Author: Don Kayembe

  • La RDC branchée depuis vendredi 14 juin au câble à fibre optique à partir du point d’atterrage de Moanda

    La RDC branchée depuis vendredi 14 juin au câble à fibre optique à partir du point d’atterrage de Moanda

    Reseau fibre optique
    Reseau fibre optique

    -Annonce officielle par le ministre Kin Kiey des PT&NTIC, qui avait à ses côtés l’ADG a.i. de la SCPT, Placide Mbatika, de la connexion depuis vendredi 14 juin de la RDC au réseau mondial de télécommunication par câble à fibre optique à partir de la station d’atterrage de Moanda

    Elle est finalement tombée la nouvelle tant attendue annonçant la connexion effective de la RDC au réseau de télécommunication par câble à fibre optique à partir du point d’atterrage de Moanda sur la côte atlantique congolaise. Cette connexion a été effectuée à 13 heures locales le vendredi et les dirigeants du consortium WACS gestionnaire du dit câble l’a aussitôt signalé à l’autorité congolaise compétente, en l’occurrence le ministre des Postes et Téléphone ainsi que des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PT&NTIC), M. Tryphon Kin Kiey Mulumba.

    Aussitôt donc informé de la décision commune que venaient de prendre les quinze pays membres du consortium WACS parmi lesquels se retrouvent notamment la Grande-Bretagne, le Portugal, l’Afrique du Sud et d’autres pays de la côte oust-africaine,   le ministre Kin-Kiey Mulumba informera à son tour sur le champ le Chef de l’Etat, le  président Joseph Kabila, et le Premier ministre Matata Ponyo, selon sa propre confidence, puis convoquera illico presto quelques représentants les plus rapidement joignables de la presse de Kinshasa pour leur transmettre la nouvelle sur un ton nettement triomphal.

    Visiblement emballée dans l’euphorie traduisant le comble de sa joie, l’autorité congolaise patronne des PT&NTIC a reçu, débout dans son propre bureau du cabinet ministériel avec à ses côtés l’ADG a.i. de la SCPT Placide Mbatika, le parterre des journalistes arrivés au rendez-vous.

    Voilà dans quelle ambiance le ministre Kin-Kiey communiquera sa nouvelle du jour présentée comme une grande première, à savoir que la RDC venait d’être branché enfin sur le réseau mondial de télécommunication par câble à fibre optique.

    A 13 heures locales donc, le point d’atterrage de ce câble à Moanda a commencé à recevoir le flux des télécommunications du réseau, juste après que les bonzes du consortium WAC aient prononcé la formule magique « Ready for service », prêt pour le service.

    L’envolée du ministre dans l’éloge de l’événement a aussi situé la portée de l’aboutissement auquel la RDC est parvenue dans le projet de son arrimage aux technologies planétaires de développement moderne.

    Entamé il y a quatre ans, le programme de connexion de la RDC au câble à fibre optique a connu des aléas qu’il sied d’oublier maintenant que le point d’aboutissement est atteint depuis que le gouvernement Matata stimulé par le président Joseph Kabila a réactivé il y a une année ce mirobolant projet.

    La RDC qui a fini par remplir tous les préalables exigés par le consortium vient pratiquement d’être déclarée éligible à ce programme de connexion au fameux réseau. Le ministre Kin Kiey fier comme Artaban pour le fleuron de la fibre optique acquise par la RDC comme la plus grande, la plus belle et la plus jolie action de la feuille de route de son ministère, avait pris soin d’appeler à ses côtés et de faire confirmer le succès proclamé par le gestionnaire n° 1 de la SCPT avec lequel il a eu à cheminer dans cette entreprise, en l’occurrence l’ADG a.i. Placide Mbatika.

    Prenant effectivement la parole à son tour, l’ADG ai. Placide Mbatika confirmera lui aussi la nouvelle du jour devant la presse avec la même effusion de joie que le ministre. C’est en sorte de duo de héros de la fibre optique en RDC que les deux personnalités se sont extasiées de leur succès devant leur assistance médiatique. Si le champagne n’a pas été ouvert pour sabler l’événement, au moins il n’a pas été absent, puisque l’ADG a.i. avait tout de même apporté au ministre le sublime ingrédient de la plus haute classe de la circonstance.

    Ainsi, après le merveilleux aboutissement du projet, c’est son inauguration solennelle maintes fois annoncée et reportée jusqu’il y a peu qu’il va falloir organiser prochainement à Moanda. Mais, a semblé dire le ministre, il n’y a plus de précipitation à faire. L’essentiel comme à une naissance d’un enfant aura été cette venue au monde, tandis que le baptême peut-être fixé à n’importe quelle date à convenir par les parents et les proches.

    Daniel Nzuzi/MMC

  • RDC: une nouvelle Commission électorale, entre espoirs et vigilance

    RDC: une nouvelle Commission électorale, entre espoirs et vigilance

    Malumalu-La nouvelle commission électorale indépendante a prêté serment, ce vendredi 14 juin, devant la cour suprême à Kinshasa. Elle est présidée par l’Abbé Malu Malu, revenu aux affaires sept ans après avoir présidé la première CENI qui avait organisé les élections présidentielles de 2006, elle avaient vu la victoire de Joseph Kabila au deuxième tour.

