jusqu’en 2016, voire au-delà : problème de financement, difficultés logistiques ou techniques, ou bien, le meilleur de tous, un blocage politique pur et simple pour retarder le recensement… »autant que de besoin ». Et Dieu sait que sur ce dernier coup, les politiciens congolais peuvent être particulièrement brillants.

    « Le jour où on organisera les élections… »

    Dans une interview sur RFI vendredi 11 octobre 2013, répondant à la question pourtant explicite du journaliste qui insistait pour savoir si le Président Joseph Kabila partira en 2016, le président PPRD de l’assemblée nationale, Aubin Minaku, a enfoncé le clou en déclarant :« Le Président de la République partira après les prochaines élections. Parce que selon la constitution congolaise, une institution libère les fonctions quand il y a une autre qui a été élue de façon démocratique. Le jour où on organisera les élections présidentielles dans cette République, et que ce sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera Kabila ».

    Aubin Minaku a soigneusement évité le chiffre « 2016″, lui préférant une formule vague :  « ..après les prochaines élections ». Mais il a surtout pris le soin de rappeler la fameuse règle de la continuité des institutions : « Une institution libère les fonctions quand il y a une autre qui a été élue de façon démocratique ». (Juriste de formation, Aubin Minaku a-t-il pu manquer de peser ses mots?). Et la phrase assassine à la fin de la déclaration : « Le jour où on organisera les élections, et que ce sera gagné par quelqu’un d’autre… ». Ça peut être en 2016 ou n’importe quand. Le jour où cela sera possible, ou nécessaire,…

    Ce n’est pas excessif de penser qu’il se trame un plan de prolongation du mandat de Joseph Kabila au-delà de 2016. L’annonce qu’il fera ce mardi 15 octobre devant le Congrès, en rapport avec les conclusions des concertations nationales, va probablement en révéler un peu plus sur ses véritables intentions. En tout cas, la formule de la prolongation est nettement plus facile et relativement plus « douce » qu’une révision constitutionnelle. Pas besoin de consulter le parlement ni le peuple : juste s’abstenir de faire ce qui rendrait possible l’organisation de la présidentielle en 2016. Il n’en demeure pas moins que le risque de protestations demeure, si jamais ce plan se confirmait. On peut juste espérer que ce ne soit qu’un banal suspense; que les élections se tiendront bel et bien en 2016; qu’elles seront meilleures que celles de 2011; et que Joseph Kabila n’y prendra pas part en vertu de la constitution – dans son état actuel en tout cas !

     

    Jean Mobert N’senga

    Jambonews

  • L’opium des peuples

    L’opium des peuples

    Eglise -Kinshasa, un dimanche après-midi. J’ai rendez-vous avec un pasteur évangélique. Il m’a rappelé nos liens familiaux et tient à me prouver qu’il est parmi les pontes de l’évangélisme. Alors, rien de mieux qu’un tour là où il officie au moins trois fois par semaine. Sur les lieux, une foule impressionnante d’ouailles l’attend fébrilement. Son véhicule s’arrête. Hommes, femmes, jeunes et vieux trépignent. Une haie d’honneur se forme. Mon parent pasteur met pied à terre. C’est l’hystérie. Sans que je sache pourquoi, il prend ma main dans la sienne. Ne la lâche plus. Prisonnier, j’assiste alors à une scène inouïe : chacun veut le toucher ou s’agenouiller devant lui pour recevoir une bénédiction.

    Des gros bras tentent, en vain, d’écarter la foule. Au bout du parcours, un podium. On m’installe à cet endroit réservé aux “hôtes de marque”. Un groupe musical joue, le public danse comme dans un bal. Le pasteur, en véritable maître de cérémonie, prend la parole, mêlant versets bibliques et bons mots. Les témoignages de “délivrés du démon”, de nouveaux adeptes, de ceux qui ont fait des rêves merveilleux s’enchaînent. Puis vient l’apothéose : l’offrande. Sous mes yeux ébahis, des seaux se remplissent. Le pasteur donne des instructions : francs congolais et dollars doivent être mis dans des seaux distincts. Précision importante : à chaque récipient correspond un type de coupure de dollars (pas question, donc, de mélanger les coupures de 5, 10, 20, 50 ou 100 dollars). Sans attendre, il circule parmi la masse des ouailles pendant que l’orchestre redouble d’ardeur, incitant l’assistance à donner, encore et encore. Je ne peux pas rester jusqu’à la fin.

