Author: Don Kayembe

  • RDC: une frange de l’opposition contre le nouveau président de la Céni

    RDC: une frange de l’opposition contre le nouveau président de la Céni

    Apollinaire Malumalu– Une frange de l’opposition en République démocratique du Congo a contesté samedi la désignation du nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), dont l’équipe avait été très critiquée pour sa gestion des élections en 2011. L’abbé Apollinaire Malu-Malu a été désigné vendredi par l’Assemblée nationale comme président de la Céni. Dans une ambiance tendue, les cinq autres membres du bureau de la Céni (trois de la majorité et deux de l’opposition) et les sept membres chargés “des questions spécifiques, dont les commissions”, ont également été désignés.

    “Malu-Malu est presque un membre avéré de la majorité! (…) Comment est-ce qu’on peut prendre une telle personne?”, a déclaré samedi à l’AFP le député Jean-Pierre Lisanga Bonganga, du groupe d’opposition Forces acquises au changement/opposition (FAC/opposition), qui compte huit élus sur 500 députés. “L’opposition va être en conclave mardi”, a indiqué le député, qui prévient: “Nous on va mener des actions de terrain, faire des pétitions, pour empêcher Malu-Malu de présider la Céni”, dressant un sombre bilan du passé de l’abbé en matière d’élections.

    L’abbé Malu-Malu, 51 ans, avait présidé la Commission électorale indépendante (CEI), créée après les accords de paix inter-congolais de 2002, qui avait organisé en 2006-2007 les élections provinciales, législatives, sénatoriales et présidentielle – premières élections démocratiques du pays.

    Dans un rapport publié en mars 2012, la Mission d’observation de l’Union européenne (UE) avait recommandé la “restructuration” de la Céni en y incluant la société civile pour contribuer à “sa transparence, son indépendance et sa fiabilité”.

    L’abbé Malu-Malu est originaire de la province riche et instable du Nord-Kivu. Il a présidé la délégation officielle envoyée à Kampala, capitale de l’Ouganda, pour dialoguer avec la rébellion Mouvement du 23 mars (M23), que l’armée congolaise combat depuis mai 2012 au Nord-Kivu.

    En 2008, il avait été nominé pour le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, décerné par le Parlement européen.

    (AFP)

  • Tunisie: le FMI approuve un plan d’aide de 1,7 milliard de dollars

    Tunisie: le FMI approuve un plan d’aide de 1,7 milliard de dollars

    FMI logo– Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé vendredi avoir approuvé un plan d’aide de 1,7 milliard de dollars en faveur de la Tunisie afin de soutenir la transition engagée depuis la chute du président Ben Ali en janvier 2011.

    Le conseil d’administration du FMI, qui représente ses 188 Etats membres, a donné son feu vert à ce programme d’assistance financière sur deux ans et précisé qu’un premier prêt de 150,2 millions de dollars était immédiatement versé aux autorités tunisiennes, a précisé le Fonds dans un communiqué.

    Conformément aux pratiques du FMI, les prochaines tranches d’aide ne seront versées qu’à condition que Tunis respecte le programme de réformes élaboré avec le Fonds pour “stabiliser” l’économie, a-t-il ajouté.

    “La Tunisie connaît une reprise économique modérée au moment où elle est confrontée à une conjoncture internationale difficile et où elle poursuit sa transition politique”, a déclaré Nemat Shafik, directrice générale adjointe du FMI, citée dans le communiqué.

    Minée par l’instabilité politique, des conflits sociaux à répétition et des investissements en berne, la croissance tunisienne est restée insuffisante pour véritablement entamer le chômage endémique dans le pays (17% de la population active environ).

    Après une récession en 2011, le produit intérieur brut (PIB) devrait accélérer son rebond entamé en 2012 avec une croissance attendue de 4,0% cette année, selon les projections du Fonds.

    Selon l’institution de Washington, le pays continue de pâtir de “disparités économiques et sociales généralisées” et d’un chômage des jeunes “élevé”.