    C’est dans une magnifique pagaille, comme on ne sait le faire qu’ici, que le tout Kinshasa politique et diplomatique s’est frayé un chemin vers la petite salle d’audience de la Cour suprême de justice pour assister à la prestation de serment de la Commission électorale nationale indépendante. Rien que des nouvelles têtes, sauf une : l’Abbé Malu Malu qui récupère ses anciennes prérogatives de 2006.
    « Je jure sur l’honneur de respecter la Constitution et les lois de la République Démocratique du Congo », prononce-t-il, la main droite levée. L’abbé Malu Malu est controversé jusqu’au sein de sa propre Eglise catholique. Ses adversaires l’accusent d’être là au profit du camp présidentiel.
    Mais l’heure n’est pas aux polémiques. La nouvelle Céni, on veut y croire. Dans la majorité, cela va de soi. « Je fais confiance, je suis sûr et certain que nous allons améliorer notre système électoral », affirme le député Kandé Vila Kikanda.
    En charge des élections présidentielles et législatives de 2016
    Dans l’opposition, on sera vigilant. « Mon rôle sera de veiller à ce qu’on puisse exprimer la volonté réelle du peuple ; qu’il n’y ait pas de la manipulation politicienne. Nous voudrions être vraiment indépendants », insiste ainsi Gustave Omba, membre de la CENI, délégué du parti de Vital Kamerhe.
    La CENI aura à organiser au plus vite des élections provinciales et locales, et ensuite la présidentielle et les législatives de 2016
    (RFI)
  • Concentration militaire au Nord de la RDC : L’armée sud-africaine préparerait-elle à une vengeance contre Séléka ?

    Concentration militaire au Nord de la RDC : L’armée sud-africaine préparerait-elle à une vengeance contre Séléka ?

    Armee_sud_africaine-La forte présence militaire dans le Nord-Equateur où l’on compte désormais, à côté des unités des Forces armées de la RDC, des troupes étrangères, dont les Centrafricaines, autrefois fidèles à Bozizé, des Sud-africaines et, selon certaines sources, des troupes ougandaises, est un véritable cocktail Molotov qui peut exploser à tout moment. Qu’est-ce qui se cache donc derrière cette présence insolite ? Répondre à cette question, c’est trouver la clé de l’énigme de la forte concentration militaire dans le Nord-Equateur. La Rd Congo servirait-elle de base arrière dans une hypothétique expédition punitive sud-africaine, après la raclé de la Séléka ? A la chute de Bozizé, l’armée sud-africaine, venue en renfort aux troupes loyalistes, avait subi d’importantes pertes en vies humaines. Se préparerait-elle à une vengeance ? Ce n’est pas exclu. A tout point de vue, cette démarche ne serait pas évidente. Cependant, gardée secrète en plus haut lieu, la présence des troupes étrangères dans le Nord-Equateur, sans apporter une explication plausible, ouvre la voie à des conjectures de toutes sortes.
    Pas de foyers de tensions officiellement en ébullition à l’Equateur. Pourtant, la province, particulièrement ses territoires du Nord, est fortement militarisée. Des troupes étrangères s’y amassent. Un nouveau Kivu serait en gestation au nord du pays. Jeudi dernier en plénière de l’Assemblée nationale, le député José Makila, élu de Gemena, a soulevé le problème, exigeant des explications du ministre de l’Intérieur. Que cachent ces intenses rotations d’avions militaires transportant des troupes, des armes et des munitions ? A Richard Muyej, le patron de l’Intérieur, d’éclairer l’opinion.
    En accueillant en 1994, les fugitifs du génocide rwandais, la République démocratique du Congo a ouvert une boite de pandore dont elle a du mal à se défaire jusqu’à sa faire. En effet, en 1994, des réfugiés rwandais, majoritairement Hutu, traversent la frontière orientale de la RDC, avec armes, munitions, bagages, familles, banque centrale, …. C’est de là que nait le phénomène FDLR.
    Deux ans après, soit en 1996, les armées rwandaise, ougandaise et burundaise se coalisent autour de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). Officiellement, l’AFDL n’aura pour seul objectif que la chute du régime Mobutu. Mais, le soutien des armées étrangères visera essentiellement la neutralisation des génocidaires rwandais, en cavale dans la partie Est de la RDC.
    Depuis 1996, le Rwandais se sert de la présence des FDLR dans les provinces de l’Est de la RDC pour mettre en œuvre son plan de déstabilisation de la RDC. Si bien qu’à ce jour, les FDLR passent désormais pour un fonds de commerce du régime de Kigali. Le président Kagame brandit le spectre du génocide afin de couvrir les forfaits commis dans l’Est de la RDC.
    Apparemment, Kinshasa n’a pas tiré les laçons des événements de 1994. Depuis, l’histoire semble se répéter dans la province de l’Equateur, à la suite de la chute du régime centrafricain de François Bozizé. Kinshasa qui n’a pas caché ses penchants envers l’ex-président Bozizé feint d’ignorer les conséquences de la magnanimité dont il a fait montre en 1994 envers les troupes de l’ex-président Habyarimana.
    Comme en 1994, en mars 2013, dès le lendemain de la chute de François Bozizé, les troupes fidèles à Bozizé ont traversé la frontière congolaise, à côté d’autres civils centrafricains, avec armes et munitions. Une bonne partie de ce contingent centrafricain a été signalé dans la ville de Gemena. Depuis la fin de règne de Bozizé, la ville de Gemena est devenue la plaque tournante d’un ballet aérien que l’Equateur n’a jamais connu auparavant. Même au temps, de la rébellion des « Enyeles », pareille militarisation n’était pas enregistrée. Des avions militaires atterrissent chaque jour et débarquent du matériel militaire et des troupes étrangères.
    Une forte concentration des troupes sud-africaines est signalée dans le Nord de l’Equateur, au départ de la ville de Gemena. L’on se rappelle qu’avec l’avancée des troupes rebelles centrafricaines de la Séléka, l’Afrique du Sud avait positionné un contingent à Bangui, capitale de la République centrafricaine, pour protéger le régime chancelant de Bozizé. Que les mêmes sud-africains se concentrent massivement à quelques kilomètres de la frontières centrafricaine, après avoir subi le douloureux revers de Bangui, il y a de bonnes raisons de se poser des questions.