    Quelques jours après, je revois mon parent pasteur sur un chantier. Grâce aux offrandes des adeptes, confie-t-il, il construit un immeuble de sept étages qui comprendra des boutiques, un hôtel et une salle de prières. La pudeur m’empêche de lui demander si ses ouailles y trouveront leur compte. Mon jeune frère éclairera plus tard ma lanterne : “Ce n’est pas à lui qu’ils donnent, mais à Dieu.” Évidemment !

    Depuis le développement exponentiel des Églises dites de réveil, prier entre “frères et soeurs en Christ” sous la supervision du “papa pasteur” est devenu une activité à part entière. Pour les chaînes de télévision publiques ou privées, c’est un filon intarissable : payantes, les prédications occupent l’antenne matin et soir. Les bondieuseries sont également relayées par des officiels dans le cadre de leurs fonctions presque partout sur le continent. Ministres, députés, sénateurs, chefs de parti ou d’entreprise n’hésitent pas à citer Dieu, le seul à pouvoir résoudre les problèmes auxquels les citoyens sont confrontés. Il en est de même de ces présentateurs, à la télévision comme à la radio, qui ne peuvent s’empêcher de mettre Dieu à toutes les sauces. Pourtant, dans l’espace public, la laïcité doit être respectée. Car tout le monde ne croit pas en Dieu. À moins qu’on ne cherche à endormir les populations. Question : pourquoi les plus démunis s’investissent-ils à ce point dans le fait religieux ? Ils espèrent, m’a-t-on dit, recevoir un don de Dieu. Mais quoi, sacredieu ? Tout : santé, fortune, emploi, amour, bonheur en plus de l’éden… À mon avis, cette énergie dépensée en priant pourrait servir à créer le progrès.

    Par Tshitenge Lubabu M.K.- jeune Afrique

  • Vatican : le prélat congolais Laurent Monsengwo à la droite du Saint-Père

    Vatican : le prélat congolais Laurent Monsengwo à la droite du Saint-Père

    Mosengwo-À 74 ans, Laurent Monsengwo jouit d’une grande expérience pastorale et politique. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

    L’archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, fait partie du groupe des huit cardinaux chargés par le pape François de réformer le gouvernement de l’Église. Une mission de confiance pour le prélat congolais, qui représente l’Afrique dans cet aréopage.

    À Kinshasa comme au Vatican, Laurent Monsengwo n’a pas sa langue dans sa poche. « Il s’est fait remarquer ces dernières années par ses prises de position fortes et courageuses », souligne Antoine-Marie Izoard, un spécialiste des affaires vaticanes.

    Fin 2012, le prélat congolais a coprésidé, avec Benoît XVI, le dernier synode des évêques sur la nouvelle évangélisation. Il a ensuite été choisi par l’ancien pontife pour prêcher la retraite pascale devant les membres des dicastères et autres structures du Saint-Siège. Son potentiel n’a pas échappé au nouveau pape. François a ainsi décidé de faire entrer l’archevêque de Kinshasa dans le cercle restreint de ses conseillers. Monsengwo fait partie des huit prélats appelés à siéger au Conseil des cardinaux. Leur mission – qui a commencé début octobre – consistera à « aider le pape dans le gouvernement de l’Église et à étudier un projet de révision » de la curie, dont le fonctionnement est très critiqué. Parmi les dossiers qu’ils auront à traiter figurent l’ouverture du Vatican aux laïques et le rôle des femmes.

    >> Lire aussi : Portrait interactif de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya.

    Doctorant en sciences bibliques

    Dans ce « G8 » où les conseillers viennent de tous les continents, Monsengwo représente l’Afrique. « Il aura un rôle important à jouer, compte tenu du poids de la chrétienté sur le continent, en cette période de “décatholisation” accélérée dans l’hémisphère nord », estime l’essayiste catholique Patrice de Plunkett.

    À 74 ans, Monsengwo franchit là une nouvelle étape de sa riche carrière épiscopale. Une quasi-consécration pour ce papabile qui jouit d’une expérience pastorale et politique inégalée. Après un brillant cursus théologique (il est le premier Africain à obtenir un doctorat en sciences bibliques dès 1970), il est ordonné évêque auxiliaire d’Inongo en 1980, dans l’ouest de la RD Congo. Quatre ans plus tard, il prend les rênes de la Conférence épiscopale du Zaïre (aujourd’hui Cenco). Son aura ne s’arrête pas aux frontières nationales, puisqu’il dirigera pendant plus de cinq ans le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar.