    “Répondre à ces problèmes en pleine transition politique reste difficile”, admet le Fonds.

    A la mi-mai, le pays avait été le théâtre de violents affrontements à Tunis après l’annulation d’un congrès salafiste par le gouvernement dirigé par le parti islamiste d’Ennahda.

    Après ces nouvelles tensions, l’agence de notation financière Moody’s avait abaissé d’un cran la note de la dette du gouvernement tunisien à Ba2 assortie d’une perspective négative, arguant de “l’incertitude politique persistante”.

    Depuis l’éclosion du printemps arabe, le FMI a intensifié son action au Proche et Moyen-Orient en prêtant assistance au Maroc et à la Jordanie ou en offrant son aide technique à la Libye.

    Des négociations sur un plan d’aide sont également en cours depuis plusieurs mois avec l’Egypte mais elles butent sur l’instabilité politique au Caire.

    (afp)

  • Côte d’Ivoire: le chef de la jeunesse pro-Gbagbo arrêté

    Côte d’Ivoire: le chef de la jeunesse pro-Gbagbo arrêté

    Gbagbo L– Le responsable de la jeunesse du parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, Justin Koua, a été arrêté vendredi à Abidjan, a annoncé à l’AFP son parti, fustigeant une “arrestation de trop”.

    “Des dizaines de gendarmes et de policiers ont fait irruption au siège du parti, où se trouvait Koua qui participait à une réunion”, a affirmé Richard Kodjo, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI).

    “Ils l’ont appréhendé et conduit vers une direction inconnue. Nous attendons qu’ils nous disent les raisons de cette arrestation de trop”, a-t-il poursuivi.

    “On ne peut vouloir des négociations et se conduire de la sorte”, a lancé M. Kodjo, en référence à la reprise prochaine du dialogue avec l’opposition, annoncée par le gouvernement du président Alassane Ouattara.

    Responsable de la JFPI, la section jeunesse de son parti, Justin Koua est connu pour ses discours musclés à l’égard des autorités.

    De nombreux anciens responsables ou cadres du régime Gbagbo, tombé à la fin de la crise postélectorale de 2010-2011 ayant fait quelque 3.000 morts, sont en détention, ce qui vaut régulièrement au pouvoir d’être accusé de pratiquer une “justice des vainqueurs”.

    La dialogue politique entre gouvernement et opposition est suspendu depuis plusieurs mois. Le choix du FPI de ne pas participer aux élections locales en avril dernier, comme il avait boycotté les législatives fin 2011, avait sanctionné l’échec de ces discussions.

    Laurent Gbagbo est détenu depuis fin 2011 à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l’humanité durant la crise. Les juges de la CPI ont demandé au procureur de fournir des éléments de preuves supplémentaires afin de pouvoir décider de la tenue d’un éventuel procès contre l’ex-chef de l’Etat.

    (AFP)

  • Inquiétude pour Mandela de nouveau hospitalisé à près de 95 ans

    Inquiétude pour Mandela de nouveau hospitalisé à près de 95 ans

    Mandela Ambulance– L’ancien président sud-africain Nelson Mandela a de nouveau été hospitalisé samedi à Pretoria pour une infection pulmonaire, ses médecins jugeant “préoccupant” l’état de santé du héros de la lutte anti-apartheid, âgé de près de 95 ans, qui respire cependant sans assistance.

    Cette troisième hospitalisation (si l’on exclut un séjour de 24 heures pour des examens de routine en mars) depuis décembre 2012 du premier président noir sud-africain a suscité des milliers de messages de soutien du monde entier et de ses compatriotes qui semblent cependant s’habituer à l’idée qu’il devra les quitter un jour prochain.

    “Ce matin vers 01H30 (23H30 GMT vendredi) son état s’est détérioré et il a été transféré dans un hôpital de Pretoria. Son état est toujours préoccupant mais stable”, a indiqué la présidence.