    Le pavé de Makila

    C’est le point abordé jeudi 13 juin par José Makila Sumanda, député national élu de Gemena, dans une question d’actualité présentée en plénière de l’Assemblée nationale. La présence massive des militaires au Nord de la province de l’Equateur crée une véritable psychose au sein de la population locale, note José Makila. Dans sa question d’actualité, l’élu de Gemena a exigé des explications du ministre de l’Intérieur. « La partie nord de l’Équateur est fortement militarisée. Les militaires sont partout, à partir de Yakoma jusqu’à Zongo. La population ne comprend plus rien. Elle se sent en insécurité, parce qu’il n’y a pas de guerre chez nous », a-t-il déclaré, cité par Radio Okapi.
    Selon lui, cette forte présence militaire ne se limite plus qu’à la seule ville de Gemena. Elle s’étend désormais sur plusieurs territoires de l’Equateur, jusqu’à la frontière centrafricaine. Les populations des territoires de Yakoma, Zongo, Gemena, Mobayi-Mbongo, Businga, Budjala et Libenge vivent désormais dans la peur.
    « En tant que députés nationaux, nous devons savoir ce qui se passe chez nous pour informer la population. Nous demandons que le ministre de l’Intérieur nous dise exactement ce qui ne va pas dans le coin », soutient-il.
    L’élu de Gemena, président de l’ATD, un parti politique de l’Opposition, s’étonne en même temps de cette importante mobilisation militaire, alors que la province de l’Equateur ne compte aucun foyer de tensions.
    Perplexe, José Makila rappelle que s’il y avait un problème d’insécurité dans la province, c’est la population qui devait alerter les forces armées. Ce qui n’a pas été le cas, constate-t-il. Alors pourquoi tant de militaires étrangers dans le Nord-Equateur ? La question est dans toutes les lèvres.
    Réservé, le gouvernement entretient subtilement le suspense. Pour quelle raison ? Nul ne le sait, pour l’instant. Mais, des sources indépendantes rapportent que depuis mars 2013, des rotations des matériels de combat et des hommes des troupes, essentiellement sud-africains, sont signalées dans le Nord-Equateur.
    Concernant les troupes sud-africaines, le porte-parole du gouvernement avait indiqué qu’il s’agissait d’une équipe d’avance de la brigade spéciale onusienne mise en place par la résolution 2098. Le contingent militaire sud-africain est donc appelé à rejoindre les positions de l’Est de la RDC dans le cadre de la mission lui confiée par le conseil de sécurité des Nations unies.
    Alors, si tel devait être le cas, pourquoi les a-t-on délocalisées en Equateur, soit à plus de 1.000 km de leur zone de déploiement, c’est-à-dire l’Est de la RDC ?  Il y a bien anguille sous roche. Et, l’élu de Gemena, natif de l’Equateur a bien des raisons de s’inquiéter. Outre le rançonnement des populations qu’il dit redouter, il y a pire, notamment l’explosion de la violence dans l’Equateur. Juste à côté du voisin centrafricain qui n’a pas encore retrouvé sa stabilité, depuis la chute en mars 2013 de Bozizé.
    L’autre question qu’on se pose est celle portant sur le choix de l’Equateur, comme lieu de transit des troupes sud-africaines. Si l’Equateur a été choisi comme province de transit des troupes étrangères à intégrer dans la brigade d’intervention, pour quelles raisons les troupes tanzaniennes, également concernées par cette opération, n’ont-elles pas suivi le même itinéraire ?
    L’on se rappelle que les troupes tanzaniennes sont les premières à débarquer à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, considéré comme point d’ancrage de la brigade d’intervention en RDC. Mais, contrairement aux Tanzaniens, les Sud-africains ont préféré s’isoler à plus d’un millier de kilomètres du lieu des opérations.