    Très influent

    Et lorsque le vent de la démocratie ébranle la dictature de Mobutu, dans les années 1990, les politiques se tournent vers lui pour lui confier la présidence de la Conférence nationale souveraine. Il joue alors les médiateurs entre une opposition radicale et un pouvoir autocratique. « Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Monsengwo nous a épargné une guerre civile, se souvient le député Christophe Lutundula, qui a côtoyé le prélat lorsque ce dernier dirigeait le Haut Conseil de la République-Parlement de transition. Il aimait dire qu’il avait plus d’un tour dans son sac, trouvant toujours une porte de sortie pour régler les différends. »

    Celui qui a été archevêque de Kisangani puis de Kinshasa reste très influent dans la sphère politique congolaise et même au-delà, dans la sous-région (il est, notamment, proche du président Sassou Nguesso). Au grand dam de ses détracteurs, qui estiment qu’un prêtre n’a pas à s’immiscer dans les affaires de l’État. Monsengwo ne l’entend pas de cette oreille. À ses yeux, face à l’échec de la classe politique, l’Église se doit d’être « la garante de la vie et de la survie du peuple ». C’est dans cet esprit qu’il a dénoncé les résultats de la dernière présidentielle, qui ne reflétaient pas, selon lui, la « vérité des urnes ». Il y a gagné quelques ennemis, mais rien ne l’arrête.

    Jeune Afrique

  • L’exploitation illégale de l’or, finance n°1 des groupes armés

    L’exploitation illégale de l’or, finance n°1 des groupes armés

    M23-L’exploitation illégale de l’or rapporte 500 millions de dollars par an aux groupes armés présents dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) – dont la rébellion du M23 -, a indiqué l’ONG Enough Project dans un rapport cité samedi par la radio onusienne Okapi. Dans ce document, publié jeudi et consacré à l’exploitation des minerais par les groupes armés dans l’est congolais, l’ONG accuse notamment la rébellion du mouvement du 23 mars (M23), qui occupe une zone de la province du Nord-Kivu, de financer ses activités militaires grâce au commerce de l’or exploité illégalement. “Il fut un moment où Bosco Ntaganda (un ancien chef du M23 désormais emprisonné à la Haye et poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre par la Cour pénale internationale, ndlr) était le patron de cette mafia aurifère dans l’est du Congo. Et aussitôt qu’il a fait reddition à la CPI, c’est le général (Sultani) Makenga (le chef militaire du M23) qui a pris la relève”, a expliqué un chercheur d’Enough Project, Fidel Bafilemba, à Radio Okapi, parrainée par l’ONU. Le rapport de l’ONG indique que le M23 coopère avec d’autres groupes armés dans ce fructueux trafic. A titre de comparaison, le budget annuel de l’Etat congolais, dans un pays qui compte quelque 65 millions d’habitants, s’élève en 2013 à environ huit milliards de dollars.

    Belga

  • La révision constitutionnelle,  un vrai- faux  débat,  un marché de dupes….

    La révision constitutionnelle, un vrai- faux débat, un marché de dupes….

    Tshiyoyo Mufoncol-Le « fils de l’Autre » et ses thuriféraires,  tel que le pauvre  Aubain Minaku qui s’est trouvé  un nouveau  dada, celui  de rebattre les oreilles aux Congolais sur le « départ » ou pas de son mentor  « Joseph Kabila » , et ce après les élections prochaines,  ont presque réussi  à flouer tout le monde sur la question de la révision constitutionnelle,  à laquelle s’oppose la masse congolaise et une partie de son élite pour qui  le seul espoir demeure aujourd’hui l’attente de 2016, c’est-à –dire de la fin du mandat  qu’ils concèdent,  et ce faute de mieux, à leur « Joseph national ».

    En s’opposant, et de la manière qu’ils prennent,  à la révision constitutionnelle annoncée de la Kabilie,   et même si c’est pour des raisons fondées,  les Congolais tombent dans le piège qui consiste à reconnaitre des vertus républicaines à un soudard, qui non seulement  accède au pouvoir par un hold-up et qui en plus n’a jamais  respecté la constitution à laquelle ils lui prêtent l’intention régalienne de réviser.  Et sans le savoir, leur critique bien que justifiée, aide plutôt à lui confectionner un habit sur mesure  d’un  respectueux de la constitution.