    Dans une interview à l’AFP-TV, le porte-parole de la présidence Mac Maharaj a précisé: “C’est une infection pulmonaire, une pneumonie, qui affecte beaucoup de choses dont la respiration. Mais les médecins m’ont dit qu’il respirait sans assistance, donc je pense que c’est un signe positif”.

    Peu après 16H00, une ambulance escortée de plusieurs voitures à gyrophare en est sortie, et la police a bloqué la route derrière le convoi pour empêcher la presse de le prendre en chasse.

    Mais la présidence s’est refusée à commenter les spéculations sur la présence de Mandela dans cet hôpital et sur son possible transfert vers un autre établissement.

    Selon M. Maharaj, Nelson Mandela était déjà traité depuis quelques jours à domicile, “mais très tôt ce matin (samedi), vers 01H30, son état s’est aggravé au point qu’il a été considéré comme nécessaire de l’hospitaliser”, a-t-il dit, avant d’ajouter: “Madiba est un combattant, et à cet âge, aussi longtemps qu’il se battra, il ira bien”.

    Interrogé sur les inquiétudes pour la vie de Nelson Mandela, M. Maharaj a relativisé.

    “Au début (lors des hospitalisations précédents ndlr) nous étions très anxieux, cette fois, notre anxiété est tempérée par une certaine compréhension de son âge et de sa fragilité (…) Nous n’avons pas besoin d’être trop inquiets, nous avons juste besoin de continuer à réfléchir à la façon dont sa vie a fait de nous des gens meilleurs”.

    Une forme de fatalisme

    Cette forme de fatalisme se reflétait dans les commentaires innombrables sur les réseaux sociaux, où nombre de gens demandaient simplement qu’on laisse en paix un très vieil homme qui a atteint la limite de sa vie.

    “Je crois que nous devons simplement accepter que Mandela est vieux et qu’il va bientôt nous quitter”, a sobrement commenté Malunga Mbokodi, 62 ans, un habitant de Qunu, le village de Mandela dans la province du Cap oriental, cité par l’agence Sapa.

    Sur Twitter, Natt Turner résumait une opinion très largement partagée en lançant: “La vie continue, nous devons accepter que nous partirons tous un jour. Personne n’est immortel, même pas Madiba, avec tout mon respect…”

    Dès l’annonce de son hospitalisation, les messages de soutien ont commencé à affluer, venus des partis politiques et corps constitués, mais aussi, par milliers, des anonymes sur les réseaux sociaux.

    “Mes pensées sont avec Nelson Mandela, hospitalisé à Pretoria”, a tweeté le Premier ministre britannique David Cameron.

    Parmi les anonymes, les messages d’encouragement et d’amour étaient très majoritaires: “(@frenchclare) Tiens bon Madiba, nous avons besoin que ton âme lumineuse brille encore et encore sur ce monde amer. Nous t’aimons”.

    L’ANC, l’ancien parti de Mandela, toujours au pouvoir en Afrique du Sud, a appelé le monde à s’associer aux prières des Sud-Africains: “Nous allons garder le président Mandela et sa famille dans nos pensées et nos prières et appeler les Sud-Africains et les citoyens du monde entier à faire de même pour notre bien-aimé homme d’Etat et icône, Madiba”.

    Madiba, comme l’appellent affectueusement ses compatriotes, doit fêter ses 95 ans le 18 juillet. Il est apparu très affaibli sur les dernières images de lui qui ont filtré fin avril, à l’occasion d’une visite à son domicile des plus hauts dirigeants du pays.

    Le héros de la lutte contre le régime ségrégationniste de l’apartheid avait été hospitalisé pour la dernière fois fin mars début avril, pendant dix jours, également pour une infection pulmonaire récurrente, probablement liée aux séquelles d’une tuberculose contractée pendant son séjour sur l’île-prison de Robben Island, au large du Cap.

    Mandela, bien que totalement retiré de la vie publique depuis des années, n’en reste pas moins vénéré par tout un peuple, pour avoir réussi à éviter une explosion de violence raciale lors du passage entre le régime ségrégationniste et la démocratie en 1994.