    Anguille sous roche

    Qu’est-ce qui se cache donc derrière cette présence insolite ? Répondre à cette question, c’est trouver la clé de l’énigme de la forte concentration militaire dans le Nord-Equateur. La Rd Congo servirait-elle de base arrière dans une hypothétique expédition punitive sud-africaine, après la raclé de la Séléka ?
    A la chute de Bozizé, l’armée sud-africaine, venue en renfort aux troupes loyalistes, avait subi d’importantes pertes en vies humaines. Se préparerait-elle à une vengeance ? Ce n’est pas exclu. A tout point de vue, cette démarche ne serait pas évidente. Cependant, gardée secrète en plus haut lieu, la présence des troupes étrangères dans le Nord-Equateur, sans apporter une explication plausible, ouvre la voie à des conjectures de toutes sortes.
    Toujours est-il que Kinshasa doit tirer les leçons du passé. La légèreté avec laquelle la RDC (Zaïre à l’époque) a géré en 1994 le dossier des réfugiés rwandais, civils et militaires, a été à la base de la création de FDLR, avec comme corollaire la succession des rébellions dans l’Est de la RDC.
    La forte présence militaire dans le Nord-Equateur où l’on compte désormais, à côté des unités des Forces armées de la RDC, des troupes étrangères, dont les Centrafricaines, autrefois fidèles à Bozizé, des Sud-africaines et, selon certaines sources, des troupes ougandaises, est un véritable cocktail Molotov qui peut exploser à tout moment.
    Qu’en serait-il alors au premier crépitement d’armes ? Le gouvernement doit prendre la mesure du foyer des tensions qui couve dans le nord-Equateur. L’heure est venue de mesurer le danger réel que fait peser cette situation. Avant que le pire ne se produise.
    Après le front troublé de l’Est, la RDC n’a pas intérêt à en entretenir délibérément un autre dans sa partie Nord. L’inquiétude des observateurs est de voir la province de l’Equateur  servir de base à une nouvelle vague d’insécurité qui risque d’embraser tout le pays. Encore une fois !
    Soldats sud-africains en déploiement dans la province de l’Equateur, loin des positions de la brigade d’intervention, déployée à l’Est.
    [Le Potentiel]

  • RDC: la brigade de l’ONU suscite de l’espoir

    RDC: la brigade de l’ONU suscite de l’espoir

    Monuc-blinder-Le déploiement d’une brigade d’intervention de l’ONU, dans l’est de la République démocratique du Congo, soulève de l’espoir parmi la population de Goma même si, face aux violences des rebelles, les Nations unies estiment que la solution politique demeure primordiale.

    “Nous voulons que la brigade intervienne. A chaque fois que le gouvernement a négocié avec les rebelles, d’autres sont apparus. Nous ne croyons pas à Kampala. Cette fois, il faut les traquer”, assène Ester Kamate, pharmacienne de Goma, dans le quartier de Katindo.

    A la suite de l’entrée des rebelles à Goma en novembre 2012, les pays de la région ont obtenu leur retrait de la capitale provinciale du Nord Kivu en échange de négociations, qui durent toujours à Kampala.

    Dans Goma, toujours sous la menace de M23 qui campe à ses abords, les habitants sont vindicatifs et, même, s’ils ne se font pas beaucoup d’illusions sur la capacité d’action de la brigade d’intervention, leur espoir est perceptible.

    Cette brigade d’environ 3. 000 hommes, décidée en mars dernier par les Nations unies pour prêter main forte aux 17. 000 casques bleus déjà sur place, est dotée d’un mandat “offensif”, pour lutter, avec l’armée congolaise, contre les groupes armés, en première ligne desquels, le M23. La résolution 2098 du 28 mars dernier suggère des offensives “ciblées et robustes” destinées à “neutraliser” et à “désarmer” les groupes armés.

    Plusieurs groupes opèrent dans l’est, notamment le M23, constitué principalement d’ex-mutins qui ont été réintégrés dans l’armée en 2009 avant de nouveau se rebeller en 2012 pour, disent-ils, protester contre le non-respect d’un accord signé avec le gouvernement. Une trentaine d’autres groupes armés prolifèrent dans cette région, essentiellement pour protéger d’importants intérêts particuliers dans l’extraction illégale de diamants, d’or ou de coltan, utilisé dans l’industrie de pointe et la téléphonie mobile. Des minerais qui sont ensuite exportés illégalement dans le monde entier, via les pays voisins (Burundi, Ouganda, Rwanda).

    Le précédent mandat de la mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) était axé sur la protection des populations, ce qui l’a souvent empêché d’intervenir aux cotés de l’armée régulière, suscitant frustration et animosité dans une large part de la population.

    “La brigade ne changera rien”

    Dans le camp de déplacés de Mugunga I, au milieu des tentes et des étals improvisés, Kahindi Noodle, 48 ans, explique d’ailleurs ne plus avoir confiance en la force onusienne : ” D’où je viens, dans le Masisi, je m’étais installée à côté des soldats de la Monusco. Ils étaient là, pourtant, ils n’ont pas empêché les massacres de civils. (. . . ) La brigade ne changera rien”.

    L’enjeu est donc de taille pour les Nations unies, présentes en RDC depuis 15 ans, dont les concepts militaires se sont jusqu’à présent basés sur l’interposition et non sur l’intervention.