    Déjà en 2011, le fils de l’Autre, « Joseph Kabila », a  forcé, et sans gêne,  la modification de la constitution par le changement apporté au niveau du mode électoral de la présidence  prévu à deux tours et qu’il a ramené de son chef  à un seul tour.  L’homme s’est également octroyé le privilège monarchique de révoquer, et ce  à son bon vouloir,  les gouverneurs. Et l’’histoire démontre que depuis son parachutage  au pouvoir,  « Joseph Kabila » n’a fait que violenter la constitution. Et dire de cet homme-là qu’il tente réviser la constitution, c’est lui faire un honneur qu’il ne mérite guère.  C’est également attribuer  une image au Congo d’une illusion d’exercice démocratique du pouvoir. En fait, la masse et ceux de ses « opposants » qui mobilisent autour de cette fiction  font le lit de leur turpitude.

    Aubain Minaku et sa bande se lavent les mains quand ils jurent de ne jamais vouloir réviser la constitution,  lorsqu’ils affirment  main droite sur le cœur que la Kabilie ne touchera  point au fameux article 220. Mais ils ont raison  car leur funeste concertation nationale est parvenue à contourner ce piège. « Joseph Kabila »  et les siens n’en ont plus besoin parce que les Concertations Nationales ont obtenu, et ce à moindre frais, que les élections à venir ne se tiennent qu’après le recensement de la population.  Qui s’opposerait au recensement dans la situation actuelle du Congo? Mais personne !  Le piège à déjouer se situait au niveau de quand il fallait organiser ledit recensement. Admettons que la Kabilie puisse la tenir  à partir de 2015. Et ce une année avant la fin prévu du mandat.  Comment l’achever à un temps record lorsque le Congo compte 2 345 000 km2.  De la durée, qui en parle et autres difficultés y afférentes ?  Les concertations nationales et ceux qui y ont pris part ont décidé de commencer par les élections locales, régionales  suivies par le législatif et terminer par les présidentielles. Bonjour 2018, voire 2020, Vive le règne prolonger de « Joseph Kabila » pour cause de cécité de quelques apprentis sorciers.

    En effet, « Joseph Kabila » sera toujours –là.  Mais Bapangi na munu… qui se souvient que TOPESAKI  5 ans na Mobutu, Tobakisaki 7 ans na Mobutu, po na kosukisa to motombelaki 100 ans, SESE SEKO…. Mais qui est le dindon de la farce dans cette histoire ?

    Non, non,… mais non, chers compatriotes Congolaises et Congolais. En 1997, nous avons dit alors que personne ne nous croyait, le feu Bosange Yama du journal L’Alarme y a laissé sa peau en publiant nos écrits, que Laurent Désiré Kabila n’avait nullement besoin que le peuple congolais lui accordât du temps. Car nous étions, et nous le sommes encore aujourd’hui que toute forme d’aventure gouvernementale du type de la Kabilie, et nous prenons l’histoire à témoin, ne s’effondra que par la force, la violence. Mais qu’elle se fixe d’elle-même  un délai et le respecte, IMPOSSIBLE.  Ou on la combat ou on la subit ! C’est soit l’un, soit l’autre. L’excuse du provisoire  n’est jamais en réalité qu’une ruse du führer pour se faire accepter et gagner du temps.

    Nous comprenons et partageons les interrogations de ceux qui se posent des questions soit autour de la faisabilité de l’action en cours soit autour de l’aspect militaire envisagé de notre combat. Avec eux, et ce à partir de la nature de leur type de  questionnement, nous notons la différence et l’opposition de lecture de la question de la lutte armée. Quand ils en abordent,  leurs pensées tournent vers l’unique du type de combat que leur intelligence peut saisir , celui de  l’AFDL mais ils oublient  d’intégrer dans leur analyse le fait que l’AFDL non seulement émanait d’une volonté extérieure mais également était une création extérieure qui à la fois regroupait les forces actuelles qui déstabilisent le Congo et en dépendait pour sa survie. Pour le rest , nous disons que c’est discutable.

    Likambo ya mabele, Likambo ya makila

     

    Mufoncol Tshiyoyo

    Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC
    R.A.P.-en sigle, Mouvement Politico-Militaire
    GSM 004745007236, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,

  • Rebondissement -L’Union Africaine estime “inacceptable” la façon dont la CPI traite l’Afrique

    Rebondissement -L’Union Africaine estime “inacceptable” la façon dont la CPI traite l’Afrique

    ua cpi_0-L’Union africaine (UA) a de nouveau critiqué la Cour pénale internationale (CPI) vendredi, jugeant “totalement inacceptable” la façon “injuste” dont elle traite l’Afrique.