    Cette transition réussie lui a valu le prix Nobel de la paix en 1993, partagé avec le dernier président de l’apartheid, Frederik De Klerk.

    (AFP)

  • L’abbé Apollinaire Malumalu désigné président de la Ceni

    L’abbé Apollinaire Malumalu désigné président de la Ceni

    malumalu-La nouvelle Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sera désormais dirigée par l’abbé Apollinaire Malamalu Muholongu, président de l’ex-commission électorale indépendante (CEI). Ainsi en a décidé l’Assemblée nationale, qui a entériné, ce vendredi 7 juin, la composition de cette institution. Deux de six membres du bureau sont des femmes.
    Les membres du bureau de la nouvelle Ceni se présent comme suit :

    • Président : abbé Apollinaire Malumalu, de la Société civile
    • vice-président : André Pungwe, de la majorité (PPRD)
    • Rapporteur: Jean Pierre Kalamba, de l’opposition (UDPS)
    • Rapporteur adjoint: Onésime Kukatula, de la majorité (Palu)
    • Questeur : Chantal Ngoy, de la majorité (MSR).
    • Questeur adjoint: Micheline Biye Bongenge, de l’opposition (MLC).

    Les sept autres membres, issus de partis politiques AFDC, UNC et CCU ainsi que de la société civile, ont été désignés pour siéger à la plénière de la Ceni:

    • Keta Lokondjo
    • Bangala Basila
    • Elodi Tamuzinda
    • Gustave Omba
    • Jean-baptiste Ndundu
    • Kaputu Ngongo
    • Augustin Ngangwele.

    Selon le président de l’Assemblé nationale, Aubin Minaku, le choix des membres de la nouvelle Ceni a tenu compte de l’équilibre dans la représentation provinciale présenté par les différents groupes parlementaires. Le quota de 30 % de représentation des femmes y est également respecté, a-t-il poursuivi.
    La nouvelle loi modifiant la Ceni, promulguée par le chef de l’Etat Joseph Kabila samedi 27 avril à Lubumbashi (Katanga), stipule que cette commission comprend treize membres. Six d’entre doivent être issus de la majorité présidentielle dont deux femmes et quatre de l’opposition dont une femme. Les trois autres membres devraient provenir de la société civile.
    Retour aux affaires
    Né le 22 juillet 1961 à Muhangi (territoire de Luibero au Nord-Kivu), l’abbé Apollinaire Malumalu Muholongu a obtenu un doctorat en Sciences politiques à l’Université de Grenoble-II (France) en 1988 ainsi que plus tard une maîtrise en Sciences des droits de l’homme, et un diplôme d’études approfondies en Sciences politiques, en philosophie et en théologie à Lyon.
    En1997, il est revenu en RDC, où il a occupé la fonction de vice-recteur puis de recteur à l’Université de Graben à Butembo.
    En 2003, il est nommé expert au Service présidentiel d’études stratégiques attaché au Cabinet du Président de la République Joseph Kabila. Il a dirigé la Commission nationale indépendante de 2003 à février 2011. Avant sa désignation à la Ceni, il a fait partie des experts du gouvernement congolais aux pourparlers avec la rébellion du M23 à Kampala.

    Radio Okapi

  • Sport- coupe du monde 2014 : la RDC tient le choc en Libye

    Sport- coupe du monde 2014 : la RDC tient le choc en Libye

    Equipe Nationale RD Congolaise- Leopard
    Equipe Nationale RD Congolaise- Leopard

    -L’équipe de la RD Congo a tenu en échec 0-0 celle de la Libye, ce 7 juin 2013 à Tripoli, dans le groupe I des éliminatoires pour la Coupe du monde 2014. Les Libyens, qui disputaient le premier match officiel sur leur sol depuis deux ans, n’ont pas trouvé la faille face aux Congolais.