    Aussi, cette brigade qui sera composée à part égale de Sud-Africains, de Malawites et de Tanzaniens avec, à sa tête, un général tanzanien, est très attendue. Une petite moitié du contingent, déjà sur place, a commencé à patrouiller dans la ville et sur l’axe stratégique entre Goma et Saké, localité située à une vingtaine de km à l’ouest de la capitale régionale où elle devrait être cantonnée.

    Des patrouilles avec un double objectif; permettre aux militaires de se familiariser avec le terrain, et rassurer les populations impatientes.

    “La brigade doit faire preuve de force pour éradiquer le M23. J’ai confiance”, assure Théobald Buswagire, habitant du quartier de Ndosho, où un obus a tué un enfant, au cours d’affrontements en mai entre le M23 et l’armée régulière.

    “Quand j’ai vu la brigade, je me suis dit qu’il allait y avoir du changement. J’ai vu leur munitions, ce sont de bonnes munitions “, affirme-t-il, ponctuant ses phrases de larges mouvements de tête.

    Mais, interrogé sur la reprise des négociations de Kampala entre le M23 et le gouvernement congolais à l’occasion de sa première visite officielle dans la région cette semaine, le nouveau commandant de la Monusco, le général brésilien Carlo Alberto dos Santos Cruz, a rappelé que la solution politique était “extrêmement importante”. “Tout le monde sait que la solution est politique (. . . ) La composante militaire demeure totalement synchronisée avec la composante politique”, a-t-il dit.

    Malgré tout, le général Cruz, a assuré que la force de l’ONU utilisera “tous les moyens possibles” pour lutter contre les exactions contre les civils. “Il est important de se souvenir que nous avons un mandat très clair et que la priorité demeure la protection des civils”, a-t-il rappelé à l’occasion de cette première déclaration publique.

    ( Jeuneafrique.)

  • RD Congo – 2016 : Enjeux électoraux et survie d’une nation

    RD Congo – 2016 : Enjeux électoraux et survie d’une nation

    urnes-Le rendez-vous électoral de 2016 qui verrait l’élection du Président de la République démocratique du Congo, livre peu à peu ses secrets. La mise en place d’une nouvelle Commission nationale électorale (CENI), sa composition et les supputations sur une possible révision de la Constitution donnent quelques indications sur l’échiquier politique de l’après 2016, et en fonction duquel les candidats devraient commencer à se positionner. Mais quelle que soit l’évolution des enjeux électoraux d’ici à 2016, la question fondamentale qui devrait se poser est celle de la survie du Congo en tant que nation.

    Enjeux électoraux

    Soucieux de se maintenir au pouvoir à tout prix, les fidèles du Président Kabila pourraient être tentés de modifier la Constitution, c’est-à-dire calibrer les « règles du jeu » en fonction des intérêts d’un seul camp. C’est une manœuvre déloyale qui fausserait l’esprit de compétition.

    Si la Constitution est modifiée pour permettre au Président sortant de rempiler pour un troisième mandat, il en sera quasiment fini du suspens. En effet, pour reprendre une formule d’Herman Cohen, « En Afrique, pour qu’un Président sortant perde une élection, il faut qu’il ait envie de la perdre ». En tout cas, dans le cas d’une troisième candidature de Joseph Kabila, l’enjeu électoral ne devrait tourner qu’autour de sa personne. Il est peu probable que l’opposition, même rassemblée, l’emporte, le pouvoir disposant d’un autre atout : la violence armée et la fraude électorale, comme en 2011.

    Au-delà du pouvoir, de l’opposition et des électeurs, il faut compter avec un autre acteur : la « communauté internationale ». Il s’agit essentiellement des Etats-Unis, la France, l’Union Européenne[1], le Royaume-Uni, la Belgique,… et même le Rwanda[2] dans le cas du Congo. Ce sont des « agents » tapis dans l’ombre mais extrêmement entreprenants. Ils détiennent la clé du scrutin. Ils opèrent en amont (choix de « leurs » candidats) et en aval (approbation des résultats, même frauduleux) pour légitimer le pouvoir du vainqueur préalablement choisi, parfois en usant de gros moyens (intervention de la force européenne, l’Eufor, au Congo en 2006[3] ?).

    En effet, dans la logique des grandes puissances, la « démocratie congolaise » n’est pas encore assez mature, assez « autonome ». Les élections sont pilotées et financées de l’extérieur (élections de 2006 financées à 80% par l’Union Européenne[4]), ce qui accroit le pouvoir d’influer sur l’issue du scrutin suivant la formule : « qui paie décide ».

    Pour le scrutin de 2016, quelques signes sont à surveiller. Si la majorité présidentielle parvient à faire réviser la Constitution permettant au Président de se présenter à un troisième mandat, nul doute que celui-ci aura été choisi en coulisse par la « communauté internationale », Rwanda et Ouganda inclus[5]. Il ne faudra pas se fier aux condamnations verbales des politiciens, des ONG, des journalistes, des diplomates,… Ces condamnations verbales relèvent d’un jeu de rôle, la décision qui compte véritablement ayant été le choix du candidat des grandes puissances.