    “La façon dont la Cour fonctionne, particulièrement son traitement inique de l’Afrique et des Africains, laisse à désirer”, a estimé le ministre éthiopien des Affaires étrangères Tedros Adhanom Ghebreyesus, dont le pays assure la présidence en exercice de l’UA, en ouverture d’une réunion ministérielle de l’organisation panafricaine à Addis Abeba.

    M. Tedros faisait référence au fait que la CPI n’a inculpé ou jugé que des Africains depuis le début de ses travaux en 2002.

    “Loin de promouvoir la justice et la réconciliation (…) la CPI s’est transformée en instrument politique visant l’Afrique et les Africains”, a-t-il accusé: “ce traitement inique et injuste est totalement inacceptable”.

    Les ministres des Affaires étrangères de l’UA préparaient vendredi un sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement samedi consacré aux relations entre la CPI et l’Afrique. Selon le ministre éthiopien, la réunion a été convoquée à la demande du Kenya, dont le président Uhuru Kenyatta et le vice-président William Ruto sont poursuivis à La Haye.

    Des ministres ont cependant écarté le risque d’une décision radicale, telle qu’un retrait collectif de l’UA ce week-end.

    Selon le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, le sommet pourrait plutôt dire à la CPI: “Si vous n’opérez pas un certain nombre de changements, il va devenir extrêmement difficile de coopérer avec vous”.

    En mai, dans la foulée de la victoire à la présidentielle de M. Kenyatta et de son colistier William Ruto, poursuivis depuis 2011 pour crimes contre l’humanité, les 54 membres de l’UA avaient quasi unanimement fait bloc derrière Nairobi pour dénoncer un acharnement du tribunal de La Haye contre le Kenya et l’Afrique en général.

    L’UA avait demandé sans succès le renvoi au Kenya des poursuites contre les deux dirigeants kényans, le président en exercice de l’UA, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, accusant même la CPI de “chasse raciale”.

    Le procès de M. Ruto – et de son co-accusé, l’ex-animateur de radio Joshua arap Sang – s’est ouvert le 10 septembre à La Haye et celui de M. Kenyatta doit débuter le 12 novembre.

    Les deux têtes de l’exécutif sont jugées, séparément, pour leurs responsabilités respectives dans les terribles violences politico-ethniques sur lesquelles avait débouché la précédente présidentielle de fin 2007.

    Immunité

    La Cour a également refusé à MM. Kenyatta et Ruto la possibilité de ne pas assister à toutes les audiences à La Haye, en dépit des obligations liées à leurs fonctions.

    Il est “regrettable que nos appels répétés soient tombés dans l’oreille d’un sourd et que nos inquiétudes aient été complètement ignorées”, a estimé vendredi M. Tedros.

    “La récente attaque terroriste de Nairobi a (…) souligné le besoin pour les dirigeants kényans d’être au premier plan dans le combat contre le terrorisme et de ne pas être distraits de quelque façon que ce soit par la Cour”, a-t-il avancé, en référence à l’attaque meurtrière par un commando islamiste d’un centre commercial de Nairobi fin septembre.

    MM. Kenyatta et Ruto sont les premiers dirigeants en exercice jugés par la CPI. Or, a souligné M. Tedros, “l’immunité des chefs d’Etat ne peut pas être prise à la légère et notre réunion devra se prononcer très clairement sur la question”.

    A l’approche du sommet de l’UA, plusieurs voix s’étaient élevées pour dénoncer ces attaques de la CPI par les pays africains. Jeudi, l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a estimé que le débat à l’UA visait davantage à protéger les “dirigeants” que les “victimes”.

    “Le message aux victimes, investisseurs et au monde est que les dirigeants du continent sont allergiques aux institutions veillant à ce que chacun rende des comptes”, a renchéri l’Institut des Etudes stratégiques (ISS), centre de réflexion spécialisé sur l’Afrique.

    Des critiques balayées par le ministre soudanais des Affaires étrangères Ali Karti.

    Selon lui, une déclaration claire de l’UA contre la CPI n’encouragera pas l’impunité car “les pays africains ont leurs propres mécanismes judiciaires, qui s’avèrent être bons, meilleurs que les européens”. Le président soudanais, Omar el-Béchir est visé par des mandats d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide dans le conflit du Darfour, une vaste région de l’ouest du Soudan.

    Au coeur de la polémique, Nairobi a de son côté tempéré.

    “Nous sommes préoccupés par un certain nombre de choses qui se passent à la Cour, oui. Mais nous n’avons jamais dit que nous allions nous retirer”, a assuré la chef de la diplomatie kényane, Amina Mohamed, affirmant que son pays entendait “rester” un Etat membre.

    Source: AFP