    L’équipe de la RD Congo n’a pas craqué à Tripoli, ce 7 juin 2013. Les Léopards avaient le redoutable honneur de participer au premier match officiel disputé par les Libyens sur leur sol depuis le déclenchement de la guerre civile en février 2011. La rencontre, comptant pour la 4e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2014, s’est achevée sur un score de parité, malgré la pression du public.
    Une affaire de penalty

    La partie débute pourtant mal pour les Léopards. A la 12e minute, l’arbitre siffle un penalty suite à un centre de Salem Ablo. Le ballon a été dévié par un bras congolais selon l’homme en noir. Le capitaine adverse Ahmed Osman se charge de la sentence mais son tir sur la gauche est repoussé par le gardien de but Robert Kidiaba (14e). A la demi-heure de jeu, Osman est tout prêt de se rattraper en délivrant un centre parfait pour Mohamed Al Ghanodi, mais le n°9 libyen croise trop son coup de tête (32e).

    L’équipe de RDC, sans doute peu à son aise avec le climat tendu à Tripoli, joue de manière désordonnée. Les longs ballons fusent vers l’avant mais les contre-attaques ne vont jamais au bout.
    Durant les arrêts de jeu de la première période, Mohamed Almagrabi réclame un autre penalty après un contact avec Issama Mpeko. Le Libyen s’écroule mais l’arbitre, M. Joshua Bondo, laisse cette fois jouer.
    Les Léopards sous pression

    En deuxième période, après dix minutes d’observation, les Chevaliers de la Méditerranée accélèrent nettement le rythme. A la 55e minute, un tir de Salem Ablo rase la transversale de Kidiaba. Dans la foulée, Ablo frappe encore mais le ballon, dévié, retombe derrière la barre congolaise.
    La sélection entraînée par Claude Le Roy laisse passer l’orage. Malgré une pression quasi-constante, les Libyens ne trouvent pas la faille. Les esprits s’échauffent un peu lorsque Trésor Mputu refuse temporairement de tirer un corner à cause de projectiles lancés (79e). Les joueurs de la RDC repartent avec le précieux point du match nul grâce à un dernier assaut endigué dans les arrêts de jeu. Reste pour les deux équipes à connaître le résultat de Togo-Cameroun, l’autre rencontre du groupe I, qui aura lieu ce 9 juin à Lomé.

  • Fraude fiscale : l’enfer pour les tricheurs ?

    Fraude fiscale : l’enfer pour les tricheurs ?

    dollars-Fraude et évasion fiscales font perdre chaque année 1 270 milliards d’euros aux États-Unis. Et 1 000 milliards d’euros aux pays de l’Union européenne. Tous paraissent enfin résolus à réagir.

    Sale temps pour les fraudeurs du fisc ! Et pas seulement pour Jérôme Cahuzac, l’ancien ministre français du Budget, et son gros mensonge sur son compte bancaire dissimulé en Suisse. Ou pour les dix mille contribuables allemands réfugiés eux aussi dans la Confédération helvétique, et que le fisc de leur pays traque au moyen d’un fichier secret censé lui permettre de récupérer 500 millions d’euros.

    Le 22 mai, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont, à l’unanimité, donné six mois pour mettre en oeuvre une batterie de mesures d’une sévérité accrue en matière fiscale. Il ne suffit plus désormais de poursuivre les fraudeurs. Il est essentiel de boucher les trous d’une législation fiscale qui autorise ce qu’il est convenu d’appeler « l’évasion fiscale ». En créant des structures aux noms passe-partout (trusts, fiducies, foundations, etc.) et en les domiciliant dans des pays (« offshore ») où actifs et bénéfices sont faiblement taxés, et où l’identité des propriétaires est efficacement dissimulée, riches particuliers et multinationales réussissent en effet à se soustraire à l’impôt. Des exemples ?