    Et si la modification de la Constitution supprime la limitation du nombre des mandats (article 70), le Congo sera bien parti pour une forme de « néo-mobutisme » (Président à vie). Le péril immédiat serait la résurgence des dinosaures (les indéboulonnables barons du régime). Dans la foulée affluent des profiteurs et une clientèle politique toujours plus dispendieuse, à la charge du pays. Ainsi vint l’oubli complet de la population du temps de Mobutu[6] dès qu’il obtint la possibilité de modifier la Constitution à sa guise. Impossible d’engraisser les dinosaures et payer en même temps les fonctionnaires décemment. Le pays tombe inévitablement en ruine.

    Dans le cas de Joseph Kabila, le péril semble déjà en cours. La classe politique absorbe des sommes colossales, officiellement (salaires faramineux) et officieusement (corruption ?) pendant que le peuple congolais pointe à la toute dernière place du classement mondial de la pauvreté[7]. Des millions d’« invisibles » croupissent dans des taudis à Kinshasa tandis que d’autres « crèvent » dans des camps de déplacés du Kivu devenus des mouroirs. Les politiciens eux parlent des élections et refusent d’assumer la responsabilité qui leur revient de se tenir auprès de ces malheureux « compatriotes » laissés à la charge des églises et des ONG.

    Le contraste ne peut que s’aggraver avec la reconduction du régime actuel. Parce que la longévité au pouvoir finit par gommer les idéaux de départ et nuire à l’efficacité de l’homme politique.

    Dans l’opposition, passé le moment de frustration, il faudra se résigner au fait que tout changement de majorités au Congo n’est plus possible par des moyens démocratiques. Pour un opposant, la seule chance d’obtenir un jour des responsabilités publiques consisterait à se renier et à rejoindre l’entourage du Président. Le banquet. Les autres opposants devront reprendre le chemin de croix et endurer les épreuves de la lutte pour les idéaux sur l’exemple d’Etienne Tshisekedi (opposant à vie ?).

    Mais on n’en est pas encore là. Les Congolais doivent surtout s’inscrire dans le temps sur la question de la démocratie et des élections démocratiques. Selon certains politologues, il faudrait trois ou quatre scrutins avant d’être sur la bonne voie[8], ce qui n’exclut pas de s’appliquer dès à présent dans la perspective de 2016.

    Parallèlement aux préoccupations d’ordre électoral, un débat beaucoup plus vital devrait être abordé, quels que soient les enjeux de 2016. Il s’agit de la survie du Congo en tant que nation.

    Le défi de la survie d’une nation

    Le Principal défi auquel le Congo est aujourd’hui confronté, en tant que nation, est celui de sa survie. Survie du peuple congolais victime de massacres, de viols à grande échelle, de déplacements meurtriers des populations, d’entassement dans des camps « mouroir », bref, un peuple victime d’un génocide caché par l’omerta des instances internationales, informées, mais paralysées par le profit tiré du pillage des ressources minières du Congo. C’est aux dirigeants congolais, pas seulement au gouvernement, de prendre la mesure du péril de l’extermination des populations congolaises, surtout dans la région du Kivu.

    Le gouvernement peut déclencher une enquête internationale pour que la lumière soit faite sur la mort des six millions de Congolais. Il peut aussi militer pour que soit créé un tribunal pénal spécial pour juger les responsables de cet holocauste. Il est toutefois peu probable que le régime actuel de Kinshasa, empêtré dans une alliance contre-nature avec le Rwanda et l’Ouganda envisage une telle démarche, pourtant relevant de ses prérogatives en matière de protection de sa propre population.

    La notion de survie s’applique également au territoire national que le pouvoir de Kinshasa contrôle de moins en moins. L’irruption des miliciens Mai-Mai dans la ville de Lubumbashi, capitale de la province stratégique du Katanga, le 23 mars dernier, a renvoyé dans l’opinion la réalité crue et brutale d’un Etat qui ne contrôle pas son territoire, pas seulement les zones aujourd’hui occupés par le Rwanda sous couvert du M23. Pas non plus les territoires que Kinshasa n’ose plus évoquer face à l’imposant « voisin » angolais.

    Comment en-est-on arrivé là ?

    Se tromper d’allié

    Dès la fin de la première guerre du Congo (mai 1997), Kinshasa s’est fié au Rwanda au titre de principal allié militaire. Des officiers rwandais et des hommes de troupe étaient envoyés en masse par Kigali, officieusement sous l’appellation de « tutsis congolais », un gros mensonge d’Etat, mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus grave. Tous les Etats mentent. Le plus grave est que ces soldats rwandais et leurs officiers se sont révélés d’une loyauté extrêmement faible à la Patrie de Lumumba. Deux généraux, sûrement les plus emblématiques, ont eu un parcours qui suffit à démontrer que l’alliance militaire entre le Congo et le Rwanda fut une erreur monumentale.

    L’actuel ministre rwandais de la défense, le général James Kabarebe déclencha la deuxième guerre du Congo (1998) après avoir servi au titre de chef d’état-major de l’armée congolaise. Non seulement la deuxième guerre du Congo. Son nom est cité dans un rapport des experts de l’ONU comme étant le principal chef militaire du M23[9] (Rapport S/2012/843, pages 3 et 13).