    Alors que le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés est de 33,3 % en France et de 12,5 % en Irlande, et que celui de l’impôt sur les sociétés américaines s’élève à 35 %, les bénéfices d’Apple, le géant de l’informatique et de la téléphonie, ne sont taxés qu’à 3 %, et ceux de Google, l’autre colosse du numérique, à 5 %. Ce qui est injuste et pénalisant en termes de compétitivité pour les entreprises à base nationale qui n’ont pas les moyens de s’offrir les conseils de spécialistes pour expatrier leur argent.

    Monaco, Andorre ou les Samoa ont dû se plier aux injonctions de l’OCDE. De très mauvaise grâce.

    En ces temps de lutte féroce contre les dettes et les déficits, même les gouvernements les plus favorables à la haute finance ont compris que la fraude et l’évasion fiscale amputaient sévèrement leurs recettes. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue à 1 700 milliards de dollars (1 270 milliards d’euros) les bénéfices des sociétés qui ne sont pas rapatriés aux États-Unis ; et à 1 000 milliards d’euros les recettes fiscales dont sont privés les vingt-sept pays de l’Union européenne. Dans le seul Royaume-Uni, le trou dans les caisses de Sa Majesté est évalué à 14 milliards de livres (17 milliards d’euros).

    Colère

    Politiquement, il était impossible pour les gouvernements d’ignorer la colère des contribuables lourdement taxés afin de redresser les comptes de l’État, alors que certains s’affranchissent allègrement de tout impôt. Lors du Forum économique mondial, à Davos, en janvier, l’exemple de Starbucks Coffee Company, qui ne verse pas un penny au Royaume-Uni, a fait sortir de ses gonds David Cameron. « Lorsqu’on voit certaines entreprises ne payer aucun impôt, c’est très mauvais pour la confiance », a estimé le Premier ministre britannique. À l’assaut donc !

    L’OCDE s’est d’abord attaquée aux « paradis fiscaux », tels que Monaco, Andorre, les îles Vierges britanniques ou les Samoa. Ceux-ci se sont pliés de mauvaise grâce à ses injonctions en signant des conventions fiscales qui, de l’avis des experts, ne dissipaient guère leur opacité.

    Le rapport de force a basculé quand les États-Unis sont à leur tour passés à l’offensive. D’abord à petite échelle, en obligeant l’Union des banques suisses (UBS) à lui communiquer les noms des Américains disposant de comptes chez elle. Puis, de façon massive, en adoptant en 2010, le Foreign Account Tax Compliance Act (Fatca), autrement dit la loi sur la conformité fiscale des comptes étrangers, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2014 et obligera toutes les institutions financières opérant aux États-Unis, mais basées à l’étranger, à communiquer au fisc américain les données personnelles, le montant des avoirs et le détail des transactions (à partir de 50 000 dollars) de leurs clients, qu’ils soient ou non américains. Faute de quoi, le fisc prélèvera à la source 30 % des revenus des actifs détenus aux États-Unis et infligera une pénalité de 40 % sur les avoirs dissimulés.

    Un « enfer » annoncé pour les resquilleurs, qui a séduit neuf pays européens – parmi lesquels le Royaume-Uni – désireux d’obtenir des Américains des informations sur leurs évadés fiscaux, par exemple dans l’État du Delaware. L’initiative a impressionné la Suisse, qui s’est empressée de s’y associer par crainte de voir le marché américain interdit à ses banques.

    Le scandale Cahuzac et la publication, en avril, de milliers d’anomalies fiscales dénichées par le collectif de journaux et d’ONG connu sous le nom d’Offshore Leaks ont accéléré la prise de conscience collective : la seule façon de mettre fin à ces pratiques, en partie légales mais dommageables, est d’obliger les banques à tout dire sur les avoirs, les bénéfices et la gestion de leurs clients, sans les y contraindre par des procédures judiciaires trop lentes et trop lourdes.

    Les uns après les autres, les paradis fiscaux sont en train d’accepter cet échange automatique de données. Singapour s’y est rallié, le Luxembourg aussi, quoique du bout des lèvres et avec force exceptions. Restent quelques récalcitrants obstinés, qui feignent d’en accepter le principe, mais demandent, avant de s’exécuter, que les banques du monde entier soient assujetties à cette obligation. Ce qu’on appelle une manoeuvre dilatoire…

    Tel est le cas de la Suisse et de l’Autriche. Elles auront pourtant bien du mal à résister à l’assaut qui sera lancé de nouveau contre elles le 17 juin, lors du G8 de Lough Erne (Irlande du Nord), et surtout le 3 septembre, à Saint-Pétersbourg (Russie), à l’occasion de la réunion des chefs d’État et de gouvernement du G20.

    De droite à gauche

    La France n’a pas attendu pour publier une liste noire de dix-sept pays opaques, par lesquels ne pourra plus transiter son aide publique, sous quelque forme que ce soit. Parmi ces États « non coopératifs » figurent deux africains – le Botswana et le Liberia – et deux moyen-orientaux – les Émirats arabes unis et le Liban.

    « Les paradis fiscaux, c’est terminé », s’était écrié Nicolas Sarkozy, alors président de la République, en 2009. « Ceux qui pensaient échapper à l’impôt en se réfugiant dans des paradis fiscaux doivent comprendre que l’impunité est terminée », lui a répondu le 22 mai, comme en écho, François Hollande, son successeur à l’Élysée. Ils finiront peut-être par avoir raison.

    (Avec AFP)

  • Côte d’Ivoire : le FPI appelle la CPI à libérer Laurent Gbagbo

    Côte d’Ivoire : le FPI appelle la CPI à libérer Laurent Gbagbo

    L. Gbagbo-Le Front populaire ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo, a appelé, mercredi 5 juin, la CPI à libérer l’ex-président ivoirien. Le FPI estime que l’accusation a échoué à apporter des preuves de sa culpabilité.

    Pour le Front populaire ivoirien (FPI), la Cour pénale internationale (CPI) doit prononcer la « relaxe pure et simple » de Laurent Gbagbo, actuellement en détention à La Haye.

    Dans un communiqué publié mercredi, le FPI estime que le bureau du procureur de la CPI, « en dépit du temps relativement long (2 ans) et des moyens colossaux dont il a bénéficié pour mener à bien ses enquêtes, n’a pas été en mesure de produire des (éléments) probants pour étayer ses accusations de crimes dont le président Laurent Gbagbo se serait rendu coupable ».

    Selon le texte, le parti, qui « n’a eu de cesse de proclamer l’innocence de son président-fondateur », « s’estime, aujourd’hui plus qu’hier, fondé à demander légitimement à la CPI » sa libération « afin de renforcer sa propre crédibilité ». Assurant que sa libération « constituera le socle d’une réconciliation nationale réelle », le FPI a invité « instamment » l’Union africaine à intervenir auprès de l’ONU pour que la CPI prenne « la décision équitable de la relaxe pure et simple du président Laurent Gbagbo ».

    Tournant

    Ce communiqué du FPI intervient après un tournant dans l’étude du dossier Gbagbo à la CPI. Lundi, la juridiction internationale a estimé que les juges en charge du dossier avaient besoin d’informations ou d’éléments de preuve supplémentaires de la part du procureur avant de mener un éventuel procès contre l’ex-président ivoirien.

    Détenu à La Haye depuis fin 2011, Laurent Gbagbo, âgé de 68 ans, est soupçonné d’être « co-auteur indirect » de quatre chefs de crimes contre l’humanité commis durant la crise postélectorale de 2010-2011, qui a fait environ 3 000 morts.

    Le Rassemblement des républicains (RDR), parti du président Alassane Ouattara au pouvoir depuis deux ans, a réfuté une « victoire » des pro-Gbagbo après la décision de la CPI d’ajourner la décision sur un procès. Le camp Ouattara a toutefois mal caché sa déception et son embarras. Selon le RDR, l’ancien chef de l’État porte la responsabilité de la crise meurtrière de 2010-2011 en ayant refusé de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010.

    (Avec AFP)