    L’autre officier de l’armée rwandaise, le général Bosco Ntaganda, inculpé pour crimes de guerre par la CPI est dans une cellule de La Haye après avoir meurtri le Congo davantage qu’il aurait dû le servir. Né Rwandais, il combat au sein du Front Patriotique Rwandais et entre au Congo en tant que soldat rwandais durant la première guerre du Congo (1996). Il reprend les armes contre le Congo lorsqu’éclate la deuxième guerre du Congo (1998). En 2003, Il reprend les armes contre le Congo dans les rangs de la milice de l’UPC dirigé par Thomas Lubanga, le premier condamné de la Cour Pénale Internationale. En 2004, Bosco Ntaganda obtient malgré tout une nomination de « général » de l’armée congolaise. En dépit de cette haute distinction, il reprend à nouveau les armes, en 2006, contre le Congo lorsqu’éclate la guerre du CNDP (2006-2009). Il est réintégré, pour la troisième fois, dans l’armée congolaise malgré un parcours aussi peu rassurant. Comme il fallait s’y attendre, Bosco Ntaganda prend la tête des mutins du M23 lorsqu’éclate la guerre en cours[10].

    Il y a quelque chose de surréaliste dans les décisions des autorités congolaises capables de légèreté à ce point. Impossible d’imaginer qu’on puisse réintégrer dans l’armée, en trois reprises, des individus aussi notoirement dangereux pour la République, le personnel de l’armée et la population.

    -Ainsi la carrière au Congo des généraux « rwandais » (James Kabarebe, Bosco Ntaganda,…) suffit à persuader que le Rwanda peut difficilement être un allié fiable et qu’il faudrait envisager la protection des populations congolaises en recourant à d’autres partenaires.

    Quant aux casques bleus, ils sont à l’image des tiraillements des grandes puissances siégeant au Conseil de sécurité de l’ONU. Une armée dont l’état-major est paralysé par d’interminables disputes entre généraux. Le soldat sur terrain baisse les bras et bat en retraite. La population de Goma n’aurait jamais subi le traumatisme d’une nouvelle occupation rwandaise en novembre 2012 si un contingent de l’une des cinq armées (française, américaine, britannique, russe ou chinoise, peu importe) avait pris position dans le Kivu.

    Redresser la barre et viser plus haut

    Bien entendu, un travail national de réforme de l’armée est à faire. Sur le plan international, le Congo doit s’appuyer sur un allié stratégique de taille. Les Maliens risquaient de subir le même sort que celui des Congolais lorsque la France est intervenue pour sauver Bamako et reprendre le contrôle du territoire national. La Syrie de Bachar Al-Assad tient tête grâce à l’appui de la Russie. Le Zaïre de Mobutu réussit à repousser les incursions communistes en Afrique centrale. La France et les Etats-Unis veillaient.

    C’est sûrement dans ces termes qu’il faut envisager l’enjeu de la survie du Congo en tant que nation. Evidemment, l’idéal aurait été que le Congo fût laissé tranquille et que sa population profitât de ses richesses naturelles. Mais il faut voir le monde tel qu’il est. Un pays avec autant de ressources convoitées peut difficilement survivre en baissant la garde.

    (AgoraVox)

    (AgoraVox 14/06/2013 – 16:35)
  • Uranium, un sujet tabou, et pourtant !

    Uranium, un sujet tabou, et pourtant !

    uranium_0 – La riche province minière du Katanga dans le sud-ouest de la RD Congo regorgerait également de l’uranium, outre les autres minerais jusqu’ici déclarés ou en exploitation ouverte dans ce pays.

    «Officiellement, l’exploitation de l’uranium est interdite au Congo, mais elle se poursuit sur le terrain », a écrit le portail d’information de la Deutsche Welle, la radio internationale allemande.

    L’exploitation de l’uranium est, selon ce média, un des sujets « les plus sensibles » en RD Congo. Elle serait une question préoccupante pour des experts des Nations unies « qui ont même publié des preuves que cet uranium, illégalement exploité, devait aussi être vendu en Iran ou en Corée du Nord ».

    Sur place, en RD Congo, une supposée radioactivité de cet uranium en exploitation ferait des ravages sur le plan sanitaire à Kimilolo, une petite agglomération située à quelques encablures de Lubumbashi, capitale de la province.

    Deutsche Welle précise que le défenseur des droits de l’homme Jean-Claude Baka vient régulièrement à Kimilolo et effectue des analyses sur les eaux de la rivière de la localité pour comprendre «pourquoi des poissons meurent dans les étangs, pourquoi des personnes souffrent de certaines maladies».

    (Agence Ecofin)

  • Le New York Forum Africa s’est ouvert au Gabon

    Le New York Forum Africa s’est ouvert au Gabon

    New-york-forum-africa_0-Réunir des décideurs politiques et économiques pour penser l’avenir du continent africain. C’est l’ambition affichée par le New York Forum Africa, qui tient sa deuxième édition à Libreville au Gabon. Un événement à l’initiative du président gabonais Ali Bongo Ondimba et du publicitaire et homme d’affaires Richard Attias.

    Parmi ses nombreux invités, l’entrepreneur, Ivor Ichikowitz à la tête du groupe Paramount Afrique du Sud, un leader mondial de la défense et de l’armement : “pendant longtemps, on a parlé de l’essor de l’Afrique, et c’est un petit peu ce qui s’est passé. Et maintenant c’est une réalité, la réalité c’est que les Africains aujourd’hui sont responsables de leur avenir. Le fait que tout le monde vienne en Afrique en est la preuve”.

    Faire des affaires en Afrique, mais aussi permettre au continent de se prendre en main, c’est aussi le credo d’un autre participant, Henri-Claude OYIMA, PDG du groupe financier gabonais BGFIBank : “L’Afrique a une population jeune, très importante, a des ressources minières importantes. Donc à partir de là, l‘émergence de l’Afrique, ce n’est pas un choix mais une nécessité. Une nécessité parce que la jeunesse africaine, parce que les Africains, doivent vivre en Afrique et donc par ricochet développer l’Afrique par leurs propres moyens”.

    Promouvoir l‘émergence d’une Afrique innovante, et autonome, le New York Forum Africa s’y emploie. Durant trois jours, quelques 700 personnalités vont participer aux nombreux débats.

    “Alors que l’Europe est rongée par le doute et que son économie est en berne, ironie du sort c’est ici en Afrique que les voyants sont au vert.
    L‘émergence économique de l’Afrique n’est plus un mythe mais bel et bien une réalité, et ils sont désormais très nombreux à venir surfer sur cet afro-optimisme”, depuis Libreville, François Chignac.

    – See more at: http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/le-new-york-forum-africa-sest-ouvert-au-gabon-0#sthash.n8tglPL5.dpuf

  • La CPI, une colonisation judiciaire en Afrique

    La CPI, une colonisation judiciaire en Afrique

    New-york-forum-africa_fatou_ben_souda-A l’occasion d’un débat consacré à « l’indépendance » en Afrique, lors de la deuxième édition du New York Forum Africa 2013 à Libreville, au Gabon, le rôle joué par la Cour Pénale Internationale a été remis en question par la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Présente au débat, la procureur général de l’institution judiciaire, Fatou Bensouda, a tenté tant bien que mal de défendre l’institution judiciaire qu’elle dirige.

    « La Cour Pénale Internationale a été créée par la communauté internationale qui n’est pas sous la houlette des grandes puissances ». Cette déclaration est celle de Fatou Bensouda, la procureur général de la CPI, lors du débat placé sous le thème de « La route vers une nouvelle indépendance », au New York Forum Africa 2013, à Libreville, au Gabon. L’évènement, fondé et dirigé par Richard Attias, a rassemblé pour cette deuxième session pas moins de 1500 personnes selon les organisateurs.

    Présente au débat, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a accusé les dirigeants de la CPI d’être une organisation judiciaire créée spécialement pour traduire en justice les dirigeants et figures politiques africains. « Il n’est pas honnête de dire que la CPI ne s’acharne pas contre l’Afrique. Je ne suis pas d’accord avec ma sœur Fatou Bensouda, lance le chef de la diplomatie rwandaise. Un grand nombre d’Africains croient fortement à cette CPI mais il y a un vrai problème aujourd’hui. » Un problème qui selon elle vient directement d’Europe. Elle accuse les Européens d’utiliser « cette CPI » pour manipuler la politique africaine. Elle regrette que la CPI « limite » son champ d’action en Afrique et affirme qu’en dehors des pays africains qui auraient fait appel à la CPI, seuls deux pays du continent sont visés directement par la CPI dont le Soudan.

    Des conclusions hâtives ?

    Fatou Bensouda reprend la parole après les applaudissements de la salle suite au discours de Mushikiwabo : « C’est malheureux qu’un grand nombre de conclusions aient été réduites à la manipulation politique. » Selon la procureur général, des dirigeants africains, au Mali, en Côte d’Ivoire ou encore en République démocratique du Congo, auraient fait appel à la CPI pour intervenir dans leur pays. « Avec tout le respect que je dois à mon interlocutrice précédente (Louise Mushikiwabo, ndlr), nous savons que l’Afrique a poussé à la création de la CPI ! », a-t-elle lancé avant de rappeler que « le premier pays à avoir ratifié le traité de Rome est un pays africain et il s’agit du Sénégal ».

    Pas question de baisser la garde. Après de telles affirmations, Mushikiwabo rebondit : « Ne dites pas que les Africains viennent vous voir (la CPI) pour être jugés. C’est faux car l’Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire ! », a-t-elle rétorqué sur un ton énervé. Suite à cette conclusion, Bensouda a démenti l’exercice d’un colonialisme judiciaire de la part de la CPI en Afrique.

    Des personnalités de la société civile et politique en Afrique accusent l’Occident d’avoir créé la CPI dans l’unique but de traquer les bêtes noires de l’Afrique. Fatou Bensouda a au contraire assuré que la CPI a ouvert des dossiers dans d’autres pays hors du continent africain. Oui mais combien comparé aux nombreux dossiers judiciaires ouverts en Afrique par la CPI ?

    PAR FOUÂD HARIT